Heavy week end : report du dimanche 7 juin 2026

A l’annonce de cette troisième journée, j’ai eu comme une hésitation… De cette affiche, je ne suis familier qu’avec nos compatriotes de Shaârghot, n’ai que brièvement entendu parler de Ice Nine Kills mais n’ai jamais écouté un seul morceau des deux autres formations… C’est aussi là la magie d’un festival qui permet de découvrir, et d’apprécier ou non, des formations inconnues. Cette troisième journée va finalement se révéler riche de découvertes.

Avant même l’arrivée des indus frenchies de Shaârghot sur scène, l’ambiance est à la fête. Dans le public, quelqu’un tend un sac qui fait réagir les premiers rangs qui se mettent à hurler de très joyeux « Pikachu! Pikachu! » avant que n’apparaissent d’abord une bouée licorne entrainant des « la licorne! la licorne » et un dragon noir avec une série de « Krokmou! Krokmou! » tandis que, dans le pit, une sorte de grinch vient frotter sa main enduite de noir les visages des premiers rangs. L’ambiance est, comme la journée, chaude avant même le premier riff!

Shaârghot @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Je n’ai encore jamais eu l’opportunité d’assister à un concert de Shaârghot. Et je ne serai pas déçu du voyage. Car, si je connais le concept – l’humanité a été infectée par un virus transformant les gens en noir – le groupe s’impose rapidement comme une machine de guerre au show exceptionnel.

Shaârghot @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Le Shaârghot – Etienne dans le civil – et sa bande nous invitent dans un monde post apocalyptique peuplés de créatures aussi horrifiques qu’étranges qui s’en prennent à tout ce qui bouge. Qu’on connaisse et/ou qu’on apprécie ou non la musique de la formation, on a ici à faire à une prestation de stature internationale.

Shaârghot @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Tout est pensé ici pour le spectacle et Shaârghot nous propose un show que ne renieraient pas les entertainers américains. Un Rammstein français qui mérite qu’une bonne fée (infectée ou non) se penche sur le destin de la formation qui s’impose rapidement comme celle donnant – jusque là – le meilleur show du week end.

Shaârghot @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Nous ne rentrerons pas ici dans le détail des titres, mais la mise en scène, avec critique du grand capital, mise en garde des dérives sanitaires de l’humanité, de la violence rampante de la société, l’ensemble des détails visuels (les dents vertes des musiciens, la langue noire d’Etienne, les billets de banque qui affole le public qui veut en récupérer…) tout ici est pensé pour le plaisir des yeux. Clairement, Shaârghot présente un show de stature internationale et on peut se demander ce qui l’empêche d’exploser chez nous et hors de nos frontières… Exceptionnel!

Shaârghot @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Aucun photographe n’est autorisé à shooter le spectacle des Américains de Ice Nine Kills. Dommage, le spectacle du groupe étant centré sur les tueurs en série dont ils racontent l’histoire. Pas un titre n’est interprété sans qu’il y ait au minimum un mort, un cadavre dépecé, tiré d’histoires vraies ou de personnages fictifs – on a droit au Joker de Batman et à Norman Bates parmi d’autres. C’est mis en scène titre par titre mais, au final, on en retient pas grand chose.

On en profite pour continuer la chasse au gobelet du jour, GDP ayant eu la bonne idée d’en faire pour chaque journée mais on ne les trouve que difficilement, les bars du site ne proposant que ceux d’éditions passées… Un conseil pour les futures éditions: aller voir les bars qui dominent le site!

Three Days Grace @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Présenté comme un groupe « post grunge », Three Days Grace se révèle plus rock alternatif que simplement grunge. Le public est bien présent et accompagne les Canadiens tout au long des 75′ du set, et donne beaucoup plus de travail à la sécu que l’on ne pouvait le prévoir. L’ambiance chaude du début de journée ne s’est pas rafraichie du tout!

Three Days Grace @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

L’imposant guitariste Barry Stock distribue des médiators comme des bonbons à un public qui ne demande que ça tandis que le duo de chanteurs arpente la scène, toisant et narguant la foule qui slamme à n’en plus finir.

Three Days Grace @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Proposant une majorité de titres issus de son album One-X de 2006 (contre seulement 3 de Alienation, son dernier en date paru en 2025), la formation se met tranquillement le public dans la poche. Adam Gontier prend quelques instants pour résumer l’histoire du groupe, rappelant qu’il l’a quitté quelque temps. Le public le siffle à ce moment, ce qu’il accepte avant de repartir sur de bon rails pour terminer ce concert haut en couleurs et apprécié de la foule.

Three Days Grace @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

La soirée arrive à son terme avec la venue des Allemands de Electric Callboy qui, en un rien de temps, transforme la fosse du Nancy Open Air en gigantesque dance floor! Vétus de tenues dignes de boys-band, agissant de même avec le public et se mouvant comme tels, les Boys sont carrés et proposent un show très haut en couleurs.

Electric Callboy @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Dès le premier titre, les confettis rougissent le ciel, avant que les fumigènes et les flammes ne prennent la suite. Le groupe, également doté de deux chanteurs, change de tenues si souvent qu’on ne peut qu’admirer la vitesse à laquelle ils reviennent et alternent entre musique dance et brutalité metalcore.

Electric Callboy @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Si on peut s’étonner d’une telle clôture pour un festival metal – j’entends certains commentaires dépités du public qui repart avant la fin jurant qu’on ne l’y reprendra plus, que ça, pour un festival dit metal, ça n’a rien à faire là… (bon, vous n’aviez qu’à vous renseigner avant, non?) – on ne peut également qu’applaudir la prise de risque et la fête généralisée. Car ce sont des milliers de corps qui se trémoussent, les bras en l’air, dans une transe généralisée rarement vue.

Electric Callboy @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Pour sa troisième édition, si l’on déplore la trop faible affluence, le Heavy Week End a une nouvelle fois marqué les esprits avec des spectacles de haute volée et de très grande qualité. GDP l’a déjà annoncé: il y aura une quatrième édition de ce festival qui veut s’installer dans la durée, et ce sera du 4 au 6 juin 2027. Espérons simplement que le producteur ne tarde pas à annoncer l’affiche et ne mette pas les places en vente à la manière d’un autre festival sans qu’aucun groupe ne soit annoncé. Ca évitera nombre de critiques saillantes sur les réseaux. Il faudra aussi penser à mettre à disposition de plus nombreux points d’eau pour le public, c’est impératif. En tout cas, rendez-vous est pris dans un an!

Electric Callboy @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Remerciements à GDP et Replica promotion pour avoir rendu ce report possible.

HEAVY WEEK END: Report du samedi 6 juin

Le temps est toujours frais lorsque débute cette seconde journée avec une affiche placée sous le signe de la brutalité, à une exception près qui ouvre la journée, la plus remplie du festival avec 14.000 entrées, principalement venues assister à la seule date française de la fierté nationale, Gojira. Mais commençons par le début.

Ce sont les filles de Nova Twins, Amy Love (chant et guitare) et Georgia South (basse) (plus leur batteur) qui montent sur scène pour réchauffer le public. Si l’on peut s’étonner de la présence des Anglaises sur cette affiche, leur musique étant plus groovy et funky que ce qui suit, les « jumelles » mettent rapidement le feu avec leur sens de la fête et leurs tenues toujours aussi décalées comme seuls les British savent en porter.

Nova Twins @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Si les amateurs profitent pleinement des quarante minutes du show, certains découvrent la puissance de ce heavy funk entrainant et joyeux. Le public est séduit, et l’on s’amuse lorsqu’on entend Amy dire, après avoir repéré un carton qui l’annonce « oh, happy birthday » à une jeune femme présente les trois jours avec le même carton crayonné…

Nova Twins @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Si Amy Love lache de temps à autre sa guitare, c’est pour mieux arpenter la scène au simple son d’une rythmique énergique menée par la basse vrombissante et déterminée de Georgia dont l’imposante chevelure rouge est du plus bel effet en mouvement. Aujourd’hui encore, malgré un temps de jeu limité, Nova Twins aura marqué des points.

