DGM et Amon Sethis live au CrickFest V (avec Prima et Epitude – Espace Loire, Cléry Saint André, le 11 avril 2026)

Pour sa cinquième édition, le CrickFest innove une nouvelle fois. En effet, après avoir l’an dernier élargi l’affiche en ajoutant un groupe, cette année, l’association Crick For Zik invite pour la première fois un groupe étranger. C’est donc aux Italiens de DGM d’assurer la tête d’affiche de ce petit festival qui se tient à l’Espace Loire de la petite ville de Cléry Saint André, à quelques kilomètres d’Orléans. Outre les Italiens, nous retrouvons ce soir les Grenoblois d’Amon Sethis ainsi que les débutants locaux d’Epitude et les vétérans PrismA, à l’origine du festival. Avec 3 groupes estampillés dans le genre, la soirée s’annonce très progressive.

Crickfest5, Clery St Andre

Cette année, s’il y moins d’exposants – les groupes ont naturellement sorti leur merchandising – Metal-Eyes, partenaire du festival (et du Zik And Dry organisé par la même asso le 19 septembre prochain avec, notamment Crucified Barbara et H.E.A.T., nous en reparlerons) a organisé une mini expo photos dont un hommage à Bruno Ramos (« De Manigance à Sortilège, hommage à Bruno Ramos) qui avait enflammé la salle archi bondée ici même il y a deux ans avec Sortilège. Une initiative appréciée tant des spectateurs que de l’orga et des anciens compagnons de route de Bruno.

C’est avec quelques minutes de retard que Chris Acker, président de l’asso, monte sur scène pour inaugurer la soirée et remercier le public présent, rappelant qu’il y a eut quelques inquiétudes mais que, finalement, les préventes ont accéléré ces derniers jours. On circule très facilement dans cet Espace Loire qui accueillera au pic de la soirée environ 200 spectateurs tous âges confondus – d’ailleurs, les vacances viennent de commencer, ce qui peut en partie expliquer l’affluence moyenne.

Epitude @Crickfest5, Cléry St André

Chris est rapidement suivi des jeunes musiciens locaux, Epitude, également bénévoles de l’association, qui rencontrent quelques soucis techniques. Quelques minutes suffisent pour régler le gros des couacs et lorsque le quatuor se lance, il est clair que ses musiciens sont très concentrés. Et on les comprends, car au-delà d’un naturel stress de jouer devant un vrai public, leur musique se révèle complexe tout en restant accessible.

Epitude @Crickfest5, Cléry St André

Au gré des morceaux, les quatre, bien qu’encore assez peu mobiles sur scène, se détendent et s’attirent bientôt l’approbation du public. Tout de noir habillés, ils enchainent mélodies envoutantes et rage contenue. La musique, à la fois puissante et aérienne, séduit la petite mais attentive foule présente en ce début de soirée. Epitude est une jeune formation prometteuse qu’il va sans doute falloir surveiller de près;

Epitude @Crickfest5, Cléry St André

C’est ensuite au tour des vétérans du coin, organisateurs de ce mini festival et habitués des lieux d’investir les planches. Avec une heure de jeu, PrismA a la bonne idée de proposer une setlist remaniée et d’offrir de nouveaux titres. Après une intro très martiale, la formation attaque avec un Crazy night enflammé suivi d’une doublette « découverte » composée de Masters of game et The power of wings, deux nouveautés plus que prometteuses (il y en aura ce soir quatre en tout avec Stay strong et Breaking the mirror, tous prometteurs d’un futur album enjoué et rentre dedans).

Prisma @Crickfest5, Cléry St André

Outre les titres inédits, nous rencontrons enfin le nouveau claviériste du groupe, concentré et tout à son ouvrage bien que visiblement assez détendu. Comme l’ensemble du groupe d’ailleurs dont un Philippe Sanfilipo souriant et qui dès le début du set va chercher le public pour ne jamais relâcher sa prise.

Prisma @Crickfest5, Cléry St André

No more tears, moment calme du set, est également annonciateur de l’approche de la fin du show. Trois morceaux enlevés se succèdent – le très chantant Freedom or war, Guilty of love et Tell me why avant que le groupe ne « s’absente » pour rapidement revenir pour un rappel. Rock now fait sauter le public et le voit lever les poings en cadence. Prisma a ce soir encore offert un set carré et simplement efficace.

Prisma @Crickfest5, Cléry St André

Malgré une longue carrière, Amon Sethis reste encore trop confidentiel. Une fois le changement de plateau terminé, j’incite Ben, le batteur de Prisma à ne pas rater l’entrée des Grenoblois tant je garde un bon souvenir de leur passage à Châteauroux en 2022. Après une intro orientale, une ombre apparait en fond de scène jouant avec deux bâtons enflammés. Un masque hideux avance et met le feu au pupitre avant que la fureur de Lamentations ne se déclenche. Sous les acclamations du public déjà subjugué, public qui a compris qu’il va vivre quelque chose de spécial, Julien arrache ce maudit masque à la fin du titre.

Amon Sethis @Crickfest5, Cléry St André

Le set est ce soir principalement axé sur les deux derniers opus du groupe puisque 12 des titres interprétés en sont extraits – Part III: dawn of an apocalyptic world (avec 7 titres dont l’intro) et Part 0: the queen with the golden hair (avec 5 morceaux) – et tous se révèlent d’une belle efficacité sur scène, à la fois fins et brutaux.

Amon Sethis @Crickfest5, Cléry St André

Planqué sous la capuche de son sweat, Andréa Ricci a, dans ses attaques de sa six cordes, quelques attitudes qui me rappellent Yann Heurtaux (Mass Hysteria). Sa complice, la bassiste Laëtitia Bertrand, frappe du pied tandis que Sébastien Perrad s’occupe de maltraiter ses fûts.

Amon Sethis @Crickfest5, Cléry St André

Proposant un metal direct, Amon Sethis entraine le public dans son univers au cœur de la VIIème dynastie de l’Égypte antique. Lights et fumigènes font également bel effet, metant en lumières diverses ambiances au gré des titres. Julien, revêt son masque – ou un autre – à diverses reprises, Mask of wrath, en fin de show, étant prétexte à une lutte entre deux de ces entités quelque peu maléfiques.

Amon Sethis @Crickfest5, Cléry St André

Quand bien même il reste la tête d’affiche, Amon Sethis a, ce soir, marqué de nombreux esprits et, sans surprise, le public se rue vers le merch pour, au-delà de se fournir en musique et t-shirts, échanger avec tous les membres du groupe, serrer des pognes dans la bonne humeur et le plaisir de la découverte.

Amon Sethis @Crickfest5, Cléry St André

Si DGM existe depuis 1994, les Italiens ne jouent que trop rarement en France – une petite douzaine de dates seulement recensées par le site Setlist.fm. Comme nous l’expliquait le guitariste Simone Mularoni plus tôt, c’est grâce à Julien Tournoud, chanteur d’Amon Sethis qui a désormais sa boite de production, que les Italiens se retrouvent ici ce soir, et ils en semblent ravis. Même s’ils tournent partout dans le monde et dans toutes les conditions d’accueil (de son propre aveu, s’il y a un endroit dans le monde où le groupe ne jouera plus c’est dans un certains club souterrain parisien), ils sont séduit par la salle et se promettent de retrouner le public.

DGM @Crickfest5, Cléry St André

Le set prévu doit durer à peine plus d’une heure, ce qui pourrait permettre de rattraper le retard. Et ce soir, je vais en profiter car je suis loin de vraiment connaître DGM autrement que par son nom et son dernier album, et c’est la première fois que je les vois sur scène. Dès l’arrivée des cinq, le message est clair: du heavy prog qui rentre dedans et ne compte laisser personne indifférent.

DGM @Crickfest5, Cléry St André

On sent chacun des musiciens très à l’aise, même leur batteur, Michele Sanna (quelle frappe!), qui n’est pourtant là qu’en remplacement mais qui maitrise parfaitement le répertoire. Les autres – Andrea Arcangeli à la basse, Emanuel Casali aux claviers et à la flûte traversière (une influence Jethro Tull???) – sont à la fois concentrés et mobiles. Mais tous les regards se portent aussi sur Mark Basile, le chanteur imposant tant par son physique déterminé que par son regard perçant ou, surtout, cette voix puissante et mélodique qui entraine l’auditeur dans son sillage.

