Interview: HIGHWAY

Interview HIGHWAY. Entretien avec Benjamin Folch (chant) et Ben Chambert (guitare). Propos recueillis le 27 mars 2026

Ben, on avait discuté assez longuement à la sortie de votre album acoustique, The journey, en 2023. Quels retours en avez-vous eus ?

Ben : Les retours ont été super. C’est un disque un peu à part dans notre discographie pusiqu’il est entièrement acoustique, un peu comme les MTV unplugged des années 90…

Benjamin : On a toujours voulu faire un album acoustique et on a eu cette occasion pendant cette période de Covid, l’occasion de bosser différemment, à distance et sur de l’acoustique, et on s’est dit « on le fait ». C’était le bon moment pour le faire.

Ben : On jouait déjà en acoustique de temps en temps, quelques morceaux. Là, on l’a enregistré…

Benjamin : On avait un peu peur des réactions… « Highway là où on ne l’attend pas, qui propose un album en acoustique, comment ça va être perçu ? »

Ben : La majorité des gens a trouvé ça super cool. Certains on moins aimé, c’est sûr, mais les plus ouverts ont apprécié. C’est nous, c’est la patte Highway…

Et c’est aussi vos morceaux déjà connus…

Ben : Oui, et trois ou quatre ans après, je le trouve toujours aussi bon.

Justement, il y a toujours un grand délai entre deux albums de Highway. Lorsqu’un groupe de rock a la possibilité de s’offrir quatre ans entre deux albums, en général, c’est que ce sont des rock stars, mais ce n’est pas votre cas ! (rires des deux)

Ben : Pas encore, mais…

Qu’est-ce qui explique ce temps entre deux albums ? United states of rock n roll en 2011, IV six ans après en 2017. Et on ne parle que des albums studio de compos originales…

Ben : On compte quand même The journey dedans parce que le processus d’enregistrement a été identique. Ok, on avait déjà composé les morceaux, mais on les a revisités et, pour nous, c’est le même processus que pour un album normal.

Benjamin : Aussi, quand on a enregistré The journey, on avait déjà des morceaux électriques qui n’avaient pas lieu d’être sur cet album mais qu’on a gardés pour après.

Ben : C’est vrai qu’on prend le temps, mais on a tous des vies bien remplies et il faut se laisser le temps de bien faire les choses, de proposer de bons morceaux.

C’est un peu l’idée que j’avais, vous n’êtes pas encore assez important pour prendre tout votre temps et…

Ben : Ça viendra… quand ? It’s a long way

Oui, It’s a long way to the top… On doit avoir la référence quelque part ! Parlons maintenant de votre nouvel album, last call for rock n roll. Que pouvez-vous nous en dire ?

Benjamin : beaucoup de choses (rires) ! Il sort le 24 avril, il y a 12 morceaux, très différents… On a exploré des pistes très différentes, il y a des choses très groovy, d’autres plus metal, il y a un morceau acoustique… et c’est un album très mélodique.

Ben : C’est un peu la continuité électrique de The journey qui nous a ouvert la voie à des voix plus élaborées, des arrangements plus variés. Par exemple des cuivres qu’on retrouve sur The action, des claviers, des trucs qu’on ne faisait pas avant. Là on a voulu avoir le même process et faire des choses nouvelles. Ça reste évidemment du rock mais il se passe plein de trucs dans cet album. C’est un peu le Highway de maintenant.

Si on parle de vos deux derniers albums 100% électriques, comment chacun d’entre vous analyse-t-il l’évolution de Highway entre IV et Last call for rock n roll ?

Ben : Avec IV, on avait déjà un process de compo qui avait évolué par rapport à ce qu’on faisait avant…

Benjamin : Oui, on avait déjà beaucoup évolué par rapport à United states of rock n roll

Mais ce n’est pas ma question ! Je vous parle de l’évolution entre IV et Last call…

Benjamin : En fait, cette évolution s’est poursuivie : il y a eu cette parenthèse acoustique qui nous a appris à travailler différemment. On a un peu plus poussé les curseurs là où on voulait les amener. Ce qu’on ne savait pas forcément faire avant.

Ben : Et puis on a appris, en tant que musiciens, on a progressé. Avec les concerts qu’on a donnés, on s’est imprégnés d’autres choses. Et, du coup, on a testé d’autres choses. La grosse différence aussi, c’est qu’on a, pour cet album, travaillé avec un vrai producteur, ce qu’on n’avait pas fait avant. On avait travaillé avec Brett Caldas-Lima sur IV pour le mix, mais là, on l’a vraiment intégré comme producteur. Ill a fait les maquettes, il a décortiqué les morceaux, il a mis sa patte. La grosse différence, c’est qu’il a placé la barre plus haut à tous les niveaux. Le vrai travail d’un producteur…

Benjamin : Le travail sur le son, aussi. Il a tout enregistré et beaucoup travaillé sur le son de Highway, qu’il soit le plus parfait possible.

Ben : Il a pris ce qu’on savait faire et il l’a sublimé.

Donc le Highway que j’aimais avant, aujourd’hui, je vais l’adorer ?

Les deux, ensemble : Ah ouais !

Comment décririez-vous la musique de Highway à quelqu’un qui ne vous connait pas afin de l’inciter à plonger dans votre discographie complète ?

Benjamin : Hey… C’est du hard rock, du hard rock très mélodique, que ce soit au niveau des instruments, des mélodies ou des voix, et c’est quelque chose qui peut toucher beaucoup de monde. Souvent, moi le premier, quand j’écoute de la musique, j’ai envie d’une mélodie qui percute et me reste dans la tête. Et ça, avec Highway, tous les morceaux sont efficaces.

Ben : il y a le côté catchy, mais il y a aussi cet esprit « good vibes ». On fait quand même de la musique qui nous ressemble, il y a de la joie de vivre, un côté positif…

Benjamin : Qu’on essaie de transmettre à tout le monde.

Ben : On vit dans un monde où il se passe beaucoup de trucs durs et on veut apporter un peut de joie de vivre à tout le monde…

« Beaucoup de trucs durs »… Je ne vois pas de quoi tu veux parler en ce moment ! C’est peut-être une question que je ne devrais pas poser, mais tu abordes le sujet, Ben. Que pensez-vous de la situation des USA en ce moment ?

Ben : Ben… on a honte d’aimer les États-Unis…

Benjamin : Là, on n’y remettra pas les pieds pendant un bon moment. J’ai pas de honte à le dire, c’est un pays que je trouve exceptionnel sur beaucoup de points mais, là, je n’ai pas envie d’y aller pendant quelques années…

Ben : Ce qu’on aime, c’est la culture américaine…

Benjamin : Aller manger dans un diner à 23h…

Ben : En écoutant les Guns !

Revenons à la musique. Si vous deviez l’un et l’autre ne retenir qu’un seul titre de Last call for rock n roll pour expliquer à quelqu’un ce qu’est Highway aujourd’hui, ce serait lequel ?

Benjamin : Ah, c’est très dur… Si je devais n’en choisir qu’un… ce serait Peace out, parce qu’il est très mélodique, il y a beaucoup de chœurs, il est léger, agréable, il est plaisant comme morceau. Il est aussi progressif, avec des changements des rythmes et d’ambiances. Moi, c’est un morceau qui me met de bonne humeur.

Peace out… ça colle bien à la question précédente en plus ! Et toi, Ben ?

Ben : Effectivement, c’est un morceau que j’adore, et les arrangements vocaux sont ouf. Mais si je devais retenir un seul morceau, mon préféré, mon petit chouchou, c’est (Don’t) look back, un morceau un peu ovni. Sa mélodie me transperce à chaque fois, je l’écoute, je suis bien. C’est un peu comme un nounours, mon morceau nounours… J’ai envie de me mettre en boule, et de lui faire un câlin…

Tu aimes tout sur ce morceau, mais est-ce celui que tu ferais écouter à quelqu’un pour lui dire « c’est ce que nous sommes aujourd’hui » ?

Ben : En effet, j’ai un peu digressé… C’est mon morceau préféré mais peut-être pas celui qui représente le mieux le groupe. Si je devais ne retenir qu’un titre qui nous représente, ce serait Hi-way, qui reprend ce que nous avons fait avant, avec les harmonies vocales, le gros son, et il s’appelle Hi-way, en deux mots, alors « this is Highway »… Oui, je dirai celui-là.

Quels sont vos projets de tournée pour défendre ce nouvel album ?

Benjamin : On a beaucoup de discussions autour de futures dates, on en a 5 qui sont confirmées et annoncées : il va y avoir Dijon le 18 avril, en mai ce sera le Brin de Zinc à Chambéry, notre release party au Rockstore de Montpellier le 30 mai, on laisse passer l’été et on sera au Backstage By The Mill à Paris le 19 septembre et retour du côté de Montpellier au Just N Fest le 2 octobre.

Paris, je ne pourrais pas y être, je suis sur un autre festival…

Ben : Le Crick ? Non, le Zik n dry (NdMP : le 19 septembre prochain, à Dry (45) avec en têtes d’affiche Crucified Barbara et H.E.A.T) ? Deux personnes qui nous ont interviewés avant nous ont dit qu’elles y seraient aussi…

Benjamin : Ce sera peut-être pour nous l’occasion de venir jouer sur Orléans, s’il y a des festivals comme ça…

Il n’y a pas que des festivals… Sur Orléans et alentours, il y a plein de super salles, de 200-400 places, avec des conditions d’accueil au top.

Benjamin : C’est bon à savoir… En tous cas, on travaille aussi les plans pour des festivals en 2027. A suivre !

J’ai aussi vu sur votre site qu’aujourd’hui vous n’êtes plus quatre mais cinq musiciens. C’est quand même un grand changement dans le groupe ! Qui est le cinquième membre ?

Benjamin : Déjà, on va demander « qui est le quatrième » ? On a changé un peu de line-up, on changé de bassiste, Sam Marshal a eu envie de faire d’autres choses avec ses nouveaux groupes. Du coup, on a recruté Cerise Pouillart, notre nouvelle bassiste. C’est aussi une nouveauté pour nous de travailler avec une fille…

Ben : A la base, elle est guitariste et chanteuse, et elle s’est mise à bosser la basse comme une dingue, les chœurs aussi parce qu’elle chante aussi… Elle a une super voix !

Benjamin : Elle a été pendant 12 ans leadeuse des Ladies Ballbreaker, elle a tourné plus d’une fois avec ce tribute…

Tribute d’un groupe que vous n’aimez pas du tout, d’ailleurs !

Ben : Non, pas du tout (rires). Elle nous apporte toute cette expérience et c’est vraiment intéressant. Maintenant, le cinquième…

Benjamin : On a muté, on est passés à cinq : on a recruté Flo (Florian Arnaud) à la guitare qui amène lui aussi sa guitare et sa voix – c’est aussi un excellent chanteur ! Pourquoi in est passé à cinq ? Parce qu’on voulait vraiment mettre en avant, sur scène, les guitares qu’il y a sur l’album.

Ben : On s’est un peu lâchés sur l’album et ça aurait été dommage d’amputer ces arrangements qu’il y a sur l’album. On aurait pu le faire mais sur le disque, c’est vrai qu’on est allés assez loin au niveau des grattes, donc on a pris ce guitariste avec qui, en plus, ça matche humainement. On le connait depuis longtemps, on a fait quelques concerts avec lui et quand Sam est parti, on s’est dit autant proposer une vraie nouvelle version du groupe. On écrit une nouvelle histoire, un nouveau chapitre. On apporte quelque chose de vraiment nouveau, avec des nouvelles guitares, de nouveaux chœurs…

Benjamin : Comme le dit Ben, on voulait cette nouveauté, et il y a cette fraicheur, cette énergie qui nous ont poussés à travailler différemment, amener un nouveau show sur scène, une nouvelle dynamique.

Ben : On a vraiment hâte de présenter ces morceaux sur scène, notre nouveau show, et que vous veniez nous voir…

Ou que vous veniez nous voir (rire général) ! Si vous deviez aujourd’hui réenregistrer un de vos albums avec le line-up actuel, ce serait lequel ?

Ben : Ah, dis… C’est dur comme question !

Benjamin : Peut-être U.S…

Ben : Oui, peut-être United States of rock n roll…

Benjamin : Il y a plein de trucs qu’on ne savait pas faire à l’époque et qui le ferait sonne bien mieux maintenant.

Il était déjà bien…

Benjamin : Mais le refaire avec des voix féminines, ça serait super. C’est un album que j’adore, mais ça lui donnerait une autre ampleur. Les morceaux sont vraiment cool, mais il mériterait quelque chose…

On sait qu’un groupe de rock en France ne vit que rarement de sa musique. Quels sont vos autres activités professionnelles ?

Ben : On a des statuts différents : le noyau dur, Ben, moi et mon frangin (Romain Chambert, batterie) on a des boulots à coté…

Benjamin : Moi, je suis directeur, je manage une équipe de sept personnes qui vend de la déco de maison, des tissus, du parquet…

Ben : Moi, je suis radiologue, en imagerie médicale. Romain, lui, est inspecteur du travail. C’est bien, parce que quand on n’est pas déclarés sur les concerts, il peut arranger les choses (rires). Flo et Cerise sont tous les deux dans la musique…

Benjamin : Flo est prof de guitare, Cerise est prof de chant.

Si vous deviez penser à une devise pour Highway, ce serait quoi ? Benjamain, je t’avais déjà posé la question…

Ben : Ah ? J’avais dit quoi ? En attendant, je dirai No limit (Benjamin acquiesce). C’était notre mantra en studio, No limit ! On fait ce qu’on veut, et on y va à fond…

A l’époque tu me disais « Enjoy, have fun »

Ben : Tu vois quand je te dis qu’on est good vibes ! C’est exactement ça ! Maintenant, c’est devenu « No limit » (rires) !

