HELLFEST 19: Tales from the pit – report des 18 et 19 juin 2026

La France est sous un dôme de chaleur, pourtant, ce n’est encore pas grand chose… N’empêche, en arrivant sur le site de cette 19ème édition, après 3 bons kilomètres de marche depuis le parking de Gétigné (pourquoi ne pas proposer, de ce côté également, une navette entre le site et les parkings ?), l’accès au site est fluide. On le sait, le public est accueilli par une gigantesque statue d’Ozzy avant de pénétrer en terres (mal)sainte. Mais avant (était-ce déjà le cas en 2025? Je n’en sais rien car Metal-Eyes était absent), le parcours d’accès a été entièrement repensé facilitant la circulation piétonne et les festivaliers sont baptisés dès leur arrivée grâce à deux gigantesques brumisateurs extérieurs situés de part et d’autre d’un petit pont. Exit les barricades métalliques rouillées qui bouchaient naguère la vue.

Le site a ouvert à 14h et, déjà, la queue s’étire au niveau du Sanctuary, l’énorme bâtiment où le merch du Hellfest part par containers entiers. On parle ici d’une attente de quelques heures, en plain cagnard, interminable. Même les PMR/PSH, malgré un accès dédié, se trouvent logés à la même enseigne. C’est incontestablement un point à revoir – améliorer l’accès et diminuer grandement les temps d’attente au merch – d’autant plus avec les annonces déjà faites pour 2027… Et ça permettrait aussi de pouvoir voir plus de concerts, raison principale de la venue des festivaliers.

La fourmilière Hellfest vue d’en haut

Autre constat, très positif, celui-ci: les crash des mainstages ont été prolongées donnant un accès facilité aux photographes (clairement moins nombreux, on parle de 300, soit 25% de moins que les années précédentes) – et leur offrant un espace ombragé dès le milieu d’après midi. Et vu les temps d’attente et les kilomètres parcourus, c’est très agréable.

Jeudi 18 juin

C’est une journée écourtée qui s’annonce. Même un festival écourté en ce qui me concerne puisque, pour des raisons personnelles, je n’ai pu assister qu’aux deux premières journée de ce 19ème Hellfest. Après coup, je me dis que deux jours supplémentaires de canicule auraient été difficilement supportable. Pas de regrets de mon côté, donc, la santé prime.

Avant d’aller sur le site, un premier tour à l’espace presse me permet de constater que l’équipe a une nouvelle fois évolué et que, enfin, les lieux sont un peu climatisés, ce qui rendra les rencontres quelque peu plus agréables. Parmi celle-ci, je retrouve, sans surprise, l’ami Busi (Marc Busqué) accompagné de Julian Baz, respectivement guitariste et chanteur de Crisix qui viendront de nouveau enflammer le Hellfest samedi à 16h. Nous échangeons quelques mots, le temps d’apprendre que les Espagnols travaillent sur un nouvel Ep, format qui leur est sans doute plus adaptés qu’un album complet. Nous nous recroiserons à plusieurs reprises tout au long de ces deux journées.

J’ai toujours bien aimé la folie des Suédois de TruckFighters, alors commençons par la scène la plus éloignée du site. Direction Valley pour une entrée en matière explosive. Bien que quelque peu coincé derrière son micro, le bassiste chanteur Ozo ne se fait pas prier pour aller taquiner le public dès qu’il le peu. Mais c’est, comme souvent, son compère Dango qui saute et court en arpentant la scène et ses abords qui attire les regards. Avec leur heavy stoner et grungy, le trio ouvre le bal avec énergie.

TruckFighters @Hellfest 19, Clisson
Mikkey Dee & friends @Hellfest 19, Clisson

Direction ensuite la Mainstage 2 pour une première déception… Mikkey Dee and Friends (le bassiste chanteur Viktor Skatt armé de sa Rickenbaker et le guitariste William Dickborn) sont venu rendre hommage à la légende Motörhead avec un set de reprises toutes périodes confondues. Bien interprétés, ces versions n’ont cependant et heureusement rien de comparable aux titres originaux mais ont le mérite de faire un bien fou. Mais voilà, cette scène est si haute qu’il est impossible pour les premiers rangs – plus encore pour les photographes – de distinguer le kit de batterie et de pouvoir immortaliser comme il se devrait l’actuel batteur de Scorpions… Autant dire que la suite des concerts sur cette même scène sera compliquée sauf avec certains artistes.

Mikkey Dee & friends @Hellfest 19, Clisson

The Pretty Reckless qui a débuté son set sur la Main 2 a déjà ouvert à deux reprises pour AC/DC. Cependant, je ne me suis jamais penché sur la musique de ce groupe menée par Taylor Momsen que les amateurs de séries TV et cinéphiles connaissent pour ses rôles dans Gossip girl, The Grinch, We were soldiers… La chanteuse s’est investie dans la musique, combattant ainsi ses démons, et sa voix suave, puissante et chaleureuse colle parfaitement au heavy blues gorgé de soul de la formation. une très belle découverte.

The Pretty Reckless @Hellfest 19, Clisson

Un petit tour sous Temple pour jeter un oeil et une oreille aux black metalleux anglais de Wynterfilleth dont les musiciens se montre concentrés. Ce style n’est toujours pas mon type de metal mais en live, ça décrasse les tympans comme il faut.

Winterfylleth @Hellfest 19, Clisson

Le temps d’une première mini pause fraicheur à l’espace presse (enfin climatisé) où je croise Mikkey Dee et échange quelques mots avec lui et c’est reparti pour la Main2 avec un détour sous Altar. Les Américains de Rivers Of Nihil y déversent leur Death metal aux intonations parfois progressive. Un death metal qui se distingue, entre autres, par les interventions régulières d’un instrument peu usité dans le genre: le saxophone de Patrick Corona qui apporte une touche étonnante au genre.

Rivers Of Nihil @Hellfest 19, Clisson

C’est le genre de groupe dont on se dit à chaque fois que c’est peut-être la dernière… Deep Purple investi tranquillement la mainstage 2 et, une nouvelle fois, on distingue difficilement les musiciens sauf en s’éloignant. Si Ian Gillan, dont les soucis de santé annoncés justifient un peu plus la possible retraite de DP, et Roger Glover s’approchent un peu des bords de scène, il faut être attentif pour capturer Simon McBride, désormais totalement intégré à la formation, qui ne se rapproche que le temps de ses interventions solo. Mais Ian Paice reste invisible et l’on ne distingue qu’un bout de visage de Don Airey… Le set est carré, et si les classiques sont naturellement présents (principalement issus de Machine head et In rock), on a plaisir à écouter des titres plus récents (Arrogant boy, A bit on the side, Diablo). Mais le public attend naturellement les Lazy, Space Truckin’ ou Smoke on the water (plus que les solos de guitare et de clavier qui, pour moi, en festival, sont une forme de remplissage mais qui permettent au chanteur de souffler un peu.) Une jolie prestation d’un groupe phare.

Deep Purple @Hellfest 19, Clisson

Après une virée dans la grande roue – ce que je n’ai pas fait depuis mon premier HF en 2014 – et qui me permet de revoir le site de (très) haut, et shooter Lemmy sous un autre angle, direction Sanctuary où la file d’attente semble s’être raccourcie mais surtout une file qui avance tranquillement sous une chaleur un peu moins forte. Mais cette attente me fait rater la prestation d’Alice Cooper dont on distingue quelques extraits appétissants diffusés sur les écrans géants. Après la séance shoping, retour à l’espace presse pour un rafraichissement avant d’aller assister à l’hommage à Ozzy prévu à 23h30. Celui-ci débute avec la diffusion d’images du madman à différentes époques de sa carrière avant de se conclure par le premier feu d’artifice du week end. Cinq minutes de lumières explosives sur fond de Bark at the moon avec un bouquet final comme le Hellfest sait nous en réserver. Et, après coup, on savoure encore plus le moment, le feu d’artifice final ayant été annulé par la préfecture dès le lendemain, samedi, à cause des températures qui ne cessent d’augmenter.

La journée se termine avec les Allemands de Kadavar dont les set esfumé se joue à contre jour. Un effet de style regrettable qui n’empêche pas le quatuor de se dépenser au mieux et de poser comme toujours en diffusant son heavy rock old school à un auditoire dont les yeux commencent à faiblir. La chaleur est encore bien présente et le public commence à quitter les lieux pour mieux se préparer à un lendemain qui s’annonce aussi chaud.

Kadavar @Hellfest 19, Clisson
Lemmy by night

Vendredi 19 juin

Cette seconde journée est clairement la plus heavy metal de cette édition. On commence avec a Mainstage 1, seulement vue du public hier, et clairement, celle-ci est plus visuellement accessible que sa voisine. Pour débuter, les Français de Blackrain mettent clairement le feu dès leur arrivée sur scène. Swan est très en voix, et Jérémie Guiguet, le « petit dernier » arrivé en 2023, semble trouver ses marques assez facilement. Dernier rescapé de la formation d’origine avec le chanteur, Matt, le bassiste, se démène comme un beau diable derrière ces murs de flammes qui transforment déjà la fosse en antichambre de l’enfer. Une petite demi-heure qu’on aurait voulu voir allonger. Avec tant d’énergie, on peut se demander quand – si – Blackrain passera enfin au stade supérieur.

Blackrain @Hellfest 19, Clisson

Très en vogue depuis quelques temps, Wings Of Steel s’offre son premier Hellfest face à un public assez dense. Eux aussi ne bénéficie que de trente petites minutes et n’en perdent pas une seule. Leur heavy metal très orienté 80’s passe très bien sur scène et si l’on peut sourire aux poses typiques de l’époque de Leo Unnermark (chant) et, surtout, du guitariste Parker Halub – des poses que ne renieraient pas Steel Panther – on est vite happés par la puissance des titres du jour. Clairement, WOS renforce sa réputation et, certainement, sera une des valeurs sures de demain.

Wings Of Steel @Hellfest 19, Clisson

Un petit tour sous la Main 2 pour tenter d’apercevoir les guerriers suédois de Brothers Of Metal. Le metal épique/power metal du combo a ses fans qui se tassent devant la scène ou défilent les trois chanteurs de la formation. La musique festive et entrainante fait son effet et l’on danse avec plaisir malgré les températures qui commencent à bien monter. Une prestation efficace et plus que sympathique.

