Z FAMILY:Chapter III: The dark awakening

France, Metal/Rock (M&O, 2024)

Z Family a été formé par le guitariste Yves Terzibachian, le fameux « Z », qui, après avoir formé The Coyote Desserts, fit un passage au sein des brutaux Dagoba. Il retrouve par la suite le batteur des Coyotes, Benjamin Surrel, avec qui il se lance dans l’aventure Z Family en 2015. Après ses deux premiers chapitres, Z Family met le pied sur le frein avant de revenir aujourd’hui avec Chapter III: The drak awakening, un album composé de 7 titres qui explorent, à l’instar de la pochette, divers univers musicaux. On passe du heavy US moderne à des ballades douces et tendres (Lost in the shadow – 28/01/2005 qui clôt le CD. Une palette variée qui évoque aussi bien le heavy taillé pour les radios (le morceau titre) ou les rythmes martiaux chers à Powerwolf et consorts (Fractured et son intro acoustique qui m’évoque Queensrÿche). Z Familly lorgne même du côté de la new wave (Edge of the world) et, naturellement, de ses principales influences qu’on retrouve tout au long de l’album. Si celles-ci vont de Korn à Alice In Chains, Z Family ajoute une touche de stoner, une grosse dose de groove et crée des ambiances aussi spatiales qu’entrainantes.

KLOGR: Fractured realities

Italie, Metal (Autoproduction, 2024)

Quatrième album pour les Italiens de Klogr… Après Keystone paru il y a déjà une éternité – en 2017, un autre univers… – Fractured realities semble vouloir remettrele quatuor sur le devant de l’actualité. Au delà d’une pochette qui évoque à la fois Led Zeppelin avec ses quatre symboles et la SF catastrophiste avec cette planète au bord de l’explosion, le groupe nous propose un contenu musical qui alterne entre metal progressif et grunge, le tout savament produit. Rusty, guitariste, chanteur et producteur, est toujours aux commandes et a concocté un son digne de séduire les plus exigeantes stations radio d’outre-Atlantique. Klogr propose une variété de styles et d’ambiances qui, dans un écrin lustré, invitent à se plonger dans l’univers sonore du groupe. Et quand Rusty propose de commencer par Whale fall, le dernier titre pour imaginer ce que Klogr est capable de proposer, il a entièrement raison tant ce morceau diffère du reste de l’album sans pour autant dénoter. Il y a de la puissance et de la séduction tout au long de Fractured realities, et quand bien même cet album ratisse le public le plus large possible, il s’adresse aussi bien aux amateurs de jolies mélodies, de puissance sonores qu’à l’auditeur amateur de nouvelles sensations.

RED GORDON: Nothing less than everything

France, Metalcore (Autoproduction, 2024)

Un titre qui sonne comme celui d’un album de Motörhead, ça donne envie d’en savoir plus, non? Après une intro sous forme de message d’erreur (404.exe), Red Gordon entre dans le vif du sujet avec un Useless screamé et puissant. Ceux qui comme moi préfèrent le chant au hurlement s’interrogeront quant à la suite mais voilà… Tout au long de Nothing less than everything, les Français de Red Gordon sèment des petites graines en explorant divers horizons. Entre un Inner repeat au riff répétitif aussi obsessionnel qu’efficace et un Suffer claim tout aussi heavy que malsain, le groupe nous montre diverses facettes de ses inspirations musicales. Volontairement ou non, Quizzical mind évoque parfois, en effet, un Motörhead quelque peu (euphémisme?) énervé et nous prend à contre-pied avec Like a virus qui démarre tranquillement avant de monter en rage et en puissance. Le chant sait aussi varier les plaisirs, alternant entre calme et tempête, chant clair et hurlé. Si l’ensemble reste ancré dans cet esprit metalcore moderne, Red Gordon sait aussi explorer d’autres sonorités apportant curiosité et intérêt à son album. A suivre…

HEAVY WEEK END: de nouveaux noms et mise en vente des pass 1 et 3 jours

Après avoir annoncé les trois têtes d’affiches (Powerwolf, Dream Theater et Slipknot) du prochain Heavy Week End de Nancy – les 6, 7 et 8 juin au Zénith lorrain – Gérard Drouot Production vient de dévoiler 3 nouveaux noms, et pas des moindres: Saxon, Europe et Mass Hysteria viendront donc se joindre à la fête! Ne manquent plus que les premiers groupes à annoncer, mais reconnaissons-le, cette affiche est déjà des plus alléchantes!

