J’avais découvert Headkeyz lors de l’édition 2023 du Rock In Rebrech. Le groupe ne m’avait alors pas particulièrement marqué, mais le temps d’un concert est-il vraiment suffisant pour découvrir une formation ? En recevant ce nouvel album, j’ai une première bonne impression : en dehors du CD lui même, tout le packaging – livret inclus – est en papier cartonné et, semble-t-il, recyclé. Un détail? Pas tant que cela de nos jours, et c’est sans doute un indice de l’engagement pour l’écologie de nos Montpellierains (pourquoi d’ailleurs existe-t-il encore des boitiers plastique, hein, dites???) Ok, mais quid du contenu musical de ce second chapitre de The cage & the crown ? Headkeyz propose un metal alternatif, à la fois riche, subtil et direct. Après un The crown assez calme, Intoxicated attrape l’auditeur avec un irrésistible groove qui ne peut que faire danser. Clairement, le groupe fondé fondé en 2021 et aujourd’hui composé d’Adrien Girard (« Edge » au chant), Thimothée Bertram et Stella Cristi (guitares – Stella ayant rejoint le groupe en 2025 ne joue pas sur l’album où l’on retrouve Baptiste Willaume), Samuel Marechal (basse) et Sylvain Molina (batterie), puise son inspiration dans le metal alternatif et le neo metal des années 90. On retrouve tout au long des 8 titres de l’album les codes du genres sans que Headkeyz ne s’y enferme. Du chant rappé (Rotten party), des complaintes d’esclaves du sud des USA (Vikings), Headkeyz ne semble se poser aucune limite. Il y a une vraie personnalité, et sans aucun doute une ambition marquée de se distinguer. Si le groupe a lui-même produit cet album, il a fait appel à des pros pour la finalisation. Mixé par Thibault Akrich et masterisé par Emerson Mancini (connu pour ses travaux avec Paramore ou Linkin Park), ce Chapter II est une réussite de bout en bout, un album sombre et lumineux à la fois, grave et jovial, un de ces albums qui a tout pour séduire un public varié et pour pouvoir fièrement s’exporter hors des simples frontières européennes.
404, comme une bien trop fameuse erreur informatique… Et pourtant, non… 404 n’est que le titre du nouvel album du groupe de metal alternatif Holy Fallout. Ce qui (me) marque dès la première écoute de Crippled, le morceau d’ouverture, c’est un esprit à la Headcharger. Le chanteur, Paul Girardot, également guitariste) pourrait bien être confondu avec Sébastien Pierre, mais rapidement Holy Fallout se détache de cette étiquette. Dès Unsatisfied, le groupe nous invite dans un univers où le heavy rock rencontre le rap avec un groove qui tape dans le mille. Quelques growls bien sentis viennent secouer les tympans. On pense naturellement à des références comme Nothing More mais aussi à la puissance de feu d’un Lamb Of God. Tout au long des 10 titres (plus un bonus), les Bisontins invitent leur auditoire à explorer diverses palettes sonores, parfois doublées d’un nappage de claviers apportant une touche de légèreté aérienne et de refrains à faire chanter le public (Stuck in the blue). En variant les tempi et en diversifiant son propos, Holy Fallout interpelle et séduit sans jamais lasser. Solide comme un rock, 404 est une très belle promesse qui pourrait porter la formation rapidement parmi les gros espoirs du rock énervé made in chez nous. A suivre de très près.