Brothers Of Metal @Hellfest 19, Clisson

Décidément très actifs depuis leur retour, les Français de Sortilège sont invités en terre clissonnaise pour la seconde fois. Cette fois-ci, cependant, le groupe a du nouveau matériel à proposer puis que Zouille et sa bande ont enregistré deux albums depuis leur première venue en 2022. C’est aujourd’hui, pour ceux qui n’ont pas vu le groupe en ouverture de Saxon il y a un peu plus d’un mois (Toulouse, Nantes et Paris) de découvrir Michael Zurita, remplaçant du plus que sympathique Bruno Ramos. Le gaillard est expérimenté (Big Ben, les divers projets de Renaud Hantson) et est aujourd’hui clairement intégré. La complicité avec les autres musiciens (Zouille au chant, Olivier Spitzer à la guitare, Sébastien Bonnet en grande forme à la basse et Clément Rouxel déchainé à la batterie) semble aujourd’hui évidente, Sortilège délivrant un set puissant et carré.

Sortilège @Hellfest 19, Clisson

Direction l’espace média pour une pause fraicheur avec une halte sous Temple où je découvre avec curiosité les Italiens de Ponte Del Diavolo. La formation transalpine est menée par Erba Del Diavolo qui arpente la scène tranquillement, toisant le public comme une maitresse d’école au regard transperçant et inquiétant (ou une maitresse SM satisfaite de ses pratiques, au choix). Les accents black, s’ils dominent, sont contrebalancés par des fulgurances doom et hardcore, mais la particularité principale est la présence de deux bassistes créant ainsi un mur sonore ultra puissant.

Ponte de Diavolo @Hellfest 19, Clisson

S’il reste un de mes groupes de chevet, Queensrÿche n’a plus grand chose en commun avec le gigantesque line up des années de gloire. Après une tournée célébrant le mythique premier album l’an dernier, la formation toujours menée par Michael Wilton (guitare) et Eddie Jackson (basse) propose un set principalement axé autour des premières années du groupe – plus encore autour de Operation: Mindcrime dont sont issus 4 titres, comme pour court-circuiter l’ex-chanteur, Geoff Tate, qui vient de publier un troisième volet à la saga. Si Todd La Torre est toujours vocalement irréprochable, on le sent un peu en mode automatique. Mike Stone, quant à lui, semble malade – pâle, édenté, il n’a pas l’air en forme même s’il donne le change. Le plaisir de pouvoir réentendre ces morceaux intemporels est contre balancé par une prestation moyennement convaincante. Dommage…

Queensrÿche @Hellfest 19, Clisson

On se rattrape avec une autre découverte, les Norvégiens de Einherjer qui dispensent leur black viking metal sous Temple. C’est enragé, puissant, le public présent est connaisseur, mais ce n’est clairement pas mon style.

Einherjer @Hellfest 19, Clisson

Mini pause avant d’aller chez la voisine Altar pour la première venue de Sinasaenum au Hellfest. La formation death groovy internationale propose ici un set digne de sa musique, agrémenté de quelques passage plus léger avec les interventions du toujours sympathique Fred Leclercq (ex-Dragon Force, actuel Kreator) qui se démène sur sa six cordes et rappelle que cette première venue est son plus beau cadeau d’anniversaire. L’aura-t-il, cette année, célébré avec une raclette? En tout cas, si dégoulinade il y a, c’est de transpiration tant le public est à fond!

Sinsaenum @Hellfest 19, Clisson
Bloodywood @Hellfest 19, Clisson

Bien qu’évoluant sur la main 2, impossible de ne pas aller voir Bloodywood que j’avais découvert en 2023 en ces mêmes lieux. Pendant 45′, les Indiens vont délivrer la plus puissante et féroce prestation de ce début de week end. Leur metal folklorique teinté de sonorités indiennes et de rap agressif fait immédiatement mouche, le public slammant à ne plus savoir où la sécurité doit donner de la tête. Les musiciens viennent tous, à l’exception du batteur, s’aligner en front de scène et harangue le public qui est déjà à fond. Un set imparable d’une remarquable puissance.

Bloodywood @Hellfest 19, Clisson

Si Accept n’a plus d’Accept que Wolf Hoffmann, son guitariste fondateur, et, éventuellement, l’excellent chanteur Mark Tornillo, la formation célèbre, comme d’autres – punaise, on ne rajeuni pas… – ses 50 ans d’existence en proposant une setlist varié. Débutant avec la déclaration Metal heart qui, comme toujours voit le public chanter en choeur le passage extrait de la Lettre à Élise, les Germano-américains enfoncent leur déclaration d’intention avec Teutonic terror; Si le groupe est difficilement reconnaissable, on apprécie cependant les deux duos – Todd La Torr intervient sur Run if you can et, plus tard, Fredrik Åkesson (Opeth) viendra enrager plus encore les cordes de Fast as a shark. J’aurai, là encore, eu l’occasion de voir Accept en meilleure forme – sans doute le fait de ne pas vraiment reconnaitre le groupe d’origine ni même celui de la reformation – mais on se délecte de ces classique du heavy metal teuton.

Accept @Hellfest 19, Clisson

Quand bien même ils célèbrent leur 40 ans d’existence, je rate – je ne sais plus pour quelle raison – le set de Sepultura qui semble délivrer un set puissant. Le thrash tribal et furieux du groupe continue de faire mouche, les messages engagés, la puissance de feu et les featuring (Alicia White-Gulz de retour est accompagné de musiciens variés sur Kaiowas) font mouche tout au long de ce set.

Mais on attend les autres Allemands du jour qui, eux aussi, célèbre quatre décénnies au service du metal enjoué. Avec cinq extraits, Helloween axe son set autour du second volet de Keeper of the seven keys et, exception faite de deux morceaux issu de son dernier album, autour de l’épopée Keeper (si l’on y intègre Time of the oath. On sent le groupe désormais unis, avec une vraie complicité – de façade? on reste très pro chez les Allemands – entre les deux vocalistes principaux, Michael Kiske et Andi Deris qui joutent sur chaque morceau en se répartissant les rôles. Un concert de Helloween est toujours une fête et celui -ci ne déroge pas à la règle.

Helloween @Hellfest 19, Clisson

Je passe sur Opeth avec qui je n’ai jamais vraiment accroché pour une pause restauration avant de tenter de me rapprocher pour voir une nouvelle fois Iron Maiden. Las, la foule est si dense qu’on se demande s’il y a du monde devant les autres scènes… C’est qu’un groupe qui célèbre depuis un peu plus d’un an son cinquantième anniversaire et qui est en meilleure forme que jamais a tout pour attirer les plus grandes foules. J’aurai voulu pouvoir les photographier au Hellfest mais ça ne se fera pas… Tant pis, profitons comme on peut du spectacle qui ressemble en tout point à celui proposé l’an dernier, exception faite de Infinite dreams qui prend la place de The clairvoyant jouée en 2025. Pour le reste, pas de surprise et, même si le groupe est en pleine forme, j’ai l’impression que Steve Haris, Bruce Dickinson – qui continue de sauter et de courir partout – et consorts sont quelque peu en mode « répétition pour le grand soir », la vierge de fer ayant annoncé que son concert de Paris, trois jours plus tard, sera enregistré et filmé. Il n’empêche, Iron Maiden délivre un show toujours aussi haut en couleurs, même si je ne le distingue plus que je ne le vois. Je me rattraperai lundi, avec la surprise que l’on connait désormais.

Le photographes se ruent à contre courant vers les crash pour le set de Sabaton. l’agent de sécurité, visiblement pas informé des consignes, nous annoncent que seuls les photographes figurant sur la liste de Maiden sont acceptés… Connaissant Sabaton et la liberté accordée aux médias, nous sommes quelques uns à être surpris, mais tout rentre rapidement dans l’ordre. Sauf que… Comme à son habitude, c’est un déluge de feu et d’explosions que le groupe de Joackim Broden nous offre. Ca flambe tant et si bien qu’il est quasiment impossible de voir les musiciens s’approcher suffisamment pour en tirer le portrait. La batterie est installée sur un tank qui semble plus gigantesque encore que celui de Nancy deux semaines plus tôt et, clairement, il vaut mieux assister à cette fête de loin. Car c’est dans le public qu’on en profite vraiment le mieux. La setlist composée de titres joyeux et entrainant est d’une remarquable efficacité, et on retrouve les gimmicks de la tournée actuelle: Napoleon qui vient faire son speech, incitant la foule à chanter la Marseillaise, introduisant I, emporor, le masque à gaz sur The attack of the dead men… Sabaton donne une nouvelle fois une prestation solide et s’impose, concert après concert comme une vraie machine de guerre. On remarquera le clin d’oeil qui donne sans doute la pêche aux Suédois: déjà en 2014, lors de sa seconde venue au Hellfest, Sabaton jouait après Iron Maiden. Une boucle est bouclée?

Sabaton @Hellfest 19, Clisson

Ce sera là mon dernier concert de ce Hellfest, et, comme dit plus haut, sans regrets à l’écoute des info météo de la fin du week end. La France est sous une chappe de chaleur et j’imagine l’enfer que devait être Clisson. J’aurai en tout cas profité de ces deux jours autant que possible, déplorant seulement cette interminable attente pour accéder à Sanctuary. On nous annonce maintenant une vingtième édition complètement hors norme, avec 10 scènes et 300 groupes. On verra ce que ça donne, pour l’heure, sirotons tranquillement ces moments passés lors de cette nouvelle très belle édition du Hellfest.

Lemmy vu de la grande roue

Heavy week end : report du dimanche 7 juin 2026

A l’annonce de cette troisième journée, j’ai eu comme une hésitation… De cette affiche, je ne suis familier qu’avec nos compatriotes de Shaârghot, n’ai que brièvement entendu parler de Ice Nine Kills mais n’ai jamais écouté un seul morceau des deux autres formations… C’est aussi là la magie d’un festival qui permet de découvrir, et d’apprécier ou non, des formations inconnues. Cette troisième journée va finalement se révéler riche de découvertes.

Avant même l’arrivée des indus frenchies de Shaârghot sur scène, l’ambiance est à la fête. Dans le public, quelqu’un tend un sac qui fait réagir les premiers rangs qui se mettent à hurler de très joyeux « Pikachu! Pikachu! » avant que n’apparaissent d’abord une bouée licorne entrainant des « la licorne! la licorne » et un dragon noir avec une série de « Krokmou! Krokmou! » tandis que, dans le pit, une sorte de grinch vient frotter sa main enduite de noir les visages des premiers rangs. L’ambiance est, comme la journée, chaude avant même le premier riff!