Les pass 3 jours sont mis en vente dès aujourd’hui, 13 novembre, à partir de 13h. GDP a revu sa politique une peu hasardeuse de l’an dernier en proposant des tarifs mieux adaptés. Avec seulement 2 catégorie, chacun devrait pouvoir y trouver son compte.

D’un côté, il est proposé un pass « standard  » 3 jours au tarif de 185€ permettant d’avoir une place en gradins supérieurs ou sur les côtés avec visibilité réduite. Il est également proposé des tarifs groupe, le « pass friends » (3 personnes minimum) à 155€ et un tarif « jeune »(moins de 30 ans)/ »étudiant »/ »fosse  » à 135€.

Les pass « premium »/catégorie or donnent accès à une place en gradins bas (hors carré VIP) au tarif de 275€ (premium et VIP au même tarif).

Les places sont disponibles dès à présent ici – et c’est bientôt Noël, alors pas d’hésitation:

www.heavyweekend.liveGérard Drouot ProductionsNancy Open AirLabel LN

Les pass un jour sont désormais en vente. Là encore, quatre tarifs: trois en « placement libre assis/debout – Étudiant/Moins de 30 ans (52€), Friends (3 spectateurs minimum, 63 €), Standard (74€) – et Premium (carré or, 107€).

Interview DEATH DECLINE

Interview Death Decline. Entretien avec Fab (guitare) le 25 octobre 2024

Nous allons parler de votre nouvel album, Patterns of an imminent collapse. Mais d’abord, commençons avec ceci pour les observateurs : il s’agit de votre quatrième album – sortis en 2015, 2018, 2021 et cette année. Un album tous les 3 ans donc. C’est un rythme que vous vous êtes donné ?

Ouais, exactement (rires) ! Non, pas du tout, c’est surtout lié au rythme auquel on parvient à produire les albums, le temps qu’il nous faut pour composer assez de titres. C’est le rythme qu’on arrive à assurer plutôt qu’un « plan ». Toujours est-il qu’on essaye d’être régulièrement présent et d’avoir toujours quelque chose à proposer, de ne pas se faire oublier trop longtemps de manière à rester dans la tête des gens…

Trois ans, même si c’est un peu long, ça reste un rythme qui permet aux gens de savoir quand attendre de la nouveauté…

Après, comme tu le dis, nos quatre albums sont sortis avec ce délai, mais ce n’est pas quelque chose à quoi on tient particulièrement. Peut-être que vous aurez des surprises à l’avenir…

Que peux-tu nous dire au sujet de ce nouvel album pour nous convaincre d’aller l’acheter ?

Si tu aimes le thrash moderne avec une pointe de death metal, avec un son bien catchy et puissant… Eh bien, écoutes : cet album peut te plaire… Ça décrit un peu cet album.

C’est vrai que vous êtes dans une veine thrash très costaud, plus proche même du death. Tu aurais d’autres termes à utiliser pour décrire votre musique à quelqu’un qui ne vous connait pas ? Quand j’écoute cet album, ce n’est pas que du « bourrinage », il y a des aspects un peu plus… « mélodiques » …

Tu peux le dire, on a toujours incorporé dans nos albums des éléments qui peuvent être taxés de « mélodiques ». En soit, ce n’est pas une insulte. On tient toujours à amener ce côté, ça fait partie du son de Death Decline d’apporter des riffs mélodiques et des passages plus cools. Le but, ça n’a jamais été de proposer des albums qui bourrinent du début à la fin… Ce ne sera jamais dans l’optique du groupe, et comme tu le dis, il y a encore sur cet album pas mal de passages mélodiques qui alimentent des moments plus durs, pour les mettre aux standards de Death Decline.

Comment analyses-tu l’évolution de Death Decline entre A silent path, votre album précédent, et Patterns of an imminent collapse ?

