ELEMENT:Dreamer

Mexique, Hard progressif (M&O, 2026)

Ils sont sept. Autant de musiciens dans le groupe qu’il y a de lettres dans le nom de leur formation. Element arrive tout droit du Mexique avec un premier album très ambitieux, Dreamer. Composé de treize morceaux divisés en quatre parties, ce premier effort, à la production plus que soignée, nous entraine dans un univers sonore complexe et envoutant. Element est composé de musiciens aguerris et a une longue histoire derrière lui puisque le groupe fut fondé en… 2010 par le chanteur Ernesto Bojorquez. S’il est impossible de ne pas penser à Angra ou à Dream Theater, le groupe nous entraine dans des paysages musicaux qu’il sublime à chaque instant. Seulement, j’ai l’impression tout au long de l’écoute de vivre du déjà entendu. Qu’on ne se méprenne pas, c’est carré, très bien foutu (une seule ballade aurait cependant suffit), l’alternance entre puissance, mélodie et douceur est efficace, mais je ne parviens pas à embarquer dans ce navire pourtant lumineux. Tout pourtant ici frôle la perfection, sauf, sans doute, la durée du projet qui atteint les 68′. Ambitieux, certes, brillamment interprété, c’est incontestable, Dreamer s’adresse aux fans du genre qui y trouveront sans aucun doute possible tout ce qu’ils peuvent attendre du genre. Plusieurs écoutent s’avèrent nécessaire pour bien saisir l’ampleur du projet.

DIRTY RODEO: At least we try

France, Rock (En Soirée Je Danse Pas, 2026)

Libres et indépendants. Voici deux termes qui définissent l’état d’esprit de Polo (chant/guitare) et son frangin Alex (chant/batterie) qui publient At least we try, le nouvel album de Dirty Rodeo. Originaire de Limoges, le duo sévit depuis une dizaine d’années et nous délivre un rock qui navigue entre rock alternatif, pop, punk US et hardcore. Les neuf chansons du nouvel album ne dérogent pas à la règle, alternant entre titres bruts et morceaux pop au refrain fédérateur. Si Dirty Rodeo ne réinvente en rien le genre, le duo se libère et se déchaine avec des riffs sans fioritures et efficaces. Empli d’énergie libératrice et de colère salvatrice, At least we try va droit au but avec un certain bonheur. On imagine volontiers que, sur scène, les deux ne puissent être autrement que simplement déchainés.

SMITH/KOTZEN live à Paris (le 6 février 2026 à Paris, le Trianon)

En ce tout début de la nouvelle mini tournée de Smith/Kotzen , le duo de guitaristes/chanteurs s’offre une halte parisienne au Trianon. Ils aiment bien ces escapades, ces deux-là, ces moments qui leur permettent de se retrouver et de sortir de leur routine. Une vingtaine de date est pour le moment programmée, dont une seule en France.

Kris Barras Band@Le Trianon, Paris

Une longue file s’étend le long du Boulevard de Rochechouart patientant tranquillement en attendant que les portes soient enfin ouvertes. Puis la queue rétrécie rapidement et le public investit doucement le Trianon qui affiche presque complet. Un Trianon en configuration intimiste, sans crash, le public ayant ainsi la possibilité, « à l’ancienne » de se tenir au plus près des musiciens. Les deux balcons sont également investis et l’on circule sans se bousculer dans la fosse.

Kris Barras Band@Le Trianon, Paris

J’avais découvert Kris Barras Band en 2018 avec l’album The divine and the dirty, mais n’ai jamais eu l’occasion de voir le gaillard et son groupe live. Alors c’est un plaisir que d’apprendre la présence du catcheur en première partie qui donne ce soir son troisième concert parisien. A 20h, les lumières s’éteignent et le quatuor entre tranquillement en scène.

Kris Barras Band@Le Trianon, Paris

Malgré un espace scénique réduit – la batterie de la tête d’affiche est caché derrière un grand drap noir, celle du KBB se trouvant coincée sur un côté de la scène – le groupe propose un set énergique et enjoué. Son heavy rock, teinté de rock franc du collier, fait incontestablement mouche.

Kris Barras Band@Le Trianon, Paris

Rapidement, le chanteur guitariste tombe la guitare pour venir séduire le public en le faisant chanter sans se faire prier outre mesure. Musicalement varié, le groupe parvient à obtenir l’approbation de la foule qui découvre ce soir, pour certains tout du moins, une formation solide dotée d’un capital sympathie.

Kris Barras Band@Le Trianon, Paris

Mais le public est là pour autre chose… Soyons réalistes, il y a beaucoup moins de T-shirts de Poison ou The Winnery Dogs que d’Iron Maiden. L’occasion de pouvoir écouter l’un des guitaristes historiques de la vierge de fer et de le voir de près est suffisamment rare pour profiter de ce passage dans une salle à taille humaine – le Trianon a une capacité d’à peine plus de 1.000 spectateurs.

Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris

Accompagnée de la bassiste Julia Lage, très en forme et joyeuse, et du batteur Bruno Valverde, Smith/Kotzen entrent en scène après que la salle a été plongée dans le noir au son de Bad Company (du groupe éponyme). Le quatuor attaque avec Black light, un premier titre extrait du second et nouvel album Black light/white noise naturellement bien représenté ce soir.

Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris

Richie Kotzen et Adrian Smith se partagent, comme sur album, le chant, chacun avec son style, tous deux étant très complémentaires. Tous deux, cependant, dépendant de leurs parties respectives de chant, ne peuvent trop s’éloigner de leur micro. Malgré quelques escapades pour occuper la scène, c’est Julia qui se montre la plus mobile, en étant toujours enjouée et souriante.

Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris

Cependant, même si on aurait apprécié les voir parfois changer de places et de micros histoire de se rapprocher de tout le public, ces deux monstres de la guitare (trop souvent et injustement pas assez reconnus) sont en phase et totalement complémentaire. Le blues cher à Kotzen va rencontrer un rock plus brut et énergique offert par Smith, et la setlist propose un mix assez équilibré des deux albums (6 extraits du dernier, 5 du premier).

Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris

Oh, évidemment, on est à des années lumières de ce que propose la Vierge de Fer, et c’est heureux. Ce soir, pas de mise en scène exubérante, seul un backdrop sert de décor avec le logo du duo. Les lumières sont efficaces et le son puissant et clair. Solar fire, dernier extrait du premier album, vient clore ce concert avant le rappel.

Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris

Nombreux parmi les spectateurs sont ceux qui espèrent une surprise lors de ce rappel qui débute avec You can’t save me, un morceau signé Richie Kotzen (Into the black, 2006) rapidement suivi de l’incontournable Wasted years (Somewhere in time, 1986). Un morceau quelque peu revisité dans ses lignes vocales au chant tenu, hors refrains, par le seul Adrian. Non, l’espéré Bruce Dickinson ne chantera pas ce soir (on retrouvera les deux compères en juin prochain dans d’autres conditions) en conclusion d’un concert à taille humaine, simple et chaleureux comme on les aime. Les deux grands artistes se font plaisir, un plaisir généreusement partagé avec le public.

Smith/Kotzen@Le Trianon, Paris

Merci à Aude Sabarly (AEG) et Olivier Garnier d’avoir rendu ce live report possible.

KOMODOR: Time & space

France, Rock énervé (Riptide, 2026)

Qu’il est bien nommé ce nouvel album des Bretons de Komodor! C’est un bond dans le temps auquel le quintette nous convie avec Time & space. Dès le riff introductif de Hard to deal, les guitares saturées et le son vintage, on replonge à la frontière des années 60 et 70, lorsque Led Zeppelin ou The Who explosent tout sur leur passage. Puis, tout au long des Soul tricker, Once upon a time, Burning land ou autres Raise your hands ou Madness, Komodor revisite les classiques de l’époque en s’inspirant ici de Blue Oÿster Cult, là de Kiss, incorporant des touches des Eagles, Pink Floyd, Alice Cooper, Hawkwind ou du glam rock de David Bowie ou T-Rex sans jamais perdre de vue sa propre personnalité musicale. Résolument vintage et volontairement oldie, Time & space est un album organique, dont la musique vient des tripes et l’ensemble (le chant anglais mis à part…) se révèle d’une rare efficacité. Le genre de musique qu’on aime écouter dans des clubs où chaque titre peut – doit – entrainer le public dans une transe d’un autre âge. La surprise de ce début d’année.

JJAX: Reason to hope

France, Heavy metal (Autproduction, 2026)

Si au départ JJAX est le projet solo de Julien Jacquemond, que les amateurs de metal hexagonal connaissent sans doute pour son travail passé avec Inner Visions, le projet est devenu groupe, le guitariste chanteur s’entourant d’autres fines gâchettes : Karim Attoumane, guitariste de Zuul FX, Brice Berrerd, bassiste de Les Discrets et Arnaud Gorbaty, ancien batteur de Alkemyst ou Further Dimension. La formation publie ses premiers essais via bandcamp en 2021 et propose aujourd’hui Reason to hope, une solide galette qui mélange oldie but goodie à des sonorités résolument modernes. Le résultat est à la fois étonnant et efficace. On a parfois l’impression que Jjax plonge dans un trip nostalgique en réexplorant les origines du thrash (de belles guitares sauvages à la Metallica/Slayer) ou à l’époque dorée de la NWOBHM, certains passages vocaux m’évoquant Diamond Head, ou encore les duels de guitares que ne renieraient pas des Maiden ou Priest. Certaines influences remontent même plus loin, au rock and roll des 60’s ou au hard rock naissant (The spirit résume bien cet état d’esprit, ainsi que les deux reprises, Carry on wayward son – ici renommé « Carry on, my wayword son – de Kansas et Riff raff d’AC/DC). Mais Jjax se veut aussi contemporain en proposant des moments plus rageurs et brutaux – dont quelques grognements bien sentis – et des refrains qu’on pourrait aisément siffloter. Jjax s’offre même le luxe de quelques participations extérieures, et non des moindres puisqu’on retrouve au gré des titres Ivan Keller (Jelusick), Madie (Faith In Agony, ex-Nightmare) et Swan et Jerem G (BlackRain), preuve que le groupe présente un réel intérêt. Huit titres originaux aux guitares aussi furieuses que mélodiques et deux reprises pour un album haut en couleurs. Sans doute pas une révolution mais un vrai bon moment à conseiller.

