Metal-Eyes: c’est la fin…

2016-2026.

 Après maintenant plus de dix ans d’existence, j’ai décidé de mettre un terme à l’aventure Metal-Eyes, webzine que j’ai fondé après mon départ de Metal-Integral en 2015 avec lequel j’avais déjà collaboré pendant 6 ans.

Metal-Eyes a vu le jour le 19 mars 2016. Les premiers articles publiés ce même jour furent, d’une part, un live report (les Orléanais de Wild Dawn et les Parisiens psychopathes à la Watchmen de 6 :33 dans la toute petite et improbable salle Eiffel d’Orléans) et, d’autre part, une interview des Américains de Black Stone Cherry menée au lendemain de leur concert du 9 février au Cabaret Sauvage de Paris. Je n’avais pas encore déterminé quelles seraient les signature et mascotte du webzine, les plus fidèles d’entre vous ont pu en voir l’évolution, de l’ébauche au résultat final en passant par quelques variantes à certaines périodes de fêtes.

Avec ces deux webzines, ce sont plus de 15 années passées à partager avec vous notre passion pour le heavy metal sous diverses formes, du FM/AOR au Thrash ou Death mélodique, avec parfois quelques incursions dans des styles plus extrêmes. 15 années pendant lesquelles j’ai pu m’abreuver de nouveautés musicales, de gros sons, de rencontres variées et toujours riches, que ce soit avec des musiciens que j’admire, qu’ils soient « vedettes » ou « espoirs », locaux ou internationaux, avec des « collègues », passionnés eux aussi et souvent fondateurs ou acteurs d’un média spécialisé, avec des agents et promoteurs, ces hommes et femmes de l’ombre qui nous permettent, vous permettent, de découvrir de nouveaux artistes, de nouveaux talents, qui organisent des journées promo, rencontres, échanges, forum, salons… 

Avec ces deux médias, j’ai pu écrire des centaines d’articles, de chroniques d’albums et découvrir « mes » nouveaux groupes de chevet (bien que parfois éphémères), réaliser des centaines d’interviews dont certaines resteront gravées dans ma mémoire (ma première rencontre avec Biff Byford (Saxon), Andi Deris et Sasha Gerstner (Helloween, pour une interview sur un trottoir parisien avec ce dernier!), Girlschool plus qu’en forme après un show à La Boule Noire, Tarja Turunen qui, à deux reprises, a sauté d’étonnement à une de mes questions, Chris, le fondateur de Dreamcatcher qui me dit « ah, je l’avais pas préparée celle-là », ADX toujours en forme (les rots de Dog !), Raven au complet dans la minuscule lige de la Maroquinerie, Lips (Anvil) qui, choqué (il faut le faire, choquer Lips !) par une de mes questions à l’époque de Pounding the pavement, m’a regardé droit dans les yeux une fois sur la scène du Trabendo en évoquant ladite question, Wild Dawn, encore, que j’ai suivi jusqu’au dernier show, ma première rencontre avec Jon Lawhorn de Blackstone Cherry et Chris Robertson qui, alors en train de se restaurer à l’écart, ajoute ses commentaires en off, ou encore ma première rencontre avec les trois quarts de Royal Republic au Cabaret Sauvage où mon fils a terminé allongé sur les genoux des trois pour la photo souvenir. Et il y tant d’autres moments comme ceux-là…), couvrir des dizaines de concerts et de festivals de toutes tailles et tous horizons dans diverses villes de France, de Nantes à Nancy en passant par Orléans (n’être que 2 photographes pour couvrir Scorpions, c’est magique !), Blois, Paris, Nîmes, Belfort et ailleurs qui m’ont permis de shooter la plupart des groupes qui m’ont accompagné dans mon adolescence et mes années de jeune adulte (et de début de vieux con sans doute aussi…) Il m’est aujourd’hui plus facile de lister les groupes que j’aurai aimé pouvoir photographier (les doigts d’une main suffisent) que ceux que j’ai pu immortaliser avec mon humble regard.

Oui, j’ai eu pendant toutes ces années le privilège de pouvoir réaliser mes rêves d’ado. On n’a rien sans rien, ça demande de l’investissement, du temps, parfois des sacrifices mais je l’ai toujours fait dans un esprit d’échanges « donnant/donnant » et « gagnant/gagnant ». Esprit que je retrouve encore aujourd’hui chez certains de ces acteurs et/ou partenaires, mais pas tout le monde, loin de là. Malheureusement…

Et puis, voilà : chacun à notre manière, la crise sanitaire de 2020-2022 a été un tournant dans nos vies. D’un point de vue média et « journalistique », je me suis, comme, j’en suis persuadé, la très grande majorité d’entre nous à des niveaux différents, retrouvé dans l’obligation de me réinventer, de continuer de faire vivre Metal-Eyes malgré le manque de rencontres et l’absence quasi-totale de concerts pendant deux ans. Alors j’ai créé des rubriques temporaires, appris à mener des interviews comme je me refusais jusqu’alors d’en faire, au téléphone, perdant cette spontanéité et la chaleur du contact direct avec mes interlocuteurs, avant de retrouver un semblant de ces sensations avec la visio.