Interview: MAGOYOND

Interview MAGOYOND. Entretien avec Julien « Le Mago » (chant). Propos recueillis le 17 mars 2026

Julien, une chose que j’ai remarquée avec vos derniers albums c’est qu’ils sortent maintenant à intervalles réguliers : Kryptshow est paru en 2019, Necropolis en 2022 et Zeppelin en 2025. Tous les 3 ans, c’est un rythme que vous vous imposez chez Magoyond ?

Pas vraiment, mais c’est vrai que cette régularité nous plait… On joue et on digère les morceaux sur scène et on a envie de nouveauté. C’est un bon ratio de temps mais, en même temps, si on regarde chacun de ces albums, de Kryptshow à Zeppelin, le nombre de morceaux diminue !

Il y a aussi une particularité parce que Magoyond ce n’est pas qu’un groupe, vous travaillez souvent avec un orchestre, ce qui nécessite du temps et de l’organisation. Comment combinez-vous tout ça, comment procédez-vous pour la composition et les arrangements ?

D’abord, le financement participatif nous aide à orienter la manière dont on travaille. On peut très bien travailler seuls dans nos studios avec nos instruments, comme on l’a fait pour Kryptshow, par exemple, sauf que pour avoir une plus grande liberté créative on a instauré le financement participatif autant pour le côté « précommandes » que pour la possibilité de dépasser le budget prévu et d’aller plus loin en termes de créativité, de fonctionnalité – enregistrer avec des chœurs, des orchestres… Il n’y aurait que nous, on fonctionnerait très bien aussi, mais, avec le financement participatif, la dimension… « grandiloquente » nous force à nous dire qu’il va falloir composer non pas avec quatre personnes mais avec cent à cent vingt personnes. A nous d’imaginer combien de temps cela peut nous prendre et on se laisse porter par le tout.

Les thèmes – l’esprit musical et l’esprit littéraire – du groupe restent ancrés dans le fantastique. Ça remonte au premier album, Pandemia, avec la SPZ – Société Protectrice des Zombies.

C’est exact, le fantastique nous nourrit mais, surtout, je ne sais écrire que des choses qui racontent des histoires dans des thèmes qui me parlent. J’ai beaucoup plus de mal à parler de mes déchirures, de ce qui me fait du mal… Je suis beaucoup plus à l’aise en développant un univers – à la base, c’est ce qu’on fait : développer un univers en l’agrémentant musicalement. Au fur et à mesure des albums, l’histoire s’étend, se complexifie, devient plus dense… On ajoute des protagonistes, des lieux, on se fait plaisir sur ce qu’on veut raconter. On voyage en même temps que l’auditeur, mais on a un an d’avance.

Vous projetez déjà sur ce qu’il va se passer avec le prochain album ?

C’est ça, on essaie toujours d’avoir des petits coups d’avance tant dans la composition que du point de vue de l’histoire. On fait tout pour surprendre. L’important c’est de ne pas faire du réchauffé et de surprendre avec de la nouveauté. Souvent, quand on termine un opus, je sais déjà ce qu’il va se passer. Parfois, même les membres du groupe ne sont pas au courant… J’ai plusieurs pistes, on en discute et celles qui fonctionnent le plus… on saute dedans !

L’un d’entre vous s’occupe plus particulièrement des arrangements finaux (il confirme). Musicalement, qui arrive avec les bases ? Toi, tu as l’histoire, le textes, mais le reste ? Je mets l’orchestre à part…

L’orchestre à part, ok. Magoyond fonctionne à quatre, et il est hyper important de se dire que si chacun fait quelque chose de son côté, ce n’est pas du Magoyond. Ça devient du Magoyond quand on travaille ensemble. Vito va travailler sur des riffs très rentre-dedans, Aspic sur les orchestrations, moi j’apporte en effet le côté textuel, narratif. J’écris des speaches pour que cette chanson soit plus dans telle ambiance ou tel esprit. Nobru, le batteur, s’occupe de toute la partie rythmique, et c’est en mettant tout ça en commun qu’on parvient à créer nos chansons. 90% du final proviennent de ce travail collectif, 10% par magie, au mix, en tranchant sur des idées parce qu’on n’arrive pas à se décider ou que c’est un peu compliqué… A un moment, ça peut coincer… C’est aussi ça la beauté de ce groupe parce qu’on fait tout ensemble.

Tu viens de dire « j’écris des speaches ». Te considères-tu plus comme chanteur ou comme narrateur ?

Eh bien, tu l’as dit : narrateur ! J’écris des histoires et je suis venu à la chanson parce qu’il fallait bien que quelqu’un chante mes textes… Au début de Magoyond, j’écrivais des chansons un peu humoristiques et je me suis dit que j’allais m’y coller, mais sans aucune prétention. Sans jamais avoir pris un cours de chant de ma vie, sans connaitre le solfège… après, au fur et à mesure des albums, j’ai compris que le projet prenait de l’ampleur et j’ai dû m’y mettre, très sérieusement. J’aime bien cette image du passeur d’histoires. D’ailleurs, je considère nos albums et nos chansons comme des nouvelles, des petites nouvelles dans une grande anthologie du fantastique, de l’horreur, comme tu veux, et j’en suis le principal conteur.

Aujourd’hui, je considère vos histoires plus comme du fantastique mais il peut y avoir, à l’avenir, des situations plus horrifiques…

Oui, c’est ça, en effet !

Cette évolution de l’histoire nous amène à l’organisation d’un voyage et vous avez des idées assez délirantes avec notamment cette carte d’embarquement qu’on retrouve dans le CD… Il est censé y avoir combien de voyageurs dans ce Zeppelin ?

Il y en a 10.000 – il n’y a pas 10.000 cartes d’embarquement, mais dans l’histoire on embarque 10.000 zombies de Necropolis avec nous. Peut-être qu’on en perdra en vol, on en récupèrera certainement d’autres en cours de route (il rit). Mais c’est ça qui est intéressant : on peut tout faire. Ce que tu soulignes, là, c’est vrai : on aime travailler les artefacts et quand on fait des produits dérivés, quand on travaille l’ambiance, l’immersion, vu qu’il y a deux graphistes dans le groupe, dont moi, c’est hyper jouissif de créer des artefacts qui auraient tout à fait pu se trouver dans cet univers. Un peu à la manière de Harry Potter ou du Seigneur des anneaux, on est bercés dans cette pop culture. Donc on crée des éléments graphiques qui rattachent directement aux chansons. Plutôt que d’avoir un t-shirt de groupe ou un décapsuleur ou autre, dès qu’on crée quelque chose, ce sera relié à notre univers, à une chanson. Et ça nous permet d’être palpable, les chansons prennent vie et ça va dans le processus de narration.

Ca se retrouve également sur votre site avec du merch qu’on n’a pas l’habitude de voir…

Oui, parce que, grâce à notre métier, on sait fabriquer des objets. L’idée pour moi, et pour l’équipe, c’est de pouvoir proposer des choses que les gens n’ont pas l’habitude de voir avec un très bon rapport qualité/prix. Et nous, ça nous permet, dès qu’on a une idée un peu et qu’elle est un peu farfelue, de se dire « est-ce que c’est réalisable ? Et pourquoi pas ? » Une petite parenthèse : vu la thématique du dernier album, Zeppelin, une de nos compagnes nous a suggéré l’idée de faire un passeport à faire tamponner lors des dédicaces en concert, avec un tampon différent pour chaque endroit où on va. Eh bien, plutôt que de faire des dédicaces sur un bout de papier comme ça, à l’arrache, on l’a matérialisé sur un passeport hyper immersif, passeport de Necropolis avec les tampons… Quand les gens viennent nous voir, on marque la ville, la date… Plus qu’une simple réflexion sur les produits dérivés, on se demande comment aller encore plus loin pour surprendre et pour que les gens adhèrent…

Justement, quels sont vos projets de concert pour défendre Zeppelin ?

On en a fait pas mal entre la fin et début pour commencer la promo de l’album. Tous étaient sold-out, c’était super, mais je ne te cache pas que, étant un groupe indépendant sur Paris, sans label et sans tourneur, ce n’est pas facile d’avoir des dates mais on se débrouille quand même. Prochainement, on va jouer en Belgique et puis il va y avoir quelques festivals cet été, le Volcanic Fest, Lyon, Lille, et d’autres dates. On aimerait plus défendre notre musique sur des grandes scènes, mais les places sont chères… Donc on va où le vent nous porte.

Tu disais que dans le groupe il y a deux graphistes. On sait qu’un groupe de rock ne vit pas de sa musique, quelles sont vos autres activités hors Magoyond ? Je crois qu’Aspic est totalement engagé dans la musique… On ne parle pas de l’orchestre, encore une fois !

Non, bien sûr, mais l’orchestre, c’est en effet le travail d’Arnaud – Aspic – qui est musicien professionnel, il consacre sa vie à ça. Il est bassoniste baroque, il a son orchestre baroque avec qui on a collaboré pour Zeppelin. Victor – Vito – est chef opérateur pour la télé, donc on fait nos propres images aussi bien en papier qu’en vidéo. Nobru et moi, nous sommes directeurs artistiques, moi, en free-lance. On arrive à coordonner nos emplois du temps puisque dans le groupe il y a des intermittents et que nos statures nous laissent un peu de place pour la création et notre projet qui prend de plus en plus d’ampleur. Quand tu vois nos quatre profils, on est presque une agence… On pourrait travailler pour Magoyond comme on le ferait pour un client professionnel ! On aime créer nos propres images, on le fait pour des gens – je le fais dans la pop culture, j’accompagne des groupes de musique, des gros projets de la pop culture, des youtubeurs, la télé… On a ce sens de la création et… on est bien tombés !

Revenons un peu à la musique, comment décrirais-tu la musique de Magoyond, notamment celle de Zeppelin, à quelqu’un qui ne vous connait pas du tout ?

C’est une question difficile, parce qu’il y a plusieurs styles… Je dirais d’abord qu’on se rapproche du metal symphonique. On a pleins de codes du genre mais on n’en est pas, on est assez avant-gardistes dans notre manière de composer avec, à la fois, du metal moderne, du symphonique, du cabaret metal. Souvent, quand on dit « cabaret metal », les gens int des images en tête… Le style qui n’est pas du tout référencé en France mais qui nous caractérise, c’est du cinematic metal, qui te fait avoir des images en tête. On en trouve beaucoup en Europe du Nord et aux Etats Unis, mais pas trop en France.

Zeppelin a la particularité d’être composé de deux parties : six chansons – ou six narrations – et leurs versions instrumentales. Maintenant, si tu devais ne retenir qu’un seul des morceaux de cet album pour expliquer l’esprit de Magoyond aujourd’hui, ce serait lequel ?

Alors, je vais te citer le morceau que le public a posé en figure de proue de Zeppelin, c’est Pavillon noir. Ce n’est pas forcément ce qu’on avait prévu, même si c’est très difficile d’imaginer un seul titre… Pavillon noir a cette particularité d’être une peu consensuelle, d’avoir un refrain fédérateur, un gros riff, elle est dans le format de 3’30 qui passe bien partout, elle surfe entre le côté metal moderne et les aspects un peu plus symphoniques des refrains, donc je pense que c’est une bonne manière de présenter un one-shot de tout ce que Magoyond peut faire. A la base, j’aurai voulu te dire We come in peace qui se rapproche beaucoup de l’aspect théâtral, grandiloquent, mais il faut croire que Pavillon noir a su atteindre le public.

Maintenant, on l’a vu tout à l’heure, trois années séparent Necropolis de Zeppelin. Comment analyserais-tu l’évolution de Magoyond entre ces deux albums ?

Zeppelin a été vraiment pensé pour le live, pour que les chansons soient vraiment scandées, chatées, pour quelque chose qui soit plus direct. Necropolis, on a pris notre temps, c’est la première fois qu’on découvrait l’orchestre symphonique, le chœur, des morceaux plus lents, plus énormes, et c’est ce que certains peuvent nous reprocher en écoutant Zeppelin, « il manque un petit ingrédient ». Mais je pense que Zeppelin est plus efficace, plus rentre dedans. Necropolis est un album qu’on aime beaucoup, qu’on va continuer à jouer longtemps, mais il est moins un album de live. Aujourd’hui, on a trouvé une recette et tous les morceaux qu’on va faire évoluer dans cette veine-là, notre style s’affine.

Tu parles d’évolution ; comment travailles-tu ta voix qui est naturellement grave, profonde, mais il y a beaucoup de choses dans ta narration. Tu as une technique particulière ?

Depuis Zeppelin, j’ai un coach vocal pour tout ce qui est saturation et calage de la voix. Il y a des choses que je ne maitrisais pas forcément avant. Je fais du théâtre depuis qui j’ai 7 ans, je viens de la série audio et de la radio, où on apprend à jongler avec sa voix. C’est pour ça que dans Magoyond il y a ce « parlé-chanté » qui est une zone de confort pour moi. Je connais peu le chant, je le découvre encore après des années. Par contre, prendre des voix, incarner des personnages, c’est quelque chose que j’aime beaucoup faire, et donc, on cherche, on regarde ce qui fonctionne ou pas… Certaines choses sont très naturelles, d’autres sont très compliquées à sortir.

Au-delà du fantastique dont nous parlions avant, quelles sont vos inspirations aux uns et aux autres ?

