SAXON live au Zénith de Paris

On l’aura attendu, ce concert! Initialement prévu en 2025, la série de 3 concerts que Saxon avait prévus dans des Zenith avait en effet dû être repoussée en raison des problèmes de santé que Biff, son charismatique chanteur, a rencontré. Désormais soigné, les dates sont refixées et, en plus de Saxon, les Nordistes d’Overdrivers sont ajoutés à l’affiche.

Direction donc le Zenith de Paris où Saxon a déjà joué 3 fois en tête d’affiche – 1984, 1985 et 1986 – et s’y est produit en avril 2024 en special guests de Judas Priest pour un set trop court. Mais ce soir, c’est un show complet que nous réservent les Anglais qui promettent également de jouer l’intégralité du mythique Wheels of steel (1980).

C’est un Zénith en configuration réduite dans lequel nous sommes reçus ce soir. Quelques 3.000 spectateurs se massent devant la scène déjà prête à accueillir les deux premières parties, et, de fait, se trouve particulièrement étroite pour les Valenciennois d’Overdrivers qui ont pour mission d’ouvrir les hostilités. J’avais pu découvrir le groupe avec son premier album paru en 2017, Rockin’ hell mais n’ai jamais encore eu l’occasion de les voir sur scène.

OVERDRIVERS@Paris, Le Zenith

Ce soir, la batterie de Florian Morgano est coincée côté cour, et c’est un couloir dans lequel les autres musiciens vont devoir circuler. On comprend très vite, dès l’arrivée du chanteur guitariste Adrien Desquirez, du guitariste Anthony Clay et du petit dernier, le bassiste Lion Das Neves, que le set va être plus qu’énergique et qu’il va falloir suivre les gaillards qui ne tiennent pas en place.

OVERDRIVERS@Paris, Le Zenith

Musicalement, on n’a pas à aller chercher très loin. Overdrivers, c’est l’équivalent français d’Airbourne, et visuellement aussi d’ailleurs… La langue pendue d’Anthony atteste de son besoin de reprendre son souffle, certes, mais le reste? C’est sans doute ce rapprochement trop évident avec le groupe des frangins O’Keeffe qui est le point faible d’Overdrivers. Car, malgré une prestation impeccable, un gabarit plus dense, il n’est pas possible de ne pas comparer.

OVERDRIVERS@Paris, Le Zenith

Pendant un peu moins d’une demi heure, le quatuor délivre un set de cinq petits titres et parvient à se mettre le public, convaincu, dans la poche. Un groupe certainement à revoir pour un set complet et une belle mise en bouche.

OVERDRIVERS@Paris, Le Zenith

On ne présente plus Sortilège. Quoique… Le décès de Bruno Ramos a forcé une évolution du line-up avec l’arrivée de Michael Zurita, qui avait déjà plus que fait ses preuves au sein de formations comme Big Ben ou Satan Jokers, où il a déjà échangé avec Olivier Spitzer. C’est, là encore, une première pour moi puisque je n’ai pas encore eu l’occasion de voir cette version de Sortilège sur scène.

SORTILEGE @Paris, Le Zenith

Un large backdrop domine la batterie de Clément Rouxel et l’on aperçoit de chaque côté de la scène les musiciens qui s’impatientent et trépignent tandis que le public scande le nom de Sortilège. Dès les premières mesures de D’ailleurs, on sent la formation prête à donner le meilleur d’elle-même. En commençant son set avec deux classiques (D’ailleurs et Progéniture), Sortilège donne le ton.

SORTILEGE @Paris, Le Zenith

Bien que concentré, on sent Michael Zurita désormais totalement intégré au groupe et la complicité entre les musiciens est toujours aussi palpable. Zouille est particulièrement en voix et fait preuve d’une puissance remarquable.

SORTILEGE @Paris, Le Zenith

Si Le poids de l’âme, le dernier album, n’est représenté ce soir que par deux extraits, le morceau titre et Médusa se révèlent très efficaces, lourds et presque oppressant. Contrairement au très chantant Chasse le dragon au refrain toujours repris en chœur par le public – même si, à titre personnel, je me passerai bien désormais de cette chanson…

SORTILEGE @Paris, Le Zenith

Sortilège conclue son set comme il l’a commencé, avec deux classiques issus de son premier effort éponyme de 1983. L’impérial Amazone précède la communion totale qu’est Sortilège qui fini de chauffer le public. Depuis sa reformation, Sortilège se montre plus qu’en forme et a tout pour conquérir un nouveau public, il en a encore fait la démonstration ce soir!

SORTILEGE @Paris, Le Zenith

Un rideau vient cacher la scène le temps que les roadies finissent de préparer la venue de Saxon. lorsque celui-ci tombe enfin, à 21h pétantes, tout le groupe est devant la batterie, dominé par l’aigle légendaire qui brille de mille feux. Une entrée qui me rappelle celle de Judas Priest ici même il y a deux ans et pour qui Saxon ouvrait. Et, comme c’est désormais le cas depuis la sortie de son dernier album, c’est Hell fire and damnation qui ouvre le bal.

SAXON @Paris, le Zénith

Un bal qui, ce soir, est divisé en trois parties qui se donnent sur le parvis d’un château de pierres entouré de deux statues qui évoquent soit le lion de Metalhead (1999) ou la gargouille de Unleash the beast (1997), au choix.