Shaârghot @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Je n’ai encore jamais eu l’opportunité d’assister à un concert de Shaârghot. Et je ne serai pas déçu du voyage. Car, si je connais le concept – l’humanité a été infectée par un virus transformant les gens en noir – le groupe s’impose rapidement comme une machine de guerre au show exceptionnel.

Shaârghot @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Le Shaârghot – Etienne dans le civil – et sa bande nous invitent dans un monde post apocalyptique peuplés de créatures aussi horrifiques qu’étranges qui s’en prennent à tout ce qui bouge. Qu’on connaisse et/ou qu’on apprécie ou non la musique de la formation, on a ici à faire à une prestation de stature internationale.

Shaârghot @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Tout est pensé ici pour le spectacle et Shaârghot nous propose un show que ne renieraient pas les entertainers américains. Un Rammstein français qui mérite qu’une bonne fée (infectée ou non) se penche sur le destin de la formation qui s’impose rapidement comme celle donnant – jusque là – le meilleur show du week end.

Shaârghot @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Nous ne rentrerons pas ici dans le détail des titres, mais la mise en scène, avec critique du grand capital, mise en garde des dérives sanitaires de l’humanité, de la violence rampante de la société, l’ensemble des détails visuels (les dents vertes des musiciens, la langue noire d’Etienne, les billets de banque qui affole le public qui veut en récupérer…) tout ici est pensé pour le plaisir des yeux. Clairement, Shaârghot présente un show de stature internationale et on peut se demander ce qui l’empêche d’exploser chez nous et hors de nos frontières… Exceptionnel!

Shaârghot @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Aucun photographe n’est autorisé à shooter le spectacle des Américains de Ice Nine Kills. Dommage, le spectacle du groupe étant centré sur les tueurs en série dont ils racontent l’histoire. Pas un titre n’est interprété sans qu’il y ait au minimum un mort, un cadavre dépecé, tiré d’histoires vraies ou de personnages fictifs – on a droit au Joker de Batman et à Norman Bates parmi d’autres. C’est mis en scène titre par titre mais, au final, on en retient pas grand chose.

On en profite pour continuer la chasse au gobelet du jour, GDP ayant eu la bonne idée d’en faire pour chaque journée mais on ne les trouve que difficilement, les bars du site ne proposant que ceux d’éditions passées… Un conseil pour les futures éditions: aller voir les bars qui dominent le site!

Three Days Grace @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Présenté comme un groupe « post grunge », Three Days Grace se révèle plus rock alternatif que simplement grunge. Le public est bien présent et accompagne les Canadiens tout au long des 75′ du set, et donne beaucoup plus de travail à la sécu que l’on ne pouvait le prévoir. L’ambiance chaude du début de journée ne s’est pas rafraichie du tout!

Three Days Grace @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

L’imposant guitariste Barry Stock distribue des médiators comme des bonbons à un public qui ne demande que ça tandis que le duo de chanteurs arpente la scène, toisant et narguant la foule qui slamme à n’en plus finir.

Three Days Grace @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Proposant une majorité de titres issus de son album One-X de 2006 (contre seulement 3 de Alienation, son dernier en date paru en 2025), la formation se met tranquillement le public dans la poche. Adam Gontier prend quelques instants pour résumer l’histoire du groupe, rappelant qu’il l’a quitté quelque temps. Le public le siffle à ce moment, ce qu’il accepte avant de repartir sur de bon rails pour terminer ce concert haut en couleurs et apprécié de la foule.

Three Days Grace @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

La soirée arrive à son terme avec la venue des Allemands de Electric Callboy qui, en un rien de temps, transforme la fosse du Nancy Open Air en gigantesque dance floor! Vétus de tenues dignes de boys-band, agissant de même avec le public et se mouvant comme tels, les Boys sont carrés et proposent un show très haut en couleurs.

Electric Callboy @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Dès le premier titre, les confettis rougissent le ciel, avant que les fumigènes et les flammes ne prennent la suite. Le groupe, également doté de deux chanteurs, change de tenues si souvent qu’on ne peut qu’admirer la vitesse à laquelle ils reviennent et alternent entre musique dance et brutalité metalcore.

Electric Callboy @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Si on peut s’étonner d’une telle clôture pour un festival metal – j’entends certains commentaires dépités du public qui repart avant la fin jurant qu’on ne l’y reprendra plus, que ça, pour un festival dit metal, ça n’a rien à faire là… (bon, vous n’aviez qu’à vous renseigner avant, non?) – on ne peut également qu’applaudir la prise de risque et la fête généralisée. Car ce sont des milliers de corps qui se trémoussent, les bras en l’air, dans une transe généralisée rarement vue.

Electric Callboy @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Pour sa troisième édition, si l’on déplore la trop faible affluence, le Heavy Week End a une nouvelle fois marqué les esprits avec des spectacles de haute volée et de très grande qualité. GDP l’a déjà annoncé: il y aura une quatrième édition de ce festival qui veut s’installer dans la durée, et ce sera du 4 au 6 juin 2027. Espérons simplement que le producteur ne tarde pas à annoncer l’affiche et ne mette pas les places en vente à la manière d’un autre festival sans qu’aucun groupe ne soit annoncé. Ca évitera nombre de critiques saillantes sur les réseaux. Il faudra aussi penser à mettre à disposition de plus nombreux points d’eau pour le public, c’est impératif. En tout cas, rendez-vous est pris dans un an!

Electric Callboy @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Remerciements à GDP et Replica promotion pour avoir rendu ce report possible.

HEAVY WEEK END: Report du samedi 6 juin

Le temps est toujours frais lorsque débute cette seconde journée avec une affiche placée sous le signe de la brutalité, à une exception près qui ouvre la journée, la plus remplie du festival avec 14.000 entrées, principalement venues assister à la seule date française de la fierté nationale, Gojira. Mais commençons par le début.

Ce sont les filles de Nova Twins, Amy Love (chant et guitare) et Georgia South (basse) (plus leur batteur) qui montent sur scène pour réchauffer le public. Si l’on peut s’étonner de la présence des Anglaises sur cette affiche, leur musique étant plus groovy et funky que ce qui suit, les « jumelles » mettent rapidement le feu avec leur sens de la fête et leurs tenues toujours aussi décalées comme seuls les British savent en porter.

Nova Twins @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Si les amateurs profitent pleinement des quarante minutes du show, certains découvrent la puissance de ce heavy funk entrainant et joyeux. Le public est séduit, et l’on s’amuse lorsqu’on entend Amy dire, après avoir repéré un carton qui l’annonce « oh, happy birthday » à une jeune femme présente les trois jours avec le même carton crayonné…

Nova Twins @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Si Amy Love lache de temps à autre sa guitare, c’est pour mieux arpenter la scène au simple son d’une rythmique énergique menée par la basse vrombissante et déterminée de Georgia dont l’imposante chevelure rouge est du plus bel effet en mouvement. Aujourd’hui encore, malgré un temps de jeu limité, Nova Twins aura marqué des points.

Nova Twins @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

On passe ensuite au premier gros morceau de la journée avec Cavalera. Les frères Max (chant et guitare) et Igor (batterie) ne pouvant plus utiliser le nom du groupe qu’ils ont pourtant fondé ont choisi de rendre hommage au légendaire album Chaos A.D de Sepultura en l’interprétant dans sa quasi intégralité – seuls Manifest et The hunt, reprise de New Model Army, manquent à l’appel, mais les frangins nous offrent un déterminé Symptom of the universe de Black Sabbath, comme un hommage à Ozzy.

Cavalera Chaos AD @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Mais on sent que quelque chose ne va pas… Max fait des signes à son équipe et interpelle un ingé son car, semble-t-il, il n’entends pas ses retours. Il demande même au public « comment ont dit j’entends rien (ou un truc du genre) en français? » tout en regardant le technicien, lui désignant son enceinte…

Cavalera Chaos AD @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Le show continue cependant, l’explosif bassiste sautant en tout sens et le second guitariste s’arrachant la nuque lors de séances de headbanging déterminées. Le public amateur sait qu’il ne pourra sans doute jamais revoir le Sepultura originel se reformer alors il profite de chaque instants de ce concert plus qu’intense.

Cavalera Chaos AD @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Avec Trivium, on sait aussi à quoi s’attendre: du thrash metal parfois teinté de metalcore sur fond de flammes et de…langue tirée plus qu’à son tour. Avant même le début du concert, les photographes sont, pour leur propre sécurité, encadrés par l’équipe du groupe le temps que la pyro passe. A peine arrivé sur scène, Matt Heafy incite le public a entamer un circle pit et dès Pull harder on the strings of your martyr, premier des quatre extraits de Ascendency (2004). Et ça flambe dans tous les sens presque sans relâche, formant un véritable mur de feu.

Trivium @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Passant en revue leur déjà riche discographie, Matt Heafy et sa bande semblent toutefois parfois en mode automatique et le spectacle se déplace très rapidement dans le public qui slamme à n’en plus pouvoir. Ca n’arrête pas au point que, avant même la fin du troisième titre, la sécu raccompagne les photographes pour avoir plus d’espace.

Trivium @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Au gré des morceaux, Trivium se retrouve et propose enfin une prestation intense. On aurait certes apprécié une ou deux nouveautés, mais, malgré l’annonce pour fin 2026/début 2027 d’un nouvel album, il n’en sera rien… Dommage, on se contente donc des classiques des Américains qui terminent avec In waves qui fini d’achever le public.

Trivium @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

On le sait, Gojira a réservé ce soir son unique date française pour 2026. Une exclu qui, bien que le Zénith soit très correctement rempli, aurait pu, aurait dû attirer plus que « seulement » 14.000 spectateurs. Mais ne boudons pas notre plaisir et profitons de show très visuel que nous proposent les Landais. (Note de MP: profitons en d’autant plus que, ce soir, seuls 20 photographes sont autorisés à immortaliser le concert (qui, comme l’an dernier avec Slipknot, a vu ces dernier se multiplier pour cette seule journée…) Dommage, Metal-Eyes ne fait pas partie des élus, mais c’est aussi le jeu)

La scénographie, ce soir, est ce qui m’impressionne le plus. Certes, les musiciens sont en place, mais c’est l’originalité de cette scène en fer à cheval et de la mise en lumières qui transforme ce concert en un pur bonheur visuel. Au delà des seuls éclairages, l’écran de fond de scène permet d’illustrer les propos – toujours engagés en écologie – des divers titres proposés.