Je ne vais pas parler pour le groupe, mais nous avons tous un trait commun : des groupes qu’on écoute beaucoup comme Periphery, Tesseract, ou plus récemment Sleep Tolen ou Spiritbox qui nous rassemble. Pour les plus anciens, il y a la base d’Iron Maiden, Dream Theater, Aerosmith ou Sash, qui restent communs à tous. Après, on est tellement éclectiques que chacun a ses références. Aspic, qui est dans la musique baroque, a suivi un enseignement très strict et a des références que nous n’avons pas. Là où nous nous retrouvons tous, c’est la musique de films… Je pourrai te citer Hans Zimmer, John Williams, la BO de Matrix aussi. On s’est rapproché de ses groupes qui ont un fond très moderne, et on essaie de nous rapprocher de ça tout en gardant des codes « à l’ancienne ».

Cet Ep nous invite à un voyage, même à une fuite (il confirme). Tu disais avoir déjà un an d’avance, alors, la suite va ressembler à quoi et vous la prévoyez pour quand ? Dans trois ans ?

Pas forcément… Le format Ep nous intéresse beaucoup, plus que le format album qui est aujourd’hui un peu désuet, les labels sortant des singles et Ep à foison, l’album n’est finalement qu’un… assemblage de tout ce qui a été fait avant. On ne sait pas si on va continuer ce voyage sous la forme d’un Ep ou de petites capsules. Mais je sais déjà où on arrive et ce n’est pas qu’à un seul endroit. Necropolis nous a permis de partir, de prendre la fuite, mais on va probablement arriver n’importe où sur la planète et pas qu’à un seul endroit. Chaque chanson pourrait être à un endroit différent ou, si on fait un Ep, on pourrait se concentrer sur un endroit du monde… On a beaucoup d’idée, nous devons aussi nous structurer d’un point de vue musical. Avant, on était un peu bloqués, d’un point de vue narratif on pouvait difficilement faire des chansons avec des consonnances asiatiques ou africaines… ça aurait été bizarre alors que là, on pourrait très bien avoir du metal tribal à la Sepultura ou d’autres choses plus asiatiques, tout simplement parce que notre Zeppelin nous permet de nous déplacer n’importe où sur la planète. L’avantage, aussi, c’est qu’on ne sait pas si on va découvrir des gens qui ont, eux aussi, subi l’apocalypse ou n’ont pas encore été touchés. Cette ouverture, je la trouve fantastique parce que je peux tout écrire, on pourra se retrouver sur des endroits, des zones particulières… On pourra aussi traiter du zombie vaudou, le zombie originel qui pourra nous amener en Haiti. On a des personnages forts, et j’ai bien envie de voir à quoi va ressembler Magoyond dans quelques années. Je pense que ça va être intéressant !

J’espère que tu n’es pas le seul à avoir envie de voir où sera Magoyond dans quelques années ! Je pense que votre style reste particulier, on accroche ou pas, mais je crois que le public qui accroche reste fidèle.

On le voit beaucoup et je pense que tu as raison.

Autre chose que je remarque, c’est le côté monochrome de chaque pochette d’album : dans les tons gris/noir pour Kryptshow, marron pour Necroplois et violet pour Zeppelin. J’imagine qu’il y a là encore une volonté du graphiste ?

C’est vrai, chaque album a sa couleur, camaïeu. C’est un peu l’héritage un peu rétro, certains albums de Maiden, par exemple, avaient une couleur dominante. Nous, on conçoit nos albums et les illustrations comme une gamme de couleur qu’on fait évoluer, tel un camaïeu. Je pense que c’est l’héritage Maiden – tu sais qu’ils ont ressortis tous les albums et sur la tranche tu vois Eddie, un peu comme la collection des James Bond ou d’autres (NdMP : on pourrait citer Saxon et son aigle, Megadeth et Vic Rattlehead ou encore Scorpions et sa signature…). Quand tu prends le CD, tu sais qu’il fait partie d’un tout, et j’imagine nos albums comme ça. Il y a un dégradé de couleurs qui se fait assez naturellement, et on sait déjà que le prochain sera dans les tons bleus… ce qui en dit un peu plus sur la suite… C’est un peu gratuit. C’est beau, ça nous plait et on voit les époques. C’est d’ailleurs pour ça que quand on a refait Pandemia, notre premier album, qui était un peu vert, pas assumé, on l’a refait bien vert, acide comme on l’imaginait. Mais à l’époque, on n’avait pas les ressources pour le faire. On a édité une nouvelle version vinyle, ce qu’on n’avait jamais fait. Le financement participatif de Zeppelin nou s a permis de faire un sacré record et dans les paliers qu’on a débloqués, on s’est offert la réédition en vinyle collector de Pandemia. On a donc fait refaire l’illustration et on plus assumé les couleurs, le côté « comics », et là il rentre plus dans la collection.

Tu parles de Pandemia, votre premier album… Il y a eu une évolution du line-up de Magoyond au fil des ans, line-up aujourd’hui stable. Si tu devais réenregistrer un de vos albums avec le line-up actuel, ce serait lequel ?

Mmmhhhh… Eh bien je pense que ce serait Kryptshow, avec un orchestre, en ajustant quelques petits détails sur certaines chansons. Les chansons ont été composées entre 2012 et 2019, donc il y a déjà eu des évolutions, mais je pense que cet album, avec un orchestre comme on le fait aujourd’hui, ce serait top. Pandemia est beaucoup trop dans son jus, trop jeune, même si on trouve des éléments qu’on retrouve aujourd’hui, mais il part un peu dans tous les sens !

Pour terminer, si tu devais imaginer une devise pour Magoyond, ce serait quoi ?

Une devise… Ah, c’est pas facile comme question… Je dirai, c’est une anthologie de la fin du monde. Comme les Contes de la crypte ou les Chair de poule…

Interview: HOLY FALLOUT

Interview HOLY FALLOUT. Entretien avec Paul Girardot (chant, guitare), propos recueillis le 13 février 2026

Paul, c’est la première fois que nous échangeons, commençons par une question classique : quelle est l’histoire du groupe ?

Holy Fallout s’est formé en 2018 et, comme beaucoup de groupes, il y a eu des changements de line up. La formation actuelle existe depuis environ deux ans maintenant. Il y a Flo à la guitare, Matt à la basse, Adrien à la batterie et moi au chant et à la guitare. On a un peu redirigé le style global de la musique, c’est-à-dire qu’on a commencé vraiment dans le prog et on conserve ces racines-là tout en, progressivement, nous en éloigner.

Comment décrirais-tu la musique de Holy Fallout à quelqu’un qui ne vous connait pas, justement ? Pour l’inciter à vous découvrir.

C’est marrant parce que c’est un peu ce qu’il s’est passé lors d’un concert du côté de Nantes : dans le public, il y avait des gens qui n’écoutent pas du tout de metal et qui ont apprécié ce qu’on fait. Je dirai que c’est une porte d’entrée au metal, quand on n’en écoute pas, dans le sens où… Pour moi, on fait du metal alternatif : on a une base metal, un son metal et des ingrédients mais on n’est pas non plus dans ce qui se fait de plus extrême. On mixe divers éléments, du rock, de la pop, parfois un peu d’électro à une base metal. C’est ce qui nous défini, je pense.

J’ai même détecté quelques influences rap…

Ouais, ça, c’est quelque chose qui vient du neo metal ! On en est tous un peu client, c’est ce qui a marqué notre adolescence. Je continue d’en écouter, je trouve que c’est un style qui est assez riche, tu mets autant Rammstein que Marilyn Manson dedans, c’est la première hybridation du metal avec une musique plus mainstream…

Dans ma chronique, je fais aussi une comparaison, pour le début de votre album, avec un autre groupe plus ancien, Headcharger. Vous avez des affinités avec cette formation ?

Pour tout te dire, on a découvert cette ressemblance avec a chronique. On connaissait ce groupe de nom, mais on n’a jamais… J’en ai écouté dernièrement parce qu’on participe à une compétition sur Twitch, le metal combat, et pour la phase des poules 3, une partie du jury a aussi trouvé qu’on avait quelques ressemblances avec Headcharger. Personnellement, je ne trouve pas du tout. Eux, il n’y a pas de samples, on est moins sur le neo metal… Vocalement, c’est possible, d’autres personnes du groupe ont écouté et m’ont dit qu’il y a quelque chose dans la voix. C’est marrant cette ressemblance, tu n’es pas le seul à nous en parler, je crois qu’il y a eut 2 chroniques qui l’ont noté, et le Metal Combat… On nous a même dit que ce serait bien de nous éloigner de cette influence alors que… ce n’est pas du tout une influence !

Après ce premier titre, vous vous éloignez de cette ressemblance. Quelles sont vos influences aux uns et aux autres ? Il y a du neo metal, de l’extrême, et du prog, OK…

On balaie pas mal de styles du metal, du prog à l’extrême, mais il n’y a pas que ça, en fait… Il y a du prog, Haken, Leprous ou même Dream Theater, que je n’écoute plus trop mais c’est le genre de groupe qui façonne ta manière de réfléchir, de composer. On écoute un peu de classic rock, du rock progressif comme Pink Floyd ou Steven Wilson. Personnellement, j’écoute un peu de rap, de jazz, de la musique de films… C’est très vaste, on écoute beaucoup de choses différentes.

Comment vous organisez vous pour la composition ? L’un de vous arrive-t-il avec une base ou est-ce plus un travail collectif ?

Il y a une base : je fais des maquettes, avec ou sans paroles. Après, on sélectionne les idées qui nous plaisent le plus, on les travaille individuellement – le batteur va refaire ses parties de batterie, le bassiste pareil avec la basse… N’importe qui peut proposer ce qu’il veut et on assemble. On déconstruit pour mieux construire, en somme. Pour 404, on est partis de mes maquettes, on travaillait avec un ingé son, Dany Letouchard qui nous a enregistrés et a produit l’album. Il avait lui aussi son mot à dire et a proposé quelques choses. On a eu une oreille externe au groupe et il a fait partie de l’aventure. Parfois, tu es le nez dans le guidon et tu ne vois pas le choix le plus judicieux. Il nous a bien aidé pour ça.

Pourquoi ce titre, 404 ?

J’aime bien ce côté un peu simpliste dans un titre mais qui peut aussi être bourré de significations. La première qu’on connait, c’est bien sûr l’erreur 404 en informatique, le néant… Et je trouvais intéressant de mettre ça en rapport avec notre société actuelle qui devient de plus en plus « technoïsée », on est de plus en plus tributaires de ces outils que nous créons au point de nous effacer devant… Nos téléphones portables, les réseaux sociaux qui prennent de plus en plus d’importance. Ne faisons-nous pas une erreur en leur accordant autant de place ?

Quel parallèle y a-t-il entre ce titre et l’illustration de couverture. On voit que c’est une mer déchainée, mais tournée à 90°, on peut y voir un géant de pierre, une montagne qui s’effondre…

Cédric Balait, notre graphiste, a son atelier, et on lui a passé les maquettes, qu’il a écoutées pendant des semaines et il est arrivé avec cette idée, nous disant « voila ce que ça m’inspire ». Quand tu es au beau milieu de l’océan, tu peux avoir ce sentiment d’être perdu. Quand tu retournes la photo, tu peux y voir autre chose. On aime beaucoup ce côté minimaliste, c’est une photo, mais ça fourmille d’idées et chacun peut y voir différentes choses !

Comment analyserais-tu l’évolution de Holy Fallout entre vos deux albums ?

On est dans des formats un peu plus courts, des morceaux un peu plus… « classique » dans les structures avec toujours ce point commun de chercher l’émotion, de chercher ces ascenseurs qui sont un peu notre marque de fabrique. Le côté doux et violent à la fois, on le retrouve dans les deux albums, mais les morceaux sont maintenant plus taillés pour le live. On prend beaucoup de plaisir à jouer et je pense que ça se ressent dans le public. On essaie de proposer quelque chose d’unique, avec des barres LED, on cherche à illustrer nos morceaux…

Si tu devais ne retenir qu’un seul titre de 404 pour expliquer ce qu’est aujourd’hui Holy Fallout, ce serait lequel ?

Crippled, je dirai. C’est le morceau d’ouverture, et c’est pas pour rien qu’il ouvre l’album. Il est rentre-dedans et il a aussi ce côté un peu… un peu plus original et fouillé. Il y a un travail sur les voix. Un mec nous a dit « c’est Pentatonix qui rencontre Sepultura ». Il y a effectivement un travail sur les voix avec un coté très rentre dedans. C’est difficile de résumer un groupe à un seul morceau, on n’a pas envie de se cantonner à un seul style. Tout ce qui nous plait en musique, on a envie de le faire, un peu à l’instar de Pain Of Salvation… A chaque album, ils proposent quelque chose de différent tout en étant reconnaissable. J’espère pouvoir m’approcher de cet esprit…

On sait bien qu’un groupe de rock aujourd’hui ne vit pas, ou très difficilement, de sa musique. Quelles sont vos autres activités pour subvenir à vos besoins du quotidien ?

On a des métiers à côté. Je suis prof d’anglais dans le secondaire, Adrien, le batteur, est ingénieur e électricité, notre guitariste est ingénieur dans une autre boite, Matt, notre bassiste, travaille à l’usine mais je ne sais plus quel poste… On a tous de l’alimentaire à côté.

Quelle pourrait être la devise de Holy Fallout ?

