HELLFEST 19: Tales from the pit – report des 18 et 19 juin 2026

La France est sous un dôme de chaleur, pourtant, ce n’est encore pas grand chose… N’empêche, en arrivant sur le site de cette 19ème édition, après 3 bons kilomètres de marche depuis le parking de Gétigné (pourquoi ne pas proposer, de ce côté également, une navette entre le site et les parkings ?), l’accès au site est fluide. On le sait, le public est accueilli par une gigantesque statue d’Ozzy avant de pénétrer en terres (mal)sainte. Mais avant (était-ce déjà le cas en 2025? Je n’en sais rien car Metal-Eyes était absent), le parcours d’accès a été entièrement repensé facilitant la circulation piétonne et les festivaliers sont baptisés dès leur arrivée grâce à deux gigantesques brumisateurs extérieurs situés de part et d’autre d’un petit pont. Exit les barricades métalliques rouillées qui bouchaient naguère la vue.

Le site a ouvert à 14h et, déjà, la queue s’étire au niveau du Sanctuary, l’énorme bâtiment où le merch du Hellfest part par containers entiers. On parle ici d’une attente de quelques heures, en plain cagnard, interminable. Même les PMR/PSH, malgré un accès dédié, se trouvent logés à la même enseigne. C’est incontestablement un point à revoir – améliorer l’accès et diminuer grandement les temps d’attente au merch – d’autant plus avec les annonces déjà faites pour 2027… Et ça permettrait aussi de pouvoir voir plus de concerts, raison principale de la venue des festivaliers.

La fourmilière Hellfest vue d’en haut

Autre constat, très positif, celui-ci: les crash des mainstages ont été prolongées donnant un accès facilité aux photographes (clairement moins nombreux, on parle de 300, soit 25% de moins que les années précédentes) – et leur offrant un espace ombragé dès le milieu d’après midi. Et vu les temps d’attente et les kilomètres parcourus, c’est très agréable.

Jeudi 18 juin

C’est une journée écourtée qui s’annonce. Même un festival écourté en ce qui me concerne puisque, pour des raisons personnelles, je n’ai pu assister qu’aux deux premières journée de ce 19ème Hellfest. Après coup, je me dis que deux jours supplémentaires de canicule auraient été difficilement supportable. Pas de regrets de mon côté, donc, la santé prime.

Avant d’aller sur le site, un premier tour à l’espace presse me permet de constater que l’équipe a une nouvelle fois évolué et que, enfin, les lieux sont un peu climatisés, ce qui rendra les rencontres quelque peu plus agréables. Parmi celle-ci, je retrouve, sans surprise, l’ami Busi (Marc Busqué) accompagné de Julian Baz, respectivement guitariste et chanteur de Crisix qui viendront de nouveau enflammer le Hellfest samedi à 16h. Nous échangeons quelques mots, le temps d’apprendre que les Espagnols travaillent sur un nouvel Ep, format qui leur est sans doute plus adaptés qu’un album complet. Nous nous recroiserons à plusieurs reprises tout au long de ces deux journées.

J’ai toujours bien aimé la folie des Suédois de TruckFighters, alors commençons par la scène la plus éloignée du site. Direction Valley pour une entrée en matière explosive. Bien que quelque peu coincé derrière son micro, le bassiste chanteur Ozo ne se fait pas prier pour aller taquiner le public dès qu’il le peu. Mais c’est, comme souvent, son compère Dango qui saute et court en arpentant la scène et ses abords qui attire les regards. Avec leur heavy stoner et grungy, le trio ouvre le bal avec énergie.

TruckFighters @Hellfest 19, Clisson
Mikkey Dee & friends @Hellfest 19, Clisson

Direction ensuite la Mainstage 2 pour une première déception… Mikkey Dee and Friends (le bassiste chanteur Viktor Skatt armé de sa Rickenbaker et le guitariste William Dickborn) sont venu rendre hommage à la légende Motörhead avec un set de reprises toutes périodes confondues. Bien interprétés, ces versions n’ont cependant et heureusement rien de comparable aux titres originaux mais ont le mérite de faire un bien fou. Mais voilà, cette scène est si haute qu’il est impossible pour les premiers rangs – plus encore pour les photographes – de distinguer le kit de batterie et de pouvoir immortaliser comme il se devrait l’actuel batteur de Scorpions… Autant dire que la suite des concerts sur cette même scène sera compliquée sauf avec certains artistes.

Mikkey Dee & friends @Hellfest 19, Clisson

The Pretty Reckless qui a débuté son set sur la Main 2 a déjà ouvert à deux reprises pour AC/DC. Cependant, je ne me suis jamais penché sur la musique de ce groupe menée par Taylor Momsen que les amateurs de séries TV et cinéphiles connaissent pour ses rôles dans Gossip girl, The Grinch, We were soldiers… La chanteuse s’est investie dans la musique, combattant ainsi ses démons, et sa voix suave, puissante et chaleureuse colle parfaitement au heavy blues gorgé de soul de la formation. une très belle découverte.

