HELLFEST 19: Tales from the pit – report des 18 et 19 juin 2026

La France est sous un dôme de chaleur, pourtant, ce n’est encore pas grand chose… N’empêche, en arrivant sur le site de cette 19ème édition, après 3 bons kilomètres de marche depuis le parking de Gétigné (pourquoi ne pas proposer, de ce côté également, une navette entre le site et les parkings ?), l’accès au site est fluide. On le sait, le public est accueilli par une gigantesque statue d’Ozzy avant de pénétrer en terres (mal)sainte. Mais avant (était-ce déjà le cas en 2025? Je n’en sais rien car Metal-Eyes était absent), le parcours d’accès a été entièrement repensé facilitant la circulation piétonne et les festivaliers sont baptisés dès leur arrivée grâce à deux gigantesques brumisateurs extérieurs situés de part et d’autre d’un petit pont. Exit les barricades métalliques rouillées qui bouchaient naguère la vue.

Le site a ouvert à 14h et, déjà, la queue s’étire au niveau du Sanctuary, l’énorme bâtiment où le merch du Hellfest part par containers entiers. On parle ici d’une attente de quelques heures, en plain cagnard, interminable. Même les PMR/PSH, malgré un accès dédié, se trouvent logés à la même enseigne. C’est incontestablement un point à revoir – améliorer l’accès et diminuer grandement les temps d’attente au merch – d’autant plus avec les annonces déjà faites pour 2027… Et ça permettrait aussi de pouvoir voir plus de concerts, raison principale de la venue des festivaliers.

La fourmilière Hellfest vue d’en haut

Autre constat, très positif, celui-ci: les crash des mainstages ont été prolongées donnant un accès facilité aux photographes (clairement moins nombreux, on parle de 300, soit 25% de moins que les années précédentes) – et leur offrant un espace ombragé dès le milieu d’après midi. Et vu les temps d’attente et les kilomètres parcourus, c’est très agréable.

Jeudi 18 juin

C’est une journée écourtée qui s’annonce. Même un festival écourté en ce qui me concerne puisque, pour des raisons personnelles, je n’ai pu assister qu’aux deux premières journée de ce 19ème Hellfest. Après coup, je me dis que deux jours supplémentaires de canicule auraient été difficilement supportable. Pas de regrets de mon côté, donc, la santé prime.

Avant d’aller sur le site, un premier tour à l’espace presse me permet de constater que l’équipe a une nouvelle fois évolué et que, enfin, les lieux sont un peu climatisés, ce qui rendra les rencontres quelque peu plus agréables. Parmi celle-ci, je retrouve, sans surprise, l’ami Busi (Marc Busqué) accompagné de Julian Baz, respectivement guitariste et chanteur de Crisix qui viendront de nouveau enflammer le Hellfest samedi à 16h. Nous échangeons quelques mots, le temps d’apprendre que les Espagnols travaillent sur un nouvel Ep, format qui leur est sans doute plus adaptés qu’un album complet. Nous nous recroiserons à plusieurs reprises tout au long de ces deux journées.

J’ai toujours bien aimé la folie des Suédois de TruckFighters, alors commençons par la scène la plus éloignée du site. Direction Valley pour une entrée en matière explosive. Bien que quelque peu coincé derrière son micro, le bassiste chanteur Ozo ne se fait pas prier pour aller taquiner le public dès qu’il le peu. Mais c’est, comme souvent, son compère Dango qui saute et court en arpentant la scène et ses abords qui attire les regards. Avec leur heavy stoner et grungy, le trio ouvre le bal avec énergie.

TruckFighters @Hellfest 19, Clisson
Mikkey Dee & friends @Hellfest 19, Clisson

Direction ensuite la Mainstage 2 pour une première déception… Mikkey Dee and Friends (le bassiste chanteur Viktor Skatt armé de sa Rickenbaker et le guitariste William Dickborn) sont venu rendre hommage à la légende Motörhead avec un set de reprises toutes périodes confondues. Bien interprétés, ces versions n’ont cependant et heureusement rien de comparable aux titres originaux mais ont le mérite de faire un bien fou. Mais voilà, cette scène est si haute qu’il est impossible pour les premiers rangs – plus encore pour les photographes – de distinguer le kit de batterie et de pouvoir immortaliser comme il se devrait l’actuel batteur de Scorpions… Autant dire que la suite des concerts sur cette même scène sera compliquée sauf avec certains artistes.

Mikkey Dee & friends @Hellfest 19, Clisson

The Pretty Reckless qui a débuté son set sur la Main 2 a déjà ouvert à deux reprises pour AC/DC. Cependant, je ne me suis jamais penché sur la musique de ce groupe menée par Taylor Momsen que les amateurs de séries TV et cinéphiles connaissent pour ses rôles dans Gossip girl, The Grinch, We were soldiers… La chanteuse s’est investie dans la musique, combattant ainsi ses démons, et sa voix suave, puissante et chaleureuse colle parfaitement au heavy blues gorgé de soul de la formation. une très belle découverte.

The Pretty Reckless @Hellfest 19, Clisson

Un petit tour sous Temple pour jeter un oeil et une oreille aux black metalleux anglais de Wynterfilleth dont les musiciens se montre concentrés. Ce style n’est toujours pas mon type de metal mais en live, ça décrasse les tympans comme il faut.

Winterfylleth @Hellfest 19, Clisson

Le temps d’une première mini pause fraicheur à l’espace presse (enfin climatisé) où je croise Mikkey Dee et échange quelques mots avec lui et c’est reparti pour la Main2 avec un détour sous Altar. Les Américains de Rivers Of Nihil y déversent leur Death metal aux intonations parfois progressive. Un death metal qui se distingue, entre autres, par les interventions régulières d’un instrument peu usité dans le genre: le saxophone de Patrick Corona qui apporte une touche étonnante au genre.