Il y en a plusieurs, dont une qui me vient en tête… C’est plus une private joke, mais on la trouve assez incroyable. C’est « une seule issue ». C’est un groupe qui s’appelle Seuil d’Alerte qui utilise ça. Il y en a une deuxième, plus en rapport avec notre côté humain, c’est « quand tu tombes de cheval, il faut remonter en selle ».

Interview: MESSALINE

Interview MESSALINE. Entretien le 13 mars 2026 avec Eric Martelat (Chant)

Ce qui est agréable avec Chatos – le surnom d’Eric Martelat, chanteur et fondateur de Messaline – c’est qu’un entretien n’en est pas vraiment un. C’est plus proche d’une conversation entre potes qui se retrouvent, quand bien même ces derniers ne se seraient pas vus depuis 10 ans. Alors discuter de (alias Lilith), le dernier album des Bressois est un moment de partage plus que sympathique.

Eric : Tu as reçu l’album quand ? On sent bien, quand on lit ta chronique – superbe, et je t’en remercie – que tu as pu l’écouter plusieurs fois, et ça, c’est cool.

Metal Eyes : Je ne sais plus exactement quand je l’ai reçu, mais, oui, je l’ai écouté plusieurs fois. Ça fait maintenant quelques temps que nous n’avons pas échangé, la dernière fois, c’était pour Illusions barbares, et il s’est passé plein de choses depuis… On ne va pas revenir sur 10 ans de vie, mais je voudrais que nous revenions un peu en arrière puisque vous avez publié un Ep, Braconniers du silence, qui a été enregistré en aout 2023 au parc des oiseaux lors d’un festival. Qu’est-ce qui vous a amenés à enregistrer ce disque dans ces conditions, lors d’un festival qui n’est pas du tout metal ?

C’était l’occasion… C’est un festival qui se déroule sur un mois avec une tête d’affiche par soirée. Parfois, il y a une première partie, parfois pas. Cette année-là, Stephan Eicher n’en avait pas. Donc, j’ai démarché en proposant que nous fassions un concert en acoustique, revisiter nos morceaux. J’ai trouvé un second guitariste qui était plutôt acoustique et qui nous a permis de faire beaucoup d’arrangements. On a enregistré une maquette qu’on a envoyé à l’organisateur qui nous a dit banco. Quelques jours avant, avec l’ingénieur du son, on a décidé d’enregistrer tout le concert en nous disant « ben, si c’est bien, tant mieux, sinon, tant pis ! » Ce soir-là, on jouait 30’, on a bien joué et quand on a écouté les bandes, on s’est dit qu’il avait quelque chose à faire avec… On l’a mixé, sorti en Ep. On sent bien la connivence entre les musiciens. Ce qui est rigolo, c’est que je voulais que, sur les 5 morceaux, il y ait des titres que le public connait très bien, et on a fait exprès de prendre quelques risques puisqu’il y avait 3 titres de Vieux démons qui venait de sortir, qu’on a réarrangés. C’était un beau challenge, mais on a aussi joué deux inédits, dont Geisha et Maistre Flamel qui étaient déjà composés et qu’on a proposé en goodies aux fans présents ce soir-là.

Tu dis que vous avez décidé de prendre des risques, mais pas tant que ça, avec des morceaux que le public connait déjà. Mais surtout, il y a eu un gros, gros changement de line-up. Qu’est-ce qui a amené ces changements ?

Le gros changement, ça a été en 2018 lorsque Mickael Colignon, le guitariste fondateur du groupe avec moi, a décidé d’arrêter complètement la musique, après Illusions barbare. Matthieu Gilbert, guitariste compositeur est arrivé, ainsi que Alain Blanc à la batterie. A la sortie de Vieux démons, le bassiste qui était avec nous depuis quelques années a décidé d’arrêter. Charlie est arrivé à la basse, et c’est à ce moment-là qu’on a décidé d’inclure Agnes Gilbert aux chœurs pour harmoniser encore plus les voix.

Il y a une période que nous avons tous vécu différemment, entre Illusions barbares et Vieux démons, la période de crise sanitaire…

Et la crise sanitaire nous a permis de composer Vieux démons, qui est sorti en 2022. On l’a composé avec Matthieu pendant le Covid. Ça nous a permis de nous poser, chacun de notre côté, d’écouter nos vieux vinyles et de nous dire que c’est bien les années 70 qu’on aimait dans l’histoire du rock. Finalement, ça nous a fait prendre un virage parce que Messaline est moins typé Heavy metal que ce qu’on faisait sur nos premiers albums. On est plus dans le hard rock, classic rock. Ça laisse plus de place au chant français. Ce style de rock, plus mélodique et plus posé met plus en valeur les textes. Ce changement de direction, finalement, c’est sur le fond – pour le coté musical – et sur la forme. Parce je trouve que les textes s’incorporent mieux à la musique.

Les gens qui suivent Messaline, ceux qui te connaissent et lisent les paroles savent à quel point tu es un amoureux des mots. Alors des mots, pas des maux… J’ai l’impression parfois qu’avec toi il vaut mieux toujours épeler ces mots, justement (il rit). On les retrouve tout le temps, ces jeux de mots, j’en veut simplement pour preuve le titre Les piqures d’Hades qui joue sur le coté Epicure, et les gens qui te connaissent savent que tu es aussi un bon vivant. Alors quel rapport entre l’épicurien que tu es et Hades, le dieu des enfers, certainement un bon vivant aussi, plus chaleureux que d’autres ?

Tu as la réponse dans ta question, c’est exactement ça… Quand je commence le texte, je dis que tout ce qui est bien est mal. J’ai l’impression que, maintenant, tout ce qui peut apporter du plaisir, l’épicurisme, est montré du doigt… La bonne bouffe, l’alcool, etc…

Un bon vin rouge aussi… A chaque fois qu’on s’est rencontré, tu avais un verre de vin à la main !

(Rires) Oui ! Oui, oui ! C’est exactement ça, et effectivement… Ne vaut-il mieux pas faire la fête aux enfers que de s’emmerder au paradis ? L’éternelle question… Les piqures d’Hades c’est ça… Il y a des hommes politique qui veulent passer pour des gens bien mais ce n’est pas forcément le cas… Où placer le curseur ? L’histoire des Alias de l’album, c’est exactement ça : on avance tous un peu masqués dans cette société, on a tous une double personnalité. Moi, ça m’intéresse d’autant plus que je suis gémeaux qui est réputé pour avoir une double personnalité. Mais je pense qu’on a tous un peu ça. Regarde les hardos : certains vont au boulot en costar-cravate et le soir, tu les retrouve en concert de metal extrême avec leurs vestes à patches… On a tous un alias…

Tu viens d’expliquer le pourquoi des changements de line-up, et il ya une chose qui me marque aussi, à l’inverse, c’est la fidélité de Messaline à Alain Ricard et son label Brennus music… Vous n’avez jamais changé de label…

Non, c’est vrai. Alain, c’est quelqu’un qui donne totalement sa confiance aux groupes qu’il travaille, il ne veut même pas écouter une seconde de ce que tu fais… Il n’y a pas de producteur ou de label manager qui nous dise qu’il faut plus de ceci ou moins de cela. C’est vrai que pour cet album on s’est posé la question de savoir si on n’allait pas chercher ailleurs parce qu’il y a certains titres qui sont carrément plus rock. Et finalement, on se dit qu’il y en a marre de mettre les gens dans des cases… Brennus est connoté metal ? On a toujours été bien chez Brennus, alors pourquoi changer maintenant ? La fidélité aussi, c’est quelque chose qu’on doit garder, surtout dans ce milieu où tu vois plus de personnes qui te poignardent dans le dos que de te rester fidèles… On en connait toi et moi quelques-uns, je pense… Autant continuer avec les personnes qu’on aime et avec qui on aime bien travailler…

Maintenant qu’on a parlé du label, parlons de la musique : comment décrirais-tu aujourd’hui la musique de Messaline à quelqu’un qui ne vous connait pas pour l’inciter à vous écouter ?

Je serai basique : je dirai que Messaline essaie de faire de la chanson rock. C’est-à-dire qu’on cherche à proposer de la mélodie qui soit entêtante avec des textes qui veulent dire quelque chose. Rock ou hard rock dans le sens où on est moins metal qu’avant avec une musique moins compressée qu’avant, pour faire vraiment respirer la musique. Chaque instrument a sa place et respire…

Maintenant, si tu devais ne retenir qu’un seul titre de (Alias Lilith) pour inciter quelqu’un à écouter tout l’album, ce serait lequel ?

Je dirai Geisha parce qu’il y a plein d’atmosphère. L’intro est très chanson posée, et ça accélère avec un côté hyper baston hard rock. Il y a pleins de climats différents dans ce morceau qui reste hard rock, jamais progressif avec des passages à tiroirs.

C’est intéressant de t’entendre dire ça quand on connait ta relation avec Christian Descamps, de Ange…

Ouais… Ange, on est d’accord que ça a été une grosse influence pour moi, notamment au niveau des textes. J’aurai toujours ce background, mais je trouve qu’on s’en éloigne de plus en plus. C’est pour ça qu’on voulait aussi faire une reprise de Ange sur Vieux démons histoire de clore l’histoire… Depuis le début de Messaline, on nous parle de Ange, mais il y a d’autres influences. Sur (Alias Lilith), le côté sombre de mes textes n’a plus rien à voir avec le côté « solaire » d’avant. Je me retrouve plus sur le côté Thiefaine, tel qu’il écrit ces dix dernières années, voire avec Higelin. J’ai redécouvert beaucoup d’auteurs français, comme Jean-Louis Murat. Je me suis replongé dans sa discographie – après sa mort, comme souvent, malheureusement – et c’est un sacré artiste ! Il y a aussi des petits accents à la Black Sababth, Uriah Heep, aussi. Ccharlie, le bassiste qui nous a rejoint il y a trois ans – c’est son premier album avec nous – n’a jamais vraiment été fan de Ange. Il faisait partie de cover bands de Red Hot Chili Peppers et compagnie… Après, les gens continuent de parler de Ange, sans doute la tessiture de ma voix, mais je pense que, maintenant, tant textuellement que musicalement, on s’en est bien éloignés.

Ça fait maintenant quelques années que ce line up est en place, alors si tu devais – pas pouvais – réenregistrer un album de Messaline avec le line-up actuel, ce serait lequel ?

Super bonne question ! Elle est un peu chiante parce que dans tous les albums il y a eu des titres super forts, mais on se dit parfois « ah, celui-ci, je le referai bien ». Mais sur un album entier ? Sur les quatre de la première mouture, même si je pense que c’est le meilleur de tous, ce serait Eviscérer les dieux, parce que je pense qu’on peut aller encore plus loin. Il y a plein de mélodies sympas que je réenregistrerais bien avec le groupe actuel. Après, on a tellement d’autres choses à faire qu’on ne le fera pas.

On sait qu’un groupe de rock, c’est aussi la scène. Vous avez des projets de concerts ?

On a deux dates de calées, mais c’est vrai que, en France, c’est vraiment très compliqué d’enchainer beaucoup de dates. On a le cul entre deux chaises… On arrive à un stade où on est « trop gros » pour jouer dans les bars – et on ne veut pas (rires) – et trop petits pour, uniquement sur notre nom, jouer dans des SMAC à l’autre bout de la France. Déjà avec des groupes locaux, les Smac n’arrivent pas à remplir, alors… C’est pour ça qu’on essaie de temps en temps de choper des belles et grosses premières parties dans notre région. On n’a ni le tourneur ni la fan base qu’il faut pour pouvoir tourner comme on le voudrait…

On sait aussi qu’un groupe de rock, en France, ne vit pas de sa musique. Quelles sont vos autres activités professionnelles ?

On a un intermittent dans le groupe, notre bassiste Charlie, même si c’est évident qu’il ne fait pas ses cachets d’intermittence avec nous (rires) ! Si on fait cinq ou six concerts dans l’année, c’est une grosse année ! Alain, le batteur, est retraité. Matthieu, l’autre guitariste est responsable dans une boite, responsable de la déchèterie, c’est pas un vieux déchets, mais il recycle (rires) ! Agnès aussi bosse dans une boite, enfin… Sa boite puisqu’elle est auto-entrepreneuse et travaille auprès de personnes âgées, et moi, je suis enseignant dans un lycée pro en ce qu’on appelle arts appliqués.

Une toute dernière chose, pour conclure ; quelle pourrait être la devise de Messaline, que vous mettriez sur votre prochain album ?

C’est une autre bonne question ! La devise… c’est… euh… « Que vous aimiez ou que vous nous détestiez, merci de nous faire exister » !

CRICKFEST 5: Entretien avec l’orga

Interview CRICKFEST 5 : Entretien le 24 janvier 2026 avec Chris Danacker, président de l’association

Cette année, la cinquième édition du Crick Fest se tiendra le 11 avril, toujours à l’espace Loire de Cléry Saint André, c’est bien ça ?

C’est ça, même endroit, et mêmes horaires : ouverture des portes à 18h30 pour finir à… quand on coupera le son !

Encore une fois, il y aura 4 groupes…

Oui, sur la troisième édition, il n’y avait que 3 groupes, mais je trouve que ça ne fait pas festival. C’est un gros concert, mais avec 4 groupes, comme l’an dernier, on est déjà plus dans l’esprit festival. On a avancé l’horaire sinon ça fait finir trop tard. Je pense que là, ça tient bien.

Il y a une grosse différence par rapport aux années précédentes, c’est que, pour la première fois, vous accueillez un groupe étranger, les Italiens de DGM.

Exactement.

Qu’est-ce qui a orienté ce choix ?

A la base, ça devait être un autre groupe. Étranger, mais pas italien…

Plus dans le nord ?

