Interview KOB. Entretien avec Rudy le 7 novembre 2025

Bien que cela fasse un bon moment que Kob existe, c’est la première fois qu’on parle. Peux-tu nous raconter l’histoire du groupe dont j’ai l’impression qu’on ne peut pas parler de carrière mais plus d’opportunités de se retrouver entre potes…
Les racine de Kob remontent à 1976, avec un autre groupe dans lequel il y avait mon frangin, Thierry (Huylebroeck, guitare), Bruno (Laguide, batterie) et Boboss (Jean-Michel Berger, basse). Ça, c’est les racines, et KOB s’est réellement formé en 1997. Tu as raison, c’était des retrouvailles entre eux trois, et à l’époque, il n’y avait pas de chanteur. Ils ont cherché. Moi, je connais Stéphane (Graziani) depuis très longtemps, depuis qu’on est gamins. Il chantait et un jour je lui ai dit que mon frangin cherchait un chanteur. Il a fait un test et a intégré le groupe en 1999. Ils se sont ensuite rapidement rendu compte que ce serait mieux avec 2 guitares, ce qui correspondait plus aux goûts de Stéphane. J’ai intégré le groupe comme ça, en 2000. Depuis, on a le même line-up à l’exception d’un changement en 2006 : Stéphane est parti et a été remplacé par Nicolas Blaizeau avec qui on a fait l’album Close to dawn, en 2009. Et en 2011, The time is right a été fait sans moi puisque je suis parti accompagner un bluesman en tournées. Kob a arrêté en 2012 parce que peu de choses se présentaient et on a repris la formation sous sa forme originale, à l’exception de François, qui avait remplacé Boboss à la basse en 2002, et qui n’a pas souhaité reprendre l’aventure pour des raisons qui lui sont personnelles. Il a été remplacé par Jean-Michel, et depuis 2016 le line up n’a pas bougé. On a lu ta chronique de l’album, bien sûr, mais ce n’est pas exactement des « retrouvailles » comme tu l’écris… Le groupe ne s’est jamais vraiment arrêté, à part un break de 2012 à 2016. On se voit toujours en répète au moins une fois par semaine. Et s’il faut monter sur scène ce soir, on est prêts !
Que pourrais-tu me dire au sujet de votre nouvel album, When the axes fall ? Il y a 7 compos originales et 2 live. Vends-le-moi, cet album !
Te le vendre, Le mieux, c’est de l’écouter ! Il n’y a pas meilleur moyen, mais pas sur les plateformes ! Il faut s’en imprégner, aussi bien au niveau des textes de Stéphane que de la musique où il y a une certaine noirceur, en lien avec l’époque actuelle. On dénonce une certaine déviance actuelle au niveau des sociétés – pas que la nôtre.
Quand on lit les titres de l’album, on peut avoir l’impression que vous traités d’autres thèmes que ça, les vikings de la pochette évoquant même l’univers nordique d’Amon Amarth…
Oui, c’est un peu le coté caricatural de la pochette… Un morceau comme The scourge of god parle d’Attila, que tout le monde connait. Mais un texte comme Criminal negligence parle du laisser-aller, du laxisme face au crime. Personne ne bouge… Je ne sais pas trop comment dire ça… Le point commun, c’est de dire qu’on est toujours dans la même violence.
Y a-t-il aussi des thèmes qui, selon toi, n’auraient pas leur place au sein de KOB ?
Oui, la politique, je pense. Ce n’est pas quelque chose qu’on traite. Déjà, on n’est pas au fait de tout ça. C’est quelque chose qui nous touche, évidemment, mais on ne va pas s’engager dans cette voie. On ne sait pas grand-chose, politiquement parlant.
Si tu devais maintenant décrire la musique de Kob à quelqu’un qui ne vous connait pas – assez peu de monde sur cette planète, restons humbles – que lui dirais-tu ?
(Rires) Déjà que c’est une musique de passionnés. C’est ce qu’on fait depuis toujours, et c’est une musique brutale qui vient des racines du rock, du hard rock. Il y a une certaine énergie, il faut que ça pète ! La base de Kob, c’est ça : « faut qu’ça pète » ! On nous a classifiés « heavy metal, pourquoi pas ? On ne s’est jamais auto proclamés comme étant des metalleux…
Vous faites quand même partie de la famille hard rock…
Ah, totalement ! On vient de cette famille avec Judas, Maiden, et même bien avant ! Je suis fan de groupes comme Moutain, le Alex Harvey band, Rory Gallagher… Ce mélange de culture des années 60/70 et 80 donne ce que fait Kob. C’est sûr qu’on ne fait pas ce qui se fait maintenant. On ne saurait même pas faire… Du black, du death, je ne saurai même pas faire la différence (rires)…
Je le disais au début, il y a 7 nouveaux titres et 2 live sur votre album. Pourquoi ce choix ?