Entre les deux, je pense que nous avons une évolution assez constante et logique. On ne force pas les choses, ça se passe assez inconsciemment. On a du mal à analyser les choses de manière plus techniques, on compose comme on le sent, pas en pensant à un moule ou un style musical en particulier. A partir du moment où on aime bien un riff, on compose un morceau à partir de ce riff. Ça amène des palettes vocales différentes, en fonction des morceaux et des sujets qu’on traite. C’est quelque chose d’assez naturel… Au niveau sonore, aussi, on a encore évolué un peu. C’est vrai que l’album peut paraitre plus direct et en même temps plus mélodique… En tout cas, on est totalement satisfait de l’évolution du groupe et de ce nouvel album.

Il y a un certain équilibre puisque le groupe n’a pas changé de line up ces trois dernières années. En revanche, The silent path est sorti en pleine crise sanitaire qui peut avoir eu un impact. Cette dernière a-t-elle eu un impact sur votre façon de faire ?

Je ne pense pas, pas dans les titres qu’on compose… Je pense plus dans notre méthode de travail et de composition : on avait dû s’adapter à l’époque et on a conserver certaines façons de faire. On s’est rendu compte qu’il y avait des choses qu’on avait mises en place pour The silent path qui fonctionnait plutôt pas mal – entre autres le fait de travailler les préproductions chez nous, bien avant l’album, chose qu’on ne faisait pas sur les deux premiers albums. On s’est un peu formés sur le sujet, on a investi dans du matériel pour faire des préprods chez nous et ça nous apporte quelque chose qu’on n’avait pas avant : une idée plus précise de comment el morceau va sonner avant d’entrer en studio.

Quels sont les sujets dont vous traitez ? Un titre comme celui de cet album (Les signes d’une chute imminente) c’est très positif, très enthousiasmant comme notion…

(Rires) Ben, écoute, j’ai envie de te dire qu’on ne fait pas du funk non plus (rires) ! Les sujets qu’on abordent ? Globalement les comportements humains, dans leurs mauvais côtés… Ça peut être au niveau social, écologique, des sentiments… On brosse un portrait qui peut paraitre pessimiste, nous, on a plutôt l’impression qu’il est réaliste. Comme je sais qu’Alexis, au chant, a tendance à écrire des paroles pour quelles soient libres d’interprétation pour l’auditeur. Il va composer se paroles d’une manière ouverte à l’interprétation.

Y a-t-il des thèmes qui selon toi, selon le groupe, n’ont absolument pas leur place dans Death Decline ?

Je pense que pour traiter d’un sujet il faut déjà qu’on soit tous à peu près raccord pour le traiter. On est plutôt ouverts à parler de tout, il n’y a pas de tabou. Je n’ai pas un sujet en tête qu’on n’évoquerait pas… On n’évoquera pas frontalement la politique. On n’est pas apolitique mais on ne donnera pas notre avis, ce n’est pas la vocation du groupe. Ce n’est pas le propos du groupe de partager des opinions politiques.

On parle de la pochette un peu ?

Oui…

Je pense que personne n’a dû vous le dire, mais elle m’évoque un peu celle de Quadra de Sepultura, surtout le verso qui représente un crane. Il y avait une volonté de faire un clin d’œil à Sepultura ?

Alors, vu que Sepultura a annoncé sa fin de carrière après ce dernier album, c’était purement volontaire pour prendre leur place sur la scène internationale (rires) !

L’ambition est là, claire et précise !

Tu parles au futur Andreas Kisser (rires !) Non, non, pas du tout ! On a déjà dit à Alexis, notre chanteur, qu’il ressemble à Max Cavalera, ça reste raccord ! Plus sérieusement, on reste clients et fans de Sepultura mais on n’a pas pensé à cet album au moment de faire faire l’artwork par Stan W. Decker, qui s’occupe de nos pochettes depuis le premier album. L’idée, c’était d’avoir quelque chose de thématique, une sorte d’écusson, une plaque de marbre… Quelque chose de frontal, un emblème… On n’avait pas, au départ, évoqué la pièce de monnaie mais ça rentrait dans les codes. Quand Stan nous a proposé cet artwork, on l’a trouvé tellement efficace qu’on est resté dessus, on n’a pas changé. On se doutait bien que le rapport avec Sepultura se ferait mais il n’y avait pas une volonté de s’influencer d’eux…

Surtout que le personnage que l’on voit de profil est identique à celui de The silent path – j en’ai pas les autres pochettes sous les yeux. C’est une sorte de mascotte ce personnage cornu ?

