J’avais découvert Headkeyz lors de l’édition 2023 du Rock In Rebrech. Le groupe ne m’avait alors pas particulièrement marqué, mais le temps d’un concert est-il vraiment suffisant pour découvrir une formation ? En recevant ce nouvel album, j’ai une première bonne impression : en dehors du CD lui même, tout le packaging – livret inclus – est en papier cartonné et, semble-t-il, recyclé. Un détail? Pas tant que cela de nos jours, et c’est sans doute un indice de l’engagement pour l’écologie de nos Montpellierains (pourquoi d’ailleurs existe-t-il encore des boitiers plastique, hein, dites???) Ok, mais quid du contenu musical de ce second chapitre de The cage & the crown ? Headkeyz propose un metal alternatif, à la fois riche, subtil et direct. Après un The crown assez calme, Intoxicated attrape l’auditeur avec un irrésistible groove qui ne peut que faire danser. Clairement, le groupe fondé fondé en 2021 et aujourd’hui composé d’Adrien Girard (« Edge » au chant), Thimothée Bertram et Stella Cristi (guitares – Stella ayant rejoint le groupe en 2025 ne joue pas sur l’album où l’on retrouve Baptiste Willaume), Samuel Marechal (basse) et Sylvain Molina (batterie), puise son inspiration dans le metal alternatif et le neo metal des années 90. On retrouve tout au long des 8 titres de l’album les codes du genres sans que Headkeyz ne s’y enferme. Du chant rappé (Rotten party), des complaintes d’esclaves du sud des USA (Vikings), Headkeyz ne semble se poser aucune limite. Il y a une vraie personnalité, et sans aucun doute une ambition marquée de se distinguer. Si le groupe a lui-même produit cet album, il a fait appel à des pros pour la finalisation. Mixé par Thibault Akrich et masterisé par Emerson Mancini (connu pour ses travaux avec Paramore ou Linkin Park), ce Chapter II est une réussite de bout en bout, un album sombre et lumineux à la fois, grave et jovial, un de ces albums qui a tout pour séduire un public varié et pour pouvoir fièrement s’exporter hors des simples frontières européennes.
404, comme une bien trop fameuse erreur informatique… Et pourtant, non… 404 n’est que le titre du nouvel album du groupe de metal alternatif Holy Fallout. Ce qui (me) marque dès la première écoute de Crippled, le morceau d’ouverture, c’est un esprit à la Headcharger. Le chanteur, Paul Girardot, également guitariste) pourrait bien être confondu avec Sébastien Pierre, mais rapidement Holy Fallout se détache de cette étiquette. Dès Unsatisfied, le groupe nous invite dans un univers où le heavy rock rencontre le rap avec un groove qui tape dans le mille. Quelques growls bien sentis viennent secouer les tympans. On pense naturellement à des références comme Nothing More mais aussi à la puissance de feu d’un Lamb Of God. Tout au long des 10 titres (plus un bonus), les Bisontins invitent leur auditoire à explorer diverses palettes sonores, parfois doublées d’un nappage de claviers apportant une touche de légèreté aérienne et de refrains à faire chanter le public (Stuck in the blue). En variant les tempi et en diversifiant son propos, Holy Fallout interpelle et séduit sans jamais lasser. Solide comme un rock, 404 est une très belle promesse qui pourrait porter la formation rapidement parmi les gros espoirs du rock énervé made in chez nous. A suivre de très près.
Nouvelle année oblige, Metal Eyes vous propose un petit retour sur 2025 et quelques prévisions pour 2026, année que nous souhaitons à chacune et chacun d’entre vous, fidèles lecteurs, chaleureuse et pleine de musique.
BILAN 2025
Un chiffre pour commencer: en bientôt 10 ans – Metal-Eyes est né le 19 mars 2016 – cette aventure solo a réussi à fidéliser quelque 35.000 lecteurs mensuels. Et cela, avec une activité volontairement réduite dans un esprit proche du fanzinat d’antan. Et quand bien même mes activités personnelles m’ont éloigné de Paris, limitant de fait le nombre de concerts et d’interviews, ce lectorat a augmenté régulièrement depuis deux bonnes années. Alors, à vous tous, je vous dis, et répète: Merci.
