MONNEKYN: The hundreth night

France, Nu metal (Autoproduction, 2026)

Les Français de Monnekÿn se sont fait découvrir avec Ape home, leur premier album paru en 2022. Un album de neo metal clairement influencé par Deftones ou Korn, influences aujourd’hui confirmée par les 4 titre de The hundrenth night, leur nouvel Ep. Si l’on excepte un accent parfois trop franchouillard, on appréciera la variété des tempi et des ambiances explorées. La rage vocale est atténue par des passages plus soft, bien que sombres et parfois oppressants, et des voix plus passe-partout. Un ensemble solide qui mérite une suite plus dense. A suivre.

ELYE & THE HYDRA: Point of view

France, Psyché électro (Autoproduction, 2026)

Après un premier Ep (Love) paru en 2024 lui ayant permi de jouer au Printemps de Bourges en 2025 et de proposer une bonne trentaine de dates, le franco-espagnol Elye revient avec son projet Elye & The Hydra via Point of view, un nouvel EP de 6 titres. Mélangeant avec bonheur le son psyché des années 70 à l’électro plus contemporaine, le résultat est une invitation à un voyage spatial et spécial. Dès l’introduction de Heaven is earth without… on a l’impression d’être embarqué à bord d’un vaisseau spatio-temporel et l’on se plait à prendre une place confortable à son bord. Elye s’est entouré d’invités parmi lesquels on remarque la présence de Myriam El-Moumni, guitariste du très en vue Grandma’s Ashes. L’ensemble est à la fois léger et entrainant, parfois hypnotique. La production est également à la fois moderne et vintage apportant une touche plus que sympathique à un ensemble qui laisse un peu l’auditeur su sa faim et qui donne envie de retrouver cette ambiance sur scène.

Heavy week end : report du dimanche 7 juin 2026

A l’annonce de cette troisième journée, j’ai eu comme une hésitation… De cette affiche, je ne suis familier qu’avec nos compatriotes de Shaârghot, n’ai que brièvement entendu parler de Ice Nine Kills mais n’ai jamais écouté un seul morceau des deux autres formations… C’est aussi là la magie d’un festival qui permet de découvrir, et d’apprécier ou non, des formations inconnues. Cette troisième journée va finalement se révéler riche de découvertes.

Avant même l’arrivée des indus frenchies de Shaârghot sur scène, l’ambiance est à la fête. Dans le public, quelqu’un tend un sac qui fait réagir les premiers rangs qui se mettent à hurler de très joyeux « Pikachu! Pikachu! » avant que n’apparaissent d’abord une bouée licorne entrainant des « la licorne! la licorne » et un dragon noir avec une série de « Krokmou! Krokmou! » tandis que, dans le pit, une sorte de grinch vient frotter sa main enduite de noir les visages des premiers rangs. L’ambiance est, comme la journée, chaude avant même le premier riff!

Shaârghot @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Je n’ai encore jamais eu l’opportunité d’assister à un concert de Shaârghot. Et je ne serai pas déçu du voyage. Car, si je connais le concept – l’humanité a été infectée par un virus transformant les gens en noir – le groupe s’impose rapidement comme une machine de guerre au show exceptionnel.

Shaârghot @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Le Shaârghot – Etienne dans le civil – et sa bande nous invitent dans un monde post apocalyptique peuplés de créatures aussi horrifiques qu’étranges qui s’en prennent à tout ce qui bouge. Qu’on connaisse et/ou qu’on apprécie ou non la musique de la formation, on a ici à faire à une prestation de stature internationale.

Shaârghot @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Tout est pensé ici pour le spectacle et Shaârghot nous propose un show que ne renieraient pas les entertainers américains. Un Rammstein français qui mérite qu’une bonne fée (infectée ou non) se penche sur le destin de la formation qui s’impose rapidement comme celle donnant – jusque là – le meilleur show du week end.

Shaârghot @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Nous ne rentrerons pas ici dans le détail des titres, mais la mise en scène, avec critique du grand capital, mise en garde des dérives sanitaires de l’humanité, de la violence rampante de la société, l’ensemble des détails visuels (les dents vertes des musiciens, la langue noire d’Etienne, les billets de banque qui affole le public qui veut en récupérer…) tout ici est pensé pour le plaisir des yeux. Clairement, Shaârghot présente un show de stature internationale et on peut se demander ce qui l’empêche d’exploser chez nous et hors de nos frontières… Exceptionnel!

