AVATAR live à Paris (le Zénith, le 7 mars 2026, avec Witch Club Satan et Alien Weaponry)

C’est une soirée quelque peu brutale que nous réserve ce soir Live Nation… Trois ans après son dernier passage en tête d’affiche (le 10 mars 2023 à l’Olympia) Avatar revient à Paris dans un Zénith quasi complet. Le chemin parcouru depuis ma première rencontre avec le groupe – au Hard rock café en 2014 pour la promo de Hail The Apocalypse – est impressionnant et un Zénith n’est rien moins qu’amplement mérité tant les Suédois se font un point d’honneur à constamment renouveler leur show. Ca se traduit même dans le choix des morceaux d’intermède. La première liste n’est composée que de hits des 70’s/début 80’s (de Fleetwood Mac à Joan Jett, en passant par Pat Benatar, Patti Smith, Kim Carnes…)

A 19h, la salle n’est pas plongée dans le noir. Au contraire, elle baigne dans une lumière rouge tandis que trois figures masquées et cornues, des nonnes maléfiques ou maudites, entrent doucement sur scène sur fond de chants plaintifs. Witch Club Satan, trio féminin norvégien, s’empare ensuite de ses instruments et balance avec rage son black metal hurlant et torturé. Le chant partagé permet à chacune de libérer sa colère dans un esprit qui m’évoque l’univers de Zeal and Ardor, d’autant plus sur ce morceau narré accompagné de bades, titre qui évoque le sud des USA en des temps esclavagistes. Les trois se retirent ensuite le temps de se changer et de revenir quasi nues pour une seconde partie de show tout aussi explosive. La bassiste fait quelques effet en frottant un archet contre les cordes de sa basse tandis que sa complice guitariste hurle qu’il n’y a « pas de place pour le génocide » ni pour certains politiques. Si la musique du trio ne me parle pas, WCS propose un show visuel assez intéressant. Les filles quittent la scène après 30′ d’une prestation intense, annonçant qu’il s’agit de leur dernière date de cette tournée.

Pendant que les roadies débarrassent la scène, la sono diffuse des morceaux plus costauds et contemporains, puisant dans le metal des années 90 et 2000. Le trois memebres de Alien Weaponry se chargent eux-mêmes des dernières vérifications, le bassiste Turanga Morgan-Edmonds, prenant même le temps de photographier le public. Les trois disparaissent pour revenir quelques minutes plus tard. Comme à leur habitude, les Néo-Zélandais entament un Haka. Henry de Jing s’installe derrière sa batterie et harangue le public tandis que son frère guitariste et hurleur Lewis et Turanga le rejoignent dans cette cérémonie traditionnelle avant de lancer les hostiités. Une demi-heure durant, les pieds tapent et les nuques se déboitent, les ambiances tribales ne laissant personne indifférent. Turanga n’hésite jamais à interpeller la foule, lui demandant ici un circle pit, là de sauter à son ordre ou encore de finir avec un joli wall of death, et ses participations vocales apportent un équilibre certains à la rage de Lewis. Une prestation impeccable de bout en bout.

Nouveau changement de plateau sous des airs plus jazzy cette fois… Une vaste tenture rouge orne le fond de scène comme l’entrée d’un chapiteau de cirque. C’est, après tout, bien à l’image d’Avatar. Deux kits de batterie se trouvent de chaque côté de la scène. A moins que… Des techniciens lèvent une toile cachant leur travail puis s’éloignent révélant une seule batterie.

Lorsque les lumières s’éteignent, la dite batterie se sépare en deux tandis qu’apparait, dans l’ouverture de la toile rouge, une vague forme qui glisse vers l’avant scène. Sur une plateforme se trouvent, serrés, les guitaristes Jonas Jarsbly et Tim Örhström ainsi que le bassiste Henrik Sandelin tous vétus d’une longue cape noire. Lorsqu’ils descendent pour rejoindre leurs positions, l’ombre de Johannes Eckerström tenant une lampe tempête reste figée le temps de Captain Goat. Puis, avec Silence in the age of apes, la fureur prend le pas, les têtes et chevelures des musiciens tournant furieusement. La pyrotechnie entre en jeu entre feux de bengale et lancer de flammes. Puis, les musiciens quittent la scène.