SAXON @Paris, le Zénith

Saxon commence avec une série de classiques, série uniquement interrompue. Nous avons ainsi droit à Power and the glory, And the bands played on et Dallas 1pm avant une « interruption » imposée par le plus récent Madame Guillotine (en lieu et place d’un Solid ball of rock proposé à Nantes). La série continue avec Heavy metal thunder – sur lequel Nibbs Carter commence (enfin?) à se déchainer et se démonter la nuque – et The eagle has landed, lourd et actuel.

Puis vient le gros morceau. Biff s’adresse au public de manière quelque peu… « télégraphe ». Après avoir annoncé que ce soir est la dernière date française avant de rentre en Angleterre – rappelant qu’il y a peu il rentrait chez lui, en Normandie – il prononce une date, suivie de trois mots: 1980. Wheels of steel. Le public se déchaine. « 1980. No iphones. No facebook. No Tik-tok. No CD ». Bon, là je me dis « commence à faire des phrases, Biff! » avant qu’il n’évoque le souvenir du vinyle que tu poses sur la platine, nettoies avant de poser la pointe du diamant et d’entendre le vrombissement de motos qui déboulent.

SAXON @Paris, le Zénith

C’est parti pour l’interprétation promise et attendue de l’intégralité, et dans l’ordre original, des 9 titres de l’album Wheels of steel qui a fait entrer Saxon, en 1980, dans le cercle très fermé des groupes de légende. Si la moitié de l’album fait depuis longtemps partie des setlists des Anglais, on ne boude pas une seconde de plaisir à écouter l’intégralité de la face B et ses variations de tempos.

SAXON @Paris, le Zénith

AU gré des chansons, Biff s’empare de vestes à patches qui sont envoyées sur scène. Un concours a d’ailleurs été annoncé et le vainqueur ira partager du temps avec le groupe après le show. Mais pour l’instant, il les scrute, les dépose sur les marche de l’estrade de la batterie et démontre que, malgré quelques petites limites et adaptations, sa voix est toujours d’une puissance remarquable.

SAXON @Paris, le Zénith

Si le groupe est ce soir – comme toujours – impeccable, carré est à l’unisson, le sixième membre fait de régulières et plus qu’appréciées apparitions. L’aigle étend ses ailes, descend des cintres, se balance de gauche et de droite en éclairant la foule, passant du rouge au blanc en se parant parfois de bleu. Couleurs de la France et du Royaume-Uni. Puis avec Machine gun, la messe est quasi dite, les cinq s’absentant le temps d’une courte pause.

SAXON @Paris, le Zénith

Denim and leather annonce le début de la fin. La chanson hommage au public est toujours aussi efficace en concert. Elle est suivie de trois autres éternels classiques, Strong arm of the law, titre sur lequel, comme un symbole et/ou un clin d’œil, les musiciens revêtent les vestes à patches du public, Crusader et Princess of the night qui achèvent le public présent. Et l’on se dit que les absents ont eut tort. Ce soir, une nouvelle fois, Saxon a démontré qui sont les patrons, les maitres de cet esprit de la NWOBHM toujours vivace. Saxon ne m’a jamais déçu sur scène et ce n’est pas ce soir que ça va commencer. Superbe et puissant, et, une.

Merci à GDP et Olivier Garnier d’avoir rendu ce report possible.

KAEDERIC: Dazzling horses

France, Metal alternatif (Klonosphère, 2026)

Il y a un peu moins de deux ans, Kaederic nous proposait It comes from the inside (2024), un premier Ep de 4 titres introspectifs et variés. Le groupe revient aujourd’hui avec Dazzling horses, un nouvel Ep dont les quatre morceaux proposent une varité musicale alliant intensité et légèreté. Débutant sur les accents lourds et quelque peu stoner de Lie, Pearls of blood s’enfonce dans une forme de punk au riff si répétitifs qu’il en devient contagieux et presque hypnotique. Kaederic nous entraine ensuite sur des touches plus personnelles avec Brother avant de terminer sur le très aérien Horses. La voix de Cédric Boucher, également guitariste, parfois légère, à d’autres moments plus engagée, joue sur les émotions. Matthieu Orain l’accompagne à la six cordes, la rythmique étant assurée par le batteur Romain Bercé, l’ensemble rendu plus atmosphérique par les claviers de David Couturier. Introspectif, éthéré, énergique, ce nouvel Ep offre de belles promesses.

SNAP BORDER: Supergiant

France, Metal (Autoproduction, 2026)

C’est avec une déconcertante régularité que les Nancéens de Snap Border reviennent avec Supergiant leur troisième album. « Déconcertante régularité » car c’est à chaque fois une période de 5 ans qui sépare deux albums. Est-ce ainsi qu’on fidélise un public aujourd’hui plus avare de patience qu’avide d’immédiateté? Sans doute pas mais Snap Border a mis ce temps à profit pour peaufiner son sujet et offrir à son auditoire 10 titres forgés dans ce metal alternatif et enjoué cher à Papa Roach que dans le plus brutal et presque metalcore de Bring Me The Horizon. Dès (V)ampire, les cinq nous entrainent dans un mix très réussi d’ambiances sonores variées, entrainantes sur fond de guitares rugueuses sinon rageuses. Loin de se contenter d’une recette, la formation aujourd’hui composée de Franck Poinsot (chant), Olivier Siedlecky et Eddy Bouvot (guitares), Thomas Gillot (basse) et Christophe Szczyrk (batterie) cherche à varier ambiances et plaisirs. This is not an exercise débute sur fond d’alarme pour s’engouffrer dans ce qui ressemble à une marche lourde d’esclaves de l’Egypte antique pour renouer, enfin, à des sons plus contemporains. Fading light, temps plus calme apporte une forme de respiration mais, malheureusement, les deux derniers titres, Looking at the sun et Shattered dreams, me semblent quelque peu inspirés par une forme de facilité et me laissent froids. Dommage de conclure ainsi alors que l’ensemble est riche d’envie, de puissance et d’entrain, et très bien produit. Allez, on se retrouve avant 2031?

