Formé il y a deux ans à peine en Rhénanie du Nord – dans les montagnes du Sauerland plus précisément – les quatre Allemands de Chriz Doe déboulent aujourd’hui avec leur premier album quelque peu étonnant et aussi décalé que sa pochette. Jouant sur les mots, Cookie doe (ou « cookie dough », pâte à biscuits pour les non anglophones) propose 10 chansons et un instrumental qui fleurent bon l’amour du heavy old school. Des guitares rageuses qui lancent No pain no gain au refrains chantants de Join the party, le quatuor se montre déterminé, sans pour autant chercher à révolutionner le genre. La douceur est souvent de la partie via des claviers acidulés qu’on retrouvent un peu partout. Le chant évoque souvent le phrasé de James Hetfield (Metallica) sans pour autant, soyons justes, atteindre la puissance et la conviction de l’Américain. Cookie doe n’en reste pas moins un album bourré d’envie et de détermination, et se trouve toujours saupoudré d’une graine de folie douce qui permet à l’auditeur de suivre Chriz Doe dans son heavy rock. Un album plein de croquant et de douceur chocolatée en somme.
Après avoir joué les teasers avec nous en révélant, assez tôt cette année, les noms des groupes à l’affiche les samedi et dimanche 6 et 7 juin, GDP a enfin dévoilé les derniers noms de la première journée du prochain Heavy Week End. Le Zénith de Nancy accueillera ainsi dans sa version Nancy Open Air – qu’on apprécie de plus en plus – les grand spectacle zombiesque proposé par les Allemands de Dominium qui seront suivis de leurs compatriote Tobias Sammet et son projet Avantasia. On pouvait l’espérer malgré le floutage de l’affiche, et ce seront bien les légendaires Savatage qui auront l’honneur de finir de chauffer le public avant le show qu’on imagine volontiers gigantesque de Sabaton.
Le lendemain, les fausse jumelle de Nova Twins ouvriront le bal et feront se trémousser les fans au son de leur rock funky, groovy et punky. Bonne ambiance assurée avant une première grosse claque que nous infligeront les frères Cavalera pour rendre hommage à leur incontournable Chaos AD. La journée continuera sous le signe de la brutalité avec le metal impitoyable des Americains de Trivium avant que Gojira ne vienne mettre le feu avec la classe qu’on leur connait. Pas la journée la plus calme qui soit que ce samedi!
Cette troisième édition se terminera avec du grand spectacle proposé par les Français de Shaârghot et leur metal indus/electro aussi déjanté que leur show. Suivront les Américains de Ice Nine Kills dont les show ne laissent jamais indifférents. Un peu plus de douceur suivra avec Three Days Grace qui retrouve son chanteur original, Adam Gontier. Enfin, les Allemands cinéphiles de Electric Callboy auront pour mission de conclure cette dernière journée avec leur metal techo et une mise en scène imparable.
Cette troisième édition s’adresse ainsi à un public varié, et chacun, chaque jour, devrait y trouver de quoi satisfaire ses attentes. Les billets – disponibles en pass 1 ou 3 jours (respectivement à partir de 57 € et 135€) sont disponibles avec ce lien : www.heavyweekend.live
Formé au cours des années 2010 dans le sud de l’Allemagne, Need2Destroy propose un metal crossover qui, par définition, alterne entre divers styles, allant du thrash au groove metal, en passant par le hardcore et des rythmes… latinos (explication à suivre). Aujourd’hui composé de du guitariste Milan Tajdic (ex-Symptom Remains), du bassiste Wolle van Hogh (ex-Death in Action), les deux membres fondateurs qui jouent ensemble depuis 2007, de Diego Carabajal qui les a rejoint au chant, et du batteur Simon Koesling, N2D a publié Show, son premier album en 2019 et revient aujourd’hui avec Anti, un album composé de 12 morceaux directs et sans doute vindicatifs. « Sans doute » car, c’est l’originalité principale du combo, Diego chante dans sa langue maternelle, le castillant argentin et passe à loisir de tonalités douces et latinos à une rage propre au hardcore tout en incluant quelques paroles bien compréhensibles en anglais. Les ambiances sont travaillées de la même manière, passant de la douceur matinale à la fureur de flots déchainés. Alors, ok, on n’a ici guère de surprise, et on ne s’attend pas à autre chose qu’un défouloir au gré du flot de décibels. Le son est cru, franc et sans fioritures ni concession. Ca tabasse sec, et ça ne cherche que ça. Ces mecs ont tout pour démonter une Altar vous savez où !
