PVRS: Let the silence begin

Belgique, Metal (Autoproduction, 2025)

Il y a moins d’un an, début 2025, nous pouvions découvrir le metal doom et mélancolique de nos voisins belges de PVRS. Le du revient aujourd’hui avec son second album, Let the silence begin, un disque composé de dix titres. La force de Pvrs réside sans aucun doute en cette capacité à s’offrir des explorations sur divers terrains de jeu. On passe ainsi d’univers lourds et presque oppressants à des ambiances plus mélancoliques sans jamais être tristes. Pvrs navigue aussi entre ambiance doom et l’innocence gothique d’une certaine forme de new wave. Pvrs ne se laisse pas arrêter par de quelconques barrières critériées et restrictives, et ne plonge jamais dans l’obscurité, chacun de ses morceaux laissant entrevoir une lumière. Aussi brumeuse puisse-t-elle être (les thèmes abordés sont loin, très loin, d’être joyeux), elle perce avec une envie de toucher le cœur de l’auditeur.

THROUGH THE VOID: All the words

Belgique, Metalcore (Ep autoproduit, 2025)

A la croisée des chemin du metalcore et du neo metal, Through The Void revient avec All the words, un nouvel Ep, son troisième (après Aria en 2020 et Life is cancelled en 2022). Formé en Belgique en 2018, à Bruxelles, le quatuor nous présente diverses facettes de sa personnalité. Du très violent, hardcore et vindicatif (Silent cry et Wake up) au plus neo rappé (Listen et son intro narrée), en passant par la montée en puissance Break away ou le plus que direct Tar morning, les 5 titres de cet Ep évoquent aussi bien l’univers de nos Marseillais de Landmvrks que la folie douce de Linkin Park ou la rage de While She Sleeps. Un Ep brutal, à la production aussi efficace que le propos musical. Seul hic: outre les paroles et les crédits d’enregistrement, le livret ne précise en rien qui sont les musiciens auteurs de ces décharges explosives. Un disque aussi introspectif que sa pochette peut l’évoquer empli d’une sombre et inquiétante énergie libératrice.

VIRGIN PROZAC: Sinécure

Belgique, Heavy rock (M&O, 2025)

Arrivés tout droit de Belgique, Virgin Prozac déboule avec son premier album, Sinecure. Composé de huit titres, le groupe navigue entre heavy rageur et ambiances sombres et lourdes. Déjà auteur de deux Ep, Plethora (2018) et Plethora II (2020) le trio a pris son temps pour peaufiner ce premier album. Parfois proche du grunge dans l’esprit, à d’autres moments plus stoner et allumé, la formation ne se contente jamais de simplicité. Malgré quelques intonations hetfieldiennes, on se retrouve plus souvent à penser à des influences proches de Mastodon voire, dans un autre registre, de Foo Fighters. Et plus on avance dans cet album plus on se rend compte que le groupe a truffé ses compos de diverses subtilités qui donnent un arrière goût de reviens-y. Pas aussi simple que les apparences pourraient le laisser croire, Sinecure s’écoute avec facilité et nous entraine sur des terrains aussi rassurants que, parfois, bourbeux. A suivre

Séance de rattrapage: SIGNS OF ALGORITHM: Sunchaser

Belgique, Metalcore (Autoproduction 2025)

Les amateurs de metal Made in Belgium connaissent sans doute déjà Signs Of Algorithm qui sévit depuis maintenant une bonne douzaine d’années. Une période qui a permis au groupe de sortir en 2015 un premier album, New horizons yet to come, suivi un an plus tard de Harbinger. Depuis ses débuts, la formation de metalcore a donné plus de 300 concerts et participé à des festivals de renommée internationale parmi lesquels on remarque les Graspop, Metaldays ou encore Alcatrazz. La crise sanitaire a forcé Signs Of Algorithm a prendre du recul, la formation se retrouvant en 2024 pour enregistrer ce nouveau méfait. Clairement, les amateurs de chant mélodieux et raffiné passeront leur chemin, ce n’est pas le propos musical. Violence et détermination sont, quant à elles, bien présentes au rendez-vous au travers de ces 9 titres explosifs de bout en bout, exception faite d’Apotheosis, douce introduction de l’album brutalement interrompu par la rage du bien nommé Heavenless. Le « chant » guttural est souvent plus proche du black que de la colère et le groupe ne laisse guère de répit jusqu’au conclusif We all bury our sins. Un album qui ne cherche aucune finesse mais se veut direct et efficace.