DUST IN MIND: HCNO

Metal, France (Dark tunes, 2026)

Quasiment cinq années séparent CTRL (2021) de HCNO, la nouvelle livraison des Français de Dust In Mind. Si Jenifer Gervais plaçait de gros espoirs dans le précédent album, reconnaissant avoir dû sortir de sa zone de confort, l’album sorti en pleine période de crise sanitaire n’a pu être défendu comme il se devait. Et voici qu’arrive le mois d’août 2023 où chacun de son côté, Jennifer et le reste du groupe, publie un communiqué annonçant le départ de la chanteuse. Alors il faut trouver quelqu’un pour la remplacer et continuer l’aventure initiée en 2013 et dont Jen était un des instigateurs. Finalement, ce quelqu’un n’est autre que Damien Dausch, guitariste fondateur et producteur du groupe. DIM devient ainsi quartet, format qui lui permet de faire évoluer sa musique. Si les neuf morceaux de ce HCNO (nom d’un polluant présent dans l’atmosphère) puisent toujours dans le metal industriel, l’ensemble semble quelque peu épuré et devient par là même plus efficace. Oh, la rage et l’énergie sont toujours présentes, mais l’ensemble est plus… « abordable » et facile d’accès. DIM avance et parvient à mieux affirmer son propos musical en continuant d’explorer d’autres horizons sonores, allant du metal pur jus à des sonorités simples et organiques. Si le nom du groupe demeure inchangé, Dust In Mind se positionne sur la voie du renouveau avec une ambition renforcée et une envie de vaincre et de retrouver sa place sur la scène du metal hexagonal.

Chris SAVOUREY: 1966

France, Hard rock (Autoproduction, 2026)

Si ça, ça ne sonne pas comme un appel à la nostalgie… 1966, c’est le titre du dernier album du guitariste Chris Savourey qui, s’il s’est un temps adonné aux plaisirs de l’instrumental, revient avec un album chanté, accompagné dans cet ouvrage par de nombreux invités. Si l’intro, 1966, peut sembler étonnante, on tombe rapidement dans un rock vintage qui navigue sur les trace des grands anciens. Ceux du rock, pas ceux de Lovecraft, entendons nous! De la pochette à la calligraphie 70’s au contenu, tout en effet transpire cet amour des années d’insouciance de la génération titre qui atteint aujourd’hui la soixantaine et est passée par l’explosion du disco, du funk, du hard rock et la naissance de toutes les vagues de heavy metal toujours d’actualité. Personne ne s’étonnera ici des clins d’œil tant aux Stones qu’à Thin Lizzy tout au long des neuf morceaux qui suivent. Il y a beaucoup d’amour et d’envie, l’ensemble est bien produit et la présence de voix variées apporte un plus. Ok, tous ne maitrisent pas l’anglais comme le style le voudrait, mais Chris Savourey nous replonge dans une époque pleine de vie, d’audace et de témérité musicale. On ne réinvente rien ici, mais le plaisir est présent, sans prise de tête. Un joli retour, en somme.

HERESY: Ordinary decent life

France, Thrash (M&O, 2026)

Heresy, groupe français de thrash old school, est présenté comme se situant « quelque part entre Metallica et Megadeth ». Formé à Montpellier, le groupe a déjà deux albums à son actif (quoique – je sais, humour de m…. – vu l’écart entre les albums, « actif » semble un bien grand mot… Powered by anger en 2013 et The dark shore en 2019, donc 6 et 7 ans. On a notre Def Lep du thrash!) et revient aujourd’hui avec Ordinary decent life qui regroupe neuf titres qui, tous, font à un moment ou un autre penser plus aux Mets ou Slayer qu’à Megadeth. Sans doute le jazz propre au groupe de Mustaine manque-t-il pour rendre l’influence plus évidente, mais ça n’impacte en rien les qualités de l’album. Ici, au delà d’un anglais pas toujours compréhensible, on a à faire à un groupe qui la connait, son affaire. Très bien produit, ODL tabasse sec dès les premières mesures de Dancing shadows on buried ground. Quand bien même l’esprit du Metallica première mouture (époque Cliff Burton pour ceux qui ne suivent pas) plane, Heresy parvient à poser sa patte et trouver une identité propre. Ok, on se passerait bien des intros de Locked inside your head ou 86 days without sun, qui évoquent directement Metallica dans ses moments calmes, mais on tape du pied et on gratte de l’air guitar en cadence. Il y a incontestablement de belles promesses dans ce nouvel album, à recommander d’urgence.