Le dernier album de compos originales des Allemands de Piledriver remonte à 2018, avec Rockwall. Depuis, le groupe de heavy boogie a publié un énorme coffret – Live in Europe (2023) – bourré jusqu’à la gueule et vantant son amour pour Status Quo, tout en faisant honneur à son dernier album. Il était temps, cependant, de retrouver la bande de Michael Sommerhoof (chant et guitare) et Peter Wagner (guitares) avec de nouvelles créations. A l’exception de ces deux complices, la formation a été totalement remaniée, ce qui apporte sans doute un peu plus de rugosité à la musique du groupe. On découvre ainsi le bassiste Jens Heisterhagen, le batteur Dirk Sengotta et le claviériste Tom Frerich qui participe à l’enregistrement de ce First nations rock, produit – ça a peut-être aussi joué sur le son plus rugueux – par Stefan Kaufmann (ex-Accept). Les 14 titres de ce nouvel album sont à la fois entrainants et totalement faits pour être joués sur scène – impossible de ne pas taper du pied de bout en bout – et puisent autant chez les maitres à penser du groupe que sont Status Quo, mais aussi chez AC/DC voire Iron Maiden. Certains riffs ont une touche à la Adrian Smith. Il a certes fallu attendre 7 bonnes années (de réflexion?) avant d’avoir droit à ces nouveautés mais l’attente en valait la peine. First nations rock est un album plus que généreux, le genre de disque à partager. Piledriver pousse cette générosité jusqu’au packaging, l’album étant accompagné d’un maousse livret de 24 pages dans un bel écrin. Espérons maintenant que les cinq viennent un jour nous rendre visite on stage!
A noter, pour les collectionneurs: Piledriver propose également First rock nations en version vinyle – double ! – avec un titre bonus, Julia, en version acoustique. Chaque titre a été mixé en conséquence pour offrir plus de rondeur, de chaleur et de générosité à cette version vinyle. On trouvera également un poster sur papier épais reprenant la très belle pochette de l’album (une œuvre signée Thomas Ewerhard) en format 60×90. Un très bel objet en somme.
Nous avions découvert Flying Circus avec Seasons 25, réenregistrement de leur album paru un quart de siècle pus tôt. Aujourd’hui, les progueux allemands reviennent avec The eternal moment qui, hasard ou pas, permet de célébrer le 35ème anniversaire de la formation. Au travers de 9 titres, Flying Circus interpelle et invite au voyage. Dès l’introductif A talk with the dead, on sait qu’on navigue sur les terres étranges d’un rock progressif qui puise autant dans le genre typé des 70’s que du plus contemporain, allant ainsi de Jethro Tull à Dream Theater, en passant par un jeune Deep Purple, voire Kansas ou encore Fleetwood Mac. La particularité ici provient plus d’instruments inhabituels dans le rock (de la mandoline au violon électrique – quelle beauté que ce mariage guitare/violon sur And you rest) que des constructions souvent alambiquées qu’on retrouve un peu partout. Le chant de Michael Dorp est à l’image de la musique, à la fois torturé et empli d’émotion. Les guitares de Mickael Rück sont aussi variées que les territoires explorés. La rythmique du bassiste (et violoniste) Roger Weitz et du batteur Ande Roderigo est aussi jazzy que directe, soutien complet à des univers musicaux aérés par les claviers de Rüdiger Blömmer (également au violon). On notera également des incursions dans des musiques folkloriques et traditionnelles, occidentales aussi bien qu’orientales. The eternal moment fait partie de ces albums qu’on écoute et qu’on décortique, ceux dont il faut plusieurs écoutes avant de se les approprier totalement. Une œuvre à part entière qui séduira tous les amateurs du genre.
Bad Rain est un nouveau venu sur a scène Hard rock vintage. Formé en Allemagne, mené par un chanteur croate (Zoran Misic), le quintette puise son énergie au cœur du hard rock américain de la seconde partie des 80’s. Les 10 titres de Louder than words, leur premier album, alternent avec un réel bonheur morceaux rentre dedans et ballade/heavy ballad. Bad Rain m’évoque, à de nombreuse reprises, la puissance classieuse de Giant tout en apportant une certaine rugosité et sa propre personnalité. Les mélodies léchées côtoient une énergie contagieuse tout au long des High and above, Chasing the sun et autres Twisted love. Louder than words est le type même de premier album qui peut ouvrir des portes et donne envie d’en entendre encore davantage. Une très belle promesse pour les amoureux de rock vintage/old school.