DGM @Crickfest5, Cléry St André

DGM propose une setlist assez équilibrée entre ses cinq derniers albums – occultant toute la période avant 2010 – et offre au public une judicieuse sélection de titres généralement courts. et c’est tant mieux car quoi de plus difficile que de rester concentré 15′ parfois sur des parties techniques qui ne s’adressent au final qu’à un public de musiciens plus que d’amateurs de musique? Là, jamais le groupe ne perd son auditoire -hormis quelques parents qui, même si les vacances viennent de commencer, rentrent coucher leur progéniture.

DGM @Crickfest5, Cléry St André

Ghost of insanity voit Mark annoncer la venue d’un invité spécial pour l’accompagner au micro: il s’agit de Julien, d’Amon Sethis, qui remonte sur les planche le temps d’un duo enflammé et inquéiétant. Mark, les bras croisés et le regard sévère attend que Julien ui cède la parole pour ensuite partager un moment de plaisir et de complicité. un beau moment acclamé par le public.

DGM @Crickfest5, Cléry St André

Le concert se termine ensuite avec Reason, le groupe, visiblement très satisfait, venant saluer le public avant de – c’est bien l’avantage de ces concerts de province – foncer vers le stand de merch pour, eux aussi, signer des autographes, prendre quelques photos, échanger avec les (nouveaux) fans prêts à acheter un ou deux albums ou t-shirts.

DGM @Crickfest5, Cléry St André

Si cette cinquième édition du Crick Fest n’a pas affiché complet (sans doute la faute au début des congés scolaires et/ou à la méconnaissance du public des deux têtes d’affiche), ce sont quand même quelque 200 spectateurs qui se sont, ce soir encore, éclatés dans cette salle de 350 places. L’association annonce être à l’équilibre et prévoit d’ores et déjà une sixième édition dont la tête d’affiche sera…,

DGM @Crickfest5, Cléry St André

… dévoilée plus tard car même Metal Eyes n’en sait rien aujourd’hui. Alors, avant un CrickFest 6, rendez-vous (rendons-nous) sur le site du superbe parc culturel du Val d’Ardoux, à Dry, à côté d’Orléans, pour la première édition du festival Zik N Dry qui accueillera rien moins que H.E.A.T. et Crucified Barbara le 19 septembre prochain – il reste moins de 300 tickets « early birds » à tarifs préférentiels disponibles sur le site de l’orga

DeWolff et Blues Pills live à Paris (le 3 avril 2026 au Bataclan)

Ce soir, Verycords nous convie à une soirée 100% vintage dans le cadre de la tournée Double Bill Tour. Une petite tournée européenne d’une douzaine de dates avec des temps de jeu équitablement répartis entre les Hollandais de DeWolff et les Suédois de Blues Pills. Malheureusement, j’arrive un peu tard pour pouvoir me trouver devant la scène et, de la console, les éclairages sont brumeux… Dommage pour les photos mais, comme le disait Joe Perry: Let the music do the talking!

Ce soir, au Bataclan, c’est le trio qui ouvre le bal. En dégainant d’entrée de jeu Nightrain et In love (respectivement extraits de Love, death & in between – 2023 – et Muscle shoals – 2024), DeWolff pose les bases du ton de la soirée en nous invitant à monter dans sa machine à remonter le temps visuel et sonore.

Dewolff en live, ceux qui les ont déjà vus le savent bien, c’est une belle explosion d’énergie, une recherche de communion avec le public qui, ce soir, se montre réceptif, en tout cas sur la première grosse moitié du concert. Il faut dire que Pablo Van Der Poel (chant et guitare) fait tout pour aller le chercher, ce public, et son frangin, Luka, n’est pas en reste derrière sa batterie. De son côté, Robin Piso s’éclate derrière son orgue en balançant des sons d’un autre âge.

Et puis voici venu le temps de l’éclate et de l’improvisation. Un temps qui rappelle naturellement les 70’s enfumées mais qui rapidement devient long, trop long peut-être, et l’on voit une partie du public détourner son attention et se diriger vers le bar. Un moment de flottement d’un bon quart d’heure qui fini par perdre le public, un temps sans doute trop long quand on ne dispose que d’une heure quinze de jeu.

Même si on apprécie la plongée de Pablo dans le public pour un long bain de foule en fin de set, on aura quand même vu le groupe plus inspiré, notamment lors de son passage à la Maroquinerie de Paris en 2023. Ce soir n’est pas un soir « sans » mais un soir où il manque en fin de show un ingrédient. Un concert certes énergique mais au final, en demi-teinte.

Un gigantesque A multicolore en fond de scène derrière la batterie évoque les couleurs de la télé des années 70. Ben oui, on est toujours dans cet esprit vintage. Lorsque Blues Pills arrive sur scène, je suis étonné de voir une nouvelle version du groupe. Elin Larsson (chant) semble être la seule rescapée, ou, plutôt, membre permanente du groupe aujourd’hui composé de trois femmes et un homme. Aucune idée de qui est qui, exception faite de la chanteuse à la voix d’or.

Et c’est bien elle qui, comme d’habitude, fait le show, arpentant, dès son arrivée, la scène de long en large, allant chercher le public en serrant nombre de mains tendues et en s’offrant, dès High class woman, le premier morceau du show, une première plongée dans le public à qui elle indique, la main tendue comme si elle fendait la foule, son intention. Ce n’est qu’une première échappée populaire parmi d’autres.

Etonnamment, ce n’est pas son dernier album, Birthday, qui est le plus représenté ce soir. Sans doute le fait qu’il date de 2024 explique-t-il la présence de 3 titres (Top of the sky, Birthday et Don’t you love it) là où le premier album éponyme (2014) et Holy Moly (2020) sont représentés chacun par 4 extraits. N’empêche, Blues Pills propose des titres courts et fait sauter et danser le public de bout en bout.

Bien que l’on sente ce soir le groupe très uni et complice, Erin attire à elle seule, par son énergie et son enthousiasme communicatif, l’ensemble des regards. Invitant le public à participer, communiquant plus que facilement et régulièrement avec lui, elle ne laisse aucun temps mort ni aucune place pour un quelconque ennui.

Le rappel – Little sun suivi de Devil man – vient mettre un terme à cette soirée riche en énergie et en partage. Le rock vintage a encore de beaux jours devant lui, et, ce soir, nous en avons encore une fois eu deux exemples revigorants.

Merci à Sabrina Cohen Aiello et toute l’équipe de Veryshow pour avoir rendu ce report possible.

GRANDMA’S ASHES et SUN live à Paris (L’Élysée Montmartre, le 28 mars 2026)

Que de chemin parcouru depuis notre première rencontre il y a trois ans après leur passage au Hellfest! Après une signature chez Verycords et un nouvel album dans la foulée, elles sont retenues pour animer au travers de deux titres la cérémonie des Foudres au Bataclan en 2025 et bien que n’ayant que deux albums à leur actif, les filles de Grandma’s Ashes s’offrent maintenant une vaste tournée en France et ailleurs qui passe par l’Elysée Montmartre parisien. Un pari audacieux mais visblement payant puisque la salle est correctement remplie avec pas loin de 1.000 spectateurs.

Levo Evolove @L’Elysée Montmartre, Paris

Comme sur quelques autres dates, ce soir c’est Sun qui a la charge d’ouvrir les hostilités. Quoique… l’affiche locale annonce une « performance » de Levo Evolove, drag king comme il se nomme. La dite performance se résume à une chanson visiblement en playback, un blabla et la lecture de son téléphone pour annoncer Sun. Bref, tout sauf une « performance » mémorable, un moment dont on aurait pu se passer, même.