SLEAZYZ: Rock n roll digger

France, Shock rock (M&O, 2026)

Un nouvel album des Troyens de Sleazyz c’est toujours la promesse de passer un bon moment de rock’n’roll fun et entraînant. Malgré une absence de 3 ans (Glitter ghoulz from hell remonte déjà à 2023), le groupe revient dans un format quelque peu remanié (au delà des deux membres historiques que sont le chanteur basiste Fred Dee Ceased et la guitariste Pandémonium Rodriguez, on retrouve sur l’album le batteur Fred El Rafale et le guitariste Thomas Healstone, depuis remplacé par Matt Bloodstring) avec un nouvel Ep qui dépote, Rock n roll digger qui porte très mal son titre. Car la bande toujours menée par son duo créateur et créatif nous a concocté 5 nouveaux morceaux de hard rock pur jus, tous différents les uns des autres. La galette démarre en trombe avec le plus qu’entrainant Dead in rock’n’roll sur lequel figurent également Stéphane Labas et Cyrille Hawlicki, tous deux de Charcoal, qui viennent pousser la chansonnette. La suite alterne entre heavy plus lent (Rock n’ roll digger), hard rock dansant (Cowboys in space) ou heavy rock franc du collier (Monster in my closet, See you in hell). La voix de Fred, roc(k)ailleuse à souhait et les ambiances évoquent les univers bien connus d’Alice Cooper ou de Rob Zombie, l’ambiance et l’entrain qui vont avec, le tout dans un anglais parfaitement maitrisé et compréhensible. Ce nouvel Ep se termine par une reprise des Ramones, l’incontournable Blitzkrieg pop et ses « Hey ho! Let’s go! », morceau sur lequel on retrouve nos deux invités. Ce disque est loin, très loin, de creuser la tomber du rock, très loin de l’enterrer tant on se dandine en on tape du pied et lève le poing avec bonheur. Maintenant, Sleazyz nous promet de nous retrouver sur les routes – dont une escapade de quelques dates à… Puerto Rico !

DGM et Amon Sethis live au CrickFest V (avec Prima et Epitude – Espace Loire, Cléry Saint André, le 11 avril 2026)

Pour sa cinquième édition, le CrickFest innove une nouvelle fois. En effet, après avoir l’an dernier élargi l’affiche en ajoutant un groupe, cette année, l’association Crick For Zik invite pour la première fois un groupe étranger. C’est donc aux Italiens de DGM d’assurer la tête d’affiche de ce petit festival qui se tient à l’Espace Loire de la petite ville de Cléry Saint André, à quelques kilomètres d’Orléans. Outre les Italiens, nous retrouvons ce soir les Grenoblois d’Amon Sethis ainsi que les débutants locaux d’Epitude et les vétérans PrismA, à l’origine du festival. Avec 3 groupes estampillés dans le genre, la soirée s’annonce très progressive.

Crickfest5, Clery St Andre

Cette année, s’il y moins d’exposants – les groupes ont naturellement sorti leur merchandising – Metal-Eyes, partenaire du festival (et du Zik And Dry organisé par la même asso le 19 septembre prochain avec, notamment Crucified Barbara et H.E.A.T., nous en reparlerons) a organisé une mini expo photos dont un hommage à Bruno Ramos (« De Manigance à Sortilège, hommage à Bruno Ramos) qui avait enflammé la salle archi bondée ici même il y a deux ans avec Sortilège. Une initiative appréciée tant des spectateurs que de l’orga et des anciens compagnons de route de Bruno.

C’est avec quelques minutes de retard que Chris Acker, président de l’asso, monte sur scène pour inaugurer la soirée et remercier le public présent, rappelant qu’il y a eut quelques inquiétudes mais que, finalement, les préventes ont accéléré ces derniers jours. On circule très facilement dans cet Espace Loire qui accueillera au pic de la soirée environ 200 spectateurs tous âges confondus – d’ailleurs, les vacances viennent de commencer, ce qui peut en partie expliquer l’affluence moyenne.

Epitude @Crickfest5, Cléry St André

Chris est rapidement suivi des jeunes musiciens locaux, Epitude, également bénévoles de l’association, qui rencontrent quelques soucis techniques. Quelques minutes suffisent pour régler le gros des couacs et lorsque le quatuor se lance, il est clair que ses musiciens (Pierre-Louis P. à la guitare et au chant, Antonin P. à la guitare, Marin D. à la basse et Axel T. à la batterie) sont très concentrés. Et on les comprends, car au-delà d’un naturel stress de jouer devant un vrai public, leur musique se révèle complexe tout en restant accessible.

Epitude @Crickfest5, Cléry St André

Au gré des morceaux, les quatre, bien qu’encore assez peu mobiles sur scène, se détendent et s’attirent bientôt l’approbation du public. Tout de noir habillés, ils enchainent mélodies envoutantes et rage contenue. La musique, à la fois puissante et aérienne, séduit la petite mais attentive foule présente en ce début de soirée. Epitude est une jeune formation prometteuse qu’il va sans doute falloir surveiller de près;

Epitude @Crickfest5, Cléry St André

C’est ensuite au tour des vétérans du coin, organisateurs de ce mini festival et habitués des lieux d’investir les planches. Avec une heure de jeu, PrismA a la bonne idée de proposer une setlist remaniée et d’offrir de nouveaux titres. Après une intro très martiale, la formation attaque avec un Crazy night enflammé suivi d’une doublette « découverte » composée de Masters of game et The power of wings, deux nouveautés plus que prometteuses (il y en aura ce soir quatre en tout avec Stay strong et Breaking the mirror, tous prometteurs d’un futur album enjoué et rentre dedans).

Prisma @Crickfest5, Cléry St André

Outre les titres inédits, nous rencontrons enfin le nouveau claviériste du groupe, concentré et tout à son ouvrage bien que visiblement assez détendu. Comme l’ensemble du groupe d’ailleurs dont un Philippe Sanfilipo souriant et qui dès le début du set va chercher le public pour ne jamais relâcher sa prise.