C’est ça (ndMP : je pense qu’il s’agit d’une formation assez rare en France dont j’ai couvert le premier concert donné en France en près de 6 années, à confirmer). Mais ils nous l’ont fait à l’envers, les prix ont été multipliés par 5 en 3 ans et, de là, on a commencé à chercher d’autres groupes ; J’ai regardé sur YouTube – je ne connaissais pas DGM – j’ai trouvé un lien et j’ai été scotché. J’ai pris contact avec pas mal de monde qui pouvais m’aider avec DGM, dont Julien, le chanteur de Amon Sethis. C’est lui qui s’est chargé du booking de DGM, et il jouera également avec son groupe. J’adore l’esprit du groupe, qui mélange les influences, metal, oriental…

Il y aura donc DGM, Amon Stehis, ton groupe, Prisma… Tu n’as pas peur que le public se lasse de Prisma à l’affiche ?

Ça dépend… Si on continue de composer à un rythme aussi soutenu qu’en ce moment, non. Et puis, il ne faut pas oublier qu’on a créé le Crick Fest pour que PrismA puisse se produire. Il y a une belle scène, et le CrickFest a aujourd’hui une belle scène.

Le premier groupe qui jouera, c’est Epitude.

Epitude, même si logo n’est pas forcément super clair ! Avant, ça s’appelait GDM. Il répétait dans mon studio et un jour, je leur ai demandé ce que signifiait « GDM ». Ils m’ont répondu « en fait, on ne trouvait pas = de nom, alors on a choisi GDM : Groupe De Merde » (rires) ! Je leur ai dit que tout allait bien, leur musique est nickel – c’est du rock prog, ils adorent Opeth et ce type de groupe, et c’est des bénévoles de l’asso. J’ai prévu des personnes supplémentaires pour les remplacer.

On sait que la jauge est limitée à 350 spectateurs. Vous en êtes où des ventes aujourd’hui ?

On en est à un peu plus d’une centaine de places vendues, ce qui est bien et plutôt rassurant. On est un peu au-dessus de ce qu’on avait fait l’an dernier à la même époque. Ce qui laisse entrevoir une nouvelle belle édition.

Et ce qui peut ouvrir d’autres portes à des groupes étrangers… En dehors de la présence d’un groupe étranger, y a-t-il d’autres nouveautés cette année ?

Mmh… On a plus de bénévoles, et ça devrait permettre plus de facilité, surtout pour le rangement. Le dimanche, on en bave, tout ranger, tout nettoyer pour rendre les lieux comme il faut ; On a passé des bons moments, mais on est tous flingués. A part ça… non. Je disais à notre première réunion que je ne vois pas pourquoi on changerait des choses qui fonctionnent. On a viré ce qui ne fonctionnait pas – la première année on a eu un sandwich trop compliqué qui n’a pas marché, on a viré. Il y aura une personne supplémentaire pour la vidéo. J été donne une exclu puisque PrismA compte utiliser les images et le son du CrickFest sur un ou deux titres pour en faire un futur clip.

Un dernier mot sur les tarifs du CrickFest ?

18€ en prévente pour les adultes, 15€ pour les mineurs de 12 à 18 ans, accompagnés d’un adulte, et sur place, s’il reste des places, ce sera 23 et 18€, et gratuit pour les moins de 12 ans, toujours accompagné d’un adulte.

Un mot pour conclure ?

Prenez vos places en préventes, c’est mieux ! (avec ce lien, rien de plus simple)

Et notez bien la date: le 11 avril à Cléry Saint André, à côté d’Orléans. Nous, on se reverra bientôt pour parler d’un autre évènement, plus gros encore !

Interview: KOB

Interview KOB. Entretien avec Rudy le 7 novembre 2025

Bien que cela fasse un bon moment que Kob existe, c’est la première fois qu’on parle. Peux-tu nous raconter l’histoire du groupe dont j’ai l’impression qu’on ne peut pas parler de carrière mais plus d’opportunités de se retrouver entre potes…

Les racine de Kob remontent à 1976, avec un autre groupe dans lequel il y avait mon frangin, Thierry (Huylebroeck, guitare), Bruno (Laguide, batterie) et Boboss (Jean-Michel Berger, basse). Ça, c’est les racines, et KOB s’est réellement formé en 1997. Tu as raison, c’était des retrouvailles entre eux trois, et à l’époque, il n’y avait pas de chanteur. Ils ont cherché. Moi, je connais Stéphane (Graziani) depuis très longtemps, depuis qu’on est gamins. Il chantait et un jour je lui ai dit que mon frangin cherchait un chanteur. Il a fait un test et a intégré le groupe en 1999. Ils se sont ensuite rapidement rendu compte que ce serait mieux avec 2 guitares, ce qui correspondait plus aux goûts de Stéphane. J’ai intégré le groupe comme ça, en 2000. Depuis, on a le même line-up à l’exception d’un changement en 2006 : Stéphane est parti et a été remplacé par Nicolas Blaizeau avec qui on a fait l’album Close to dawn, en 2009. Et en 2011, The time is right a été fait sans moi puisque je suis parti accompagner un bluesman en tournées. Kob a arrêté en 2012 parce que peu de choses se présentaient et on a repris la formation sous sa forme originale, à l’exception de François, qui avait remplacé Boboss à la basse en 2002, et qui n’a pas souhaité reprendre l’aventure pour des raisons qui lui sont personnelles. Il a été remplacé par Jean-Michel, et depuis 2016 le line up n’a pas bougé. On a lu ta chronique de l’album, bien sûr, mais ce n’est pas exactement des « retrouvailles » comme tu l’écris… Le groupe ne s’est jamais vraiment arrêté, à part un break de 2012 à 2016. On se voit toujours en répète au moins une fois par semaine. Et s’il faut monter sur scène ce soir, on est prêts !

Que pourrais-tu me dire au sujet de votre nouvel album, When the axes fall ? Il y a 7 compos originales et 2 live. Vends-le-moi, cet album !

Te le vendre, Le mieux, c’est de l’écouter ! Il n’y a pas meilleur moyen, mais pas sur les plateformes ! Il faut s’en imprégner, aussi bien au niveau des textes de Stéphane que de la musique où il y a une certaine noirceur, en lien avec l’époque actuelle. On dénonce une certaine déviance actuelle au niveau des sociétés – pas que la nôtre.

Quand on lit les titres de l’album, on peut avoir l’impression que vous traités d’autres thèmes que ça, les vikings de la pochette évoquant même l’univers nordique d’Amon Amarth…

Oui, c’est un peu le coté caricatural de la pochette… Un morceau comme The scourge of god parle d’Attila, que tout le monde connait. Mais un texte comme Criminal negligence parle du laisser-aller, du laxisme face au crime. Personne ne bouge… Je ne sais pas trop comment dire ça… Le point commun, c’est de dire qu’on est toujours dans la même violence.

Y a-t-il aussi des thèmes qui, selon toi, n’auraient pas leur place au sein de KOB ?

Oui, la politique, je pense. Ce n’est pas quelque chose qu’on traite. Déjà, on n’est pas au fait de tout ça. C’est quelque chose qui nous touche, évidemment, mais on ne va pas s’engager dans cette voie. On ne sait pas grand-chose, politiquement parlant.

Si tu devais maintenant décrire la musique de Kob à quelqu’un qui ne vous connait pas – assez peu de monde sur cette planète, restons humbles – que lui dirais-tu ?

(Rires) Déjà que c’est une musique de passionnés. C’est ce qu’on fait depuis toujours, et c’est une musique brutale qui vient des racines du rock, du hard rock. Il y a une certaine énergie, il faut que ça pète ! La base de Kob, c’est ça : « faut qu’ça pète » ! On nous a classifiés « heavy metal, pourquoi pas ? On ne s’est jamais auto proclamés comme étant des metalleux…

Vous faites quand même partie de la famille hard rock…

Ah, totalement ! On vient de cette famille avec Judas, Maiden, et même bien avant ! Je suis fan de groupes comme Moutain, le Alex Harvey band, Rory Gallagher… Ce mélange de culture des années 60/70 et 80 donne ce que fait Kob. C’est sûr qu’on ne fait pas ce qui se fait maintenant. On ne saurait même pas faire… Du black, du death, je ne saurai même pas faire la différence (rires)…

Je le disais au début, il y a 7 nouveaux titres et 2 live sur votre album. Pourquoi ce choix ?

Alors ça, c’est déjà le cas sur le précédent album, Alive and raw, qui a 4 titres studio et 4 live. On pense, peut-être à tort, que la vérité vient de la scène. Malheureusement, on n’en fait pas beaucoup, mais on est avant tout un groupe de scène. On avait envie de remettre en avant des vieux titres pour que les gens se fassent une idée de ce que nous sommes sur scène.

Sur les 7 autres titres, si tu devais n’en retenir qu’un pour expliquer ce qu’est KOB aujourd’hui, ce serait lequel ?

Je crois que c’est The scourge of god. Il est vraiment dans la veine Kob, qui a le côté enclume, le côté viking comme tu le disais tout à l’heure…

Je voulais aussi parler du visuel : ce que je remarque avec vos albums, c’est qu’il n’y a pas de visuel récurrent. Aux débuts du groupe, le K de Kob était à l’envers, il est aujourd’hui l’endroit, il n’y a pas logo propre au groupe ni de visuel directeur. Close to dawn, on dirait de la SF, Mechanism of time m’évoque les Temps moderne de Chaplin, là on a des vikings, Attila… Sans aller jusqu’à une mascotte, il n’y a pas de véritable « accroche » visuelle qui permettrait d’identifier le groupe comme étant Kob. Comment l’expliques-tu ?

Je ne sais pas si c’est volontaire, je pense qu’on ne s’est jamais posé la question dans ce sens-là. En même temps, quand tu regardes la collection des Led Zeppelin, il n’y a pas un album qui suit l’autre. On n’a pas forcément envie d’avoir une mascotte comme Maiden. C’est une remarque intéressante, cependant… L’imagerie, elle est plutôt sur scène. Si tu as déjà vu des photos live, il y a un backdrop avec une espèce de monstre, en filigrane derrière le Kob. C’est un peu ça l’imagerie pendant nos concerts, sur nos cartes de visite… L’image qu’on a sur les mugs, mais c’est vrai que sur les albums, il n’y a pas de suivi. Ce n’est ni volontaire ni involontaire, c’est un choix, par rapport à ce qu’on fait.

Tu viens de parler du Kob. C’est quoi, la signification du nom du groupe ?

Ah ! Alors ça, c’est un sujet épineux qui est resté secret et qui va le rester parce que j’ai pas envie de me faire étrangler (rires). Sache simplement que ça part d’une plaisanterie qui remonte à il y a 25 ans, donc bien avant mon arrivée dans le groupe.

Une plaisanterie entre qui et qui ?

Je crois que c’est entre Stéphane et Thierry, mais je ne suis pas sûr. Il y a eu énormément de « polémiques » à notre niveau… On s’est fait appeler Kronenbourg Over Bibine, on s’est fait traiter d’antilope – le kob, c’est une antilope africaine. On ressemble à tout sauf des antilopes ! On serait plus des hippopotames (rires) ; Mais la vraie signification… ben, elle va rester secrète !

Tu disais que vous jouez trop peu, y a-t-il des dates de prévues ?

Non… là on a une date le 9 mai 2026 à Mennecy, on est en discussions avec des boites de booking, mais rien de plus. Quand nous, musiciens, on envoie des mails, plus personne ne nous répond. On sent qu’il faut passer par des agences si on veut avoir des réponses.

Un groupe de rock, on le sait, ne vit pas de sa musique. Quelles sont vos autres activités ?

Il y a deux retraités, Jean-Michel est peintre en bâtiment – c’est pas évident, c’est un métier physique et il doit se taper des répètes derrière. Il a du mérite – Stéphane a un poste à très hautes responsabilité, il travaille pour une entreprise qui élabore des machines pour les laboratoires d’hôpitaux, partout en Europe. Il parle plus souvent anglais que français, ce qui lui confère un accent plutôt sympa et correct. Et moi, je suis directeur de production dans l’entreprise d’un pote.

Si vous deviez aujourd’hui réenregistrer un album de Kob avec le line-up actuel, ce serait lequel ?

Aoh, c’est difficile comme question, ça ! Je suppose que ce serait Strafe the underdogs. Il n’a pas eu de chance cet album… Il y a déjà eu de gros problèmes de mastering, et, ensuite, il a été enterré à sa sortie. On était distribués pas Wagram, via NTS à l’époque, et NTS a eu des soucis que je ne connais pas exactement et cet album est resté deux/trois ans dans les cartons. On en a vendu, le deux premières semaines, 400 environ, et ensuite, ça s’est effondré. Un peu comme les dominos : il y a eu les soucis de NTS, les albums sont restés dans les cartons, ils nous ont été rétribués ensuite mais ça a mis quelques années. L’album était mort avant sa sortie… Si on devait en refaire un, ce serait celui-là.

Interview: REBEL ANGELS

Screenshot

Interview REBEL ANGELS – Entretien avec Benjamin (batterie) le 6 novembre 2025

Nous allons évidemment parler de votre nouvel Ep, Hot Live, qui a été enregistré à Fisme, mais tout d’abord, peux-tu nous raconter l’histoire de Rebel Angels ?