Alors ça, c’est déjà le cas sur le précédent album, Alive and raw, qui a 4 titres studio et 4 live. On pense, peut-être à tort, que la vérité vient de la scène. Malheureusement, on n’en fait pas beaucoup, mais on est avant tout un groupe de scène. On avait envie de remettre en avant des vieux titres pour que les gens se fassent une idée de ce que nous sommes sur scène.
Sur les 7 autres titres, si tu devais n’en retenir qu’un pour expliquer ce qu’est KOB aujourd’hui, ce serait lequel ?
Je crois que c’est The scourge of god. Il est vraiment dans la veine Kob, qui a le côté enclume, le côté viking comme tu le disais tout à l’heure…
Je voulais aussi parler du visuel : ce que je remarque avec vos albums, c’est qu’il n’y a pas de visuel récurrent. Aux débuts du groupe, le K de Kob était à l’envers, il est aujourd’hui l’endroit, il n’y a pas logo propre au groupe ni de visuel directeur. Close to dawn, on dirait de la SF, Mechanism of time m’évoque les Temps moderne de Chaplin, là on a des vikings, Attila… Sans aller jusqu’à une mascotte, il n’y a pas de véritable « accroche » visuelle qui permettrait d’identifier le groupe comme étant Kob. Comment l’expliques-tu ?
Je ne sais pas si c’est volontaire, je pense qu’on ne s’est jamais posé la question dans ce sens-là. En même temps, quand tu regardes la collection des Led Zeppelin, il n’y a pas un album qui suit l’autre. On n’a pas forcément envie d’avoir une mascotte comme Maiden. C’est une remarque intéressante, cependant… L’imagerie, elle est plutôt sur scène. Si tu as déjà vu des photos live, il y a un backdrop avec une espèce de monstre, en filigrane derrière le Kob. C’est un peu ça l’imagerie pendant nos concerts, sur nos cartes de visite… L’image qu’on a sur les mugs, mais c’est vrai que sur les albums, il n’y a pas de suivi. Ce n’est ni volontaire ni involontaire, c’est un choix, par rapport à ce qu’on fait.
Tu viens de parler du Kob. C’est quoi, la signification du nom du groupe ?
Ah ! Alors ça, c’est un sujet épineux qui est resté secret et qui va le rester parce que j’ai pas envie de me faire étrangler (rires). Sache simplement que ça part d’une plaisanterie qui remonte à il y a 25 ans, donc bien avant mon arrivée dans le groupe.
Une plaisanterie entre qui et qui ?
Je crois que c’est entre Stéphane et Thierry, mais je ne suis pas sûr. Il y a eu énormément de « polémiques » à notre niveau… On s’est fait appeler Kronenbourg Over Bibine, on s’est fait traiter d’antilope – le kob, c’est une antilope africaine. On ressemble à tout sauf des antilopes ! On serait plus des hippopotames (rires) ; Mais la vraie signification… ben, elle va rester secrète !
Tu disais que vous jouez trop peu, y a-t-il des dates de prévues ?
Non… là on a une date le 9 mai 2026 à Mennecy, on est en discussions avec des boites de booking, mais rien de plus. Quand nous, musiciens, on envoie des mails, plus personne ne nous répond. On sent qu’il faut passer par des agences si on veut avoir des réponses.
Un groupe de rock, on le sait, ne vit pas de sa musique. Quelles sont vos autres activités ?
Il y a deux retraités, Jean-Michel est peintre en bâtiment – c’est pas évident, c’est un métier physique et il doit se taper des répètes derrière. Il a du mérite – Stéphane a un poste à très hautes responsabilité, il travaille pour une entreprise qui élabore des machines pour les laboratoires d’hôpitaux, partout en Europe. Il parle plus souvent anglais que français, ce qui lui confère un accent plutôt sympa et correct. Et moi, je suis directeur de production dans l’entreprise d’un pote.
Si vous deviez aujourd’hui réenregistrer un album de Kob avec le line-up actuel, ce serait lequel ?
Aoh, c’est difficile comme question, ça ! Je suppose que ce serait Strafe the underdogs. Il n’a pas eu de chance cet album… Il y a déjà eu de gros problèmes de mastering, et, ensuite, il a été enterré à sa sortie. On était distribués pas Wagram, via NTS à l’époque, et NTS a eu des soucis que je ne connais pas exactement et cet album est resté deux/trois ans dans les cartons. On en a vendu, le deux premières semaines, 400 environ, et ensuite, ça s’est effondré. Un peu comme les dominos : il y a eu les soucis de NTS, les albums sont restés dans les cartons, ils nous ont été rétribués ensuite mais ça a mis quelques années. L’album était mort avant sa sortie… Si on devait en refaire un, ce serait celui-là.