Oui, si tu regardes les deux premiers albums, tu verras qu’il est également présent, de façon plus humaine, plus… distinct. Sur The silent path, il est plus comme une statue, une divinité qui s’élèverait au-dessus des hommes. C’est un peu une mascotte et c’est une volonté de notre part de conserver ce personnage avec des cornes qui peut apparaitre sous plusieurs formes. C’est quelque chose d’assez classique sur la scène metal que d’avoir un personnage récurent qui apporte une identité visuelle.

Au verso, à la place du cou, il y a une sorte de mappe monde qui est, j’imagine, en lien avec le titre de l’album…

Euh, ouais… alors là, si tu veux… On a donné toute notre confiance à Stan qui a travaillé de concert avec Alexis pour créer toute une identité visuelle qui comme vraiment aux sujets abordés.

Si tu devais ne retenir qu’un titre de ce nouvel album pour expliquer aux gens ce qu’est aujourd’hui Death Decline, ce serait lequel ?

Elle n’est pas facile, ta question, parce que l’album a été composé pour que chaque morceau soit complémentaire, du coup, chaque morceau apporte quelque chose au spectre sonore de Death Decline et de cet album… C’est vrai que ce n’est pas une question facile…

Tu as 5’ pour me convaincre d’écouter le reste de l’album…

(Rires) Alors, sur Towards void and oblivion tu trouves beaucoup d’éléments qu’on aime développer : de la mélodie, des changements de rythmes, d’ambiances, des riffs thrashy bien rentre dedans… C’est un morceau qui est catchy, brutal, en même temps mélodique et incisif. Je pense qu’il représente plutôt bien ce qu’on est capables de faire… Sinon, tu as aussi un morceau comme…

Non, non ! Je n’en ai demandé qu’un ! Ne cherchez pas à négocier, Monsieur, ça ne marche pas ici !

(Rires) Alors Towards fera l’affaire !

Quels sont les 5 albums que tu as le plus « bouffés », usés jusqu’à la corde dans ta vie ?

Il y aura, concrètement, en premier lieu Ride the lightning de Metallica – ça reste mon album fétiche tous groupes confondus – Il y a aussi Bonded by blood d’Exodus…

On est dans les origines du thrash…

Ouais, exactement. Je suis plutôt fan de thrash, on va dire que c’est moi, le « parrain thrash » du groupe… Ensuite, il y a Defenders of the faith de Judas Priest. Après, qu’est-ce qu’il pourrait y avoir ? Le premier Led Zeppelin ? Oui, carrément… Il y a aussi… Leprosy de Death, et sans doute Killers d’Iron Maiden que j’ai énormément écouté étant jeune…

Ça en fait six…

Ouais, ben… tu choisiras (rires) !

Monsieur est dans la négociation aujourd’hui ! On le sait, un groupe de rock en France, d’autant moins de metal et encore moins dans votre style, ne vit pas de sa musique, ou très rarement. Quelles sont vos autres activités dans vos autres vies ?

Moi, je suis électricien du bâtiment, Alexis est chef cuistot, il tient une cave à bières et une taverne rock/metal sur Châlons sur Saône. Alex, à la basse, est mécanicien de formation, Jordan, à la guitare, est informaticien, et Arnaud, notre batteur, est pour l’instant ouvrier viticole.

Vous avez des concerts prévus pour les mois à venir ?

Là, on a pas mal enchainé… On était le week end dernier à Martigues pour une super date, on a fait la Vapeur à Dijon, le Ferrailleur à Nantes pour la release party… On bosse d’arrache-pied pour composer une tournée digne de ce nom pour 2025… Vous allez pouvoir nous voir aux quatre coins de la France en 2025 !

Il n’y a pas que les coins, en France, il y a tout l’intérieur ! Moi, je suis carrément dans le Centre…

Tu veux qu’on joue où, du coup ?

Je suis à Orléans.

Ça fait partie des villes qu’on essaye de faire depuis un moment. Ça devrait se faire…

Pour terminer, si tu devais penser à une devise pour Death Decline, ce serait quoi ?