Une première annonce, peu claire, demande au public de patienter. Mais le temps s’écoule, et l’on comprend qu’un incident est en cours. Une nouvelle annonce précise que l’équipe s’attèle pour que le show puisse se tenir normalement ajoutant que « everything’s gonna be okay, hey, hey« . Enfin, après 10′, Avatar revient avec un explosif The eagle has landed et son imparable refrain toujours repris en chœur par le public. A l’issue de cet incontournable, le chanteur s’adresse au public, lui faisant part de son plaisir d’être là, se caressant l’entre jambes et susurrant des mots doux – à sa manière, évidemment!

Naturellement, une large place est accordée au nouvel album. Don’t go in the forest est représenté par 6 titres, le plus ancien Black waltz (2012) le suivant avec 4 extraits. Si la batterie s’ouvre et se ferme avec régularité, laissant entrer et sortir les musiciens, elle est également entourée de spots montés sur des pieds mobiles, donnant ainsi une touche lumineuse et colorée assez basse et du plus bel effet.

Comme a chacune de ses tournées, Avatar a pris un soin particulier à sa mise en scène. On apprécie, juste avant le retour du roi, le temps calme qu’est Howling at the airwaves avec Johannes au piano. Visuellement, jamais le groupe ne se répète, hormis la posture des musiciens, le bidon d’essence qui sert de gourde au joker et le gimmick royal de Kungen qui revient sur son trône pour un direct et brutal Legend of the king. Kungen se débarasse de sa cape et frappe le sol générant une nouvelle explosion d’artifices.

Let it burn et ses flammes en tout genre précède un Tonight we must be warriors qui voit le public sauter en tous sens et accompagner Avatar avec enthousiasme avant un rappel tout aussi explosif. Le concert se termine avec l’indéboulonnable Hail the apocalypse et c’est un public aux anges et exsangue qui quitte tranquillement le Zénith. Avatar continue, tournée après tournée, de s’imposer comme une des plus originales formations du genre qui place le spectacle au même niveau que son exigence musicale. Encore une très belle soirée passée avec les Suédois.

Merci à Live Nation France d’avoir rendu ce report possible.

MESSALINE: (alias lilith)

France, Metal progressif (Brennus, 2026)

Les amateurs de Messaline le savent bien, un nouvel album est très souvent la promesse d’un bon moment tant musical que littéraire. (alias lilith), le dernier né de la bande à Chatos (Eric Martelat, chant), ne déroge pas à la règle. Le groupe nous offre neuf titres qui s’articulent comme les pièces d’un puzzle autour d’un mystérieux concept, celui de la « mordorée lilith ». Un jeu de pistes aux innombrables jeux de mots griffonnés autours de personnages variés dont les maux divers forment la base de ce concept. Chaque titre de chanson est sous titré d’un alias – pour Lilith c’est « alias Messaline » – qui donne le la et le ton de l’œuvre. Avec ses compagnons de jeu (de scène cette fois-ci) – le line up est celui ayant enregistré l’Ep live Braconniers du silence en 2024, soit Mathieu Gilbert aux guitares, Didier Schoepflin à la basse, Alain Blanc à la batterie et Agnès Gilbert aux chœurs et percussions, chacun ayant également son propre alias que je vous laisse découvrir – Chatos nous entraine dans ses univers angéliques et démoniaques (Ange n’est en effet jamais très loin de ces esprits métalliques infernaux). Progressif dans l’âme, foncièrement heavy rock plus que purement metal, ce nouvel album se laisse écouter d’une traite et interpelle l’auditeur par ces riffs acérés autant que par ses bons mots dont on ne se lasse pas.

MAGOYOND: Zeppelin

France, Metal orchestral (Autoproduction, 2026)