L’année 2025 aura été marquée par de belles découvertes musicales. Je pense notamment, sans ordre particulier, aux albums de 2Sisters, Syr Daria, Fanalo, Oma Jali, Crazy Jesse, au retour des anciens de Iceland et Heavylution, aux belles promesses de Rebel Angels, Birds Of Nazca, Fallen Lillies ou au début de confirmation de Grandma’s Ashes et de Lucie Sue, très en forme, pour ce qui concerne nos compatriotes. On remarquera d’ailleurs que les femmes occupent en 2025 une place de plus en plus importante dans notre univers musical, et avec quel talent!
Hors de nos frontières, je pense avant tout à des formations plus que prometteuses telles Mantah, Pile Driver, Dead Bees in Bourbon ou encore les plus brutaux Black Rabbit ou Reject The Sickness. La scène metal européenne est décidément très vivante, et c’est tant mieux!
Côté concerts, si je regrette de n’avoir pu couvrir les derniers shows de Helloween et de Sabaton à Paris, et si Metal Eyes n’a pu se rendre au Hellfest en 2025, le live a tout de même occupé une belle place, tant dans les grandes salles que dans les clubs. Tout d’abord, le Heavy Week End confirme sa capacité à s’imposer avec une affiche impeccable. GDP a réussi à obtenir la seule date française de Slipknot pour qui Mass Hysteria a ouvert le 8 juin et a faire un quasi sold out. Les jours précédents, 6 et 7, on aura été séduit par les shows de Powerwolf, Saxon, Wings of Steel et Europe, tous dans une forme impériale.
SAXON @Heavy Week End 2025
A l’autre bout du spectre, le duo américain de KrashKarma a plus que tenu ses promesses le 11 septembre dans un Dropkick Bar orléanais presque complet. le public ne s’y trompe pas et on ne peut qu’espérer retrouver le duo sur des scènes de plus en plus grandes.
KrashKarma@Dropkick Bar Olréans 11sept 25
Au rang des satisfactions personnelles, les Eurockéennes de Befort m’auront enfin permis de photographier un Iron Maiden dans une forme exceptionnelle. En ce 3 juillet, le groupe venait pour la première fois au Malsaucy pour célébrer son demi siècle d’existence avec un show dantesque dont on imagine qu’il sera difficile de faire mieux. Mais… attendons les nouvelles dates de 2026!
IRON MAIDEN @EUROCKEENNES 2025
Enfin, Megadeth et Disturbed ont donné au Zénith de Paris, le 12 octobre, un concert plus que haut en couleurs, dont on retiendra une belle exécution publique. On n’oublie pas non plus la célébration du rock sudiste de Lynyrd Skynyrd (le 10 juillet) et la fête danoise avec Volbeat (le 2 novembre), tous deux dans ce même Zénith de Paris.