Levo Evolove @L’Elysée Montmartre, Paris
Sun @L’Elysée Montmartre, Paris

Enter donc Sun qui vient livrer ici sa Brutal Pop. Dès son arrivée, voilée dans sa robe en crinoline, on sent qu’on va vivre un grand moment. Si elle reste quelque peu immobile durant le premier titre, c’est pour mieux se déchainer sur sa guitare et à son micro dès qu’elle tombe voile et lunettes noires. Et là, une heure durant, entre changement de voix radical en un clin d’œil et harangue de la foule, Sun voit rapidement le public lui manger dans la main.

Sun @L’Elysée Montmartre, Paris

Accompagnée d’un batteur qui martèle des rythmes aussi dansants qu’endiablés et un bassiste qui ne tient pas en place, Sun, si elle tarde un peu à s’adresser au public, devient très communicative expliquant ici qu’un gars lui a piqué la notion de Brutal pop qu’elle a inventée, là son expérience à Barcelone avec un moshpit au milieu duquel quelqu’un dansait la macarena, là encore elle explique le titre John and I (money), l’histoire d’un mec qui la suit partout…

Sun @L’Elysée Montmartre, Paris

Jouant avec sa longue et blonde chevelure qu’elle fait voler au vent, Sun enchaine les titres aussi variés qu’enjoués lorsqu’elle aperçoit dans les premiers rangs du public des pancartes sur lesquelles on peut lire de simples « Merci Sun ». Elle en pour présenter et remercier ses musiciens et les personnes qui l’accompagnent dans cette aventure qu’on espère voir perdurer. Une première partie comme celle-là, on s’en souvient longtemps. Une future grande, très grande, à suivre de très près. Elle se rend rapidement après son set au stand de merch où une longue queue se forme pour échanger quelques mots. Elle y restera toute la soirée – en tenue de scène, svp!

Sun @L’Elysée Montmartre, Paris

Le changement de plateau se fait rapidement, des panneaux de bandes en plastique rouge prenant place de chaque côté de la scène et des chaînes tombant du plafond. Grandma’s Ashes a aussi envie de marquer les esprits avec une scène travaillée. Et, au regard de la tournée à rallonge, les trois vont certainement voir leur fan base s’agrandir encore!

Grandma’s Ashes @L’Elysée Montmartre,Paris

Le style musical de Granma’s Ashes est bien différent de celui de la première partie. Evoluant dans un registre plus grungy et alternatif, le trio se montre très appliqué. Eva Hägen (chant et basse) séduit tout de suite avec son timbre de voix particulier, haut, parfois enragé, à d’autre moments plus mélancolique tandis que Myriam El Moumni reste concentrée sur sa guitare et que, perchée sur une belle estrade, Edith Séguier frappe ses futs avec précision.

Grandma’s Ashes @L’Elysée Montmartre,Paris

Au gré des titres, toutes trois se détendent, viennent chercher le public, se montrent complices en riff et en idées. Myriam sourit à certaines remarques d’Eva, toutes deux investissant rapidement chaque espace libre de la scène.

Grandma’s Ashes @L’Elysée Montmartre,Paris

En une heure de temps – certes une durée un peu courte pour une tête d’affiche – Grandma’s Ashes délivre un set varié et puissant. Un seul moment m’a moins séduit, lorsque, sur (je crois) Army of me, reprise de Bjork, Eva s’empare d’un micro vocodé qui modifie, inutilement, son chant en ajoutant de désagréables échos. Mais pour le reste, une bonne dizaine de titres (tout Bruxism y passe, seul Aside est extrait de leur premier album, This too shall pass), les filles se montrent simplement impeccables.

Grandma’s Ashes @L’Elysée Montmartre,Paris

Le concert se termine, après les remerciements d’usage au label (Verycords « qui nous a signées alors que personne ne s’intéressait à nous »), à leur manageuse (Angela Druffin de NRV Promotion) qui les accompagen et les soutient depuis le début, avec le retour, en ombre caché derrière un pare-vue rouge, de Levo Evolove qui les rejoint pour un dernier titre.

Grandma’s Ashes @L’Elysée Montmartre,Paris

Si on peut reprocher un léger manque de lâcher prise, l’enjeu d’un tel concert, dans une salle aussi prestigieuse que l’Élysée Montmartre doit être générateur de pression. N’empêche, dans son style, Grandma’s Ashes a ce soir également marqué de nombreux points et il semble évident que nous entendrons de plus en plus parler de ce trio féminin, engagé et enragé.

Grandma’s Ashes @L’Elysée Montmartre,Paris

Merci à Marine Honoré (Veryshow) et Angela Druffin (NRV Promotion) d’avoir rendu ce report possible

AVATAR live à Paris (le Zénith, le 7 mars 2026, avec Witch Club Satan et Alien Weaponry)

C’est une soirée quelque peu brutale que nous réserve ce soir Live Nation… Trois ans après son dernier passage en tête d’affiche (le 10 mars 2023 à l’Olympia) Avatar revient à Paris dans un Zénith quasi complet. Le chemin parcouru depuis ma première rencontre avec le groupe – au Hard rock café en 2014 pour la promo de Hail The Apocalypse – est impressionnant et un Zénith n’est rien moins qu’amplement mérité tant les Suédois se font un point d’honneur à constamment renouveler leur show. Ca se traduit même dans le choix des morceaux d’intermède. La première liste n’est composée que de hits des 70’s/début 80’s (de Fleetwood Mac à Joan Jett, en passant par Pat Benatar, Patti Smith, Kim Carnes…)

A 19h, la salle n’est pas plongée dans le noir. Au contraire, elle baigne dans une lumière rouge tandis que trois figures masquées et cornues, des nonnes maléfiques ou maudites, entrent doucement sur scène sur fond de chants plaintifs. Witch Club Satan, trio féminin norvégien, s’empare ensuite de ses instruments et balance avec rage son black metal hurlant et torturé. Le chant partagé permet à chacune de libérer sa colère dans un esprit qui m’évoque l’univers de Zeal and Ardor, d’autant plus sur ce morceau narré accompagné de bades, titre qui évoque le sud des USA en des temps esclavagistes. Les trois se retirent ensuite le temps de se changer et de revenir quasi nues pour une seconde partie de show tout aussi explosive. La bassiste fait quelques effet en frottant un archet contre les cordes de sa basse tandis que sa complice guitariste hurle qu’il n’y a « pas de place pour le génocide » ni pour certains politiques. Si la musique du trio ne me parle pas, WCS propose un show visuel assez intéressant. Les filles quittent la scène après 30′ d’une prestation intense, annonçant qu’il s’agit de leur dernière date de cette tournée.

Pendant que les roadies débarrassent la scène, la sono diffuse des morceaux plus costauds et contemporains, puisant dans le metal des années 90 et 2000. Le trois memebres de Alien Weaponry se chargent eux-mêmes des dernières vérifications, le bassiste Turanga Morgan-Edmonds, prenant même le temps de photographier le public. Les trois disparaissent pour revenir quelques minutes plus tard. Comme à leur habitude, les Néo-Zélandais entament un Haka. Henry de Jing s’installe derrière sa batterie et harangue le public tandis que son frère guitariste et hurleur Lewis et Turanga le rejoignent dans cette cérémonie traditionnelle avant de lancer les hostiités. Une demi-heure durant, les pieds tapent et les nuques se déboitent, les ambiances tribales ne laissant personne indifférent. Turanga n’hésite jamais à interpeller la foule, lui demandant ici un circle pit, là de sauter à son ordre ou encore de finir avec un joli wall of death, et ses participations vocales apportent un équilibre certains à la rage de Lewis. Une prestation impeccable de bout en bout.

Nouveau changement de plateau sous des airs plus jazzy cette fois… Une vaste tenture rouge orne le fond de scène comme l’entrée d’un chapiteau de cirque. C’est, après tout, bien à l’image d’Avatar. Deux kits de batterie se trouvent de chaque côté de la scène. A moins que… Des techniciens lèvent une toile cachant leur travail puis s’éloignent révélant une seule batterie.

