SMITH/KOTZEN live à Paris (le 6 février 2026 à Paris, le Trianon)

En ce tout début de la nouvelle mini tournée de Smith/Kotzen , le duo de guitaristes/chanteurs s’offre une halte parisienne au Trianon. Ils aiment bien ces escapades, ces deux-là, ces moments qui leur permettent de se retrouver et de sortir de leur routine. Une vingtaine de date est pour le moment programmée, dont une seule en France.

Kris Barras Band@Le Trianon, Paris

Une longue file s’étend le long du Boulevard de Rochechouart patientant tranquillement en attendant que les portes soient enfin ouvertes. Puis la queue rétrécie rapidement et le public investit doucement le Trianon qui affiche presque complet. Un Trianon en configuration intimiste, sans crash, le public ayant ainsi la possibilité, « à l’ancienne » de se tenir au plus près des musiciens. Les deux balcons sont également investis et l’on circule sans se bousculer dans la fosse.

Kris Barras Band@Le Trianon, Paris

J’avais découvert Kris Barras Band en 2018 avec l’album The divine and the dirty, mais n’ai jamais eu l’occasion de voir le gaillard et son groupe live. Alors c’est un plaisir que d’apprendre la présence du catcheur en première partie qui donne ce soir son troisième concert parisien. A 20h, les lumières s’éteignent et le quatuor entre tranquillement en scène.

Kris Barras Band@Le Trianon, Paris

Malgré un espace scénique réduit – la batterie de la tête d’affiche est caché derrière un grand drap noir, celle du KBB se trouvant coincée sur un côté de la scène – le groupe propose un set énergique et enjoué. Son heavy rock, teinté de rock franc du collier, fait incontestablement mouche.

Kris Barras Band@Le Trianon, Paris

Rapidement, le chanteur guitariste tombe la guitare pour venir séduire le public en le faisant chanter sans se faire prier outre mesure. Musicalement varié, le groupe parvient à obtenir l’approbation de la foule qui découvre ce soir, pour certains tout du moins, une formation solide dotée d’un capital sympathie.

Kris Barras Band@Le Trianon, Paris

Mais le public est là pour autre chose… Soyons réalistes, il y a beaucoup moins de T-shirts de Poison ou The Winnery Dogs que d’Iron Maiden. L’occasion de pouvoir écouter l’un des guitaristes historiques de la vierge de fer et de le voir de près est suffisamment rare pour profiter de ce passage dans une salle à taille humaine – le Trianon a une capacité d’à peine plus de 1.000 spectateurs.

Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris

Accompagnée de la bassiste Julia Lage, très en forme et joyeuse, et du batteur Bruno Valverde, Smith/Kotzen entrent en scène après que la salle a été plongée dans le noir au son de Bad Company (du groupe éponyme). Le quatuor attaque avec Black light, un premier titre extrait du second et nouvel album Black light/white noise naturellement bien représenté ce soir.

Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris

Richie Kotzen et Adrian Smith se partagent, comme sur album, le chant, chacun avec son style, tous deux étant très complémentaires. Tous deux, cependant, dépendant de leurs parties respectives de chant, ne peuvent trop s’éloigner de leur micro. Malgré quelques escapades pour occuper la scène, c’est Julia qui se montre la plus mobile, en étant toujours enjouée et souriante.

Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris

Cependant, même si on aurait apprécié les voir parfois changer de places et de micros histoire de se rapprocher de tout le public, ces deux monstres de la guitare (trop souvent et injustement pas assez reconnus) sont en phase et totalement complémentaire. Le blues cher à Kotzen va rencontrer un rock plus brut et énergique offert par Smith, et la setlist propose un mix assez équilibré des deux albums (6 extraits du dernier, 5 du premier).

Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris

Oh, évidemment, on est à des années lumières de ce que propose la Vierge de Fer, et c’est heureux. Ce soir, pas de mise en scène exubérante, seul un backdrop sert de décor avec le logo du duo. Les lumières sont efficaces et le son puissant et clair. Solar fire, dernier extrait du premier album, vient clore ce concert avant le rappel.

Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris

Nombreux parmi les spectateurs sont ceux qui espèrent une surprise lors de ce rappel qui débute avec You can’t save me, un morceau signé Richie Kotzen (Into the black, 2006) rapidement suivi de l’incontournable Wasted years (Somewhere in time, 1986). Un morceau quelque peu revisité dans ses lignes vocales au chant tenu, hors refrains, par le seul Adrian. Non, l’espéré Bruce Dickinson ne chantera pas ce soir (on retrouvera les deux compères en juin prochain dans d’autres conditions) en conclusion d’un concert à taille humaine, simple et chaleureux comme on les aime. Les deux grands artistes se font plaisir, un plaisir généreusement partagé avec le public.

Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris

Merci à Aude Sabarly (AEG) et Olivier Garnier d’avoir rendu ce live report possible.

CRICKFEST 5: Entretien avec l’orga

Interview CRICKFEST 5 : Entretien le 24 janvier 2026 avec Chris Danacker, président de l’association

Cette année, la cinquième édition du Crick Fest se tiendra le 11 avril, toujours à l’espace Loire de Cléry Saint André, c’est bien ça ?

C’est ça, même endroit, et mêmes horaires : ouverture des portes à 18h30 pour finir à… quand on coupera le son !

Encore une fois, il y aura 4 groupes…

Oui, sur la troisième édition, il n’y avait que 3 groupes, mais je trouve que ça ne fait pas festival. C’est un gros concert, mais avec 4 groupes, comme l’an dernier, on est déjà plus dans l’esprit festival. On a avancé l’horaire sinon ça fait finir trop tard. Je pense que là, ça tient bien.

Il y a une grosse différence par rapport aux années précédentes, c’est que, pour la première fois, vous accueillez un groupe étranger, les Italiens de DGM.

Exactement.

Qu’est-ce qui a orienté ce choix ?

A la base, ça devait être un autre groupe. Étranger, mais pas italien…

Plus dans le nord ?

C’est ça (ndMP : je pense qu’il s’agit d’une formation assez rare en France dont j’ai couvert le premier concert donné en France en près de 6 années, à confirmer). Mais ils nous l’ont fait à l’envers, les prix ont été multipliés par 5 en 3 ans et, de là, on a commencé à chercher d’autres groupes ; J’ai regardé sur YouTube – je ne connaissais pas DGM – j’ai trouvé un lien et j’ai été scotché. J’ai pris contact avec pas mal de monde qui pouvais m’aider avec DGM, dont Julien, le chanteur de Amon Sethis. C’est lui qui s’est chargé du booking de DGM, et il jouera également avec son groupe. J’adore l’esprit du groupe, qui mélange les influences, metal, oriental…

Il y aura donc DGM, Amon Stehis, ton groupe, Prisma… Tu n’as pas peur que le public se lasse de Prisma à l’affiche ?

Ça dépend… Si on continue de composer à un rythme aussi soutenu qu’en ce moment, non. Et puis, il ne faut pas oublier qu’on a créé le Crick Fest pour que PrismA puisse se produire. Il y a une belle scène, et le CrickFest a aujourd’hui une belle scène.

Le premier groupe qui jouera, c’est Epitude.

Epitude, même si logo n’est pas forcément super clair ! Avant, ça s’appelait GDM. Il répétait dans mon studio et un jour, je leur ai demandé ce que signifiait « GDM ». Ils m’ont répondu « en fait, on ne trouvait pas = de nom, alors on a choisi GDM : Groupe De Merde » (rires) ! Je leur ai dit que tout allait bien, leur musique est nickel – c’est du rock prog, ils adorent Opeth et ce type de groupe, et c’est des bénévoles de l’asso. J’ai prévu des personnes supplémentaires pour les remplacer.

On sait que la jauge est limitée à 350 spectateurs. Vous en êtes où des ventes aujourd’hui ?

On en est à un peu plus d’une centaine de places vendues, ce qui est bien et plutôt rassurant. On est un peu au-dessus de ce qu’on avait fait l’an dernier à la même époque. Ce qui laisse entrevoir une nouvelle belle édition.

Et ce qui peut ouvrir d’autres portes à des groupes étrangers… En dehors de la présence d’un groupe étranger, y a-t-il d’autres nouveautés cette année ?

Mmh… On a plus de bénévoles, et ça devrait permettre plus de facilité, surtout pour le rangement. Le dimanche, on en bave, tout ranger, tout nettoyer pour rendre les lieux comme il faut ; On a passé des bons moments, mais on est tous flingués. A part ça… non. Je disais à notre première réunion que je ne vois pas pourquoi on changerait des choses qui fonctionnent. On a viré ce qui ne fonctionnait pas – la première année on a eu un sandwich trop compliqué qui n’a pas marché, on a viré. Il y aura une personne supplémentaire pour la vidéo. J été donne une exclu puisque PrismA compte utiliser les images et le son du CrickFest sur un ou deux titres pour en faire un futur clip.

