
Ce soir, Verycords nous convie à une soirée 100% vintage dans le cadre de la tournée Double Bill Tour. Une petite tournée européenne d’une douzaine de dates avec des temps de jeu équitablement répartis entre les Hollandais de DeWolff et les Suédois de Blues Pills. Malheureusement, j’arrive un peu tard pour pouvoir me trouver devant la scène et, de la console, les éclairages sont brumeux… Dommage pour les photos mais, comme le disait Joe Perry: Let the music do the talking!

Ce soir, au Bataclan, c’est le trio qui ouvre le bal. En dégainant d’entrée de jeu Nightrain et In love (respectivement extraits de Love, death & in between – 2023 – et Muscle shoals – 2024), DeWolff pose les bases du ton de la soirée en nous invitant à monter dans sa machine à remonter le temps visuel et sonore.

Dewolff en live, ceux qui les ont déjà vus le savent bien, c’est une belle explosion d’énergie, une recherche de communion avec le public qui, ce soir, se montre réceptif, en tout cas sur la première grosse moitié du concert. Il faut dire que Pablo Van Der Poel (chant et guitare) fait tout pour aller le chercher, ce public, et son frangin, Luka, n’est pas en reste derrière sa batterie. De son côté, Robin Piso s’éclate derrière son orgue en balançant des sons d’un autre âge.

Et puis voici venu le temps de l’éclate et de l’improvisation. Un temps qui rappelle naturellement les 70’s enfumées mais qui rapidement devient long, trop long peut-être, et l’on voit une partie du public détourner son attention et se diriger vers le bar. Un moment de flottement d’un bon quart d’heure qui fini par perdre le public, un temps sans doute trop long quand on ne dispose que d’une heure quinze de jeu.

Même si on apprécie la plongée de Pablo dans le public pour un long bain de foule en fin de set, on aura quand même vu le groupe plus inspiré, notamment lors de son passage à la Maroquinerie de Paris en 2023. Ce soir n’est pas un soir « sans » mais un soir où il manque en fin de show un ingrédient. Un concert certes énergique mais au final, en demi-teinte.

Un gigantesque A multicolore en fond de scène derrière la batterie évoque les couleurs de la télé des années 70. Ben oui, on est toujours dans cet esprit vintage. Lorsque Blues Pills arrive sur scène, je suis étonné de voir une nouvelle version du groupe. Elin Larsson (chant) semble être la seule rescapée, ou, plutôt, membre permanente du groupe aujourd’hui composé de trois femmes et un homme. Aucune idée de qui est qui, exception faite de la chanteuse à la voix d’or.

Et c’est bien elle qui, comme d’habitude, fait le show, arpentant, dès son arrivée, la scène de long en large, allant chercher le public en serrant nombre de mains tendues et en s’offrant, dès High class woman, le premier morceau du show, une première plongée dans le public à qui elle indique, la main tendue comme si elle fendait la foule, son intention. Ce n’est qu’une première échappée populaire parmi d’autres.

Etonnamment, ce n’est pas son dernier album, Birthday, qui est le plus représenté ce soir. Sans doute le fait qu’il date de 2024 explique-t-il la présence de 3 titres (Top of the sky, Birthday et Don’t you love it) là où le premier album éponyme (2014) et Holy Moly (2020) sont représentés chacun par 4 extraits. N’empêche, Blues Pills propose des titres courts et fait sauter et danser le public de bout en bout.

Bien que l’on sente ce soir le groupe très uni et complice, Erin attire à elle seule, par son énergie et son enthousiasme communicatif, l’ensemble des regards. Invitant le public à participer, communiquant plus que facilement et régulièrement avec lui, elle ne laisse aucun temps mort ni aucune place pour un quelconque ennui.

Le rappel – Little sun suivi de Devil man – vient mettre un terme à cette soirée riche en énergie et en partage. Le rock vintage a encore de beaux jours devant lui, et, ce soir, nous en avons encore une fois eu deux exemples revigorants.

Merci à Sabrina Cohen Aiello et toute l’équipe de Veryshow pour avoir rendu ce report possible.