Nova Twins @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

On passe ensuite au premier gros morceau de la journée avec Cavalera. Les frères Max (chant et guitare) et Igor (batterie) ne pouvant plus utiliser le nom du groupe qu’ils ont pourtant fondé ont choisi de rendre hommage au légendaire album Chaos A.D de Sepultura en l’interprétant dans sa quasi intégralité – seuls Manifest et The hunt, reprise de New Model Army, manquent à l’appel, mais les frangins nous offrent un déterminé Symptom of the universe de Black Sabbath, comme un hommage à Ozzy.

Cavalera Chaos AD @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Mais on sent que quelque chose ne va pas… Max fait des signes à son équipe et interpelle un ingé son car, semble-t-il, il n’entends pas ses retours. Il demande même au public « comment ont dit j’entends rien (ou un truc du genre) en français? » tout en regardant le technicien, lui désignant son enceinte…

Cavalera Chaos AD @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Le show continue cependant, l’explosif bassiste sautant en tout sens et le second guitariste s’arrachant la nuque lors de séances de headbanging déterminées. Le public amateur sait qu’il ne pourra sans doute jamais revoir le Sepultura originel se reformer alors il profite de chaque instants de ce concert plus qu’intense.

Cavalera Chaos AD @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Avec Trivium, on sait aussi à quoi s’attendre: du thrash metal parfois teinté de metalcore sur fond de flammes et de…langue tirée plus qu’à son tour. Avant même le début du concert, les photographes sont, pour leur propre sécurité, encadrés par l’équipe du groupe le temps que la pyro passe. A peine arrivé sur scène, Matt Heafy incite le public a entamer un circle pit et dès Pull harder on the strings of your martyr, premier des quatre extraits de Ascendency (2004). Et ça flambe dans tous les sens presque sans relâche, formant un véritable mur de feu.

Trivium @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Passant en revue leur déjà riche discographie, Matt Heafy et sa bande semblent toutefois parfois en mode automatique et le spectacle se déplace très rapidement dans le public qui slamme à n’en plus pouvoir. Ca n’arrête pas au point que, avant même la fin du troisième titre, la sécu raccompagne les photographes pour avoir plus d’espace.

Trivium @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Au gré des morceaux, Trivium se retrouve et propose enfin une prestation intense. On aurait certes apprécié une ou deux nouveautés, mais, malgré l’annonce pour fin 2026/début 2027 d’un nouvel album, il n’en sera rien… Dommage, on se contente donc des classiques des Américains qui terminent avec In waves qui fini d’achever le public.

Trivium @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

On le sait, Gojira a réservé ce soir son unique date française pour 2026. Une exclu qui, bien que le Zénith soit très correctement rempli, aurait pu, aurait dû attirer plus que « seulement » 14.000 spectateurs. Mais ne boudons pas notre plaisir et profitons de show très visuel que nous proposent les Landais. (Note de MP: profitons en d’autant plus que, ce soir, seuls 20 photographes sont autorisés à immortaliser le concert (qui, comme l’an dernier avec Slipknot, a vu ces dernier se multiplier pour cette seule journée…) Dommage, Metal-Eyes ne fait pas partie des élus, mais c’est aussi le jeu)

La scénographie, ce soir, est ce qui m’impressionne le plus. Certes, les musiciens sont en place, mais c’est l’originalité de cette scène en fer à cheval et de la mise en lumières qui transforme ce concert en un pur bonheur visuel. Au delà des seuls éclairages, l’écran de fond de scène permet d’illustrer les propos – toujours engagés en écologie – des divers titres proposés.

A l’issue de l’incontournable Flying whales, Joe Duplantier explique avoir assisté, avec le reste du groupe, sur les cotés de la scène au show des frangins Cavalera, et n’arrive pas à croire que, ce soir, alors que Sepultura l’a accompagné, ainsi que son frère, dans leur adolescence avec Sepultura, Max et Igor aient joué avant Gojira. Il leur dédie même un « nouveau » titre, Love (qui remonte en réalité à terra incognita, leur tout premier album en 2001).

On s’amuse ensuite du – superbe – solo de batterie pendant lequel Mario s’amuse avec le public. Au milieu de son set, alors qu’il harangue la foule, il se lève, un panneau à la main sur lequel est écrit « J’entends rien », ce qui, naturellement, galvanise la foule avant qu’un autre panneau ne lui soit présenté avec un simple « bravo ». On peut être au top niveau et conserver un peu de second, voire troisième, degré.

La pyro, les flammes et la fumée continuent de faire leur ouvrage tout au long des derniers morceaux et, après une courte pause, Gojira revient pour le désormais « classique » Mea culpa (ah, ça ira!) qui a donné à Gojira une exposition planétaire lors de la cérémonie d’ouverture des JO de 2024, mais c’est sans la présence de la cantatrice Marina Viotti. The gift of guilt vient conclure, ce soir à 23h30 pétante, ce show d’une remarquable intensité. Rendez-vous demain pour une troisième journée placée sous un autre thème!

HEAVY WEEK END: une troisième édition enflammée! – report du vendredi 5 juin 2026

Nous voici reparti une nouvelle fois vers Nancy et son Zénith Open Air qui accueille pour sa troisième édition le Heavy Week-End. Douze nouveaux groupes sur trois jours pour une affiche variée et riche. Ce rendez-vous annuel semble désormais confirmé sur le premier week-end du mois de juin – commençons d’ailleurs par la fin, une nouvelle édition est annoncée dimanche soir du 4 au 6 juin 2027.

Les chiffres annoncés sont une nouvelle fois en demi teinte. Difficile de comprendre, avec son statut actuel, et alors que le festival ne débute qu’à 17h30, que seuls 8.000 spectateurs soient présents le vendredi pour soutenir la machine de guerre qu’est Sabaton. Sans Surprise, c’est Gojira qui attire le plus de monde, le samedi, avec 14.000 spectateurs, les Allemands de Electric Callboy auront une petite foule de 12.000 personnes. Il semble que le public d’outre Rhin se soit quelque peu et tardivement mobilisé. Mais on ne peut que déplorer cette affluence en demi-teinte et se demander combien de temps encore GDP pourra tenir, malgré des affiches plus qu’alléchantes. Et, avec seulement une scène et 12 groupes, non seulement le public peut véritablement profiter de chaque concert mais, aussi, surtout, il y a moins de risque de retrouver tous les 3 ou 4 ans les mêmes groupes à l’affiche. Nous verrons ce qu’il en est, alors, en attendant, profitons de ces trois jours bien frais avec trois affiches bien différentes.

Deux remarques cependant: pourquoi, alors que la jauge reste limitée, ne pas proposer un stand de signing session pour l’année prochaine? Mais surtout, c’est le point noir de cette édition, il n’y a aucun point d’eau potable disponible sur le site. Ou alors très peu et difficiles à trouver. « Heureusement » qu’il n’a pas fait trop chaud, mais c’est une nécessité de penser à installer des points d’eau accessibles à tous les prochaines années. Ceci étant dit, passons maintenant aux festivités, voulez-vous?

Vendredi 5 juin

Il ne faut que 4h30 pour arriver d’Orléans à Nancy. Une fois installé à l’hôtel, ce ne sont que 10′ à pieds pour rallier le site du Nancy Open Air. Impossible pour certains de rater cette première journée, placée sous le signe du Power metal et du heavy progressif avec des noms de légende. Sur place, on circule en effet très facilement, mais il est encore tôt. La scène est, quant à elle, déjà très encombrée. Très haut, trône une batterie cachée par un voile noir et, sur scène, on distingue ce qui ressemblent aux murs et grille d’un cimetière. Devant des panneaux colorés avec la mention « The dead don’t die » et des pieds de micro en forme de croix de pierre tombale sur lesquelles est inscrite la mention RIP.

