AARON KEYLOCK: Cut against the grain

aaron keylock 2017Royaume-Uni, Hard Blues (Provogue, 2017)

Bon, voilà. Je pose ma guitare. Définitivement… Dégouté. Un gamin, un môme presqu’encore boutonneux… Aaron Keylock est un jeune guitariste d’à peine 20 ans qui s’est shooté au blues et au rock qui le fait. Le gamin nous propose, avec son premier album Cut against the grain, 11 titres forgés dans ces tripes qui firent, jadis, ce que furent les Rolling Stones, ceux de Sympathy for the devil (Falling again), ou de ce que nous offrait môssieur Gary More avec Parisian walkaways ou Still got the blues (sur Just one question), mais pas que. il se cherche au travers des Medecine man – superbe de feeling – Against the grain ou Sun’s gonna shine. Le gamin nous offre sa voix, chaleureuse, rauque, quelque peu étouffée et ayant encore un brin besoin de s’affirmer (faut bien trouver des défauts, non?) et sa guitare inspirée. Alors oui, Aaron Keylock a certes besoin de se démarquer de ses mentors pour trouver son air, il n’empêche: ce gars est un futur grand. Ou comme disait la pub, naguère: « il a tout d’un grand ». L’aurait pas pu plutôt s’intéresser aux filles, ce mec? J’vous jure…

Note: 8/10

WARS: We are islands, after all

wars-2017Hardcore, Royaume-Uni (Spinefarm, 2017)

Je n’ai pas connaissance qu’un groupe se soit déjà nommé Wars. C’est si simple que c’en est étonnant, mais je n’ai pas la prétention de connaitre tous les groupes ayant enregistré un album (heureusement, dis!) Et quand on choisi un tel patronyme, quoi de surprenant à ce que la musique soit à l’avenant: guerrière, rentre dedans, vindicative et directe?  Rien. Et les dix titres proposés sur ce premier album, We are islands, after all (en bac le 27 janvier 2017) frappent dur. Cognent, même, fort et violemment. La rage vocale accompagne à merveille celle de guitares criant leur fureur sur des rythmes rentre dedans. De prime abord, on pourrait croire que Wars défonce tout sur son passage tel un pachyderme énervé. Pourtant, Wars ne bourrine pas. S’il est vindicatif, le groupe n’en reste pas moins réaliste tant dans ses propos – souvent d’actualité – que dans la construction sans concession de ses morceaux, souvent simples et directs, sans chercher à réinventer un style qui puise dans la « simplicité » brutale et irrévérencieuse du punk. Et s’il s’adresse avant tout aux fans de hardcore revendicatif, We are islands after all apporte aussi sa dose de décibels à tout amateur de metal en recherche d’énergie pure. C’est déjà ça…

Note: 7,5/10

SHVPES: Pain, Joy, Ecstasy, Despair

shvpes-painjoyecstasydespair-2016Metalcore, Royaume-uni (Search and Destroy/Spinefarm records, 2016)

Quatre mots forment le titre de ce premier album des Anglais de Shvpes. Deux positifs (Joy et Ecstasy, pas besoin de traduire), deux plus négatifs (Pain et Despair). Soit on y trouve un équilibre, ou bien c’est une manière de revisiter les 4 fantastiques… les 4 cavaliers de l’Apocalypse. Quelques recherches permettent de découvrir que le « chanteur » Griffin n’est autre que « le fils de  » Bruce Dickinson. Pourtant, il n’y a rien de commun entre les deux! Comme son frère avec Rise to Remains – semble-t-il disparu (le groupe, pas le frangin!) – Griffin opte pour une version hurlée et rageuse de ce que certain appellent chanter. Si je peux comprendre une forme de rage, je n’arrive décidément pas à adhérer à cette furie quasi permanente, parfois atténuée par des inspirations rap évoquant une forme de neo metal, qui illustre bien le premier mot du titre de l’album. Pain. ou le dernier, Despair. Mais pas ceux du milieu: Joy et Ecstasy. Je ne trouve dans cet exercice vocal ni finesse ni intérêt, malgré la présence de voix . Contrairement au propos musical qui, si l’on excepte la batterie basée sur des doubles grosses caisses, nous offre des guitares qui grattent et charcutent, en variant les plaisirs. Ça file, pas forcément droit, mais les gars y vont avec entrain et enthousiasme. Malheureusement, ça tourne rapidement en rond, ce style semblant déjà avoir tout dit ou presque. Dommage.