Benjamin : L’histoire du groupe remonte à il y a quelques années. Mon fils joue de la guitare depuis assez jeune et, pour qu’il mette le pied à l’étrier, un de nos premiers concerts à été à la fête de la musique. A partir de là, on a continué à jouer ensemble dans Under Influence, qui était un groupe de covers – on reprenait du Beatles, Stones, AC/DC, Cat Stevens, Bob Dylan… On jouait principalement dans des bars en région parisienne. Au bout d’un moment, on a eu envie de composer nos morceaux, et on a transformé Under Influence en Rebel Angels. On a sorti, en 2022, un premier Ep, Rip it off, avec 3 morceaux qu’on retrouve sur l’Ep qui vient de sortir. Entre 2022 et aujourd’hui, il y a eu plusieurs changements de personnel, notamment au niveau de la voix. La mouture qui est sur Hot live est composée de mon fils, Jérémie, qui a repris le chant en février en plus de la guitare, moi-même à la batterie, et nous sommes accompagnés de Paul à la basse et on vient d’intégrer un nouveau guitariste, Morty, il y a un peu plus d’un mois.

Donc Morty n’apparait pas sur le Hot live.

Non, c’est Cyril, le précédent guitariste. Hot live est une bonne photographie du groupe à l’instant T.

Le groupe est originaire d’où en région parisienne ?

On est de Champigny sur Marne (94).

Il y a un peu plus d’un mois, vous avez sorti Hot live, un Ep de 4 titres. Pourquoi avoir choisi ce format alors que vous avez sans doute joué un peu plus longtemps ?

On avait en effet une demi-heure. On a dû jouer deux ou trois morceaux en plus. Pourquoi j’ai pris cette décision ? Parce que, après écoute des bandes, les 4 premiers morceaux étaient carrés, les autres un peu moins. C’est la première chose. Ensuite, les autres morceaux vont figurer sur l’album qui va sortir l’année prochaine et je voulais qu’il n’y ait qu’un seul titre avant-coureur. C’est She talks too much.

Vous avez aussi deux morceaux originaux plus la reprise Hair of the dog de Nazareth. Pourquoi avoir opté pour cette reprise plus qu’une autre ?

On jouait déjà cette reprise avec Under Influence. Au fur et à mesure qu’on la jouait, on recevait de bonnes réactions du public. En parallèle, j’adore ce groupe et ce morceau qui est une bonne représentation de là où on vient, de nos racines. Après, on l’a réinterprété à notre manière. Je pense que tu sais que ce morceau a été repris par Guns ‘n Roses dans une autre version…

En fait, non, pendant des années j’ai boycotté les Guns…

Ok…Ils l’ont repris sur The spaghetti incident, et Krokus le reprend aussi. En fait, on a vu que notre interprétation fonctionne bien donc on continue.

En même temps, sur 4 titres, c’est dommage de faire une reprise…

Oui, mais, clairement, les autres étaient moins bons. Il y a deux dimensions : celle quand tu es sur scène. A l’instant, il y a une dynamique, un partage avec le public… ça passe. Après, quand tu réécoutes les bandes dans le détail, tu te dis « ouais, non… là, il y a des trucs qui ne sont pas au cordeau ». On voulait se servir de cet Ep comme un trait-d’union entre l’Ep sorti en 2022 et l’album qui sort l’année prochaine. On a fait pas mal de dates et on voulait que la carte de visite soit la plus représentative de qui on est, de comment ça joue.

Une chose m’a marqué en écoutant cet Ep, c’est le public qui semble un peu éparpillé… Il y avait combien de personnes à ce concert ?

Je pense qu’il y avait entre 250 et 300 personnes dans la salle. Je pense que c’est aussi dû à la résonnance. C’est une salle des fêtes et il y a cette résonnance dans la salle. Il y avait des gens devant la scène, environ 150, et au fond, il y avait les exposants, des gens qui se baladait. Au niveau de la captation, je ne sais pas combien il y avait de micros d’ambiance. Et effectivement, il y a ce côté un peu « club », « famille », et c’est très bien. On aurait pu se dire qu’on allait rajouter du public au mix – c’est faisable aujourd’hui – mais on a préféré avoir cette photographie exacte de ce concert.

Comment décrirais-tu la musique de Rebel Angels à quelqu’un qui ne vous connait pas ?

Ça tient en deux mots : je considère qu’on fait, aujourd’hui, du classic rock. Des années 80, parce que je viens de là. Après, on est sur du rock sincère et on veut apporter de la variation dans nos morceaux, et de la mélodie. C’est un point très important pour nous. On a beaucoup de retours très positifs de She talks too much : le riff marque et reste en tête. Tout l’album va être fait sous ce prisme-là. Je veux que, quand tu éteints ta chaine, ton téléphone, peu importe… que le morceau te trotte en tête.

Avant de parler du futur album, vous avez également décidé d’éditer une édition limitée à 100 copies de Hot live en vinyle orange. Pourquoi ce choix ? Tu es des années 80, comme moi, on a grandi avec le vinyle, on aime l’objet…

Le sortir en vinyle… Au départ, je ne pensais qu’au CD. En échangeant, certaines personnes nous ont demandé si on allait le sortir en vinyle parce qu’elles n’achèteraient pas le CD. L’idée a continué de germer… En grand format, l’illustration de Will Argunas, elle est beaucoup plus sympa. J’ai une collection de vinyles et, comme tu viens de le dire, il y a un côté « objet ». Aussi, le vinyle a un son beaucoup plus chaud, qui nous correspond mieux. Du coup, j’ai donné mon accord et, j’ai été surpris, on a pas mal de demande pour un vinyle. Le faire en 100 exemplaires, je voulais qu’il reste un peu un objet « précieux ». Il a aussi le côté budgétaire qui nous limite…

Vous avez déjà le titre du futur album ?

Euh… on avait un titre mais je pense qu’il va changer (rires) ! Oui, il y a un titre, mais ça ne me va pas, donc je peux pas te le dire ! Il y aura 11 ou 12 morceaux, on aimerait qu’il sorte en octobre/novembre de l’année prochaine. Ce n’est pas un concept album mais… Nous on appelle ça un « road movie album ». Les chansons racontent une histoire et sont  dans un ordre de lecture bien précis.

Road movie à la Bonnie and Clyde ou découverte à la Kerrouac ?

Euh… Un peu plus à la Bonnie and Clyde ! Je ne vais pas tout te dire, j’aimerai qu’on puisse en reparler l’année prochaine, mais on a créé un personnage et on va le suivre dans ces différents tableaux qui racontent une séquence de sa vie. Ça se passe aux Etats-Unis, et chaque morceau est un tableau de la vie de ce héros. Les sujets sont larges : sa relation amoureuse, un côté rédemption… Il va faire une sorte de voyage intérieur, spirituel, mais aussi extérieur parce qu’il prend sa voiture pour tailler la route.

Ce sera une autoproduction ou vous avez un label ?

Je suis en contact avec un label, je vais sans doute en approcher d’autres. Aujourd’hui, tu vois bien que les albums physiques… Les gens écoutent majoritairement sur les plateformes. On a la chance d’évoluer dans un univers, une famille qui achète encore les objets, les vinyles, les CD, les coffrets. Il y a non seulement un attachement à la musique, mais également à l’objet. Je me rappelle dans les années 80, j’allais à la FNAC du forum ou à Juke Box et je revenais les bras chargés. Les couvertures de Maiden, je les décortiquais dans les moindre détails… Les doubles albums, j’ouvrais et je passais des heures à tout regarder. Il y avait un côté découverte avec toutes ces photos… Il y a des albums qui sont collés à certaines périodes, et aujourd’hui encore, tu mets tel album sur la platine, tu te souviens de où tu étais et ce que tu faisais…

On ne va pas parler du passer mais on va souhaiter ce mal là au futur album de Rebel Angels ! Aujourd’hui, on sait qu’un groupe de rock ne vit pas de sa musique. Quelles sont vos autres activités à chacun ?

Le line-up actuel… Jérémie est prof de guitare et de basse dans différentes écoles. Il a aussi d’autres petits jobs à côté. Le nouveau guitariste, Morty, travaille dans une société d’export et de gestion d’import-export, le bassiste qui nous accompagne pour le moment est un vrai musicien et moi, j’ai ma société, une agence de communication.

Pour terminer, quelle pourrait être la devise de Rebel Angels ? Devise que, naturellement, vous collerez sur votre futur album…

Bien sûr ! Je comprends tout à fait… La devise ? C’est, euh… Pour moi, c’est la passion, tout simplement. Travailler des compositions qu’on vit bien, qu’on vit quand on les joue, quand on les partage. Et la passion du graphisme, aussi… Je baigne dedans mais c’est savoir faire appel à un illustrateur pour la pochette, travailler sur différents éléments graphiques pour la pochette, pour nos concerts aussi. Une deuxième chose, je dirais que, dans l’environnement musical actuel, c’est de rester dans notre couleur musicale. L’album sera varié, il y aura du up tempo, des morceaux plus soft, il y a même un morceau qui s’approche de l’americana. Ouvrir le champ tout en restant fidèles à notre image.

As-tu quelque chose à rajouter pour conclure ?

J’invite simplement tous les auditeurs à aller écouter l’Ep et à nous faire des retours sur les réseaux. On est très à l’écoute de ça. Et puis je voudrai vous remercier, tous, pour votre passion et la manière dont vous faites vivre cette passion, dont vous la partagez. C’est un sacerdoce qu’il faut remettre en route tous les matins !

C’est aussi un partage qu’on vous doit, sans les musiciens, sans votre passion, nous ne serions pas là non plus…

C’est vrai, un partage commun.

Interview: RAVENS CREW

Interview RAVENS CREW. Entretien avec Paul Belleville (guitare) et Sébastien Lecul (basse), le 28 octobre 2025

C’est la première fois que nous échangeons, alors commençons par ceci : quelle est l’histoire de Ravens Crew ?

Seb : Je ne sais pas si c’est une bonne idée que j’en parle, je suis le dernier arrivé…

Paul : C’est pas faux… Moi, je suis le plus jeune, j’ai 28 ans et je suis dans le groupe depuis déjà quelques années, mais je ne suis pas membre fondateur.  C’est Chris (Christophe Cogez) qui a fondé le groupe en 2015, et j’ai rejoint le groupe en… je sais plus, je m’emmêle les pinceaux (rires) ! Donc, Chris a fondé le groupe avec le batteur Frédéric (Sammadet). On a eu un premier chanteur qui a décidé d’arrêter le projet et Arnaud est arrivé. C’est avec son arrivée que le projet a vraiment commencé à tourner, avec une setlist qui était très axée covers. Notre ancien bassiste a décidé de quitter le groupe pour se concentrer sur son métier et Seb nous a rejoints.

En 2022, vous avez publié votre premier Ep, Memoriae, et vous aujourd’hui, vous revenez avec un nouvel Ep, Demain c’est loin. Comment analysez-vous l’évolution du groupe entre ces deux disques.

Seb : Je n’ai pas été impliqué dans la composition des morceaux de Memoriae. Je suis arrivé à la sortie de l’Ep. Il était en train d’être pressé. Je l’ai représenté mais pas composé, et je crois (il s’adresse à Paul), que c’est là, en plein covid, que vous avez pris un tournant « compos » où chacun a écrit…

Paul : Exactement…

Seb : Je les écoute parfois raconter leurs histoires (rires). Il y a eu ce changement avec mon arrivée à la basse, il y a eu beaucoup de concerts aussi. On s’est ensuite mis à recomposer, avec une autre approche. Quand il y a un membre qui change, ça apporte d’autres choses. Je pense qu’on a réussi à se trouver.

Paul : Je trouve que Demain c’est loin est beaucoup plus éclectique que Memoriae, on a beaucoup plus de styles musicaux et chantés qui sont balayés. Memoriae a ce côté plus « jeune » dans la composition parce qu’on n’a pas forcément pris beaucoup de risque, tandis que pour Demain c’est loin, on a osé des choses, il y a des morceaux qui sont plus calmes, d’autres plus énervés.

Il y a un peu plus de prise de risques et d’exploration.

Seb : C’est ça. En fait, la première mouture est toujours un peu plus complexe parce que, déjà, il faut composer des morceaux avec un groupe dont c’est la première fois qu’il se plie à l’exercice, garder les meilleurs morceaux, les plus représentatifs et aboutis. Et par la suite, on sait où on va, ce qu’on peut se permettre et ce que les gens attendent de nous. Quand on compose, on ne se perd pas, il faut que ça reste personnel, mais il y a des choses qu’on sait qu’on ne peut pas mettre… Et là, ça allait beaucoup plus vite, on se torturait moins l’esprit et on arrivait beaucoup plus facilement à se dire que telle idée n’était pas bonne ou là, c’est le bon filon, on peut y aller !

Les morceaux, justement : ils sont principalement composés par une personne ou c’est un travail commun ?

Paul : Alors, c’est d’abord un travail de maquettage de ma part. Je m’enferme pendant plusieurs jours, plusieurs semaines et j’enregistre des idées. Dès qu’on a une répète et que je peux apporter mes maquettes, on se fait une écoute globale et c’est là que l’équipe me dit si les morceaux leur plaisent ou pas. Je dois avouer que Arnaud a une part plus intéressante que les autres parce que c’est lui qui va écrire et poser le texte en fonction de la musique…

Quelles sont vos influences à tous ? En écoutant votre Ep, on sent une variété de goûts…

Seb : Oui, c’est assez large… Arnaud est influencé par le hip-hop en général, Chris est plus influencé par le classic rock, AC/DC, Toto, Fred a des influences très fusion, il est fan de No Means No. Moi, j’ai grandi avec du Primus, du fusion, Mike Patton, et, à côté de ça, je pense qu’on se retrouve tous sur des Rage Against The Machine, Korn, Lofofora, Mass Hysteria, des groupes qu’on a tous écouté à un moment ou un autre… En ce qui concerne Lofo, on est tous assez admiratifs de la façon d’écrire de Reuno. C’est le genre de groupe qui nous rassemble.