A l’issue de l’incontournable Flying whales, Joe Duplantier explique avoir assisté, avec le reste du groupe, sur les cotés de la scène au show des frangins Cavalera, et n’arrive pas à croire que, ce soir, alors que Sepultura l’a accompagné, ainsi que son frère, dans leur adolescence avec Sepultura, Max et Igor aient joué avant Gojira. Il leur dédie même un « nouveau » titre, Love (qui remonte en réalité à terra incognita, leur tout premier album en 2001).

On s’amuse ensuite du – superbe – solo de batterie pendant lequel Mario s’amuse avec le public. Au milieu de son set, alors qu’il harangue la foule, il se lève, un panneau à la main sur lequel est écrit « J’entends rien », ce qui, naturellement, galvanise la foule avant qu’un autre panneau ne lui soit présenté avec un simple « bravo ». On peut être au top niveau et conserver un peu de second, voire troisième, degré.

La pyro, les flammes et la fumée continuent de faire leur ouvrage tout au long des derniers morceaux et, après une courte pause, Gojira revient pour le désormais « classique » Mea culpa (ah, ça ira!) qui a donné à Gojira une exposition planétaire lors de la cérémonie d’ouverture des JO de 2024, mais c’est sans la présence de la cantatrice Marina Viotti. The gift of guilt vient conclure, ce soir à 23h30 pétante, ce show d’une remarquable intensité. Rendez-vous demain pour une troisième journée placée sous un autre thème!

HEAVY WEEK END: une troisième édition enflammée! – report du vendredi 5 juin 2026

Nous voici reparti une nouvelle fois vers Nancy et son Zénith Open Air qui accueille pour sa troisième édition le Heavy Week-End. Douze nouveaux groupes sur trois jours pour une affiche variée et riche. Ce rendez-vous annuel semble désormais confirmé sur le premier week-end du mois de juin – commençons d’ailleurs par la fin, une nouvelle édition est annoncée dimanche soir du 4 au 6 juin 2027.

Les chiffres annoncés sont une nouvelle fois en demi teinte. Difficile de comprendre, avec son statut actuel, et alors que le festival ne débute qu’à 17h30, que seuls 8.000 spectateurs soient présents le vendredi pour soutenir la machine de guerre qu’est Sabaton. Sans Surprise, c’est Gojira qui attire le plus de monde, le samedi, avec 14.000 spectateurs, les Allemands de Electric Callboy auront une petite foule de 12.000 personnes. Il semble que le public d’outre Rhin se soit quelque peu et tardivement mobilisé. Mais on ne peut que déplorer cette affluence en demi-teinte et se demander combien de temps encore GDP pourra tenir, malgré des affiches plus qu’alléchantes. Et, avec seulement une scène et 12 groupes, non seulement le public peut véritablement profiter de chaque concert mais, aussi, surtout, il y a moins de risque de retrouver tous les 3 ou 4 ans les mêmes groupes à l’affiche. Nous verrons ce qu’il en est, alors, en attendant, profitons de ces trois jours bien frais avec trois affiches bien différentes.

Deux remarques cependant: pourquoi, alors que la jauge reste limitée, ne pas proposer un stand de signing session pour l’année prochaine? Mais surtout, c’est le point noir de cette édition, il n’y a aucun point d’eau potable disponible sur le site. Ou alors très peu et difficiles à trouver. « Heureusement » qu’il n’a pas fait trop chaud, mais c’est une nécessité de penser à installer des points d’eau accessibles à tous les prochaines années. Ceci étant dit, passons maintenant aux festivités, voulez-vous?

Vendredi 5 juin

Il ne faut que 4h30 pour arriver d’Orléans à Nancy. Une fois installé à l’hôtel, ce ne sont que 10′ à pieds pour rallier le site du Nancy Open Air. Impossible pour certains de rater cette première journée, placée sous le signe du Power metal et du heavy progressif avec des noms de légende. Sur place, on circule en effet très facilement, mais il est encore tôt. La scène est, quant à elle, déjà très encombrée. Très haut, trône une batterie cachée par un voile noir et, sur scène, on distingue ce qui ressemblent aux murs et grille d’un cimetière. Devant des panneaux colorés avec la mention « The dead don’t die » et des pieds de micro en forme de croix de pierre tombale sur lesquelles est inscrite la mention RIP.

Dominium @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

C’est le décor de scène de Dominium qui ouvre les festivités sous un radieux soleil et va nous entrainer chez les morts vivants. Les Allemands arrivent l’un après l’autre sur scène, masque de visages écorchés vifs pour les musiciens (Victor Hilltop à la batterie, Patient Zero à la basse et Tommy Kemp à la guitare), tenue à la Dracula borgne pour le chanteur, Dr. Dead qui, très rapidement remarque une congénère et la sourit en la voyant.

Dominium @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Le power metal de la formation se mêle à des accents popisant qui rendent l’ensemble très dansant et sautillant. Disposant d’une quarantaine de minutes, le quatuor, parfaitement en place, va chercher le public et l’invite régulièrement à sauter. Il en profite également pour rappeler que, début juillet, The night is calling, le nouvel album de Dominium, sera en bacs et s’autorise même une reprise du Thriller de Michael Jackson, titre qui colle à merveille à ces zombies!

Dominium @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Quand bien même on ne puisse que faire un parallèle avec leurs compatriotes de Powerwolf (l’imagerie, le metal festif et dansant, le décorum…), Dominium s’en démarque par l’univers zombiesque qu’il investit et a « inventé » dixit non sans humour Dr. Dead avant d’ajouter qu’ils étaient là bien avant.

Dominium @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

En neuf titres, Dominium a su séduire le public présent en délivrant simplement un set enjoué et plein d’entrain. Une très agréable mise en jambes pour débuter le week end.

Dominium @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

On peut s’étonner de voir Tobias Sammet’s Avantasia ne jouer qu’une petite heure lorsqu’on connait la popularité du groupe et la durée habituelle de ses shows, près de trois fois plus long… Mais Avantasia n’est pas tête d’affiche et nous prendrons donc ce qu’il y a au menu. Ce menu, les fans le savent, c’est l’énergie folle du chanteur allemand et les nombreux duos qu’il propose avec son projet.

Avantasia @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Particulièrement en forme, Tobias arpente les allées du cimetière qui sert de décor – splendide, reconnaissons-le – tout au long de Creepshow, seul extrait de Here be dragons, dernier album en date de la « formation » avant d’être rejoint pour un premier duel vocal par Kenny Leckremo, actuel chanteur de H.E.A.T sur Reach out for the light. Dés l’arrivée du rouquin, le public laisse exploser sa joie et sait qu’il va vivre, comme souvent avec Avantasia, un grand moment.

Avantasia @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

C’est ensuite au tour de Tommy Karevic d’échanger avec Sammet. Le chanteur de Kamelot a le bonheur de partager l’incontournable Avantasia dans une version parfaite dont on ne regrette pas une seule seconde.

Avantasia @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

La venue de Bob Catley (Magnum) me surprend un peu plus même si le vétéran de 78 démontre tout au long de The story ain’t over (un message caché?) qu’il a encore du coffre et qu’il est encore très en forme.

Avantasia @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Let the storm descend on you est partagé avec deux autres grandes voix, Herbie Langhans (Sinbreed) et, surtout, le gigantesque Ronnie Atkins, déjà présent en terres nancéennes avec Pretty Maids lors de la toute première édition du HWE. C’est ensuite à la choriste Chiara Tricarico de partager Farewell, le bien nommé dernier titre en duo avant que Sammet termine seul ce concert avec la triplette Lucifer, Lost in space et le mix Sign of the cross/The seven angels. Un set malheureusement trop court mais heureusement intense et efficace. On imagine la logistique nécessaire à l’organisation d’un tel spectacle lorsque tous les intervenants du jour viennent s’aligner sur scène pour saluer le public!

Avantasia @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Elle est quand même étrange la carrière de Savatage, et la présence des américains au Heavy Week End est quelque peu événementielle. Et ça, les présents le savent, c’est une des forces de ce festival qui, année après année nous réserve des surprises et des exclusivités (le retour en France de Pretty Maids en 2024, la seule date Française de Slipknot en 2025 ou de Gojira cette année…). Si Savatage est encore trop méconnu en nos contrées, il est entrée dans la légende outre-Atlantique depuis belle lurette.

Savatage @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Avec une heure quinze de show, les Américains ont assez de temps pour explorer une bonne partie de leur discographie. Ils débutent d’ailleurs avec un très heavy diptique composé de Dead winter dead et Jesus saves avec de superbes animations de fond de scène. Zak Stevens se montre en belle forme vocale forme et se voit totalement soutenu par ses compagnons de scène.

Savatage @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Aux guitares, Chris Caffery est rentre dedans tandis qu’Al Pitrelli se montre aussi énergique que concentré. Il faut dire qu’avec The wake of Magellan Savatage entre dans un propos quelque peu plus progressif que purement heavy metal. C’est ce qui fait sa force autant que cela peut dérouter l’amateur moins avisé.

Savatage @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Les animations de fond de scène – qui toutes ou presque intègrent le logo du groupe – illustrent très joliment la majeure partie des titres – ce bateau de The wake en pleine tempête sur fond rouge sang, superbe! – mais peut parfois détourner l’attention du spectateur. Il n’empêche que l’on en prend plein les yeux et les oreilles même si Savatage n’est pas toujours d’une approche musicale facile.

Savatage @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith
Sabaton @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

La nuit arrive avec Sabaton. Si ce sont seulement 8.000 personnes qui se massent devant la scène, ces fans savent qu’avec les Suédois le spectacle est toujours garanti. La batterie domine le public, installée en haut d’un gigantesque char d’assaut lorsque – c’est parti! – une multitude d’explosions précède l’arrivée du groupe sur scène.

Sabaton @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Dès lors, on le sait, c’est du gros spectacle qui s’annonce. Sabaton nous propose du Sabaton, que dire d’autre. Le spectacle est intense, chaleureux et, toujours la contradiction de ces gars qui racontent la guerre sous toutes ses formes de violence, d’horreur et d’héroïsme, joyeux. On sent la bande de Joackim et Pär simplement heureuse d’être sur scène.

Sabaton @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Le public en prend plein les yeux et les oreilles. C’est un défilé de tubes que nous proposent les Suédois. débutant avec l’ancien Ghost division, le groupe fera la part belle à son dernier album dont il propose quatre extraits étonnamment placés au milieu du concert (la majorité des groupes démarrent avec un nouveau titre).