Magoyond fait partie de ces formations à part. A chacune de ses publications, le groupe nous invite à un voyage entre terres horrifiques et SF oppressante (les bien nommés Kryptshow et Necropolis, tous deux parus aux alentours de halloween en 2019 et 2022, par exemple). Cette fois, avec un léger décallage, le Mago (Julien Escalas, chant et guitare) et ses fidèles compagnons (Victor Bruzzi, guitare, « Aspic » – Arnaud Condé – basse et Bruno Guerzoni, batterie) nous entrainent dans un voyage aux confins du temps qui peut évoquer à la fois les univers de Philippe Brussolo ou Michael Moorcock (auteurs de SF dont j’ai beaucoup aimé, respectivement, Le bricolo et la sage Le nomade du temps) et la lourdeur cameronesque de Terminator. Zeppelin, le nouvel album – en réalité un Ep de 6 titres et leurs version instrumentales – nous embarque à bord de ce navire mythique afin d’échapper au monde d’en bas. « Nous passerons par les airs » conclue la narration introductive qui ouvre les portes à ces admirables orchestrations. Si Magoyond est une entité de 4 musiciens, c’est un projet qui s’est toujours voulu beaucoup plus large, avec une ambition mesurée et calculée. Le groupe fait en effet de nouveau appel à un orchestre, une nouvelle fois dirigé par Aspic et le résultat est simplement remarquable. La voix grave et profonde du conteur Le Mago nous emporte dans des décors aussi sombres qu’empli de cet espoir fou de se sortir de cet univers malsain. Une nouvelle fois, Magoyond nous offre un album à la superbe mise en son et en scène. Vivement que ce groupe à part et hors norme trouve son public!

CHRIZ DOE: Cookie doe

Metal, Allemagne (Fastball music, 2025)

Formé il y a deux ans à peine en Rhénanie du Nord – dans les montagnes du Sauerland plus précisément – les quatre Allemands de Chriz Doe déboulent aujourd’hui avec leur premier album quelque peu étonnant et aussi décalé que sa pochette. Jouant sur les mots, Cookie doe (ou « cookie dough », pâte à biscuits pour les non anglophones) propose 10 chansons et un instrumental qui fleurent bon l’amour du heavy old school. Des guitares rageuses qui lancent No pain no gain au refrains chantants de Join the party, le quatuor se montre déterminé, sans pour autant chercher à révolutionner le genre. La douceur est souvent de la partie via des claviers acidulés qu’on retrouvent un peu partout. Le chant évoque souvent le phrasé de James Hetfield (Metallica) sans pour autant, soyons justes, atteindre la puissance et la conviction de l’Américain. Cookie doe n’en reste pas moins un album bourré d’envie et de détermination, et se trouve toujours saupoudré d’une graine de folie douce qui permet à l’auditeur de suivre Chriz Doe dans son heavy rock. Un album plein de croquant et de douceur chocolatée en somme.

VIRGIN PROZAC: Sinécure

Belgique, Heavy rock (M&O, 2025)

Arrivés tout droit de Belgique, Virgin Prozac déboule avec son premier album, Sinecure. Composé de huit titres, le groupe navigue entre heavy rageur et ambiances sombres et lourdes. Déjà auteur de deux Ep, Plethora (2018) et Plethora II (2020) le trio a pris son temps pour peaufiner ce premier album. Parfois proche du grunge dans l’esprit, à d’autres moments plus stoner et allumé, la formation ne se contente jamais de simplicité. Malgré quelques intonations hetfieldiennes, on se retrouve plus souvent à penser à des influences proches de Mastodon voire, dans un autre registre, de Foo Fighters. Et plus on avance dans cet album plus on se rend compte que le groupe a truffé ses compos de diverses subtilités qui donnent un arrière goût de reviens-y. Pas aussi simple que les apparences pourraient le laisser croire, Sinecure s’écoute avec facilité et nous entraine sur des terrains aussi rassurants que, parfois, bourbeux. A suivre

AVATAR: Don’t go in the forest

Suède, Metal (Black Waltz records, 2025)

Si le titre de l’album – Don’t go in the forest – colle parfaitement à l’esprit décalé et spectaculaire d’Avatar, le premier morceau, Tonight we must be warriors (oui, il s’agit bien d’Avatar, pas de Sabaton!) est très joyeux et enjoué. La suite, en revanche, nous entraine dans cette brutalité, cette puissance et… ce jeu de piste si chers aux Suédois. Parce que s’ils ont souvent été affiliés à la scène death metal, Avatar, c’est bien plus que ça. Johannes Eckestrom nous offre au gré des titres une palette vocale toujours aussi impressionnante, qui va du chant mélodique à la fureur d’un aliéné aux instincts meurtriers. On passe ainsi de la lumière à l’ombre, du calme à la tempête, de la fête à la catastrophe incontrôlée dès In the airwaves. Parfois, cela, le groupe nous y a habitués, au sein d’un même morceau. Avatar explore, tente, lie, ose et ça fonctionne. La grande force d’Avatar, c’est cette inspiration qui fait que jamais le groupe ne propose deux fois le même album. Si les origines death sont bien présentes (Abduction song ou Dead and gone and back again), Avatar sait se faire audacieux en intégrant des références « old school » ou plus encore. Peut-on parler de clins d’œil disco sur le morceau titre? Certes! Là où certains peinent à avancer, Avatar semble plus en forme que jamais et le prouve avec ce dixième album studio protéiforme qui trouvera sans difficulté sa place aux côtés de ses illustres prédécesseurs. Et nous, nous retrouverons cette folie douce sur les scène lyonnaise et parisienne (respectivement les 2 et 7 mars au Cube et au Zénith).