MEGADETH @ Le Zénith, Paris, 2025
Du côté des livres, s’il ne devait en rester qu’un, ce serait évidemment ce pavé qu’est Infinite Dreams qui relate avec de très nombreuses illustrations les cinquante ans d’Iron Maiden. Un must incontournable pour tout fan qui se respecte, un livre bourré d’infos, d’anecdotes et, surtout, de photos rares, voire inédites, d’une collection de produits dérivés à faire blêmir le moindre collectionneur acharné…
PRÉVISIONS 2026
2026 s’avère déjà riche en belles promesses… Au niveau des concerts, retrouver Beyond The Black (Veryshow), que je n’ai pas vu depuis des lustres, au Bataclan de Paris pourrait être un bon début. Ce sera ensuite Smith/Kotzen (AEG) dans l’écrin du Trianon le 6 février, mais pas de Airbourne cette année (pour cause de séjour en amoureux). On sortira ensuite l’artillerie lourde avec, en mars, Avatar puis Kreator (les 7 et 24 au Zénith de Paris, tous deux proposés par Live Nation). Avril débutera avec une très belle affiche « vintage » puisque le Bataclan accueillera, le 3, Dewolff et Blues Pills (Veryshow). Direction, le 11, Cléry Saint André (à deux encablures d’Orléans, 45), pour la cinquième édition du Crick Fest (Crick For Zik) qui accueillera pour la première fois une tête d’affiche étrangère avec les Italiens de DGM ainsi que nos égyptologues préférés de Amon Sethis, sans oublier les locaux d’Epitude et de Prisma. Saxon (GDP) dans le cadre de son Castles and Eagles tour reporté investira le 17 mai le Zénith de Paris (après avoir fait halte à Nantes et Toulouse les 15 et 16) avant d’aller soutenir Sabaton, Gojira et bien d’autres au Heavy Week End (GDP) au Zénith de Nancy le premier week end de juin. Direction ensuite le Hellfest avec une affiche une nouvelle fois des plus prometteuses et, comme toujours, d’une variété exemplaire, avant de retrouver une nouvelle fois Iron Maiden (AEG) à la Défense Arena de Paris le 22 juin. Une entrée estivale fatigante? Meuh non…
Le second semestre reste encore quelque peu incertain – Def Leppard (GDP) est envisageable – avec cependant une certitude: Metal-Eyes est partenaire de la première édition du festival Zik n’Dry (Crick For Zik) qui se tiendra le 19 septembre à quelques encablures d’Orléans. Avec en têtes d’affiche les trop rares H.E.A.T et, surtout, les revenantes de Crucified Barbara. Un festival à taille humaine (une jauge de seulement 1.500 spectateurs) avec un total de 8 groupes qui animeront la journée sur deux scènes. Toutes les infos à suivre avec, entres autres, interview de l’orga.
Quelques festivités en vue, donc, pour passer le cap des 10 ans d’activité de Metal Eyes. Et avant d’entrée, le 20 mars, dans cette nouvelle année, un rappel: la dernière partie du concours « 10 ans » est toujours ouverte et vos réponses attendues avant le 19 mars à minuit. Une bonne centaine d’albums, des T-shirts, goodies variés (ecocup, stickers promo, stylos, sous bock…) ont déjà été distribués aux trois gagnants, et une mega lot récompensera le gagnant de cette dernière partie. Car maintenant, tout doit disparaitre!
Nous avions pu découvrir les néerlandais de Black Rabbit en début d’année 2025 avec leur Ep Chronolysis, un disque brutal qui marquait quelques points. Les voici qui reviennent avec, en guise de cadeau de Noël un nouvel Ep (paru le 10 décembre dernier), Warren of necrosis. Les gaillards, toujours la même équipe – Nino Thomas (chant), Jelle Brekelmans et Hidde Hofland (guitares), Thijs Mulder (basse) et Koen van der Voet (batterie), on ne change pas une équipe qui gagne – nous balance « seulement » 4 claques dans la gueule. Le thrash/death aux relents de black metal (dans certains vocaux bien comme il faut) attrape l’auditeur par les burnes pour ne jamais le relacher. Plutôt que de foncer tête baissée, Black Rabbit choisi de varier les plaisirs en incluant diverses sonorités latino ou médiévales. En offrant de saines respirations, en relâchant, malgré tout la pression, le propos se fait plus solide et l’histoire se vit en une écoute. Il y a du Death Angel, du Exodus des vieux jours, ainsi que quelques lignes d’un jeune et fougueux Metallica tout au long des Initium finis, Apprehension, Null and void et Insurrection… liberation, tous aussi brutaux que déterminés et efficace. Le format Ep colle parfaitement au genre, jamais trop long mais presque trop court. Voilà le genre de groupe qui mériterait un passage sous une certaine Altar…
Ca, c’est la claque de cette fin d’année… « Ca »? Je veux parler de Mantah, une formation belge fondée en 2022 qui, avec son second album, Antidote, sorti fin octobre 2025, risque fort de faire parler d’elle. Ne nous fions pas à cette illustration aux couleurs flashy et acidulées et plongeons nous directement dans le contenu de ce CD explosif de bout en bout. Les dix titres puisent autant chez Korn que Linkin Park, c’est une évidence, mais Mantah développe sa propre personnalité, brutale et vindicative. L’énergie du propos musical est communicative, et la franchise des cinq – Sven Herssens au chant, Dennis Wyffels et Bart Vandeportaele aux guitares, Bert Nauwynck à la basse et Lothar Ryheul à la batterie – est communicative. Si au travers des Start, Phenomenal ou autres Going down on peut également penser à Five Finger Death Punch, il semble clair que Mantah cherche à développer sa propre identité musicale et a déjà une vraie personnalité, fraiche, brute et sincère. Enfant du neo metal 90’s, Mantah reste totalement ancré dans notre époque. Un groupe à suivre de très, très près!