Rivers Of Nihil @Hellfest 19, Clisson

C’est le genre de groupe dont on se dit à chaque fois que c’est peut-être la dernière… Deep Purple investi tranquillement la mainstage 2 et, une nouvelle fois, on distingue difficilement les musiciens sauf en s’éloignant. Si Ian Gillan, dont les soucis de santé annoncés justifient un peu plus la possible retraite de DP, et Roger Glover s’approchent un peu des bords de scène, il faut être attentif pour capturer Simon McBride, désormais totalement intégré à la formation, qui ne se rapproche que le temps de ses interventions solo. Mais Ian Paice reste invisible et l’on ne distingue qu’un bout de visage de Don Airey… Le set est carré, et si les classiques sont naturellement présents (principalement issus de Machine head et In rock), on a plaisir à écouter des titres plus récents (Arrogant boy, A bit on the side, Diablo). Mais le public attend naturellement les Lazy, Space Truckin’ ou Smoke on the water (plus que les solos de guitare et de clavier qui, pour moi, en festival, sont une forme de remplissage mais qui permettent au chanteur de souffler un peu.) Une jolie prestation d’un groupe phare.

Deep Purple @Hellfest 19, Clisson

Après une virée dans la grande roue – ce que je n’ai pas fait depuis mon premier HF en 2014 – et qui me permet de revoir le site de (très) haut, et shooter Lemmy sous un autre angle, direction Sanctuary où la file d’attente semble s’être raccourcie mais surtout une file qui avance tranquillement sous une chaleur un peu moins forte. Mais cette attente me fait rater la prestation d’Alice Cooper dont on distingue quelques extraits appétissants diffusés sur les écrans géants. Après la séance shoping, retour à l’espace presse pour un rafraichissement avant d’aller assister à l’hommage à Ozzy prévu à 23h30. Celui-ci débute avec la diffusion d’images du madman à différentes époques de sa carrière avant de se conclure par le premier feu d’artifice du week end. Cinq minutes de lumières explosives sur fond de Bark at the moon avec un bouquet final comme le Hellfest sait nous en réserver. Et, après coup, on savoure encore plus le moment, le feu d’artifice final ayant été annulé par la préfecture dès le lendemain, samedi, à cause des températures qui ne cessent d’augmenter.

La journée se termine avec les Allemands de Kadavar dont les set esfumé se joue à contre jour. Un effet de style regrettable qui n’empêche pas le quatuor de se dépenser au mieux et de poser comme toujours en diffusant son heavy rock old school à un auditoire dont les yeux commencent à faiblir. La chaleur est encore bien présente et le public commence à quitter les lieux pour mieux se préparer à un lendemain qui s’annonce aussi chaud.

Kadavar @Hellfest 19, Clisson
Lemmy by night

Vendredi 19 juin

Cette seconde journée est clairement la plus heavy metal de cette édition. On commence avec a Mainstage 1, seulement vue du public hier, et clairement, celle-ci est plus visuellement accessible que sa voisine. Pour débuter, les Français de Blackrain mettent clairement le feu dès leur arrivée sur scène. Swan est très en voix, et Jérémie Guiguet, le « petit dernier » arrivé en 2023, semble trouver ses marques assez facilement. Dernier rescapé de la formation d’origine avec le chanteur, Matt, le bassiste, se démène comme un beau diable derrière ces murs de flammes qui transforment déjà la fosse en antichambre de l’enfer. Une petite demi-heure qu’on aurait voulu voir allonger. Avec tant d’énergie, on peut se demander quand – si – Blackrain passera enfin au stade supérieur.

Blackrain @Hellfest 19, Clisson

Très en vogue depuis quelques temps, Wings Of Steel s’offre son premier Hellfest face à un public assez dense. Eux aussi ne bénéficie que de trente petites minutes et n’en perdent pas une seule. Leur heavy metal très orienté 80’s passe très bien sur scène et si l’on peut sourire aux poses typiques de l’époque de Leo Unnermark (chant) et, surtout, du guitariste Parker Halub – des poses que ne renieraient pas Steel Panther – on est vite happés par la puissance des titres du jour. Clairement, WOS renforce sa réputation et, certainement, sera une des valeurs sures de demain.

Wings Of Steel @Hellfest 19, Clisson

Un petit tour sous la Main 2 pour tenter d’apercevoir les guerriers suédois de Brothers Of Metal. Le metal épique/power metal du combo a ses fans qui se tassent devant la scène ou défilent les trois chanteurs de la formation. La musique festive et entrainante fait son effet et l’on danse avec plaisir malgré les températures qui commencent à bien monter. Une prestation efficace et plus que sympathique.

Brothers Of Metal @Hellfest 19, Clisson

Décidément très actifs depuis leur retour, les Français de Sortilège sont invités en terre clissonnaise pour la seconde fois. Cette fois-ci, cependant, le groupe a du nouveau matériel à proposer puis que Zouille et sa bande ont enregistré deux albums depuis leur première venue en 2022. C’est aujourd’hui, pour ceux qui n’ont pas vu le groupe en ouverture de Saxon il y a un peu plus d’un mois (Toulouse, Nantes et Paris) de découvrir Michael Zurita, remplaçant du plus que sympathique Bruno Ramos. Le gaillard est expérimenté (Big Ben, les divers projets de Renaud Hantson) et est aujourd’hui clairement intégré. La complicité avec les autres musiciens (Zouille au chant, Olivier Spitzer à la guitare, Sébastien Bonnet en grande forme à la basse et Clément Rouxel déchainé à la batterie) semble aujourd’hui évidente, Sortilège délivrant un set puissant et carré.

Sortilège @Hellfest 19, Clisson

Direction l’espace média pour une pause fraicheur avec une halte sous Temple où je découvre avec curiosité les Italiens de Ponte Del Diavolo. La formation transalpine est menée par Erba Del Diavolo qui arpente la scène tranquillement, toisant le public comme une maitresse d’école au regard transperçant et inquiétant (ou une maitresse SM satisfaite de ses pratiques, au choix). Les accents black, s’ils dominent, sont contrebalancés par des fulgurances doom et hardcore, mais la particularité principale est la présence de deux bassistes créant ainsi un mur sonore ultra puissant.