Je ne sais pas… C’est peut-être classique mais je dirai « Strike hard, strike fast »

STUBBORN TREES: The stronger the wind…

France, Stoner rock (Autoproduction, 2024)

On ne va pas vous faire l’insulte de vous expliquer que le nom du groupe vient directement de cette catégorie d’arbres quelque peu rebelles qui poussent peu importe où en repoussant ou contournant les obstacles qui se dressent sur leur chemin… Non, ça, on ne le fera pas parce que ce qui nous (hein? pardon? Comment ça: « tu l’as fait quand même »?)… Reprenons. Ce qui nous intéresse, écrivais-je donc avant cette interruption, c’est The stronger the wind… un premier album signé des Français de Stubborn Trees, déjà auteurs de deux Ep (Stubborn trees en 2020, Roots en 2021). Toujours ancré dans les inspirations liées à mère nature, Stuborn Trees nous propose une exploration de ses diverses sources d’influences au travers de 11 titres qui oscillent entre gros hard rock avec des riffs dignes d’un jeune Black Sabbath et folk énervé. Dès Waiting for…, le groupe expose une palette de couleurs musicales avec une jolie variété tout au long de l’album. Quelques grognement viennent ici illustrer la colère de Mère Nature, quelques claviers apportent ailleurs une douceur enrobée de bienveillance. Sans rien réinventer, l’alliance des styles, du heavy rock vintage au grunge, en passant par une touche de folk et un peu d’extrême, donne à ce disque une jolie dimension. Totalement DIY – même la pochette dont on imagine qu’elle représente le maillage anarchique et totalement contrôlé de racines est dessinée par Laurie Prévot (Chant et basse) et Yann Eléouet (chant et guitare) – tous deux accompagnés par le guitariste Julien Le Page et le batteur Camille Barsamian – ce premier album est une carte de visite assez prometteuse.

HELLFEST 2025: L’affiche enfin dévoilée!

Enfin! On aura attendu beaucoup plus longtemps que d’habitude, mais le Hellfest vient enfin, ce 9 décembre à 17h, de dévoiler l’affiche de sa prochaine édition qui se tiendra du 19 au 22 décembre 2025. Pour rappel, inutile de chercher des pass 4 jours, ils sont partis depuis bien longtemps.

Comme chaque année, si on retrouve des grands classiques du festival, des habitués même (Scorpions, Judas Priest, Exodus, Orange Goblin, Epica, Airbourne, Ultra Vomit et même l’incontournable Very Special Guest présent tous les ans à cette période de l’annonce!), on se délecte de certains retours (Jinger, Walls Of Jericho, Turbonegro, Leprous, Sunn O))), Sacred Reich, Pentagram, ADX…) dont un Linkin Park renaissant forcément très attendu ainsi qu’un Dream Theater incluant son batteur historique.

Si on peut avoir l’impression de « voir toujours les mêmes », à y regarder de plus près, le Hellfest nous propose quelques nouveautés alléchantes. On pense à nos compatriotes de Furies (dont Lucie Sue fera également le show en solo) mais également – surtout – enfin l’arrivée d’un Royal Republic toujours exemplaire sur scène.

Les deux gros morceaux de 2025 sont cependant autre: après avoir reçu Generation Sex, ce sont aujourd’hui les Sex Pistols qui vont retourner Clisson ainsi qu’un Muse depuis quelques temps pré-senti qui va apporter une touche nouvelle au festival des musiques extrêmes.

Les râleurs peuvent râler, il n’empêche que le Hellfest nous propose une nouvelle fois une affiche variée et plus qu’alléchante.

VISAVIS: The art of collapse

France, Metal (M&O, 2024)

Il y a quelques années, j’avais craqué sur War machine, album autoproduit paru en 2018 marquant le retour des gars de Tulle, déjà responsables d’un premier essai en 1995, So special. Ce retour, Visavis le réitère aujourd’hui, 6 ans après (je crois avoir vu passer une autre production vers 2021, mais ils prennent leur temps quand même!) avec un Ep, The art of collapse. Il faut croire que le rouge est la couleur de prédilection de Visavis, un rouge vif comme le contenu musical de ce mini album. Les 6 titres de cette galette sont forgés dans ce metal lourd, pachydermique parfois et, surtout, toujours entrainant. On tape du pied et on secoue la tête dès l’introductif We don’t care. La suite, de l’hypnotique morceau titre à We’re not dead, passe par diverses couleurs du metal, à la fois moderne par sa production puissante et soignée et vintage avec ses consonnances punk que ne renierait pas un jeune Mötorhead. Ca passe vite, trop vite, et on espère seulement que le le groupe prendra enfin le temps de sillonner les route de France pour conquérir le public et ne pas nous faire attendre encore de longues années pour proposer une suite à ce bigrement efficace The art of collapse.