Gut-Scrapers, les amateurs de heavy bluesy made in France connaissent déjà. Avec deux albums au compteur (Gimme your soul en 2012 et Getting through en 2017), le groupe a vu son line-up radicalement changer et évoluer en 2022. Désormais composé de Tracey Ors (chant), Olivier Salazar (basse) et Dawoud Bounabi (batterie) et de son dernier membre fondateur, Fred Fages (guitare), le quatuor revient en force avec Twelve rays, un Ep de 4 titres qui tous puisent dans ce hard/heavy bluesy à souhaits. Quand bien même le jeu de mots soit plus que facile et convenu, la chanteuse porte bien son nom tant sa voix brille de mille feux, d’ors brillants et chaleureux. Bien plus qu’un incontestable atout, la voix de Tracey, rugueuse, chaude et vibrante, est une véritable arme pour Gut-Scrapers sans pour autant jamais effacer le rôle de ces guitares incisives et de cette rythmiques pleine de feeling. Quatre petits titres qui donnent envie d’en entendre beaucoup plus… Le blues de Rise above cède la place à un Days will come bien plus heavy, le groupe s’offrant une échappée belle sur les highways américains avec When the roots are deep avant de terminer avec un Sincere rapide, direct et déterminé. Gut-Scraper nous propose un Ep (aux inhabituelles illustrations signées Stan W. Decker, illustrations plus proches des gravures de J-D. Férat ou L. Benett) plus que solide et prometteur, et on attend maintenant des Nîmois qu’ils envahissent les scène de France et d’ailleurs pour trouver leur public. Très prometteur!
Presque « nouveau venu » sur la scène française du metal mélodique, Spirit War revient avec Beyond frontiers, un second album composé de 10 titres qui puisent dans ce heavy power qui vise à faire sauter les foules en cadence et lever les bras. Les amateurs de heavy français connaissent sans doute déjà son fondateur, Markus Fortunato, le bassiste ayant en effet une longue carrière derrière lui et s’étant fait quelque peu remarquer avec son premier projet, M.Z, avec qui il a enregistré 7 albums. Malheureusement, sans un label qui lui reste fidèle (le groupe est passé chez Wagram, Brennus, Pervade…), le travail de fond est compliqué. Il fonde par la suite Öblivïon et Fury Age avant de se lancer sous son propre nom et de ressortir aujourd’hui avec Spirit War. Ce nouveau projet saura-t-il enfin sourire au bassiste chanteur, désormais entouré du guitariste Nicolas Lebrat et du batteur Valentin Leroy? Dès la première écoute, le message est clair: une grande place est accordée aux mélodies qui font mouche. Les sources d’inspiration sont variées, allant du heavy traditionnel à la Maiden au néo classique de Malmsteen. Malheureusement, aidée par une production un peu trop étouffée et un anglais correct mais typé frenchy, l’étiquette 80’s est trop présente. Même les excursions dans des envies « sabatonnesques » sont rattrapées par un esprit Manowar dans certains textes. Les rythmiques, certes, donnent envie de taper du pied mais Spirit War ne parvient pas à m’imposer un air qui me reste en tête. Bien fait, sans aucun doute, cet album est bourré de mélodies sympa mais par trop datées et manque de cette touche de modernisme qui pourrait vraiment le faire sortir du carcan des années 80. On passe cependant un bon moment festif, et c’est toujours ça de pris!
Interview KOB. Entretien avec Rudy le 7 novembre 2025
Bien que cela fasse un bon moment que Kob existe, c’est la première fois qu’on parle. Peux-tu nous raconter l’histoire du groupe dont j’ai l’impression qu’on ne peut pas parler de carrière mais plus d’opportunités de se retrouver entre potes…
Les racine de Kob remontent à 1976, avec un autre groupe dans lequel il y avait mon frangin, Thierry (Huylebroeck, guitare), Bruno (Laguide, batterie) et Boboss (Jean-Michel Berger, basse). Ça, c’est les racines, et KOB s’est réellement formé en 1997. Tu as raison, c’était des retrouvailles entre eux trois, et à l’époque, il n’y avait pas de chanteur. Ils ont cherché. Moi, je connais Stéphane (Graziani) depuis très longtemps, depuis qu’on est gamins. Il chantait et un jour je lui ai dit que mon frangin cherchait un chanteur. Il a fait un test et a intégré le groupe en 1999. Ils se sont ensuite rapidement rendu compte que ce serait mieux avec 2 guitares, ce qui correspondait plus aux goûts de Stéphane. J’ai intégré le groupe comme ça, en 2000. Depuis, on a le même line-up à l’exception d’un changement en 2006 : Stéphane est parti et a été remplacé par Nicolas Blaizeau avec qui on a fait l’album Close to dawn, en 2009. Et en 2011, The time is right a été fait sans moi puisque je suis parti accompagner un bluesman en tournées. Kob a arrêté en 2012 parce que peu de choses se présentaient et on a repris la formation sous sa forme originale, à l’exception de François, qui avait remplacé Boboss à la basse en 2002, et qui n’a pas souhaité reprendre l’aventure pour des raisons qui lui sont personnelles. Il a été remplacé par Jean-Michel, et depuis 2016 le line up n’a pas bougé. On a lu ta chronique de l’album, bien sûr, mais ce n’est pas exactement des « retrouvailles » comme tu l’écris… Le groupe ne s’est jamais vraiment arrêté, à part un break de 2012 à 2016. On se voit toujours en répète au moins une fois par semaine. Et s’il faut monter sur scène ce soir, on est prêts !