Un dernier mot sur les tarifs du CrickFest ?

18€ en prévente pour les adultes, 15€ pour les mineurs de 12 à 18 ans, accompagnés d’un adulte, et sur place, s’il reste des places, ce sera 23 et 18€, et gratuit pour les moins de 12 ans, toujours accompagné d’un adulte.

Un mot pour conclure ?

Prenez vos places en préventes, c’est mieux ! (avec ce lien, rien de plus simple)

Et notez bien la date: le 11 avril à Cléry Saint André, à côté d’Orléans. Nous, on se reverra bientôt pour parler d’un autre évènement, plus gros encore !

FOOL SYSTEM, ORPHEUM BLACK et ORDER 89 live à Orléans (Dropkick Bar, le 24 janvier 2026)

C’est une soirée très sympatique que nous propose ce soir le Dropkick Bar d’Orléans, un des trop rares lieux de vie et de décibels encore situé en plein centre ville. Ce samedi est en effet placé sous le signe du rock, mais du rock sous diverses formes.

La soirée débute avec un seul en scène étonnant. derrière le nom mystérieux de Order89, formation bordelaise et marseillaise déjà auteure de trois albums, se cache habituellement un duo, ce soir réduit de moitié. Seul Jordi Rodriguez se présente. Après avoir calé son ordi, il se saisit d’une basse et entame son set. Seulement… les bandes diffusent un son avec une basse bien mise en avant. Quel intérêt alors que de se présenter une basse à la main si tout est pré enregistré?

ORDER89 @Dropkick bar Orleans

La musique de Order89 est une sorte de cold wave/post new wave avec une attitude gentiment punk, un ensemble qui rappelle quelque peu Alain Bashung. Si le public présent, encore quelque peu épars, semble séduit, je ne suis pas sensible à ce qui est proposé. J’aime les groupes avec des instruments, pas les ordi. J’aime quand ça joue, pas quand ça suit, et là, il n’y a que du chant, sympa, un peu torturé, parfois mélancolique, mais ce n’est clairement pas mon style.

ORDER89 @Dropkick bar Orleans

Les Orléanais d’Orpheum Black suivent leur petit bonhomme de chemin. Après une pause salvatrice, le quintette s’est ressourcé et se retrouve en forme. Le look a légèrement changé – adieu la grosse doudoune blanche à plumes de Mélodie (chant et claviers) qui se présente dans une tenue beaucoup plus sobre. La tribu est désormais toute de noir vêtue et propose ce soir, pendant 45′, quelques nouveautés déjà parues sur les réseaux (Sara, Like a warrior, R.A.W. et, je crois, King with no crown) et qui passent facilement l’épreuve de la scène

ORPHEUM BLACK @Dropkick bar Orléans

Si la bonne ambiance au sein du groupe est palpable, quand bien même l’exiguïté de la scène empêche chacun de se libérer entièrement et de circuler comme il le souhaiterait, il y a une véritable alchimie entre Greg et Mélodie, les deux chanteurs qui communiquent de manière si complémentaire qu’on imagine mal un concert l’un sans l’autre.

ORPHEUM BLACK @Dropkick bar Orléans

Si Romain (guitare) ne descend plus comme il le faisait pour se promener dans le public, on le sent toujours totalement habité par son instrument, allant parfois jusqu’à se démonter les cervicales, tandis que, de l’autre coté de la scène, Nathan (basse) se montre aussi concentré que parfois déchainé sur sa basse. Clairement, nous avons à faire à une formation en totale harmonie.

ORPHEUM BLACK @Dropkick bar Orléans

La salle est désormais plus que bien remplie, et le public, clairement venu pour Orpheum Black, soutien ses héros avec bonne force et bonne humeur. Preuve en est lorsque Greg aperçoit un groupe de cinq spectateur dont chacun porte un T-shirt avec la photo d’un des membres du groupe représenté avec son animal « totem » (j’ai repéré un aigle et un gorille)!

ORPHEUM BLACK @Dropkick bar Orléans

La soirée se termine avec du rock plus « classique » et traditionnel proposé par Fool System. Entrainant, la formation évoque parfois Téléphone avec des touches plus modernes à la Foo Fighters, et le public – moins nombreux, on circule facilement dans la salle – semble réceptif.

