PUSSY MIEL: Bee raged

France, Grunge (A tant réver du roi, 2026)

Nouvelles venues sur la scène hexagonale du rock énervé, Pussy Miel déboule avec un premier Ep puissant, franc du collier et simplement dans ta face. Composé de la chanteuse guitariste Amandine Volpi, accompagnée à la seconde guitare de Laura Dupuy, de la bassiste Margot Rozies et de la batteuse Inès Dayhamboure, Pussy Miel a vu le jour sur la côte atlantique, à Capbreton. Bee raged, ledit Ep, comporte 6 titres qui naviguent entre grunge, rock alternatif, metal et qui sont tous empli d’irrévérence. Amandine crache sa colère de la société tout au long des Don’t know, Lack of understanding ou autre Don’t change me et ses rythmes aussi rentre-dedans que ses refrains se veulent fédérateurs et festifs. Covid porte un regard désabusé sur ce que fut notre monde il n’y a pas si longtemps et Délivré, seul titre en français (étonnement, au regard du féminisme revendiqué par le quatuor, le titre est au masculin, sauf s’il traite de la douleur d’un ami, c’est possible) vient conclure ce premier essai plus que prometteur. Les filles ne cherchent pas la finesse, elles vont simplement droit au but avec détermination et efficacité. Un premier essai à l’énergie libératrice.

KO-MA: Anthropolis

France, rock indescriptible (Kinsfolk, 2026)

Voilà le genre d’ovni musical au rock difficilement descriptible… Aujourd’hui compposé de Léonard Szakow (guitare et chant), Pierre-Louis Geslin (basse) et Eliot Remblier (batterie et chant), Ko-Ma s’est formé en 2022 et publie aujourd’hui son premier album, Anthropolis. Dès la lecture du track-listing, on est interpelé. Pas de numérotation mais des lettres qui n’ont, comme la musique – au premier abord – aucun sens: « I-T-H-R-O-P-O-N-A-L-S »… sans doute un rapport avec le titre de cet album aux chansons déstructurées qui flirtent avec le punk, la new wave et une forme de bordel bruitiste incompréhensible… Ko-ma surprend et étonne, sans que l’auditeur ne puisse vraiment ou aisément comprendre où le trio veut aller. C’est là que ça devient intéressant parce qu’on a envie d’en découvrir plus. un album intrigant, en somme.

GRANDMA’S ASHES: Bruxism

France, Rock (Verycords, 2025)

Deux ans après This too shall pass, leur premier album paru en 2023 qui proposait un rock heavy aux influences stoner, après, aussi, s’être confrontées à diverses scènes françaises et européennes, les parisiennes de Grandma’s Ashes ont trouvé refuge chez Verycords et sortent aujourd’hui Bruxism. L’album propose une dizaine de titres d’un rock moins lourd, ou différemment, et sans doute plus bigarré que précédemment. Il faut certes un peu plus de temps pour s’approprier ces nouvelles compositions, des compos qui reflètent une certaine forme d’angoisse en cherchant à atténuer la violence de la vie quotidienne. On retrouve tout au long Empty house, Flesh cage et autres Neutral life, neutral death des traces de grunge, de new/cold wave et ce chant modulé, tout en délicate souffrance d’Eva Hägen (chant et basse), soutenue par la guitare, à la fois fine et rageuse, de Myriam El Moumni et la batterie d’Edith Seguier. Les filles ont des choses à dire et les défendent sur scène avec une tournée entamée le 4 octobre, qui prendra fin le 28 mars à L’Élysée Montmartre de Paris.

KOB: When the axes fall

France, Heavy metal (MusikOEye, 2025)

D’un coup, comme ça, les souvenirs remontent à la surface… Les Parisiens de Kob n’ont jamais eu une carrière à proprement parler. On pourrait même parler d’un patchwork de retrouvailles le temps d’un album et de quelques concerts. L’arrivée de When the axes fall est ainsi une très agréable surprise. Les amateurs de heavy metal à la française se souviendront sans doute de Mekanism of time (2002), Strafe the underdogs (2004, le seul que je n’ai pas retrouvé) ou encore du superbe Close to dawn (2008). Sans doute moins nombreux sont ceux qui se souviennent de l’insipide pochette de The time is right (2011) ou de [A]live and raw (2018). Avec leur nouvel album, les anciens ne se prennent pas la tête: les 9 titres (7 orignaux et 2 live) sont taillés dans le heavy metal vintage et pur jus. Les influences d’Iron Maiden, Metallica ou Slayer sont partout évidentes et cependant parfaitement intégrées. La voix Stéphane Graziani, chanteur en place depuis 1999, est à la fois puissante, profonde et mélodique, parfaitement soutenue par les guitares rageuses et rugueuses de Thierry Huylebroek (membre fondateur) et Rodolphe Bousquet (arrivé en 2000). La section rythmique martèle, apportant la lourdeur de la basse Jean-Michel Berger (dernier arrivé en 2016) et la batterie de l’autre fondateur de KOB, Bruno Laguide. Si KOB ne réinvente rien, ses compo sont entrainante et puissantes, et de Heavy lies (on rigole de cette intro vocale speedée) à Mother Ge, on se plait à taper du pied. Avec une pêche pareille, on ne peut qu’espérer un retour de Kob sur de nombreuses scène française.

