THE WOODEN PEARLS: Against the tide

France, Rock hard (M&O, 2026)

C’est frais, c’est rock, énergique et catchy. The Wooden Pearls est un trio palois qui déboule avec Against the tide, un premier album électrique et éclectique bourré de références chaleureuses qui font du bien. Si les premières mesures de Docile m’évoquent Niagara – une intonation vocale à la Muriel Moreno et une guitare qui rappelle celle de son complice Daniel Chevenez période Religion (1990)- TWP trouve rapidement sa personnalité en alternant les tempi et les ambiances. Ici direct, là plus aérien aux inspirations gothiques, le groupe ne se répète jamais offrant ainsi un album riche et varié. Alors oui, tout au long des Step away from the crowd, Brokenhearted, Détermine moi et autres Nothing left of me ou Surf report on retrouve des traces de Patti Smith, Stevie Nicks ou, parmi d’autres, Dolores O’Riordan. Musicalement, TWP se détache de ses influences (on peut évoquer Nada Surf ou PJ Harvey parmi les plus évidentes) et crée des univers sonores qui lui sont propres, avec des guitares incisives, des rythmiques entrainantes et un chant envoutant par sa variété. Surtout, voici enfin un groupe qui s’adresse à tous le publics, français et international, en faisant le choix plus que judicieux de chanter tant dans la langue de Molière que celle de Shakespeare. The Wooden Pearls ose et pourrait bien, grace à son audace et son talent, se frayer un chemein vers les espoirs à suivre de près – et plus encore. A découvrir d’urgence!

BLOODSTAINED HALO: What remains of me

Finlande, Hardcore/Metalcore (Ep, M&O, 2026)

Venu tout droit de Finlande, le quatuor Bloodstained Halo s’est formé en 2025 à l’issue d’une discussion entre Lumi Eade, chanteur et guitariste, et le guitariste Toni Tiainen. La machine est véritablement lancée en juillet 2025 après le recrutement du bassiste Jarkko Hämäläinen et du batteur Tuomas Mikkonen. Le quatuor propose aujourd’hui What remains of me, une carte de visite de 5 morceaux aussi rageurs qu’explosifs. Les influences metalcore se mèlent allègrement à des intonations plus mélodiques et à un chant rugueux proche du hardcore américain. Certes, les rythmiques sont enlevées et puissantes mais le groupe se fait un point d’honneur à apporter un peu de douceur et des instants de respiration. Un nouveau venu qu’il va sans doute falloir suivre de près!

VECTOR: Brain collector

France, Thrash (M&O, 2026)

Amis amateurs de metal fin, distingué et racé, je vous invite à passer votre chemin. Ceux d’entre vous qui sont, au contraire, séduits par le thrash old school, brutal et direct, c’est une invitation à vous pencher sur le cas Vector que je vous envoie. Vector qui, au travers de Brain collector, nous propose 11 morceaux furieux et rageurs qui nous replongent aux origines du thrash, cette période où les Slayer, Exodus et autre Death Angel dominaient le genre. Vector ne cherche qu’une chose: démonter les cervicales, et ça marche tant ça bastonne à tout va! Alors, oui, on pourra « reprocher » le côté old-school, mais l’ensemble est ici si plein de conviction qu’on se laisse très facilement prendre au jeu. Le chant rugueux de Rémi Duval s’approche du death, les growls en moins, les guitares de Aurélien Pauchet et David Fasquel cisaillent et charcutent à qui mieux mieux, l’ensemble étant porté par une rythmique explosive bombardée par le bassiste Erwan Balotaud et le batteur Jean-François je ne sais comment (aucune mention dans le livret, dommage…). Un décrassage en règle des tympans, en somme!

SOCIAL PROPHECY: Tourments

France, Metalcore/metal alternatif (M&O, 2026)

Formé dans le sud de la France en 2022, Social Prophecy distille un metal alternatif aux relents metalcore avec quelques touches électro. Malgré un accent typique dans les parties de chant en anglais clair – qui disparait dès que ça gueule – le groupe alterne entre puissance et groove tout au long des 14 titres de Tourments, son premier album qui explore les tréfonds de nos âmes sombres et malades avec rage et détermination. Mais, malgré toute l’envie et le savoir faire, le groupe ne parvient pas à m’entrainer dans son univers, exception faite, sans doute, de No ending, temps calme et romantique à mi parcours qui monte en puissance et en energie. Rien de vraiment neuf qui m’interpelle, cependant. Bien fait, plein de volonté, certes, est-ce cependant suffisant pour se distinguer? Pas mon truc, en tout cas.

YÜ: The calling

France, Punk (M&O, 2025)

, c’est un ovni comme on en entend et voit rarement. Prenez une sorte de geisha occidentale et une espèce de lapin blanc, donnez leur un esprit qui se situe quelque part entre nos Rita Mitsouko ou Bjork, ajoutez une touche de cette irrévérence grungy/punk et vous obtenez une folie sonore nommée The calling. Les huit titres de cet album sont aussi solides que fracassants. Exception faite de Try to run, sorte de temps (qui se veut) calme, l’ensemble de ce disque nous entraine dans une folie douce musicale et vocale. Noémie Alazar se tord les cordes vocales comme elle frappe ses fûts tandis que son compère Yoan Lavenne envoie ses riffs saturés et déstructurés en pleine face. Brut et organique, ce premier album sans concession va droit à l’essentiel sans jamais s’encombrer de fioritures. Un duo à certainement voir sur scène.