Gut-Scrapers, les amateurs de heavy bluesy made in France connaissent déjà. Avec deux albums au compteur (Gimme your soul en 2012 et Getting through en 2017), le groupe a vu son line-up radicalement changer et évoluer en 2022. Désormais composé de Tracey Ors (chant), Olivier Salazar (basse) et Dawoud Bounabi (batterie) et de son dernier membre fondateur, Fred Fages (guitare), le quatuor revient en force avec Twelve rays, un Ep de 4 titres qui tous puisent dans ce hard/heavy bluesy à souhaits. Quand bien même le jeu de mots soit plus que facile et convenu, la chanteuse porte bien son nom tant sa voix brille de mille feux, d’ors brillants et chaleureux. Bien plus qu’un incontestable atout, la voix de Tracey, rugueuse, chaude et vibrante, est une véritable arme pour Gut-Scrapers sans pour autant jamais effacer le rôle de ces guitares incisives et de cette rythmiques pleine de feeling. Quatre petits titres qui donnent envie d’en entendre beaucoup plus… Le blues de Rise above cède la place à un Days will come bien plus heavy, le groupe s’offrant une échappée belle sur les highways américains avec When the roots are deep avant de terminer avec un Sincere rapide, direct et déterminé. Gut-Scraper nous propose un Ep (aux inhabituelles illustrations signées Stan W. Decker, illustrations plus proches des gravures de J-D. Férat ou L. Benett) plus que solide et prometteur, et on attend maintenant des Nîmois qu’ils envahissent les scène de France et d’ailleurs pour trouver leur public. Très prometteur!
Comme souvent, quand on voit des initiales avant le mot « project », on sait avoir à faire au projet solo d’un musicien. Ici, il s’agit du projet de Rick Van Heuzen (RVH, donc), chanteur et bassiste, qui, avec RVH Project s’est adjoint les services du guitariste Orion Roos et du batteur Gerry de Graaf. L’alchimie entre les trois prend et le projet devient « groupe », la formation, créée en 2021, proposant un premier album, Enter the machine, l’année suivante. Il faudra trois ans au trio pour revenir avec Land of the damned, un album totalement ancré dans les 80’s. La difficulté avec les project bands réside souvent en ce que leur fondateur cherche à mettre en avant son talent. Ici, on a clairement droit à un chanteur aux aspirations et au timbre variés. Mais j’ai trop souvent l’impression d’écouter et d’entendre une répétition de ce que les 80’s ont proposé de mieux tant dans le hard rock que l’AOR, de Toto à Bon Jovi en passant par Night Ranger et plein d’autres. Il y a quelques incursions dans la musique de films, le funk et le jazz sont également très présents tout au long de l’album, mais l’ensemble reste, malgré une production totalement moderne, très daté. Indépendamment, chaque musicien fait des merveilles, et RVH démontre à plus d’une reprise sa puissance vocale. L’ensemble est varié, enjoué aussi, mais, malgré l’envie réelle, ne parvient pas à déterminer une personnalité propre au groupe, une identité sonore. Plaisant et bien fait, Land of the damned se fond dans la masse de productions indépendantes sans parvenir à vraiment faire mouche. Dommage, car il y a du fond.