Dominium @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

C’est le décor de scène de Dominium qui ouvre les festivités sous un radieux soleil et va nous entrainer chez les morts vivants. Les Allemands arrivent l’un après l’autre sur scène, masque de visages écorchés vifs pour les musiciens (Victor Hilltop à la batterie, Patient Zero à la basse et Tommy Kemp à la guitare), tenue à la Dracula borgne pour le chanteur, Dr. Dead qui, très rapidement remarque une congénère et la sourit en la voyant.

Dominium @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Le power metal de la formation se mêle à des accents popisant qui rendent l’ensemble très dansant et sautillant. Disposant d’une quarantaine de minutes, le quatuor, parfaitement en place, va chercher le public et l’invite régulièrement à sauter. Il en profite également pour rappeler que, début juillet, The night is calling, le nouvel album de Dominium, sera en bacs et s’autorise même une reprise du Thriller de Michael Jackson, titre qui colle à merveille à ces zombies!

Dominium @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Quand bien même on ne puisse que faire un parallèle avec leurs compatriotes de Powerwolf (l’imagerie, le metal festif et dansant, le décorum…), Dominium s’en démarque par l’univers zombiesque qu’il investit et a « inventé » dixit non sans humour Dr. Dead avant d’ajouter qu’ils étaient là bien avant.

Dominium @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

En neuf titres, Dominium a su séduire le public présent en délivrant simplement un set enjoué et plein d’entrain. Une très agréable mise en jambes pour débuter le week end.

Dominium @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

On peut s’étonner de voir Tobias Sammet’s Avantasia ne jouer qu’une petite heure lorsqu’on connait la popularité du groupe et la durée habituelle de ses shows, près de trois fois plus long… Mais Avantasia n’est pas tête d’affiche et nous prendrons donc ce qu’il y a au menu. Ce menu, les fans le savent, c’est l’énergie folle du chanteur allemand et les nombreux duos qu’il propose avec son projet.

Avantasia @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Particulièrement en forme, Tobias arpente les allées du cimetière qui sert de décor – splendide, reconnaissons-le – tout au long de Creepshow, seul extrait de Here be dragons, dernier album en date de la « formation » avant d’être rejoint pour un premier duel vocal par Kenny Leckremo, actuel chanteur de H.E.A.T sur Reach out for the light. Dés l’arrivée du rouquin, le public laisse exploser sa joie et sait qu’il va vivre, comme souvent avec Avantasia, un grand moment.

Avantasia @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

C’est ensuite au tour de Tommy Karevic d’échanger avec Sammet. Le chanteur de Kamelot a le bonheur de partager l’incontournable Avantasia dans une version parfaite dont on ne regrette pas une seule seconde.

Avantasia @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

La venue de Bob Catley (Magnum) me surprend un peu plus même si le vétéran de 78 démontre tout au long de The story ain’t over (un message caché?) qu’il a encore du coffre et qu’il est encore très en forme.

Avantasia @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Let the storm descend on you est partagé avec deux autres grandes voix, Herbie Langhans (Sinbreed) et, surtout, le gigantesque Ronnie Atkins, déjà présent en terres nancéennes avec Pretty Maids lors de la toute première édition du HWE. C’est ensuite à la choriste Chiara Tricarico de partager Farewell, le bien nommé dernier titre en duo avant que Sammet termine seul ce concert avec la triplette Lucifer, Lost in space et le mix Sign of the cross/The seven angels. Un set malheureusement trop court mais heureusement intense et efficace. On imagine la logistique nécessaire à l’organisation d’un tel spectacle lorsque tous les intervenants du jour viennent s’aligner sur scène pour saluer le public!

Avantasia @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Elle est quand même étrange la carrière de Savatage, et la présence des américains au Heavy Week End est quelque peu événementielle. Et ça, les présents le savent, c’est une des forces de ce festival qui, année après année nous réserve des surprises et des exclusivités (le retour en France de Pretty Maids en 2024, la seule date Française de Slipknot en 2025 ou de Gojira cette année…). Si Savatage est encore trop méconnu en nos contrées, il est entrée dans la légende outre-Atlantique depuis belle lurette.

Savatage @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Avec une heure quinze de show, les Américains ont assez de temps pour explorer une bonne partie de leur discographie. Ils débutent d’ailleurs avec un très heavy diptique composé de Dead winter dead et Jesus saves avec de superbes animations de fond de scène. Zak Stevens se montre en belle forme vocale forme et se voit totalement soutenu par ses compagnons de scène.

Savatage @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Aux guitares, Chris Caffery est rentre dedans tandis qu’Al Pitrelli se montre aussi énergique que concentré. Il faut dire qu’avec The wake of Magellan Savatage entre dans un propos quelque peu plus progressif que purement heavy metal. C’est ce qui fait sa force autant que cela peut dérouter l’amateur moins avisé.

Savatage @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Les animations de fond de scène – qui toutes ou presque intègrent le logo du groupe – illustrent très joliment la majeure partie des titres – ce bateau de The wake en pleine tempête sur fond rouge sang, superbe! – mais peut parfois détourner l’attention du spectateur. Il n’empêche que l’on en prend plein les yeux et les oreilles même si Savatage n’est pas toujours d’une approche musicale facile.

Savatage @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith
Sabaton @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

La nuit arrive avec Sabaton. Si ce sont seulement 8.000 personnes qui se massent devant la scène, ces fans savent qu’avec les Suédois le spectacle est toujours garanti. La batterie domine le public, installée en haut d’un gigantesque char d’assaut lorsque – c’est parti! – une multitude d’explosions précède l’arrivée du groupe sur scène.

Sabaton @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Dès lors, on le sait, c’est du gros spectacle qui s’annonce. Sabaton nous propose du Sabaton, que dire d’autre. Le spectacle est intense, chaleureux et, toujours la contradiction de ces gars qui racontent la guerre sous toutes ses formes de violence, d’horreur et d’héroïsme, joyeux. On sent la bande de Joackim et Pär simplement heureuse d’être sur scène.

Sabaton @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Le public en prend plein les yeux et les oreilles. C’est un défilé de tubes que nous proposent les Suédois. débutant avec l’ancien Ghost division, le groupe fera la part belle à son dernier album dont il propose quatre extraits étonnamment placés au milieu du concert (la majorité des groupes démarrent avec un nouveau titre).

Sabaton @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Si on oublie l’avion de The red baron figurant ce soir en animation de fond de scène, les artifices sont nombreux et toujours bienvenus, comme ce passage répété de la figure de Napoleon qui parvient sans peine à faire chanter la Marseillaise au public, qui a déjà repéré un autre Napo dans le public, précisant que c’est son fils, échangeant avec Joackim avant de lancer, oh, surprise, I, emporor.

Sabaton @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Le chanteur revient avec un masque à gaz et projete du gaz sur scène pour illustrer The attack of the dead men avant de proposer Hordes of Khan et Templars, très attendu. Et ce soir, pas de rappel, mais une très légère présentation des musiciens. Le chanteur faisant mine d’avoir oublié le nom de ses compagnons les présente comme « the new guy », « the old new guy », « the first guy » ou tout simplement « the drum guy ». Léger et fun, à l’image de ce groupe exceptionnel qui conclue son énorme set avec quatre classiques : Primo Victoria, Sweedish pagans (« le meilleur morceau que j’ai écrit », selon le vocaliste), The first soldier éclairé d’un joli rideau bleu-blanc-rouge.