Interview: KLOGR

Interview KLOGR. Entretien avec Rusty le 14 octobre 2024.

Rusty, tu appelles pour parler du nouvel album de Klogr…

Oui, le nouvel album, Fractured realities, sortira le 31 octobre. On a commencé à l’enregistrer pendant le confinement. C’était une période étrange parce que nous avons commencé à écrire de nouveaux morceaux mais avec la mauvaise énergie… Personne ne savait si ça fonctionnerait, si un jour le monde tournerait de nouveau. Mais nous croyions toujours en la musique et nous avons, j’ai, commencé à composer. Après ça, certains membres du groupe ont eu des difficultés, avec leur « vrai » boulot et d’autres choses. Le process a vraiment repris en 2023 lorsque l’opportunité de remonter sur scène s’est présentée. Nous nous sommes alors dit que nous devions terminer nos compositions. Il y avait des choses différentes de ce que nous avions déjà fait, nous avons retrouvé la bonne énergie et nous avons terminé l’album au début de l’année 2024.

Tu as dit qu’un des membres du groupe avait des obligations personnelles. Cela signifie-t-il qu’il y a eu un changement de line-up ?

Non, on a eu un changement avec l’album Keystone, en 2017, parce qu’un des membres ne pouvait nous suivre en tournée. Pour certains d’entre nous, Klogr n’est pas le travail principal, alors c’est difficile de mixer la « vraie vie » avec la vie d’une tournée. Pendant la période de la pandémie, certains d’entres nous ont rencontré des problèmes avec le travail normal, et ce ne fut pas facile. Je ne veux pas parler de « dépression » mais les sentiments étaient au plus bas, rien n’était réuni pour que nous puissions composer de la bonne musique. Nous avons perdu une partie de notre enthousiasme vis-à-vis de la musique.

Comment avez-vous retrouvé cet enthousiasme ?

Je suis entré dans le studio, et j’ai dit : « les gars, on se réveille ! Nous avons la possibilité de partir en tournée, alors on se réveille et on compose ces putains de chansons ! » Et c’est ce que nous avons fait. Retourner sur scène était important… Nous ne sommes pas un groupe internet, de streaming, nous avons besoin d’être sur la route, avec un vrai public, nous devons prendre le temps de partager avec d’autres. On ne veut pas avoir un écran entre le public et nous ! Quand nous avons eu la chance de pouvoir reprendre la route, nous avons retrouvé la bonne énergie. Maintenant, nous avons 46 concerts prévus en 52 jours, ce qui est la bonne dimension pour Klogr.

Keystone était votre précédent album, c’est à cette époque que nous nous sommes rencontrés pour la première fois. Comment analyserais-tu l’évolution du groupe entre ces deux albums, Keystone et Fractured realities, sachant que, bien sûr, 2020-2022 c’était la crise sanitaire…

Keystone a été produit par une sorte de dieu, qui a produit deux albums de Godsmack… C’est un de mes mentors dont j’ai appris beaucoup, notamment grâce au temps passé en studio avec lui en 2017. Après, nous avons passé beaucoup de temps à tourner, entre 2017 et 2019. Après, j’ai passé deux ans à travailler sur mon projet solo, j’ai réarrangé des covers – de Soundgarden, Alice In Chains, Johnny Cash… – avec des influences Nine Inch Nails. J’avais besoin de découvrir d’autres styles musicaux aussi, d’autres atmosphères. Quand on a commencé à composer pour le nouvel album de Klogr, j’ai dit aux autres membres du groupe qu’on devrait inclure, dans notre musique, ces éléments et instruments électroniques. Notre musique est une forme de metal grunge des 90’s. On devient vieux, on a besoin de fraicheur. On doit trouver quelque chose de plus moderne. Nous ne sommes pas un groupe de metalcore, ni indus, mais nous pouvons ajouter certains de ces éléments dans notre musique. Et ça marche, notre autre guitariste, Crivez, aime aussi beaucoup de groupes qui font partie de mes influences. On a commencé à écrire ensemble, et la plus importante différence entre nos deux derniers albums, c’est notre approche : nous sommes plus expérimentés, et c’est aussi la raison pour laquelle j’ai décidé de produire cet album, de mettre la main dessus en tant que producteur. En 2011, j’avais produit le premier album, j’ai développé de l’expérience depuis, en tant que producteur avant d’être musicien ou front-man. Maintenant, il est temps de prendre ma revanche (rires) ! Me mettre en première ligne n’a pas été facile, mais je remercie tous les producteurs qui ont travaillé avec Klogr avant. Je me dis que j’ai vraiment fait du bon boulot, parce que je trouve que c’est vraiment un bon album.