FOOL SYSTEM @Dropkick bar Orleans

Là encore, on se laisse emporter par ce rock franc du collier et le savoir faire du groupe formé il y a maintenant une bonne décennie. Les quatre, habitués des lieux, se font visiblement plaisir, et le public présent en profite pleinement.

FOOL SYSTEM @Dropkick bar Orleans

Là encore, ce sont 45′ entrainantes que Fool System a offert au public du Dropkick, lieu de plus en plus emblématique et incontournable. Une soirée pendant laquelle le quatuor aura pu présenter son nouvel Ep, plein de promesse.

FOOL SYSTEM @Dropkick bar Orleans

C’est une nouvelle bien belle soirée en ce début d’année qui est des plus prometteuses que nous a proposée la joyeuse équipe du Dropkick. D’autres sont à venir!

ZIK N DRY: première édition d’un festival prometteur

Désormais rodés avec le festival Crick Fest dont la cinquième édition se tiendra une nouvelle fois à l’Espace Loire le 11 avril 2026 – à l’affiche, on retrouvera PrismA, Epitude, Amon Sethis et les Italiens de DGM, toutes les information sont disponibles avec ce lien – les membres de l’association Crick For Zik ont décidé de relever un nouveau défi en organisant un festival d’envergure.

Le Zik ‘N Dry, c’est son nom en clin d’oeil à un certain High ‘n Dry de Def Leppard autant qu’au nom de l’asso ‘Crick for Zik (mais aussi du village de Dry (45)), verra ainsi sa première édition se tenir le 19 septembre prochain sur le site du Parc Culturel du val d’Ardoux à… Dry, justement. Le lieu est habitué aux spectacles puisqu’il reçoit depuis quelques années les sons et lumières retraçant des épisodes de l’histoire de France dans un cadre bien plus qu’agréable.

Pour cette première édition, l’asso frappe fort avec un festival Open air doté de deux scènes. L’affiche propose d’une part des tribute bands, certes, mais pas n’importe quoi. On aura ainsi droit à du haut niveau avec 5150, N4 et Kingdom Of Toto, qui reprendront respectivement les répertoires de Van Halen, Extreme et… euh…Toto. On retrouvera également, sans réelle surprise, PrismA, le groupe de l’organisateur qui ouvrira tranquillou les hostilités et nous proposera sans doute quelques nouveaux titres.

Les Français de Heartline, très en vue depuis quelques temps, débarqueront avec leur Big rock show dont on évoquera sous peu le principe. On notera également la venue des Bulgares de Sevi qui proposent un heavy rock mélodique et très éfficace et qui, à n’en pas douter, sera une des découvertes surprises les plus agréables pour les festivaliers.

Surtout, on se délecte d’avance de ces têtes d’affiche bien trop rares chez nous: tout d’abord, et les amateurs de belles mélodies vont être aux anges, H.E.A.T.. Les Suédois seront suivis par leurs compatriotes revenantes de… Crucified Barbara. La journée sera donc chaude et chaleureuse.

Du côté de l’orga, comme tout festival qui se respecte, les spectateurs trouveront à proximité du site un parking qui sera surveillé jour et nuit et un site, également surveillé, où les plus tardifs pourront planter leur tente. Il sera même proposé, pour les campeurs, un petit déjeuner complet le dimanche matin à un tarif raisonnable.

Du côté des tarifs, l’asso propose dans un premier temps 300 billets à tarif préférentiel, type « early birds » pour un montant de 45€ seulement. Une fois ces 300 billets partis, le tarif sera à peine plus élevé, à 55 €. Il y a également un pack VIP comprenant un accès privilégié, un parking dédié, un lot de goodies (dont un t-shirt, un ecocup, et plus encore), un apéro de bienvenue, une visite backstage et une place en tribune pour assister au festival dans les meilleures conditions.

Des sessions dédicaces seront-elles prévues? Rien n’est encore acté, mais l’équipe travaille aussi en ce sens, même si l’on imagine volontiers que certains artistes se plieront volontiers à ce jeu de rencontres éphémères. Le public pourra naturellement se faire plaisir tant d’un point de vue matériel avec les stands de merchandising que de produits culturels puisque le site prévoit d’accueillir diverses expos. On trouvera également stands de tatoueur et barbier, sans oublier, naturellement, la restauration, Crik For Zik mandatant des partenaires et artisans locaux pour la nourriture et la buvette. Produits frais garantis.