CRICKFEST 5: Entretien avec l’orga

Interview CRICKFEST 5 : Entretien le 24 janvier 2026 avec Chris Danacker, président de l’association

Cette année, la cinquième édition du Crick Fest se tiendra le 11 avril, toujours à l’espace Loire de Cléry Saint André, c’est bien ça ?

C’est ça, même endroit, et mêmes horaires : ouverture des portes à 18h30 pour finir à… quand on coupera le son !

Encore une fois, il y aura 4 groupes…

Oui, sur la troisième édition, il n’y avait que 3 groupes, mais je trouve que ça ne fait pas festival. C’est un gros concert, mais avec 4 groupes, comme l’an dernier, on est déjà plus dans l’esprit festival. On a avancé l’horaire sinon ça fait finir trop tard. Je pense que là, ça tient bien.

Il y a une grosse différence par rapport aux années précédentes, c’est que, pour la première fois, vous accueillez un groupe étranger, les Italiens de DGM.

Exactement.

Qu’est-ce qui a orienté ce choix ?

A la base, ça devait être un autre groupe. Étranger, mais pas italien…

Plus dans le nord ?

C’est ça (ndMP : je pense qu’il s’agit d’une formation assez rare en France dont j’ai couvert le premier concert donné en France en près de 6 années, à confirmer). Mais ils nous l’ont fait à l’envers, les prix ont été multipliés par 5 en 3 ans et, de là, on a commencé à chercher d’autres groupes ; J’ai regardé sur YouTube – je ne connaissais pas DGM – j’ai trouvé un lien et j’ai été scotché. J’ai pris contact avec pas mal de monde qui pouvais m’aider avec DGM, dont Julien, le chanteur de Amon Sethis. C’est lui qui s’est chargé du booking de DGM, et il jouera également avec son groupe. J’adore l’esprit du groupe, qui mélange les influences, metal, oriental…

Il y aura donc DGM, Amon Stehis, ton groupe, Prisma… Tu n’as pas peur que le public se lasse de Prisma à l’affiche ?

Ça dépend… Si on continue de composer à un rythme aussi soutenu qu’en ce moment, non. Et puis, il ne faut pas oublier qu’on a créé le Crick Fest pour que PrismA puisse se produire. Il y a une belle scène, et le CrickFest a aujourd’hui une belle scène.

Le premier groupe qui jouera, c’est Epitude.

Epitude, même si logo n’est pas forcément super clair ! Avant, ça s’appelait GDM. Il répétait dans mon studio et un jour, je leur ai demandé ce que signifiait « GDM ». Ils m’ont répondu « en fait, on ne trouvait pas = de nom, alors on a choisi GDM : Groupe De Merde » (rires) ! Je leur ai dit que tout allait bien, leur musique est nickel – c’est du rock prog, ils adorent Opeth et ce type de groupe, et c’est des bénévoles de l’asso. J’ai prévu des personnes supplémentaires pour les remplacer.

On sait que la jauge est limitée à 350 spectateurs. Vous en êtes où des ventes aujourd’hui ?

On en est à un peu plus d’une centaine de places vendues, ce qui est bien et plutôt rassurant. On est un peu au-dessus de ce qu’on avait fait l’an dernier à la même époque. Ce qui laisse entrevoir une nouvelle belle édition.

Et ce qui peut ouvrir d’autres portes à des groupes étrangers… En dehors de la présence d’un groupe étranger, y a-t-il d’autres nouveautés cette année ?

Mmh… On a plus de bénévoles, et ça devrait permettre plus de facilité, surtout pour le rangement. Le dimanche, on en bave, tout ranger, tout nettoyer pour rendre les lieux comme il faut ; On a passé des bons moments, mais on est tous flingués. A part ça… non. Je disais à notre première réunion que je ne vois pas pourquoi on changerait des choses qui fonctionnent. On a viré ce qui ne fonctionnait pas – la première année on a eu un sandwich trop compliqué qui n’a pas marché, on a viré. Il y aura une personne supplémentaire pour la vidéo. J été donne une exclu puisque PrismA compte utiliser les images et le son du CrickFest sur un ou deux titres pour en faire un futur clip.

Un dernier mot sur les tarifs du CrickFest ?

18€ en prévente pour les adultes, 15€ pour les mineurs de 12 à 18 ans, accompagnés d’un adulte, et sur place, s’il reste des places, ce sera 23 et 18€, et gratuit pour les moins de 12 ans, toujours accompagné d’un adulte.

Un mot pour conclure ?

Prenez vos places en préventes, c’est mieux ! (avec ce lien, rien de plus simple)

Et notez bien la date: le 11 avril à Cléry Saint André, à côté d’Orléans. Nous, on se reverra bientôt pour parler d’un autre évènement, plus gros encore !