Lorsque les lumières s’éteignent, la dite batterie se sépare en deux tandis qu’apparait, dans l’ouverture de la toile rouge, une vague forme qui glisse vers l’avant scène. Sur une plateforme se trouvent, serrés, les guitaristes Jonas Jarsbly et Tim Örhström ainsi que le bassiste Henrik Sandelin tous vétus d’une longue cape noire. Lorsqu’ils descendent pour rejoindre leurs positions, l’ombre de Johannes Eckerström tenant une lampe tempête reste figée le temps de Captain Goat. Puis, avec Silence in the age of apes, la fureur prend le pas, les têtes et chevelures des musiciens tournant furieusement. La pyrotechnie entre en jeu entre feux de bengale et lancer de flammes. Puis, les musiciens quittent la scène.

Une première annonce, peu claire, demande au public de patienter. Mais le temps s’écoule, et l’on comprend qu’un incident est en cours. Une nouvelle annonce précise que l’équipe s’attèle pour que le show puisse se tenir normalement ajoutant que « everything’s gonna be okay, hey, hey« . Enfin, après 10′, Avatar revient avec un explosif The eagle has landed et son imparable refrain toujours repris en chœur par le public. A l’issue de cet incontournable, le chanteur s’adresse au public, lui faisant part de son plaisir d’être là, se caressant l’entre jambes et susurrant des mots doux – à sa manière, évidemment!

Naturellement, une large place est accordée au nouvel album. Don’t go in the forest est représenté par 6 titres, le plus ancien Black waltz (2012) le suivant avec 4 extraits. Si la batterie s’ouvre et se ferme avec régularité, laissant entrer et sortir les musiciens, elle est également entourée de spots montés sur des pieds mobiles, donnant ainsi une touche lumineuse et colorée assez basse et du plus bel effet.

Comme a chacune de ses tournées, Avatar a pris un soin particulier à sa mise en scène. On apprécie, juste avant le retour du roi, le temps calme qu’est Howling at the airwaves avec Johannes au piano. Visuellement, jamais le groupe ne se répète, hormis la posture des musiciens, le bidon d’essence qui sert de gourde au joker et le gimmick royal de Kungen qui revient sur son trône pour un direct et brutal Legend of the king. Kungen se débarasse de sa cape et frappe le sol générant une nouvelle explosion d’artifices.

Let it burn et ses flammes en tout genre précède un Tonight we must be warriors qui voit le public sauter en tous sens et accompagner Avatar avec enthousiasme avant un rappel tout aussi explosif. Le concert se termine avec l’indéboulonnable Hail the apocalypse et c’est un public aux anges et exsangue qui quitte tranquillement le Zénith. Avatar continue, tournée après tournée, de s’imposer comme une des plus originales formations du genre qui place le spectacle au même niveau que son exigence musicale. Encore une très belle soirée passée avec les Suédois.

Merci à Live Nation France d’avoir rendu ce report possible.

SMITH/KOTZEN live à Paris (le 6 février 2026 à Paris, le Trianon)

En ce tout début de la nouvelle mini tournée de Smith/Kotzen , le duo de guitaristes/chanteurs s’offre une halte parisienne au Trianon. Ils aiment bien ces escapades, ces deux-là, ces moments qui leur permettent de se retrouver et de sortir de leur routine. Une vingtaine de date est pour le moment programmée, dont une seule en France.

Kris Barras Band@Le Trianon, Paris

Une longue file s’étend le long du Boulevard de Rochechouart patientant tranquillement en attendant que les portes soient enfin ouvertes. Puis la queue rétrécie rapidement et le public investit doucement le Trianon qui affiche presque complet. Un Trianon en configuration intimiste, sans crash, le public ayant ainsi la possibilité, « à l’ancienne » de se tenir au plus près des musiciens. Les deux balcons sont également investis et l’on circule sans se bousculer dans la fosse.

Kris Barras Band@Le Trianon, Paris

J’avais découvert Kris Barras Band en 2018 avec l’album The divine and the dirty, mais n’ai jamais eu l’occasion de voir le gaillard et son groupe live. Alors c’est un plaisir que d’apprendre la présence du catcheur en première partie qui donne ce soir son troisième concert parisien. A 20h, les lumières s’éteignent et le quatuor entre tranquillement en scène.

Kris Barras Band@Le Trianon, Paris

Malgré un espace scénique réduit – la batterie de la tête d’affiche est caché derrière un grand drap noir, celle du KBB se trouvant coincée sur un côté de la scène – le groupe propose un set énergique et enjoué. Son heavy rock, teinté de rock franc du collier, fait incontestablement mouche.

Kris Barras Band@Le Trianon, Paris

Rapidement, le chanteur guitariste tombe la guitare pour venir séduire le public en le faisant chanter sans se faire prier outre mesure. Musicalement varié, le groupe parvient à obtenir l’approbation de la foule qui découvre ce soir, pour certains tout du moins, une formation solide dotée d’un capital sympathie.

Kris Barras Band@Le Trianon, Paris

Mais le public est là pour autre chose… Soyons réalistes, il y a beaucoup moins de T-shirts de Poison ou The Winnery Dogs que d’Iron Maiden. L’occasion de pouvoir écouter l’un des guitaristes historiques de la vierge de fer et de le voir de près est suffisamment rare pour profiter de ce passage dans une salle à taille humaine – le Trianon a une capacité d’à peine plus de 1.000 spectateurs.

Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris

Accompagnée de la bassiste Julia Lage, très en forme et joyeuse, et du batteur Bruno Valverde, Smith/Kotzen entrent en scène après que la salle a été plongée dans le noir au son de Bad Company (du groupe éponyme). Le quatuor attaque avec Black light, un premier titre extrait du second et nouvel album Black light/white noise naturellement bien représenté ce soir.

Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris

Richie Kotzen et Adrian Smith se partagent, comme sur album, le chant, chacun avec son style, tous deux étant très complémentaires. Tous deux, cependant, dépendant de leurs parties respectives de chant, ne peuvent trop s’éloigner de leur micro. Malgré quelques escapades pour occuper la scène, c’est Julia qui se montre la plus mobile, en étant toujours enjouée et souriante.

Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris

Cependant, même si on aurait apprécié les voir parfois changer de places et de micros histoire de se rapprocher de tout le public, ces deux monstres de la guitare (trop souvent et injustement pas assez reconnus) sont en phase et totalement complémentaire. Le blues cher à Kotzen va rencontrer un rock plus brut et énergique offert par Smith, et la setlist propose un mix assez équilibré des deux albums (6 extraits du dernier, 5 du premier).

Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris

Oh, évidemment, on est à des années lumières de ce que propose la Vierge de Fer, et c’est heureux. Ce soir, pas de mise en scène exubérante, seul un backdrop sert de décor avec le logo du duo. Les lumières sont efficaces et le son puissant et clair. Solar fire, dernier extrait du premier album, vient clore ce concert avant le rappel.

Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris

Nombreux parmi les spectateurs sont ceux qui espèrent une surprise lors de ce rappel qui débute avec You can’t save me, un morceau signé Richie Kotzen (Into the black, 2006) rapidement suivi de l’incontournable Wasted years (Somewhere in time, 1986). Un morceau quelque peu revisité dans ses lignes vocales au chant tenu, hors refrains, par le seul Adrian. Non, l’espéré Bruce Dickinson ne chantera pas ce soir (on retrouvera les deux compères en juin prochain dans d’autres conditions) en conclusion d’un concert à taille humaine, simple et chaleureux comme on les aime. Les deux grands artistes se font plaisir, un plaisir généreusement partagé avec le public.

Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris

Merci à Aude Sabarly (AEG) et Olivier Garnier d’avoir rendu ce live report possible.

FOOL SYSTEM, ORPHEUM BLACK et ORDER 89 live à Orléans (Dropkick Bar, le 24 janvier 2026)

C’est une soirée très sympatique que nous propose ce soir le Dropkick Bar d’Orléans, un des trop rares lieux de vie et de décibels encore situé en plein centre ville. Ce samedi est en effet placé sous le signe du rock, mais du rock sous diverses formes.

La soirée débute avec un seul en scène étonnant. derrière le nom mystérieux de Order89, formation bordelaise et marseillaise déjà auteure de trois albums, se cache habituellement un duo, ce soir réduit de moitié. Seul Jordi Rodriguez se présente. Après avoir calé son ordi, il se saisit d’une basse et entame son set. Seulement… les bandes diffusent un son avec une basse bien mise en avant. Quel intérêt alors que de se présenter une basse à la main si tout est pré enregistré?