Que pourrais-tu me dire au sujet de votre nouvel album, When the axes fall ? Il y a 7 compos originales et 2 live. Vends-le-moi, cet album !
Te le vendre, Le mieux, c’est de l’écouter ! Il n’y a pas meilleur moyen, mais pas sur les plateformes ! Il faut s’en imprégner, aussi bien au niveau des textes de Stéphane que de la musique où il y a une certaine noirceur, en lien avec l’époque actuelle. On dénonce une certaine déviance actuelle au niveau des sociétés – pas que la nôtre.
Quand on lit les titres de l’album, on peut avoir l’impression que vous traités d’autres thèmes que ça, les vikings de la pochette évoquant même l’univers nordique d’Amon Amarth…
Oui, c’est un peu le coté caricatural de la pochette… Un morceau comme The scourge of god parle d’Attila, que tout le monde connait. Mais un texte comme Criminal negligence parle du laisser-aller, du laxisme face au crime. Personne ne bouge… Je ne sais pas trop comment dire ça… Le point commun, c’est de dire qu’on est toujours dans la même violence.
Y a-t-il aussi des thèmes qui, selon toi, n’auraient pas leur place au sein de KOB ?
Oui, la politique, je pense. Ce n’est pas quelque chose qu’on traite. Déjà, on n’est pas au fait de tout ça. C’est quelque chose qui nous touche, évidemment, mais on ne va pas s’engager dans cette voie. On ne sait pas grand-chose, politiquement parlant.
Si tu devais maintenant décrire la musique de Kob à quelqu’un qui ne vous connait pas – assez peu de monde sur cette planète, restons humbles – que lui dirais-tu ?
(Rires) Déjà que c’est une musique de passionnés. C’est ce qu’on fait depuis toujours, et c’est une musique brutale qui vient des racines du rock, du hard rock. Il y a une certaine énergie, il faut que ça pète ! La base de Kob, c’est ça : « faut qu’ça pète » ! On nous a classifiés « heavy metal, pourquoi pas ? On ne s’est jamais auto proclamés comme étant des metalleux…
Vous faites quand même partie de la famille hard rock…
Ah, totalement ! On vient de cette famille avec Judas, Maiden, et même bien avant ! Je suis fan de groupes comme Moutain, le Alex Harvey band, Rory Gallagher… Ce mélange de culture des années 60/70 et 80 donne ce que fait Kob. C’est sûr qu’on ne fait pas ce qui se fait maintenant. On ne saurait même pas faire… Du black, du death, je ne saurai même pas faire la différence (rires)…
Je le disais au début, il y a 7 nouveaux titres et 2 live sur votre album. Pourquoi ce choix ?
Alors ça, c’est déjà le cas sur le précédent album, Alive and raw, qui a 4 titres studio et 4 live. On pense, peut-être à tort, que la vérité vient de la scène. Malheureusement, on n’en fait pas beaucoup, mais on est avant tout un groupe de scène. On avait envie de remettre en avant des vieux titres pour que les gens se fassent une idée de ce que nous sommes sur scène.
Sur les 7 autres titres, si tu devais n’en retenir qu’un pour expliquer ce qu’est KOB aujourd’hui, ce serait lequel ?