Ponte de Diavolo @Hellfest 19, Clisson

S’il reste un de mes groupes de chevet, Queensrÿche n’a plus grand chose en commun avec le gigantesque line up des années de gloire. Après une tournée célébrant le mythique premier album l’an dernier, la formation toujours menée par Michael Wilton (guitare) et Eddie Jackson (basse) propose un set principalement axé autour des premières années du groupe – plus encore autour de Operation: Mindcrime dont sont issus 4 titres, comme pour court-circuiter l’ex-chanteur, Geoff Tate, qui vient de publier un troisième volet à la saga. Si Todd La Torre est toujours vocalement irréprochable, on le sent un peu en mode automatique. Mike Stone, quant à lui, semble malade – pâle, édenté, il n’a pas l’air en forme même s’il donne le change. Le plaisir de pouvoir réentendre ces morceaux intemporels est contre balancé par une prestation moyennement convaincante. Dommage…

Queensrÿche @Hellfest 19, Clisson

On se rattrape avec une autre découverte, les Norvégiens de Einherjer qui dispensent leur black viking metal sous Temple. C’est enragé, puissant, le public présent est connaisseur, mais ce n’est clairement pas mon style.

Einherjer @Hellfest 19, Clisson

Mini pause avant d’aller chez la voisine Altar pour la première venue de Sinasaenum au Hellfest. La formation death groovy internationale propose ici un set digne de sa musique, agrémenté de quelques passage plus léger avec les interventions du toujours sympathique Fred Leclercq (ex-Dragon Force, actuel Kreator) qui se démène sur sa six cordes et rappelle que cette première venue est son plus beau cadeau d’anniversaire. L’aura-t-il, cette année, célébré avec une raclette? En tout cas, si dégoulinade il y a, c’est de transpiration tant le public est à fond!

Sinsaenum @Hellfest 19, Clisson
Bloodywood @Hellfest 19, Clisson

Bien qu’évoluant sur la main 2, impossible de ne pas aller voir Bloodywood que j’avais découvert en 2023 en ces mêmes lieux. Pendant 45′, les Indiens vont délivrer la plus puissante et féroce prestation de ce début de week end. Leur metal folklorique teinté de sonorités indiennes et de rap agressif fait immédiatement mouche, le public slammant à ne plus savoir où la sécurité doit donner de la tête. Les musiciens viennent tous, à l’exception du batteur, s’aligner en front de scène et harangue le public qui est déjà à fond. Un set imparable d’une remarquable puissance.

Bloodywood @Hellfest 19, Clisson

Si Accept n’a plus d’Accept que Wolf Hoffmann, son guitariste fondateur, et, éventuellement, l’excellent chanteur Mark Tornillo, la formation célèbre, comme d’autres – punaise, on ne rajeuni pas… – ses 50 ans d’existence en proposant une setlist varié. Débutant avec la déclaration Metal heart qui, comme toujours voit le public chanter en choeur le passage extrait de la Lettre à Élise, les Germano-américains enfoncent leur déclaration d’intention avec Teutonic terror; Si le groupe est difficilement reconnaissable, on apprécie cependant les deux duos – Todd La Torr intervient sur Run if you can et, plus tard, Fredrik Åkesson (Opeth) viendra enrager plus encore les cordes de Fast as a shark. J’aurai, là encore, eu l’occasion de voir Accept en meilleure forme – sans doute le fait de ne pas vraiment reconnaitre le groupe d’origine ni même celui de la reformation – mais on se délecte de ces classique du heavy metal teuton.

Accept @Hellfest 19, Clisson

Quand bien même ils célèbrent leur 40 ans d’existence, je rate – je ne sais plus pour quelle raison – le set de Sepultura qui semble délivrer un set puissant. Le thrash tribal et furieux du groupe continue de faire mouche, les messages engagés, la puissance de feu et les featuring (Alicia White-Gulz de retour est accompagné de musiciens variés sur Kaiowas) font mouche tout au long de ce set.

Mais on attend les autres Allemands du jour qui, eux aussi, célèbre quatre décénnies au service du metal enjoué. Avec cinq extraits, Helloween axe son set autour du second volet de Keeper of the seven keys et, exception faite de deux morceaux issu de son dernier album, autour de l’épopée Keeper (si l’on y intègre Time of the oath. On sent le groupe désormais unis, avec une vraie complicité – de façade? on reste très pro chez les Allemands – entre les deux vocalistes principaux, Michael Kiske et Andi Deris qui joutent sur chaque morceau en se répartissant les rôles. Un concert de Helloween est toujours une fête et celui -ci ne déroge pas à la règle.

Helloween @Hellfest 19, Clisson

Je passe sur Opeth avec qui je n’ai jamais vraiment accroché pour une pause restauration avant de tenter de me rapprocher pour voir une nouvelle fois Iron Maiden. Las, la foule est si dense qu’on se demande s’il y a du monde devant les autres scènes… C’est qu’un groupe qui célèbre depuis un peu plus d’un an son cinquantième anniversaire et qui est en meilleure forme que jamais a tout pour attirer les plus grandes foules. J’aurai voulu pouvoir les photographier au Hellfest mais ça ne se fera pas… Tant pis, profitons comme on peut du spectacle qui ressemble en tout point à celui proposé l’an dernier, exception faite de Infinite dreams qui prend la place de The clairvoyant jouée en 2025. Pour le reste, pas de surprise et, même si le groupe est en pleine forme, j’ai l’impression que Steve Haris, Bruce Dickinson – qui continue de sauter et de courir partout – et consorts sont quelque peu en mode « répétition pour le grand soir », la vierge de fer ayant annoncé que son concert de Paris, trois jours plus tard, sera enregistré et filmé. Il n’empêche, Iron Maiden délivre un show toujours aussi haut en couleurs, même si je ne le distingue plus que je ne le vois. Je me rattraperai lundi, avec la surprise que l’on connait désormais.