Presque « nouveau venu » sur la scène française du metal mélodique, Spirit War revient avec Beyond frontiers, un second album composé de 10 titres qui puisent dans ce heavy power qui vise à faire sauter les foules en cadence et lever les bras. Les amateurs de heavy français connaissent sans doute déjà son fondateur, Markus Fortunato, le bassiste ayant en effet une longue carrière derrière lui et s’étant fait quelque peu remarquer avec son premier projet, M.Z, avec qui il a enregistré 7 albums. Malheureusement, sans un label qui lui reste fidèle (le groupe est passé chez Wagram, Brennus, Pervade…), le travail de fond est compliqué. Il fonde par la suite Öblivïon et Fury Age avant de se lancer sous son propre nom et de ressortir aujourd’hui avec Spirit War. Ce nouveau projet saura-t-il enfin sourire au bassiste chanteur, désormais entouré du guitariste Nicolas Lebrat et du batteur Valentin Leroy? Dès la première écoute, le message est clair: une grande place est accordée aux mélodies qui font mouche. Les sources d’inspiration sont variées, allant du heavy traditionnel à la Maiden au néo classique de Malmsteen. Malheureusement, aidée par une production un peu trop étouffée et un anglais correct mais typé frenchy, l’étiquette 80’s est trop présente. Même les excursions dans des envies « sabatonnesques » sont rattrapées par un esprit Manowar dans certains textes. Les rythmiques, certes, donnent envie de taper du pied mais Spirit War ne parvient pas à m’imposer un air qui me reste en tête. Bien fait, sans aucun doute, cet album est bourré de mélodies sympa mais par trop datées et manque de cette touche de modernisme qui pourrait vraiment le faire sortir du carcan des années 80. On passe cependant un bon moment festif, et c’est toujours ça de pris!
Interview KOB. Entretien avec Rudy le 7 novembre 2025
Bien que cela fasse un bon moment que Kob existe, c’est la première fois qu’on parle. Peux-tu nous raconter l’histoire du groupe dont j’ai l’impression qu’on ne peut pas parler de carrière mais plus d’opportunités de se retrouver entre potes…
Les racine de Kob remontent à 1976, avec un autre groupe dans lequel il y avait mon frangin, Thierry (Huylebroeck, guitare), Bruno (Laguide, batterie) et Boboss (Jean-Michel Berger, basse). Ça, c’est les racines, et KOB s’est réellement formé en 1997. Tu as raison, c’était des retrouvailles entre eux trois, et à l’époque, il n’y avait pas de chanteur. Ils ont cherché. Moi, je connais Stéphane (Graziani) depuis très longtemps, depuis qu’on est gamins. Il chantait et un jour je lui ai dit que mon frangin cherchait un chanteur. Il a fait un test et a intégré le groupe en 1999. Ils se sont ensuite rapidement rendu compte que ce serait mieux avec 2 guitares, ce qui correspondait plus aux goûts de Stéphane. J’ai intégré le groupe comme ça, en 2000. Depuis, on a le même line-up à l’exception d’un changement en 2006 : Stéphane est parti et a été remplacé par Nicolas Blaizeau avec qui on a fait l’album Close to dawn, en 2009. Et en 2011, The time is right a été fait sans moi puisque je suis parti accompagner un bluesman en tournées. Kob a arrêté en 2012 parce que peu de choses se présentaient et on a repris la formation sous sa forme originale, à l’exception de François, qui avait remplacé Boboss à la basse en 2002, et qui n’a pas souhaité reprendre l’aventure pour des raisons qui lui sont personnelles. Il a été remplacé par Jean-Michel, et depuis 2016 le line up n’a pas bougé. On a lu ta chronique de l’album, bien sûr, mais ce n’est pas exactement des « retrouvailles » comme tu l’écris… Le groupe ne s’est jamais vraiment arrêté, à part un break de 2012 à 2016. On se voit toujours en répète au moins une fois par semaine. Et s’il faut monter sur scène ce soir, on est prêts !
Que pourrais-tu me dire au sujet de votre nouvel album, When the axes fall ? Il y a 7 compos originales et 2 live. Vends-le-moi, cet album !