Mais même si, pour paraphraser un célèbre réplique de film, « tout devait rester comme avant, rien n’était plus comme avant ». Professionnellement, cette période m’a permis d’être muté chez moi, à Orléans, et, n’ayant plus tous ces aller-retours quotidiens sur le nord de Paris, de vraiment gagner en qualité de vie. Les seules interviews physiques que j’ai pu réaliser se sont déroulées lors de divers festivals ou lors de la venue de groupes à Orléans, bien plus rarement avant un concert à Paris. Le reste ne fut plus que du distanciel. Souvent assez impersonnel, malheureusement.

Et donc… j’éprouve aujourd’hui, depuis quelques temps déjà en réalité, une réelle lassitude et ressens le besoin de pouvoir, égoïstement sans doute, recommencer à écouter de la musique, assister à un concert, faire des photos, rencontrer des gens, artistes ou pas, pour moi, pour mon plaisir. Sans « obligation » de rédiger une chro, un live report ou retranscrire une interview. Reprendre, aussi, mes projets trop longtemps mis de côté, des projets d’écriture, de meilleure maitrise de la photo, d’autre photo aussi, et de recentrage personnel.

Mon objectif annoncé – à moi-même et à mes proches – était de passer le cap symbolique des dix ans d’existence de Metal Eyes, un webzine que j’ai, depuis le début, mené seul, sans devoir rendre compte ou contrôler qui que ce soit, autre que moi. Forcément, le nombre de publications en est limité. Je me suis également toujours refusé à publier de simples copier-coller de dépêches reçues des agents ou des groupes. Trop facile… Mais j’avais ce cap décennal en tête et en vue. Cap pour lequel j’ai organisé avec la participation de partenaires fidèles et confiants en mon travail et en l’influence probable de mon webzine, un énorme concours qui a vu, une année durant, des lots gigantesques distribués aux gagnants une fois par trimestre.

Le cap des dix ans est maintenant passé, un objectif de plus a été atteint, et pas des moindres.

Alors, maintenant que j’ai pu vivre ce que je n’aurai jamais pensé vivre étant ado (mais dont je rêvais secrètement), il est temps de laisser d’autres le faire. Si j’ai pu vivre ces moments dont beaucoup ne rêvent même pas, ces rencontres avec de très nombreux artistes dont certains, nombreux aussi, qui ont accompagné mes jeunes années (mais que le temps n’épargnent pas plus que nous et qui disparaissent un peu trop rapidement en ce moment…), d’autres qui furent espoirs et se sont imposés sur les plus grandes scènes internationales, le fait de se retrouver au plus près des planches où se dressent nos artistes préférés, de recevoir tant de nouveautés musicales, goodies pas forcément collector mais goodies quand même… c’est avant tout grâce à ces personnes qui, tout au long de ces pas loin de deux décennies m’ont accompagné et accordé leur confiance, leur sympathie et parfois leur amitié, tant en France qu’à l’étranger. Je pense ici, sans ordre particulier, à Raskal qui le premier a décroché son téléphone pour me proposer de participer à l’aventure Metal Integral, Ben, Nico et toute l’équipe du même webzine, Roger Wessier (Where The Promo Is, présent dès mes débuts) et Fabienne, Angie Blackson (NRV promo), Sabrina Cohen-Aiello et Mehdi El-Jai (Verygroup) et toute leur équipe – dont des stagiaires toujours impliqués et à l’écoute – Elodie Briffard (Ellie promotion), Alexandre Saba (M&O music label), les équipes de Klonosphère , At(h)ome,  Andrea Tochtenhagen (Bob Media, Echozone/Fastball music en Allemagne), Mike de Coene (Hard life promotion aux Pays Bas),  AEG France, Live Nation France, GDP, Ephelide (Nathalie Ridar et toute son équipe, qui, sans aucun contact antérieur m’ont accueilli le plus simplement et naturellement du monde sur les Eurokéennes en 2025 me permettant de, enfin, pouvoir immortaliser Iron Maiden, un autre objectif atteint !), toutes ces personnes qui m’ont permis de shooter la plupart de mes groupes favoris et bien d’autres, et tous ceux que j’oublie. Ou pas.

C’est aussi, et surtout, grâce à toi, à vous, lectrices et lecteurs qui avez apprécié et partagé ces moments avec moi. Je suis fier de ce que nous avons pu faire ensemble, fier que Metal-Eyes ait vu croitre son lectorat dans des proportions que je n’imaginais pas : ces deux ou trois dernières années, ce sont 30 à 35.000 lecteurs qui se connectent chaque mois ! La première fois que j’ai vu un nombre à cinq chiffres, j’ai cru qu’un robot augmentait les clics. Puis les jours ont passé, confirmant, mois après mois, cette tendance à la hausse jusqu’à cumuler pour le seul mois de juin 2026 plus de 50.000 lecteurs !

Mais toute bonne chose ayant une fin, Metal-Eyes n’apparaitra plus sur vos écrans d’ici fin août 2026.

Alors, une nouvelle fois, une dernière fois sans doute : merci à chacune et chacun d’avoir partagé cette aventure. Il est maintenant simplement temps de vous dire adieu. Je reste joignable si besoin ou envie à l’adresse metalmp@metal-eyes.com tant que le webzine existe. Et puis, je conserverai le réseau des anciens, ma page FB via laquelle nous pourrons échanger. Une page se tourne, une nouvelle reste à écrire.

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