Sabaton @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

C’est To hell and back qui achève le public, aux anges après avoir vécu un moment exceptionnel comme seul Sabaton sait en proposer. On ne se lasse pas du spectacle qui, comme toujours parait trop court; Sauf que, ce soir, le groupe a débordé de quelques 15 minutes sur l’horaire initial et c’est tant mieux! Malgré le froid – il fait à peine plus de 10° à 23h – le Heavy Week End nous a offert une superbe première journée. Vivement demain!

Sabaton @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

BLITZ: Bitter me

USA, Metal indus (Fastball music, 2026)

Blitz est un mystère… Formé aux USA, à Boston plus précisément, le groupe déboule avec un album de metal indus d’une redoutable efficacité. Non content de nous entrainer dans son univers cataclysmique et son monde déchu, Blitz nous entraine également vers l’espoir d’un retour à la normale au travers deS 10 titres de ce Bitter me. Le projet est à la base celui du seul Elijah « Edge » Dennis qui se charge de tout, se faisant parfois accompagner d’Eric Leber aux claviers et à la programmation (sur Blitzkrieg, My enemy, The forsaken et Carnival) et Marco Salazar qui tient la basse sur Carnival. Si les rythmes martiaux et la froideur générale évoque avec efficacité Rammstein, on retrouve également un esprit que ne renierait pas Ministry. L’ensemble défile et s’écoute comme on lit un roman de SF – d’ailleurs, l’album nous plonge dans l’année 2066, pas si loin de nous. On tape du pied et on on secoue la tête aux rythmes de ces sons souvent hypnotiques sans jamais être trop agressif. Bitter me est un album à découvrir d’urgence!

SMITH/KOTZEN live à Paris (le 6 février 2026 à Paris, le Trianon)

En ce tout début de la nouvelle mini tournée de Smith/Kotzen , le duo de guitaristes/chanteurs s’offre une halte parisienne au Trianon. Ils aiment bien ces escapades, ces deux-là, ces moments qui leur permettent de se retrouver et de sortir de leur routine. Une vingtaine de date est pour le moment programmée, dont une seule en France.

Kris Barras Band@Le Trianon, Paris

Une longue file s’étend le long du Boulevard de Rochechouart patientant tranquillement en attendant que les portes soient enfin ouvertes. Puis la queue rétrécie rapidement et le public investit doucement le Trianon qui affiche presque complet. Un Trianon en configuration intimiste, sans crash, le public ayant ainsi la possibilité, « à l’ancienne » de se tenir au plus près des musiciens. Les deux balcons sont également investis et l’on circule sans se bousculer dans la fosse.

Kris Barras Band@Le Trianon, Paris

J’avais découvert Kris Barras Band en 2018 avec l’album The divine and the dirty, mais n’ai jamais eu l’occasion de voir le gaillard et son groupe live. Alors c’est un plaisir que d’apprendre la présence du catcheur en première partie qui donne ce soir son troisième concert parisien. A 20h, les lumières s’éteignent et le quatuor entre tranquillement en scène.

Kris Barras Band@Le Trianon, Paris

Malgré un espace scénique réduit – la batterie de la tête d’affiche est caché derrière un grand drap noir, celle du KBB se trouvant coincée sur un côté de la scène – le groupe propose un set énergique et enjoué. Son heavy rock, teinté de rock franc du collier, fait incontestablement mouche.

Kris Barras Band@Le Trianon, Paris

Rapidement, le chanteur guitariste tombe la guitare pour venir séduire le public en le faisant chanter sans se faire prier outre mesure. Musicalement varié, le groupe parvient à obtenir l’approbation de la foule qui découvre ce soir, pour certains tout du moins, une formation solide dotée d’un capital sympathie.

Kris Barras Band@Le Trianon, Paris

Mais le public est là pour autre chose… Soyons réalistes, il y a beaucoup moins de T-shirts de Poison ou The Winnery Dogs que d’Iron Maiden. L’occasion de pouvoir écouter l’un des guitaristes historiques de la vierge de fer et de le voir de près est suffisamment rare pour profiter de ce passage dans une salle à taille humaine – le Trianon a une capacité d’à peine plus de 1.000 spectateurs.

Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris

Accompagnée de la bassiste Julia Lage, très en forme et joyeuse, et du batteur Bruno Valverde, Smith/Kotzen entrent en scène après que la salle a été plongée dans le noir au son de Bad Company (du groupe éponyme). Le quatuor attaque avec Black light, un premier titre extrait du second et nouvel album Black light/white noise naturellement bien représenté ce soir.

Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris

Richie Kotzen et Adrian Smith se partagent, comme sur album, le chant, chacun avec son style, tous deux étant très complémentaires. Tous deux, cependant, dépendant de leurs parties respectives de chant, ne peuvent trop s’éloigner de leur micro. Malgré quelques escapades pour occuper la scène, c’est Julia qui se montre la plus mobile, en étant toujours enjouée et souriante.

Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris

Cependant, même si on aurait apprécié les voir parfois changer de places et de micros histoire de se rapprocher de tout le public, ces deux monstres de la guitare (trop souvent et injustement pas assez reconnus) sont en phase et totalement complémentaire. Le blues cher à Kotzen va rencontrer un rock plus brut et énergique offert par Smith, et la setlist propose un mix assez équilibré des deux albums (6 extraits du dernier, 5 du premier).

Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris

Oh, évidemment, on est à des années lumières de ce que propose la Vierge de Fer, et c’est heureux. Ce soir, pas de mise en scène exubérante, seul un backdrop sert de décor avec le logo du duo. Les lumières sont efficaces et le son puissant et clair. Solar fire, dernier extrait du premier album, vient clore ce concert avant le rappel.

Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris

Nombreux parmi les spectateurs sont ceux qui espèrent une surprise lors de ce rappel qui débute avec You can’t save me, un morceau signé Richie Kotzen (Into the black, 2006) rapidement suivi de l’incontournable Wasted years (Somewhere in time, 1986). Un morceau quelque peu revisité dans ses lignes vocales au chant tenu, hors refrains, par le seul Adrian. Non, l’espéré Bruce Dickinson ne chantera pas ce soir (on retrouvera les deux compères en juin prochain dans d’autres conditions) en conclusion d’un concert à taille humaine, simple et chaleureux comme on les aime. Les deux grands artistes se font plaisir, un plaisir généreusement partagé avec le public.

Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris

Merci à Aude Sabarly (AEG) et Olivier Garnier d’avoir rendu ce live report possible.

HEAVY WEEK END: Enfin l’affiche complète!

Après avoir joué les teasers avec nous en révélant, assez tôt cette année, les noms des groupes à l’affiche les samedi et dimanche 6 et 7 juin, GDP a enfin dévoilé les derniers noms de la première journée du prochain Heavy Week End. Le Zénith de Nancy accueillera ainsi dans sa version Nancy Open Air – qu’on apprécie de plus en plus – les grand spectacle zombiesque proposé par les Allemands de Dominium qui seront suivis de leurs compatriote Tobias Sammet et son projet Avantasia. On pouvait l’espérer malgré le floutage de l’affiche, et ce seront bien les légendaires Savatage qui auront l’honneur de finir de chauffer le public avant le show qu’on imagine volontiers gigantesque de Sabaton.

Le lendemain, les fausse jumelle de Nova Twins ouvriront le bal et feront se trémousser les fans au son de leur rock funky, groovy et punky. Bonne ambiance assurée avant une première grosse claque que nous infligeront les frères Cavalera pour rendre hommage à leur incontournable Chaos AD. La journée continuera sous le signe de la brutalité avec le metal impitoyable des Americains de Trivium avant que Gojira ne vienne mettre le feu avec la classe qu’on leur connait. Pas la journée la plus calme qui soit que ce samedi!