Toutes les infos sont disponibles en scannant le QR code ci-dessous ou en se connectant directement ici:

Festival Crick For Zik – Billetterie et infos

Interview: REBEL ANGELS

Screenshot

Interview REBEL ANGELS – Entretien avec Benjamin (batterie) le 6 novembre 2025

Nous allons évidemment parler de votre nouvel Ep, Hot Live, qui a été enregistré à Fisme, mais tout d’abord, peux-tu nous raconter l’histoire de Rebel Angels ?

Benjamin : L’histoire du groupe remonte à il y a quelques années. Mon fils joue de la guitare depuis assez jeune et, pour qu’il mette le pied à l’étrier, un de nos premiers concerts à été à la fête de la musique. A partir de là, on a continué à jouer ensemble dans Under Influence, qui était un groupe de covers – on reprenait du Beatles, Stones, AC/DC, Cat Stevens, Bob Dylan… On jouait principalement dans des bars en région parisienne. Au bout d’un moment, on a eu envie de composer nos morceaux, et on a transformé Under Influence en Rebel Angels. On a sorti, en 2022, un premier Ep, Rip it off, avec 3 morceaux qu’on retrouve sur l’Ep qui vient de sortir. Entre 2022 et aujourd’hui, il y a eu plusieurs changements de personnel, notamment au niveau de la voix. La mouture qui est sur Hot live est composée de mon fils, Jérémie, qui a repris le chant en février en plus de la guitare, moi-même à la batterie, et nous sommes accompagnés de Paul à la basse et on vient d’intégrer un nouveau guitariste, Morty, il y a un peu plus d’un mois.

Donc Morty n’apparait pas sur le Hot live.

Non, c’est Cyril, le précédent guitariste. Hot live est une bonne photographie du groupe à l’instant T.

Le groupe est originaire d’où en région parisienne ?

On est de Champigny sur Marne (94).

Il y a un peu plus d’un mois, vous avez sorti Hot live, un Ep de 4 titres. Pourquoi avoir choisi ce format alors que vous avez sans doute joué un peu plus longtemps ?

On avait en effet une demi-heure. On a dû jouer deux ou trois morceaux en plus. Pourquoi j’ai pris cette décision ? Parce que, après écoute des bandes, les 4 premiers morceaux étaient carrés, les autres un peu moins. C’est la première chose. Ensuite, les autres morceaux vont figurer sur l’album qui va sortir l’année prochaine et je voulais qu’il n’y ait qu’un seul titre avant-coureur. C’est She talks too much.

Vous avez aussi deux morceaux originaux plus la reprise Hair of the dog de Nazareth. Pourquoi avoir opté pour cette reprise plus qu’une autre ?

On jouait déjà cette reprise avec Under Influence. Au fur et à mesure qu’on la jouait, on recevait de bonnes réactions du public. En parallèle, j’adore ce groupe et ce morceau qui est une bonne représentation de là où on vient, de nos racines. Après, on l’a réinterprété à notre manière. Je pense que tu sais que ce morceau a été repris par Guns ‘n Roses dans une autre version…

En fait, non, pendant des années j’ai boycotté les Guns…

Ok…Ils l’ont repris sur The spaghetti incident, et Krokus le reprend aussi. En fait, on a vu que notre interprétation fonctionne bien donc on continue.

En même temps, sur 4 titres, c’est dommage de faire une reprise…

Oui, mais, clairement, les autres étaient moins bons. Il y a deux dimensions : celle quand tu es sur scène. A l’instant, il y a une dynamique, un partage avec le public… ça passe. Après, quand tu réécoutes les bandes dans le détail, tu te dis « ouais, non… là, il y a des trucs qui ne sont pas au cordeau ». On voulait se servir de cet Ep comme un trait-d’union entre l’Ep sorti en 2022 et l’album qui sort l’année prochaine. On a fait pas mal de dates et on voulait que la carte de visite soit la plus représentative de qui on est, de comment ça joue.

Une chose m’a marqué en écoutant cet Ep, c’est le public qui semble un peu éparpillé… Il y avait combien de personnes à ce concert ?