MAUDITS: In situ

Metal instrumental (ou presque…), France (Klonosphèrer, 2025)

Un an à peine après un Précipice qualifié ici même de vertigineux, Maudits revient avec un nouvel album, In situ. Composé de 7 morceaux aux durées variées (le morceau titre, intimiste et d’une douceur exemplaire, ne dure que 2’31, trois autres dépassent les 8′ – dont Précipice part III qui, avec ses sonorités orientales et sa mélancolie contagieuse, culmine à 9’17). Devenu quatuor (Olivier Dubuc aux guitares, Erwan Lombard à la basse, Christophe Hiegel à la batterie et Raphaël Verguin aujourd’hui au violoncelle), la formation explore de nombreux horizons, offrant une palette de sonorités dense et variée. A lui seul, Fall over est une quête de sonorités aussi aériennes que lourdes. In situ se distingue également de la discographie en proposant deux titres non instrumentaux: Mayline Gautier, empruntée pour l’occasion à Lün, prête sa voix sur Roads, reprise de Portishead tandis que Olivier Lacroix, échappé de Erlen Meyer et Novembre, apporte sa rage sur Carré d’as. Deux morceaux chantés qui ne reflètent sans doute pas une nouvelle orientation du groupe qui, tout au long de cet album, peint de sublimes tableaux sonores et nous entraine avec lui dans une forme de quête intérieure passant de l’ombre à la lumière, de la mélancolie à la joie contenue sans jamais se prendre la tête. Superbe.

Séance de rattrapage: INNER CABALA: We are solitude

Metal, Pays-Bas (Autoproduction, 2025)

Si Inner Cabala a vu le jour aux Pays-Bas en 2021, ses membres viennent également de Roumanie et d’Italie. Un mélange d’origines et de cultures qui se reflète dans a musique de la formation tout au long de ce We are solititude, un premier album composé de 10 morceaux variés, puisant autant dans le metal moderne, puissant et rageur que dans des influences plus prog, voire orientales. Le chant de Pim Limburg est à la fois doux et enragé, par instants torturé et mélancolique, à l’image des guitares d’Alexandru-Daniel Taun et Alessandro Zanchetta aussi rugueuses que joviales (Mediocrity devides I, Of time rejoiced). Au delà du metal pur, on note des influences new wave (Crippled reality). Si Inner Cabala veut poser sa marque de fabrique, il manque ce petit quelque chose qui le démarquerait d’une scène déjà encombrée. Il y a de la volonté et du savoir faire, des rythmes variés (la basse de Razvan « Sid » Poinaru et la batterie féroce de Carlo Belloni), un ensemble qui ne se complait jamais dans la facilité. Est-ce pour autant suffisant. Sans doute une production plus gourmande apporterait-elle ce plus qui manque. Une jolie carte de visite qui reste à confirmer.

REKT: Tunnel vision

France, Metal (Ep, M&O, 2025)

Après une intro assez spatiale, des guitares saturées et mélodiques transforment Midnight fire en un titre heavy au rythme martial et déterminé. Tunnel vision est le premier Ep des Parisiens de Rekt, groupe influencé autant par la lourdeur de Mastodon que par le sens de la mélodie de Tool. On déplore cependant, d’autant plus avec la technologie actuelle, une production très – trop – étouffée qui relègue le chant à l’arrière plan. L’a suite’ensemble, cependant, alterne avec un certain bonheur mélodies aériennes et metal oppressant, explorant par instants des univers gothiques proches, parfois du doom. S’il y a de la matière tout au long des 5 titres qui le composent, ce premier « Ep » (avec ses plus de 45′ on peut même parler d’album) souffre malheureusement de la faiblesse de sa production. Dommage, vraiment, car Struggle, S.O.S (et ses ambiances ritualistes), Howl ou le morceau titre savent ne pas se répéter et se faire séduisants par leur variété.