HEAVY WEEK END 2026: les premiers noms

Même si déjà annoncés par voie de presse plus tôt ce mois-ci, c’est désormais annoncé par GDP – Gérard Drouot Productions – organisateur du Heavy Week End dont la troisième édition se tiendra une nouvelle fois au Zénith de Nancy dans sa version Open Air du 5 au 7 juin 2026.

Nous connaissons donc maintenant les 3 têtes d’affiche de ce premier week end de juin:

Après ses deux concerts du mois de novembre à Paris (les 28 et 29 novembre à Paris et Lyon), Sabaton viendra clore la journée du vendredi 5 juin (avant de s’envoler deux semaines plus tard pour poser ses Légendes aux arènes de Nîmes).

Une nouvelle fois, le HWE frappe un grand coup avec la venue, le lendemain, samedi 6 juin, des désormais incontournables français de Gojira qui proposeront là leur unique date française de 2026 (il y aura sans doute plus de possibilité de les saisir lors d’une des nombreuses dates de la tournée hexagonale de cette fin d’année 2025…)

Enfin, le dimanche marquera la fin du week end avec la venue des Allemands de Electric Callboy qui devrait, comme ce fut le cas à Clissons en juin dernier, retourner l’amphi de Nancy sans scrupules et sans peine!

Une première annonce déjà plus que prometteuse et haute en couleurs. On attend maintenant naturellement de connaitre les 9 autres noms, ce qui ne saurait tarder. En tout cas, les billets (il n’y a plus de tarif Early birds) sont accessibles ici, et, comme l’an dernier, le pass 3 jours est à 135 € :

www.heavyweekend.live

Pour ceux qui hésitent encore, je vous invite à regarder l’after movie de 2025 :

TREPONEM PAL: World citizens

France, Metal indus (At(h)ome, 2025)

Ils sont en forme les compères de Treponem Pal! World citizens, le nouvel album, est bouillonnant de rythmes indus et dansants. Aussi musicalement joyeux que sociétalement critiques, les 12 titres concoctés par la bande à Marco Neves posent un regard toujours acéré sur notre monde. Un monde qui va mal, dirigé par des malades voués au dieu argent, certes, mais dans lequel on peut toujours trouver un motif de se distraire. La musique est là pour ça et la bande parvient à avancer encore malgré les embuches. L’intégration de Marc Varez (Ex-Vulcain, ex-Blackstone…) à la batterie – et plus encre – apporte une touche metal et cependant discrète à l’ensemble, martial et souvent hypnotique. On marche ici sur les terres d’un Killing Joke qui flirte avec Ministry ou Rob Zombie. Screamers, l’album précédent paru en 2023 après un long silence de 6 ans, avait ouvert la voie d’un vrai retour. Et quand bien même il n’y a âs de comparaison possible avec Excess & overdrive, pierre angulaire de la carrière du groupe, World citizens confirme cette volonté de Treponem Pal de (re)jouer un rôle dans le paysage musical indus français.

WORLDS BEYOND: Rhapsody of life

Belgique, Prog metal symphonique (Autoproduction, 2025)

Formé en 2017, le groupe belge Worlds Beyond propose dès ses débuts un metal symphonique inspiré des grands noms du genre que sont Nightwish ou Evanescence. La formation propose fin 2020 un premier album, Symphony of dawn et peaufine son ouvrage jusqu’à revenir début 2025 avec Rhapsody of life. Ce second essai permet au sextet de trouver son identité sonore. Même si les influences restent évidentes, Worlds Beyond s’en détache par l’apport original de touches régulières de violon (Jakob Declercq) et des compositions très progressives dans l’âme. Le chant haut perché de Valerie De Kempe colle parfaitement au genre tandis que les guitares de Tijmen Matthys (également compositeur et producteur du combo) touchent là et comme il faut. Jamais envahissant ni inutilement démonstratif, le guitariste sait aller à l’essentiel, soutenu dans ses approches mélodiques par les claviers de Robbe Adriaens qui apporte ces ambiances progressives, aériennes et symphoniques. Enfin, la section rythmique pose les bases solides des structures de l’envoûtant Familiar skies ou du doux One with the stars. Avec Rhapsody of life, Worlds Beyond nous offre un voyage sonore varié et apaisant qui célèbre simplement la vie. Une très belle découverte à l’image de la superbe et sobre illustration de cet album (signée Elise Tack).