Shaârghot @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Aucun photographe n’est autorisé à shooter le spectacle des Américains de Ice Nine Kills. Dommage, le spectacle du groupe étant centré sur les tueurs en série dont ils racontent l’histoire. Pas un titre n’est interprété sans qu’il y ait au minimum un mort, un cadavre dépecé, tiré d’histoires vraies ou de personnages fictifs – on a droit au Joker de Batman et à Norman Bates parmi d’autres. C’est mis en scène titre par titre mais, au final, on en retient pas grand chose.

On en profite pour continuer la chasse au gobelet du jour, GDP ayant eu la bonne idée d’en faire pour chaque journée mais on ne les trouve que difficilement, les bars du site ne proposant que ceux d’éditions passées… Un conseil pour les futures éditions: aller voir les bars qui dominent le site!

Three Days Grace @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Présenté comme un groupe « post grunge », Three Days Grace se révèle plus rock alternatif que simplement grunge. Le public est bien présent et accompagne les Canadiens tout au long des 75′ du set, et donne beaucoup plus de travail à la sécu que l’on ne pouvait le prévoir. L’ambiance chaude du début de journée ne s’est pas rafraichie du tout!

Three Days Grace @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

L’imposant guitariste Barry Stock distribue des médiators comme des bonbons à un public qui ne demande que ça tandis que le duo de chanteurs arpente la scène, toisant et narguant la foule qui slamme à n’en plus finir.

Three Days Grace @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Proposant une majorité de titres issus de son album One-X de 2006 (contre seulement 3 de Alienation, son dernier en date paru en 2025), la formation se met tranquillement le public dans la poche. Adam Gontier prend quelques instants pour résumer l’histoire du groupe, rappelant qu’il l’a quitté quelque temps. Le public le siffle à ce moment, ce qu’il accepte avant de repartir sur de bon rails pour terminer ce concert haut en couleurs et apprécié de la foule.

Three Days Grace @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

La soirée arrive à son terme avec la venue des Allemands de Electric Callboy qui, en un rien de temps, transforme la fosse du Nancy Open Air en gigantesque dance floor! Vétus de tenues dignes de boys-band, agissant de même avec le public et se mouvant comme tels, les Boys sont carrés et proposent un show très haut en couleurs.

Electric Callboy @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Dès le premier titre, les confettis rougissent le ciel, avant que les fumigènes et les flammes ne prennent la suite. Le groupe, également doté de deux chanteurs, change de tenues si souvent qu’on ne peut qu’admirer la vitesse à laquelle ils reviennent et alternent entre musique dance et brutalité metalcore.

Electric Callboy @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Si on peut s’étonner d’une telle clôture pour un festival metal – j’entends certains commentaires dépités du public qui repart avant la fin jurant qu’on ne l’y reprendra plus, que ça, pour un festival dit metal, ça n’a rien à faire là… (bon, vous n’aviez qu’à vous renseigner avant, non?) – on ne peut également qu’applaudir la prise de risque et la fête généralisée. Car ce sont des milliers de corps qui se trémoussent, les bras en l’air, dans une transe généralisée rarement vue.

Electric Callboy @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Pour sa troisième édition, si l’on déplore la trop faible affluence, le Heavy Week End a une nouvelle fois marqué les esprits avec des spectacles de haute volée et de très grande qualité. GDP l’a déjà annoncé: il y aura une quatrième édition de ce festival qui veut s’installer dans la durée, et ce sera du 4 au 6 juin 2027. Espérons simplement que le producteur ne tarde pas à annoncer l’affiche et ne mette pas les places en vente à la manière d’un autre festival sans qu’aucun groupe ne soit annoncé. Ca évitera nombre de critiques saillantes sur les réseaux. Il faudra aussi penser à mettre à disposition de plus nombreux points d’eau pour le public, c’est impératif. En tout cas, rendez-vous est pris dans un an!

Electric Callboy @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Remerciements à GDP et Replica promotion pour avoir rendu ce report possible.

HEAVY WEEK END: Report du samedi 6 juin

Le temps est toujours frais lorsque débute cette seconde journée avec une affiche placée sous le signe de la brutalité, à une exception près qui ouvre la journée, la plus remplie du festival avec 14.000 entrées, principalement venues assister à la seule date française de la fierté nationale, Gojira. Mais commençons par le début.