Le photographes se ruent à contre courant vers les crash pour le set de Sabaton. l’agent de sécurité, visiblement pas informé des consignes, nous annoncent que seuls les photographes figurant sur la liste de Maiden sont acceptés… Connaissant Sabaton et la liberté accordée aux médias, nous sommes quelques uns à être surpris, mais tout rentre rapidement dans l’ordre. Sauf que… Comme à son habitude, c’est un déluge de feu et d’explosions que le groupe de Joackim Broden nous offre. Ca flambe tant et si bien qu’il est quasiment impossible de voir les musiciens s’approcher suffisamment pour en tirer le portrait. La batterie est installée sur un tank qui semble plus gigantesque encore que celui de Nancy deux semaines plus tôt et, clairement, il vaut mieux assister à cette fête de loin. Car c’est dans le public qu’on en profite vraiment le mieux. La setlist composée de titres joyeux et entrainant est d’une remarquable efficacité, et on retrouve les gimmicks de la tournée actuelle: Napoleon qui vient faire son speech, incitant la foule à chanter la Marseillaise, introduisant I, emporor, le masque à gaz sur The attack of the dead men… Sabaton donne une nouvelle fois une prestation solide et s’impose, concert après concert comme une vraie machine de guerre. On remarquera le clin d’oeil qui donne sans doute la pêche aux Suédois: déjà en 2014, lors de sa seconde venue au Hellfest, Sabaton jouait après Iron Maiden. Une boucle est bouclée?

Sabaton @Hellfest 19, Clisson

Ce sera là mon dernier concert de ce Hellfest, et, comme dit plus haut, sans regrets à l’écoute des info météo de la fin du week end. La France est sous une chappe de chaleur et j’imagine l’enfer que devait être Clisson. J’aurai en tout cas profité de ces deux jours autant que possible, déplorant seulement cette interminable attente pour accéder à Sanctuary. On nous annonce maintenant une vingtième édition complètement hors norme, avec 10 scènes et 300 groupes. On verra ce que ça donne, pour l’heure, sirotons tranquillement ces moments passés lors de cette nouvelle très belle édition du Hellfest.

Lemmy vu de la grande roue

Heavy week end : report du dimanche 7 juin 2026

A l’annonce de cette troisième journée, j’ai eu comme une hésitation… De cette affiche, je ne suis familier qu’avec nos compatriotes de Shaârghot, n’ai que brièvement entendu parler de Ice Nine Kills mais n’ai jamais écouté un seul morceau des deux autres formations… C’est aussi là la magie d’un festival qui permet de découvrir, et d’apprécier ou non, des formations inconnues. Cette troisième journée va finalement se révéler riche de découvertes.

Avant même l’arrivée des indus frenchies de Shaârghot sur scène, l’ambiance est à la fête. Dans le public, quelqu’un tend un sac qui fait réagir les premiers rangs qui se mettent à hurler de très joyeux « Pikachu! Pikachu! » avant que n’apparaissent d’abord une bouée licorne entrainant des « la licorne! la licorne » et un dragon noir avec une série de « Krokmou! Krokmou! » tandis que, dans le pit, une sorte de grinch vient frotter sa main enduite de noir les visages des premiers rangs. L’ambiance est, comme la journée, chaude avant même le premier riff!

Shaârghot @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Je n’ai encore jamais eu l’opportunité d’assister à un concert de Shaârghot. Et je ne serai pas déçu du voyage. Car, si je connais le concept – l’humanité a été infectée par un virus transformant les gens en noir – le groupe s’impose rapidement comme une machine de guerre au show exceptionnel.

Shaârghot @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Le Shaârghot – Etienne dans le civil – et sa bande nous invitent dans un monde post apocalyptique peuplés de créatures aussi horrifiques qu’étranges qui s’en prennent à tout ce qui bouge. Qu’on connaisse et/ou qu’on apprécie ou non la musique de la formation, on a ici à faire à une prestation de stature internationale.

Shaârghot @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Tout est pensé ici pour le spectacle et Shaârghot nous propose un show que ne renieraient pas les entertainers américains. Un Rammstein français qui mérite qu’une bonne fée (infectée ou non) se penche sur le destin de la formation qui s’impose rapidement comme celle donnant – jusque là – le meilleur show du week end.

Shaârghot @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Nous ne rentrerons pas ici dans le détail des titres, mais la mise en scène, avec critique du grand capital, mise en garde des dérives sanitaires de l’humanité, de la violence rampante de la société, l’ensemble des détails visuels (les dents vertes des musiciens, la langue noire d’Etienne, les billets de banque qui affole le public qui veut en récupérer…) tout ici est pensé pour le plaisir des yeux. Clairement, Shaârghot présente un show de stature internationale et on peut se demander ce qui l’empêche d’exploser chez nous et hors de nos frontières… Exceptionnel!

Shaârghot @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Aucun photographe n’est autorisé à shooter le spectacle des Américains de Ice Nine Kills. Dommage, le spectacle du groupe étant centré sur les tueurs en série dont ils racontent l’histoire. Pas un titre n’est interprété sans qu’il y ait au minimum un mort, un cadavre dépecé, tiré d’histoires vraies ou de personnages fictifs – on a droit au Joker de Batman et à Norman Bates parmi d’autres. C’est mis en scène titre par titre mais, au final, on en retient pas grand chose.

On en profite pour continuer la chasse au gobelet du jour, GDP ayant eu la bonne idée d’en faire pour chaque journée mais on ne les trouve que difficilement, les bars du site ne proposant que ceux d’éditions passées… Un conseil pour les futures éditions: aller voir les bars qui dominent le site!

Three Days Grace @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Présenté comme un groupe « post grunge », Three Days Grace se révèle plus rock alternatif que simplement grunge. Le public est bien présent et accompagne les Canadiens tout au long des 75′ du set, et donne beaucoup plus de travail à la sécu que l’on ne pouvait le prévoir. L’ambiance chaude du début de journée ne s’est pas rafraichie du tout!