Sabaton @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Si on oublie l’avion de The red baron figurant ce soir en animation de fond de scène, les artifices sont nombreux et toujours bienvenus, comme ce passage répété de la figure de Napoleon qui parvient sans peine à faire chanter la Marseillaise au public, qui a déjà repéré un autre Napo dans le public, précisant que c’est son fils, échangeant avec Joackim avant de lancer, oh, surprise, I, emporor.

Sabaton @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Le chanteur revient avec un masque à gaz et projete du gaz sur scène pour illustrer The attack of the dead men avant de proposer Hordes of Khan et Templars, très attendu. Et ce soir, pas de rappel, mais une très légère présentation des musiciens. Le chanteur faisant mine d’avoir oublié le nom de ses compagnons les présente comme « the new guy », « the old new guy », « the first guy » ou tout simplement « the drum guy ». Léger et fun, à l’image de ce groupe exceptionnel qui conclue son énorme set avec quatre classiques : Primo Victoria, Sweedish pagans (« le meilleur morceau que j’ai écrit », selon le vocaliste), The first soldier éclairé d’un joli rideau bleu-blanc-rouge.

Sabaton @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

C’est To hell and back qui achève le public, aux anges après avoir vécu un moment exceptionnel comme seul Sabaton sait en proposer. On ne se lasse pas du spectacle qui, comme toujours parait trop court; Sauf que, ce soir, le groupe a débordé de quelques 15 minutes sur l’horaire initial et c’est tant mieux! Malgré le froid – il fait à peine plus de 10° à 23h – le Heavy Week End nous a offert une superbe première journée. Vivement demain!

Sabaton @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

SAXON live au Zénith de Paris

On l’aura attendu, ce concert! Initialement prévu en 2025, la série de 3 concerts que Saxon avait prévus dans des Zenith avait en effet dû être repoussée en raison des problèmes de santé que Biff, son charismatique chanteur, a rencontré. Désormais soigné, les dates sont refixées et, en plus de Saxon, les Nordistes d’Overdrivers sont ajoutés à l’affiche.

Direction donc le Zenith de Paris où Saxon a déjà joué 3 fois en tête d’affiche – 1984, 1985 et 1986 – et s’y est produit en avril 2024 en special guests de Judas Priest pour un set trop court. Mais ce soir, c’est un show complet que nous réservent les Anglais qui promettent également de jouer l’intégralité du mythique Wheels of steel (1980).

C’est un Zénith en configuration réduite dans lequel nous sommes reçus ce soir. Quelques 3.000 spectateurs se massent devant la scène déjà prête à accueillir les deux premières parties, et, de fait, se trouve particulièrement étroite pour les Valenciennois d’Overdrivers qui ont pour mission d’ouvrir les hostilités. J’avais pu découvrir le groupe avec son premier album paru en 2017, Rockin’ hell mais n’ai jamais encore eu l’occasion de les voir sur scène.

OVERDRIVERS@Paris, Le Zenith

Ce soir, la batterie de Florian Morgano est coincée côté cour, et c’est un couloir dans lequel les autres musiciens vont devoir circuler. On comprend très vite, dès l’arrivée du chanteur guitariste Adrien Desquirez, du guitariste Anthony Clay et du petit dernier, le bassiste Lion Das Neves, que le set va être plus qu’énergique et qu’il va falloir suivre les gaillards qui ne tiennent pas en place.

OVERDRIVERS@Paris, Le Zenith

Musicalement, on n’a pas à aller chercher très loin. Overdrivers, c’est l’équivalent français d’Airbourne, et visuellement aussi d’ailleurs… La langue pendue d’Anthony atteste de son besoin de reprendre son souffle, certes, mais le reste? C’est sans doute ce rapprochement trop évident avec le groupe des frangins O’Keeffe qui est le point faible d’Overdrivers. Car, malgré une prestation impeccable, un gabarit plus dense, il n’est pas possible de ne pas comparer.

OVERDRIVERS@Paris, Le Zenith

Pendant un peu moins d’une demi heure, le quatuor délivre un set de cinq petits titres et parvient à se mettre le public, convaincu, dans la poche. Un groupe certainement à revoir pour un set complet et une belle mise en bouche.

OVERDRIVERS@Paris, Le Zenith

On ne présente plus Sortilège. Quoique… Le décès de Bruno Ramos a forcé une évolution du line-up avec l’arrivée de Michael Zurita, qui avait déjà plus que fait ses preuves au sein de formations comme Big Ben ou Satan Jokers, où il a déjà échangé avec Olivier Spitzer. C’est, là encore, une première pour moi puisque je n’ai pas encore eu l’occasion de voir cette version de Sortilège sur scène.

SORTILEGE @Paris, Le Zenith

Un large backdrop domine la batterie de Clément Rouxel et l’on aperçoit de chaque côté de la scène les musiciens qui s’impatientent et trépignent tandis que le public scande le nom de Sortilège. Dès les premières mesures de D’ailleurs, on sent la formation prête à donner le meilleur d’elle-même. En commençant son set avec deux classiques (D’ailleurs et Progéniture), Sortilège donne le ton.

SORTILEGE @Paris, Le Zenith

Bien que concentré, on sent Michael Zurita désormais totalement intégré au groupe et la complicité entre les musiciens est toujours aussi palpable. Zouille est particulièrement en voix et fait preuve d’une puissance remarquable.

SORTILEGE @Paris, Le Zenith

Si Le poids de l’âme, le dernier album, n’est représenté ce soir que par deux extraits, le morceau titre et Médusa se révèlent très efficaces, lourds et presque oppressant. Contrairement au très chantant Chasse le dragon au refrain toujours repris en chœur par le public – même si, à titre personnel, je me passerai bien désormais de cette chanson…

SORTILEGE @Paris, Le Zenith

Sortilège conclue son set comme il l’a commencé, avec deux classiques issus de son premier effort éponyme de 1983. L’impérial Amazone précède la communion totale qu’est Sortilège qui fini de chauffer le public. Depuis sa reformation, Sortilège se montre plus qu’en forme et a tout pour conquérir un nouveau public, il en a encore fait la démonstration ce soir!

SORTILEGE @Paris, Le Zenith

Un rideau vient cacher la scène le temps que les roadies finissent de préparer la venue de Saxon. lorsque celui-ci tombe enfin, à 21h pétantes, tout le groupe est devant la batterie, dominé par l’aigle légendaire qui brille de mille feux. Une entrée qui me rappelle celle de Judas Priest ici même il y a deux ans et pour qui Saxon ouvrait. Et, comme c’est désormais le cas depuis la sortie de son dernier album, c’est Hell fire and damnation qui ouvre le bal.

SAXON @Paris, le Zénith

Un bal qui, ce soir, est divisé en trois parties qui se donnent sur le parvis d’un château de pierres entouré de deux statues qui évoquent soit le lion de Metalhead (1999) ou la gargouille de Unleash the beast (1997), au choix.

SAXON @Paris, le Zénith

Saxon commence avec une série de classiques, série uniquement interrompue. Nous avons ainsi droit à Power and the glory, And the bands played on et Dallas 1pm avant une « interruption » imposée par le plus récent Madame Guillotine (en lieu et place d’un Solid ball of rock proposé à Nantes). La série continue avec Heavy metal thunder – sur lequel Nibbs Carter commence (enfin?) à se déchainer et se démonter la nuque – et The eagle has landed, lourd et actuel.

Puis vient le gros morceau. Biff s’adresse au public de manière quelque peu… « télégraphe ». Après avoir annoncé que ce soir est la dernière date française avant de rentre en Angleterre – rappelant qu’il y a peu il rentrait chez lui, en Normandie – il prononce une date, suivie de trois mots: 1980. Wheels of steel. Le public se déchaine. « 1980. No iphones. No facebook. No Tik-tok. No CD ». Bon, là je me dis « commence à faire des phrases, Biff! » avant qu’il n’évoque le souvenir du vinyle que tu poses sur la platine, nettoies avant de poser la pointe du diamant et d’entendre le vrombissement de motos qui déboulent.

SAXON @Paris, le Zénith

C’est parti pour l’interprétation promise et attendue de l’intégralité, et dans l’ordre original, des 9 titres de l’album Wheels of steel qui a fait entrer Saxon, en 1980, dans le cercle très fermé des groupes de légende. Si la moitié de l’album fait depuis longtemps partie des setlists des Anglais, on ne boude pas une seconde de plaisir à écouter l’intégralité de la face B et ses variations de tempos.

SAXON @Paris, le Zénith

AU gré des chansons, Biff s’empare de vestes à patches qui sont envoyées sur scène. Un concours a d’ailleurs été annoncé et le vainqueur ira partager du temps avec le groupe après le show. Mais pour l’instant, il les scrute, les dépose sur les marche de l’estrade de la batterie et démontre que, malgré quelques petites limites et adaptations, sa voix est toujours d’une puissance remarquable.

SAXON @Paris, le Zénith

Si le groupe est ce soir – comme toujours – impeccable, carré est à l’unisson, le sixième membre fait de régulières et plus qu’appréciées apparitions. L’aigle étend ses ailes, descend des cintres, se balance de gauche et de droite en éclairant la foule, passant du rouge au blanc en se parant parfois de bleu. Couleurs de la France et du Royaume-Uni. Puis avec Machine gun, la messe est quasi dite, les cinq s’absentant le temps d’une courte pause.

SAXON @Paris, le Zénith

Denim and leather annonce le début de la fin. La chanson hommage au public est toujours aussi efficace en concert. Elle est suivie de trois autres éternels classiques, Strong arm of the law, titre sur lequel, comme un symbole et/ou un clin d’œil, les musiciens revêtent les vestes à patches du public, Crusader et Princess of the night qui achèvent le public présent. Et l’on se dit que les absents ont eut tort. Ce soir, une nouvelle fois, Saxon a démontré qui sont les patrons, les maitres de cet esprit de la NWOBHM toujours vivace. Saxon ne m’a jamais déçu sur scène et ce n’est pas ce soir que ça va commencer. Superbe et puissant, et, une.

Merci à GDP et Olivier Garnier d’avoir rendu ce report possible.