Note: 5,5/10

Photo de la semaine: Hommage à Rick PARFITT

Rick Parfitt - 12 oct 1948/24 déc. 2016

Rick Parfitt – 12 oct 1948/24 déc. 2016 – Paris, Palais des Sports, 26 mars 2014 (Photo MP Gatling)

 

Rick Parfitt, éternel guitariste de Status Quo (et complice de Francis Rossi) nous a quittés hier, 24 décembre 2016, à l’âge de 68 ans. Le musicien est décédé en Espagne, à Marbella, des suites d’une infection d’une blessure à l’épaule.

Metal Eyes pense à sa famille ses amis et ses proches. Repose en paix, Rick, ton héritage est éternel.

PHIL CAMPBELL AND THE BASTARD SONS

phil-campbellatbs-2016Hard  rock, Pays de Galles (UDR, 2016)

Phil Campbell, désormais ancien guitariste de Motörhead, avait déjà laissé comprendre qu’il pouvait aussi tenter une carrière solo avec son récent projet All Starr Band. Alors que Mikkey Dee se fait engager par un Scorpions en « fin » de carrière, Phil, lui, confirme son projet en lançant son nouveau groupe Phil Campbell And The Bastard Sons pour lequel il s’entoure de ses fils (Todd à la guitare, Tyla à la basse et Dane à la batterie) et, Neil Starr au chant. En guise d’introduction, le quintette  propose un premier Ep de 5 titres foncièrement hard rock’n’roll. Après tout, c’est ce qu’a toujours fait Phil, même si on est ici à des années lumière de Motörhead. Quel intérêt d’ailleurs de répéter ce qui a été fait ? Au contraire, les enfants de bâtard se montrent ouverts d’esprit et laissent entendre des influences diverses. Le groupe puise autant dans le hard rock bien gras et biéreux (Big mouth, Spiders), le rock plus passe partout, le plus « radio friendly » avec des intonations vocales proches du  FM (Take aim) ou le punk sauce Ramones (No turning back), chansons la plus proche de l’esprit Motörhead. Life in space, qui conclue cet Ep est un morceau acoustique, calme, le plus à l’opposé de ce à quoi Campbell nous a habitués. Certes, on aurait espéré un album complet pour se faire une meilleure opinion, et l’on aurait aussi espéré trouver un titre, au moins, fédérateur, au refrain accrocheur et aux allures de hit potentiel. On se satisfera simplement de retrouver le taciturne guitariste gallois de retour aux affaires avec un projet fun et plaisant. A quand la scène (le groupe est en tournée au Royaume-Uni jusqu’à la fin de l’année) et un album complet ?

Note : 7,5/10

Titre que je retiens : No turning back

BLACK SABBATH: The ultimate collection

black-sabbath-2016Heavy metal, Angleterre (BMG, 2016)