Interview: KRASHKARMA

KrashKarma@Dropkick Bar Orléans 11sept 25

Interview KrashKarma – entretien au Dropkick Bar d’Orléans le 11 septembre 2025 avec Niki (chant/batterie) et Ralf (chant/guitare/basse)

Nous sommes aujourd’hui le 11 septembre, pas une date de bons souvenirs, d’autant moins sur la tournée World on fire (les deux rient). Nous nous sommes rencontrés il y a deux ans à Rebrechien. Que s’est-il passé pour vous depuis ? Vous avez sorti un album et, depuis, vous tournez sans cesse !

Niki : Exactement. C’est, en gros, exacetement ça. Nous tournons sans cesse avec l’album Falling to pieces, en Europe, aux USA et nous sommes de retour en Europe pour la dernière partie de notre tournée. Ensuite, nous rentrons pour commencer l’écriture du prochain album.

Vous ne l’avez pas encore entamé ?

N : Non… En fait, on est toujours en train d’écrire, mais l’enregistrement ne commencera qu’au début de l’année prochaine.

Vous écrivez donc tout le temps, mais vous publiez aussi de nombreuses vidéos. Je suis épaté par le nombre de vidéos que vous avez publiées, parfois pour une seule chanson. J’ai l’impression que vous regardez des choses qui pourraient vous servir pour un clip…

N : Exactement, on a une idée et on la met en place. Que pouvons-nous faire ? Comment pouvons-nous le faire ? Parfois ça fonctionne, parfois, non (rires). On ne les sort pas si elles ne fonctionnent pas !

Ralf : tout a commencé quand on a sorti l’album il y a deux ans : on était en tournée avec Butcher Babies, on a tourné en Europe, aux USA et on est rentrés à la maison. On s’est rendu compte qu’il y a de nombreux très bons albums mais que le public ne connait pas, il faut les faire exister. Sur la dernière tournée, nous avons décidé d’être plus actifs en matière de vidéos et de réseaux sociaux, c’est le seul moyen d’être vraiment actif.

N : En mettant la musique en avant. Nous ne sommes pas des créateurs de contenu, c’est la musique qui compte. Nous créons des vidéos pour illustrer notre musique, pas l’inverse.

Qui se charge de regarder et sélectionner toutes ces intros de vidéos ? L’un d’entre vous ou tous les deux ?

R : C’est moi, je me charge de tout. Ça a commencé avec moi parlant de ma guitare, comment elle fonctionne, et c’est devenu viral. Ça nous a apporté beaucoup d’attention, et on a vu nos chiffres sur YouTube, Spotify grimper en flèche. On a compris qu’on avait besoin de créer des vidéos. J’ai vu un comédien qui faisait ce genre de vidéo, et j’en ai parlé à Niki : « là, c’est toi, mais au lieu d’aterrir sur une table de pic-nic, tu atterri derrière la batterie » (elle confirme).

Alors puisque nous parlons de batterie, Niki, tu dois me rassurer : ton tabouret est complet ? Il y a bien le siège ?

N (elle explose de rire) : Pourquoi, tu m’as vue chuter parfois ?

Non, je t’ai vu cracher de l’eau !

N (rires) : ah oui ! J’espère aussi qu’il est entier ! On vérifiera avant !

Revenons à la tournée : comment se passe-t-elle jusqu’à maintenant ?

N : Superbement ! Très cool, pour le moment, on n’a fait que la France. On a fait des festivals cet été, puis nous sommes retournés aux USA pour quelques concerts et nous venons de revenir. C’est notre cinquième concert et jusque-là, tout va bien. Il y a eu le festival de Mennecy entre temps. Le public français est vraiment bon avec nous, on passe vraiment de très bons moments et nous sommes très heureux de voir cette relation continuer et grandir.

Tu viens de le rappeler, vous donnez de nombreux concerts en France, alors qu’appréciez-vous en France ?

N : Les gens !

R : La nourriture ! et le pays ! Le vin ! (rires)

N : L’attitude des gens en général, aussi. Il y a beaucoup d’énergie. Je ne sais pas comment l’expliquer, mais on s’arrange très bien de cette attitude et de l’esprit de la communauté metal. On a l’impression que tout le monde se connait, les gens sont très proches, c’est exceptionnel. Le vin ne fait pas de mal, le fromage non plus (rires) !