Te le vendre, Le mieux, c’est de l’écouter ! Il n’y a pas meilleur moyen, mais pas sur les plateformes ! Il faut s’en imprégner, aussi bien au niveau des textes de Stéphane que de la musique où il y a une certaine noirceur, en lien avec l’époque actuelle. On dénonce une certaine déviance actuelle au niveau des sociétés – pas que la nôtre.
Quand on lit les titres de l’album, on peut avoir l’impression que vous traités d’autres thèmes que ça, les vikings de la pochette évoquant même l’univers nordique d’Amon Amarth…
Oui, c’est un peu le coté caricatural de la pochette… Un morceau comme The scourge of god parle d’Attila, que tout le monde connait. Mais un texte comme Criminal negligence parle du laisser-aller, du laxisme face au crime. Personne ne bouge… Je ne sais pas trop comment dire ça… Le point commun, c’est de dire qu’on est toujours dans la même violence.
Y a-t-il aussi des thèmes qui, selon toi, n’auraient pas leur place au sein de KOB ?
Oui, la politique, je pense. Ce n’est pas quelque chose qu’on traite. Déjà, on n’est pas au fait de tout ça. C’est quelque chose qui nous touche, évidemment, mais on ne va pas s’engager dans cette voie. On ne sait pas grand-chose, politiquement parlant.
Si tu devais maintenant décrire la musique de Kob à quelqu’un qui ne vous connait pas – assez peu de monde sur cette planète, restons humbles – que lui dirais-tu ?
(Rires) Déjà que c’est une musique de passionnés. C’est ce qu’on fait depuis toujours, et c’est une musique brutale qui vient des racines du rock, du hard rock. Il y a une certaine énergie, il faut que ça pète ! La base de Kob, c’est ça : « faut qu’ça pète » ! On nous a classifiés « heavy metal, pourquoi pas ? On ne s’est jamais auto proclamés comme étant des metalleux…
Vous faites quand même partie de la famille hard rock…
Ah, totalement ! On vient de cette famille avec Judas, Maiden, et même bien avant ! Je suis fan de groupes comme Moutain, le Alex Harvey band, Rory Gallagher… Ce mélange de culture des années 60/70 et 80 donne ce que fait Kob. C’est sûr qu’on ne fait pas ce qui se fait maintenant. On ne saurait même pas faire… Du black, du death, je ne saurai même pas faire la différence (rires)…
Je le disais au début, il y a 7 nouveaux titres et 2 live sur votre album. Pourquoi ce choix ?
Alors ça, c’est déjà le cas sur le précédent album, Alive and raw, qui a 4 titres studio et 4 live. On pense, peut-être à tort, que la vérité vient de la scène. Malheureusement, on n’en fait pas beaucoup, mais on est avant tout un groupe de scène. On avait envie de remettre en avant des vieux titres pour que les gens se fassent une idée de ce que nous sommes sur scène.
Sur les 7 autres titres, si tu devais n’en retenir qu’un pour expliquer ce qu’est KOB aujourd’hui, ce serait lequel ?
Je crois que c’est The scourge of god. Il est vraiment dans la veine Kob, qui a le côté enclume, le côté viking comme tu le disais tout à l’heure…
Je voulais aussi parler du visuel : ce que je remarque avec vos albums, c’est qu’il n’y a pas de visuel récurrent. Aux débuts du groupe, le K de Kob était à l’envers, il est aujourd’hui l’endroit, il n’y a pas logo propre au groupe ni de visuel directeur. Close to dawn, on dirait de la SF, Mechanism of time m’évoque les Temps moderne de Chaplin, là on a des vikings, Attila… Sans aller jusqu’à une mascotte, il n’y a pas de véritable « accroche » visuelle qui permettrait d’identifier le groupe comme étant Kob. Comment l’expliques-tu ?