ELEMENT:Dreamer

Mexique, Hard progressif (M&O, 2026)

Ils sont sept. Autant de musiciens dans le groupe qu’il y a de lettres dans le nom de leur formation. Element arrive tout droit du Mexique avec un premier album très ambitieux, Dreamer. Composé de treize morceaux divisés en quatre parties, ce premier effort, à la production plus que soignée, nous entraine dans un univers sonore complexe et envoutant. Element est composé de musiciens aguerris et a une longue histoire derrière lui puisque le groupe fut fondé en… 2010 par le chanteur Ernesto Bojorquez. S’il est impossible de ne pas penser à Angra ou à Dream Theater, le groupe nous entraine dans des paysages musicaux qu’il sublime à chaque instant. Seulement, j’ai l’impression tout au long de l’écoute de vivre du déjà entendu. Qu’on ne se méprenne pas, c’est carré, très bien foutu (une seule ballade aurait cependant suffit), l’alternance entre puissance, mélodie et douceur est efficace, mais je ne parviens pas à embarquer dans ce navire pourtant lumineux. Tout pourtant ici frôle la perfection, sauf, sans doute, la durée du projet qui atteint les 68′. Ambitieux, certes, brillamment interprété, c’est incontestable, Dreamer s’adresse aux fans du genre qui y trouveront sans aucun doute possible tout ce qu’ils peuvent attendre du genre. Plusieurs écoutent s’avèrent nécessaire pour bien saisir l’ampleur du projet.

SEVEN EYED CROW: Emerge

France, Progressif (M&O, 2026)

Un peu plus de trois années se sont écoulées depuis Icarus, un Ep sorti en 2022. Les Bordelais progressifs de Seven Eyed Crow auront pris le temps nécessaire pour concocter son second album (Organized chaos est sorti en 2018… Un groupe qui en effet prend son temps!), intitulé Emerge. Composé de 10 titres, cette nouvelle galette est aussi aérienne qu’elle peut proposer des passages d’une détermination à toute épreuve. Si comme pour toute formation dite « prog » il y a de nombreux passages complexes, Emerge propose également sont lot d’instants groovy et entrainants. Quelques incursions dans le metal rappé et rageur (Mind blowing signs) côtoient un esprit soul à la Sade (oui, oui, Until m’évoque Smooth orperator dans ses parties les plus calmes), voire le reggae. Les cavalcades et les syncopes instrumentales, ces instants qui rattachent Seven Eyed Crow au metal, sont nombreuses. Une belle réussite qui pourrait permettre au groupe – qui a étrangement décidé de remplacer son corbeau à sept yeux par sept… méduses – de franchir un cap supplémentaire.

HELLIXXIR: Beyond the frame

France, Thrash/Black (M&O, 2025)

Avec un chanteur désormais pleinement intégré qui a fait ses preuves grace au précédent abum, The black fortress, paru en 2019, les furieux de Hellixxir reviennent avec Beyond the frame. 6 ans, c’est long entre deux albums, même si la crise sanitaire est passée par là. Mais nombreux sont ceux qui ont déjà republié au moins un album, alors Hellixxir pourra-t-il retrouver son public? Sans doute, en tout cas un public averti et amateur de hurlements black metal. Car, de ce point de vue, il n’y a pas de pitié. Les compos, quant à elles, flirtent avec le thrash des vieux jours, proposant des riffs ravageurs et des breaks plu scalmes qui évoquent souvent les univers lovecraftiens développés par Metallica à ses débuts. Pour le reste, rage et fureur sont de mise, entre double grosse caisse, rythmique explosive, ambiance malsaine et riff salvateurs. Rageurs de bout en bout, ou presque, les 13 titres de ce nouvel album tabassent sévèrement. Espérons que Hellixxir ne mette pas aussi longtemps avant de se rappeler à notre bon souvenir.

VIRGIN PROZAC: Sinécure

Belgique, Heavy rock (M&O, 2025)

Arrivés tout droit de Belgique, Virgin Prozac déboule avec son premier album, Sinecure. Composé de huit titres, le groupe navigue entre heavy rageur et ambiances sombres et lourdes. Déjà auteur de deux Ep, Plethora (2018) et Plethora II (2020) le trio a pris son temps pour peaufiner ce premier album. Parfois proche du grunge dans l’esprit, à d’autres moments plus stoner et allumé, la formation ne se contente jamais de simplicité. Malgré quelques intonations hetfieldiennes, on se retrouve plus souvent à penser à des influences proches de Mastodon voire, dans un autre registre, de Foo Fighters. Et plus on avance dans cet album plus on se rend compte que le groupe a truffé ses compos de diverses subtilités qui donnent un arrière goût de reviens-y. Pas aussi simple que les apparences pourraient le laisser croire, Sinecure s’écoute avec facilité et nous entraine sur des terrains aussi rassurants que, parfois, bourbeux. A suivre

SATRA: In tears of her reign

Finlande, Metal symphonique (M&O, 2025)

In tears of her reign est le second album des Finlandais de Satra. Dès les premières mesures de Into the ravenous sea, les influences sont évidentes: on navigue sur les traces d’Evanescence. La suite, sans surprise, rejoint rapidement les traces de Nightwish, les deux références ayant souvent – à tort – été comparées. Et clairement, il n’est pas évident de se défaire d’influences aussi importantes. Ici, tout est techniquement bien fait, mais, à l’image de cette pochette qui ressemble à une affiche de Disney – un esprit « princesse » assez enfantin – tellement déjà entendu. L’ensemble me donne cette impression, qui se répète de plus en plus, d’écouter des musiciens qui maitrisent parfaitement leurs instruments et la technique musicale mais ne parviennent pas à libérer leur créativité. Résultat: du déjà-vu et déjà-entendu… Où sont les tripes qui faisaient le charme et la réussite de My immortal, Wish I had an angel ou Elan des groupes phares mentionnés plus haut? Se défaire de ces influences par trop envahissantes est une nécessité.