Déjà, le nom du groupe – Dead Bees In Bourbon (des abeilles mortes dans le bourbon) – m’interpelle et me fait sourire. D’autant avec une police et un visuel qui m’évoque l’univers de Tim Burton et un certain Mister Jack. C’est donc avec une réelle curiosité que je glisse le CD dans le lecteur et dès Quiet pulse, la formation allemande me renvoie dans un passé pas si lointain. Un chant doux de Yen Aneztberger, toujours rassurant, est soutenu par des guitares à la fois discrètes et déterminées (Arndt Bander et Ingo Hannen, également à la basse et aux synthés) et une rythmique solide (la batterie de Ben Overmann). Tout au long des 11 morceaux de ce Crystals, Dead Bees In Bourbon nous replonge dans une période où le rock se liait avec bonheur à une new wave entrainante. L’apport des synthé et de touches électro y est pour beaucoup mais la batterie, comme sur Pleasures, apporte ces aspects hypnotiques avant que le titre ne monte en puissance. On a même droit à un clin d’œil aux débuts de Guns N Roses et Metallica avec l’intro de Rooftops of Zion (le titre prend toute sa démesure rapidement après cette intro). L’étiquette de « post punk » que le groupe s’est attribuée (ou qu’on lui a attribuée) est ici bien trop limitative tant Dead Bees In Bourbon propose une musique variée, allant de la tendresse à la rage, du rock le plus énervé à des sons plus éthérés et épurés en passant par des moments sombres et gothiques mais avec toujours un fond joyeux (On your own). Crystals s’adresse à un très large public, sans distinction de caste ou de genre. Un premier album plus que prometteur et un groupe à suivre de près.
C’est sans doute l’une des sorties les plus attendues de ce second semestre 2025, et pour cause! Quatre ans après le splendide album éponyme de la « réunion augmentée » unanimement salué par la critique et le public, Helloween revient avec Giants & monsters, son nouvel album composé de 10 titres, variés et enjoués comme savent si bien le faire les Allemands. A la question « le retour de Kiske et Hansen ne sera-t-il qu’un feu de paille?« , le groupe apporte aujourd’hui une réponse claire: certainement pas! Helloween se montre plus uni que jamais et tout aussi créatif que dans ses meilleures années. Qui plus est, célébrant cette année 40 ans de carrière, le groupe ne pouvait se planter. Si l’on s’attarde volontiers sur la pochette, une œuvre signée Elian Kantor, on se penche avec bonheur sur les nouvelles compositions qui sont un joli condensé de ce que le groupe nous a offert tout au long de ces quatre décennies. Des titres épiques et envoutants (Giants on the run qui alterne entre couplet doux et refrain enlevé avant de monter en puissance, Savior of the world plus foncièrement speed ou Majestic avec son break méditerranéen – ou hispano oriental – second titre le plus long avec ses 8’08 qui viennent clore l’album), des incursions plus popisantes (A little is alittle too much, Hands of god – le titre qui me convainc le moins) ou ses tonalités toujours très festives (We can be gods ou This is Tokyo, déclaration d’amour à la ville citée). On s’attardera surtout sur le grand moment de l’album, ce Universe (gravity for hearts) qui, tout au long de ses 8’24, explore toutes les amours musicales qui ont fait de Helloween la légende que le groupe est devenu. La recette à trois guitares et, surtout, à trois chanteurs a depuis longtemps convaincu et continue aujourd’hui de faire des merveilles. On attend maintenant de retrouver les 7 mercenaires sur scène, notamment celle du Zénith de Paris le 22 octobre prochain.
Après une première journée artistiquement plus que réussie, retour au Zénith de Nancy pour une seconde plus hard rock/prog metal/heavy metal. Une programmation qui, après coup, ressemble à un patchwork de styles qui peut dérouter. Seule ombre au tableau de ce samedi, la pluie capricieuse qui joue les trouble-fête intermittents tout au long de la journée, humide et presque froide… On fera avec.