Ce sont les filles de Nova Twins, Amy Love (chant et guitare) et Georgia South (basse) (plus leur batteur) qui montent sur scène pour réchauffer le public. Si l’on peut s’étonner de la présence des Anglaises sur cette affiche, leur musique étant plus groovy et funky que ce qui suit, les « jumelles » mettent rapidement le feu avec leur sens de la fête et leurs tenues toujours aussi décalées comme seuls les British savent en porter.

Nova Twins @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Si les amateurs profitent pleinement des quarante minutes du show, certains découvrent la puissance de ce heavy funk entrainant et joyeux. Le public est séduit, et l’on s’amuse lorsqu’on entend Amy dire, après avoir repéré un carton qui l’annonce « oh, happy birthday » à une jeune femme présente les trois jours avec le même carton crayonné…

Nova Twins @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Si Amy Love lache de temps à autre sa guitare, c’est pour mieux arpenter la scène au simple son d’une rythmique énergique menée par la basse vrombissante et déterminée de Georgia dont l’imposante chevelure rouge est du plus bel effet en mouvement. Aujourd’hui encore, malgré un temps de jeu limité, Nova Twins aura marqué des points.

Nova Twins @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

On passe ensuite au premier gros morceau de la journée avec Cavalera. Les frères Max (chant et guitare) et Igor (batterie) ne pouvant plus utiliser le nom du groupe qu’ils ont pourtant fondé ont choisi de rendre hommage au légendaire album Chaos A.D de Sepultura en l’interprétant dans sa quasi intégralité – seuls Manifest et The hunt, reprise de New Model Army, manquent à l’appel, mais les frangins nous offrent un déterminé Symptom of the universe de Black Sabbath, comme un hommage à Ozzy.

Cavalera Chaos AD @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Mais on sent que quelque chose ne va pas… Max fait des signes à son équipe et interpelle un ingé son car, semble-t-il, il n’entends pas ses retours. Il demande même au public « comment ont dit j’entends rien (ou un truc du genre) en français? » tout en regardant le technicien, lui désignant son enceinte…

Cavalera Chaos AD @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Le show continue cependant, l’explosif bassiste sautant en tout sens et le second guitariste s’arrachant la nuque lors de séances de headbanging déterminées. Le public amateur sait qu’il ne pourra sans doute jamais revoir le Sepultura originel se reformer alors il profite de chaque instants de ce concert plus qu’intense.

Cavalera Chaos AD @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Avec Trivium, on sait aussi à quoi s’attendre: du thrash metal parfois teinté de metalcore sur fond de flammes et de…langue tirée plus qu’à son tour. Avant même le début du concert, les photographes sont, pour leur propre sécurité, encadrés par l’équipe du groupe le temps que la pyro passe. A peine arrivé sur scène, Matt Heafy incite le public a entamer un circle pit et dès Pull harder on the strings of your martyr, premier des quatre extraits de Ascendency (2004). Et ça flambe dans tous les sens presque sans relâche, formant un véritable mur de feu.

Trivium @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Passant en revue leur déjà riche discographie, Matt Heafy et sa bande semblent toutefois parfois en mode automatique et le spectacle se déplace très rapidement dans le public qui slamme à n’en plus pouvoir. Ca n’arrête pas au point que, avant même la fin du troisième titre, la sécu raccompagne les photographes pour avoir plus d’espace.

Trivium @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Au gré des morceaux, Trivium se retrouve et propose enfin une prestation intense. On aurait certes apprécié une ou deux nouveautés, mais, malgré l’annonce pour fin 2026/début 2027 d’un nouvel album, il n’en sera rien… Dommage, on se contente donc des classiques des Américains qui terminent avec In waves qui fini d’achever le public.

Trivium @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

On le sait, Gojira a réservé ce soir son unique date française pour 2026. Une exclu qui, bien que le Zénith soit très correctement rempli, aurait pu, aurait dû attirer plus que « seulement » 14.000 spectateurs. Mais ne boudons pas notre plaisir et profitons de show très visuel que nous proposent les Landais. (Note de MP: profitons en d’autant plus que, ce soir, seuls 20 photographes sont autorisés à immortaliser le concert (qui, comme l’an dernier avec Slipknot, a vu ces dernier se multiplier pour cette seule journée…) Dommage, Metal-Eyes ne fait pas partie des élus, mais c’est aussi le jeu)

La scénographie, ce soir, est ce qui m’impressionne le plus. Certes, les musiciens sont en place, mais c’est l’originalité de cette scène en fer à cheval et de la mise en lumières qui transforme ce concert en un pur bonheur visuel. Au delà des seuls éclairages, l’écran de fond de scène permet d’illustrer les propos – toujours engagés en écologie – des divers titres proposés.