Je pense qu’il y avait entre 250 et 300 personnes dans la salle. Je pense que c’est aussi dû à la résonnance. C’est une salle des fêtes et il y a cette résonnance dans la salle. Il y avait des gens devant la scène, environ 150, et au fond, il y avait les exposants, des gens qui se baladait. Au niveau de la captation, je ne sais pas combien il y avait de micros d’ambiance. Et effectivement, il y a ce côté un peu « club », « famille », et c’est très bien. On aurait pu se dire qu’on allait rajouter du public au mix – c’est faisable aujourd’hui – mais on a préféré avoir cette photographie exacte de ce concert.

Comment décrirais-tu la musique de Rebel Angels à quelqu’un qui ne vous connait pas ?

Ça tient en deux mots : je considère qu’on fait, aujourd’hui, du classic rock. Des années 80, parce que je viens de là. Après, on est sur du rock sincère et on veut apporter de la variation dans nos morceaux, et de la mélodie. C’est un point très important pour nous. On a beaucoup de retours très positifs de She talks too much : le riff marque et reste en tête. Tout l’album va être fait sous ce prisme-là. Je veux que, quand tu éteints ta chaine, ton téléphone, peu importe… que le morceau te trotte en tête.

Avant de parler du futur album, vous avez également décidé d’éditer une édition limitée à 100 copies de Hot live en vinyle orange. Pourquoi ce choix ? Tu es des années 80, comme moi, on a grandi avec le vinyle, on aime l’objet…

Le sortir en vinyle… Au départ, je ne pensais qu’au CD. En échangeant, certaines personnes nous ont demandé si on allait le sortir en vinyle parce qu’elles n’achèteraient pas le CD. L’idée a continué de germer… En grand format, l’illustration de Will Argunas, elle est beaucoup plus sympa. J’ai une collection de vinyles et, comme tu viens de le dire, il y a un côté « objet ». Aussi, le vinyle a un son beaucoup plus chaud, qui nous correspond mieux. Du coup, j’ai donné mon accord et, j’ai été surpris, on a pas mal de demande pour un vinyle. Le faire en 100 exemplaires, je voulais qu’il reste un peu un objet « précieux ». Il a aussi le côté budgétaire qui nous limite…

Vous avez déjà le titre du futur album ?

Euh… on avait un titre mais je pense qu’il va changer (rires) ! Oui, il y a un titre, mais ça ne me va pas, donc je peux pas te le dire ! Il y aura 11 ou 12 morceaux, on aimerait qu’il sorte en octobre/novembre de l’année prochaine. Ce n’est pas un concept album mais… Nous on appelle ça un « road movie album ». Les chansons racontent une histoire et sont  dans un ordre de lecture bien précis.

Road movie à la Bonnie and Clyde ou découverte à la Kerrouac ?

Euh… Un peu plus à la Bonnie and Clyde ! Je ne vais pas tout te dire, j’aimerai qu’on puisse en reparler l’année prochaine, mais on a créé un personnage et on va le suivre dans ces différents tableaux qui racontent une séquence de sa vie. Ça se passe aux Etats-Unis, et chaque morceau est un tableau de la vie de ce héros. Les sujets sont larges : sa relation amoureuse, un côté rédemption… Il va faire une sorte de voyage intérieur, spirituel, mais aussi extérieur parce qu’il prend sa voiture pour tailler la route.

Ce sera une autoproduction ou vous avez un label ?

Je suis en contact avec un label, je vais sans doute en approcher d’autres. Aujourd’hui, tu vois bien que les albums physiques… Les gens écoutent majoritairement sur les plateformes. On a la chance d’évoluer dans un univers, une famille qui achète encore les objets, les vinyles, les CD, les coffrets. Il y a non seulement un attachement à la musique, mais également à l’objet. Je me rappelle dans les années 80, j’allais à la FNAC du forum ou à Juke Box et je revenais les bras chargés. Les couvertures de Maiden, je les décortiquais dans les moindre détails… Les doubles albums, j’ouvrais et je passais des heures à tout regarder. Il y avait un côté découverte avec toutes ces photos… Il y a des albums qui sont collés à certaines périodes, et aujourd’hui encore, tu mets tel album sur la platine, tu te souviens de où tu étais et ce que tu faisais…

On ne va pas parler du passer mais on va souhaiter ce mal là au futur album de Rebel Angels ! Aujourd’hui, on sait qu’un groupe de rock ne vit pas de sa musique. Quelles sont vos autres activités à chacun ?