Black Sabbath, le légendaire Black Sabbath qui vient de tirer sa révérence, nous propose déjà une énième compilation, via le label BMG. Rien d’étonnant à cela, il parait fort logique de battre le fer tant qu’il est chaud et de capitaliser sur un nom aussi prestigieux au moment des adieux. Et tant qu’à faire, le label voit grand: The ultimate collection est un double CD regroupant 31 chansons, toutes pré 1980 (on aurait apprécié un livret un peu plus fourni que 8 petites pages, soit-dit en passant). On est loin aujourd’hui, très loin, des années 90 (fin 80’s, même) où le simple nom de Black Sabbath ne suffisait plus pour vendre. Aujourd’hui, ce patronyme est entré dans la légende et les plus jeunes générations qui ont pu assister à ces concerts d’adieux – voire à la tournée précédente – pourront dire avoir vu des légendes vivantes. Faut-il revenir sur ces morceaux d’anthologie que nous laissent Ozzy Osbourne, Tony Iommi, Geezer Butler et Bill Ward? Non, bien sûr, tant les Paranoid, Iron Man, War Pigs, Symptom of the universe ou Snowblind font partie de la culture collective, même inconsciente. Seulement, il est particulièrement injuste, irrespectueux, même, voire insultant d’appeler cette compilation « The ultimate collection« . Irrespectueux et insultant car c’est un peu vite oublier ce que Ronnie James Dio a pu apporter à Black Sabbath au début des années 80, puis à son retour dans les années 90. « Ultimate »? Sûrement pas: quid des autres chanteurs, plus ou moins connus, les Ian Gillan, Glenn Hugues, Tony Martin, Ray Gillen, pour ne citer qu’eux ou même des autres musiciens(tant il y en a eu…)? Pourquoi n’avoir concentré cette (énième) compilation que sur la période qui s’étale de 1970 à 1978? On efface les Mob Rules, Heaven and hell, Dehumanizer, Born Again, et même 13, le dernier album en date? Oh, certes, l’histoire de Black Sabbath est faite de hauts très hauts, principalement à cette période là. Mais encore plus de gouffres qui ont englouti le groupe après le départ de Dio au début des 80’s, laissant, au final, seul et désemparé Tony Iommi. Jamais le guitariste ne s’en est remis, triste témoin d’un groupe dont la seule évocation du nom faisait rire… Sharon Osbourne aurait mis son grain de sel dans la réalisation de ce produit pour, une nouvelle fois, s’arranger pour que ce soit son seul mari de chanteur qui reste dans l’Histoire que personne n’en serait surpris. D’&illeurs, à qui appartient le nom de Black Sabbath aujourd’hui? Ca fait bien longtemps que Imooi en a perdu la propriété et que les Osbourne se le sont réapproprié…Alors, oui, cette compil est un beau résumé de la première partie de la vie de Black Sabbath, mais non, mille fois non, elle n’a rien d' »ultime » car, quand bien même il en existe une intitulée The Dio years, elle fait l’impasse sur plus de 3 décennies et un  nombre conséquent de chanteurs et de productions de (plus ou moins grande) qualité et ne vient que s’ajouter à tant d’autres compilations identiques (à commencer par We sold our soul for rock’n’roll, paru à la fin des 70’s dont on retrouve ici les 14 chansons…) Musique indispensable, certes, mais c’est bien le seul intérêt de l’objet. A ne conseiller qu’à ceux qui nepossèdent rien du Sab’.

Note: 7,5/10 (10 pour la musique, 5 à peine pour le tracklisting…)

Titre que je retiens: Euh… tous

THE WOUNDED KINGS: Visions in bone

thewoundedkings-2016Doom, Royaume-Uni (Spinefarm, 2016)

Aussi sombres que la pochette qui les renferme, les cinq titres de Visions in bone, cinquième album de Anglais de The Wounded Kings, sont d’une lourdeur sans équivalent. Longs, très (seul un morceau a une durée raisonnable de moins de 5’…), et lourds, largement inspirés par, tiens donc?, un Black Sabbath des premières années, les Beasts, Vultures et autres Bleeding sky proposent des ambiances variées, toujours sombres et, surtout, oppressantes. The Wounded Kings nous replongent allègrement au cœur de ces années de tentatives et de tentations, ces années psychédéliques pendant lesquelles les musiciens osaient explorer, sortir des sentiers battus, à la recherche DU riff ultime. Le chant sombre de Sharie Neyland colle parfaitement à l’ensemble pachydermique voulu par ses comparses. Un album à ne pas recommander en cas de dépression… Il semble cependant que Visions in bone soit le chant du cygne de The Wounded Kings qui a, depuis la sortie de ce disque, décidé de mettre un terme à l’aventure.

Note: 8/10

Titre que je retiens: Vultures

Interview: RAVENEYE

Entretien avec Oli (chant, guitare), Aron (basse) et Adam (batterie) de RavenEye. Propos recueillis à Paris (La Flèche d’Or) le 3 octobre 2016

C’est au Hellfest que nous nous sommes rencontrés pour la première fois. RavenEye fait partie de ces jeunes formations inspirées par les 70’s au talent très prometteur. C’est à l’occasion de leur passage à Paris avec ouverture du concert de Zodiac (cf. le live report du concert) que nous avons retrouvé les anglais, détendus et heureux d’être là.

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Metal-Eyes : Comment allez-vous depuis le Hellfest?