The Pretty Reckless @Hellfest 19, Clisson

Un petit tour sous Temple pour jeter un oeil et une oreille aux black metalleux anglais de Wynterfilleth dont les musiciens se montre concentrés. Ce style n’est toujours pas mon type de metal mais en live, ça décrasse les tympans comme il faut.

Winterfylleth @Hellfest 19, Clisson

Le temps d’une première mini pause fraicheur à l’espace presse (enfin climatisé) où je croise Mikkey Dee et échange quelques mots avec lui et c’est reparti pour la Main2 avec un détour sous Altar. Les Américains de Rivers Of Nihil y déversent leur Death metal aux intonations parfois progressive. Un death metal qui se distingue, entre autres, par les interventions régulières d’un instrument peu usité dans le genre: le saxophone de Patrick Corona qui apporte une touche étonnante au genre.

Rivers Of Nihil @Hellfest 19, Clisson

C’est le genre de groupe dont on se dit à chaque fois que c’est peut-être la dernière… Deep Purple investi tranquillement la mainstage 2 et, une nouvelle fois, on distingue difficilement les musiciens sauf en s’éloignant. Si Ian Gillan, dont les soucis de santé annoncés justifient un peu plus la possible retraite de DP, et Roger Glover s’approchent un peu des bords de scène, il faut être attentif pour capturer Simon McBride, désormais totalement intégré à la formation, qui ne se rapproche que le temps de ses interventions solo. Mais Ian Paice reste invisible et l’on ne distingue qu’un bout de visage de Don Airey… Le set est carré, et si les classiques sont naturellement présents (principalement issus de Machine head et In rock), on a plaisir à écouter des titres plus récents (Arrogant boy, A bit on the side, Diablo). Mais le public attend naturellement les Lazy, Space Truckin’ ou Smoke on the water (plus que les solos de guitare et de clavier qui, pour moi, en festival, sont une forme de remplissage mais qui permettent au chanteur de souffler un peu.) Une jolie prestation d’un groupe phare.

Deep Purple @Hellfest 19, Clisson

Après une virée dans la grande roue – ce que je n’ai pas fait depuis mon premier HF en 2014 – et qui me permet de revoir le site de (très) haut, et shooter Lemmy sous un autre angle, direction Sanctuary où la file d’attente semble s’être raccourcie mais surtout une file qui avance tranquillement sous une chaleur un peu moins forte. Mais cette attente me fait rater la prestation d’Alice Cooper dont on distingue quelques extraits appétissants diffusés sur les écrans géants. Après la séance shoping, retour à l’espace presse pour un rafraichissement avant d’aller assister à l’hommage à Ozzy prévu à 23h30. Celui-ci débute avec la diffusion d’images du madman à différentes époques de sa carrière avant de se conclure par le premier feu d’artifice du week end. Cinq minutes de lumières explosives sur fond de Bark at the moon avec un bouquet final comme le Hellfest sait nous en réserver. Et, après coup, on savoure encore plus le moment, le feu d’artifice final ayant été annulé par la préfecture dès le lendemain, samedi, à cause des températures qui ne cessent d’augmenter.

La journée se termine avec les Allemands de Kadavar dont les set esfumé se joue à contre jour. Un effet de style regrettable qui n’empêche pas le quatuor de se dépenser au mieux et de poser comme toujours en diffusant son heavy rock old school à un auditoire dont les yeux commencent à faiblir. La chaleur est encore bien présente et le public commence à quitter les lieux pour mieux se préparer à un lendemain qui s’annonce aussi chaud.

Kadavar @Hellfest 19, Clisson
Lemmy by night

Vendredi 19 juin

Cette seconde journée est clairement la plus heavy metal de cette édition. On commence avec a Mainstage 1, seulement vue du public hier, et clairement, celle-ci est plus visuellement accessible que sa voisine. Pour débuter, les Français de Blackrain mettent clairement le feu dès leur arrivée sur scène. Swan est très en voix, et Jérémie Guiguet, le « petit dernier » arrivé en 2023, semble trouver ses marques assez facilement. Dernier rescapé de la formation d’origine avec le chanteur, Matt, le bassiste, se démène comme un beau diable derrière ces murs de flammes qui transforment déjà la fosse en antichambre de l’enfer. Une petite demi-heure qu’on aurait voulu voir allonger. Avec tant d’énergie, on peut se demander quand – si – Blackrain passera enfin au stade supérieur.

Blackrain @Hellfest 19, Clisson

Très en vogue depuis quelques temps, Wings Of Steel s’offre son premier Hellfest face à un public assez dense. Eux aussi ne bénéficie que de trente petites minutes et n’en perdent pas une seule. Leur heavy metal très orienté 80’s passe très bien sur scène et si l’on peut sourire aux poses typiques de l’époque de Leo Unnermark (chant) et, surtout, du guitariste Parker Halub – des poses que ne renieraient pas Steel Panther – on est vite happés par la puissance des titres du jour. Clairement, WOS renforce sa réputation et, certainement, sera une des valeurs sures de demain.