Three Days Grace @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

L’imposant guitariste Barry Stock distribue des médiators comme des bonbons à un public qui ne demande que ça tandis que le duo de chanteurs arpente la scène, toisant et narguant la foule qui slamme à n’en plus finir.

Three Days Grace @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Proposant une majorité de titres issus de son album One-X de 2006 (contre seulement 3 de Alienation, son dernier en date paru en 2025), la formation se met tranquillement le public dans la poche. Adam Gontier prend quelques instants pour résumer l’histoire du groupe, rappelant qu’il l’a quitté quelque temps. Le public le siffle à ce moment, ce qu’il accepte avant de repartir sur de bon rails pour terminer ce concert haut en couleurs et apprécié de la foule.

Three Days Grace @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

La soirée arrive à son terme avec la venue des Allemands de Electric Callboy qui, en un rien de temps, transforme la fosse du Nancy Open Air en gigantesque dance floor! Vétus de tenues dignes de boys-band, agissant de même avec le public et se mouvant comme tels, les Boys sont carrés et proposent un show très haut en couleurs.

Electric Callboy @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Dès le premier titre, les confettis rougissent le ciel, avant que les fumigènes et les flammes ne prennent la suite. Le groupe, également doté de deux chanteurs, change de tenues si souvent qu’on ne peut qu’admirer la vitesse à laquelle ils reviennent et alternent entre musique dance et brutalité metalcore.

Electric Callboy @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Si on peut s’étonner d’une telle clôture pour un festival metal – j’entends certains commentaires dépités du public qui repart avant la fin jurant qu’on ne l’y reprendra plus, que ça, pour un festival dit metal, ça n’a rien à faire là… (bon, vous n’aviez qu’à vous renseigner avant, non?) – on ne peut également qu’applaudir la prise de risque et la fête généralisée. Car ce sont des milliers de corps qui se trémoussent, les bras en l’air, dans une transe généralisée rarement vue.

Electric Callboy @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Pour sa troisième édition, si l’on déplore la trop faible affluence, le Heavy Week End a une nouvelle fois marqué les esprits avec des spectacles de haute volée et de très grande qualité. GDP l’a déjà annoncé: il y aura une quatrième édition de ce festival qui veut s’installer dans la durée, et ce sera du 4 au 6 juin 2027. Espérons simplement que le producteur ne tarde pas à annoncer l’affiche et ne mette pas les places en vente à la manière d’un autre festival sans qu’aucun groupe ne soit annoncé. Ca évitera nombre de critiques saillantes sur les réseaux. Il faudra aussi penser à mettre à disposition de plus nombreux points d’eau pour le public, c’est impératif. En tout cas, rendez-vous est pris dans un an!

Electric Callboy @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Remerciements à GDP et Replica promotion pour avoir rendu ce report possible.

HEAVY WEEK END: Report du samedi 6 juin

Le temps est toujours frais lorsque débute cette seconde journée avec une affiche placée sous le signe de la brutalité, à une exception près qui ouvre la journée, la plus remplie du festival avec 14.000 entrées, principalement venues assister à la seule date française de la fierté nationale, Gojira. Mais commençons par le début.

Ce sont les filles de Nova Twins, Amy Love (chant et guitare) et Georgia South (basse) (plus leur batteur) qui montent sur scène pour réchauffer le public. Si l’on peut s’étonner de la présence des Anglaises sur cette affiche, leur musique étant plus groovy et funky que ce qui suit, les « jumelles » mettent rapidement le feu avec leur sens de la fête et leurs tenues toujours aussi décalées comme seuls les British savent en porter.

Nova Twins @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Si les amateurs profitent pleinement des quarante minutes du show, certains découvrent la puissance de ce heavy funk entrainant et joyeux. Le public est séduit, et l’on s’amuse lorsqu’on entend Amy dire, après avoir repéré un carton qui l’annonce « oh, happy birthday » à une jeune femme présente les trois jours avec le même carton crayonné…

Nova Twins @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Si Amy Love lache de temps à autre sa guitare, c’est pour mieux arpenter la scène au simple son d’une rythmique énergique menée par la basse vrombissante et déterminée de Georgia dont l’imposante chevelure rouge est du plus bel effet en mouvement. Aujourd’hui encore, malgré un temps de jeu limité, Nova Twins aura marqué des points.

Nova Twins @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

On passe ensuite au premier gros morceau de la journée avec Cavalera. Les frères Max (chant et guitare) et Igor (batterie) ne pouvant plus utiliser le nom du groupe qu’ils ont pourtant fondé ont choisi de rendre hommage au légendaire album Chaos A.D de Sepultura en l’interprétant dans sa quasi intégralité – seuls Manifest et The hunt, reprise de New Model Army, manquent à l’appel, mais les frangins nous offrent un déterminé Symptom of the universe de Black Sabbath, comme un hommage à Ozzy.

Cavalera Chaos AD @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Mais on sent que quelque chose ne va pas… Max fait des signes à son équipe et interpelle un ingé son car, semble-t-il, il n’entends pas ses retours. Il demande même au public « comment ont dit j’entends rien (ou un truc du genre) en français? » tout en regardant le technicien, lui désignant son enceinte…

Cavalera Chaos AD @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Le show continue cependant, l’explosif bassiste sautant en tout sens et le second guitariste s’arrachant la nuque lors de séances de headbanging déterminées. Le public amateur sait qu’il ne pourra sans doute jamais revoir le Sepultura originel se reformer alors il profite de chaque instants de ce concert plus qu’intense.