A l’issue de l’incontournable Flying whales, Joe Duplantier explique avoir assisté, avec le reste du groupe, sur les cotés de la scène au show des frangins Cavalera, et n’arrive pas à croire que, ce soir, alors que Sepultura l’a accompagné, ainsi que son frère, dans leur adolescence avec Sepultura, Max et Igor aient joué avant Gojira. Il leur dédie même un « nouveau » titre, Love (qui remonte en réalité à terra incognita, leur tout premier album en 2001).

On s’amuse ensuite du – superbe – solo de batterie pendant lequel Mario s’amuse avec le public. Au milieu de son set, alors qu’il harangue la foule, il se lève, un panneau à la main sur lequel est écrit « J’entends rien », ce qui, naturellement, galvanise la foule avant qu’un autre panneau ne lui soit présenté avec un simple « bravo ». On peut être au top niveau et conserver un peu de second, voire troisième, degré.

La pyro, les flammes et la fumée continuent de faire leur ouvrage tout au long des derniers morceaux et, après une courte pause, Gojira revient pour le désormais « classique » Mea culpa (ah, ça ira!) qui a donné à Gojira une exposition planétaire lors de la cérémonie d’ouverture des JO de 2024, mais c’est sans la présence de la cantatrice Marina Viotti. The gift of guilt vient conclure, ce soir à 23h30 pétante, ce show d’une remarquable intensité. Rendez-vous demain pour une troisième journée placée sous un autre thème!

THE ROOST: Black mountain

France, Rock alternatif (M&O, 2026)

Avec Black Mountain, les Français de The Roost nous proposent 6 titres qui alternent entre rock volontaire et pop enragée. En débutant son Ep avec le morceau titre, le groupe pose une ambiance lourde sans être oppressante pour évoluer rapidement vers des sonorités très accessibles, chantantes et dansantes. Si l’esprit général de Miss you every day ou As it seems ne laisse planer aucun doute quant aux influences des quatre (on citera au hasard QOTSA ou Nirvana), un morceau comme Wicked dreams apporte une forme de destructuration entrainante. Black mountain frôle souvent, par certaines guitares saturées, le heavy rock mais conserve prioritairement cet esprit pop sans mièvrerie, qu’on pourrait sans doute appeler de la « heavy pop ». Bien produit et chanté dans un anglais totalement maitrisé, cet Ep est à découvrir et à soutenir.

FL CREW: bisous

France, Rock (Autoproduction, 2026)

FL Crew, c’est l’équipe montée à Valenciennes par Loïc Frère qui, au travers de ce bisous, premier album autoproduit, nous offre un condensé de rock garage qui brise les chaines et les codes. Loïc expose au travers de 12 morceaux ses états d’âme, ses coups de gueule et crache sa colère. Parfois simplement rock, à d’autres moments plus grungy, à d’autres carrément punk, voire simplement aérien, le trio (Loïc aux chant, basse et guitare, Mattéo Murez à la guitare et Paul Dequeker à la batterie) explore ainsi divers horizons musicaux, tant en anglais qu’en français, accompagné d’invités sur quelques titres (Paoline Brancato sur Rose(s), Bill the dog, Baldric Auvray, Simon Pouilly et Nathan Seguin sur Parfait). Le contraste entre les morceaux est aussi tranché que ce noir et rose (qui semble d’ailleurs sur le point de remporter le prix de la couleur de l’année dans la catégorie « pochette d’albums » en France) de la couverture ou que l’apparente simplicité et je m’en foutisme de certains titres peuvent l’être avec la gravité des thèmes abordés. Le message de fond reste toutefois le liant de l’ensemble: embrasser la vie et les rencontres malgré les difficultés et embuches parsemées sur le chemin. Un rock brut et direct, sans fioritures, un rock qui défoule, tout simplement.

