
En ce tout début de la nouvelle mini tournée de Smith/Kotzen , le duo de guitaristes/chanteurs s’offre une halte parisienne au Trianon. Ils aiment bien ces escapades, ces deux-là, ces moments qui leur permettent de se retrouver et de sortir de leur routine. Une vingtaine de date est pour le moment programmée, dont une seule en France.

Une longue file s’étend le long du Boulevard de Rochechouart patientant tranquillement en attendant que les portes soient enfin ouvertes. Puis la queue rétrécie rapidement et le public investit rapidement le Trianon qui affiche presque complet. Un Trianon en configuration intimiste, sans crash, le public ayant ainsi la possibilité, « à l’ancienne » de se tenir au plus près des musiciens. Les deux balcons sont investis rapidement et l’on circule sans se bousculer dans la fosse.

J’avais découvert Kris Barras Band en 2018 avec l’album The divine and the dirty, mais n’ai jamais eu l’occasion de voir le gaillard et son groupe live. Alors c’est un plaisir que d’apprendre la présence du catcheur en première partie qui donne ce soir son troisième concert parisien. A 20h, les lumières s’éteignent et le quatuor entre tranquillement en scène.

Malgré un espace scénique réduit – la batterie de la tête d’affiche est caché derrière un grand drap noir, celle du KBB se trouvant coincée sur un côté de la scène – le groupe propose un set énergique et enjoué. Son heavy rock, teinté de rock franc du collier, fait incontestablement mouche.

Rapidement, le chanteur guitariste tombe la guitare pour venir séduire le public en le faisant chanter sans se faire prier outre mesure. Musicalement varié, le groupe parvient à obtenir l’approbation de la foule qui découvre ce soir, pour certains tout du moins, une formation solide dotée d’un capital sympathie.

Mais le public est là pour autre chose… Soyons réalistes, il y a beaucoup moins de T-shirts de Poison ou The Winnery Dogs que d’Iron Maiden. L’occasion de pouvoir écouter l’un des guitaristes historiques de la vierge de fer et de le voir de près est suffisamment rare pour profiter de ce passage dans une salle à taille humaine – le Trianon a une capacité d’à peine plus de 1.000 spectateurs.

Accompagnée de la bassiste Julia Lage, très en forme et joyeuse, et du batteur Bruno Valverde, Smith/Kotzen entrent en scène après que la salle a été plongée dans le noir au son de Bad Company (du groupe éponyme). Le quatuor attaque avec Black light, un premier titre extrait du second et nouvel album Black light/white noise naturellement bien représenté ce soir.

Richie Kotzen et Adrian Smith se partagent, comme sur album, le chant, chacun avec son style, tous deux étant très complémentaires. Tous deux, cependant, dépendant de leurs parties respectives de chant, ne peuvent trop s’éloigner de leur micro. Malgré quelques escapades pour occuper la scène, c’est Julia qui se montre la plus mobile, en étant toujours enjouée et souriante.

Cependant, même si on aurait apprécié les voir parfois changer de places et de micros histoire de se rapprocher de tout le public, ces deux monstres de la guitare (trop souvent et injustement pas assez reconnus) sont en phase et totalement complémentaire. Le blues cher à Kotzen va rencontrer un rock plus brut et énergique offert par Smith, et la setlist propose un mix assez équilibré des deux albums (6 extraits du dernier, 5 du premier).

Oh, évidemment, on est à des années lumières de ce que propose la Vierge de Fer, et c’est heureux. Ce soir, pas de mise en scène exubérante, seul un backdrop sert de décor avec le logo du duo. Les lumières sont efficaces et le son puissant et clair. Solar fire, dernier extrait du premier album, vient clore ce concert avant le rappel.

Nombreux parmi les spectateurs sont ceux qui espèrent une surprise lors de ce rappel qui débute avec You can’t save me, un morceau signé Richie Kotzen (Into the black, 2006) rapidement suivi de l’incontournable Wasted years (Somewhere in time, 1986). Un morceau quelque peu revisité dans ses lignes vocales au chant tenu, hors refrains, par le seul Adrian. Non, l’espéré Bruce Dickinson ne chantera pas ce soir (on retrouvera les deux compères en juin prochain dans d’autres conditions) en conclusion d’un concert à taille humaine, simple et chaleureux comme on les aime. Les deux grands artistes se font plaisir, un plaisir généreusement partagé avec le public.

Merci à Aude Sabarly (AEG) et Olivier Garnier d’avoir rendu ce live report possible.