Cavalera Chaos AD @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Avec Trivium, on sait aussi à quoi s’attendre: du thrash metal parfois teinté de metalcore sur fond de flammes et de…langue tirée plus qu’à son tour. Avant même le début du concert, les photographes sont, pour leur propre sécurité, encadrés par l’équipe du groupe le temps que la pyro passe. A peine arrivé sur scène, Matt Heafy incite le public a entamer un circle pit et dès Pull harder on the strings of your martyr, premier des quatre extraits de Ascendency (2004). Et ça flambe dans tous les sens presque sans relâche, formant un véritable mur de feu.

Trivium @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Passant en revue leur déjà riche discographie, Matt Heafy et sa bande semblent toutefois parfois en mode automatique et le spectacle se déplace très rapidement dans le public qui slamme à n’en plus pouvoir. Ca n’arrête pas au point que, avant même la fin du troisième titre, la sécu raccompagne les photographes pour avoir plus d’espace.

Trivium @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Au gré des morceaux, Trivium se retrouve et propose enfin une prestation intense. On aurait certes apprécié une ou deux nouveautés, mais, malgré l’annonce pour fin 2026/début 2027 d’un nouvel album, il n’en sera rien… Dommage, on se contente donc des classiques des Américains qui terminent avec In waves qui fini d’achever le public.

Trivium @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

On le sait, Gojira a réservé ce soir son unique date française pour 2026. Une exclu qui, bien que le Zénith soit très correctement rempli, aurait pu, aurait dû attirer plus que « seulement » 14.000 spectateurs. Mais ne boudons pas notre plaisir et profitons de show très visuel que nous proposent les Landais. (Note de MP: profitons en d’autant plus que, ce soir, seuls 20 photographes sont autorisés à immortaliser le concert (qui, comme l’an dernier avec Slipknot, a vu ces dernier se multiplier pour cette seule journée…) Dommage, Metal-Eyes ne fait pas partie des élus, mais c’est aussi le jeu)

La scénographie, ce soir, est ce qui m’impressionne le plus. Certes, les musiciens sont en place, mais c’est l’originalité de cette scène en fer à cheval et de la mise en lumières qui transforme ce concert en un pur bonheur visuel. Au delà des seuls éclairages, l’écran de fond de scène permet d’illustrer les propos – toujours engagés en écologie – des divers titres proposés.

A l’issue de l’incontournable Flying whales, Joe Duplantier explique avoir assisté, avec le reste du groupe, sur les cotés de la scène au show des frangins Cavalera, et n’arrive pas à croire que, ce soir, alors que Sepultura l’a accompagné, ainsi que son frère, dans leur adolescence avec Sepultura, Max et Igor aient joué avant Gojira. Il leur dédie même un « nouveau » titre, Love (qui remonte en réalité à terra incognita, leur tout premier album en 2001).

On s’amuse ensuite du – superbe – solo de batterie pendant lequel Mario s’amuse avec le public. Au milieu de son set, alors qu’il harangue la foule, il se lève, un panneau à la main sur lequel est écrit « J’entends rien », ce qui, naturellement, galvanise la foule avant qu’un autre panneau ne lui soit présenté avec un simple « bravo ». On peut être au top niveau et conserver un peu de second, voire troisième, degré.

La pyro, les flammes et la fumée continuent de faire leur ouvrage tout au long des derniers morceaux et, après une courte pause, Gojira revient pour le désormais « classique » Mea culpa (ah, ça ira!) qui a donné à Gojira une exposition planétaire lors de la cérémonie d’ouverture des JO de 2024, mais c’est sans la présence de la cantatrice Marina Viotti. The gift of guilt vient conclure, ce soir à 23h30 pétante, ce show d’une remarquable intensité. Rendez-vous demain pour une troisième journée placée sous un autre thème!

HEAVY WEEK END: une troisième édition enflammée! – report du vendredi 5 juin 2026

Nous voici reparti une nouvelle fois vers Nancy et son Zénith Open Air qui accueille pour sa troisième édition le Heavy Week-End. Douze nouveaux groupes sur trois jours pour une affiche variée et riche. Ce rendez-vous annuel semble désormais confirmé sur le premier week-end du mois de juin – commençons d’ailleurs par la fin, une nouvelle édition est annoncée dimanche soir du 4 au 6 juin 2027.

Les chiffres annoncés sont une nouvelle fois en demi teinte. Difficile de comprendre, avec son statut actuel, et alors que le festival ne débute qu’à 17h30, que seuls 8.000 spectateurs soient présents le vendredi pour soutenir la machine de guerre qu’est Sabaton. Sans Surprise, c’est Gojira qui attire le plus de monde, le samedi, avec 14.000 spectateurs, les Allemands de Electric Callboy auront une petite foule de 12.000 personnes. Il semble que le public d’outre Rhin se soit quelque peu et tardivement mobilisé. Mais on ne peut que déplorer cette affluence en demi-teinte et se demander combien de temps encore GDP pourra tenir, malgré des affiches plus qu’alléchantes. Et, avec seulement une scène et 12 groupes, non seulement le public peut véritablement profiter de chaque concert mais, aussi, surtout, il y a moins de risque de retrouver tous les 3 ou 4 ans les mêmes groupes à l’affiche. Nous verrons ce qu’il en est, alors, en attendant, profitons de ces trois jours bien frais avec trois affiches bien différentes.

Deux remarques cependant: pourquoi, alors que la jauge reste limitée, ne pas proposer un stand de signing session pour l’année prochaine? Mais surtout, c’est le point noir de cette édition, il n’y a aucun point d’eau potable disponible sur le site. Ou alors très peu et difficiles à trouver. « Heureusement » qu’il n’a pas fait trop chaud, mais c’est une nécessité de penser à installer des points d’eau accessibles à tous les prochaines années. Ceci étant dit, passons maintenant aux festivités, voulez-vous?