Il y a aussi un défi avec cet album : il y a dix chansons, et tu veux pouvoir proposer dix vidéos différentes… Peut-on imaginer que, mises bout à bout, ces vidéos donneront une histoire ?

Tu sais, ce n’est pas un album typique de rock, et il n’y a pas d’histoire racontée. Il y a différentes photos, chacune représentant un état émotionnel différend, une lutte intérieure, un désordre mental, un désordre alimentaire… Des choses que chacun peut vivre au quotidien, de diverses manières. Certains peuvent en user, d’autres en être victimes. Pour les vidéos, j’ai demandé à Joe et Jumpy, deux anciens membres du groupe qui sont aujourd’hui vidéastes, de travailler avec moi. Je leur ai expliqué ce que j’avais en tête, dans mon esprit tordu : décrire ces émotions au travers de vidéos. Il y a une artiste qui débute chaque vidéo en ouvrant une valise dont elle sort un ustensile : le premier, c’est un masque couronné qu’elle place sur son visage. Elle est aussi devenue le clown effrayant… à la fin de la chanson, elle enlève le masque qu’elle place dans une boite. A la fin des dix vidéos, elle trouve un dernier objet, et… et… la question se pose. Il faut regarder la dernière vidéo pour comprendre les infos et pouvoir les interpréter.

Le thème principal de l’album porte donc sur ces dysfonctionnements, alimentaires, psychologiques, émotionnels…

Oui. Oui, parce qu’un des aspects que nous voulons expliquer dans l’album est que nous vivons ce genre de dysfonctionnement. Selon nou, 80% de ces troubles sont le fait de la société actuelle. Des parents jusqu’à l’acceptation par la société… Nous sommes en 2024, nous sommes sans doute libres de déclarer nos préférences sexuelles mais ce n’est pas normal, chacun devrait pouvoir être libre de vivre sa vie comme il l’entend ! Le second aspect, c’est que ta liberté ne peut pas nuire aux autres libertés. Nous devons en parler parce qu’il y a encore tant de gens qui vivent avec des sentiments négatifs, avec la peur sans pouvoir mettre un nom sur ces sentiments. Quand tu sais les nommer, peut-être peux-tu les accepter et leur faire face. Nous ne sommes pas médecins, nous n’avons de leçons à donner à personne, c’est juste notre point de vue que nous exprimons. Et expliquer comment, dans le passé, certains d’entre nous ont pu faire face à ces problèmes.

Vous n’êtes pas médecins… Quels sont vos autres métiers dans la vie ?

Je suis producteur, j’ai mon studio. Je dirige aussi une école de musique et d’autres choses. Le batteur est prof de musique, et il peut trouver un remplaçant pour animer ses cours quand on part en tournée. On espère vraiment que la réponse à cette question, en 2025, sera « on n’a pas besoin d’autres jobs ! » (rires). On croise les doigts.

Si tu devais ne retenir qu’un seul titre de l’album pour me convaincre d’aller acheter l’album, la chanson qui vous représente le mieux aujourd’hui, tu retiendrais laquelle ?

Je vais te faire une réponse étrange : Whale fall est la chanson la plus bizarre de l’album. Alors peut-être qu’elle ne représente pas bien le son de l’album, mais elle peut clairement éveiller quelque chose en toi qui t’amènerais à plonger dans la musique de Klogr et penser que si ces gars peuvent jouer ce genre de choses, peut-être peuvent-ils jouer d’autres trucs étranges.