Cette troisième édition se terminera avec du grand spectacle proposé par les Français de Shaârghot et leur metal indus/electro aussi déjanté que leur show. Suivront les Américains de Ice Nine Kills dont les show ne laissent jamais indifférents. Un peu plus de douceur suivra avec Three Days Grace qui retrouve son chanteur original, Adam Gontier. Enfin, les Allemands cinéphiles de Electric Callboy auront pour mission de conclure cette dernière journée avec leur metal techo et une mise en scène imparable.

Cette troisième édition s’adresse ainsi à un public varié, et chacun, chaque jour, devrait y trouver de quoi satisfaire ses attentes. Les billets – disponibles en pass 1 ou 3 jours (respectivement à partir de 57 € et 135€) sont disponibles avec ce lien : www.heavyweekend.live

Interview: KRASHKARMA

KrashKarma@Dropkick Bar Orléans 11sept 25

Interview KrashKarma – entretien au Dropkick Bar d’Orléans le 11 septembre 2025 avec Niki (chant/batterie) et Ralf (chant/guitare/basse)

Nous sommes aujourd’hui le 11 septembre, pas une date de bons souvenirs, d’autant moins sur la tournée World on fire (les deux rient). Nous nous sommes rencontrés il y a deux ans à Rebrechien. Que s’est-il passé pour vous depuis ? Vous avez sorti un album et, depuis, vous tournez sans cesse !

Niki : Exactement. C’est, en gros, exacetement ça. Nous tournons sans cesse avec l’album Falling to pieces, en Europe, aux USA et nous sommes de retour en Europe pour la dernière partie de notre tournée. Ensuite, nous rentrons pour commencer l’écriture du prochain album.

Vous ne l’avez pas encore entamé ?

N : Non… En fait, on est toujours en train d’écrire, mais l’enregistrement ne commencera qu’au début de l’année prochaine.

Vous écrivez donc tout le temps, mais vous publiez aussi de nombreuses vidéos. Je suis épaté par le nombre de vidéos que vous avez publiées, parfois pour une seule chanson. J’ai l’impression que vous regardez des choses qui pourraient vous servir pour un clip…

N : Exactement, on a une idée et on la met en place. Que pouvons-nous faire ? Comment pouvons-nous le faire ? Parfois ça fonctionne, parfois, non (rires). On ne les sort pas si elles ne fonctionnent pas !

Ralf : tout a commencé quand on a sorti l’album il y a deux ans : on était en tournée avec Butcher Babies, on a tourné en Europe, aux USA et on est rentrés à la maison. On s’est rendu compte qu’il y a de nombreux très bons albums mais que le public ne connait pas, il faut les faire exister. Sur la dernière tournée, nous avons décidé d’être plus actifs en matière de vidéos et de réseaux sociaux, c’est le seul moyen d’être vraiment actif.

N : En mettant la musique en avant. Nous ne sommes pas des créateurs de contenu, c’est la musique qui compte. Nous créons des vidéos pour illustrer notre musique, pas l’inverse.

Qui se charge de regarder et sélectionner toutes ces intros de vidéos ? L’un d’entre vous ou tous les deux ?

R : C’est moi, je me charge de tout. Ça a commencé avec moi parlant de ma guitare, comment elle fonctionne, et c’est devenu viral. Ça nous a apporté beaucoup d’attention, et on a vu nos chiffres sur YouTube, Spotify grimper en flèche. On a compris qu’on avait besoin de créer des vidéos. J’ai vu un comédien qui faisait ce genre de vidéo, et j’en ai parlé à Niki : « là, c’est toi, mais au lieu d’aterrir sur une table de pic-nic, tu atterri derrière la batterie » (elle confirme).

Alors puisque nous parlons de batterie, Niki, tu dois me rassurer : ton tabouret est complet ? Il y a bien le siège ?

N (elle explose de rire) : Pourquoi, tu m’as vue chuter parfois ?

Non, je t’ai vu cracher de l’eau !

N (rires) : ah oui ! J’espère aussi qu’il est entier ! On vérifiera avant !

Revenons à la tournée : comment se passe-t-elle jusqu’à maintenant ?

N : Superbement ! Très cool, pour le moment, on n’a fait que la France. On a fait des festivals cet été, puis nous sommes retournés aux USA pour quelques concerts et nous venons de revenir. C’est notre cinquième concert et jusque-là, tout va bien. Il y a eu le festival de Mennecy entre temps. Le public français est vraiment bon avec nous, on passe vraiment de très bons moments et nous sommes très heureux de voir cette relation continuer et grandir.

Tu viens de le rappeler, vous donnez de nombreux concerts en France, alors qu’appréciez-vous en France ?

N : Les gens !

R : La nourriture ! et le pays ! Le vin ! (rires)

N : L’attitude des gens en général, aussi. Il y a beaucoup d’énergie. Je ne sais pas comment l’expliquer, mais on s’arrange très bien de cette attitude et de l’esprit de la communauté metal. On a l’impression que tout le monde se connait, les gens sont très proches, c’est exceptionnel. Le vin ne fait pas de mal, le fromage non plus (rires) !

R : Les gens sont très cool, et la culture française est très riche. Il y a eu la révolution, et le pays, les gens, semblent très progressistes. Les Français sont très sympas, mais tu ne la leur fais pas à l’envers.

Et que n’aimez-vous pas en France ?

N (sans réfléchir) : les parkings (rires) ! (Note : ils ont tourné près d’une heure dans Orléans pour trouver une place pour leur van)

R : On a toujours un van ou un bus… Partout en Europe les parkings font 2m de haut. Mais en France, c’est 1,80m ! Alors il n’y a nulle part où nous garer sauf dans la rue !

N : On a pris le plus petit van possible pour éviter ce genre de situation, mais en France, ça ne marche pas !

Depuis deux ans que vous jouez régulièrement en France – vous étiez hier à Paris…

N : C’était notre premier concert à Paris, hier !

Vous avez le sentiment que le public vous suit et grandit ?

Tous les deux : Oui, oh que oui !

N : On le voit depuis notre premier concert ici il y a deux ans. On n’a pas donné des tonnes de concerts en France, mais à chaque fois, le public est plus important. On reconnait des visages, les gens reviennent avec des amis. Oui, le public grossit vraiment. Hier, on a joué à Paris pour la première fois, à… La Dame de Canton, un…

R : Un bateau ! On a joué sur la Seine ! C’était une expérience !

N : On a raté la révolution de l’autre côté de la Seine, pas la révolution, des manifestations ! On a simplement vu les convois de police mais ne s’est pas mêlés à tout ça, on était curieux, on avait envie de voir ça, mais… on préfère être en sécurité !

Il va y avoir un nouvel album. Même si vous n’avez pas vraiment commencé l’écriture, de quelle manière imaginez-vous cet album différent du précédent ?

R : C’est une question très intéressante parce que nous y réfléchissons tout le temps. A chaque fois, on compose, on se fait des plans et… le résultat est complètement différent ! On a toujours quelque chose en tête mais, quand on commence à écrire et jouer, ça se transforme en son propre truc. Nous, nous faisons de notre mieux pour que ce soit bon.

Donc, ça prend son envol, ça devient une sorte de bête, comme ta guitare ?

N : Ouais ! Et ça évolue, toujours. Une fois qu’on est vraiment dans le process de composition, on laisse les choses avancer d’elles-mêmes. Nous avons une idée, mais elle évolue, comme le dit Ralf. On adore ça, et on cherche toujours à repousser nos limites.

Maintenant, en dehors du fait d’être un duo, composé d’une femme batteuse et chanteuse et d’un… comment on peut te décrire ? guitariste bassiste chanteur, comment décririez-vous la musique de KrashKarma à ceux qui ne vous connaissent pas ?

R : Simplement que nous sommes un groupe de metal avec une touche de ce qu’on aime : du thrash, du death, un peu d’indus ou de trip hop.