Vendredi 5 juin

Il ne faut que 4h30 pour arriver d’Orléans à Nancy. Une fois installé à l’hôtel, ce ne sont que 10′ à pieds pour rallier le site du Nancy Open Air. Impossible pour certains de rater cette première journée, placée sous le signe du Power metal et du heavy progressif avec des noms de légende. Sur place, on circule en effet très facilement, mais il est encore tôt. La scène est, quant à elle, déjà très encombrée. Très haut, trône une batterie cachée par un voile noir et, sur scène, on distingue ce qui ressemblent aux murs et grille d’un cimetière. Devant des panneaux colorés avec la mention « The dead don’t die » et des pieds de micro en forme de croix de pierre tombale sur lesquelles est inscrite la mention RIP.

Dominium @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

C’est le décor de scène de Dominium qui ouvre les festivités sous un radieux soleil et va nous entrainer chez les morts vivants. Les Allemands arrivent l’un après l’autre sur scène, masque de visages écorchés vifs pour les musiciens (Victor Hilltop à la batterie, Patient Zero à la basse et Tommy Kemp à la guitare), tenue à la Dracula borgne pour le chanteur, Dr. Dead qui, très rapidement remarque une congénère et la sourit en la voyant.

Dominium @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Le power metal de la formation se mêle à des accents popisant qui rendent l’ensemble très dansant et sautillant. Disposant d’une quarantaine de minutes, le quatuor, parfaitement en place, va chercher le public et l’invite régulièrement à sauter. Il en profite également pour rappeler que, début juillet, The night is calling, le nouvel album de Dominium, sera en bacs et s’autorise même une reprise du Thriller de Michael Jackson, titre qui colle à merveille à ces zombies!

Dominium @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Quand bien même on ne puisse que faire un parallèle avec leurs compatriotes de Powerwolf (l’imagerie, le metal festif et dansant, le décorum…), Dominium s’en démarque par l’univers zombiesque qu’il investit et a « inventé » dixit non sans humour Dr. Dead avant d’ajouter qu’ils étaient là bien avant.

Dominium @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

En neuf titres, Dominium a su séduire le public présent en délivrant simplement un set enjoué et plein d’entrain. Une très agréable mise en jambes pour débuter le week end.

Dominium @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

On peut s’étonner de voir Tobias Sammet’s Avantasia ne jouer qu’une petite heure lorsqu’on connait la popularité du groupe et la durée habituelle de ses shows, près de trois fois plus long… Mais Avantasia n’est pas tête d’affiche et nous prendrons donc ce qu’il y a au menu. Ce menu, les fans le savent, c’est l’énergie folle du chanteur allemand et les nombreux duos qu’il propose avec son projet.

Avantasia @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Particulièrement en forme, Tobias arpente les allées du cimetière qui sert de décor – splendide, reconnaissons-le – tout au long de Creepshow, seul extrait de Here be dragons, dernier album en date de la « formation » avant d’être rejoint pour un premier duel vocal par Kenny Leckremo, actuel chanteur de H.E.A.T sur Reach out for the light. Dés l’arrivée du rouquin, le public laisse exploser sa joie et sait qu’il va vivre, comme souvent avec Avantasia, un grand moment.

Avantasia @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

C’est ensuite au tour de Tommy Karevic d’échanger avec Sammet. Le chanteur de Kamelot a le bonheur de partager l’incontournable Avantasia dans une version parfaite dont on ne regrette pas une seule seconde.

Avantasia @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

La venue de Bob Catley (Magnum) me surprend un peu plus même si le vétéran de 78 démontre tout au long de The story ain’t over (un message caché?) qu’il a encore du coffre et qu’il est encore très en forme.

Avantasia @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Let the storm descend on you est partagé avec deux autres grandes voix, Herbie Langhans (Sinbreed) et, surtout, le gigantesque Ronnie Atkins, déjà présent en terres nancéennes avec Pretty Maids lors de la toute première édition du HWE. C’est ensuite à la choriste Chiara Tricarico de partager Farewell, le bien nommé dernier titre en duo avant que Sammet termine seul ce concert avec la triplette Lucifer, Lost in space et le mix Sign of the cross/The seven angels. Un set malheureusement trop court mais heureusement intense et efficace. On imagine la logistique nécessaire à l’organisation d’un tel spectacle lorsque tous les intervenants du jour viennent s’aligner sur scène pour saluer le public!

Avantasia @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Elle est quand même étrange la carrière de Savatage, et la présence des américains au Heavy Week End est quelque peu événementielle. Et ça, les présents le savent, c’est une des forces de ce festival qui, année après année nous réserve des surprises et des exclusivités (le retour en France de Pretty Maids en 2024, la seule date Française de Slipknot en 2025 ou de Gojira cette année…). Si Savatage est encore trop méconnu en nos contrées, il est entrée dans la légende outre-Atlantique depuis belle lurette.

Savatage @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Avec une heure quinze de show, les Américains ont assez de temps pour explorer une bonne partie de leur discographie. Ils débutent d’ailleurs avec un très heavy diptique composé de Dead winter dead et Jesus saves avec de superbes animations de fond de scène. Zak Stevens se montre en belle forme vocale forme et se voit totalement soutenu par ses compagnons de scène.

Savatage @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Aux guitares, Chris Caffery est rentre dedans tandis qu’Al Pitrelli se montre aussi énergique que concentré. Il faut dire qu’avec The wake of Magellan Savatage entre dans un propos quelque peu plus progressif que purement heavy metal. C’est ce qui fait sa force autant que cela peut dérouter l’amateur moins avisé.

Savatage @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Les animations de fond de scène – qui toutes ou presque intègrent le logo du groupe – illustrent très joliment la majeure partie des titres – ce bateau de The wake en pleine tempête sur fond rouge sang, superbe! – mais peut parfois détourner l’attention du spectateur. Il n’empêche que l’on en prend plein les yeux et les oreilles même si Savatage n’est pas toujours d’une approche musicale facile.

Savatage @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith
Sabaton @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

La nuit arrive avec Sabaton. Si ce sont seulement 8.000 personnes qui se massent devant la scène, ces fans savent qu’avec les Suédois le spectacle est toujours garanti. La batterie domine le public, installée en haut d’un gigantesque char d’assaut lorsque – c’est parti! – une multitude d’explosions précède l’arrivée du groupe sur scène.