REJECT THE SICKNESS: Signs of the end

Belgique, Death/Black metal (Autoproduction, 2025)

Avec un patronyme pareil – Reject The Sickness – une pochette comme celle-là et un titre d’album qui en dit long – Signs of the end – on se doute bien qu’on ne va pas avoir à faire à des enfants de choeur. Bien que les Belges de Reject The Sickness aient choisi un nom tout droit issu de la crise sanitaire, le groupe existe depuis 2008 avec l’union du hurleur enragé Guy Vercruysse et du guitariste Ruben Van Der Beken qui finalisent le line-up deux ans plus tard et publient une première démo, Slack muscles heal. 2010 marque ainsi la vrai naissance de Reject The Sickness qui célèbre aujourd’hui son 15ème anniversaire. Pour l’occasion, le groupe publie Signs of the end qui puise autant dans le hardcore enragé que dans le death/thrash, tout en lorgnant du côté du black malsain. On retrouve ici des traces de Amon Amarth ou de Hypocrisy dans des versions volontairement brutales. Le groupe (complété de Zoran Van Bellegem/guitare, Jonas Messiaen/basse et Jannick Govaert/batterie) ne met jamais le pied sur le frein mais parvient à créer des ambiances sombres et inquiétantes (pessimistes?) offrant ainsi une palette violemment variée. Brutal et efficace.

NEUROBLADE: Desert claw

Belgique, Heavy/Thrash (Autoproduction, 2025)

Tout dans ce Desert claw, premier Ep des Belges de Neuroblade, absolument tout respire le heavy old school. Issu de la réunion de membres de Enchantress (Jochen Mouton au chant) et Shocker (David Vandewalle aux guitares et autres instruments), Neuroblade voit le jour en 2023. Riff après riff, le duo ajoute du chant, une rythmique plombée et la nce véritablement son projet avec ce qui devient Desert claw. La naïveté de la pochette – très 80’s et évocatrice, hormis la tenue du lutin, d’une certaine forme d’intérêt pour Dune – peut donner une première impression mitigée. Le duo taille dans le gras dès Endless slaughter, titre aux allures quelque peu slayeriennes mais avec un chant plus haut perché « à l’ancienne ». La suite ne fait guère de place à la concession et l’oppressant In the darkness of my mind, qui porte parfaitement son nom, est le moment plus calme bien que d’une lourdeur proche du doom. Neuroblade fait partie de cette vague « old school revival » qui se fait plaisir en se foutant, espérons-le, de ce que le marché pourra lui offrir. Du plaisir brut est amplement suffisant.

WORLDS BEYOND: Rhapsody of life

Belgique, Prog metal symphonique (Autoproduction, 2025)

Formé en 2017, le groupe belge Worlds Beyond propose dès ses débuts un metal symphonique inspiré des grands noms du genre que sont Nightwish ou Evanescence. La formation propose fin 2020 un premier album, Symphony of dawn et peaufine son ouvrage jusqu’à revenir début 2025 avec Rhapsody of life. Ce second essai permet au sextet de trouver son identité sonore. Même si les influences restent évidentes, Worlds Beyond s’en détache par l’apport original de touches régulières de violon (Jakob Declercq) et des compositions très progressives dans l’âme. Le chant haut perché de Valerie De Kempe colle parfaitement au genre tandis que les guitares de Tijmen Matthys (également compositeur et producteur du combo) touchent là et comme il faut. Jamais envahissant ni inutilement démonstratif, le guitariste sait aller à l’essentiel, soutenu dans ses approches mélodiques par les claviers de Robbe Adriaens qui apporte ces ambiances progressives, aériennes et symphoniques. Enfin, la section rythmique pose les bases solides des structures de l’envoûtant Familiar skies ou du doux One with the stars. Avec Rhapsody of life, Worlds Beyond nous offre un voyage sonore varié et apaisant qui célèbre simplement la vie. Une très belle découverte à l’image de la superbe et sobre illustration de cet album (signée Elise Tack).