DGM et Amon Sethis live au CrickFest V (avec Prima et Epitude – Espace Loire, Cléry Saint André, le 11 avril 2026)

Pour sa cinquième édition, le CrickFest innove une nouvelle fois. En effet, après avoir l’an dernier élargi l’affiche en ajoutant un groupe, cette année, l’association Crick For Zik invite pour la première fois un groupe étranger. C’est donc aux Italiens de DGM d’assurer la tête d’affiche de ce petit festival qui se tient à l’Espace Loire de la petite ville de Cléry Saint André, à quelques kilomètres d’Orléans. Outre les Italiens, nous retrouvons ce soir les Grenoblois d’Amon Sethis ainsi que les débutants locaux d’Epitude et les vétérans PrismA, à l’origine du festival. Avec 3 groupes estampillés dans le genre, la soirée s’annonce très progressive.

Crickfest5, Clery St Andre

Cette année, s’il y moins d’exposants – les groupes ont naturellement sorti leur merchandising – Metal-Eyes, partenaire du festival (et du Zik And Dry organisé par la même asso le 19 septembre prochain avec, notamment Crucified Barbara et H.E.A.T., nous en reparlerons) a organisé une mini expo photos dont un hommage à Bruno Ramos (« De Manigance à Sortilège, hommage à Bruno Ramos) qui avait enflammé la salle archi bondée ici même il y a deux ans avec Sortilège. Une initiative appréciée tant des spectateurs que de l’orga et des anciens compagnons de route de Bruno.

C’est avec quelques minutes de retard que Chris Acker, président de l’asso, monte sur scène pour inaugurer la soirée et remercier le public présent, rappelant qu’il y a eut quelques inquiétudes mais que, finalement, les préventes ont accéléré ces derniers jours. On circule très facilement dans cet Espace Loire qui accueillera au pic de la soirée environ 200 spectateurs tous âges confondus – d’ailleurs, les vacances viennent de commencer, ce qui peut en partie expliquer l’affluence moyenne.

Epitude @Crickfest5, Cléry St André

Chris est rapidement suivi des jeunes musiciens locaux, Epitude, également bénévoles de l’association, qui rencontrent quelques soucis techniques. Quelques minutes suffisent pour régler le gros des couacs et lorsque le quatuor se lance, il est clair que ses musiciens (Pierre-Louis P. à la guitare et au chant, Antonin P. à la guitare, Marin D. à la basse et Axel T. à la batterie) sont très concentrés. Et on les comprends, car au-delà d’un naturel stress de jouer devant un vrai public, leur musique se révèle complexe tout en restant accessible.

Epitude @Crickfest5, Cléry St André

Au gré des morceaux, les quatre, bien qu’encore assez peu mobiles sur scène, se détendent et s’attirent bientôt l’approbation du public. Tout de noir habillés, ils enchainent mélodies envoutantes et rage contenue. La musique, à la fois puissante et aérienne, séduit la petite mais attentive foule présente en ce début de soirée. Epitude est une jeune formation prometteuse qu’il va sans doute falloir surveiller de près;

Epitude @Crickfest5, Cléry St André

C’est ensuite au tour des vétérans du coin, organisateurs de ce mini festival et habitués des lieux d’investir les planches. Avec une heure de jeu, PrismA a la bonne idée de proposer une setlist remaniée et d’offrir de nouveaux titres. Après une intro très martiale, la formation attaque avec un Crazy night enflammé suivi d’une doublette « découverte » composée de Masters of game et The power of wings, deux nouveautés plus que prometteuses (il y en aura ce soir quatre en tout avec Stay strong et Breaking the mirror, tous prometteurs d’un futur album enjoué et rentre dedans).

Prisma @Crickfest5, Cléry St André

Outre les titres inédits, nous rencontrons enfin le nouveau claviériste du groupe, concentré et tout à son ouvrage bien que visiblement assez détendu. Comme l’ensemble du groupe d’ailleurs dont un Philippe Sanfilipo souriant et qui dès le début du set va chercher le public pour ne jamais relâcher sa prise.

Prisma @Crickfest5, Cléry St André

No more tears, moment calme du set, est également annonciateur de l’approche de la fin du show. Trois morceaux enlevés se succèdent – le très chantant Freedom or war, Guilty of love et Tell me why avant que le groupe ne « s’absente » pour rapidement revenir pour un rappel. Rock now fait sauter le public et le voit lever les poings en cadence. Prisma a ce soir encore offert un set carré et simplement efficace.

Prisma @Crickfest5, Cléry St André

Malgré une longue carrière, Amon Sethis reste encore trop confidentiel. Une fois le changement de plateau terminé, j’incite Ben, le batteur de Prisma à ne pas rater l’entrée des Grenoblois tant je garde un bon souvenir de leur passage à Châteauroux en 2022. Après une intro orientale, une ombre apparait en fond de scène jouant avec deux bâtons enflammés. Un masque hideux avance et met le feu au pupitre avant que la fureur de Lamentations ne se déclenche. Sous les acclamations du public déjà subjugué, public qui a compris qu’il va vivre quelque chose de spécial, Julien arrache ce maudit masque à la fin du titre.

Amon Sethis @Crickfest5, Cléry St André

Le set est ce soir principalement axé sur les deux derniers opus du groupe puisque 12 des titres interprétés en sont extraits – Part III: dawn of an apocalyptic world (avec 7 titres dont l’intro) et Part 0: the queen with the golden hair (avec 5 morceaux) – et tous se révèlent d’une belle efficacité sur scène, à la fois fins et brutaux.

Amon Sethis @Crickfest5, Cléry St André

Planqué sous la capuche de son sweat, Andréa Ricci a, dans ses attaques de sa six cordes, quelques attitudes qui me rappellent Yann Heurtaux (Mass Hysteria). Sa complice, la bassiste Laëtitia Bertrand, frappe du pied tandis que Sébastien Perrad s’occupe de maltraiter ses fûts.

Amon Sethis @Crickfest5, Cléry St André

Proposant un metal direct, Amon Sethis entraine le public dans son univers au cœur de la VIIème dynastie de l’Égypte antique. Lights et fumigènes font également bel effet, metant en lumières diverses ambiances au gré des titres. Julien, revêt son masque – ou un autre – à diverses reprises, Mask of wrath, en fin de show, étant prétexte à une lutte entre deux de ces entités quelque peu maléfiques.

Amon Sethis @Crickfest5, Cléry St André

Quand bien même il reste la tête d’affiche, Amon Sethis a, ce soir, marqué de nombreux esprits et, sans surprise, le public se rue vers le merch pour, au-delà de se fournir en musique et t-shirts, échanger avec tous les membres du groupe, serrer des pognes dans la bonne humeur et le plaisir de la découverte.

Amon Sethis @Crickfest5, Cléry St André

Si DGM existe depuis 1994, les Italiens ne jouent que trop rarement en France – une petite douzaine de dates seulement recensées par le site Setlist.fm. Comme nous l’expliquait le guitariste Simone Mularoni plus tôt, c’est grâce à Julien Tournoud, chanteur d’Amon Sethis qui a désormais sa boite de production, que les Italiens se retrouvent ici ce soir, et ils en semblent ravis. Même s’ils tournent partout dans le monde et dans toutes les conditions d’accueil (de son propre aveu, s’il y a un endroit dans le monde où le groupe ne jouera plus c’est dans un certains club souterrain parisien), ils sont séduit par la salle et se promettent de retrouner le public.

DGM @Crickfest5, Cléry St André

Le set prévu doit durer à peine plus d’une heure, ce qui pourrait permettre de rattraper le retard. Et ce soir, je vais en profiter car je suis loin de vraiment connaître DGM autrement que par son nom et son dernier album, et c’est la première fois que je les vois sur scène. Dès l’arrivée des cinq, le message est clair: du heavy prog qui rentre dedans et ne compte laisser personne indifférent.

DGM @Crickfest5, Cléry St André

On sent chacun des musiciens très à l’aise, même leur batteur, Michele Sanna (quelle frappe!), qui n’est pourtant là qu’en remplacement mais qui maitrise parfaitement le répertoire. Les autres – Andrea Arcangeli à la basse, Emanuel Casali aux claviers et à la flûte traversière (une influence Jethro Tull???) – sont à la fois concentrés et mobiles. Mais tous les regards se portent aussi sur Mark Basile, le chanteur imposant tant par son physique déterminé que par son regard perçant ou, surtout, cette voix puissante et mélodique qui entraine l’auditeur dans son sillage.

DGM @Crickfest5, Cléry St André

DGM propose une setlist assez équilibrée entre ses cinq derniers albums – occultant toute la période avant 2010 – et offre au public une judicieuse sélection de titres généralement courts. et c’est tant mieux car quoi de plus difficile que de rester concentré 15′ parfois sur des parties techniques qui ne s’adressent au final qu’à un public de musiciens plus que d’amateurs de musique? Là, jamais le groupe ne perd son auditoire -hormis quelques parents qui, même si les vacances viennent de commencer, rentrent coucher leur progéniture.

DGM @Crickfest5, Cléry St André

Ghost of insanity voit Mark annoncer la venue d’un invité spécial pour l’accompagner au micro: il s’agit de Julien, d’Amon Sethis, qui remonte sur les planche le temps d’un duo enflammé et inquéiétant. Mark, les bras croisés et le regard sévère attend que Julien ui cède la parole pour ensuite partager un moment de plaisir et de complicité. un beau moment acclamé par le public.

DGM @Crickfest5, Cléry St André

Le concert se termine ensuite avec Reason, le groupe, visiblement très satisfait, venant saluer le public avant de – c’est bien l’avantage de ces concerts de province – foncer vers le stand de merch pour, eux aussi, signer des autographes, prendre quelques photos, échanger avec les (nouveaux) fans prêts à acheter un ou deux albums ou t-shirts.

DGM @Crickfest5, Cléry St André

Si cette cinquième édition du Crick Fest n’a pas affiché complet (sans doute la faute au début des congés scolaires et/ou à la méconnaissance du public des deux têtes d’affiche), ce sont quand même quelque 200 spectateurs qui se sont, ce soir encore, éclatés dans cette salle de 350 places. L’association annonce être à l’équilibre et prévoit d’ores et déjà une sixième édition dont la tête d’affiche sera…,

DGM @Crickfest5, Cléry St André

… dévoilée plus tard car même Metal Eyes n’en sait rien aujourd’hui. Alors, avant un CrickFest 6, rendez-vous (rendons-nous) sur le site du superbe parc culturel du Val d’Ardoux, à Dry, à côté d’Orléans, pour la première édition du festival Zik N Dry qui accueillera rien moins que H.E.A.T. et Crucified Barbara le 19 septembre prochain – il reste moins de 300 tickets « early birds » à tarifs préférentiels disponibles sur le site de l’orga

DeWolff et Blues Pills live à Paris (le 3 avril 2026 au Bataclan)

Ce soir, Verycords nous convie à une soirée 100% vintage dans le cadre de la tournée Double Bill Tour. Une petite tournée européenne d’une douzaine de dates avec des temps de jeu équitablement répartis entre les Hollandais de DeWolff et les Suédois de Blues Pills. Malheureusement, j’arrive un peu tard pour pouvoir me trouver devant la scène et, de la console, les éclairages sont brumeux… Dommage pour les photos mais, comme le disait Joe Perry: Let the music do the talking!