SAXON live au Zénith de Paris

On l’aura attendu, ce concert! Initialement prévu en 2025, la série de 3 concerts que Saxon avait prévus dans des Zenith avait en effet dû être repoussée en raison des problèmes de santé que Biff, son charismatique chanteur, a rencontré. Désormais soigné, les dates sont refixées et, en plus de Saxon, les Nordistes d’Overdrivers sont ajoutés à l’affiche.

Direction donc le Zenith de Paris où Saxon a déjà joué 3 fois en tête d’affiche – 1984, 1985 et 1986 – et s’y est produit en avril 2024 en special guests de Judas Priest pour un set trop court. Mais ce soir, c’est un show complet que nous réservent les Anglais qui promettent également de jouer l’intégralité du mythique Wheels of steel (1980).

C’est un Zénith en configuration réduite dans lequel nous sommes reçus ce soir. Quelques 3.000 spectateurs se massent devant la scène déjà prête à accueillir les deux premières parties, et, de fait, se trouve particulièrement étroite pour les Valenciennois d’Overdrivers qui ont pour mission d’ouvrir les hostilités. J’avais pu découvrir le groupe avec son premier album paru en 2017, Rockin’ hell mais n’ai jamais encore eu l’occasion de les voir sur scène.

OVERDRIVERS@Paris, Le Zenith

Ce soir, la batterie de Florian Morgano est coincée côté cour, et c’est un couloir dans lequel les autres musiciens vont devoir circuler. On comprend très vite, dès l’arrivée du chanteur guitariste Adrien Desquirez, du guitariste Anthony Clay et du petit dernier, le bassiste Lion Das Neves, que le set va être plus qu’énergique et qu’il va falloir suivre les gaillards qui ne tiennent pas en place.

OVERDRIVERS@Paris, Le Zenith

Musicalement, on n’a pas à aller chercher très loin. Overdrivers, c’est l’équivalent français d’Airbourne, et visuellement aussi d’ailleurs… La langue pendue d’Anthony atteste de son besoin de reprendre son souffle, certes, mais le reste? C’est sans doute ce rapprochement trop évident avec le groupe des frangins O’Keeffe qui est le point faible d’Overdrivers. Car, malgré une prestation impeccable, un gabarit plus dense, il n’est pas possible de ne pas comparer.

OVERDRIVERS@Paris, Le Zenith

Pendant un peu moins d’une demi heure, le quatuor délivre un set de cinq petits titres et parvient à se mettre le public, convaincu, dans la poche. Un groupe certainement à revoir pour un set complet et une belle mise en bouche.

OVERDRIVERS@Paris, Le Zenith

On ne présente plus Sortilège. Quoique… Le décès de Bruno Ramos a forcé une évolution du line-up avec l’arrivée de Michael Zurita, qui avait déjà plus que fait ses preuves au sein de formations comme Big Ben ou Satan Jokers, où il a déjà échangé avec Olivier Spitzer. C’est, là encore, une première pour moi puisque je n’ai pas encore eu l’occasion de voir cette version de Sortilège sur scène.

SORTILEGE @Paris, Le Zenith

Un large backdrop domine la batterie de Clément Rouxel et l’on aperçoit de chaque côté de la scène les musiciens qui s’impatientent et trépignent tandis que le public scande le nom de Sortilège. Dès les premières mesures de D’ailleurs, on sent la formation prête à donner le meilleur d’elle-même. En commençant son set avec deux classiques (D’ailleurs et Progéniture), Sortilège donne le ton.

SORTILEGE @Paris, Le Zenith

Bien que concentré, on sent Michael Zurita désormais totalement intégré au groupe et la complicité entre les musiciens est toujours aussi palpable. Zouille est particulièrement en voix et fait preuve d’une puissance remarquable.

SORTILEGE @Paris, Le Zenith

Si Le poids de l’âme, le dernier album, n’est représenté ce soir que par deux extraits, le morceau titre et Médusa se révèlent très efficaces, lourds et presque oppressant. Contrairement au très chantant Chasse le dragon au refrain toujours repris en chœur par le public – même si, à titre personnel, je me passerai bien désormais de cette chanson…

SORTILEGE @Paris, Le Zenith

Sortilège conclue son set comme il l’a commencé, avec deux classiques issus de son premier effort éponyme de 1983. L’impérial Amazone précède la communion totale qu’est Sortilège qui fini de chauffer le public. Depuis sa reformation, Sortilège se montre plus qu’en forme et a tout pour conquérir un nouveau public, il en a encore fait la démonstration ce soir!