ORDER89 @Dropkick bar Orleans

La musique de Order89 est une sorte de cold wave/post new wave avec une attitude gentiment punk, un ensemble qui rappelle quelque peu Alain Bashung. Si le public présent, encore quelque peu épars, semble séduit, je ne suis pas sensible à ce qui est proposé. J’aime les groupes avec des instruments, pas les ordi. J’aime quand ça joue, pas quand ça suit, et là, il n’y a que du chant, sympa, un peu torturé, parfois mélancolique, mais ce n’est clairement pas mon style.

ORDER89 @Dropkick bar Orleans

Les Orléanais d’Orpheum Black suivent leur petit bonhomme de chemin. Après une pause salvatrice, le quintette s’est ressourcé et se retrouve en forme. Le look a légèrement changé – adieu la grosse doudoune blanche à plumes de Mélodie (chant et claviers) qui se présente dans une tenue beaucoup plus sobre. La tribu est désormais toute de noir vêtue et propose ce soir, pendant 45′, quelques nouveautés déjà parues sur les réseaux (Sara, Like a warrior, R.A.W. et, je crois, King with no crown) et qui passent facilement l’épreuve de la scène

ORPHEUM BLACK @Dropkick bar Orléans

Si la bonne ambiance au sein du groupe est palpable, quand bien même l’exiguïté de la scène empêche chacun de se libérer entièrement et de circuler comme il le souhaiterait, il y a une véritable alchimie entre Greg et Mélodie, les deux chanteurs qui communiquent de manière si complémentaire qu’on imagine mal un concert l’un sans l’autre.

ORPHEUM BLACK @Dropkick bar Orléans

Si Romain (guitare) ne descend plus comme il le faisait pour se promener dans le public, on le sent toujours totalement habité par son instrument, allant parfois jusqu’à se démonter les cervicales, tandis que, de l’autre coté de la scène, Nathan (basse) se montre aussi concentré que parfois déchainé sur sa basse. Clairement, nous avons à faire à une formation en totale harmonie.

ORPHEUM BLACK @Dropkick bar Orléans

La salle est désormais plus que bien remplie, et le public, clairement venu pour Orpheum Black, soutien ses héros avec bonne force et bonne humeur. Preuve en est lorsque Greg aperçoit un groupe de cinq spectateur dont chacun porte un T-shirt avec la photo d’un des membres du groupe représenté avec son animal « totem » (j’ai repéré un aigle et un gorille)!

ORPHEUM BLACK @Dropkick bar Orléans

La soirée se termine avec du rock plus « classique » et traditionnel proposé par Fool System. Entrainant, la formation évoque parfois Téléphone avec des touches plus modernes à la Foo Fighters, et le public – moins nombreux, on circule facilement dans la salle – semble réceptif.

FOOL SYSTEM @Dropkick bar Orleans

Là encore, on se laisse emporter par ce rock franc du collier et le savoir faire du groupe formé il y a maintenant une bonne décennie. Les quatre, habitués des lieux, se font visiblement plaisir, et le public présent en profite pleinement.

FOOL SYSTEM @Dropkick bar Orleans

Là encore, ce sont 45′ entrainantes que Fool System a offert au public du Dropkick, lieu de plus en plus emblématique et incontournable. Une soirée pendant laquelle le quatuor aura pu présenter son nouvel Ep, plein de promesse.

FOOL SYSTEM @Dropkick bar Orleans

C’est une nouvelle bien belle soirée en ce début d’année qui est des plus prometteuses que nous a proposée la joyeuse équipe du Dropkick. D’autres sont à venir!

BEYOND THE BLACK live à Paris (Bataclan, le 17 janvier 2026)

Ce soir, ce sont deux découvertes qui m’attendent avant de pouvoir assister à la prestation de Beyond The Black, toujours mené par sa chanteuse, Jennifer Haben. Mais avant, place à deux formations inconnues de mes services: Seraina Telli et Setyoursails. Et ce soir, c’est clair, c’est une première soirée girl power, les trois formations étant menées par des chanteuses. Aux styles radicalement différents, nous allons vite nous en rendre compte! C’est un Bataclan en « petite » configuration (le balcon est fermé) qui accueille un petit millier de spectateurs.

Seraina Telli@Paris Le Bataclan

La scène est envahie de verdure et plantes artificielles – le stand de merch, très vert, donne un premier aperçu – composé de gigantesques fleurs en tissus, d’un pied de micro orné de feuillage et de mousse s’étalant sur les claviers. Les lumières s’éteignent et le public découvre une sorte d’épouvantail armé d’une guitare – verte, à ce stade, ça semble aller de soi – qui s’approche du centre de la scène. Coiffée d’un chapeau « chevelu » qui lui cache complètement le visage, toute de noir et de vert vêtue, Seraina Telli susurre ses premières paroles sur une scène toute éclairée de… vert avant de se découvrir et d’entrer de mettre le pied sur l’accélérateur.

Seraina Telli@Paris Le Bataclan

Une demi-heure durant, la jeune suissesse, seulement accompagnée de son complice batteur, délivre un set haut en couleurs et en énergie. Pop et rock à la fois, coincée entre une Britney Spears énervée et Halestrom, le duo se montre, malgré l’étroitesse de la scène, plus qu’enjoué et parvient aisément à se mettre le public, très réceptif, dans la poche. Les prises de paroles sont toujours joyeuses et positives, Seraina semblant vraiment heureuse d’être là ce soir. A l’image de son concert, simplement rafraichissant.

Seraina Telli@Paris Le Bataclan

Avec Setyoursails on change de registre. La scène est dépouillée, aucun artifice ne traine exception faite d’une petite estrade pour la chanteuse, Jules Mitch. Après une intro techno, la salle est plongée dans le noir et là… La brutalité de l’intro ne fait aucun doute, le groupe pratique un metalcore/hardcore des plus explosifs. La chanteuse ayant hurlé un « are you ready to rock n roll », on sait à quoi s’attendre. Les lumières sont aussi minimalistes que la musique est massive. Rapidement, pourtant, après avoir rappelé que c’est sa seconde venue à Paris, le groupe obtient un premier circle pit.

SetYourSails@Paris Le Bataclan

Si, au départ, je n’éprouve aucune sensibilité, Setyoursails se montre bientôt très entrainant et d’une exemplaire efficacité. Des titres comme Bad company proposent un groove imparable et d’autres comme Fckoff sont prétexte à faire chanter, avec facilité, le public que Jules tient, elle aussi, dans la paume de sa main.

SetYourSails@Paris Le Bataclan

Même si certains passages m’évoquent Avatar, Setyoursails propose un set d’une incontestable efficacité. Quand bien même André Alves, le guitariste, soit peu mobile – il semble qu’il soit malade, alors, chapeau – la formation allemande a su séduire le public qu’elle quitte avec un Best of me plus que rageur.

SetYourSails@Paris Le Bataclan

Un grand voile noir floqué du nom de la tête d’affiche – Beyond The Black – tombe en devant de scène, bloquant la vision du public. Les Allemands viennent à peine de publier leur dernier album, Break the silence, paru au tout début du mois, et vont lui faire honneur. Certes, le public ne connait pas encore bien le nouveau répertoire, mais les titres extraits de cet album – pas moins de six, soit un tiers du set – vont se montrer très efficaces.

Beyond The Black@Paris Le Bataclan

Mais d’abord, annonçant l’arrivée de la formation, Paint it black (The Rolling Stones) retenti. Puis des lumières rouges éclairent le rideau de scène qui, dès les premières mesures de Break the silence, tombe, laissant apparaitre les héros du soir. Petit à petit, la troupe de Jennifer Haben séduit un public plus nombreux et le metal aux accents pop fait ce soir encore son petit effet.

