Heavy week end : report du dimanche 7 juin 2026

A l’annonce de cette troisième journée, j’ai eu comme une hésitation… De cette affiche, je ne suis familier qu’avec nos compatriotes de Shaârghot, n’ai que brièvement entendu parler de Ice Nine Kills mais n’ai jamais écouté un seul morceau des deux autres formations… C’est aussi là la magie d’un festival qui permet de découvrir, et d’apprécier ou non, des formations inconnues. Cette troisième journée va finalement se révéler riche de découvertes.

Avant même l’arrivée des indus frenchies de Shaârghot sur scène, l’ambiance est à la fête. Dans le public, quelqu’un tend un sac qui fait réagir les premiers rangs qui se mettent à hurler de très joyeux « Pikachu! Pikachu! » avant que n’apparaissent d’abord une bouée licorne entrainant des « la licorne! la licorne » et un dragon noir avec une série de « Krokmou! Krokmou! » tandis que, dans le pit, une sorte de grinch vient frotter sa main enduite de noir les visages des premiers rangs. L’ambiance est, comme la journée, chaude avant même le premier riff!

Shaârghot @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Je n’ai encore jamais eu l’opportunité d’assister à un concert de Shaârghot. Et je ne serai pas déçu du voyage. Car, si je connais le concept – l’humanité a été infectée par un virus transformant les gens en noir – le groupe s’impose rapidement comme une machine de guerre au show exceptionnel.

Shaârghot @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Le Shaârghot – Etienne dans le civil – et sa bande nous invitent dans un monde post apocalyptique peuplés de créatures aussi horrifiques qu’étranges qui s’en prennent à tout ce qui bouge. Qu’on connaisse et/ou qu’on apprécie ou non la musique de la formation, on a ici à faire à une prestation de stature internationale.

Shaârghot @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Tout est pensé ici pour le spectacle et Shaârghot nous propose un show que ne renieraient pas les entertainers américains. Un Rammstein français qui mérite qu’une bonne fée (infectée ou non) se penche sur le destin de la formation qui s’impose rapidement comme celle donnant – jusque là – le meilleur show du week end.

Shaârghot @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Nous ne rentrerons pas ici dans le détail des titres, mais la mise en scène, avec critique du grand capital, mise en garde des dérives sanitaires de l’humanité, de la violence rampante de la société, l’ensemble des détails visuels (les dents vertes des musiciens, la langue noire d’Etienne, les billets de banque qui affole le public qui veut en récupérer…) tout ici est pensé pour le plaisir des yeux. Clairement, Shaârghot présente un show de stature internationale et on peut se demander ce qui l’empêche d’exploser chez nous et hors de nos frontières… Exceptionnel!

Shaârghot @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Aucun photographe n’est autorisé à shooter le spectacle des Américains de Ice Nine Kills. Dommage, le spectacle du groupe étant centré sur les tueurs en série dont ils racontent l’histoire. Pas un titre n’est interprété sans qu’il y ait au minimum un mort, un cadavre dépecé, tiré d’histoires vraies ou de personnages fictifs – on a droit au Joker de Batman et à Norman Bates parmi d’autres. C’est mis en scène titre par titre mais, au final, on en retient pas grand chose.

On en profite pour continuer la chasse au gobelet du jour, GDP ayant eu la bonne idée d’en faire pour chaque journée mais on ne les trouve que difficilement, les bars du site ne proposant que ceux d’éditions passées… Un conseil pour les futures éditions: aller voir les bars qui dominent le site!

Three Days Grace @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Présenté comme un groupe « post grunge », Three Days Grace se révèle plus rock alternatif que simplement grunge. Le public est bien présent et accompagne les Canadiens tout au long des 75′ du set, et donne beaucoup plus de travail à la sécu que l’on ne pouvait le prévoir. L’ambiance chaude du début de journée ne s’est pas rafraichie du tout!

Three Days Grace @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

L’imposant guitariste Barry Stock distribue des médiators comme des bonbons à un public qui ne demande que ça tandis que le duo de chanteurs arpente la scène, toisant et narguant la foule qui slamme à n’en plus finir.