Comment décririez vous votre musique à quelqu’un qui ne vous connait pas ?

Seb : Je ne sais pas… En général on dit que c’est du rock à tendance metal avec des textes en français… C’est pas évident d’expliquer ce genre de chose, je ne sais pas pour toi, Paulo…

Paul : C’était plus facile pour Memoriae, mais là, l’Ep est plus éclectique. Ce n’est pas vraiment du metal, mais c’est un peu plus costaud que du rock, avec des textes en français et en anglais – il y en a un peu dans certaines des compos, mais ça reste des parenthèses. On n’a pas les codes du metal, notamment la voix qui a plus une diction hip hop sur certains passages. Ca reste de la fusion sur certains titres.

Si vous deviez maintenant ne retenir qu’un titre de Demain c’est loin pour expliquer à quelqu’un qui ne vous connait pas ce qu’est aujourd’hui Ravens Crew, ce serait lequel ?

Seb : J’hésite entre God bless America et Génération pardonGénération pardon, je ne suis pas objectif… Je crois que c’est le dernier morceau qu’on a composé, le plus récent, et, du coup, il prend une tournure que j’aime bien. Je trouve qu’il est bien lourd. Je prends pas mal de plaisir sur ce morceau où je fais les chœurs. Je ne sais pas si je suis objectif, mais je pense que ce serait celui-là. Ce ne serait pas forcément le choix le plus stratégique parce que le morceau pour lequel les retours sont dingues et qui fait mouche à chaque fois, c’est God bless America, peut être plus accessible.

Paul : Pour moi, ce serait God bless America parce que Génération pardon ne fait pas l’unanimité au sein du groupe, contrairement à God bless.

Seb : La réponse de Paul est bien mieux que la mienne !

J’ai bien compris, Paul, que tu arrives avec la plupart des compos et qu’Arnaud se charge des textes. Avez-vous, vous, les instrumentistes, votre mot à dire en ce qui concerne les textes ?

Seb : Oui. Dès qu’un morceau est structuré. Arnaud va d’abord chercher une structure vocale, un chant à placer, et dès qu’il a un texte d’écrit, il nous le propose. On peut avoir des choses à dire dessus, même si généralement on est plutôt d’accord. Quand on discute, c’est plus sur le fait de rajouter un couplet qu’autre chose ou Arnaud qui nous demande plus de place et on rajoute un pont ou un couplet…

Je n’ai pas les paroles sous les yeux mais j’ai l’impression qu’il y a une forme d’engagement. Y-a-t-il des thèmes que vous n’aborderez pas parce qu’ils n’ont pas leur place au sein de Ravens Crew ?

Seb : Ah, c’est marrant comme question ! On nous la pose plus dans l’autre sens d’habitude ! Je ne sais pas s’il y a des sujets qu’on n’aborderait pas, c’est la première fois que quelqu’un nous pose cette question. Je pense qu’on se permettrait d’aborder tous les sujets qui nous semblent pertinent et qui sont validés par le groupe.

Paul : Et il y en a peut-être qu’on n’aborderait pas parce qu’on ne les a pas en tête !

Seb : On touche des sujets qui peuvent, pour certains, être sensibles. Quand on parle d’éducation, de société, d’écologie, ce sont des thèmes, des facettes assez intimes de l’opinion de chacun. On ne donne pas de leçon, mais on dresse des constats.

Un groupe de rock, ça ne vit pas de sa musique. Quelles sont vos autres activités professionnelles ?

Seb : Moi, je suis responsable logistique dans un groupement d’intérêt public.

Logistique en transport ou dans l’orga interne ?

Seb : Tu sais, le gars qui a toutes les clés, les passe-partout et qui vérifie que tout fonctionne, qui prend les rendez-vous pour réparer la chaudière… Fred, à la batterie, il est technicien dans un théâtre. Ce qui explique aussi que, cette année, il n’a pas fait un seul concert avec nous. Il a été remplacé par Johann parce que, chaque fois, il devait bosser. Johann a fait un travail de fou, il fait partie du crew mais pas du groupe et il a assuré comme un dingue ! Chris travaille dans une banque, Arnaud est éducateur sportif, et Paul…

Paul : Moi, je ne fais que de la musique, je me fais filmer pour des tournages autour de la pédagogie et je fais du studio. Tout ce qui me permet de gagner ma vie avec la musique.

Pour terminer, quelle pourrait être la devise de Ravens Crew ?

Seb : Oh, putain…

Paul : Un pour tous et tous pour un !

Oui, mais vous êtes cinq !

Paul : Mais il y avait Albert, le cinquième mousquetaire (rires) !

Interview: KRASHKARMA

KrashKarma@Dropkick Bar Orléans 11sept 25

Interview KrashKarma – entretien au Dropkick Bar d’Orléans le 11 septembre 2025 avec Niki (chant/batterie) et Ralf (chant/guitare/basse)

Nous sommes aujourd’hui le 11 septembre, pas une date de bons souvenirs, d’autant moins sur la tournée World on fire (les deux rient). Nous nous sommes rencontrés il y a deux ans à Rebrechien. Que s’est-il passé pour vous depuis ? Vous avez sorti un album et, depuis, vous tournez sans cesse !

Niki : Exactement. C’est, en gros, exacetement ça. Nous tournons sans cesse avec l’album Falling to pieces, en Europe, aux USA et nous sommes de retour en Europe pour la dernière partie de notre tournée. Ensuite, nous rentrons pour commencer l’écriture du prochain album.

Vous ne l’avez pas encore entamé ?

N : Non… En fait, on est toujours en train d’écrire, mais l’enregistrement ne commencera qu’au début de l’année prochaine.

Vous écrivez donc tout le temps, mais vous publiez aussi de nombreuses vidéos. Je suis épaté par le nombre de vidéos que vous avez publiées, parfois pour une seule chanson. J’ai l’impression que vous regardez des choses qui pourraient vous servir pour un clip…

N : Exactement, on a une idée et on la met en place. Que pouvons-nous faire ? Comment pouvons-nous le faire ? Parfois ça fonctionne, parfois, non (rires). On ne les sort pas si elles ne fonctionnent pas !

Ralf : tout a commencé quand on a sorti l’album il y a deux ans : on était en tournée avec Butcher Babies, on a tourné en Europe, aux USA et on est rentrés à la maison. On s’est rendu compte qu’il y a de nombreux très bons albums mais que le public ne connait pas, il faut les faire exister. Sur la dernière tournée, nous avons décidé d’être plus actifs en matière de vidéos et de réseaux sociaux, c’est le seul moyen d’être vraiment actif.

N : En mettant la musique en avant. Nous ne sommes pas des créateurs de contenu, c’est la musique qui compte. Nous créons des vidéos pour illustrer notre musique, pas l’inverse.

Qui se charge de regarder et sélectionner toutes ces intros de vidéos ? L’un d’entre vous ou tous les deux ?

R : C’est moi, je me charge de tout. Ça a commencé avec moi parlant de ma guitare, comment elle fonctionne, et c’est devenu viral. Ça nous a apporté beaucoup d’attention, et on a vu nos chiffres sur YouTube, Spotify grimper en flèche. On a compris qu’on avait besoin de créer des vidéos. J’ai vu un comédien qui faisait ce genre de vidéo, et j’en ai parlé à Niki : « là, c’est toi, mais au lieu d’aterrir sur une table de pic-nic, tu atterri derrière la batterie » (elle confirme).

Alors puisque nous parlons de batterie, Niki, tu dois me rassurer : ton tabouret est complet ? Il y a bien le siège ?

N (elle explose de rire) : Pourquoi, tu m’as vue chuter parfois ?

Non, je t’ai vu cracher de l’eau !

N (rires) : ah oui ! J’espère aussi qu’il est entier ! On vérifiera avant !

Revenons à la tournée : comment se passe-t-elle jusqu’à maintenant ?

N : Superbement ! Très cool, pour le moment, on n’a fait que la France. On a fait des festivals cet été, puis nous sommes retournés aux USA pour quelques concerts et nous venons de revenir. C’est notre cinquième concert et jusque-là, tout va bien. Il y a eu le festival de Mennecy entre temps. Le public français est vraiment bon avec nous, on passe vraiment de très bons moments et nous sommes très heureux de voir cette relation continuer et grandir.

Tu viens de le rappeler, vous donnez de nombreux concerts en France, alors qu’appréciez-vous en France ?

N : Les gens !

R : La nourriture ! et le pays ! Le vin ! (rires)

N : L’attitude des gens en général, aussi. Il y a beaucoup d’énergie. Je ne sais pas comment l’expliquer, mais on s’arrange très bien de cette attitude et de l’esprit de la communauté metal. On a l’impression que tout le monde se connait, les gens sont très proches, c’est exceptionnel. Le vin ne fait pas de mal, le fromage non plus (rires) !

R : Les gens sont très cool, et la culture française est très riche. Il y a eu la révolution, et le pays, les gens, semblent très progressistes. Les Français sont très sympas, mais tu ne la leur fais pas à l’envers.

Et que n’aimez-vous pas en France ?

N (sans réfléchir) : les parkings (rires) ! (Note : ils ont tourné près d’une heure dans Orléans pour trouver une place pour leur van)

R : On a toujours un van ou un bus… Partout en Europe les parkings font 2m de haut. Mais en France, c’est 1,80m ! Alors il n’y a nulle part où nous garer sauf dans la rue !

N : On a pris le plus petit van possible pour éviter ce genre de situation, mais en France, ça ne marche pas !

Depuis deux ans que vous jouez régulièrement en France – vous étiez hier à Paris…

N : C’était notre premier concert à Paris, hier !

Vous avez le sentiment que le public vous suit et grandit ?

Tous les deux : Oui, oh que oui !

N : On le voit depuis notre premier concert ici il y a deux ans. On n’a pas donné des tonnes de concerts en France, mais à chaque fois, le public est plus important. On reconnait des visages, les gens reviennent avec des amis. Oui, le public grossit vraiment. Hier, on a joué à Paris pour la première fois, à… La Dame de Canton, un…

R : Un bateau ! On a joué sur la Seine ! C’était une expérience !

N : On a raté la révolution de l’autre côté de la Seine, pas la révolution, des manifestations ! On a simplement vu les convois de police mais ne s’est pas mêlés à tout ça, on était curieux, on avait envie de voir ça, mais… on préfère être en sécurité !

Il va y avoir un nouvel album. Même si vous n’avez pas vraiment commencé l’écriture, de quelle manière imaginez-vous cet album différent du précédent ?

R : C’est une question très intéressante parce que nous y réfléchissons tout le temps. A chaque fois, on compose, on se fait des plans et… le résultat est complètement différent ! On a toujours quelque chose en tête mais, quand on commence à écrire et jouer, ça se transforme en son propre truc. Nous, nous faisons de notre mieux pour que ce soit bon.

Donc, ça prend son envol, ça devient une sorte de bête, comme ta guitare ?

N : Ouais ! Et ça évolue, toujours. Une fois qu’on est vraiment dans le process de composition, on laisse les choses avancer d’elles-mêmes. Nous avons une idée, mais elle évolue, comme le dit Ralf. On adore ça, et on cherche toujours à repousser nos limites.

Maintenant, en dehors du fait d’être un duo, composé d’une femme batteuse et chanteuse et d’un… comment on peut te décrire ? guitariste bassiste chanteur, comment décririez-vous la musique de KrashKarma à ceux qui ne vous connaissent pas ?

R : Simplement que nous sommes un groupe de metal avec une touche de ce qu’on aime : du thrash, du death, un peu d’indus ou de trip hop.

N : Le punk, aussi, dans notre attitude. C’est plus dans notre approche…

R : C’est notre façon d’être sur scène…

Une dernière question avant de vous laisser aller diner : quelle pourrait être aujourd’hui la devise de KrashKarma ?

N : Notre devise ? Pas de prisonniers (rires) !

R : Tu sais, notre tournée s’intitule « world on fire tour ». On a l’impression que le monde est en feu, pas dans le bon sens, des idées haineuses semblent se propager, la haine, le racisme… Alors notre devise pourrait être « combattre le feu par le feu » (Niki approuve).

N : Oui, combattre le feu par le feu… En fait, on a pensé au nom de l’album alors que Los Angeles était en feu. On était au milieu de ces incendies, du vent lorsqu’on a pensé à ce titre d’album. Alors, oui, il y a beaucoup de double sens. Notre systrème politique est en train de s’éfondrer…

Non… c’est pas vrai ? (rire général). J’ai dit que c’était ma dernière question mais en fait, non, revenons quelques questions en arrière : qu’aimez-vous aux USA ?

R : la Californie, faire du surf, du skate, l’océan, la météo, le beau temps, les gens sont super sympas, L.A. est un endroit multiculturel, il y a des gens de toutes origines…

N : Et c’est une ville très artistique. C’est ce qu’on aime aux USA : la Californie et Los Angeles !

Alors terminons avec ceci : que n’aimez-vous pas aux USA ?

R : le système politique ! Il est corrompu, tout le monde le dit mais on a l’impression que tout le monde s’en fout…

N : Et ça se propage comme un feu ! Tu vois, on y revient toujours !

Interview: PRAETOR

Interview PRAETOR. Entretien avec Noémie (gtr) le 16 juin 2025

The spiral of addiction, votre nouvel album est paru il y a quelques semaines. Que pourrais-tu m’en dire pour me convaincre de filer l’acheter dès la fin de cet entretien ?