Beyond The Black@Paris Le Bataclan

Beyond The Black dégaine d’office deux cartouches qui font mouche, Break the silence et Rising high, deux premières nouveautés directes entrecoupées de Hysteria, issus de Heart of the hurricane (2018). Chaque album sera représenté ce soir par au moins un titre, Songs of love and death, le premier opus datant de 2015 demeurant en seconde position avec cinq extraits.

Beyond The Black@Paris Le Bataclan

Rapidement, on se rend compte que la musique de BTB va au-delà du simple « metal symphonique à chanteuse », quand bien même on en reconnaisse les codes, dont ces quelques joutes verbales à la « belle et la bête » lorsque le guitariste Christian Hermsdorfer grogne en réponse à la chanteuse. Seulement, la formation intègre d’autres éléments, allant de la pop aux musiques folkloriques avec des intonations orientales ou hispaniques.

Beyond The Black@Paris Le Bataclan

Chacun des musiciens semble dans une remarquable forme, l’espace scénique étant occupé par chacun, Jennifer Haben s’écartant même régulièrement pour laisser l’avant garde s’exprimer. La complicité est palpable et se ressent dans les interprétations efficaces de chaque morceau.

Beyond The Black@Paris Le Bataclan

On admire les nouveautés comme Ravens (pour lequel la chanteuse a revêtu une gigantesque paire d’ailes dorées qui lui donne une autre envergure lorsqu’elle ouvre majestueusement les bras), The flood et le très chantant Let there be rain avec son intro hispanique, autant qu’on se laisse prendre au jeu des titres plus anciens tels Lost in forever, Written in blood et autres When angels fall, nouveau prétexte à une joute verbale.

Beyond The Black@Paris Le Bataclan

A mi parcours, BTB nous offre un duo électro, un duel de synthés que se lancent Jennifer Haben et Christian avant de proposer le seul extrait de Horizons (2020) avec Woubnded healer. Les animations de fond de scène – un long écran qui diffuse de belles animations ainsi que, par instants, quelques paroles de refrains – sont complémentaires, réfléchies et jamais envahissantes, et ne distraient pas inutilement le public qui saute à l’unisson sur des morceaux comme Shine and shade.

Beyond The Black@Paris Le Bataclan

Et quand on apprécie, le temps semble vite passer… In the shadows voit le groupe quitter la scène le temps de se faire réclamer. Le rappel est d’un triptyque imparable composé de The art of being alone, Running to the edge et de Hallelujah au refrain scandé par le public au gré des « sing » qui s’affichent à l’écran.

Beyond The Black@Paris Le Bataclan

Si Beyond The Black fut exemplaire, démontrant que le groupe a la capacité à séduire un large public, ce sont trois groupes, menés tambours battant par des chanteuses totalement impliquées, qui nous ont offert une soirée des plus chaudes et mémorables. Une année live qui débute de la plus belle des manières et qui augure le meilleur !

Merci à Sabrina Cohen Aiello et Mathilde Honoré (Veryshow) d’avoir rendu ce report possible

VOLBEAT Live à Paris (le 2 novembre 2025 au Zénith, avec Witch Fever et Bush)

Comme il y a trois ans, c’est une affiche à trois groupes que nous propose ce soir les Danois de Volbeat. Comme il y a trois ans, aussi, c’est un Zénith en petite configuration qui accueille environ 4.000 spectateurs. Choisir le dernier jour des congés scolaires français, avec reprise le lendemain, donc des parents occupés ailleurs, n’est pas forcément le meilleur choix mais les présents savent pour quoi ils viennent.

Witch Fever @Paris Le Zenith

A 19h, c’est le quatuor anglais Witch Fever qui déboule. Si chacune des musicienne a son look – Amy Walpole (chant) en bas résille et culotte camouflage, Alisha Yarwood (guitare) en costume (ou presque) cravate, Alex Thompson (basse) en longue robe de soirée et Annabelle Joyce (batterie) en simple jean/t-shirt, chacune joue son rôle qui séductrice et communicante, Une autre plus en retrait et concentrée… Un look à l’image, aussi, de la musique pourrait-on dire. Formé en 2021, Witch Fever propose un rock étrange, parfois doom, par instants langoureux, à d’autres moments un peu psyché ou encore simplement noisy…

Witch Fever @Paris Le Zenith

On s’y perd un peu, mais elles vivent pleinement leur trip. La complicité entre Amy et Alex est réelle, les deux se retrouvant fréquemment sur l’avancée de scène, où la chanteuse, toujours souriante, explose ou séduit même si son discours est un peu mou…. Seule la guitariste reste un peu trop en retrait et concentrée sur son instrument.

Witch Fever @Paris Le Zenith

Le public encore épars est attentif. Lorsque Amy explique la position du groupe concernant le conflit israelo-palestinien, elle rappelle aussi qu’elles ne « tolèrent pas l’antisémitisme. On veut seulement une Palestine libre ». Le set continue avec un morceau beaucoup plus lent, proche d’une heavy ballad avant de conclure avec plus de dynamisme; Un set sympathique d’une demi heure qui voit les filles quitter la scène après un rapide « thank-you ».

Witch Fever @Paris Le Zenith
Bush @Paris Le Zenith

Avec Bush, on passe clairement dans une autre catégorie. Je découvre le groupe ce soir et, clairement, la musique des Anglais me semble inclassable tant le quatuor mange à de nombreux rateliers. Leur rock, toujours dansant et jovial, puise autant dans la musique hispanique que dans le grunge, alterne entre rythmes latinos et riff rageur.

Bush @Paris Le Zenith

Le groupe anglais formé en 1992 vient ce soir défendre son nouvel opus, I beat loneliness. Charismatique en diable, Gavin Rossdale, chanteur/guitariste fondateur de Bush, saute et danse dans une forme de transe communicative.

Bush @Paris Le Zenith

Sous son chapeau – qu’il quittera au deux tiers du set – le guitariste Chris Traynor semble simplement heureux d’être là, tout sourire et concentré. Il n’hésite jamais à aller chercher le public, rejoignant Gavin sur l’avancée pour faire face à la foule au plus près, et echanger quelques pas de danse avec le chanteur, désormais débarrassé de sa chemise.

Bush @Paris Le Zenith

Bush nous offre une belle version electrifié de Come together (The Beatles) avant que Gavin ne demande à chacun d’allumer la torche de son téléphone. Cette lumière l’accompagne sur un magnifique gospel chanté avec une voix qui évoque Johnny Clegg.

Bush @Paris Le Zenith

Ce concert ultra festif se termine avec Gavin qui interpelle en français le public le remerciant et annonçant le dernier morceau. Puis il saute les crash pour traverser le public, serrer des pognes, faire des câlins tant dans la fosse que dans les gradins du Zénith sous les yeux ébahis du public, aux anges. J’aperçois même un peu plus loin dans les gradins Fred Duquesnes (Mass Hysteria) et sa copine excitée comme une gamine et qui décide de suivre Gavin à son retour dans la fosse. Des instants simples que le public n’oubliera pas pour conclure ce set haut en couleurs.

Bush @Paris Le Zenith
Volbeat @Paris Le Zenith

Une voile cubique est dressée devant la scène permettant au staff de fignoler les derniers arrangements. C’est avec quelques minutes d’avance que le Zénith est replongé dans le noir et que résonne les premières notes de The devils bleeding crown. En dégainant 3 classiques d’affilée (Lola Montez suivi d’un premier discours plein de bonne humeur introduisant Sad man’s tongue), Volbeat se met le public dans la poche.

Volbeat @Paris Le Zenith

Naturellement, les yeux se tournent vers le « nouveau » venu, Flemming C. Lund, remplaçant de Rob Caggiano, et si le gaillard n’a pas l’aura de son prédécesseur, il fait le job à merveille et s’impose petit à petit tout au long du concert.

Volbeat @Paris Le Zenith

Le light show, agrémenté de quelques fumigènes, est splendide, et on sent Michael Poulsen très en forme. Il faut rappeler que cette date parisienne est une des dernières de la tournée et que le groupe est plus que rôdé. La communication est facile, la complicité entre les musiciens réelle, chacun arpentant la scène en tout sens, Poulsen utilisant chaque micro disponible étant ainsi visible par tous les spectateurs. On pourra commenter la tenue de Kaspar Boye Larsen (basse), un bob vissé sur la tête, mais lui aussi est partout, haranguant la foule autant que faire se peut.