Three Days Grace @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Proposant une majorité de titres issus de son album One-X de 2006 (contre seulement 3 de Alienation, son dernier en date paru en 2025), la formation se met tranquillement le public dans la poche. Adam Gontier prend quelques instants pour résumer l’histoire du groupe, rappelant qu’il l’a quitté quelque temps. Le public le siffle à ce moment, ce qu’il accepte avant de repartir sur de bon rails pour terminer ce concert haut en couleurs et apprécié de la foule.

Three Days Grace @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

La soirée arrive à son terme avec la venue des Allemands de Electric Callboy qui, en un rien de temps, transforme la fosse du Nancy Open Air en gigantesque dance floor! Vétus de tenues dignes de boys-band, agissant de même avec le public et se mouvant comme tels, les Boys sont carrés et proposent un show très haut en couleurs.

Electric Callboy @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Dès le premier titre, les confettis rougissent le ciel, avant que les fumigènes et les flammes ne prennent la suite. Le groupe, également doté de deux chanteurs, change de tenues si souvent qu’on ne peut qu’admirer la vitesse à laquelle ils reviennent et alternent entre musique dance et brutalité metalcore.

Electric Callboy @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Si on peut s’étonner d’une telle clôture pour un festival metal – j’entends certains commentaires dépités du public qui repart avant la fin jurant qu’on ne l’y reprendra plus, que ça, pour un festival dit metal, ça n’a rien à faire là… (bon, vous n’aviez qu’à vous renseigner avant, non?) – on ne peut également qu’applaudir la prise de risque et la fête généralisée. Car ce sont des milliers de corps qui se trémoussent, les bras en l’air, dans une transe généralisée rarement vue.

Electric Callboy @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Pour sa troisième édition, si l’on déplore la trop faible affluence, le Heavy Week End a une nouvelle fois marqué les esprits avec des spectacles de haute volée et de très grande qualité. GDP l’a déjà annoncé: il y aura une quatrième édition de ce festival qui veut s’installer dans la durée, et ce sera du 4 au 6 juin 2027. Espérons simplement que le producteur ne tarde pas à annoncer l’affiche et ne mette pas les places en vente à la manière d’un autre festival sans qu’aucun groupe ne soit annoncé. Ca évitera nombre de critiques saillantes sur les réseaux. Il faudra aussi penser à mettre à disposition de plus nombreux points d’eau pour le public, c’est impératif. En tout cas, rendez-vous est pris dans un an!

Electric Callboy @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Remerciements à GDP et Replica promotion pour avoir rendu ce report possible.

HEAVY WEEK END: une troisième édition enflammée! – report du vendredi 5 juin 2026

Nous voici reparti une nouvelle fois vers Nancy et son Zénith Open Air qui accueille pour sa troisième édition le Heavy Week-End. Douze nouveaux groupes sur trois jours pour une affiche variée et riche. Ce rendez-vous annuel semble désormais confirmé sur le premier week-end du mois de juin – commençons d’ailleurs par la fin, une nouvelle édition est annoncée dimanche soir du 4 au 6 juin 2027.

Les chiffres annoncés sont une nouvelle fois en demi teinte. Difficile de comprendre, avec son statut actuel, et alors que le festival ne débute qu’à 17h30, que seuls 8.000 spectateurs soient présents le vendredi pour soutenir la machine de guerre qu’est Sabaton. Sans Surprise, c’est Gojira qui attire le plus de monde, le samedi, avec 14.000 spectateurs, les Allemands de Electric Callboy auront une petite foule de 12.000 personnes. Il semble que le public d’outre Rhin se soit quelque peu et tardivement mobilisé. Mais on ne peut que déplorer cette affluence en demi-teinte et se demander combien de temps encore GDP pourra tenir, malgré des affiches plus qu’alléchantes. Et, avec seulement une scène et 12 groupes, non seulement le public peut véritablement profiter de chaque concert mais, aussi, surtout, il y a moins de risque de retrouver tous les 3 ou 4 ans les mêmes groupes à l’affiche. Nous verrons ce qu’il en est, alors, en attendant, profitons de ces trois jours bien frais avec trois affiches bien différentes.

Deux remarques cependant: pourquoi, alors que la jauge reste limitée, ne pas proposer un stand de signing session pour l’année prochaine? Mais surtout, c’est le point noir de cette édition, il n’y a aucun point d’eau potable disponible sur le site. Ou alors très peu et difficiles à trouver. « Heureusement » qu’il n’a pas fait trop chaud, mais c’est une nécessité de penser à installer des points d’eau accessibles à tous les prochaines années. Ceci étant dit, passons maintenant aux festivités, voulez-vous?