Prisma @Crickfest5, Cléry St André

No more tears, moment calme du set, est également annonciateur de l’approche de la fin du show. Trois morceaux enlevés se succèdent – le très chantant Freedom or war, Guilty of love et Tell me why avant que le groupe ne « s’absente » pour rapidement revenir pour un rappel. Rock now fait sauter le public et le voit lever les poings en cadence. Prisma a ce soir encore offert un set carré et simplement efficace.

Prisma @Crickfest5, Cléry St André

Malgré une longue carrière, Amon Sethis reste encore trop confidentiel. Une fois le changement de plateau terminé, j’incite Ben, le batteur de Prisma à ne pas rater l’entrée des Grenoblois tant je garde un bon souvenir de leur passage à Châteauroux en 2022. Après une intro orientale, une ombre apparait en fond de scène jouant avec deux bâtons enflammés. Un masque hideux avance et met le feu au pupitre avant que la fureur de Lamentations ne se déclenche. Sous les acclamations du public déjà subjugué, public qui a compris qu’il va vivre quelque chose de spécial, Julien arrache ce maudit masque à la fin du titre.

Amon Sethis @Crickfest5, Cléry St André

Le set est ce soir principalement axé sur les deux derniers opus du groupe puisque 12 des titres interprétés en sont extraits – Part III: dawn of an apocalyptic world (avec 7 titres dont l’intro) et Part 0: the queen with the golden hair (avec 5 morceaux) – et tous se révèlent d’une belle efficacité sur scène, à la fois fins et brutaux.

Amon Sethis @Crickfest5, Cléry St André

Planqué sous la capuche de son sweat, Andréa Ricci a, dans ses attaques de sa six cordes, quelques attitudes qui me rappellent Yann Heurtaux (Mass Hysteria). Sa complice, la bassiste Laëtitia Bertrand, frappe du pied tandis que Sébastien Perrad s’occupe de maltraiter ses fûts.

Amon Sethis @Crickfest5, Cléry St André

Proposant un metal direct, Amon Sethis entraine le public dans son univers au cœur de la VIIème dynastie de l’Égypte antique. Lights et fumigènes font également bel effet, metant en lumières diverses ambiances au gré des titres. Julien, revêt son masque – ou un autre – à diverses reprises, Mask of wrath, en fin de show, étant prétexte à une lutte entre deux de ces entités quelque peu maléfiques.

Amon Sethis @Crickfest5, Cléry St André

Quand bien même il reste la tête d’affiche, Amon Sethis a, ce soir, marqué de nombreux esprits et, sans surprise, le public se rue vers le merch pour, au-delà de se fournir en musique et t-shirts, échanger avec tous les membres du groupe, serrer des pognes dans la bonne humeur et le plaisir de la découverte.

Amon Sethis @Crickfest5, Cléry St André

Si DGM existe depuis 1994, les Italiens ne jouent que trop rarement en France – une petite douzaine de dates seulement recensées par le site Setlist.fm. Comme nous l’expliquait le guitariste Simone Mularoni plus tôt, c’est grâce à Julien Tournoud, chanteur d’Amon Sethis qui a désormais sa boite de production, que les Italiens se retrouvent ici ce soir, et ils en semblent ravis. Même s’ils tournent partout dans le monde et dans toutes les conditions d’accueil (de son propre aveu, s’il y a un endroit dans le monde où le groupe ne jouera plus c’est dans un certains club souterrain parisien), ils sont séduit par la salle et se promettent de retrouner le public.

DGM @Crickfest5, Cléry St André

Le set prévu doit durer à peine plus d’une heure, ce qui pourrait permettre de rattraper le retard. Et ce soir, je vais en profiter car je suis loin de vraiment connaître DGM autrement que par son nom et son dernier album, et c’est la première fois que je les vois sur scène. Dès l’arrivée des cinq, le message est clair: du heavy prog qui rentre dedans et ne compte laisser personne indifférent.

DGM @Crickfest5, Cléry St André

On sent chacun des musiciens très à l’aise, même leur batteur, Michele Sanna (quelle frappe!), qui n’est pourtant là qu’en remplacement mais qui maitrise parfaitement le répertoire. Les autres – Andrea Arcangeli à la basse, Emanuel Casali aux claviers et à la flûte traversière (une influence Jethro Tull???) – sont à la fois concentrés et mobiles. Mais tous les regards se portent aussi sur Mark Basile, le chanteur imposant tant par son physique déterminé que par son regard perçant ou, surtout, cette voix puissante et mélodique qui entraine l’auditeur dans son sillage.

DGM @Crickfest5, Cléry St André

DGM propose une setlist assez équilibrée entre ses cinq derniers albums – occultant toute la période avant 2010 – et offre au public une judicieuse sélection de titres généralement courts. et c’est tant mieux car quoi de plus difficile que de rester concentré 15′ parfois sur des parties techniques qui ne s’adressent au final qu’à un public de musiciens plus que d’amateurs de musique? Là, jamais le groupe ne perd son auditoire -hormis quelques parents qui, même si les vacances viennent de commencer, rentrent coucher leur progéniture.

DGM @Crickfest5, Cléry St André

Ghost of insanity voit Mark annoncer la venue d’un invité spécial pour l’accompagner au micro: il s’agit de Julien, d’Amon Sethis, qui remonte sur les planche le temps d’un duo enflammé et inquéiétant. Mark, les bras croisés et le regard sévère attend que Julien ui cède la parole pour ensuite partager un moment de plaisir et de complicité. un beau moment acclamé par le public.