SORTILEGE @Paris, Le Zenith

Un rideau vient cacher la scène le temps que les roadies finissent de préparer la venue de Saxon. lorsque celui-ci tombe enfin, à 21h pétantes, tout le groupe est devant la batterie, dominé par l’aigle légendaire qui brille de mille feux. Une entrée qui me rappelle celle de Judas Priest ici même il y a deux ans et pour qui Saxon ouvrait. Et, comme c’est désormais le cas depuis la sortie de son dernier album, c’est Hell fire and damnation qui ouvre le bal.

SAXON @Paris, le Zénith

Un bal qui, ce soir, est divisé en trois parties qui se donnent sur le parvis d’un château de pierres entouré de deux statues qui évoquent soit le lion de Metalhead (1999) ou la gargouille de Unleash the beast (1997), au choix.

SAXON @Paris, le Zénith

Saxon commence avec une série de classiques, série uniquement interrompue. Nous avons ainsi droit à Power and the glory, And the bands played on et Dallas 1pm avant une « interruption » imposée par le plus récent Madame Guillotine (en lieu et place d’un Solid ball of rock proposé à Nantes). La série continue avec Heavy metal thunder – sur lequel Nibbs Carter commence (enfin?) à se déchainer et se démonter la nuque – et The eagle has landed, lourd et actuel.

Puis vient le gros morceau. Biff s’adresse au public de manière quelque peu… « télégraphe ». Après avoir annoncé que ce soir est la dernière date française avant de rentre en Angleterre – rappelant qu’il y a peu il rentrait chez lui, en Normandie – il prononce une date, suivie de trois mots: 1980. Wheels of steel. Le public se déchaine. « 1980. No iphones. No facebook. No Tik-tok. No CD ». Bon, là je me dis « commence à faire des phrases, Biff! » avant qu’il n’évoque le souvenir du vinyle que tu poses sur la platine, nettoies avant de poser la pointe du diamant et d’entendre le vrombissement de motos qui déboulent.

SAXON @Paris, le Zénith

C’est parti pour l’interprétation promise et attendue de l’intégralité, et dans l’ordre original, des 9 titres de l’album Wheels of steel qui a fait entrer Saxon, en 1980, dans le cercle très fermé des groupes de légende. Si la moitié de l’album fait depuis longtemps partie des setlists des Anglais, on ne boude pas une seconde de plaisir à écouter l’intégralité de la face B et ses variations de tempos.

SAXON @Paris, le Zénith

AU gré des chansons, Biff s’empare de vestes à patches qui sont envoyées sur scène. Un concours a d’ailleurs été annoncé et le vainqueur ira partager du temps avec le groupe après le show. Mais pour l’instant, il les scrute, les dépose sur les marche de l’estrade de la batterie et démontre que, malgré quelques petites limites et adaptations, sa voix est toujours d’une puissance remarquable.

SAXON @Paris, le Zénith

Si le groupe est ce soir – comme toujours – impeccable, carré est à l’unisson, le sixième membre fait de régulières et plus qu’appréciées apparitions. L’aigle étend ses ailes, descend des cintres, se balance de gauche et de droite en éclairant la foule, passant du rouge au blanc en se parant parfois de bleu. Couleurs de la France et du Royaume-Uni. Puis avec Machine gun, la messe est quasi dite, les cinq s’absentant le temps d’une courte pause.

SAXON @Paris, le Zénith

Denim and leather annonce le début de la fin. La chanson hommage au public est toujours aussi efficace en concert. Elle est suivie de trois autres éternels classiques, Strong arm of the law, titre sur lequel, comme un symbole et/ou un clin d’œil, les musiciens revêtent les vestes à patches du public, Crusader et Princess of the night qui achèvent le public présent. Et l’on se dit que les absents ont eut tort. Ce soir, une nouvelle fois, Saxon a démontré qui sont les patrons, les maitres de cet esprit de la NWOBHM toujours vivace. Saxon ne m’a jamais déçu sur scène et ce n’est pas ce soir que ça va commencer. Superbe et puissant, et, une.

Merci à GDP et Olivier Garnier d’avoir rendu ce report possible.