Vendredi 5 juin

Il ne faut que 4h30 pour arriver d’Orléans à Nancy. Une fois installé à l’hôtel, ce ne sont que 10′ à pieds pour rallier le site du Nancy Open Air. Impossible pour certains de rater cette première journée, placée sous le signe du Power metal et du heavy progressif avec des noms de légende. Sur place, on circule en effet très facilement, mais il est encore tôt. La scène est, quant à elle, déjà très encombrée. Très haut, trône une batterie cachée par un voile noir et, sur scène, on distingue ce qui ressemblent aux murs et grille d’un cimetière. Devant des panneaux colorés avec la mention « The dead don’t die » et des pieds de micro en forme de croix de pierre tombale sur lesquelles est inscrite la mention RIP.

Dominium @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

C’est le décor de scène de Dominium qui ouvre les festivités sous un radieux soleil et va nous entrainer chez les morts vivants. Les Allemands arrivent l’un après l’autre sur scène, masque de visages écorchés vifs pour les musiciens (Victor Hilltop à la batterie, Patient Zero à la basse et Tommy Kemp à la guitare), tenue à la Dracula borgne pour le chanteur, Dr. Dead qui, très rapidement remarque une congénère et la sourit en la voyant.

Dominium @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Le power metal de la formation se mêle à des accents popisant qui rendent l’ensemble très dansant et sautillant. Disposant d’une quarantaine de minutes, le quatuor, parfaitement en place, va chercher le public et l’invite régulièrement à sauter. Il en profite également pour rappeler que, début juillet, The night is calling, le nouvel album de Dominium, sera en bacs et s’autorise même une reprise du Thriller de Michael Jackson, titre qui colle à merveille à ces zombies!

Dominium @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Quand bien même on ne puisse que faire un parallèle avec leurs compatriotes de Powerwolf (l’imagerie, le metal festif et dansant, le décorum…), Dominium s’en démarque par l’univers zombiesque qu’il investit et a « inventé » dixit non sans humour Dr. Dead avant d’ajouter qu’ils étaient là bien avant.

Dominium @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

En neuf titres, Dominium a su séduire le public présent en délivrant simplement un set enjoué et plein d’entrain. Une très agréable mise en jambes pour débuter le week end.

Dominium @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

On peut s’étonner de voir Tobias Sammet’s Avantasia ne jouer qu’une petite heure lorsqu’on connait la popularité du groupe et la durée habituelle de ses shows, près de trois fois plus long… Mais Avantasia n’est pas tête d’affiche et nous prendrons donc ce qu’il y a au menu. Ce menu, les fans le savent, c’est l’énergie folle du chanteur allemand et les nombreux duos qu’il propose avec son projet.

Avantasia @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Particulièrement en forme, Tobias arpente les allées du cimetière qui sert de décor – splendide, reconnaissons-le – tout au long de Creepshow, seul extrait de Here be dragons, dernier album en date de la « formation » avant d’être rejoint pour un premier duel vocal par Kenny Leckremo, actuel chanteur de H.E.A.T sur Reach out for the light. Dés l’arrivée du rouquin, le public laisse exploser sa joie et sait qu’il va vivre, comme souvent avec Avantasia, un grand moment.

Avantasia @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

C’est ensuite au tour de Tommy Karevic d’échanger avec Sammet. Le chanteur de Kamelot a le bonheur de partager l’incontournable Avantasia dans une version parfaite dont on ne regrette pas une seule seconde.

Avantasia @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

La venue de Bob Catley (Magnum) me surprend un peu plus même si le vétéran de 78 démontre tout au long de The story ain’t over (un message caché?) qu’il a encore du coffre et qu’il est encore très en forme.

Avantasia @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Let the storm descend on you est partagé avec deux autres grandes voix, Herbie Langhans (Sinbreed) et, surtout, le gigantesque Ronnie Atkins, déjà présent en terres nancéennes avec Pretty Maids lors de la toute première édition du HWE. C’est ensuite à la choriste Chiara Tricarico de partager Farewell, le bien nommé dernier titre en duo avant que Sammet termine seul ce concert avec la triplette Lucifer, Lost in space et le mix Sign of the cross/The seven angels. Un set malheureusement trop court mais heureusement intense et efficace. On imagine la logistique nécessaire à l’organisation d’un tel spectacle lorsque tous les intervenants du jour viennent s’aligner sur scène pour saluer le public!