Je crois que c’est The scourge of god. Il est vraiment dans la veine Kob, qui a le côté enclume, le côté viking comme tu le disais tout à l’heure…
Je voulais aussi parler du visuel : ce que je remarque avec vos albums, c’est qu’il n’y a pas de visuel récurrent. Aux débuts du groupe, le K de Kob était à l’envers, il est aujourd’hui l’endroit, il n’y a pas logo propre au groupe ni de visuel directeur. Close to dawn, on dirait de la SF, Mechanism of time m’évoque les Temps moderne de Chaplin, là on a des vikings, Attila… Sans aller jusqu’à une mascotte, il n’y a pas de véritable « accroche » visuelle qui permettrait d’identifier le groupe comme étant Kob. Comment l’expliques-tu ?
Je ne sais pas si c’est volontaire, je pense qu’on ne s’est jamais posé la question dans ce sens-là. En même temps, quand tu regardes la collection des Led Zeppelin, il n’y a pas un album qui suit l’autre. On n’a pas forcément envie d’avoir une mascotte comme Maiden. C’est une remarque intéressante, cependant… L’imagerie, elle est plutôt sur scène. Si tu as déjà vu des photos live, il y a un backdrop avec une espèce de monstre, en filigrane derrière le Kob. C’est un peu ça l’imagerie pendant nos concerts, sur nos cartes de visite… L’image qu’on a sur les mugs, mais c’est vrai que sur les albums, il n’y a pas de suivi. Ce n’est ni volontaire ni involontaire, c’est un choix, par rapport à ce qu’on fait.
Tu viens de parler du Kob. C’est quoi, la signification du nom du groupe ?
Ah ! Alors ça, c’est un sujet épineux qui est resté secret et qui va le rester parce que j’ai pas envie de me faire étrangler (rires). Sache simplement que ça part d’une plaisanterie qui remonte à il y a 25 ans, donc bien avant mon arrivée dans le groupe.
Une plaisanterie entre qui et qui ?
Je crois que c’est entre Stéphane et Thierry, mais je ne suis pas sûr. Il y a eu énormément de « polémiques » à notre niveau… On s’est fait appeler Kronenbourg Over Bibine, on s’est fait traiter d’antilope – le kob, c’est une antilope africaine. On ressemble à tout sauf des antilopes ! On serait plus des hippopotames (rires) ; Mais la vraie signification… ben, elle va rester secrète !
Tu disais que vous jouez trop peu, y a-t-il des dates de prévues ?
Non… là on a une date le 9 mai 2026 à Mennecy, on est en discussions avec des boites de booking, mais rien de plus. Quand nous, musiciens, on envoie des mails, plus personne ne nous répond. On sent qu’il faut passer par des agences si on veut avoir des réponses.
Un groupe de rock, on le sait, ne vit pas de sa musique. Quelles sont vos autres activités ?
Il y a deux retraités, Jean-Michel est peintre en bâtiment – c’est pas évident, c’est un métier physique et il doit se taper des répètes derrière. Il a du mérite – Stéphane a un poste à très hautes responsabilité, il travaille pour une entreprise qui élabore des machines pour les laboratoires d’hôpitaux, partout en Europe. Il parle plus souvent anglais que français, ce qui lui confère un accent plutôt sympa et correct. Et moi, je suis directeur de production dans l’entreprise d’un pote.
Si vous deviez aujourd’hui réenregistrer un album de Kob avec le line-up actuel, ce serait lequel ?
Aoh, c’est difficile comme question, ça ! Je suppose que ce serait Strafe the underdogs. Il n’a pas eu de chance cet album… Il y a déjà eu de gros problèmes de mastering, et, ensuite, il a été enterré à sa sortie. On était distribués pas Wagram, via NTS à l’époque, et NTS a eu des soucis que je ne connais pas exactement et cet album est resté deux/trois ans dans les cartons. On en a vendu, le deux premières semaines, 400 environ, et ensuite, ça s’est effondré. Un peu comme les dominos : il y a eu les soucis de NTS, les albums sont restés dans les cartons, ils nous ont été rétribués ensuite mais ça a mis quelques années. L’album était mort avant sa sortie… Si on devait en refaire un, ce serait celui-là.