Oli : Super bien! Ça a été assez dingue, tout ce qu’il s’est passé… l’album est sorti. On attendait qu’il sorte avec impatience. Il était déjà prêt lors du Hellfest et, en fait, ça a été notre principal sujet de conversation : comment on veut le sortir, quand… Notre sujet principal, même depuis que nous avons pris la route avec Zodiac.

Metal-Eyes : L’album est maintenant sorti. Que m’en diriez-vous pour me convaincre de l’acheter ?

Oli : Tu aimes la bonne musique ? (Rire général) Si tu veux simplement écouter un album de classic rock, eh bien, il s’agit de trois musiciens qui jouent, sans trop en faire. C’est un disque honnête, avec plein de choses différentes. On voyage beaucoup, il y a beaucoup d’histoires… Je pense que, en tant que groupe, nous devons avoir une identité. Nous n’avons aucune envie d’avoir, sur un même album, 5 chansons qui sonnent comme des hits. Chaque chanson a sa propre identité et c’est un choix. C’est un voyage que tu dois faire du début à la fin. Tu sais, nos albums préférés sont des disques comme SuperNine, des invitations au voyage.

Metal-Eyes : Quelque chose à ajouter?

Aron : Tout ce qu’il a dit…

Adam : Je suis d’accord. Un voyage musical.

Metal-Eyes : Notre rapide rencontre au Hellfest ne nous a pas vraiment permis de beaucoup discuter. Pouvez-vous me dire quelle est votre parcours musical ?Y avait-il de la musique chez vous, vos parents étaient-ils musiciens ?

Oli : Mon père a toujours joué de la guitare lorsque j’étais enfant, mais je n’ai jamais vraiment accroché. Ça me fatigait d’en jouer à l’époque (rires) ! Il fallait toujours rentrer tard des cours… Et j’ai découvert Hendrix, celui qui m’a vraiment  donné envie. J’ai commencé à jouer du Hendrix à 12 ans et depuis… je n’ai jamais arrété de jouer. Je dois vraiment le remercier.

Metal-Eyes : Tu as eu le soutien de tes parents ?

Oli : Oui, totalement, ils m’ont toujours soutenu, ils ont été extraordinaires.

Aron : J’ai commecé assez jeune, à l’école. J’ai débuté avec la trompette, et la basse est venue lorsque j’étais à l’université, où j’étudiais le jazz. J’ai commencé à jouer du rock, ce que j’ai vraiment adoré, et n’ai jamais arrêté depuis… Je n’ai pas vraiment été influencé par ma famille, ça vient plutôt de nulle part, en fait. Il n’y avait pas de musiciens dan sma famille.

Adam : Aucun de mes parents n’est musicien mais ils ont toujours aimé la musique. Ma mère m’a transmis pas mal de ses goûts musicaux, comme Queen, the Faces et des choses du genre . J’ai fgrandi avec ça. Je me suis mis à la batterie vers 13 ans, j’ai pris une paire de baguettes et j’ai commencé à jouer sur mon oreiller et des coussins dans ma chambre. Et depuis les 7 dernières années, j’ai passé mon temps à frapper des trucs…

Metal-Eyes : J’ai pu écouter Nova, votre premier album, et il semble que vous soyez très influencés par le rock des 70’s, mais également par des sonorités plus modernes. Quels groupes avez-vous déversés dans cet album ?

Oli : Je ne sais pas vraiment… Des choses comme Soudgarden, Queens Of The Stone Age, des groupes des années 90. En tant que guitariste, j’aime Zeppelin, Jimi Page, Black Sabbath et cette période, mais je pense que lorsqu’on compose, il faut vraiment trouver comment s’intégrer, est-ce que ça sonne bien, mauvais ? On a écrit 25 chansons, il faut ensuite choisir celles qui s’intégreront le mieux à l’album, ensemble. C’est ce que nous tentons de faire. On ne cherche pas à reproduire qui que ce soit. Ce n’est que 3 musiciens dans une même pièce qui jouent de la musique.

Metal-Eyes : Avez-vous tous trois les mêmes influences, des groupes favoris identiques ?

Aron : Je pense que nous avons les mêmes bases, des groupes « séminaux », des influences communes. Comme l’a dit Oli, la période grunge nous a influencés.

Metal-Eyes : Au début de l’interview, tu parlais, Oli, de « bonne musique ». Comment décidez-vous qu’une chanson est « bonne », en tous cas, suffisamment bonne pour terminer sur l’album?