FAT BASTARD: Barely dressed

Belgique, Very Hard Rock (Autoproduction, 2025)

De la pochette au contenu, tout ici évoque le rock crade et direct qu’on écoute dans les bouges enfumés qui puent les relents de cendres froides et de bière tiède. Fat Bastard coche toutes ces cases, et ça tombe bien en ce qui concerne la bière, ils sont Belges! Formé en 2007, nos voisins ont déjà publié deux Ep – Feel the pain en 2013 et Junk yard fest en 2018, plus proche d’un album d’ailleurs avec ses 7 titres… Pas pressés les gars, mais le résultat est là: Barely dressed est un premier album explosif de bout en bout. Après un Never told me her name qui évoque plus les grands espaces des westerns chers à Morricone doublé d’ambiances à la Tarantino, You know you are gone dévoile le jeu du quatuor. Si le groupe n’est pas fan de Motörhead, on se pose des questions! Mais Fat Bastard ne copie pas, il pose sa propre pate sur des riffs et des rythmes puissants, simples et directs qui nous replongent parfois dans une forme de rockabilly (très) énervé. On y retrouve certes l’esprit de la bande à Lemmy toutes époques confondues avec un chant rocailleux Jorn Mazet) et, souvent, une touche punk ainsi que, parfois, un riffing (Jan Sommeryns) à la Fast Eddie (Hammer), mais aussi beaucoup de rage irrévérencieuse (à qui en veut-il avec ce Piece of shit explicite?). On ne sera guère surpris de découvrir un officiel hommage à Maitre Lemmy avec Mister Rock. Barely dressed est sans doute l’album de heavy rock qu’on attendait depuis longtemps, le genre qui ne cherche pas à faire de l’esbrouffe, qui va droit au but avec une monstrueuse efficacité, une rythmique de tous les diables (Geller Van Reeth à la basse et Kurt Pals à la batterie) et qui me donne une furieuse envie de découvrir les précédentes productions. Fat Bastard pourrait-il être à Motörhead ce qu’Airbourne est à AC/DC? En tout cas, la relève est assurée. A découvrir d’urgence et à consommer sans modération. On se fera également plaisir en allant visiter le site du groupe et lire son « personal rider » hilarant (quoique… certains adeptes de la bien-pensance et du politiquement correct vont encore trouver des conneries à en dire, c’est évident)! On vous voit quand en France, hein, dites?

DEATHTURA: Faith?

Belgique, Thrash (Autoproduction, 2025)

Même les amateurs les plus patients seront surpris du retour des Belges de Deathtura. Le groupe formé en 2013 a livré en 2015 son premier album (Psychotic disaster) avant un second essai en 2018 (Division). Depuis… Silence radio. Pendant 7 années. Jusqu’à l’arrivée de Faith?, le nouvel album paru fin février. Le groupe dit avoir voulu prendre « le temps d’explorer et questionner (son) univers musical pour en extraire le réel sens de (ses) idées« . Le résultat est là, brutal et direct. Teinté de touches industrielles, les 10 titres taillent dans le gras sur fond de chant enragé (Bastian Flames) soutenu par la rugosité des guitares tenues par Arnaud Bomans et Jeffrey Limage. Malin, Deathtura ne se contente pas que de foncer dans le tas, proposant des rythmes toujours puissants et variés (Guillaume Jacques à la basse et Niko Mike D. à la batterie) et des choeurs à faire chanter les foules. Si les Belges ne cherchent pas la finesse, leur propos s’avère rapidement bigrement efficace et explosif. Un retour qu’il faut désormais confirmer sur scène sans doute.

PVRS

Belgique, Doom (M&O, 2024)

C’est en 2023 que Pvrs trouve ses racines en Belgique. Le duo enregistre rapidement son premier album qui, bien que paru au mois de février 2024, n’est promu, en France tout du moins, qu’à partir de novembre dernier. Étonnant… mais passons directement au sujet qui nous intéresse ici. Proposant une musique aussi lourde que mélancolique que l’on qualifie volontiers, et par facilité, de doom, Pvrs joue sur divers terrains sonores, offrant à l’auditeur un étrange et attirant voyage initiatique. Si le groupe cite volontiers Sleep Token, Life Of Agony ou encore Deftones parmi ses influences, on ne pourra que penser également à la sombre mélancolie de Paradise Lost ou à la lourdeur envoûtante de Mastodon. Le chant, triste, hurle sa douleur et sa peine sur fond de rythmes aussi pachydermiques parfois que légers et insouciants à d’autres moments. La guitare propose des riffs obsessionnels qui évoquent aussi bien Black Sabbath qu’une forme de new/cold wave. En huit morceaux, souvent longs sans jamais être lassants, Pvrs nous offre la promesse d’un groupe à suivre qui aurait toute sa place sous une certaine Temple… A suivre de près.