Wings Of Steel @Heavy Week End 2025
J’ai beaucoup entendu parler des Américains de Wings of Steel ces derniers temps mais n’ai pas eu l’occasion d’écouter ce qu’ils font. Le jeune combo a déjà publié un Ep et un album ainsi qu’un live enregistré lors de son concert lillois en 2024 et lance aujourd’hui sa tournée 2025. Musicalement, la formation propose un heavy metal typé 80’s. Leo Unnermark, le chanteur d’origine suédoise, est aujourd’hui très en voix, quelque part entre Michael Kiske et Geoff Tate tandis que son compère, le guitariste Peter Halub, avec qui il a fondé le groupe, sait prendre la pose comme il le faut.
Wings Of Steel @Heavy Week End 2025
Clairement, ça joue, tant des instruments qu’avec le public. La jeune formation sait parfaitement quoi faire pour séduire le public et propose une variété de morceaux entrainants et séduisants, alternant entre puissance de feu (Fall in line, Cry of the damned, Wings of steel) et douceur à mi parcours avec She cries, ballade entrecoupée d’un grain de folie.
Wings Of Steel @Heavy Week End 2025
Wings Of Steel nous offre ainsi une jolie mise en bouche pour démarrer la journée. Si le groupe n’invente rien, il se donne avec coeur et passion et le public présent le lui rend bien.
Wings Of Steel @Heavy Week End 2025Vanden Plas @Heavy Week End 2025
Place ensuite à un groupe plus que trentenaire. Les Allemands de Vanden Plas, en showcase à Paris lors de la conférence de presse donnée par GDP pour le HWE, reviennent armés de cette envie de renouer avec leur succès d’antan. Leurs dernières prestations en France remontant au festival de Raismes en 2017, le groupe a eut tout le temps d’être quelque peu oublié. Alors ce soir, les petits plats sont mis dans les grands;
Vanden Pas @Heavy Week End 2025
Andi Kuntz, très en voix et tout sourire, n’hésite jamais à faire participer le public pendant l’heure qui est allouée au groupe. En démarrant son set avec deux titres heavy, Push et Holes in the sky, Vanden Plas interpelle les moins connaisseurs mais, malgré des moments plus doux, continue son set avec des composition plus progressives qui peuvent dérouter les amateurs de rock direct qui se dirigent vers les bars et la restauration. Dommage, car Postcard to God, qui clôt les set a de quoi réunir tout le monde, mais le public reste quand même assez important.
Vanden Plas @Heavy Week End 2025Europe @Heavy Week End 2025
Avec Europe, on change clairement de catégorie. Les amateurs de hard rock léché sont de sortie et Joey Tempest, très en forme, sait parfaitement comment caresser son public comme il faut. De manière aussi sensuelle qu’il le fait avec son pied de micro!
Europe @Heavy Week End 2025
Le groupe démarre son set avec deux classiques, On broken wings et Rock the night, qui enflamment le public avant de proposer le plus récent Walk the earth (issu de l’album du même nom datant de 2017). déjà le chanteur commence à s’amuser avec des « Merde » et des Putains » qu’il répète autant qu’un pur Français, pour le plus grand plaisir du public.
Europe @Heavy Week End 2025
Si John Leven (basse) semble tout aussi concentré qu’il prend du plaisir, tous les regards se portent également sur John Norum, très en forme ce soir. La pyro réchauffe d’ailleurs les Suédois et le public alors que la pluie commence à se faire dense. Les parapluies et poncho font une apparition remarquée tandis que le froid s’installe aussi.
Europe @Heavy Week End 2025
Fort heureusement, cet épisode ne dure qu’un gros quart d’heure et le public reste bien présent. Europe nous offre alors Hold your head up, un titre soit disant « enregistré récemment » datant cependant de 2023. Europe propose ensuite une sélection de titres couvrant toutes les époques du groupe. De Carrie à Superstitious, en passant par le superbe War of kings ou open your heart qui voit Joey s’emparer d’une guitare acoustique ou Last look at Eden où il empoigne une électrique et se la joue crooner, c’est un véritable Best of que Europe offre au public, chaud comme la braise.