Formation francilienne fondée en 2019, Lying Dawn, après avoir trouvé son line up « idéal » (aujourd’hui, le groupe est composé des membres fondateurs Pilou Courtieu au chant et Will Maggot à la guitare, plus tard rejoints par le bassiste Félix Moal et le batteur Vadim Hoch), Lying Dawn se produit sur scène, renforce son image et son son avant de proposer fin 2025 son premier album, Nothing remains the same. Composé de 6 titres plus une intro (coucou la faute de frappe, il manque une bonne minute sur le verso du CD!) et d’un interlude narré (The grey veil), le groupe évolue dans divers univers sonores, lourds, mélancoliques et parfois oppressant, dont on devine cependant toujours la lumière au bout du tunnel. Par la profondeur de son chant, Code zero m’évoque directement Mastodon et rapidement arrive l’aura de Black Sabbath. Dommage seulement que je ne parvienne pas à comprendre les paroles,en anglais sans avoir recours au livret… C’est plus facile sur le plus lent Does he remember qui monte tranquillement en puissance, toujours retenue. Lying Dawn s’amuse à jouer avec les tempi et les ambiances, tout en restant dans ces décors sombres et tristes, allant de la lourdeur du doom (Weary man’s song, Through the window) à la férocité mordante du grunge (Opium). Nothing remains the same est un album très prometteur d’un groupe dont on espère entendre parler et voir grandir. Une belle découverte de fin d’année!
2008: Soleil rouge. 2012: Prophétie MMXII. Si d’aucuns pensaient que nos Franciliens de DemonTool avaient sombré corps et âmes, eh bien non. Certes, il aura fallu attendre 13 ans avant de retrouver un nouvel album mais le groupe a mis ce temps à profit avec diverses activités. Chris, le chanteur, a ouvert le Demon Bar à Outarville, au nord du Loiret, un sanctuaire pour les formations heavy de tous bords puisqu’il s’agit plu sd’un club que d’un simple bar. DemonTool s’est également étoffé en ajoutant un guitariste à son line-up historique, le barbichu de service, Olivier Louis-Servais qui accompagne à merveille Nils Coubaron. Les deux piliers rythmiques Nico (basse) et Jérôme (batterie). Cette formation circule, donne de nombreux concerts et se soude avant d’entrer en studio pour enregistrer ce troisième méfait, La valse des âmes, un album imprégné de cette lourdeur sombre contemporaine. Au travers de huit titres, DemonTool dresse un constat de l’état de notre (in)humanité, période de crise sanitaire incluse. Du speed La morsure du loup à l’explosif Pandémie, le groupe ne laisse pas un instant de répit à l’auditeur, flirtant plus que souvent avec le thrash des vieux jours parfois même avec le death. Chanté dans un français hargneux, l’ensemble des morceaux est entièrement prévu pour la scène. On regrette la pauvreté du son, sec, claquant et trop direct, presque une démo, un son qui manque de rondeurs et de « grasse » générosité. Ce qui n’empêche de se délecter de ces compositions franches aux refrains à, souvent, reprendre en chœur. DemonTool est un groupe qui se fait plaisir et qui en donne – il suffit de voir le groupe en live pour s’en convaincre tant l’ambiance est à la déconne ou de visionner l’intro de la vidéo ci-dessous. L’opposé de ce sérieux discographique.
