
A l’annonce de cette troisième journée, j’ai eu comme une hésitation… De cette affiche, je ne suis familier qu’avec nos compatriotes de Shaârghot, n’ai que brièvement entendu parler de Ice Nine Kills mais n’ai jamais écouté un seul morceau des deux autres formations… C’est aussi là la magie d’un festival qui permet de découvrir, et d’apprécier ou non, des formations inconnues. Cette troisième journée va finalement se révéler riche de découvertes.

Avant même l’arrivée des indus frenchies de Shaârghot sur scène, l’ambiance est à la fête. Dans le public, quelqu’un tend un sac qui fait réagir les premiers rangs qui se mettent à hurler de très joyeux « Pikachu! Pikachu! » avant que n’apparaissent d’abord une bouée licorne entrainant des « la licorne! la licorne » et un dragon noir avec une série de « Krokmou! Krokmou! » tandis que, dans le pit, une sorte de grinch vient frotter sa main enduite de noir les visages des premiers rangs. L’ambiance est, comme la journée, chaude avant même le premier riff!

Je n’ai encore jamais eu l’opportunité d’assister à un concert de Shaârghot. Et je ne serai pas déçu du voyage. Car, si je connais le concept – l’humanité a été infectée par un virus transformant les gens en noir – le groupe s’impose rapidement comme une machine de guerre au show exceptionnel.

Le Shaârghot – Etienne dans le civil – et sa bande nous invitent dans un monde post apocalyptique peuplés de créatures aussi horrifiques qu’étranges qui s’en prennent à tout ce qui bouge. Qu’on connaisse et/ou qu’on apprécie ou non la musique de la formation, on a ici à faire à une prestation de stature internationale.

Tout est pensé ici pour le spectacle et Shaârghot nous propose un show que ne renieraient pas les entertainers américains. Un Rammstein français qui mérite qu’une bonne fée (infectée ou non) se penche sur le destin de la formation qui s’impose rapidement comme celle donnant – jusque là – le meilleur show du week end.

Nous ne rentrerons pas ici dans le détail des titres, mais la mise en scène, avec critique du grand capital, mise en garde des dérives sanitaires de l’humanité, de la violence rampante de la société, l’ensemble des détails visuels (les dents vertes des musiciens, la langue noire d’Etienne, les billets de banque qui affole le public qui veut en récupérer…) tout ici est pensé pour le plaisir des yeux. Clairement, Shaârghot présente un show de stature internationale et on peut se demander ce qui l’empêche d’exploser chez nous et hors de nos frontières… Exceptionnel!

Aucun photographe n’est autorisé à shooter le spectacle des Américains de Ice Nine Kills. Dommage, le spectacle du groupe étant centré sur les tueurs en série dont ils racontent l’histoire. Pas un titre n’est interprété sans qu’il y ait au minimum un mort, un cadavre dépecé, tiré d’histoires vraies ou de personnages fictifs – on a droit au Joker de Batman et à Norman Bates parmi d’autres. C’est mis en scène titre par titre mais, au final, on en retient pas grand chose.
On en profite pour continuer la chasse au gobelet du jour, GDP ayant eu la bonne idée d’en faire pour chaque journée mais on ne les trouve que difficilement, les bars du site ne proposant que ceux d’éditions passées… Un conseil pour les futures éditions: aller voir les bars qui dominent le site!

Présenté comme un groupe « post grunge », Three Days Grace se révèle plus rock alternatif que simplement grunge. Le public est bien présent et accompagne les Canadiens tout au long des 75′ du set, et donne beaucoup plus de travail à la sécu que l’on ne pouvait le prévoir. L’ambiance chaude du début de journée ne s’est pas rafraichie du tout!

L’imposant guitariste Barry Stock distribue des médiators comme des bonbons à un public qui ne demande que ça tandis que le duo de chanteurs arpente la scène, toisant et narguant la foule qui slamme à n’en plus finir.

Proposant une majorité de titres issus de son album One-X de 2006 (contre seulement 3 de Alienation, son dernier en date paru en 2025), la formation se met tranquillement le public dans la poche. Adam Gontier prend quelques instants pour résumer l’histoire du groupe, rappelant qu’il l’a quitté quelque temps. Le public le siffle à ce moment, ce qu’il accepte avant de repartir sur de bon rails pour terminer ce concert haut en couleurs et apprécié de la foule.

La soirée arrive à son terme avec la venue des Allemands de Electric Callboy qui, en un rien de temps, transforme la fosse du Nancy Open Air en gigantesque dance floor! Vétus de tenues dignes de boys-band, agissant de même avec le public et se mouvant comme tels, les Boys sont carrés et proposent un show très haut en couleurs.

Dès le premier titre, les confettis rougissent le ciel, avant que les fumigènes et les flammes ne prennent la suite. Le groupe, également doté de deux chanteurs, change de tenues si souvent qu’on ne peut qu’admirer la vitesse à laquelle ils reviennent et alternent entre musique dance et brutalité metalcore.

Si on peut s’étonner d’une telle clôture pour un festival metal – j’entends certains commentaires dépités du public qui repart avant la fin jurant qu’on ne l’y reprendra plus, que ça, pour un festival dit metal, ça n’a rien à faire là… (bon, vous n’aviez qu’à vous renseigner avant, non?) – on ne peut également qu’applaudir la prise de risque et la fête généralisée. Car ce sont des milliers de corps qui se trémoussent, les bras en l’air, dans une transe généralisée rarement vue.

Pour sa troisième édition, si l’on déplore la trop faible affluence, le Heavy Week End a une nouvelle fois marqué les esprits avec des spectacles de haute volée et de très grande qualité. GDP l’a déjà annoncé: il y aura une quatrième édition de ce festival qui veut s’installer dans la durée, et ce sera du 4 au 6 juin 2027. Espérons simplement que le producteur ne tarde pas à annoncer l’affiche et ne mette pas les places en vente à la manière d’un autre festival sans qu’aucun groupe ne soit annoncé. Ca évitera nombre de critiques saillantes sur les réseaux. Il faudra aussi penser à mettre à disposition de plus nombreux points d’eau pour le public, c’est impératif. En tout cas, rendez-vous est pris dans un an!

Remerciements à GDP et Replica promotion pour avoir rendu ce report possible.





