Le line-up actuel… Jérémie est prof de guitare et de basse dans différentes écoles. Il a aussi d’autres petits jobs à côté. Le nouveau guitariste, Morty, travaille dans une société d’export et de gestion d’import-export, le bassiste qui nous accompagne pour le moment est un vrai musicien et moi, j’ai ma société, une agence de communication.

Pour terminer, quelle pourrait être la devise de Rebel Angels ? Devise que, naturellement, vous collerez sur votre futur album…

Bien sûr ! Je comprends tout à fait… La devise ? C’est, euh… Pour moi, c’est la passion, tout simplement. Travailler des compositions qu’on vit bien, qu’on vit quand on les joue, quand on les partage. Et la passion du graphisme, aussi… Je baigne dedans mais c’est savoir faire appel à un illustrateur pour la pochette, travailler sur différents éléments graphiques pour la pochette, pour nos concerts aussi. Une deuxième chose, je dirais que, dans l’environnement musical actuel, c’est de rester dans notre couleur musicale. L’album sera varié, il y aura du up tempo, des morceaux plus soft, il y a même un morceau qui s’approche de l’americana. Ouvrir le champ tout en restant fidèles à notre image.

As-tu quelque chose à rajouter pour conclure ?

J’invite simplement tous les auditeurs à aller écouter l’Ep et à nous faire des retours sur les réseaux. On est très à l’écoute de ça. Et puis je voudrai vous remercier, tous, pour votre passion et la manière dont vous faites vivre cette passion, dont vous la partagez. C’est un sacerdoce qu’il faut remettre en route tous les matins !

C’est aussi un partage qu’on vous doit, sans les musiciens, sans votre passion, nous ne serions pas là non plus…

C’est vrai, un partage commun.

PILEDRIVER: First nations rock

Allemagne, Hard rock (Fastball music, 2025)

Le dernier album de compos originales des Allemands de Piledriver remonte à 2018, avec Rockwall. Depuis, le groupe de heavy boogie a publié un énorme coffret – Live in Europe (2023) – bourré jusqu’à la gueule et vantant son amour pour Status Quo, tout en faisant honneur à son dernier album. Il était temps, cependant, de retrouver la bande de Michael Sommerhoof (chant et guitare) et Peter Wagner (guitares) avec de nouvelles créations. A l’exception de ces deux complices, la formation a été totalement remaniée, ce qui apporte sans doute un peu plus de rugosité à la musique du groupe. On découvre ainsi le bassiste Jens Heisterhagen, le batteur Dirk Sengotta et le claviériste Tom Frerich qui participe à l’enregistrement de ce First nations rock, produit – ça a peut-être aussi joué sur le son plus rugueux – par Stefan Kaufmann (ex-Accept). Les 14 titres de ce nouvel album sont à la fois entrainants et totalement faits pour être joués sur scène – impossible de ne pas taper du pied de bout en bout – et puisent autant chez les maitres à penser du groupe que sont Status Quo, mais aussi chez AC/DC voire Iron Maiden. Certains riffs ont une touche à la Adrian Smith. Il a certes fallu attendre 7 bonnes années (de réflexion?) avant d’avoir droit à ces nouveautés mais l’attente en valait la peine. First nations rock est un album plus que généreux, le genre de disque à partager. Piledriver pousse cette générosité jusqu’au packaging, l’album étant accompagné d’un maousse livret de 24 pages dans un bel écrin. Espérons maintenant que les cinq viennent un jour nous rendre visite on stage!

A noter, pour les collectionneurs: Piledriver propose également First rock nations en version vinyle – double ! – avec un titre bonus, Julia, en version acoustique. Chaque titre a été mixé en conséquence pour offrir plus de rondeur, de chaleur et de générosité à cette version vinyle. On trouvera également un poster sur papier épais reprenant la très belle pochette de l’album (une œuvre signée Thomas Ewerhard) en format 60×90. Un très bel objet en somme.

BAD RAIN: Louder than words

Allemagne, Hard rock (Fastball, 2025)

Bad Rain est un nouveau venu sur a scène Hard rock vintage. Formé en Allemagne, mené par un chanteur croate (Zoran Misic), le quintette puise son énergie au cœur du hard rock américain de la seconde partie des 80’s. Les 10 titres de Louder than words, leur premier album, alternent avec un réel bonheur morceaux rentre dedans et ballade/heavy ballad. Bad Rain m’évoque, à de nombreuse reprises, la puissance classieuse de Giant tout en apportant une certaine rugosité et sa propre personnalité. Les mélodies léchées côtoient une énergie contagieuse tout au long des High and above, Chasing the sun et autres Twisted love. Louder than words est le type même de premier album qui peut ouvrir des portes et donne envie d’en entendre encore davantage. Une très belle promesse pour les amoureux de rock vintage/old school.