Avec un chanteur désormais pleinement intégré qui a fait ses preuves grace au précédent abum, The black fortress, paru en 2019, les furieux de Hellixxir reviennent avec Beyond the frame. 6 ans, c’est long entre deux albums, même si la crise sanitaire est passée par là. Mais nombreux sont ceux qui ont déjà republié au moins un album, alors Hellixxir pourra-t-il retrouver son public? Sans doute, en tout cas un public averti et amateur de hurlements black metal. Car, de ce point de vue, il n’y a pas de pitié. Les compos, quant à elles, flirtent avec le thrash des vieux jours, proposant des riffs ravageurs et des breaks plu scalmes qui évoquent souvent les univers lovecraftiens développés par Metallica à ses débuts. Pour le reste, rage et fureur sont de mise, entre double grosse caisse, rythmique explosive, ambiance malsaine et riff salvateurs. Rageurs de bout en bout, ou presque, les 13 titres de ce nouvel album tabassent sévèrement. Espérons que Hellixxir ne mette pas aussi longtemps avant de se rappeler à notre bon souvenir.
Après avoir joué les teasers avec nous en révélant, assez tôt cette année, les noms des groupes à l’affiche les samedi et dimanche 6 et 7 juin, GDP a enfin dévoilé les derniers noms de la première journée du prochain Heavy Week End. Le Zénith de Nancy accueillera ainsi dans sa version Nancy Open Air – qu’on apprécie de plus en plus – les grand spectacle zombiesque proposé par les Allemands de Dominium qui seront suivis de leurs compatriote Tobias Sammet et son projet Avantasia. On pouvait l’espérer malgré le floutage de l’affiche, et ce seront bien les légendaires Savatage qui auront l’honneur de finir de chauffer le public avant le show qu’on imagine volontiers gigantesque de Sabaton.
Le lendemain, les fausse jumelle de Nova Twins ouvriront le bal et feront se trémousser les fans au son de leur rock funky, groovy et punky. Bonne ambiance assurée avant une première grosse claque que nous infligeront les frères Cavalera pour rendre hommage à leur incontournable Chaos AD. La journée continuera sous le signe de la brutalité avec le metal impitoyable des Americains de Trivium avant que Gojira ne vienne mettre le feu avec la classe qu’on leur connait. Pas la journée la plus calme qui soit que ce samedi!
Cette troisième édition se terminera avec du grand spectacle proposé par les Français de Shaârghot et leur metal indus/electro aussi déjanté que leur show. Suivront les Américains de Ice Nine Kills dont les show ne laissent jamais indifférents. Un peu plus de douceur suivra avec Three Days Grace qui retrouve son chanteur original, Adam Gontier. Enfin, les Allemands cinéphiles de Electric Callboy auront pour mission de conclure cette dernière journée avec leur metal techo et une mise en scène imparable.
Cette troisième édition s’adresse ainsi à un public varié, et chacun, chaque jour, devrait y trouver de quoi satisfaire ses attentes. Les billets – disponibles en pass 1 ou 3 jours (respectivement à partir de 57 € et 135€) sont disponibles avec ce lien : www.heavyweekend.live
Un riff à la Trust sur Betty’s call, un break à la AC/DC sur Rock’n’Roll Renegades et une basse aussi efficace que celle de Cliff Williams sur Realms of storm, un esprit « power trio » à la Motörhead sur chacun des morceaux, du speed survitaminé sur ou un joyeux bordel à la Sex Pistols et autres formations punks/Oï des origines sur Punktergeïst (et son intro ambiance train fantôme de fête foraine qu’est Ghost in a crowd). Clairement Bikini Bunker nous offre avec Rock’n’roll renegades le genre d’Ep dont on regrette rapidement qu’il ne soit pas un album complet. Efficace de bout en bout, le groupe ne cherche jamais à réinventer un style mais joue avec ses tripes. Une voix, celle de Max, également guitariste, forgée au papier de verre, à la clope et au whisky frelaté, hargneuse et éraillée à souhait, une basse (Antho) qui tabasse au rythme d’une batterie qui pilonne, les deux formant une section rythmique d’une remarquable efficacité, la recette de Bikini Bunker est simplement redoutable. Formé sur les cendre de Loaded Gun par Antho et Tom, le trio se complète avec l’arrivée de Max et la fusion se fait instantanément. Résultat, ce premier Ep puisant en diable. Alors, comme le dit Betty, qui nous appelle sur un vieux combiné téléphonique (ceux qui font « dring dring »!), écoutez, achetez l’album et allez voir en concert Bikini Bunker. Vivement la suite!