DA CAPTAIN TRIPS: In between

Italie, instrumental psychédélique (Subsound records, 2025)

Formé en 2009 en Italie par trois amis (le guitariste Riccardo Cavicchia, le bassiste Peppo et le batteur Tomasso Villa), Da Captain Trips propose un rock instrumental spatial et psychédélique. Le groupe a vu son line-up évoluer avec l’arrivée du claviériste Bachis. Un premier album, Anechoic chamber outcomes, est publié en 2013 et le quatuor revient aujourd’hui avec le bassiste Frederico Chiappa et le claviériste Paolo Negri. C’est donc cette formation qui propose aujourd’hui In between, et je découvre le groupe avec cet album. La moitié de l’ouvrage est composée de titres assez longs – pas moins de 6′, Die, qui lance l’album, dépassant même les 9′ – montre les visages variés de la formation. On explore ainsi divers univers, passant d’influences indiennes qui se métamorphosent tranquillement en voyage spatial (Die) à des ambiances enfumées (Land of shades) tout en navigant dans des univers plus calmes et apaisants (Spiralis). Da Captain Trips aime aussi varier les tempi et les ambiances au sein d’un même morceau, évitant ainsi de perdre l’auditeur en chemin. Car, et c’est sans doute là la grande force de cet album, on se laisse volontier entrainer dans ces mondes envoutants créés par un groupe qui réfléchit à chaque détail sans que sa musique ne soit prise de tête ou troip intellectualisée. Il y a du jazz, de la fusion, beaucoup de psychédélisme, certes. Il y a surtout beaucoup de tripes. In between se démarque ainsi de la grande majorité des albums instrumentaux, souvent trop pensés autour de la performance guitaristique. Il s’agit là d’un vrai travail de groupe où chacun a sa place. Je me plongerai bien dans le reste de la disco du groupe, maintenant…

I.S.I.8: The convolution anchor

France, stoner/électro (M&O, 2025)

Formé en 2021 à Clermont-Ferrand, I.S.I.8 déboule avec The convolution anchor, un premier album qui mélange l’électro indus de Nine Inch Nails ou Rammstein à un esprit plus rock déjanté et alternatif. Si la voix grave et profonde fait le job, l’accent anglais est, à quelques rares exceptions près, à chier (et je reste poli…) et gâche le résultat final. Les riffs sont quant à eux entrainants et donnent envie, malgré une production parfois trop faible pour le genre, de taper du pied et de secouer la tête. Il y a chez les Clermontois de la volonté et de l’envie, mais il semble urgent de travailler cet accent pour pouvoir espérer séduire les pays anglophones. Car musicalement, il y a de la matière à travailler. Allez, comme je l’ai si souvent lu: « peut mieux faire, doit persévérer »

https://youtu.be/twTVN8Cl3KE

MY OWN PRIVATE ALASKA: All the lights on

France, Metal (Autoproduction, 2024)

Etrange sinon bizarre. Interpellant et intriguant aussi. A l’écoute de All the lights on, leur second album, il est impossible de faire entrer les Français de My Own Private Alaska dans une case, de leur coller une étiquette. Metal? Certes, extrême en plus, dans le chant plus qu’ailleurs. Progressif? Oui aussi, les compositions à tiroirs et les étonnement se trouvant un peu partout. Jazz? Certaines structures l’évoquent également. Pop? Oui, encore, certaines mélodies se faisant volontairement quelque peu acidulées. Bref, Cet album est riche et inventif. Pas facile d’accès, il a avant tout le mérite d’éveiller la curiosité et d’interpeller. On aime ou pas, mais on ne peut certainement pas rester indifférent. L’introduction dans le groupe d’un clavier change certainement les couleurs musicales du groupe d’origine, l’enrichissent pour le meilleur. Les plus curieux et ouverts d’esprit prendront le temps nécessaire pour intégrer et digérer tous les éléments de ce disque à la fois dense et léger. Sans doute une des surprise de cette fin d’année.