R : Les gens sont très cool, et la culture française est très riche. Il y a eu la révolution, et le pays, les gens, semblent très progressistes. Les Français sont très sympas, mais tu ne la leur fais pas à l’envers.

Et que n’aimez-vous pas en France ?

N (sans réfléchir) : les parkings (rires) ! (Note : ils ont tourné près d’une heure dans Orléans pour trouver une place pour leur van)

R : On a toujours un van ou un bus… Partout en Europe les parkings font 2m de haut. Mais en France, c’est 1,80m ! Alors il n’y a nulle part où nous garer sauf dans la rue !

N : On a pris le plus petit van possible pour éviter ce genre de situation, mais en France, ça ne marche pas !

Depuis deux ans que vous jouez régulièrement en France – vous étiez hier à Paris…

N : C’était notre premier concert à Paris, hier !

Vous avez le sentiment que le public vous suit et grandit ?

Tous les deux : Oui, oh que oui !

N : On le voit depuis notre premier concert ici il y a deux ans. On n’a pas donné des tonnes de concerts en France, mais à chaque fois, le public est plus important. On reconnait des visages, les gens reviennent avec des amis. Oui, le public grossit vraiment. Hier, on a joué à Paris pour la première fois, à… La Dame de Canton, un…

R : Un bateau ! On a joué sur la Seine ! C’était une expérience !

N : On a raté la révolution de l’autre côté de la Seine, pas la révolution, des manifestations ! On a simplement vu les convois de police mais ne s’est pas mêlés à tout ça, on était curieux, on avait envie de voir ça, mais… on préfère être en sécurité !

Il va y avoir un nouvel album. Même si vous n’avez pas vraiment commencé l’écriture, de quelle manière imaginez-vous cet album différent du précédent ?

R : C’est une question très intéressante parce que nous y réfléchissons tout le temps. A chaque fois, on compose, on se fait des plans et… le résultat est complètement différent ! On a toujours quelque chose en tête mais, quand on commence à écrire et jouer, ça se transforme en son propre truc. Nous, nous faisons de notre mieux pour que ce soit bon.

Donc, ça prend son envol, ça devient une sorte de bête, comme ta guitare ?

N : Ouais ! Et ça évolue, toujours. Une fois qu’on est vraiment dans le process de composition, on laisse les choses avancer d’elles-mêmes. Nous avons une idée, mais elle évolue, comme le dit Ralf. On adore ça, et on cherche toujours à repousser nos limites.

Maintenant, en dehors du fait d’être un duo, composé d’une femme batteuse et chanteuse et d’un… comment on peut te décrire ? guitariste bassiste chanteur, comment décririez-vous la musique de KrashKarma à ceux qui ne vous connaissent pas ?

R : Simplement que nous sommes un groupe de metal avec une touche de ce qu’on aime : du thrash, du death, un peu d’indus ou de trip hop.

N : Le punk, aussi, dans notre attitude. C’est plus dans notre approche…

R : C’est notre façon d’être sur scène…

Une dernière question avant de vous laisser aller diner : quelle pourrait être aujourd’hui la devise de KrashKarma ?

N : Notre devise ? Pas de prisonniers (rires) !

R : Tu sais, notre tournée s’intitule « world on fire tour ». On a l’impression que le monde est en feu, pas dans le bon sens, des idées haineuses semblent se propager, la haine, le racisme… Alors notre devise pourrait être « combattre le feu par le feu » (Niki approuve).

N : Oui, combattre le feu par le feu… En fait, on a pensé au nom de l’album alors que Los Angeles était en feu. On était au milieu de ces incendies, du vent lorsqu’on a pensé à ce titre d’album. Alors, oui, il y a beaucoup de double sens. Notre systrème politique est en train de s’éfondrer…

Non… c’est pas vrai ? (rire général). J’ai dit que c’était ma dernière question mais en fait, non, revenons quelques questions en arrière : qu’aimez-vous aux USA ?

R : la Californie, faire du surf, du skate, l’océan, la météo, le beau temps, les gens sont super sympas, L.A. est un endroit multiculturel, il y a des gens de toutes origines…

N : Et c’est une ville très artistique. C’est ce qu’on aime aux USA : la Californie et Los Angeles !

Alors terminons avec ceci : que n’aimez-vous pas aux USA ?

R : le système politique ! Il est corrompu, tout le monde le dit mais on a l’impression que tout le monde s’en fout…

N : Et ça se propage comme un feu ! Tu vois, on y revient toujours !