N : Le punk, aussi, dans notre attitude. C’est plus dans notre approche…

R : C’est notre façon d’être sur scène…

Une dernière question avant de vous laisser aller diner : quelle pourrait être aujourd’hui la devise de KrashKarma ?

N : Notre devise ? Pas de prisonniers (rires) !

R : Tu sais, notre tournée s’intitule « world on fire tour ». On a l’impression que le monde est en feu, pas dans le bon sens, des idées haineuses semblent se propager, la haine, le racisme… Alors notre devise pourrait être « combattre le feu par le feu » (Niki approuve).

N : Oui, combattre le feu par le feu… En fait, on a pensé au nom de l’album alors que Los Angeles était en feu. On était au milieu de ces incendies, du vent lorsqu’on a pensé à ce titre d’album. Alors, oui, il y a beaucoup de double sens. Notre systrème politique est en train de s’éfondrer…

Non… c’est pas vrai ? (rire général). J’ai dit que c’était ma dernière question mais en fait, non, revenons quelques questions en arrière : qu’aimez-vous aux USA ?

R : la Californie, faire du surf, du skate, l’océan, la météo, le beau temps, les gens sont super sympas, L.A. est un endroit multiculturel, il y a des gens de toutes origines…

N : Et c’est une ville très artistique. C’est ce qu’on aime aux USA : la Californie et Los Angeles !

Alors terminons avec ceci : que n’aimez-vous pas aux USA ?

R : le système politique ! Il est corrompu, tout le monde le dit mais on a l’impression que tout le monde s’en fout…

N : Et ça se propage comme un feu ! Tu vois, on y revient toujours !

KRASHKARMA live à Orléans (Dropkick bar, le 11 septembre 2025)

Nous avions découvert les Américains de KrashKarma lors de la 12ème édition du festival – malheureusement, disparu après l’édition suivante – Rock In Rebrech’ de 2023. La claque que j’avais reçue ce jour-là ! Depuis, le duo tourne partout et se forge un fidèle following en tournant sans relâche. Alors, pensez vous que je pouvais rater ce premier passage à Orléans? Seulement, voilà: Saxon est annoncé au Zénith de Paris… mais le report des concerts français met un terme à ce dilemme – et je réitère tout mon soutien à son chanteur Biff Byford dans son combat contre le cancer. On se retrouvera en mai 2026!

Dark Matter@Dropkick Bar Orléans 11sept 25

Le Dropkick est ce soir, un jeudi, plus que correctement fréquenté. Ce sont un peu moins de 200 personnes qui vont investir la salle de concert, soit un presque sold-out pour les Américains. Nous nous retrouvons dans les coursives pour une interview détendue (à découvrir sous peu) alors que Dark Matters, première partie locale, débute son concert. Je retrouve le quatuor metal en cours de show pour découvrir un metal varié. Il y a une forme de rage mélangée à de la mélodie et une forme de metalcore.

Dark Matter@Dropkick Bar Orléans 11sept 25

Il manque cependant quelque chose pour simplement m’accrocher. rien ne m’interpelle vraiment, j’ai l’impression que l’ensemble manque de maturité. Les gars y mettent du cœur mais, c’est peut-être une question générationnelle, ce n’est pas mon truc… En tout cas, pas ce soir.

KrashKarma@Dropkick Bar Orléans 11sept 25

KrashKarma interpelle avant même de monter sur scène. ceux qui ont vu le duo live le savent, Ralf et Niki vont chercher le public là où il se trouve. Ce soir, nombre de clients se trouvent à l’extérieur, alors, une fois sa caisse claire harnachée pour elle et son porte voix en main pour lui, les deux s’en vont tambour battant racoler sur le trottoir au son de Wake them up. A la manière de Kochka, le joueur de flûte des frères Grimm, KrashKarma va chercher son public pour l’entrainer avec lui vers la scène. Et s’il est question ici de noyade, c’est non pas sous des flots d’eau fluviale mais sous ceux de décibels et de bonne humeur.

KrashKarma@Dropkick Bar Orléans 11sept 25

Avant même de monter sur scène, l’opération séduction continue, Niki trainant au milieu d’une foule déjà dense, continuant de frapper sa caisse claire pendant que, tout sourire, Ralf s’installe derrière son micro. Une fois la batteuse/chanteuse installée derrière son kit, il ne faut que quelques instants pour que le public devienne le troisième membre et que, malgré l’espace réduit des lieux, certains ne commencent à se faire porter par la foule.

KrashKarma@Dropkick Bar Orléans 11sept 25

En dégainant dès le début du set deux de ses brulots, I survived the after life et Falling to pieces – je vous invite à aller découvrir les clips à l’intro pour le moins originales – KrashKarma donne le ton: avec son metal énergique, le partage du chant entre ses deux membres – pas question ici d’un duo « la belle et la bête », il s’agit bien de chant complémentaire – la puissance entrainante des mélodies, le groupe se met le public dans la poche.

KrashKarma@Dropkick Bar Orléans 11sept 25

L’énergie développée par le duo est telle que la scène se révèle bientôt elle aussi trop étroite. Grace à une plateforme judicieusement installée au cœur de la batterie, Ralf trouve un point d’appui lui permettant soit de se surélever, dominant ainsi sa complice et le public, soit de sauter sans relâche ou presque.

KrashKarma@Dropkick Bar Orléans 11sept 25

Ralf se prête à son exercice favori: présenter son instrument qu’il a lui-même conçu, mi guitare mi basse. Il fait la démonstration de son fonctionnement, passant d’une fonctionnalité à une autre en un clin d’oeil. Malgré la chaleur étouffante, la foule est conquise, plus encore lorsque, une nouvelle fois, Niki délaisse sa batterie pour venir, tendrement, raconter une histoire. S’emparant d’un tambourin, elle descend dans la fosse après avoir demandé à tout le monde de s’assoir et navigue entre les spectateurs qui la suivent du regard tout en écoutant la douceur de la voix, attendant, aussi, le moment de se relever pour libérer, encore, cette énergie contenue.

KrashKarma@Dropkick Bar Orléans 11sept 25

Après un discours prônant l’ouverture vers les autres, l’acceptation de la différence, rejetant la noirceur du monde actuel, Ralf rappelle que nous sommes tous là avec la même religion, celel du rock’n’roll, et que notre seul prophète est Lemmy. Et c’est parti pour une reprise de Ace of spades naturellement reprise en choeur par le public qui pogote et fait un circle pit à la demande du chanteur. Ralf a d’ailleurs la surprise de casser une corde de sa guitare, « la première depuis le début de cette tournée! » précise-t-il avant de s’emparer de son instrument de secours, le temps de conclure ce concert sur l’incontournable Girl with a hammer qui voit Niki s’emparer de son énorme masse, sauter de sa batterie pour défoncer des cymbales avant de reprendre position sur son tabouret.

KrashKarma@Dropkick Bar Orléans 11sept 25

Contrairement à ce qui était initialement prévu, soit un set d’une heure et quart, après avoir fait participer l’audience à un cours d’allemand (9lives (1,2, die))les deux se faufilent derrière leur backdrop et reviennent pour un rappel qui se termine avec une reprise explosive de The trooper de vous savez qui et viennent ensuite saluer le public, l’invitant à les retrouver à l’étage.

KrashKarma@Dropkick Bar Orléans 11sept 25

Pendant que Niki s’occupe du stand de merch , j’assiste à un spectacle inhabituel: Ralf a enlevé son t-shirt et l’essore au dessus d’un gobelet, récupérant ainsi quelques centilitres de sueur. « Voila ce que j’ai transpiré pour vous ce soir! » clame-t-il, un sourire aux lèvres, en levant son gobelet, faisant mine d’en boire le contenu… beurk, mais non,, il ne va pas jusque-là!