Aron : Mmh, c’est une question difficile…  Nous travaillons dur, vraiment, nos capacités à composer des chansons. Les riffs doivent être puissants, les chorus aussi. Les mélodies, en tout premier lieu, doivent être super puissantes. Il faut que les gens puissent siffler le chanson. Chacun a une mélodie, un riff préféré. Chaque élément de la chanson, tel que nous les avons travaillés, doit être puissant, et nous y prêtons attention. La chanson passe avant les envie individuelles. Elle passe avant des solos de guitare de 50’, sauf si la chanson l’exige. Tu voulais savoir ce qui fait une bonne chanson ? Tout cela : une mélodie mémorable, de bonnes paroles, une bonne accroche, un bon mix, un bon son. Ça aussi, ça fait l’identité d’un disque. Notre producteur a vraiment travaillé dur pour obtenir son. Il avait une table de 50 pistes et je pense qu’il a dû passer une journée sur chaque chanson rien que pour le mix. Chaque partie de chaque chanson a été réfléchie, et… c’est top, je pense !

Metal-Eyes : Si chacun de vous devais ne retenir qu’une chanson pour définir ce qu’est RavenEye aujourd’hui, laquelle serait-ce ?

Oli (sans hésiter) : Pour moi, Madeleine. Elle a le groove qui définit bien RavenEye dans ses aspects heavy et très rock des origines aussi.  Il y a de bons riffs, et c’est ce que j’aime. La chanson parle d’une relation tumultueuse, verbalement violente, pas physique. Elle traite de mettre un terme à une telle relation : quand tu t’engueules avec ta partenaire, tu peux dire des choses pires que ce que tu avais pu imaginer. Des choses que tu ne dirais jamais à une autre personne que celle que tu aimes. Musicalement et littérairement, elle représente bien ce que nous sommes, des gros riffs, et du groove.

Aron :  Pour moi, ce serait Out of the rain. Je pense qu’elle a de nombreuses parties qui illustre bien ce que nous cherchons, des riffs, des chorus, ce fond qui dit à ceux qui ont douté d enous, qui se moquaient de nous « eh, regardez nous ! Nous somems là, debout, et on botte des culs ! » Il y a des ponts, des breaks  assez différents. Oui : Out of the rain.

Adam : Je pense que Hate correspond bien. Je suis arrive alors que l’album était déjà enregistré, mais cje pense que ce titre est une bonne representation de l’évolution du groupe. C’est plus direct, heavy rock, et il y a un riff monstrueux. Live, ça le fait vraiment !

Metal-Eyes : Ce qui signifie que vous jouerez ce titre ce soir, j’imagine?

Adam : Euh… Peut-être…

Metal-Eyes : Oui, “peut-être » !

Oli : On n’a pas encore vraiment décidé de la setlist.

Metal-Eyes : Il y a sur Nova des chansons d’amour, d’autre sur l’amitié, d’autres un peu plus sexy… Vos paroles semblent traiter principalement des relations humaines. Y a-t-il des thèmes que vous ne voulez pas aborder au sein deRavenEye ?

Oli : Non, il n’y a pas d’interdits. Au bout du compte, les paroles sont inspirées, dictées par la musique. Quand tu fermes les yeux et que tu te laisses emporter par la musique, tu sens où elle veut t’emmener, ce que tu devrais écrire. On ne s’est pas demandé si on devait inclure de la politique ou pas… Une chanson traitait de politique mais elle n’avait pas sa place sur l’album. Les chansons parlent d’amour, de haine, de mort… Toutes ces émotions extrêmes, et c’est ce qui a guidé cet album. Maintenant, le prochain sera peut-être une gigantesque déclaration politique, ou totalement instrumental… Je pense que ce qui est sympa quand on écrit à partir d’expériences personnelles, en tant que groupe, c’est qu’il y a une connexion, ça parle aux gens.  Chacun peut s’y référer… Par exemple, Inside parle de ta propre violence intérieure, comment elle te limite, et ton combat personnel pour ne pas écouter ces voix intérieures. C’est une bataille de tous les jours, chacun à sa manière. Pour nous, c’est plus profond que de simplement dir e »va te faire foutre ! » (rires).