Sabaton @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Dès lors, on le sait, c’est du gros spectacle qui s’annonce. Sabaton nous propose du Sabaton, que dire d’autre. Le spectacle est intense, chaleureux et, toujours la contradiction de ces gars qui racontent la guerre sous toutes ses formes de violence, d’horreur et d’héroïsme, joyeux. On sent la bande de Joackim et Pär simplement heureuse d’être sur scène.

Sabaton @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Le public en prend plein les yeux et les oreilles. C’est un défilé de tubes que nous proposent les Suédois. débutant avec l’ancien Ghost division, le groupe fera la part belle à son dernier album dont il propose quatre extraits étonnamment placés au milieu du concert (la majorité des groupes démarrent avec un nouveau titre).

Sabaton @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Si on oublie l’avion de The red baron figurant ce soir en animation de fond de scène, les artifices sont nombreux et toujours bienvenus, comme ce passage répété de la figure de Napoleon qui parvient sans peine à faire chanter la Marseillaise au public, qui a déjà repéré un autre Napo dans le public, précisant que c’est son fils, échangeant avec Joackim avant de lancer, oh, surprise, I, emporor.

Sabaton @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

Le chanteur revient avec un masque à gaz et projete du gaz sur scène pour illustrer The attack of the dead men avant de proposer Hordes of Khan et Templars, très attendu. Et ce soir, pas de rappel, mais une très légère présentation des musiciens. Le chanteur faisant mine d’avoir oublié le nom de ses compagnons les présente comme « the new guy », « the old new guy », « the first guy » ou tout simplement « the drum guy ». Léger et fun, à l’image de ce groupe exceptionnel qui conclue son énorme set avec quatre classiques : Primo Victoria, Sweedish pagans (« le meilleur morceau que j’ai écrit », selon le vocaliste), The first soldier éclairé d’un joli rideau bleu-blanc-rouge.

Sabaton @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

C’est To hell and back qui achève le public, aux anges après avoir vécu un moment exceptionnel comme seul Sabaton sait en proposer. On ne se lasse pas du spectacle qui, comme toujours parait trop court; Sauf que, ce soir, le groupe a débordé de quelques 15 minutes sur l’horaire initial et c’est tant mieux! Malgré le froid – il fait à peine plus de 10° à 23h – le Heavy Week End nous a offert une superbe première journée. Vivement demain!

Sabaton @Heavy Week-End, Nancy, Le Zenith

BLITZ: Bitter me

USA, Metal indus (Fastball music, 2026)

Blitz est un mystère… Formé aux USA, à Boston plus précisément, le groupe déboule avec un album de metal indus d’une redoutable efficacité. Non content de nous entrainer dans son univers cataclysmique et son monde déchu, Blitz nous entraine également vers l’espoir d’un retour à la normale au travers deS 10 titres de ce Bitter me. Le projet est à la base celui du seul Elijah « Edge » Dennis qui se charge de tout, se faisant parfois accompagner d’Eric Leber aux claviers et à la programmation (sur Blitzkrieg, My enemy, The forsaken et Carnival) et Marco Salazar qui tient la basse sur Carnival. Si les rythmes martiaux et la froideur générale évoque avec efficacité Rammstein, on retrouve également un esprit que ne renierait pas Ministry. L’ensemble défile et s’écoute comme on lit un roman de SF – d’ailleurs, l’album nous plonge dans l’année 2066, pas si loin de nous. On tape du pied et on on secoue la tête aux rythmes de ces sons souvent hypnotiques sans jamais être trop agressif. Bitter me est un album à découvrir d’urgence!

THE ROOST: Black mountain

France, Rock alternatif (M&O, 2026)

Avec Black Mountain, les Français de The Roost nous proposent 6 titres qui alternent entre rock volontaire et pop enragée. En débutant son Ep avec le morceau titre, le groupe pose une ambiance lourde sans être oppressante pour évoluer rapidement vers des sonorités très accessibles, chantantes et dansantes. Si l’esprit général de Miss you every day ou As it seems ne laisse planer aucun doute quant aux influences des quatre (on citera au hasard QOTSA ou Nirvana), un morceau comme Wicked dreams apporte une forme de destructuration entrainante. Black mountain frôle souvent, par certaines guitares saturées, le heavy rock mais conserve prioritairement cet esprit pop sans mièvrerie, qu’on pourrait sans doute appeler de la « heavy pop ». Bien produit et chanté dans un anglais totalement maitrisé, cet Ep est à découvrir et à soutenir.

FL CREW: bisous

France, Rock (Autoproduction, 2026)

FL Crew, c’est l’équipe montée à Valenciennes par Loïc Frère qui, au travers de ce bisous, premier album autoproduit, nous offre un condensé de rock garage qui brise les chaines et les codes. Loïc expose au travers de 12 morceaux ses états d’âme, ses coups de gueule et crache sa colère. Parfois simplement rock, à d’autres moments plus grungy, à d’autres carrément punk, voire simplement aérien, le trio (Loïc aux chant, basse et guitare, Mattéo Murez à la guitare et Paul Dequeker à la batterie) explore ainsi divers horizons musicaux, tant en anglais qu’en français, accompagné d’invités sur quelques titres (Paoline Brancato sur Rose(s), Bill the dog, Baldric Auvray, Simon Pouilly et Nathan Seguin sur Parfait). Le contraste entre les morceaux est aussi tranché que ce noir et rose (qui semble d’ailleurs sur le point de remporter le prix de la couleur de l’année dans la catégorie « pochette d’albums » en France) de la couverture ou que l’apparente simplicité et je m’en foutisme de certains titres peuvent l’être avec la gravité des thèmes abordés. Le message de fond reste toutefois le liant de l’ensemble: embrasser la vie et les rencontres malgré les difficultés et embuches parsemées sur le chemin. Un rock brut et direct, sans fioritures, un rock qui défoule, tout simplement.