KrashKarma@Dropkick Bar Orléans 11sept 25

Le public ne s’y trompe pas: prenant d’assaut le stand de merch, il sait que KrashKarma fait partie de ces formations plus que prometteuses, celles à suivre de très près et qu’on aura plaisir à retrouver sur de plus grandes scènes. KrashKarma le sait aussi, le nombre de dates prévues dans l’Hexagone attestant aussi d’une belle histoire qui grandi entre le duo de la cité des anges et notre pays. Superbe soirée!

KrashKarma@Dropkick Bar Orléans 11sept 25

Celebrating 50 years of LYNYRD SKYNYRD: Le Zénith de Paris, 10 juillet 2025 (avec Simon McBride)

C’est un Zénith de Paris presque complet qui accueille ce soir une version étonnante de Lynyrd Skynyrd qui vient célébrer le 50 ans du groupe. Etonnant car, d’une part, il ne reste aujourd’hui du groupe original que le nom, et le sentiment d’avoir plus à faire à un tribute band de luxe est assez légitime. Mathématiquement, aussi: LS a débuté sa carrière en… 1964! Ok, il y a eu une décennie de break mais les calculs restent faussés… Le premier album (Pronounced ‘lĕh-‘nérd ‘skin-‘nérd), peut-être? Il est sorti en 1973… Alors, je tente ceci: Gary Rossington, le dernier membre fondateur, est mort en 2023. Pourquoi pas se rabattre sur une tournée célébrant un demi siècle entre la sortie dudit premier album et la disparition de Rossington? Perso, ça me convient comme explication, mais on est surtout présent ce soir pour célébrer le southern rock plus que pour faire des calculs mathématiques, n’est-ce pas?

Simon McBride @Paris, le Zénith

C’est Simon Mc Bride qui ouvre le bal. Le guitariste désormais mondialement connu pour avoir rejoint – avec beaucoup de talent – les rangs de Deep Purple, se présente ce soir sous forme de trio. Il propose un blues rock à la fois enjoué et énergique et l’on a aussi le plaisir de découvrir le chanteur qui se cache derrière le guitariste. Une voix chaleureuse accompagne une musique variée.

Simon McBride @Paris, le Zénith

Le trio offre au public une alternance de titres originaux issus de l’album The fighter (Don’t dare, High stakes, king of the hill, just take time, Show me how to love) tous différents, allant du blues au rock, en passant par la ballade, et des reprises (The stealer de Free, Love song de The Cure). Mais il le sait, une partie du public veut entendre d’autres choses…

Simon McBride @Paris, le Zénith

Alors, tout en réaccordant sa guitare, Simon rappelle que « la dernière fois que je suis venu ici, c’était avec un autre groupe.. ».) Puis il entame la mondialement connue intro de Smoke on the water, ses compagnons de jeu disant « non, non, non » de la tête et des mains… Cependant, arrivé au deux tiers de son concert, il propose un medley explosif et instrumental de Black night, Child in time et Speed king du Pourpre Profond. Reprendre ces titres arrangés à la sauce guitare/basse/batterie se révèle très efficace, franc et direct.

Simon McBride @Paris, le Zénith

La formule « reprise » semble fonctionner, alors il enchaine avec un tout aussi explosif Kids wanna rock (hymne incontournable de Bryan Adams) qui fait mouche, avant de conclure son set avec Show me how to love, blues rock entrainant qui n’est pas sans évoquer un Bonamassa énervé. Simon McBride et ses compagnons de jeu ont bien chauffé le public avec un set efficace qui est monté en puissance. On attend maintenant les maitre de cérémonie de la soirée.

Simon McBride @Paris, le Zénith

Un film récapitulatif de l’histoire des Floridiens apparait sur l’écran. Puis la scène est voilée par des jets de fumée et de vives lumières laissant ensuite apparaitre un message in memoriam: la photo d’anciens membres avec la mention Their legacy lives on. Ce soir, la le Lynyrd Skynyrd actuel est bien là pour rendre un vibrant hommage à tous ses anciens membres disparus.

Lynyrd Skynyrd @Paris Le Zenith

Rapidement, on entre dans le vif du sujet. Les tubes défilent et sont magnifiquement interprétés – on ne regrettera que le mix mettant trop en avant le chant des choristes avec des ouh ouh parfois trop agressifs. Le groupe débute avec le classique Working for MCA (qui mettait certaines choses au point avec le label à l’époque de sa sortie) suivi du dynamique What’s your name. Déjà, le public est à fond bien que très observateur, profitant de chaque instants.

Lynyrd Skynyrd @Paris Le Zenith

La communication avec le public est d’ailleurs fréquente, même si on ne comprend pas un traitre mot de ce qui sort de la bouche du chanteur, Johnny Van Zant dont l’accent sudiste est vraiment à couper au couteau – et c’est un gars originaire du sud des USA qui l’écrit! Ce qui n’empêche nullement le vocaliste d’haranguer le public et d’aller le chercher, sillonnant la scène avec son pied de micro orné d’un drapeau US.

Lynyrd Skynyrd @Paris Le Zenith

Au moment où je me dis qu’il est dommage que l’écran ne fasse que diffuser des images du groupe sur scène, voici qu’apparaissent des scènes de bayous et d’alligators qui viennent animer Down south juckin’ qui précède Gimme back my bullets. Puis, après le poignant The needle and the spoon arrive l’instant émotions avec une vidéo relatant une bonne partie de la vie de Gary Rossignton, dernier membre fondateur disparu il y a maintenant deux ans. Un très bel hommage rendu tout au long du très émouvant Tuesday’s gone.

Lynyrd Skynyrd @Paris Le Zenith

Très beaux aussi sont les éclairages, remarquables de couleurs chaudes et variées tout au long du set. Les premières notes de Simple man voient une foule de portable sortis pour mieux filmer l’instant et le public acclamer encore plus fort les sudistes lorsque le drapeau français est projeté. Facile, mais toujours efficace de séduire le public avec ce type d’artifice.

Lynyrd Skynyrd @Paris Le Zenith

Si l’ambiance est chaude, la température monte d’un cran supplémentaire avec l’incontournable hymne Sweet home Alabama qui annonce déjà la fin du concert. Les musiciens quittent quelques instants la scène et reviennent pour un superbe final, autre classiques parmi les classiques, Freebird qui monte en puissance pour clore ce concert festif et célébratif. Décidément, les anciens en ont encore beaucoup sous le pied et savent offrir de très belles soirées. Ce fut encore le cas aujourd’hui avec ce concert plein de souvenirs et d’émotions.

Lynyrd Skynyrd @Paris Le Zenith

Merci à Anne-Lyse Rieu (Gérard Drout Productions) d’avoir rendu ce live report possible.

THE DEAD DAISIES live à Paris (L’Élysée Montmartre, le 11 novembre 2024)

The Dead Daisies continue son ascension et c’est ce soir à l’Élysée Montmartre que le gang protéiforme de David Lowy pose ses flightcases. Il y a cependant un grand absent, puisque Doug Aldrich a dû renoncer à cette tournée européenne pour subir des soins à la suite de la découverte d’un cancer de la gorge, heureusement traitable. C’est donc plein de pensées positives pour son rétablissement que nous assisterons ce soir à une nouvelle formule de TDD puisque Doug a été remplacé au pied levé par son complice au sein de Whitesnake, Reb Beach.

Mike Tramp @Élysée Montmartre, Paris

Voici bien longtemps que je n’ai vu Mike Tramp sur scène. Le Danois revient ce soir en duo pour continuer de donner vie à White Lion. Accompagné de Markus Mann à la seconde guitare, le chanteur se montre toujours aussi jovial et, le temps de 25 petites minutes, nous offre un bond dans son glorieux passé.