Volbeat @Paris Le Zenith

Le nouvel album, God of angels trust est mis à l’honneur avec 4 titres. Demonic depression est rapidement interprété suivi plus tard de In the barn of the goat giving birth to Satan spawn in a dying world of doom dont le seul titre fait rire tout le monde (Poulsen ajoutant même qu’on « n’a pas le temps pour ça, vous devez aller travailler demain« , précisant au passage que Volbeat ne soutien aucune forme de religion, « religion is crap, believe me!« ) suivi de By a monster’s hand, futur classique des setlists.

Volbeat @Paris Le Zenith

Après Heaven nor hell, le chanteur lance le concours de crowdsurfers accompagné de The devil rages on. Seulement 3 surfers jouent le jeu, rapidement raccompagnés vers la fosse par la sécu. Sur le break, un écho bizarre, retentit, sans doute volontaire, mais bizarre et dérangeant.

Volbeat @Paris Le Zenith

Puis arrive le temps calme, avec Time will heal, dernier extrait du dernier album mais sans doute, aussi, le moment le plus faible du concert. Tant pis, on repart sur les chapeaux de roues avec une série de classiques: Black rose précède Seal the deal et For Evigt, toujours empli d’émotion.

Volbeat @Paris Le Zenith

Puis, sans quitter la scène, sans rappel, Poulsen et sa bande concluent cette superbe et festive soirée avec les incontournables Still counting et A warrior’s call/pool of booze, booze, booza. Un peu plus d’une heure et demie d’un concert haut en couleurs offert par un groupe au meilleur de sa forme. très belle soirée. On espère ne pas avoir à attendre de nouveau trois ans avant de retrouver Volbeat en salle.

Volbeat @Paris Le Zenith

Merci à Gérard Drout Productions et Olivier Garnier d’avoir rendu ce report possible.

DISTURBED live à Paris (avec Megadeth, le Zénith, 12 octobre 2025)

Leurs venues parisiennes sont suffisamment rares pour que nous ne rations pas le concert de Disturbed qui, en ce 12 octobre 2025, vient célébrer le quart de siècle de son premier album, l’incontournable The sickness. Quand, en plus, l’affiche annonce en guise de première partie Megadeth, tout est réuni pour une petite virée parisienne.

En arrivant sur place, le public est dispersé. On avance facilement, il n’y a pas foule à l’entrée, les spectateurs arrivant tranquillement, régulièrement. On note cependant la présence de force de l’ordre en nombre – il y a pas moins de 7 cars de CRS bien visibles et déjà un certain nombres d’hommes en faction aux abords du Zénith. Est-ce l’inquiétude liée aux demandes de certains politiques (LFI, PS et PCF) d’annuler le concert pour cause de « risque de trouble à l’ordre public », demande liée aux positions du chanteur de Disturbed, David Draiman? La préfecture a rejeté la demande trois jours avant et, que ce soit avant le concert ou après, il s’y a eu aucune difficulté ni manifestation. Tant mieux, car nous sommes ici pour la musique et rien d’autre.

Il est 19h lorsque le Zénith est plongé dans le noir. La salle, jusqu’alors quelque peu clairsemée se remplit soudainement. Dave Mustaine ayant annoncé la future retraite de Megadeth, les fans n’ont guère envie de rater la moindre messe des seigneurs du genre.

Les quatre déboulent sur scène en pleine forme. Cependant, rapidement, dès Hangar 18, Mustaine se penche vers les ampli et s’adresse à un technicien. Oups, un couac en vue? Va-t-on avoir droit au Dave des mauvais jours? Heureusement, non, les choses revenant dans l’ordre assez rapidement.

Le groupe dégaine alors pépite sur pépite et chacun se montre très en forme occupant chaque centimètre carré, Dave utilisant chaque micro tandis que ses complices intervertissent à loisir leurs places. Bien que se levant pour haranguer la foule à deux ou trois reprises, seul Dick Verbeuren reste assez peu visible à cause de plaques de plexi protégeant sa batterie. Défilent ainsi Wake up dead, Angry again, Sweating bullets, Trust… Quand bien même la scénographie est-elle minimaliste, les lumières sont superbes, intenses et variées.

On en est déjà à la moitié du concert, et Megadeth n’a pas fini d’achever le public qui, vu le nombre de T-shirts au nom du groupe, est venu en très grand nombre. Tornado of souls préfigure d’un final en beauté. Mais, bien que très attendu – comme toujours – A tout le monde me surprend ce soir: une intro qui sonne trop grassement et une mélodie proposés par Teemu Mäntyssaari qui dénote par rapport à d’habitude. Pas la meilleure interprétation qu’il m’ait été donnée d’entendre…

Dommage, mais, fort heureusement, la suite, le bouquet final, est exemplaire bien que sans surprise: Symphony of destruction, Peace sells sur lequel on a droit à la visite de Vic Rattlehead, et Holy wars… the punishment due viennent conclure en beauté cette prestation si intense qu’on se demande pour quelle raison Dave souhaite prendre sa retraite. On en vu d’autres me direz-vous.. Le rouquin conclue avec son habituel: « You’ve been great, we’ve been Megadeth! » pendant que chacun lance médiators et baguettes au public.

Un grand voile cache la scène. Après Back in time (Huey Lewis and the News), clin d’oeil évident à cette invitation de Disturbed à accompagner le groupe dans un bond dans le temps d’un quart de siècle en arrière, et lorsque les lumières s’éteignent, les musiciens apparaissent en ombres chinoises sur fond de Spread the sickness. Puis, lentement, le rideau se lève, David, tel le Dr Lecter, masqué et en camisole, est attaché sur un diable géant, un garde l’accompagnant au milieu de la scène et le libérant de ses liens. Une tenue noire floquée au dos des lettres bien connues des centres pénitentiaires américains: D.O.C. – pour Depatment Of Correction.

Une fois son masque retiré, les yeux révulsés, les hostilités commencent avec Voices. Très vite, on sent que la soirée sera chaude: malgré un décor sobre et assez dépouillé, flammes et pyro vont ajouter au visuel des lights modernes et très travaillées.

Dan Donegan (guitares) et John Moyer (basse) occupent chaque recoin de la scène, s’emparant de l’avancée pour sauter et mieux séduire le public. La complicité des deux est telle qu’on croirait voir des jumeaux! Mike Wengren, quant à lui, reste scotché derrière ses futs mais on devine un sourire de plaisir lui barrant le visage.

Ne revenons pas sur un titre par titre, l’album étant célébré, chacun des 12 titres qui le composait alors est interprété ce soir, et dans l’ordre. Le concert est émaillé de ces petits moments dont on se souvient, comme lorsque, après Fear, le chanteur demande à ce que la salle soit éclairée et descend dans la fosse pour demander à ce qu’une spectatrice et sa fille soit protégées par les gars autour d’elles. « On est là pour s’amuser, c’est votre rôle de faire attention à elles! » Rien d’exceptionnel, David ayant pris l’habitude de ce type d’intervention, mais on l’a entendu discourir plus longuement. Quand bien même, les personnes concernées se souviendront longtemps de ce contact, si bref fut-il.

Le chanteur, jusque là assez peu bavard, annonce qu’il est « bon de ramener la maladie à Paris » avant d’entamer un Shout (Tears For Fears) remanié de manière très heavy. Puis, après Droping plates, le groupe disparait le temps d’un long interlude au son de fuite d’eau qui s’écoule d’une canalisation percée. Puis les lumières éclairent un David tout d’orange vêtu, enchainé et accompagné d’un homme scandant « dead man walking« . Au centre de la plateforme, une chaise électrique à laquelle est attaché le chanteur. Deux déflagrations, deux chocs qui lui explosent le cerveau. Le chanteur se relève, la tête et sa tenue ensanglantés et rejoint ses camarades, eux aussi revêtant la même tenue du condamné à mort, pour interpréter Meaning of life (avec un clin d’oeil à Crazy train, d’Ozzy). Le chanteur revient s’assoir et éclate d’un énorme rire gras, inquiétant. Puis un rideau tombe annonçant que « Disturbed will be back in 20 minutes ». Un entracte qui voit le public se ruer aux stands de merch, bars et toilettes.