Europe @Heavy Week End 2025
Puis Cherokee, avec un light show splendide, vient relancer les affaires sérieuses, celles annonciatrices d’un concert qui touche à sa fin. Sa fin? Non, bien sûr, et le public le sait. Dès les premières mesures, The final countdown voit une nuée de téléphones s’éclairer et la foule se lever et hurler sa joie (note personnelle: je comprend de plus en plus ces artistes bannissant le portable…) Peu importe le froid, c’est près de 8.000 personnes qui sont à l’unisson, accompagnant Europe jusqu’au dernières mesures de ce concert de très haute volée. Si la suite est à la hauteur de cette prestation…
Europe @Heavy Week End 2025
Dream Theater @Heavy Week End 2025
Le retour de Mike Portnoy (batterie) au sein de Dream Theater a fait couler, positivement, beaucoup d’encre. Le public amateur se masse devant la scène où un technicien vient retirer le voile cachant l’imposant kit du batteur. Puis chacun arrive tranquillement, prenant place pour attaquer avec le bien nommé Night terror. Rapidement, pourtant, on sent, on voit John Muyng concentré sur sa basse et la tablette à ses pieds, prompteur musical l’empêchant de sourire.
Dream Theater @Heavy Week End 2025
De son côté, John Petrucci, tout aussi concentré, se libère et retrouve ses poses de barbu bourru mais impressionne par son aisance guitaristique. Jordan Rudess, quant à lui, joue de ses claviers dont la façade change au gré des ambiance de ce premier long titre, affichant parfois des notes de musique, à d’autres moments un décor léopard, clavier mobile qui se penche (laissant ainsi voir les touches sur lesquelles il joue) et se déplaçant afin que chaque membre du public en profite.
@Heavy Week End 2025
Mais celui qui attire tous les regards reste le batteur, dont le set impressionne et le cache partiellement. Portnoy, pourtant, sait aller chercher le public, se levant pour haranguer la foule qui… diminue. Non seulement, bien que ce soit la fin du printemps, il fait froid, mais la musique, trop technique et destinée à un public connaisseur, ne séduit pas une partie de la foule que l’on voit quitter les lieux en formation régulière et en famille.
Dream Theater @Heavy Week End 2025
Une question se pose alors: Dream Theater est-il vraiment le meilleur choix de tête d’affiche? Sans doute eut-il été préférable d’inverser les places et de laisser Europe clore cette journée. Dommage, mais c’est ainsi. Demain est un autre jour dont l’affiche pré-visage d’un (tout petit) peu plus d’énergie.
Quel énorme week end que cette seconde édition du Heavy Week End ! Malgré quelques couacs au lancement de cette seconde édition, notamment dans l’arrivée plus que tardive des annonces et de l’affiche complète, le bilan de ce premier week end du mois de juin au Zénith de Nancy, dans sa version open air, est plus que positif malgré une météo capricieuse et un démarrage quelque peu difficile. Mais ne nous emballons pas, commençons par le commencement.
Si on a pu quelque peu s’inquiéter quant à la fréquentation de cette seconde édition – Gérard Drouot Productions balançant sur les réseaux de très nombreux posts chaque jour qui ont pu ressembler à un appel au secours, annonçant tardivement une affiche a priori pas au niveau de la première édition (exceptionnelle, rappelons-le) entrainant nombre de commentaires peu enthousiastes – l’arrivée sur le site tend à confirmer cette inquiétude. Ce vendredi est loin, très loin d’afficher complet – à peine 6.000 personnes ont fait le déplacement – mais, d’une part, le public est bien présent dès l’ouverture des portes et, d’autre part, on constate rapidement deux grosses améliorations par rapport à l’an dernier: tout d’abord, un espace assez vaste est réservé aux lieux de soulagement individuels (les WC, donc). Mais surtout, c’est affiché en très grand à l’entrée du site, le placement est libre. A moins d’avoir un pass VIP ou Carré or, le public peut, « à l’ancienne », se positionner dans la fosse ou s’installer dans les gradins, au choix. Résultat: bien que démarrant plus tôt que l’an dernier – un groupe a été rajouté – j’ai l’impression que le public est, en ce début de festival, à peu près équivalent à celui de 2024. Pas génial, mais encourageant, et nous ne sommes que vendredi, certaines personnes travaillent encore.