Avantasia @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Elle est quand même étrange la carrière de Savatage, et la présence des américains au Heavy Week End est quelque peu événementielle. Et ça, les présents le savent, c’est une des forces de ce festival qui, année après année nous réserve des surprises et des exclusivités (le retour en France de Pretty Maids en 2024, la seule date Française de Slipknot en 2025 ou de Gojira cette année…). Si Savatage est encore trop méconnu en nos contrées, il est entrée dans la légende outre-Atlantique depuis belle lurette.

Savatage @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Avec une heure quinze de show, les Américains ont assez de temps pour explorer une bonne partie de leur discographie. Ils débutent d’ailleurs avec un très heavy diptique composé de Dead winter dead et Jesus saves avec de superbes animations de fond de scène. Zak Stevens se montre en belle forme vocale forme et se voit totalement soutenu par ses compagnons de scène.

Savatage @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Aux guitares, Chris Caffery est rentre dedans tandis qu’Al Pitrelli se montre aussi énergique que concentré. Il faut dire qu’avec The wake of Magellan Savatage entre dans un propos quelque peu plus progressif que purement heavy metal. C’est ce qui fait sa force autant que cela peut dérouter l’amateur moins avisé.

Savatage @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Les animations de fond de scène – qui toutes ou presque intègrent le logo du groupe – illustrent très joliment la majeure partie des titres – ce bateau de The wake en pleine tempête sur fond rouge sang, superbe! – mais peut parfois détourner l’attention du spectateur. Il n’empêche que l’on en prend plein les yeux et les oreilles même si Savatage n’est pas toujours d’une approche musicale facile.

Savatage @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith
Sabaton @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

La nuit arrive avec Sabaton. Si ce sont seulement 8.000 personnes qui se massent devant la scène, ces fans savent qu’avec les Suédois le spectacle est toujours garanti. La batterie domine le public, installée en haut d’un gigantesque char d’assaut lorsque – c’est parti! – une multitude d’explosions précède l’arrivée du groupe sur scène.

Sabaton @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Dès lors, on le sait, c’est du gros spectacle qui s’annonce. Sabaton nous propose du Sabaton, que dire d’autre. Le spectacle est intense, chaleureux et, toujours la contradiction de ces gars qui racontent la guerre sous toutes ses formes de violence, d’horreur et d’héroïsme, joyeux. On sent la bande de Joackim et Pär simplement heureuse d’être sur scène.

Sabaton @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Le public en prend plein les yeux et les oreilles. C’est un défilé de tubes que nous proposent les Suédois. débutant avec l’ancien Ghost division, le groupe fera la part belle à son dernier album dont il propose quatre extraits étonnamment placés au milieu du concert (la majorité des groupes démarrent avec un nouveau titre).

Sabaton @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Si on oublie l’avion de The red baron figurant ce soir en animation de fond de scène, les artifices sont nombreux et toujours bienvenus, comme ce passage répété de la figure de Napoleon qui parvient sans peine à faire chanter la Marseillaise au public, qui a déjà repéré un autre Napo dans le public, précisant que c’est son fils, échangeant avec Joackim avant de lancer, oh, surprise, I, emporor.

Sabaton @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Le chanteur revient avec un masque à gaz et projete du gaz sur scène pour illustrer The attack of the dead men avant de proposer Hordes of Khan et Templars, très attendu. Et ce soir, pas de rappel, mais une très légère présentation des musiciens. Le chanteur faisant mine d’avoir oublié le nom de ses compagnons les présente comme « the new guy », « the old new guy », « the first guy » ou tout simplement « the drum guy ». Léger et fun, à l’image de ce groupe exceptionnel qui conclue son énorme set avec quatre classiques : Primo Victoria, Sweedish pagans (« le meilleur morceau que j’ai écrit », selon le vocaliste), The first soldier éclairé d’un joli rideau bleu-blanc-rouge.

Sabaton @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

C’est To hell and back qui achève le public, aux anges après avoir vécu un moment exceptionnel comme seul Sabaton sait en proposer. On ne se lasse pas du spectacle qui, comme toujours parait trop court; Sauf que, ce soir, le groupe a débordé de quelques 15 minutes sur l’horaire initial et c’est tant mieux! Malgré le froid – il fait à peine plus de 10° à 23h – le Heavy Week End nous a offert une superbe première journée. Vivement demain!