Mike Tramp @Élysée Montmartre, Paris

Living on the edge lance les débats et le public, aux âges variés mais principalement composé de jeunes quinquas/sexagénaires, accompagne avec bonheur Mike dans ses réinterprétations de certains classiques du lion blanc.

Mike Tramp @Élysée Montmartre, Paris

Il communique facilement et avec humour, se rappelant de ses venues parisiennes autant avec White Lion que Freak Of Nature ou en solo. Oui, il a encore de la mémoire, comme il le précise. La version de Little fighter – qui traite du sabotage du Rainbow warrior, vaisseau amiral de Greenpeace coulé par les services secrets français – donnerait envie de hurler Free Paul Watson tant le thème est d’actualité…

Mike Tramp @Élysée Montmartre, Paris

On fini avec les beaux sentiments de Tell me et une version sans doute moins « prise aux tripes » de When the childre cry qui, elle aussi est d’une cruelle et affligeante actualité comme le rappelle le chanteur: « j’ai écrit cette chanson il y a plus de 30 ans. Je ne pensais pas que le monde serait encore un tel sac à merde »… Une version épurée pour une première partie soft. La suite va rebattre les cartes.

Mike Tramp @Élysée Montmartre, Paris
Beasto Blanco @Élysée Montmartre, Paris

Avec Beasto Blanco, on change littéralement de registre. Once a Coop, always a Coop pourrait-on même penser puisque le groupe formé en 2012 compte en son sein rien moins que Chuck Garric bassiste de Alice Cooper et ici guitariste et chanteur, et Calico Cooper, la fille de Vincent Furnier, également infirmière SM et tortionaire d’Alice Cooper et ici chanteuse horrifique et sexy. Autant dire que ces deux-là auront été très présents en France en 2024, mais ils viennent pour assurer la promotion de Kinetica, dernier album en date du groupe.

Beasto Blanco @Élysée Montmartre, Paris

La voix rocailleuse de Chuck, son sourire sadique, le jeu de scène de Calico, l’esprit musical en général, tout le décorum shock rock évoque l’univers cooperien. Les autres musiciens tiennent la structure de l’ensemble mais force est de reconnaitre qu’en simple tenue de rockeur, les regards sont plus centrés sur les deux vocalistes qui font le show.

Beasto Blanco @Élysée Montmartre, Paris

A mi-parcours, d’ailleurs, et sans réelle surprise, Beasto Blanco se frotte à Feed my Frankenstein, rappelant ainsi, s’il en était besoin, certaines origines de ses membres. Le public connait et reprend en choeur le refrain et les « oh, ouhoh » toujours efficace.

Beasto Blanco @Élysée Montmartre, Paris

Ce n’est qu’ensuite que Calico s’arme d’une batte cloutée et vien menacer chaque musicien en faisant tourner son instrument, le frappant au sol… Pas vraiment envie de contredire la donzelle à ce moment-là tant elle a l’air d’en vouloir à tout le monde.

Beasto Blanco @Élysée Montmartre, Paris

Avant de clore ce show calibré à l’américaine, et dans l’ensemble efficace et plaisant, Chuck invite le public à hurler avec lui une série de « We are Beasto Blanco » fédérateurs; Un set sans réelle surprise, cependant exécuté avec l’efficacité que requiert le genre.

Beasto Blanco @Élysée Montmartre, Paris
The Dead Daisies @Élysée Montmartre, Paris

The Dead Daisies live, c’est toujours la garantie de passer un bon et chaleureux moment de rock. Ce soir confirme la règle dès l’arrivée sur la nouveauté Light ’em up, extrait de l’album du même nom. Derrière sa tignasse, John Corabi rugit comme un lion, et David Lowy, capitaine du navire, est en pleine forme.

The Dead Daisies @Élysée Montmartre, Paris

Naturellement, les regards se tournent vers Reb Beach qui, sur le tronçon européen de la tournée, remplace Doug Aldrich. Le choix de l’ex-Winger et ex-Whitesnake semble évident tant le gaillard est à l’aise et donc à sa place au sein du groupe. En même temps, il se retrouve avec son complice de Whitesnake, le bassiste Michael Devin qui, lui aussi et malgré un certaine discrétion, a totalement trouvé sa place dans le groupe même s’il est difficile de faire oublier un certain Mendoza et sa complicité avec Corabi.

The Dead Daisies @Élysée Montmartre, Paris

Les titres défilent tous aussi efficaces, TDD puisant principalement dans la période Corabi qui, c’est une évidence, Born to fly mis à part, est bien plus taillée pour la scène que les extraits de la période Glenn Hughes (Unspoken, Bustle and flow).

The Dead Daisies @Élysée Montmartre, Paris

Tommy Clufetos nous offre un intense solo de batterie qui, malheureusement, nécessite l’intervention de son technicien à 3 reprises! Ce qui ne semble pas perturber le batteur plus que ça qui, debout, frappe ses toms avec énergie et entrain. Le seul hic, à ce stade du concert, est cette désagréable impression qu’un technicien s’est endormi sur la machine à fumée tant la scène et les musiciens sont derrière un voile gris

The Dead Daisies @Élysée Montmartre, Paris

Malgré une discographie désormais plus que bien fournie qui permettrait au groupe de ne proposer que ses compostions, The Dead Daisies a toujours aimé les reprises et nous en offre ce soir un beau panel, titres qui sont devenus des incontournables du groupe (on a même eu droit à Bitch, des Rolling Stones en guise de pré-intro).

The Dead Daisies @Élysée Montmartre, Paris

Présenté comme telle, Corabi demandant si « c’est OK qu’on joue une autre nouvelle chanson?« , on commence avec le superbe Take a long line de The Angels/Angel City et ses éclairages multicolore dignes de Pink Floyd. Vient ensuite la présentation des musiciens, avec mini reprise en guise d’identité: David Lowy « qui a eu l’idée de monter ce groupe il y a 13 ans » (Dirty deeds done dirt cheap, AC/DC), Tommy Clufetos, « celui qui crève les peaux de batterie, surnommé le Motor City Maniac » (Seven nation army, The White Stripes), Michael Devin « que vous connaissez au sein de Witesnake, avec qui on a vraiment partagé une femme… C’était sa barbe, ma barbe, sa barbe à elle! » (Children of the grave, Black Sabbath)… Puis il annonce: « vous l’avez remarqué, quelqu’un manque » et il nous donne des nouvelles de Doug « qui se porte très bien » avant de présenter son remplaçant, Reb Beach très acclamé (Living after midnight, Judas Priest). C’est ensuite David Lowy qui présente simplement John Corabi sur fond de Join together (The Who).

The Dead Daisies @Élysée Montmartre, Paris

Avant d’entamer la dernière partie du concert, TDD nous offre une reprise blues, une version très électrifiée de I’m ready de Muddy Waters pour continuer avec l’incontournable Fortunate son (Creedence Clearwater Revival). On sent la fin du show approcher lorsque Jon Corabi nous invite à voyager. Destination? Une seule possible, Mexico et ses éclairages vert et rouge qui précède Midnight Moses (The Sensational Aex Harvey Band) avant que TDD ne quitte la scène.

The Dead Daisies @Élysée Montmartre, Paris

Fut une époque où le groupe ne s’encombrait pas de rappel… Mais le passage semble obligatoire, alors les 5 reviennent rapidement pour clore avec le toujours d’actualité Long way to go suivi de Helker skelter (The Beatles). Ce soir, The Dead Daisies a une nouvelle fois su séduire le public par un concert plus que chaleureux (bien que voilé…) Si on ne peut que regretter le manque d’affluence, le public présent ressort comme toujours ravi. Une vraie valeur sure et une vraie bonne soirée aussi.

The Dead Daisies @Élysée Montmartre, Paris

Merci à Olivier Garnier et Base Productions d’avoir rendu ce live report possible.