
Le temps est toujours frais lorsque débute cette seconde journée avec une affiche placée sous le signe de la brutalité, à une exception près qui ouvre la journée, la plus remplie du festival avec 14.000 entrées, principalement venues assister à la seule date française de la fierté nationale, Gojira. Mais commençons par le début.
Ce sont les filles de Nova Twins, Amy Love (chant et guitare) et Georgia South (basse) (plus leur batteur) qui montent sur scène pour réchauffer le public. Si l’on peut s’étonner de la présence des Anglaises sur cette affiche, leur musique étant plus groovy et funky que ce qui suit, les « jumelles » mettent rapidement le feu avec leur sens de la fête et leurs tenues toujours aussi décalées comme seuls les British savent en porter.

Si les amateurs profitent pleinement des quarante minutes du show, certains découvrent la puissance de ce heavy funk entrainant et joyeux. Le public est séduit, et l’on s’amuse lorsqu’on entend Amy dire, après avoir repéré un carton qui l’annonce « oh, happy birthday » à une jeune femme présente les trois jours avec le même carton crayonné…

Si Amy Love lache de temps à autre sa guitare, c’est pour mieux arpenter la scène au simple son d’une rythmique énergique menée par la basse vrombissante et déterminée de Georgia dont l’imposante chevelure rouge est du plus bel effet en mouvement. Aujourd’hui encore, malgré un temps de jeu limité, Nova Twins aura marqué des points.

On passe ensuite au premier gros morceau de la journée avec Cavalera. Les frères Max (chant et guitare) et Igor (batterie) ne pouvant plus utiliser le nom du groupe qu’ils ont pourtant fondé ont choisi de rendre hommage au légendaire album Chaos A.D de Sepultura en l’interprétant dans sa quasi intégralité – seuls Manifest et The hunt, reprise de New Model Army, manquent à l’appel, mais les frangins nous offrent un déterminé Symptom of the universe de Black Sabbath, comme un hommage à Ozzy.

Mais on sent que quelque chose ne va pas… Max fait des signes à son équipe et interpelle un ingé son car, semble-t-il, il n’entends pas ses retours. Il demande même au public « comment ont dit j’entends rien (ou un truc du genre) en français? » tout en regardant le technicien, lui désignant son enceinte…

Le show continue cependant, l’explosif bassiste sautant en tout sens et le second guitariste s’arrachant la nuque lors de séances de headbanging déterminées. Le public amateur sait qu’il ne pourra sans doute jamais revoir le Sepultura originel se reformer alors il profite de chaque instants de ce concert plus qu’intense.

Avec Trivium, on sait aussi à quoi s’attendre: du thrash metal parfois teinté de metalcore sur fond de flammes et de…langue tirée plus qu’à son tour. Avant même le début du concert, les photographes sont, pour leur propre sécurité, encadrés par l’équipe du groupe le temps que la pyro passe. A peine arrivé sur scène, Matt Heafy incite le public a entamer un circle pit et dès Pull harder on the strings of your martyr, premier des quatre extraits de Ascendency (2004). Et ça flambe dans tous les sens presque sans relâche, formant un véritable mur de feu.

Passant en revue leur déjà riche discographie, Matt Heafy et sa bande semblent toutefois parfois en mode automatique et le spectacle se déplace très rapidement dans le public qui slamme à n’en plus pouvoir. Ca n’arrête pas au point que, avant même la fin du troisième titre, la sécu raccompagne les photographes pour avoir plus d’espace.

Au gré des morceaux, Trivium se retrouve et propose enfin une prestation intense. On aurait certes apprécié une ou deux nouveautés, mais, malgré l’annonce pour fin 2026/début 2027 d’un nouvel album, il n’en sera rien… Dommage, on se contente donc des classiques des Américains qui terminent avec In waves qui fini d’achever le public.

On le sait, Gojira a réservé ce soir son unique date française pour 2026. Une exclu qui, bien que le Zénith soit très correctement rempli, aurait pu, aurait dû attirer plus que « seulement » 14.000 spectateurs. Mais ne boudons pas notre plaisir et profitons de show très visuel que nous proposent les Landais. (Note de MP: profitons en d’autant plus que, ce soir, seuls 20 photographes sont autorisés à immortaliser le concert (qui, comme l’an dernier avec Slipknot, a vu ces dernier se multiplier pour cette seule journée…) Dommage, Metal-Eyes ne fait pas partie des élus, mais c’est aussi le jeu)
La scénographie, ce soir, est ce qui m’impressionne le plus. Certes, les musiciens sont en place, mais c’est l’originalité de cette scène en fer à cheval et de la mise en lumières qui transforme ce concert en un pur bonheur visuel. Au delà des seuls éclairages, l’écran de fond de scène permet d’illustrer les propos – toujours engagés en écologie – des divers titres proposés.
A l’issue de l’incontournable Flying whales, Joe Duplantier explique avoir assisté, avec le reste du groupe, sur les cotés de la scène au show des frangins Cavalera, et n’arrive pas à croire que, ce soir, alors que Sepultura l’a accompagné, ainsi que son frère, dans leur adolescence avec Sepultura, Max et Igor aient joué avant Gojira. Il leur dédie même un « nouveau » titre, Love (qui remonte en réalité à terra incognita, leur tout premier album en 2001).
On s’amuse ensuite du – superbe – solo de batterie pendant lequel Mario s’amuse avec le public. Au milieu de son set, alors qu’il harangue la foule, il se lève, un panneau à la main sur lequel est écrit « J’entends rien », ce qui, naturellement, galvanise la foule avant qu’un autre panneau ne lui soit présenté avec un simple « bravo ». On peut être au top niveau et conserver un peu de second, voire troisième, degré.
La pyro, les flammes et la fumée continuent de faire leur ouvrage tout au long des derniers morceaux et, après une courte pause, Gojira revient pour le désormais « classique » Mea culpa (ah, ça ira!) qui a donné à Gojira une exposition planétaire lors de la cérémonie d’ouverture des JO de 2024, mais c’est sans la présence de la cantatrice Marina Viotti. The gift of guilt vient conclure, ce soir à 23h30 pétante, ce show d’une remarquable intensité. Rendez-vous demain pour une troisième journée placée sous un autre thème!