Sabaton @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

LORDS OF SALEM: Supersonic vampire pussy

Allemagne, Heavy metal (Echozone, 2026)

Nouveau venu sur la scène du heavy opératique et théâtral, Lords Of Salem déboule avec un premier album dont le titre dit tout: Supersonic vampire pussy (qu’on peut simplement traduire par « chatte vampire supersonique »). Un programme donc basé sur le rock, le sexe et le fantastique, à l’image de l’illustration de ce premier album. Mais pour concrétiser ce premier effort, les Allemands de LOS ont dû faire preuve de pugnacité. Entre labels qui lâchent l’affaire, tensions internes et difficultés de production, ce disque pourrait paraitre maudit. Ou, au contraire, construire sa légende. Car dès The hills have eyes, Lords Of Salem nous met dans le bain (évidemment celui sanglant de la comtesse B…) avec un heavy rythmé et un chant profond, parfois narré, à d’autres moments plus rugueux. Les 9 titres de cet album lorgnent autant du côté du shock rock d’Alice Cooper que du power sacré des concitoyens de Powerwolf mais explore également le metal électro de Rob Zombie pour donner un résultat que le groupe nomme du « dead pop sex action ». L’ensemble se révèle rapidement plus qu’efficace, les mélodies rentrant facilement dans la tête. Si le show live est à la hauteur de l’ambition de Supersonic vampire pussy, le monde tient peut-être la relève du shock rock théâtral avec Lords Of Salem. A suivre de près!

CHRIZ DOE: Cookie doe

Metal, Allemagne (Fastball music, 2025)

Formé il y a deux ans à peine en Rhénanie du Nord – dans les montagnes du Sauerland plus précisément – les quatre Allemands de Chriz Doe déboulent aujourd’hui avec leur premier album quelque peu étonnant et aussi décalé que sa pochette. Jouant sur les mots, Cookie doe (ou « cookie dough », pâte à biscuits pour les non anglophones) propose 10 chansons et un instrumental qui fleurent bon l’amour du heavy old school. Des guitares rageuses qui lancent No pain no gain au refrains chantants de Join the party, le quatuor se montre déterminé, sans pour autant chercher à révolutionner le genre. La douceur est souvent de la partie via des claviers acidulés qu’on retrouvent un peu partout. Le chant évoque souvent le phrasé de James Hetfield (Metallica) sans pour autant, soyons justes, atteindre la puissance et la conviction de l’Américain. Cookie doe n’en reste pas moins un album bourré d’envie et de détermination, et se trouve toujours saupoudré d’une graine de folie douce qui permet à l’auditeur de suivre Chriz Doe dans son heavy rock. Un album plein de croquant et de douceur chocolatée en somme.

HEAVY WEEK END: Enfin l’affiche complète!

Après avoir joué les teasers avec nous en révélant, assez tôt cette année, les noms des groupes à l’affiche les samedi et dimanche 6 et 7 juin, GDP a enfin dévoilé les derniers noms de la première journée du prochain Heavy Week End. Le Zénith de Nancy accueillera ainsi dans sa version Nancy Open Air – qu’on apprécie de plus en plus – les grand spectacle zombiesque proposé par les Allemands de Dominium qui seront suivis de leurs compatriote Tobias Sammet et son projet Avantasia. On pouvait l’espérer malgré le floutage de l’affiche, et ce seront bien les légendaires Savatage qui auront l’honneur de finir de chauffer le public avant le show qu’on imagine volontiers gigantesque de Sabaton.

Le lendemain, les fausse jumelle de Nova Twins ouvriront le bal et feront se trémousser les fans au son de leur rock funky, groovy et punky. Bonne ambiance assurée avant une première grosse claque que nous infligeront les frères Cavalera pour rendre hommage à leur incontournable Chaos AD. La journée continuera sous le signe de la brutalité avec le metal impitoyable des Americains de Trivium avant que Gojira ne vienne mettre le feu avec la classe qu’on leur connait. Pas la journée la plus calme qui soit que ce samedi!