Déjà, as-tu déjà écouté le premier album ?

Le premier qui était un album de hard FM ? Oui, je l’ai écouté…

(Rires) Tout à fait ! Donc, puisque tu l’as écouté… Ce nouvel album est différent du premier – on reste sur les mêmes bases, des influences thrash old school avec des influences plus modernes – mais autant sur le premier album j’avais composé la plupart des morceaux, ici c’est Hugo qui a composé la majorité des morceaux. On a tous les deux des styles, une manière d’aborder la musique, différents. Cet album est dans la continuité du premier avec une belle évolution. Hugo a une approche de la composition différente parce qu’il a déjà en tête toutes les harmonisations qu’il veut. J’ai un style qui reste simple et efficace, en 4/4, très rock dans la construction des morceaux. Hugo a une approche un peu plus…  « prog », on va dire, mais on reste dans du thrash. Je sais que les deux termes mis côte à côte peuvent surprendre…

Oui et non, certains ont démontré que c’est faisable, je pense, au hasard, à un certain … And justice for all…

Ben voilà, Hugo est un énorme fan de Metallica, et ça s’entend sur son chant et sur sa manière d’envisager les morceaux. Il y a, comme sur le premier album, 10 morceaux, une durée équivalente avec quelques changements. On a tenté de nouvelles choses sans changer du tout au tout.

Alex m’expliquait lorsque nous avions échangé pour le premier album que tu arrivais avec les riffs des morceaux, que vous en discutiez et que Hugo ajoutait ses idées et ses paroles. Donc là, si je comprends bien, le changement principal c’est que tu es arrivée avec moins de matière et c’est lui qui est à l’origine des titres ?

C’est principalement Hugo qui a composé, sachant que quand il compose, il envisage déjà les deux guitares, la batterie, il a déjà ses idées de chant… Le travail de composition se fait un peu différemment.

Puisqu’il a ces trames en têtes, arrive-t-il avec les textes des chansons ou écrit-il les paroles en fonction de la musique ?

C’est lui qui t’en parlerait le mieux, mais parfois il sait déjà de quoi il a envie de parler. D’autres fois, il compose le morceau et écrit après. Il a les mélodies mais les paroles viennent ensuite, parfois il change les paroles, ou les sujets qu’il souhaite aborder… Au niveau des paroles, cet album est un peu plus personnel au niveau des sujets abordés.

J’allais y venir, justement. Le titre de l’album, The spiral of addiction est très parlant… Est-ce lié à des expériences personnelles d’un ou plusieurs membres du groupe ou à des témoignages extérieurs ? Qu’y a-t-il derrière ce titre ?

Le morceau The spiral of addiction est le premier qui a été composé pour cet album. Il a même été en partie composé avant que le premier album ne sorte. Hugo voulait dès le début que ce soit le nom de l’album et avoir un artwork qui soit en rapport. Ce n’est pas non plus un fil rouge, ce n’est pas un concept album qui ne parlerait que d’addiction, loin de là ! Par contre, il y a cette idée qui revient régulièrement, sans parler d’une expérience en particulier. C’est lié à plein de choses…

Il y a certaines choses qui me marquent sur les deux albums, notamment au niveau des pochettes qui sont toutes deux en noir et blanc…

Oui. En fait, la première pochette devait être en couleurs mais on s’est rendu compte qu’elle était mieux en noir et blanc. Là, on a travaillé avec un autre artiste qui travaille au crayon. La pochette, il l’a dessinée sur papier avant de tout numériser. Il travaille avec du noir, du blanc, ce côté très crayonné… Du coup, nos deux albums sont e noir et blancs, pas les mêmes teintes… Ça ne veut pas dire qu’on imagine tous nos albums en noir et blanc, mais au final, on trouve que c’est assez chouette.

Il y a un côté un peu malsain à ce dessin, qui évoque aussi le titre… Comment est-ce que tu décrirais la musique du groupe à quelqu’un qui ne vous connait pas ? On a évoqué le thrash, mais ce n’est pas tout…

Si je devais nous décrire, ce serait « énervé », « énergique » et « hargneux ». C’est ce qui décrit le mieux notre musique. Notre point fort, c’est la scène, on fait de la musique pour ça. Enregistrer des albums, c’est bien, mais ce n’est pas ce qui nous fait le plus rêver. Notre vrai point fort, c’est notre énergie sur scène, énergie qui est liée à nos morceaux.

Est-ce que ça signifie que vous composez vos morceaux en pensant d’abord à ce qu’ils donneront sur scène, et si vous sentez que ça ne va pas passer, vous mettez le titre de côté ?

Pas vraiment… On ne s’est jamais vraiment posé la question parce que nos morceaux sont énergiques… La question, on se la pose plus par rapport au choix des morceaux qui vont le plus fonctionner en live, sur la façon dont on créé nos setlists pour garder tout le temps cette énergie. Mais au moment de la composition, on ne se pose pas cette question. On se demande surtout si c’est assez bien ou pas.

Si vous vous rendez compte qu’un titre ne fonctionne pas comme vous le souhaitiez, vous le retirez de la setlist, j’imagine ?

Oui, mais c’est assez difficile d’analyser l’impact des morceaux… Pour la sortie de cet album, on a fait une tournée en Europe et on a essayé de voir ce qui fonctionnait, ce qui fonctionnait moins bien, au niveau de l’agencement des morceaux, etc. Et c’est assez difficile parce que d’un soir à l’autre, en fonction des publics, on n’a pas forcément les mêmes retours. Ça se fera avec le temps… Pour le premier album, on arrive à voir un peu les morceaux qu’on peut mettre de côté et ceux qu’on doit absolument intégrer à la setlist. Pour ce second album, c’est encore un peu difficile mais, oui, on ajuste en fonction de la réaction du public.

Maintenant, si tu devais ne retenir qu’un seul titre de cet album pour expliquer ce qu’est Praetor aujourd’hui, ce serait lequel ?

Alors… J’ai envie de dire Carefully selected qui est assez brutal. Tout l’album n’a pas ce niveau de brutalité, mais ce titre représente assez bien l’esprit du groupe. Forcément, ce n’est qu’un morceau sur les dix mais c’est l’esprit du groupe et ce qu’on a envie de transmettre.

L’ensemble de l’album est assez rapide, ça ne doit pas être facile de trouver des moments de respiration en concert…

Non, en effet. On parlait des setlist. Forcément, c’est en fonction de ce qui marche bien ou moins bien, mais aussi de quel morceau peut être enchainé à tel autre. Il y a aussi les deux questions de Alex à la batterie et Hugo au chant, parce que, pour l’un comme pour l’autre, il y a une exigence physique… Alex, on le voit jouer, mais Hugo, il met une telle énergie dans son chant qu’il a besoin de moments pour récupérer. Ils n’hésitent pas à nous dire que, non, là ils ont besoin de récupérer et qu’on ne peut pas enchainer certains titres. Quand on a envie d’enchainer des moments d’énergie à chaque concert, d’éviter de trop prendre de moments de repos, on sait qu’à tel moment on peut faire une pause de 10 secondes pour se rafraichir, qu’avec tel autre on peut enchainer directement.

Quelles sont vos prévisions de concerts ?

On repart en juillet pour une dizaine de dates en Espagne et au Portugal, sur des festivals et des concerts, et après, on a pas mal de dates – 3 à 4 concerts par mois – en France, en Allemagne, en Belgique aussi. On a un peu plus de concerts en France, c’est vrai que jusque-là, on ne jouait pas trop en France, mais il y a quelques dates qui arrivent…

Vous êtes un groupe franco-luxembourgeois, ce serait bien aussi de jouer un peu en France (elle rit) ! Maintenant, certains ont visé l’étranger avec succès… C’est important aussi.

Oui, c’est important, et on le voit, qu’on a un public à l’étranger. Quand on regarde nos statistiques – où on est écoutés, où les clips sont visionnés – on a du public à l’étranger. On l’a constaté sur cette tournée, on a joué dans des pays où on n’avait jamais joué avant, en Italie, en Hongrie, et des gens nous attendaient. On sait qu’il faut qu’on joue plus en France, et on y remédie !

Est-ce que Metal East a un rôle à jouer sur l’impact du groupe à l’étranger ?

Grace à Metal East on est distribués à l’étranger. Pour le reste, c’est le fait de jouer, d’utiliser les réseaux sociaux, il y a un vrai travail de promotion qui est conséquent, et ça, c’est nous qui nous en chargeons. Il faut jouer, jouer, jouer, et trouver des moyens de se faire écouter, en jouant et en allant à la rencontre d’un public.

Quels sont justement les retours médiatiques que vous avez eu pour The spiral of addiction ?

Pour le moment, on a des retours qui sont bons, voire très bons. La plupart soulignent l’évolution entre les deux albums. Certains préfèrent le premier, d’autres le second album, mais c’est assez classique. Nous, on est très fiers de ce qu’on a produit et on va continuer sur cette lancée.

On parlait plus tôt de l’évolution musicale du groupe. Quelle a été l’évolution d’un point de vue humain ? Le premier album était sorti en 2023, le groupe s’est formé en 2019, et a donc subi la crise sanitaire, mais quid depuis ?

On n’a pas eu de crise sanitaire mais des crises quand même, notamment de mon côté puisque j’ai subi un accident de voiture il y a bientôt un an. J’ai été conduite aux urgences avec une fracture du poignet. Je suis restée 13 mois sans pouvoir jouer de guitare et ça a modifié la façon dont on a terminé de composer l’album, notamment là où je devais composer des solos, ce que je ne pouvais pas faire puisque je ne pouvais pas jouer. C’est Hugo qui a dû enregistrer toutes mes parties de guitare, j’ai dû être remplacée sur scène pendant un peu plus d’un an, et on continue de le faire parce que je ne suis toujours pas capable de faire un concert en entier. On repart en tournée et j’ai mon double qui vient avec nous et qui fera la moitié du concert. Il s’appelle Axel Limonier, et c’est un ami de très longue date, il est très proche du groupe. Il a appris tous les morceaux au pied levé et l’impact qu’il a eu sur Praetor cette dernière année est vraiment conséquent. Il a fait la sortie de l’album avec nous, les concerts aussi et jusqu’à la fin de l’année, lorsque je serai capable de jouer seule, il continue de nous suivre. Donc, forcément, ça a impacté le groupe parce qu’il y a eu plein de modification, ça a impacté au niveau de la logistique, au niveau de l’enregistrement aussi puisque Hugo a enregistré les deux guitares… Ça a été un peu compliqué, et plein d’autres petites choses aussi. Ça fait partie de la vie, de la vie d’un groupe. On compare souvent un groupe à une famille, ben… on est là dans les choses positives comme dans les moments moins positifs.

Ce qui signifie que l’album aurait pu sortir plus tôt sans cet accident ?

Non, non, pas du tout (rires) ! On a eu deux ans entre les deux albums, ce qui est très court maintenant, sachant qu’on continuait de défendre le premier album. La composition, l’enregistrement, la post production… c’est énormément de boulot. Déjà, là, c’était intense, et la date de sortie était déjà prévue à la sortie du premier album. On avait calé cette date avant, l’enregistrement aussi, et même si je n’avais pas eu cet accident, ça ne changeait pas grand-chose…

Alors ce que tu dis signifie-t-il que vous avez déjà calé la date de sortie du troisième album ?

Non ! Justement parce que là, on s’est rendu compte que c’était une source de stress colossale, pas seulement à cause de mon accident. L’année 2024, pour les Prateor, a été compliquée pour chacun, individuellement. Au niveau personnel, et on s’est rendu compte que, quand c’est compliqué d’un point de vue perso, faire avancer le groupe c’est extrêmement difficile… En plus, quand on a sorti le premier album, on avait déjà pas mal avancé sur la composition du second. Là, ce n’est pas le cas, et on ne veut pas se mettre ce stress. On va commencer par défendre ce second album et reprendre le processus de composition, et une fois qu’on aura suffisamment avancé, on pourra envisager une période de sortie pour le troisième album.  

Ce qui parait raisonnable, d’autant plus pour un jeune groupe. Et on sait que, souvent, le troisième album est celui de tous les défis, celui de la transition. On sait bien, d’ailleurs, qu’un groupe de rock, d’autant plus dans ce style de metal, ne vit pas de sa musique. Quels sont vos autres activités en dehors de Praetor ? Tu m’as dit au début que tu écris des romans, que font les autres ?

Alex est prof de batterie et coach sportif, Seb est ingénieur dans l’automobile et Hugo travaille grosso modo dans un poste de secrétariat pour une entreprise au Luxembourg.

Si tu devais penser à une devise pour Prateor, ce serait quoi ?

Euh… Ce genre d’exercice… je suis extrêmement nulle… Autant je peux trouver un mot qui nous définit, des choses qui sont importantes pour nous, autant une devise… Je n’en ai pas la moindre idée (rires) !

As-tu quelque chose à rajouter pour conclure cet entretien ?

Simplement ce que j’ai déjà dit, que nous sommes très fiers de ce second album, et c’est important d’être fier de ce qu’on produit. On voit le chemin parcouru depuis le début, on voit aussi celui qui nous reste à parcourir même s’il est forcément plus flou. Même si on sait dans quelle direction on veut aller, il n’y a pas de destination. On est contents des opportunités qu’on a, de pouvoir jouer comme on le fait, que cet album soit aussi bien reçu, par les chroniques ou le public en concerts. On va faire en sorte que ça ne s’arrête pas maintenant !