REBEL ANGELS: Hot live

France, hard rock (Ep autoproduit, 2025)

On n’en a pas si souvent que ça des live enregistrés lors d’une convention rock et metal… Les Français de Rebel Angels ont su profiter de leur passage à la convention de Fismes le 2 mars 2025 pour y enregistrer les 4 titres de ce Hot live. Un rock simple, franc et direct émaillé tout au long des Rip it off et Rock’n’roll outlaws – deux extraits de leur précédent Ep. Le groupe se permet même le luxe de reprendre le mythique Hair of the dog de Nazareth. Que des morceaux connus, certes mais ce n’est pas tout puisque Rebel Angels nous offre en conclusion She talks too much, une nouveauté quelque peu influencée par AC/DC qui figurera sur son premier album, prévu en 2026. Avec un titre aussi prometteur, on attend cette sortie avec impatience. Pour le moment, on se contente de ce Hot live au son brut comme un live et suffisamment bien produit pour que chaque instrument soit en place. Il ne manque sans doute, reconnaissons-le, qu’un peu de cette niaque scénique, de cette électricité rageuse qui ferait passer cet Ep d’une simple carte de visite à une grosse promesse. La communication avec le public, sans doute peu nombreux mais en forme, se limite aussi à quelques mots mais on n’a guère de temps à perdre en palabres quand on ne dispose que d’aussi peu de titres pour convaincre. Hot live n’en reste pas moins une déclaration d’intention 100% rock’n’roll pur jus.

CHASING LANA: State of mind

Australie, Heavy rock (Ep, M&O, 2025)

Inconnu de nos service, ce State of mind, nouvel Ep de Chasing Lana, est une très agréable surprise. Formé à Melbourne, en Australie, le groupe qui se présente comme une formation de hard rock navigue plutôt sur les eaux plus modernes de Alter Bridge, The Offspring ou Nickelback que sur le terrain des Rose Tattoo, Angel City et consorts. Les cinq titres sont à la fois déterminés et pop, entrainants et chantants. Bref, on se surprend à se dandiner sur les riffs puissants de Sick like me ou de Sever, on se laisse entrainer dans le monde plus brutal de Crash and burn et de Queen of the night ou des bons sentiments de Light in the dark, une ballade acidulée qui monte comme il se doit en puissance. Du bon stadium rock, joyeux et populaire, celui qui uni les foules et les fait bouger en cadence, le genre qui fait mouche.

LUCIE SUE: Battlestation

Rock énervé, France (Autoproduction, 2025)

Après To sing in French qui nous avait déjà bien plu, Lucie Sue revient avec son nouvel album, Battlestation. On peut se demander quand elle a trouvé le temps de l’enregistrer, ce CD, elle qui d’une part a donné un joli coup de main à un Furies en pleine reconstruction mais a également dû se préparer pour remonter sur une scène du Hellfest, cette fois, contrairement à la précédente, pour donner un concert en son nom propre. On pourrait alors imaginer un album bâclé, mais il n’en est rien. Ceux qui ont pu rencontrer Lucie Sue, ne serait-ce que l’espace de cinq petites minutes, savent qu’elle est aussi haute en couleurs que débordante d’énergie. Là, elle a simplement décidé de battre le fer tant qu’il est chaud et Battle Station est un brûlot explosif et varié. Les 13 titres alternent entre énergie et mélodie dans un esprit grunge qui flirte avec le thrash et même parfois, souvent, une forme de mélancolie sans jamais se répéter. Pas un morceau ne ressemble à un autre, et les influences sont tout aussi variées, du punk au rock 90’s en passant par la musique orientale, et si d’aucuns seraient tentés de dire qu’on manque de repères, l’ensemble est d’une remarquable cohésion, d’une authenticité exemplaire. On a même – sans réelle surprise – droit à la participation de Satchel (guitariste de Steel Panther) qui signe le solo de Ride the wired wild tiger. On imagine volontiers la débauche d’énergie sur scène… Il est plus que temps de se pencher sérieusement sur le cas Lucie Sue.