Cette troisième édition se terminera avec du grand spectacle proposé par les Français de Shaârghot et leur metal indus/electro aussi déjanté que leur show. Suivront les Américains de Ice Nine Kills dont les show ne laissent jamais indifférents. Un peu plus de douceur suivra avec Three Days Grace qui retrouve son chanteur original, Adam Gontier. Enfin, les Allemands cinéphiles de Electric Callboy auront pour mission de conclure cette dernière journée avec leur metal techo et une mise en scène imparable.

Cette troisième édition s’adresse ainsi à un public varié, et chacun, chaque jour, devrait y trouver de quoi satisfaire ses attentes. Les billets – disponibles en pass 1 ou 3 jours (respectivement à partir de 57 € et 135€) sont disponibles avec ce lien : www.heavyweekend.live

NEED2DESTROY: Anti

Allemagne, Crossover (Fastball music, 2025)

Formé au cours des années 2010 dans le sud de l’Allemagne, Need2Destroy propose un metal crossover qui, par définition, alterne entre divers styles, allant du thrash au groove metal, en passant par le hardcore et des rythmes… latinos (explication à suivre). Aujourd’hui composé de du guitariste Milan Tajdic (ex-Symptom Remains), du bassiste Wolle van Hogh (ex-Death in Action), les deux membres fondateurs qui jouent ensemble depuis 2007, de Diego Carabajal qui les a rejoint au chant, et du batteur Simon Koesling, N2D a publié Show, son premier album en 2019 et revient aujourd’hui avec Anti, un album composé de 12 morceaux directs et sans doute vindicatifs. « Sans doute » car, c’est l’originalité principale du combo, Diego chante dans sa langue maternelle, le castillant argentin et passe à loisir de tonalités douces et latinos à une rage propre au hardcore tout en incluant quelques paroles bien compréhensibles en anglais. Les ambiances sont travaillées de la même manière, passant de la douceur matinale à la fureur de flots déchainés. Alors, ok, on n’a ici guère de surprise, et on ne s’attend pas à autre chose qu’un défouloir au gré du flot de décibels. Le son est cru, franc et sans fioritures ni concession. Ca tabasse sec, et ça ne cherche que ça. Ces mecs ont tout pour démonter une Altar vous savez où !

PILEDRIVER: First nations rock

Allemagne, Hard rock (Fastball music, 2025)

Le dernier album de compos originales des Allemands de Piledriver remonte à 2018, avec Rockwall. Depuis, le groupe de heavy boogie a publié un énorme coffret – Live in Europe (2023) – bourré jusqu’à la gueule et vantant son amour pour Status Quo, tout en faisant honneur à son dernier album. Il était temps, cependant, de retrouver la bande de Michael Sommerhoof (chant et guitare) et Peter Wagner (guitares) avec de nouvelles créations. A l’exception de ces deux complices, la formation a été totalement remaniée, ce qui apporte sans doute un peu plus de rugosité à la musique du groupe. On découvre ainsi le bassiste Jens Heisterhagen, le batteur Dirk Sengotta et le claviériste Tom Frerich qui participe à l’enregistrement de ce First nations rock, produit – ça a peut-être aussi joué sur le son plus rugueux – par Stefan Kaufmann (ex-Accept). Les 14 titres de ce nouvel album sont à la fois entrainants et totalement faits pour être joués sur scène – impossible de ne pas taper du pied de bout en bout – et puisent autant chez les maitres à penser du groupe que sont Status Quo, mais aussi chez AC/DC voire Iron Maiden. Certains riffs ont une touche à la Adrian Smith. Il a certes fallu attendre 7 bonnes années (de réflexion?) avant d’avoir droit à ces nouveautés mais l’attente en valait la peine. First nations rock est un album plus que généreux, le genre de disque à partager. Piledriver pousse cette générosité jusqu’au packaging, l’album étant accompagné d’un maousse livret de 24 pages dans un bel écrin. Espérons maintenant que les cinq viennent un jour nous rendre visite on stage!

A noter, pour les collectionneurs: Piledriver propose également First rock nations en version vinyle – double ! – avec un titre bonus, Julia, en version acoustique. Chaque titre a été mixé en conséquence pour offrir plus de rondeur, de chaleur et de générosité à cette version vinyle. On trouvera également un poster sur papier épais reprenant la très belle pochette de l’album (une œuvre signée Thomas Ewerhard) en format 60×90. Un très bel objet en somme.