DGM @Crickfest5, Cléry St André

Le concert se termine ensuite avec Reason, le groupe, visiblement très satisfait, venant saluer le public avant de – c’est bien l’avantage de ces concerts de province – foncer vers le stand de merch pour, eux aussi, signer des autographes, prendre quelques photos, échanger avec les (nouveaux) fans prêts à acheter un ou deux albums ou t-shirts.

DGM @Crickfest5, Cléry St André

Si cette cinquième édition du Crick Fest n’a pas affiché complet (sans doute la faute au début des congés scolaires et/ou à la méconnaissance du public des deux têtes d’affiche), ce sont quand même quelque 200 spectateurs qui se sont, ce soir encore, éclatés dans cette salle de 350 places. L’association annonce être à l’équilibre et prévoit d’ores et déjà une sixième édition dont la tête d’affiche sera…,

DGM @Crickfest5, Cléry St André

… dévoilée plus tard car même Metal Eyes n’en sait rien aujourd’hui. Alors, avant un CrickFest 6, rendez-vous (rendons-nous) sur le site du superbe parc culturel du Val d’Ardoux, à Dry, à côté d’Orléans, pour la première édition du festival Zik N Dry qui accueillera rien moins que H.E.A.T. et Crucified Barbara le 19 septembre prochain – il reste moins de 300 tickets « early birds » à tarifs préférentiels disponibles sur le site de l’orga

Interview: HIGHWAY

Interview HIGHWAY. Entretien avec Benjamin Folch (chant) et Ben Chambert (guitare). Propos recueillis le 27 mars 2026

Ben, on avait discuté assez longuement à la sortie de votre album acoustique, The journey, en 2023. Quels retours en avez-vous eus ?

Ben : Les retours ont été super. C’est un disque un peu à part dans notre discographie pusiqu’il est entièrement acoustique, un peu comme les MTV unplugged des années 90…

Benjamin : On a toujours voulu faire un album acoustique et on a eu cette occasion pendant cette période de Covid, l’occasion de bosser différemment, à distance et sur de l’acoustique, et on s’est dit « on le fait ». C’était le bon moment pour le faire.

Ben : On jouait déjà en acoustique de temps en temps, quelques morceaux. Là, on l’a enregistré…

Benjamin : On avait un peu peur des réactions… « Highway là où on ne l’attend pas, qui propose un album en acoustique, comment ça va être perçu ? »

Ben : La majorité des gens a trouvé ça super cool. Certains on moins aimé, c’est sûr, mais les plus ouverts ont apprécié. C’est nous, c’est la patte Highway…

Et c’est aussi vos morceaux déjà connus…

Ben : Oui, et trois ou quatre ans après, je le trouve toujours aussi bon.

Justement, il y a toujours un grand délai entre deux albums de Highway. Lorsqu’un groupe de rock a la possibilité de s’offrir quatre ans entre deux albums, en général, c’est que ce sont des rock stars, mais ce n’est pas votre cas ! (rires des deux)

Ben : Pas encore, mais…

Qu’est-ce qui explique ce temps entre deux albums ? United states of rock n roll en 2011, IV six ans après en 2017. Et on ne parle que des albums studio de compos originales…

Ben : On compte quand même The journey dedans parce que le processus d’enregistrement a été identique. Ok, on avait déjà composé les morceaux, mais on les a revisités et, pour nous, c’est le même processus que pour un album normal.

Benjamin : Aussi, quand on a enregistré The journey, on avait déjà des morceaux électriques qui n’avaient pas lieu d’être sur cet album mais qu’on a gardés pour après.

Ben : C’est vrai qu’on prend le temps, mais on a tous des vies bien remplies et il faut se laisser le temps de bien faire les choses, de proposer de bons morceaux.

C’est un peu l’idée que j’avais, vous n’êtes pas encore assez important pour prendre tout votre temps et…

Ben : Ça viendra… quand ? It’s a long way

Oui, It’s a long way to the top… On doit avoir la référence quelque part ! Parlons maintenant de votre nouvel album, last call for rock n roll. Que pouvez-vous nous en dire ?

Benjamin : beaucoup de choses (rires) ! Il sort le 24 avril, il y a 12 morceaux, très différents… On a exploré des pistes très différentes, il y a des choses très groovy, d’autres plus metal, il y a un morceau acoustique… et c’est un album très mélodique.

Ben : C’est un peu la continuité électrique de The journey qui nous a ouvert la voie à des voix plus élaborées, des arrangements plus variés. Par exemple des cuivres qu’on retrouve sur The action, des claviers, des trucs qu’on ne faisait pas avant. Là on a voulu avoir le même process et faire des choses nouvelles. Ça reste évidemment du rock mais il se passe plein de trucs dans cet album. C’est un peu le Highway de maintenant.

Si on parle de vos deux derniers albums 100% électriques, comment chacun d’entre vous analyse-t-il l’évolution de Highway entre IV et Last call for rock n roll ?

Ben : Avec IV, on avait déjà un process de compo qui avait évolué par rapport à ce qu’on faisait avant…

Benjamin : Oui, on avait déjà beaucoup évolué par rapport à United states of rock n roll

Mais ce n’est pas ma question ! Je vous parle de l’évolution entre IV et Last call…

Benjamin : En fait, cette évolution s’est poursuivie : il y a eu cette parenthèse acoustique qui nous a appris à travailler différemment. On a un peu plus poussé les curseurs là où on voulait les amener. Ce qu’on ne savait pas forcément faire avant.