Ce soir, au Bataclan, c’est le trio qui ouvre le bal. En dégainant d’entrée de jeu Nightrain et In love (respectivement extraits de Love, death & in between – 2023 – et Muscle shoals – 2024), DeWolff pose les bases du ton de la soirée en nous invitant à monter dans sa machine à remonter le temps visuel et sonore.

Dewolff en live, ceux qui les ont déjà vus le savent bien, c’est une belle explosion d’énergie, une recherche de communion avec le public qui, ce soir, se montre réceptif, en tout cas sur la première grosse moitié du concert. Il faut dire que Pablo Van Der Poel (chant et guitare) fait tout pour aller le chercher, ce public, et son frangin, Luka, n’est pas en reste derrière sa batterie. De son côté, Robin Piso s’éclate derrière son orgue en balançant des sons d’un autre âge.

Et puis voici venu le temps de l’éclate et de l’improvisation. Un temps qui rappelle naturellement les 70’s enfumées mais qui rapidement devient long, trop long peut-être, et l’on voit une partie du public détourner son attention et se diriger vers le bar. Un moment de flottement d’un bon quart d’heure qui fini par perdre le public, un temps sans doute trop long quand on ne dispose que d’une heure quinze de jeu.

Même si on apprécie la plongée de Pablo dans le public pour un long bain de foule en fin de set, on aura quand même vu le groupe plus inspiré, notamment lors de son passage à la Maroquinerie de Paris en 2023. Ce soir n’est pas un soir « sans » mais un soir où il manque en fin de show un ingrédient. Un concert certes énergique mais au final, en demi-teinte.

Un gigantesque A multicolore en fond de scène derrière la batterie évoque les couleurs de la télé des années 70. Ben oui, on est toujours dans cet esprit vintage. Lorsque Blues Pills arrive sur scène, je suis étonné de voir une nouvelle version du groupe. Elin Larsson (chant) semble être la seule rescapée, ou, plutôt, membre permanente du groupe aujourd’hui composé de trois femmes et un homme. Aucune idée de qui est qui, exception faite de la chanteuse à la voix d’or.

Et c’est bien elle qui, comme d’habitude, fait le show, arpentant, dès son arrivée, la scène de long en large, allant chercher le public en serrant nombre de mains tendues et en s’offrant, dès High class woman, le premier morceau du show, une première plongée dans le public à qui elle indique, la main tendue comme si elle fendait la foule, son intention. Ce n’est qu’une première échappée populaire parmi d’autres.

Etonnamment, ce n’est pas son dernier album, Birthday, qui est le plus représenté ce soir. Sans doute le fait qu’il date de 2024 explique-t-il la présence de 3 titres (Top of the sky, Birthday et Don’t you love it) là où le premier album éponyme (2014) et Holy Moly (2020) sont représentés chacun par 4 extraits. N’empêche, Blues Pills propose des titres courts et fait sauter et danser le public de bout en bout.

Bien que l’on sente ce soir le groupe très uni et complice, Erin attire à elle seule, par son énergie et son enthousiasme communicatif, l’ensemble des regards. Invitant le public à participer, communiquant plus que facilement et régulièrement avec lui, elle ne laisse aucun temps mort ni aucune place pour un quelconque ennui.

Le rappel – Little sun suivi de Devil man – vient mettre un terme à cette soirée riche en énergie et en partage. Le rock vintage a encore de beaux jours devant lui, et, ce soir, nous en avons encore une fois eu deux exemples revigorants.

Merci à Sabrina Cohen Aiello et toute l’équipe de Veryshow pour avoir rendu ce report possible.

GRANDMA’S ASHES et SUN live à Paris (L’Élysée Montmartre, le 28 mars 2026)

Que de chemin parcouru depuis notre première rencontre il y a trois ans après leur passage au Hellfest! Après une signature chez Verycords et un nouvel album dans la foulée, elles sont retenues pour animer au travers de deux titres la cérémonie des Foudres au Bataclan en 2025 et bien que n’ayant que deux albums à leur actif, les filles de Grandma’s Ashes s’offrent maintenant une vaste tournée en France et ailleurs qui passe par l’Elysée Montmartre parisien. Un pari audacieux mais visblement payant puisque la salle est correctement remplie avec pas loin de 1.000 spectateurs.

Levo Evolove @L’Elysée Montmartre, Paris

Comme sur quelques autres dates, ce soir c’est Sun qui a la charge d’ouvrir les hostilités. Quoique… l’affiche locale annonce une « performance » de Levo Evolove, drag king comme il se nomme. La dite performance se résume à une chanson visiblement en playback, un blabla et la lecture de son téléphone pour annoncer Sun. Bref, tout sauf une « performance » mémorable, un moment dont on aurait pu se passer, même.

Levo Evolove @L’Elysée Montmartre, Paris
Sun @L’Elysée Montmartre, Paris

Enter donc Sun qui vient livrer ici sa Brutal Pop. Dès son arrivée, voilée dans sa robe en crinoline, on sent qu’on va vivre un grand moment. Si elle reste quelque peu immobile durant le premier titre, c’est pour mieux se déchainer sur sa guitare et à son micro dès qu’elle tombe voile et lunettes noires. Et là, une heure durant, entre changement de voix radical en un clin d’œil et harangue de la foule, Sun voit rapidement le public lui manger dans la main.

Sun @L’Elysée Montmartre, Paris

Accompagnée d’un batteur qui martèle des rythmes aussi dansants qu’endiablés et un bassiste qui ne tient pas en place, Sun, si elle tarde un peu à s’adresser au public, devient très communicative expliquant ici qu’un gars lui a piqué la notion de Brutal pop qu’elle a inventée, là son expérience à Barcelone avec un moshpit au milieu duquel quelqu’un dansait la macarena, là encore elle explique le titre John and I (money), l’histoire d’un mec qui la suit partout…

Sun @L’Elysée Montmartre, Paris

Jouant avec sa longue et blonde chevelure qu’elle fait voler au vent, Sun enchaine les titres aussi variés qu’enjoués lorsqu’elle aperçoit dans les premiers rangs du public des pancartes sur lesquelles on peut lire de simples « Merci Sun ». Elle en pour présenter et remercier ses musiciens et les personnes qui l’accompagnent dans cette aventure qu’on espère voir perdurer. Une première partie comme celle-là, on s’en souvient longtemps. Une future grande, très grande, à suivre de très près. Elle se rend rapidement après son set au stand de merch où une longue queue se forme pour échanger quelques mots. Elle y restera toute la soirée – en tenue de scène, svp!

Sun @L’Elysée Montmartre, Paris

Le changement de plateau se fait rapidement, des panneaux de bandes en plastique rouge prenant place de chaque côté de la scène et des chaînes tombant du plafond. Grandma’s Ashes a aussi envie de marquer les esprits avec une scène travaillée. Et, au regard de la tournée à rallonge, les trois vont certainement voir leur fan base s’agrandir encore!

Grandma’s Ashes @L’Elysée Montmartre,Paris

Le style musical de Granma’s Ashes est bien différent de celui de la première partie. Evoluant dans un registre plus grungy et alternatif, le trio se montre très appliqué. Eva Hägen (chant et basse) séduit tout de suite avec son timbre de voix particulier, haut, parfois enragé, à d’autre moments plus mélancolique tandis que Myriam El Moumni reste concentrée sur sa guitare et que, perchée sur une belle estrade, Edith Séguier frappe ses futs avec précision.

Grandma’s Ashes @L’Elysée Montmartre,Paris

Au gré des titres, toutes trois se détendent, viennent chercher le public, se montrent complices en riff et en idées. Myriam sourit à certaines remarques d’Eva, toutes deux investissant rapidement chaque espace libre de la scène.

Grandma’s Ashes @L’Elysée Montmartre,Paris

En une heure de temps – certes une durée un peu courte pour une tête d’affiche – Grandma’s Ashes délivre un set varié et puissant. Un seul moment m’a moins séduit, lorsque, sur (je crois) Army of me, reprise de Bjork, Eva s’empare d’un micro vocodé qui modifie, inutilement, son chant en ajoutant de désagréables échos. Mais pour le reste, une bonne dizaine de titres (tout Bruxism y passe, seul Aside est extrait de leur premier album, This too shall pass), les filles se montrent simplement impeccables.

Grandma’s Ashes @L’Elysée Montmartre,Paris

Le concert se termine, après les remerciements d’usage au label (Verycords « qui nous a signées alors que personne ne s’intéressait à nous »), à leur manageuse (Angela Druffin de NRV Promotion) qui les accompagen et les soutient depuis le début, avec le retour, en ombre caché derrière un pare-vue rouge, de Levo Evolove qui les rejoint pour un dernier titre.

Grandma’s Ashes @L’Elysée Montmartre,Paris

Si on peut reprocher un léger manque de lâcher prise, l’enjeu d’un tel concert, dans une salle aussi prestigieuse que l’Élysée Montmartre doit être générateur de pression. N’empêche, dans son style, Grandma’s Ashes a ce soir également marqué de nombreux points et il semble évident que nous entendrons de plus en plus parler de ce trio féminin, engagé et enragé.