FLYING CIRCUS: The eternal moment

Allemagne, Prog (Fastball music, 2025)

Nous avions découvert Flying Circus avec Seasons 25, réenregistrement de leur album paru un quart de siècle pus tôt. Aujourd’hui, les progueux allemands reviennent avec The eternal moment qui, hasard ou pas, permet de célébrer le 35ème anniversaire de la formation. Au travers de 9 titres, Flying Circus interpelle et invite au voyage. Dès l’introductif A talk with the dead, on sait qu’on navigue sur les terres étranges d’un rock progressif qui puise autant dans le genre typé des 70’s que du plus contemporain, allant ainsi de Jethro Tull à Dream Theater, en passant par un jeune Deep Purple, voire Kansas ou encore Fleetwood Mac. La particularité ici provient plus d’instruments inhabituels dans le rock (de la mandoline au violon électrique – quelle beauté que ce mariage guitare/violon sur And you rest) que des constructions souvent alambiquées qu’on retrouve un peu partout. Le chant de Michael Dorp est à l’image de la musique, à la fois torturé et empli d’émotion. Les guitares de Mickael Rück sont aussi variées que les territoires explorés. La rythmique du bassiste (et violoniste) Roger Weitz et du batteur Ande Roderigo est aussi jazzy que directe, soutien complet à des univers musicaux aérés par les claviers de Rüdiger Blömmer (également au violon). On notera également des incursions dans des musiques folkloriques et traditionnelles, occidentales aussi bien qu’orientales. The eternal moment fait partie de ces albums qu’on écoute et qu’on décortique, ceux dont il faut plusieurs écoutes avant de se les approprier totalement. Une œuvre à part entière qui séduira tous les amateurs du genre.

BAD RAIN: Louder than words

Allemagne, Hard rock (Fastball, 2025)

Bad Rain est un nouveau venu sur a scène Hard rock vintage. Formé en Allemagne, mené par un chanteur croate (Zoran Misic), le quintette puise son énergie au cœur du hard rock américain de la seconde partie des 80’s. Les 10 titres de Louder than words, leur premier album, alternent avec un réel bonheur morceaux rentre dedans et ballade/heavy ballad. Bad Rain m’évoque, à de nombreuse reprises, la puissance classieuse de Giant tout en apportant une certaine rugosité et sa propre personnalité. Les mélodies léchées côtoient une énergie contagieuse tout au long des High and above, Chasing the sun et autres Twisted love. Louder than words est le type même de premier album qui peut ouvrir des portes et donne envie d’en entendre encore davantage. Une très belle promesse pour les amoureux de rock vintage/old school.

DEAD BEES IN BOURBON: Crystals

Allemagne, Rock (Echozone, 2025)

Déjà, le nom du groupe – Dead Bees In Bourbon (des abeilles mortes dans le bourbon) – m’interpelle et me fait sourire. D’autant avec une police et un visuel qui m’évoque l’univers de Tim Burton et un certain Mister Jack. C’est donc avec une réelle curiosité que je glisse le CD dans le lecteur et dès Quiet pulse, la formation allemande me renvoie dans un passé pas si lointain. Un chant doux de Yen Aneztberger, toujours rassurant, est soutenu par des guitares à la fois discrètes et déterminées (Arndt Bander et Ingo Hannen, également à la basse et aux synthés) et une rythmique solide (la batterie de Ben Overmann). Tout au long des 11 morceaux de ce Crystals, Dead Bees In Bourbon nous replonge dans une période où le rock se liait avec bonheur à une new wave entrainante. L’apport des synthé et de touches électro y est pour beaucoup mais la batterie, comme sur Pleasures, apporte ces aspects hypnotiques avant que le titre ne monte en puissance. On a même droit à un clin d’œil aux débuts de Guns N Roses et Metallica avec l’intro de Rooftops of Zion (le titre prend toute sa démesure rapidement après cette intro). L’étiquette de « post punk » que le groupe s’est attribuée (ou qu’on lui a attribuée) est ici bien trop limitative tant Dead Bees In Bourbon propose une musique variée, allant de la tendresse à la rage, du rock le plus énervé à des sons plus éthérés et épurés en passant par des moments sombres et gothiques mais avec toujours un fond joyeux (On your own). Crystals s’adresse à un très large public, sans distinction de caste ou de genre. Un premier album plus que prometteur et un groupe à suivre de près.