La seconde partie du concert se concentre quant à elle sur les « greatest hits » du groupe. Ce sont ainsi pas moins de huit titres qui sont proposés pour compléter ce concert, titres que le public connait parfaitement. Il est à fond sur I will not break, les poings levés sur Ten thousand fists et Bad man qui voit la mascotte de Disturbed se gonfler derrière la batterie. Seul la reprise de Land of confusion (Genesis) me semble quelque peu… confuse. Indestructible est prétexte à un joli pogo avant un retour au calme le temps d’installer un piano, que chacun s’empare d’une guitare acoustique, mise en place annonciatrice de l’incontournable The sounds of silence (Simon and Garfunkel) sobre et puissant, morceau acclamé comme il se doit par le public.

Le concert se termine avec un rappel de deux titres, The light et Inside the fire. Deux morceaux qui viennent superbement clore une soirée magnifique d’un groupe malheureusement trop rare en France (si mes infos sont correctes, moins de dix concerts en 25 ans, le précédent remontant à… 2019!) En tout cas, The sickness a ce soir été célébré comme il se doit.

Merci à Mael et Live Nation d’avoir rendu ce report possible.

KRASHKARMA live à Orléans (Dropkick bar, le 11 septembre 2025)

Nous avions découvert les Américains de KrashKarma lors de la 12ème édition du festival – malheureusement, disparu après l’édition suivante – Rock In Rebrech’ de 2023. La claque que j’avais reçue ce jour-là ! Depuis, le duo tourne partout et se forge un fidèle following en tournant sans relâche. Alors, pensez vous que je pouvais rater ce premier passage à Orléans? Seulement, voilà: Saxon est annoncé au Zénith de Paris… mais le report des concerts français met un terme à ce dilemme – et je réitère tout mon soutien à son chanteur Biff Byford dans son combat contre le cancer. On se retrouvera en mai 2026!

Dark Matter@Dropkick Bar Orléans 11sept 25

Le Dropkick est ce soir, un jeudi, plus que correctement fréquenté. Ce sont un peu moins de 200 personnes qui vont investir la salle de concert, soit un presque sold-out pour les Américains. Nous nous retrouvons dans les coursives pour une interview détendue (à découvrir sous peu) alors que Dark Matters, première partie locale, débute son concert. Je retrouve le quatuor metal en cours de show pour découvrir un metal varié. Il y a une forme de rage mélangée à de la mélodie et une forme de metalcore.

Dark Matter@Dropkick Bar Orléans 11sept 25

Il manque cependant quelque chose pour simplement m’accrocher. rien ne m’interpelle vraiment, j’ai l’impression que l’ensemble manque de maturité. Les gars y mettent du cœur mais, c’est peut-être une question générationnelle, ce n’est pas mon truc… En tout cas, pas ce soir.

KrashKarma@Dropkick Bar Orléans 11sept 25

KrashKarma interpelle avant même de monter sur scène. ceux qui ont vu le duo live le savent, Ralf et Niki vont chercher le public là où il se trouve. Ce soir, nombre de clients se trouvent à l’extérieur, alors, une fois sa caisse claire harnachée pour elle et son porte voix en main pour lui, les deux s’en vont tambour battant racoler sur le trottoir au son de Wake them up. A la manière de Kochka, le joueur de flûte des frères Grimm, KrashKarma va chercher son public pour l’entrainer avec lui vers la scène. Et s’il est question ici de noyade, c’est non pas sous des flots d’eau fluviale mais sous ceux de décibels et de bonne humeur.

KrashKarma@Dropkick Bar Orléans 11sept 25

Avant même de monter sur scène, l’opération séduction continue, Niki trainant au milieu d’une foule déjà dense, continuant de frapper sa caisse claire pendant que, tout sourire, Ralf s’installe derrière son micro. Une fois la batteuse/chanteuse installée derrière son kit, il ne faut que quelques instants pour que le public devienne le troisième membre et que, malgré l’espace réduit des lieux, certains ne commencent à se faire porter par la foule.

KrashKarma@Dropkick Bar Orléans 11sept 25

En dégainant dès le début du set deux de ses brulots, I survived the after life et Falling to pieces – je vous invite à aller découvrir les clips à l’intro pour le moins originales – KrashKarma donne le ton: avec son metal énergique, le partage du chant entre ses deux membres – pas question ici d’un duo « la belle et la bête », il s’agit bien de chant complémentaire – la puissance entrainante des mélodies, le groupe se met le public dans la poche.

KrashKarma@Dropkick Bar Orléans 11sept 25

L’énergie développée par le duo est telle que la scène se révèle bientôt elle aussi trop étroite. Grace à une plateforme judicieusement installée au cœur de la batterie, Ralf trouve un point d’appui lui permettant soit de se surélever, dominant ainsi sa complice et le public, soit de sauter sans relâche ou presque.

KrashKarma@Dropkick Bar Orléans 11sept 25

Ralf se prête à son exercice favori: présenter son instrument qu’il a lui-même conçu, mi guitare mi basse. Il fait la démonstration de son fonctionnement, passant d’une fonctionnalité à une autre en un clin d’oeil. Malgré la chaleur étouffante, la foule est conquise, plus encore lorsque, une nouvelle fois, Niki délaisse sa batterie pour venir, tendrement, raconter une histoire. S’emparant d’un tambourin, elle descend dans la fosse après avoir demandé à tout le monde de s’assoir et navigue entre les spectateurs qui la suivent du regard tout en écoutant la douceur de la voix, attendant, aussi, le moment de se relever pour libérer, encore, cette énergie contenue.

KrashKarma@Dropkick Bar Orléans 11sept 25

Après un discours prônant l’ouverture vers les autres, l’acceptation de la différence, rejetant la noirceur du monde actuel, Ralf rappelle que nous sommes tous là avec la même religion, celel du rock’n’roll, et que notre seul prophète est Lemmy. Et c’est parti pour une reprise de Ace of spades naturellement reprise en choeur par le public qui pogote et fait un circle pit à la demande du chanteur. Ralf a d’ailleurs la surprise de casser une corde de sa guitare, « la première depuis le début de cette tournée! » précise-t-il avant de s’emparer de son instrument de secours, le temps de conclure ce concert sur l’incontournable Girl with a hammer qui voit Niki s’emparer de son énorme masse, sauter de sa batterie pour défoncer des cymbales avant de reprendre position sur son tabouret.

KrashKarma@Dropkick Bar Orléans 11sept 25

Contrairement à ce qui était initialement prévu, soit un set d’une heure et quart, après avoir fait participer l’audience à un cours d’allemand (9lives (1,2, die))les deux se faufilent derrière leur backdrop et reviennent pour un rappel qui se termine avec une reprise explosive de The trooper de vous savez qui et viennent ensuite saluer le public, l’invitant à les retrouver à l’étage.

KrashKarma@Dropkick Bar Orléans 11sept 25

Pendant que Niki s’occupe du stand de merch , j’assiste à un spectacle inhabituel: Ralf a enlevé son t-shirt et l’essore au dessus d’un gobelet, récupérant ainsi quelques centilitres de sueur. « Voila ce que j’ai transpiré pour vous ce soir! » clame-t-il, un sourire aux lèvres, en levant son gobelet, faisant mine d’en boire le contenu… beurk, mais non,, il ne va pas jusque-là!

KrashKarma@Dropkick Bar Orléans 11sept 25

Le public ne s’y trompe pas: prenant d’assaut le stand de merch, il sait que KrashKarma fait partie de ces formations plus que prometteuses, celles à suivre de très près et qu’on aura plaisir à retrouver sur de plus grandes scènes. KrashKarma le sait aussi, le nombre de dates prévues dans l’Hexagone attestant aussi d’une belle histoire qui grandi entre le duo de la cité des anges et notre pays. Superbe soirée!

KrashKarma@Dropkick Bar Orléans 11sept 25