 

Metal-Eyes : Vous avez été signés par Frontiers records. Qui a approché qui ?

Aron : C’est eux, je crois, qui nous ont contactés il y a… un an environ. Au début , ça ne nous a pas intéréssé car on était à fond DIY – Do It Yourself – communiquer avec nos fans, vendre notre musique par nos propres moyens, les shows ou les disque par internet. C’est si facile de nos jours. Initialement, nous avons dsicuté mais nous étions réticents à perdre notre indépendence. Mais ils se sont accrochés, nous ont relancés et on été parfaitement clair sur le fait que nous pouvions continuer de faire les choses nous mêmes. Nous n’avons pas de tour manager, pas de crew, on fait tout nous-mêmes. Ils n’ont même pas eu un avis musical, tout ce que nous avons fait c’est leur fournir la musique, tout un album, et ils se chargent de le vendre, le mettre sur le marché. Notre relation semble être – est – la relation parfaite.

Metal-Eyes : Le nom du groupe, RavenEye,  me fait penser à Game of thrones (ils rient). Y a-t-il un lien entre votre nom et le roman, la série télé ?

Oli : Jon Snow est ma plus grande inspiration ! Non ! (rires) Sérieusement, j’ai grandi dans cet univers, enfant, j’étais obsédé par les oiseaux, les corbeaux surtout, des oiseaux très intelligents. C’est fascinant de les regarder ,  les observer. Mais on ne se compare pas , on n’est pas des gens super intelligents (rires) ! Le nom est venu comme ça… Je m’amusait à chercher des noms de groupes, et j’ai dit à mes amis « j’appellerai mon groupe RavenEye ». « C’est ça, bien sur ! »… Et nous voici.

 

Metal-Eyes : Les groupe a tourné avec des artistes comme Slash, Deep Purple, vous avez joué en Europe, en festivals…. Jusqu’à ce jour qu’elle a été votre meilleure expérience ?

Aron : Ouh… On a eut de superbes expériences et d’autres terribles. Une affreuse : nous avons conduit 40 heures d’affilée, d’Angleterre jusqu’en Roumanie pour notre second concert avec Slash. Au cours de cette semaine, nous sommes presque tombés en panne d’essence en haut d’une montagne roumaine. Si tu vas chercher  sur Facebook, il faut pas mal remonter, tu nous verra, en haut de la montagne, au point mort, le moteur éteint, en train de descendre en roues libres afin de pouvoir arriver jusqu’à une station essence ! On faisait dans nos frocs !

Oli : pour moi, la meilleure expérience a été le  Download anglais. J’ai grandi en regardant ce festival à la télé , et pour moi, c’est simplement un festival extra. Alors y jouer, sur une scène gigantesque, avec un immense public…. J’en parle autour de moi et, d’un coup, ça me frappe, on a fait le Download. On est passé du statut de groupe inconnu , il y a deux ans, nous étions inconnus, et là, on touche des centaines de personnes, milliers… On s’est vraiment défoncés pour arriver là où on est aujourd’hui. Toutes nos expériences ont été super : Slash, incroyable… Si tout devait merder aujourd’hui, on a déjà ça, ce qui me rend très, très heureux.

Metal-Eyes : Mais il y a encore beaucoup de travail, vous n’allez pas arrêter votre carrière au bout de deux ans… Quels sont vos projets, justement ?

Oli : On fini cvette tournée le 8 novembre, avons un break de 10 jours avant de débuter une grosse tournée anglaise, en tête d’affiche, pour présenter notre album. Ensuite, il y a quelques dates en Espagne, en décembre, et l’année prochaine, fin janvier, nous retournons aux USA, et février-mars on attaque l’Europe. On doit aller toucher du monde, le plus possible, partout !