Grandma’s Ashes @L’Elysée Montmartre,Paris

Merci à Marine Honoré (Veryshow) et Angela Druffin (NRV Promotion) d’avoir rendu ce report possible

AVATAR live à Paris (le Zénith, le 7 mars 2026, avec Witch Club Satan et Alien Weaponry)

C’est une soirée quelque peu brutale que nous réserve ce soir Live Nation… Trois ans après son dernier passage en tête d’affiche (le 10 mars 2023 à l’Olympia) Avatar revient à Paris dans un Zénith quasi complet. Le chemin parcouru depuis ma première rencontre avec le groupe – au Hard rock café en 2014 pour la promo de Hail The Apocalypse – est impressionnant et un Zénith n’est rien moins qu’amplement mérité tant les Suédois se font un point d’honneur à constamment renouveler leur show. Ca se traduit même dans le choix des morceaux d’intermède. La première liste n’est composée que de hits des 70’s/début 80’s (de Fleetwood Mac à Joan Jett, en passant par Pat Benatar, Patti Smith, Kim Carnes…)

A 19h, la salle n’est pas plongée dans le noir. Au contraire, elle baigne dans une lumière rouge tandis que trois figures masquées et cornues, des nonnes maléfiques ou maudites, entrent doucement sur scène sur fond de chants plaintifs. Witch Club Satan, trio féminin norvégien, s’empare ensuite de ses instruments et balance avec rage son black metal hurlant et torturé. Le chant partagé permet à chacune de libérer sa colère dans un esprit qui m’évoque l’univers de Zeal and Ardor, d’autant plus sur ce morceau narré accompagné de bades, titre qui évoque le sud des USA en des temps esclavagistes. Les trois se retirent ensuite le temps de se changer et de revenir quasi nues pour une seconde partie de show tout aussi explosive. La bassiste fait quelques effet en frottant un archet contre les cordes de sa basse tandis que sa complice guitariste hurle qu’il n’y a « pas de place pour le génocide » ni pour certains politiques. Si la musique du trio ne me parle pas, WCS propose un show visuel assez intéressant. Les filles quittent la scène après 30′ d’une prestation intense, annonçant qu’il s’agit de leur dernière date de cette tournée.

Pendant que les roadies débarrassent la scène, la sono diffuse des morceaux plus costauds et contemporains, puisant dans le metal des années 90 et 2000. Le trois memebres de Alien Weaponry se chargent eux-mêmes des dernières vérifications, le bassiste Turanga Morgan-Edmonds, prenant même le temps de photographier le public. Les trois disparaissent pour revenir quelques minutes plus tard. Comme à leur habitude, les Néo-Zélandais entament un Haka. Henry de Jing s’installe derrière sa batterie et harangue le public tandis que son frère guitariste et hurleur Lewis et Turanga le rejoignent dans cette cérémonie traditionnelle avant de lancer les hostiités. Une demi-heure durant, les pieds tapent et les nuques se déboitent, les ambiances tribales ne laissant personne indifférent. Turanga n’hésite jamais à interpeller la foule, lui demandant ici un circle pit, là de sauter à son ordre ou encore de finir avec un joli wall of death, et ses participations vocales apportent un équilibre certains à la rage de Lewis. Une prestation impeccable de bout en bout.

Nouveau changement de plateau sous des airs plus jazzy cette fois… Une vaste tenture rouge orne le fond de scène comme l’entrée d’un chapiteau de cirque. C’est, après tout, bien à l’image d’Avatar. Deux kits de batterie se trouvent de chaque côté de la scène. A moins que… Des techniciens lèvent une toile cachant leur travail puis s’éloignent révélant une seule batterie.

Lorsque les lumières s’éteignent, la dite batterie se sépare en deux tandis qu’apparait, dans l’ouverture de la toile rouge, une vague forme qui glisse vers l’avant scène. Sur une plateforme se trouvent, serrés, les guitaristes Jonas Jarsbly et Tim Örhström ainsi que le bassiste Henrik Sandelin tous vétus d’une longue cape noire. Lorsqu’ils descendent pour rejoindre leurs positions, l’ombre de Johannes Eckerström tenant une lampe tempête reste figée le temps de Captain Goat. Puis, avec Silence in the age of apes, la fureur prend le pas, les têtes et chevelures des musiciens tournant furieusement. La pyrotechnie entre en jeu entre feux de bengale et lancer de flammes. Puis, les musiciens quittent la scène.

Une première annonce, peu claire, demande au public de patienter. Mais le temps s’écoule, et l’on comprend qu’un incident est en cours. Une nouvelle annonce précise que l’équipe s’attèle pour que le show puisse se tenir normalement ajoutant que « everything’s gonna be okay, hey, hey« . Enfin, après 10′, Avatar revient avec un explosif The eagle has landed et son imparable refrain toujours repris en chœur par le public. A l’issue de cet incontournable, le chanteur s’adresse au public, lui faisant part de son plaisir d’être là, se caressant l’entre jambes et susurrant des mots doux – à sa manière, évidemment!

Naturellement, une large place est accordée au nouvel album. Don’t go in the forest est représenté par 6 titres, le plus ancien Black waltz (2012) le suivant avec 4 extraits. Si la batterie s’ouvre et se ferme avec régularité, laissant entrer et sortir les musiciens, elle est également entourée de spots montés sur des pieds mobiles, donnant ainsi une touche lumineuse et colorée assez basse et du plus bel effet.

Comme a chacune de ses tournées, Avatar a pris un soin particulier à sa mise en scène. On apprécie, juste avant le retour du roi, le temps calme qu’est Howling at the airwaves avec Johannes au piano. Visuellement, jamais le groupe ne se répète, hormis la posture des musiciens, le bidon d’essence qui sert de gourde au joker et le gimmick royal de Kungen qui revient sur son trône pour un direct et brutal Legend of the king. Kungen se débarasse de sa cape et frappe le sol générant une nouvelle explosion d’artifices.

Let it burn et ses flammes en tout genre précède un Tonight we must be warriors qui voit le public sauter en tous sens et accompagner Avatar avec enthousiasme avant un rappel tout aussi explosif. Le concert se termine avec l’indéboulonnable Hail the apocalypse et c’est un public aux anges et exsangue qui quitte tranquillement le Zénith. Avatar continue, tournée après tournée, de s’imposer comme une des plus originales formations du genre qui place le spectacle au même niveau que son exigence musicale. Encore une très belle soirée passée avec les Suédois.

Merci à Live Nation France d’avoir rendu ce report possible.

SMITH/KOTZEN live à Paris (le 6 février 2026 à Paris, le Trianon)

En ce tout début de la nouvelle mini tournée de Smith/Kotzen , le duo de guitaristes/chanteurs s’offre une halte parisienne au Trianon. Ils aiment bien ces escapades, ces deux-là, ces moments qui leur permettent de se retrouver et de sortir de leur routine. Une vingtaine de date est pour le moment programmée, dont une seule en France.

Kris Barras Band@Le Trianon, Paris

Une longue file s’étend le long du Boulevard de Rochechouart patientant tranquillement en attendant que les portes soient enfin ouvertes. Puis la queue rétrécie rapidement et le public investit doucement le Trianon qui affiche presque complet. Un Trianon en configuration intimiste, sans crash, le public ayant ainsi la possibilité, « à l’ancienne » de se tenir au plus près des musiciens. Les deux balcons sont également investis et l’on circule sans se bousculer dans la fosse.

Kris Barras Band@Le Trianon, Paris

J’avais découvert Kris Barras Band en 2018 avec l’album The divine and the dirty, mais n’ai jamais eu l’occasion de voir le gaillard et son groupe live. Alors c’est un plaisir que d’apprendre la présence du catcheur en première partie qui donne ce soir son troisième concert parisien. A 20h, les lumières s’éteignent et le quatuor entre tranquillement en scène.

Kris Barras Band@Le Trianon, Paris

Malgré un espace scénique réduit – la batterie de la tête d’affiche est caché derrière un grand drap noir, celle du KBB se trouvant coincée sur un côté de la scène – le groupe propose un set énergique et enjoué. Son heavy rock, teinté de rock franc du collier, fait incontestablement mouche.

Kris Barras Band@Le Trianon, Paris

Rapidement, le chanteur guitariste tombe la guitare pour venir séduire le public en le faisant chanter sans se faire prier outre mesure. Musicalement varié, le groupe parvient à obtenir l’approbation de la foule qui découvre ce soir, pour certains tout du moins, une formation solide dotée d’un capital sympathie.

Kris Barras Band@Le Trianon, Paris

Mais le public est là pour autre chose… Soyons réalistes, il y a beaucoup moins de T-shirts de Poison ou The Winnery Dogs que d’Iron Maiden. L’occasion de pouvoir écouter l’un des guitaristes historiques de la vierge de fer et de le voir de près est suffisamment rare pour profiter de ce passage dans une salle à taille humaine – le Trianon a une capacité d’à peine plus de 1.000 spectateurs.

Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris

Accompagnée de la bassiste Julia Lage, très en forme et joyeuse, et du batteur Bruno Valverde, Smith/Kotzen entrent en scène après que la salle a été plongée dans le noir au son de Bad Company (du groupe éponyme). Le quatuor attaque avec Black light, un premier titre extrait du second et nouvel album Black light/white noise naturellement bien représenté ce soir.

Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris

Richie Kotzen et Adrian Smith se partagent, comme sur album, le chant, chacun avec son style, tous deux étant très complémentaires. Tous deux, cependant, dépendant de leurs parties respectives de chant, ne peuvent trop s’éloigner de leur micro. Malgré quelques escapades pour occuper la scène, c’est Julia qui se montre la plus mobile, en étant toujours enjouée et souriante.

Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris

Cependant, même si on aurait apprécié les voir parfois changer de places et de micros histoire de se rapprocher de tout le public, ces deux monstres de la guitare (trop souvent et injustement pas assez reconnus) sont en phase et totalement complémentaire. Le blues cher à Kotzen va rencontrer un rock plus brut et énergique offert par Smith, et la setlist propose un mix assez équilibré des deux albums (6 extraits du dernier, 5 du premier).

Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris

Oh, évidemment, on est à des années lumières de ce que propose la Vierge de Fer, et c’est heureux. Ce soir, pas de mise en scène exubérante, seul un backdrop sert de décor avec le logo du duo. Les lumières sont efficaces et le son puissant et clair. Solar fire, dernier extrait du premier album, vient clore ce concert avant le rappel.

Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris

Nombreux parmi les spectateurs sont ceux qui espèrent une surprise lors de ce rappel qui débute avec You can’t save me, un morceau signé Richie Kotzen (Into the black, 2006) rapidement suivi de l’incontournable Wasted years (Somewhere in time, 1986). Un morceau quelque peu revisité dans ses lignes vocales au chant tenu, hors refrains, par le seul Adrian. Non, l’espéré Bruce Dickinson ne chantera pas ce soir (on retrouvera les deux compères en juin prochain dans d’autres conditions) en conclusion d’un concert à taille humaine, simple et chaleureux comme on les aime. Les deux grands artistes se font plaisir, un plaisir généreusement partagé avec le public.

Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris

Merci à Aude Sabarly (AEG) et Olivier Garnier d’avoir rendu ce live report possible.