Ben : Et puis on a appris, en tant que musiciens, on a progressé. Avec les concerts qu’on a donnés, on s’est imprégnés d’autres choses. Et, du coup, on a testé d’autres choses. La grosse différence aussi, c’est qu’on a, pour cet album, travaillé avec un vrai producteur, ce qu’on n’avait pas fait avant. On avait travaillé avec Brett Caldas-Lima sur IV pour le mix, mais là, on l’a vraiment intégré comme producteur. Ill a fait les maquettes, il a décortiqué les morceaux, il a mis sa patte. La grosse différence, c’est qu’il a placé la barre plus haut à tous les niveaux. Le vrai travail d’un producteur…

Benjamin : Le travail sur le son, aussi. Il a tout enregistré et beaucoup travaillé sur le son de Highway, qu’il soit le plus parfait possible.

Ben : Il a pris ce qu’on savait faire et il l’a sublimé.

Donc le Highway que j’aimais avant, aujourd’hui, je vais l’adorer ?

Les deux, ensemble : Ah ouais !

Comment décririez-vous la musique de Highway à quelqu’un qui ne vous connait pas afin de l’inciter à plonger dans votre discographie complète ?

Benjamin : Hey… C’est du hard rock, du hard rock très mélodique, que ce soit au niveau des instruments, des mélodies ou des voix, et c’est quelque chose qui peut toucher beaucoup de monde. Souvent, moi le premier, quand j’écoute de la musique, j’ai envie d’une mélodie qui percute et me reste dans la tête. Et ça, avec Highway, tous les morceaux sont efficaces.

Ben : il y a le côté catchy, mais il y a aussi cet esprit « good vibes ». On fait quand même de la musique qui nous ressemble, il y a de la joie de vivre, un côté positif…

Benjamin : Qu’on essaie de transmettre à tout le monde.

Ben : On vit dans un monde où il se passe beaucoup de trucs durs et on veut apporter un peut de joie de vivre à tout le monde…

« Beaucoup de trucs durs »… Je ne vois pas de quoi tu veux parler en ce moment ! C’est peut-être une question que je ne devrais pas poser, mais tu abordes le sujet, Ben. Que pensez-vous de la situation des USA en ce moment ?

Ben : Ben… on a honte d’aimer les États-Unis…

Benjamin : Là, on n’y remettra pas les pieds pendant un bon moment. J’ai pas de honte à le dire, c’est un pays que je trouve exceptionnel sur beaucoup de points mais, là, je n’ai pas envie d’y aller pendant quelques années…

Ben : Ce qu’on aime, c’est la culture américaine…

Benjamin : Aller manger dans un diner à 23h…

Ben : En écoutant les Guns !

Revenons à la musique. Si vous deviez l’un et l’autre ne retenir qu’un seul titre de Last call for rock n roll pour expliquer à quelqu’un ce qu’est Highway aujourd’hui, ce serait lequel ?

Benjamin : Ah, c’est très dur… Si je devais n’en choisir qu’un… ce serait Peace out, parce qu’il est très mélodique, il y a beaucoup de chœurs, il est léger, agréable, il est plaisant comme morceau. Il est aussi progressif, avec des changements des rythmes et d’ambiances. Moi, c’est un morceau qui me met de bonne humeur.

Peace out… ça colle bien à la question précédente en plus ! Et toi, Ben ?

Ben : Effectivement, c’est un morceau que j’adore, et les arrangements vocaux sont ouf. Mais si je devais retenir un seul morceau, mon préféré, mon petit chouchou, c’est (Don’t) look back, un morceau un peu ovni. Sa mélodie me transperce à chaque fois, je l’écoute, je suis bien. C’est un peu comme un nounours, mon morceau nounours… J’ai envie de me mettre en boule, et de lui faire un câlin…

Tu aimes tout sur ce morceau, mais est-ce celui que tu ferais écouter à quelqu’un pour lui dire « c’est ce que nous sommes aujourd’hui » ?

Ben : En effet, j’ai un peu digressé… C’est mon morceau préféré mais peut-être pas celui qui représente le mieux le groupe. Si je devais ne retenir qu’un titre qui nous représente, ce serait Hi-way, qui reprend ce que nous avons fait avant, avec les harmonies vocales, le gros son, et il s’appelle Hi-way, en deux mots, alors « this is Highway »… Oui, je dirai celui-là.

Quels sont vos projets de tournée pour défendre ce nouvel album ?

Benjamin : On a beaucoup de discussions autour de futures dates, on en a 5 qui sont confirmées et annoncées : il va y avoir Dijon le 18 avril, en mai ce sera le Brin de Zinc à Chambéry, notre release party au Rockstore de Montpellier le 30 mai, on laisse passer l’été et on sera au Backstage By The Mill à Paris le 19 septembre et retour du côté de Montpellier au Just N Fest le 2 octobre.

Paris, je ne pourrais pas y être, je suis sur un autre festival…

Ben : Le Crick ? Non, le Zik n dry (NdMP : le 19 septembre prochain, à Dry (45) avec en têtes d’affiche Crucified Barbara et H.E.A.T) ? Deux personnes qui nous ont interviewés avant nous ont dit qu’elles y seraient aussi…

Benjamin : Ce sera peut-être pour nous l’occasion de venir jouer sur Orléans, s’il y a des festivals comme ça…

Il n’y a pas que des festivals… Sur Orléans et alentours, il y a plein de super salles, de 200-400 places, avec des conditions d’accueil au top.

Benjamin : C’est bon à savoir… En tous cas, on travaille aussi les plans pour des festivals en 2027. A suivre !