Adrian VANDENBERG @Heavy Week End 2025
Adrian Vandenberg, qui inaugure cette édition, investit la scène à 17h30 devant un parterre bien fourni… Quel plaisir de pouvoir enfin revoir le guitariste sur scène. Et en forme! Le géant hollandais (1,98m des pieds à la tignasse) a fait le choix de proposer un set 100% axé sur sa période avec Whitesnake, soit la période 1987 et Slip of the tongue. S’il n’a particpé qu’à la tournée célébrant le premier, il n’a composé aucun des titres de 1987, contrairement à son successeur dont on retrouve ici deux extraits (Fool for your lovin’ qui remonte en réalité à Ready an’ willing, en 1980, et Judgement day). Les 5 autres titres sont des incontournables du légendaire 1987 (Bad boys, Give me all your love, Cryin’ in the rain*, Still of the night et Here I go again* – deux titres (*) remontant quant à eux à l’album Saint and sinners de 1982)
Adrian VANDENBERG @Heavy Week End 2025
Le groupe dans son ensemble est en forme. On apprécie la tessiture de la voix de Mats Lévin, que l’on connait déjà pour ses participation avec Yngwie J. Malmsteen ou Treat, parmi d’autres. Le vocaliste n’est peut-être pas au niveau d’un Coverdale des grands jours mais son timbre et la personnalité qu’il met dans chacun de ces morceaux rendent plus qu’hommage au Serpent blanc.
Adrian VANDENBERG @Heavy Week End 2025
Si déjà la paire Vandeberg et Levens chauffe le public, la section rythmique en rajoute une jolie couche également. En quarante minutes, le géant blond démontre être parfaitement en forme (il avait été victime de la maladie de Lyme, qui l’a empêché de revenir comme il l’eût souhaité sur le devant de la scène) et à sa place. Si on aurait volontiers apprécié quelques extraits autres que Whitesnake (de Vandenberg, ancienne ou nouvelle mouture, ou Vandenberg Moonkings), on ne peut que savourer ce qui nous a été offert. Le public le sait et a, au passage, posé les jalons de l’ambiance à venir.
Adrian VANDENBERG @Heavy Week End 2025
BATTLE BEAST @Heavy Week End 2025
Après le hard rock, on passe au power metal finlandais. Non, pas Lordi… Si j’avais été peu sensible à Battle Beast lors du dernier passage du groupe au Hellfest, les conditions du jour me permettent de découvrir le groupe sous un autre angle. Force est de reconnaitre que les cinq se donnent à fond, la voix de Noora Louhimo faisant toujours office d’arme (plus vraiment) secrète.
BATTLE BEAST @Heavy Week End 2025
On sent les musiciens concentrés et quelque peu statiques, malgré l’envie de Eero Sipilä (basse) d’haranguer le public. Mais tous les regards sont portés sur la chanteuse au casque corné. Au gré des titres, l’ensemble du groupe va chercher la foule qui répond là encore plus que positivement d’autant plus que Noora, visiblement heureuse d’être là communique avec le public aussi chaleureusement que les flammes qui viennent réchauffer l’atmosphère.
BATTLE BEAST @Heavy Week End 2025
Battle Beast nous a offert une très belle prestation, celle qui ressemble à une jolie mise en bouche pour accueillir la tête d’affiche.
BATTLE BEAST @Heavy Week End 2025
SAXON @Heavy Week End 2025
Mais avant, place à un monstre sacré du heavy metal. Saxon, du haut d’une carrière longue d’un demi siècle, est toujours bien présent. Les Anglais s’apprêtent à sortir leur nouveau live, Eagles over Hellfest, et se lancent ce soir dans leur nouvelle tournée européenne qui, rappelons-le, les verra revenir pour trois dates en France les 11, 12 et 13 septembre aux Zénith de Paris, Nantes et Toulouse (avec, exclusivité de ces dates, le show Castles and eagles. Nous y reviendrons.)
SAXON @Heavy Week End 2025
Bien qu’on sache à quoi s’attendre, on a toujours plaisir à retrouver Biff et sa bande qui jamais ne déçoivent. Les anciens se massent devant la scène et dès les premières mesures de Hell, fire and damnation, le ton est donné. Les bouches à feu crachent leurs flammes tandis que le public scande le refrain de ce futur classique avec entrain. Et Biff, majestueux observe avec sérieux et attention la foule devant lui.
SAXON @Heavy Week End 2025
Si Saxon a composé certains hymnes incontournables que l’on retrouve ce soir (besoin de les citer? Alors, en vrac, Motorcycle man, Strong arm of the law, Wheels of steel, Heavy metal thunder, Dallas 1pm, 747 (strangers in the night)…) le groupe nous dégaine quelques raretés qui font du bien.
SAXON @Heavy Week End 2025
On a ainsi droit à Power and the glory et Dogs of war, nouvellement réintroduit dans la set list ainsi que 1066, un des trois extraits du dernier album. Les connaisseurs le savent, ils sont en train de vivre un de ces grands moments, un de ces concerts francs et directs, sans chichi. Et même si Biff, qui referme régulièrement son manteau, semble avoir froid, le public lui mange dans la main. Le concert se termine magnifiquement avec Princess of the night, toujours aussi imparable.