KAEDERIC: Dazzling horses

France, Metal alternatif (Klonosphère, 2026)

Il y a un peu moins de deux ans, Kaederic nous proposait It comes from the inside (2024), un premier Ep de 4 titres introspectifs et variés. Le groupe revient aujourd’hui avec Dazzling horses, un nouvel Ep dont les quatre morceaux proposent une varité musicale alliant intensité et légèreté. Débutant sur les accents lourds et quelque peu stoner de Lie, Pearls of blood s’enfonce dans une forme de punk au riff si répétitifs qu’il en devient contagieux et presque hypnotique. Kaederic nous entraine ensuite sur des touches plus personnelles avec Brother avant de terminer sur le très aérien Horses. La voix de Cédric Boucher, également guitariste, parfois légère, à d’autres moments plus engagée, joue sur les émotions. Matthieu Orain l’accompagne à la six cordes, la rythmique étant assurée par le batteur Romain Bercé, l’ensemble rendu plus atmosphérique par les claviers de David Couturier. Introspectif, éthéré, énergique, ce nouvel Ep offre de belles promesses.

SNAP BORDER: Supergiant

France, Metal (Autoproduction, 2026)

C’est avec une déconcertante régularité que les Nancéens de Snap Border reviennent avec Supergiant leur troisième album. « Déconcertante régularité » car c’est à chaque fois une période de 5 ans qui sépare deux albums. Est-ce ainsi qu’on fidélise un public aujourd’hui plus avare de patience qu’avide d’immédiateté? Sans doute pas mais Snap Border a mis ce temps à profit pour peaufiner son sujet et offrir à son auditoire 10 titres forgés dans ce metal alternatif et enjoué cher à Papa Roach que dans le plus brutal et presque metalcore de Bring Me The Horizon. Dès (V)ampire, les cinq nous entrainent dans un mix très réussi d’ambiances sonores variées, entrainantes sur fond de guitares rugueuses sinon rageuses. Loin de se contenter d’une recette, la formation aujourd’hui composée de Franck Poinsot (chant), Olivier Siedlecky et Eddy Bouvot (guitares), Thomas Gillot (basse) et Christophe Szczyrk (batterie) cherche à varier ambiances et plaisirs. This is not an exercise débute sur fond d’alarme pour s’engouffrer dans ce qui ressemble à une marche lourde d’esclaves de l’Egypte antique pour renouer, enfin, à des sons plus contemporains. Fading light, temps plus calme apporte une forme de respiration mais, malheureusement, les deux derniers titres, Looking at the sun et Shattered dreams, me semblent quelque peu inspirés par une forme de facilité et me laissent froids. Dommage de conclure ainsi alors que l’ensemble est riche d’envie, de puissance et d’entrain, et très bien produit. Allez, on se retrouve avant 2031?

DUST IN MIND: HCNO

Metal, France (Dark tunes, 2026)

Quasiment cinq années séparent CTRL (2021) de HCNO, la nouvelle livraison des Français de Dust In Mind. Si Jenifer Gervais plaçait de gros espoirs dans le précédent album, reconnaissant avoir dû sortir de sa zone de confort, l’album sorti en pleine période de crise sanitaire n’a pu être défendu comme il se devait. Et voici qu’arrive le mois d’août 2023 où chacun de son côté, Jennifer et le reste du groupe, publie un communiqué annonçant le départ de la chanteuse. Alors il faut trouver quelqu’un pour la remplacer et continuer l’aventure initiée en 2013 et dont Jen était un des instigateurs. Finalement, ce quelqu’un n’est autre que Damien Dausch, guitariste fondateur et producteur du groupe. DIM devient ainsi quartet, format qui lui permet de faire évoluer sa musique. Si les neuf morceaux de ce HCNO (nom d’un polluant présent dans l’atmosphère) puisent toujours dans le metal industriel, l’ensemble semble quelque peu épuré et devient par là même plus efficace. Oh, la rage et l’énergie sont toujours présentes, mais l’ensemble est plus… « abordable » et facile d’accès. DIM avance et parvient à mieux affirmer son propos musical en continuant d’explorer d’autres horizons sonores, allant du metal pur jus à des sonorités simples et organiques. Si le nom du groupe demeure inchangé, Dust In Mind se positionne sur la voie du renouveau avec une ambition renforcée et une envie de vaincre et de retrouver sa place sur la scène du metal hexagonal.