Fractured realities évoque un peu la pandémie, car tout le monde vivait dans une forme de réalité fracturée. Tu as aussi évoqué une forme de retour de la dictature avec des autorités d’extrême droite qui reviennent au pouvoir. Ces réalités fracturées sont elles aussi liées au monde actuel ?

Oui, je le pense et, peut-être plus que « fracturé », nous devrions parler de « fragile » parce que nous avons vécu une très belle période dans les 70’s, 80’s, 90’s, nous pouvions penser au bien-être et nous pouvions faire toujours plus. Maintenant, nous avons sans doute trop dans certains pays du monde et nous avons perdu de vue nos objectifs initiaux, nos émotions. Nous avons oublié le pourquoi je fais ci ou ça. On s’est encore plus perdus pendant la pandémie : de nombreux couples, familles ont explosé parce qu’incapables de vivre dans un même appartement pendant tout ce temps. C’est pareil dans le reste du monde, il y a maintenant de plus en plus de guerre partout. La crise que nous visons remonte à 2000 ans déjà, parce qu’on n’apprend pas de nos erreurs, on n’est pas capables de faire des choses glorieuses comme notre architecture ou d’avoir de belles actions pour l’humanité sans être, en même temps, plus que stupides. Si nous prenions plus de temps à observer la Nature, et les animaux, soit disant moins intelligents que nous par ce que nous sommes des « homo-sapiens », mais en fait, ils sont plus intelligents que nous parce qu’ils agissent naturellement, sans trop de réflexions ni d’objectif destructeur. On pêche 90% des poissons de l’océan et on en gâche énormément en jetant. L’homme a envie d’avoir toujours plus de tout, et crée un déséquilibre.

Comme nous arrivons à la fin de cette interview, peux-tu me dire quels sont les 5 albums que tu as le plus écoutés dans ta vie ?

Okay… alors… Ce n’est pas une question difficile : I, the mask de In Flames. Ten thousand days, de Tool. Diamond eyes de Deftones, Half of the bowl de Shovel et Staind de Staind. Je garde toutes ces infos sur mon profil Spotify…

Quelle pourrait être la devise de Klogr aujourd’hui ?

« Soyez authentiques ». Si tu veux partager ta musique avec le public et sans chercher à être rock star, alors pose toi et reste authentique…

As-tu quelque chose à rajouter pour conclure ?

Oui, je pense vraiment que Fractured realities est notre meilleur album à ce jour. Ca fait prétentieux, mais on a beaucoup travaillé dessus et clairement, il surpasse le reste. Nous sommes impatients de le présenter en concert et de pouvoir ensuite aller discuter avec le public au stand de merch. On verra si j’ai tort ou raison ! J’espère qu’on pourra se voir à un de ces concerts !

DARCY: Tout est à nous

France, Punk (At(h)ome, 2024

C’est sans aucun doute possible l’époque qui le veut. Les Rennais de Darcy sont de retour avec Tout est à nous, un troisième album où la colère du quotidien cède le pas aux cris de la révolte qui gronde. Forgé dans le moule contestataire cher à leurs glorieux ainés que sont Lofofora ou, plus proches encore musicalement, Tagada Jones. Le fond est insoumis, revendicatif, rageur. La forme est rugueuse, directe et sans concession. L’esprit contestataire omniprésent a été mis en son par un autre révolté notoire, Fred Duquesne (à ses heures perdues également guitariste et producteur de Mass Hysteria), et l’ensemble est sévèrement burné. Les onze titres défilent brutalement comme une manif qui tourne mal. La colère d’Irvin – son chant enragé a pris de la puissance – et palpable tout au long des Poings en l’air, La bagarre, Ce soir, ça va chier et autre Plus rien à foutre. Clairement et ouvertement engagé, Darcy frappe fort avec ce nouvel album au titre oh combien contradictoire car totalement capitaliste: Tout est à nous résonne comme une envie de déposséder l’autre pour posséder soi-même… C’est pourtant le cri de toutes les manifs anti-capitaliste que l’on entendra encore, malheureusement, bien longtemps: « tout est à nous, rien n’est à eux ». Un album puissant, un message fort et engagé, une musique explosive… Tout est réuni pour mener Darcy aux sommets de la scène punk rock metal hexagonale.