SAXON @Heavy Week End 2025
Si Saxon ne surprend pas les fidèles, le groupe impressionne toujours par sa puissance et ses prestations toujours aussi solides. Désormais parfaitement intégré, Brian Tatler confirme être le meilleur choix possible pour remplacer Paul Quinn. On remarque aussi que, de son côté, Nibbs Carter est beaucoup plus calme qu’il y a quelques années, headbangant avec plus de raison. Reste que la machine de guerre est de sortie (malheureusement pas le Fuckin’ pigeon… mais ça, ce sera pour le mois de septembre !)
SAXON @Heavy Week End 2025
POWERWOLF @Heavy Week End 2025
Elles sont là, elles sont de sortie les meutes de loups-garou, impatientes de répondre à l’appel d’Attila Dorn et de Falk Maria Schlegel. Qu’on aime ou pas sa musique, un concert de Powerwolf est toujours prometteur de bons moments. Au pluriel. Car plus que le show, c’est le partage, la communion entre le groupe et le public. Un grand voile cache la scène, et dès que ce dernier tombe, le public se libère.
POWERWOLF @Heavy Week End 2025
Bless ’em with the blade lance les hostilités – Powerwolf débute également sa nouvelle tournée ce soir, le public du HWE a donc droit à l’exclusivité du show! – et, très vite, très tôt, Attila s’adresse au public. Toujours en français, délivrant son éternel message « heavy metal is religion ». Forcément, ceux qui découvrent ce soir Powerwolf ne peuvent qu’être séduits tant par cette communion que par l’excellence du show proposé. Pas une seconde ne se passe sans un clin d’œil, un sourire, une complicité tant entre les musiciens qu’avec, surtout, le public.
POWERWOLF @Heavy Week End 2025
Les frères Greywolf monopolisent la scène lorsque Falk se retrouve coincé derrière ses claviers. Il est naturellement bien souvent présent en avant scène, accompagnant Attila, très en voix, dans cette grand-messe célébrant le heavy metal et son armée (Army of the night).
POWERWOLF @Heavy Week End 2025
« On va faire bouger nos hanches« , annonce Attila. « Qui veut danser avec moi? Avec Falk? » Le teasing lancé, tous deux font deux pas de danse annonciateurs de Dancing with the dead et, crachés ses premières banderoles qui retombent légèrement sur le public.
POWERWOLF @Heavy Week End 2025
Attila invite ensuite le public à chanter quelques mesures avec lui, le préparant ainsi à l’accompagner sur Armata strigoi. Chacun chante aux ordres d’Attila: tout le monde, puis les femmes puis les hommes (quelque peu plus nombreux) et même… « maintenant, la sécurité privée, allez, chantez avec nous la sécurité privée!« , rappelant que « je suis le maestro de cérémonie » lorsque le public s’élance avant son ordre. Communication, communion même, et humour font ce soir très bon ménage.
POWERWOLF @Heavy Week End 2025
Un loup garou sur fond bleu blanc rouge accompagne La bête du Gévaudan, titre chanté en français pour le plus grand bonheur de tous, suivi par le classique Demons are a girl’s best friend. Jamais Powerwolf ne laisse retomber la pression, que ce soit avec la pyro et les confettis – encore – sur Fire and forgive ou en faisant – toujours – participer le public, qui ne se fait pas prier.
POWERWOLF @Heavy Week End 2025
Le combat des « Uh » (coté Falk) et « Ah » (côté Attila) fait toujours son effet, et fonctionne à merveille, plus encore, une fois le « concours » terminé, lorsque 6.000 gorges reprennent le gimmick tout au long de Werwolves of Armenia, suivi de Heretic hunters.
POWERWOLF @Heavy Week End 2025
Les festivités continuent jusqu’à la conclusion habituelle, l’incontournable We drink your blood. Clairement, ce soir, Powerwolf a brillamment lancé sa nouvelle tournée. Le public repart ravi, la bave de la meute s’étant transformée en sourires marquant des visages simplement heureux d’avoir vécu ce moment. Un grand, très grand concert qui, malgré le froid, vient clore une première journée plus que prometteuse d’un week end de très belle fête. On sera de retour demain, promis!