 

 

NEW MODEL ARMY: Winter

nma-2016Rock, Angleterre (e.a.r. music, 2016)

New Model Army fait partie de ces formations à la carrière accidentée, ces formations portées au firmament par un public aussi passionné que parfois, souvent, infidèle. Formé en 1980 par Justin Sullivan (chant et guitare), New Model Army a rapidement été comparé à la scène punk, mais un punk mourant désigné aujourd’hui comme post-punk. Sa musique a également été assimilée à la vague new wave / gothique. Between dog and wolf, paru en 2013 a remis NMA sur les rails de la reconnaissance. Ce nouvel album, Winter (paru au mois d’août!) porte quant à lui bien son nom: l’album débute avec un Beginning oppressant et continue sur des sentiers sombres et froids. Oui, l’esprit gothique est présent, dépressif parfois, et, personnellement, ne parvient pas à me séduire. Les titres qui suivent confirment ce sentiment d’oppression, de gêne, voire de mal-être. Cependant, mon esprit vise le contraire, l’ envie de sentir le côté festif d’un album, la célébration de la vie. En ce sens, Winter atteint certainement un de ses objectifs puisqu’il ne me laisse pas indifférent. Au point que je décroche avant la fin. D’autres y trouveront leur compte…

Note: 7/10

Titre que je retiens: euh…

ZODIAC, RAVENEYE, et HONEYMOON DISEASE à La Flèche d’Or, le 3 octobre 2016

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Les amoureux de sonorités 7O’s sont servis ce soir, avec la présence de trois formations typées Roots qui se livrent à la Flèche d’or, pour une soirée européenne.

Honeymoon Disease

Honeymoon Disease

Les Suédois de Honeymoon Disease ouvrent le bal à 19h30 et nous livrent une bonne demi-heure durant un set énergique qui évoque autant AC/DC que le boogie chaleureux de Status Quo. La chanteuse/guitariste, Jenna, s’exprime souvent dans un Français plus que correct, présentant le nouveau bassiste du groupe, Cédric, un français, justement, qui accompagne l’autre guitariste, Acid (à la Flying V presque plus grande qu’elle) qui n’hésite pas à venir fendre le public – seulement freinée par un cable bien trop court pour s’écarter de plus d’un mètre de la scène! – et le batteur Jimi une demi heure durant. Un set efficace et une mise en bouche très agréable.

RavenEye

RavenEye

J’avais rencontré Oli (chant et guitare) et Aaron (basse) lors du dernier Hellfest, et ai, ce soir, pu interviewer le groupe au complet (avec, donc, le batteur récemment arrivé, Adam). RavenEye vient de publier son premier album, Nova, et est très en forme au moment de le présenter au public. Pendant près de 45′, le trio assène son hard rock 70’s teinté de relents de ce grunge qui a accompagné les musiciens qui le forment. Olie pose sa guitare, laissant, le temps d’une chanson, Aaron s’occuper de l’aspect « cordes » avec sa seule basse, puis, plus tard, monte sur les épaules d’un Aaron décidément très sollicité afin de faire, eux aussi, une petite escapade dans le public. Même si ce premier album ne reflète pas encore toute la personnalité de RavenEye, les Anglais sont parfaitement à l’aise sur scène.

 

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Zodiac

Cette dernière est rapidement débarrassée de la batterie des premières parties, laissant plus de place aux maîtres de cérémonie, Zodiac. A 21h30, les Allemands investissent les lieux sur une intro à la Terminator. Puis démarrent sur les chapeaux de roues avec un Rebirth by fire à deux voix rentre dedans. Cinq ou six morceaux durant, les gars rentrent dans le lard, Staphen Gall s’entrainant, dès que possible et de manière fort sympathique, au français qu’il maîtrise plus que bien. Animal, Free, Ain’t coming back… cèdent la place à Blue jean blues, une reprise de ZZ Top, un… blues qui ralentit le tempo permettant à chacun de souffler un peu. Horror visison, plus roots et rageur suit avant que Zodiac ne freine de nouveau avec une autre reprise: Cortez the killer, originellement écrite par Neil Young. Cette ballade qui monte en puissance offre aussi quelques longueurs, mais c’est bien le seul faux pas de ce concert qui repart de plus belle avec le très rock Diamond shoes, sur lequel deux couple se mettent à danser un rock endiablé. Le quatuor dépoussière ensuite Upon the stone, un titre de son premier album, avant de faire le grand écart et conclure avec le morceau éponyme de son dernier album, Grain of soul, dont pas moins de 6 titres auront été présentés ce soir. Enfin, après un long rappel (Coming home), Zodiac salue ce public  venu trop peu nombreux. Encore une fois, les absents ont eu tort car non seulement l’affiche valait le détour, mais en plus, découverte pour moi ce soir, la Flèche d’Or est une salle très agréable.