Je ne sais pas si c’est volontaire, je pense qu’on ne s’est jamais posé la question dans ce sens-là. En même temps, quand tu regardes la collection des Led Zeppelin, il n’y a pas un album qui suit l’autre. On n’a pas forcément envie d’avoir une mascotte comme Maiden. C’est une remarque intéressante, cependant… L’imagerie, elle est plutôt sur scène. Si tu as déjà vu des photos live, il y a un backdrop avec une espèce de monstre, en filigrane derrière le Kob. C’est un peu ça l’imagerie pendant nos concerts, sur nos cartes de visite… L’image qu’on a sur les mugs, mais c’est vrai que sur les albums, il n’y a pas de suivi. Ce n’est ni volontaire ni involontaire, c’est un choix, par rapport à ce qu’on fait.
Tu viens de parler du Kob. C’est quoi, la signification du nom du groupe ?
Ah ! Alors ça, c’est un sujet épineux qui est resté secret et qui va le rester parce que j’ai pas envie de me faire étrangler (rires). Sache simplement que ça part d’une plaisanterie qui remonte à il y a 25 ans, donc bien avant mon arrivée dans le groupe.
Une plaisanterie entre qui et qui ?
Je crois que c’est entre Stéphane et Thierry, mais je ne suis pas sûr. Il y a eu énormément de « polémiques » à notre niveau… On s’est fait appeler Kronenbourg Over Bibine, on s’est fait traiter d’antilope – le kob, c’est une antilope africaine. On ressemble à tout sauf des antilopes ! On serait plus des hippopotames (rires) ; Mais la vraie signification… ben, elle va rester secrète !
Tu disais que vous jouez trop peu, y a-t-il des dates de prévues ?
Non… là on a une date le 9 mai 2026 à Mennecy, on est en discussions avec des boites de booking, mais rien de plus. Quand nous, musiciens, on envoie des mails, plus personne ne nous répond. On sent qu’il faut passer par des agences si on veut avoir des réponses.
Un groupe de rock, on le sait, ne vit pas de sa musique. Quelles sont vos autres activités ?
Il y a deux retraités, Jean-Michel est peintre en bâtiment – c’est pas évident, c’est un métier physique et il doit se taper des répètes derrière. Il a du mérite – Stéphane a un poste à très hautes responsabilité, il travaille pour une entreprise qui élabore des machines pour les laboratoires d’hôpitaux, partout en Europe. Il parle plus souvent anglais que français, ce qui lui confère un accent plutôt sympa et correct. Et moi, je suis directeur de production dans l’entreprise d’un pote.
Si vous deviez aujourd’hui réenregistrer un album de Kob avec le line-up actuel, ce serait lequel ?
Aoh, c’est difficile comme question, ça ! Je suppose que ce serait Strafe the underdogs. Il n’a pas eu de chance cet album… Il y a déjà eu de gros problèmes de mastering, et, ensuite, il a été enterré à sa sortie. On était distribués pas Wagram, via NTS à l’époque, et NTS a eu des soucis que je ne connais pas exactement et cet album est resté deux/trois ans dans les cartons. On en a vendu, le deux premières semaines, 400 environ, et ensuite, ça s’est effondré. Un peu comme les dominos : il y a eu les soucis de NTS, les albums sont restés dans les cartons, ils nous ont été rétribués ensuite mais ça a mis quelques années. L’album était mort avant sa sortie… Si on devait en refaire un, ce serait celui-là.
Il y a moins d’un an, début 2025, nous pouvions découvrir le metal doom et mélancolique de nos voisins belges de PVRS. Le du revient aujourd’hui avec son second album, Let the silence begin, un disque composé de dix titres. La force de Pvrs réside sans aucun doute en cette capacité à s’offrir des explorations sur divers terrains de jeu. On passe ainsi d’univers lourds et presque oppressants à des ambiances plus mélancoliques sans jamais être tristes. Pvrs navigue aussi entre ambiance doom et l’innocence gothique d’une certaine forme de new wave. Pvrs ne se laisse pas arrêter par de quelconques barrières critériées et restrictives, et ne plonge jamais dans l’obscurité, chacun de ses morceaux laissant entrevoir une lumière. Aussi brumeuse puisse-t-elle être (les thèmes abordés sont loin, très loin, d’être joyeux), elle perce avec une envie de toucher le cœur de l’auditeur.