J’ai aussi vu sur votre site qu’aujourd’hui vous n’êtes plus quatre mais cinq musiciens. C’est quand même un grand changement dans le groupe ! Qui est le cinquième membre ?

Benjamin : Déjà, on va demander « qui est le quatrième » ? On a changé un peu de line-up, on changé de bassiste, Sam Marshal a eu envie de faire d’autres choses avec ses nouveaux groupes. Du coup, on a recruté Cerise Pouillart, notre nouvelle bassiste. C’est aussi une nouveauté pour nous de travailler avec une fille…

Ben : A la base, elle est guitariste et chanteuse, et elle s’est mise à bosser la basse comme une dingue, les chœurs aussi parce qu’elle chante aussi… Elle a une super voix !

Benjamin : Elle a été pendant 12 ans leadeuse des Ladies Ballbreaker, elle a tourné plus d’une fois avec ce tribute…

Tribute d’un groupe que vous n’aimez pas du tout, d’ailleurs !

Ben : Non, pas du tout (rires). Elle nous apporte toute cette expérience et c’est vraiment intéressant. Maintenant, le cinquième…

Benjamin : On a muté, on est passés à cinq : on a recruté Flo (Florian Arnaud) à la guitare qui amène lui aussi sa guitare et sa voix – c’est aussi un excellent chanteur ! Pourquoi in est passé à cinq ? Parce qu’on voulait vraiment mettre en avant, sur scène, les guitares qu’il y a sur l’album.

Ben : On s’est un peu lâchés sur l’album et ça aurait été dommage d’amputer ces arrangements qu’il y a sur l’album. On aurait pu le faire mais sur le disque, c’est vrai qu’on est allés assez loin au niveau des grattes, donc on a pris ce guitariste avec qui, en plus, ça matche humainement. On le connait depuis longtemps, on a fait quelques concerts avec lui et quand Sam est parti, on s’est dit autant proposer une vraie nouvelle version du groupe. On écrit une nouvelle histoire, un nouveau chapitre. On apporte quelque chose de vraiment nouveau, avec des nouvelles guitares, de nouveaux chœurs…

Benjamin : Comme le dit Ben, on voulait cette nouveauté, et il y a cette fraicheur, cette énergie qui nous ont poussés à travailler différemment, amener un nouveau show sur scène, une nouvelle dynamique.

Ben : On a vraiment hâte de présenter ces morceaux sur scène, notre nouveau show, et que vous veniez nous voir…

Ou que vous veniez nous voir (rire général) ! Si vous deviez aujourd’hui réenregistrer un de vos albums avec le line-up actuel, ce serait lequel ?

Ben : Ah, dis… C’est dur comme question !

Benjamin : Peut-être U.S…

Ben : Oui, peut-être United States of rock n roll…

Benjamin : Il y a plein de trucs qu’on ne savait pas faire à l’époque et qui le ferait sonne bien mieux maintenant.

Il était déjà bien…

Benjamin : Mais le refaire avec des voix féminines, ça serait super. C’est un album que j’adore, mais ça lui donnerait une autre ampleur. Les morceaux sont vraiment cool, mais il mériterait quelque chose…

On sait qu’un groupe de rock en France ne vit que rarement de sa musique. Quels sont vos autres activités professionnelles ?

Ben : On a des statuts différents : le noyau dur, Ben, moi et mon frangin (Romain Chambert, batterie) on a des boulots à coté…

Benjamin : Moi, je suis directeur, je manage une équipe de sept personnes qui vend de la déco de maison, des tissus, du parquet…

Ben : Moi, je suis radiologue, en imagerie médicale. Romain, lui, est inspecteur du travail. C’est bien, parce que quand on n’est pas déclarés sur les concerts, il peut arranger les choses (rires). Flo et Cerise sont tous les deux dans la musique…

Benjamin : Flo est prof de guitare, Cerise est prof de chant.

Si vous deviez penser à une devise pour Highway, ce serait quoi ? Benjamain, je t’avais déjà posé la question…

Ben : Ah ? J’avais dit quoi ? En attendant, je dirai No limit (Benjamin acquiesce). C’était notre mantra en studio, No limit ! On fait ce qu’on veut, et on y va à fond…

A l’époque tu me disais « Enjoy, have fun »

Ben : Tu vois quand je te dis qu’on est good vibes ! C’est exactement ça ! Maintenant, c’est devenu « No limit » (rires) !

DISCOZERO: It was capitalism all along

France, Rock (Autoproduction, 2026)

Nouveau venu sur la scène rock énervé, Discozero s’est formé en 2023 autour du chanteur Matthieu Miègeville, du guitariste Nicolas Foucaud, de la bassiste Katia Jacob et du batteur Zacharie Mizzi. Avec son premier album, It was capitalism all along, le quatuor nous propose un rock faisant fi des codes et des convenances. Au delà d’un chant anglais une nouvelle fois difficilement compréhensible, on sent que Discozero veut imposer au public une sorte d’irrévérence punk, un doigt envoyé à la face de cette industrie à recettes prédéfinies. Aussi dansants que remuants, les 8 morceaux de ce premier album font preuve de rage sinon de maturité, comme si les quatre refusaient de quitter leur enfance. J’ai parfois l’impression aussi qu’ils hésitent parfois, n’osent pas assez souvent, à lâcher la bride et laisser plus de place à une forme de folie enragée qui donnerait plus d’ampleur et d’énergie aux chansons. Un premier pas sympa mais qui ne me marque pas plus que ça. Dommage