Wings Of Steel @Hellfest 19, Clisson

Un petit tour sous la Main 2 pour tenter d’apercevoir les guerriers suédois de Brothers Of Metal. Le metal épique/power metal du combo a ses fans qui se tassent devant la scène ou défilent les trois chanteurs de la formation. La musique festive et entrainante fait son effet et l’on danse avec plaisir malgré les températures qui commencent à bien monter. Une prestation efficace et plus que sympathique.

Brothers Of Metal @Hellfest 19, Clisson

Décidément très actifs depuis leur retour, les Français de Sortilège sont invités en terre clissonnaise pour la seconde fois. Cette fois-ci, cependant, le groupe a du nouveau matériel à proposer puis que Zouille et sa bande ont enregistré deux albums depuis leur première venue en 2022. C’est aujourd’hui, pour ceux qui n’ont pas vu le groupe en ouverture de Saxon il y a un peu plus d’un mois (Toulouse, Nantes et Paris) de découvrir Michael Zurita, remplaçant du plus que sympathique Bruno Ramos. Le gaillard est expérimenté (Big Ben, les divers projets de Renaud Hantson) et est aujourd’hui clairement intégré. La complicité avec les autres musiciens (Zouille au chant, Olivier Spitzer à la guitare, Sébastien Bonnet en grande forme à la basse et Clément Rouxel déchainé à la batterie) semble aujourd’hui évidente, Sortilège délivrant un set puissant et carré.

Sortilège @Hellfest 19, Clisson

Direction l’espace média pour une pause fraicheur avec une halte sous Temple où je découvre avec curiosité les Italiens de Ponte Del Diavolo. La formation transalpine est menée par Erba Del Diavolo qui arpente la scène tranquillement, toisant le public comme une maitresse d’école au regard transperçant et inquiétant (ou une maitresse SM satisfaite de ses pratiques, au choix). Les accents black, s’ils dominent, sont contrebalancés par des fulgurances doom et hardcore, mais la particularité principale est la présence de deux bassistes créant ainsi un mur sonore ultra puissant.

Ponte de Diavolo @Hellfest 19, Clisson

S’il reste un de mes groupes de chevet, Queensrÿche n’a plus grand chose en commun avec le gigantesque line up des années de gloire. Après une tournée célébrant le mythique premier album l’an dernier, la formation toujours menée par Michael Wilton (guitare) et Eddie Jackson (basse) propose un set principalement axé autour des premières années du groupe – plus encore autour de Operation: Mindcrime dont sont issus 4 titres, comme pour court-circuiter l’ex-chanteur, Geoff Tate, qui vient de publier un troisième volet à la saga. Si Todd La Torre est toujours vocalement irréprochable, on le sent un peu en mode automatique. Mike Stone, quant à lui, semble malade – pâle, édenté, il n’a pas l’air en forme même s’il donne le change. Le plaisir de pouvoir réentendre ces morceaux intemporels est contre balancé par une prestation moyennement convaincante. Dommage…

Queensrÿche @Hellfest 19, Clisson

On se rattrape avec une autre découverte, les Norvégiens de Einherjer qui dispensent leur black viking metal sous Temple. C’est enragé, puissant, le public présent est connaisseur, mais ce n’est clairement pas mon style.

Einherjer @Hellfest 19, Clisson

Mini pause avant d’aller chez la voisine Altar pour la première venue de Sinasaenum au Hellfest. La formation death groovy internationale propose ici un set digne de sa musique, agrémenté de quelques passage plus léger avec les interventions du toujours sympathique Fred Leclercq (ex-Dragon Force, actuel Kreator) qui se démène sur sa six cordes et rappelle que cette première venue est son plus beau cadeau d’anniversaire. L’aura-t-il, cette année, célébré avec une raclette? En tout cas, si dégoulinade il y a, c’est de transpiration tant le public est à fond!

Sinsaenum @Hellfest 19, Clisson
Bloodywood @Hellfest 19, Clisson

Bien qu’évoluant sur la main 2, impossible de ne pas aller voir Bloodywood que j’avais découvert en 2023 en ces mêmes lieux. Pendant 45′, les Indiens vont délivrer la plus puissante et féroce prestation de ce début de week end. Leur metal folklorique teinté de sonorités indiennes et de rap agressif fait immédiatement mouche, le public slammant à ne plus savoir où la sécurité doit donner de la tête. Les musiciens viennent tous, à l’exception du batteur, s’aligner en front de scène et harangue le public qui est déjà à fond. Un set imparable d’une remarquable puissance.

Bloodywood @Hellfest 19, Clisson

Si Accept n’a plus d’Accept que Wolf Hoffmann, son guitariste fondateur, et, éventuellement, l’excellent chanteur Mark Tornillo, la formation célèbre, comme d’autres – punaise, on ne rajeuni pas… – ses 50 ans d’existence en proposant une setlist varié. Débutant avec la déclaration Metal heart qui, comme toujours voit le public chanter en choeur le passage extrait de la Lettre à Élise, les Germano-américains enfoncent leur déclaration d’intention avec Teutonic terror; Si le groupe est difficilement reconnaissable, on apprécie cependant les deux duos – Todd La Torr intervient sur Run if you can et, plus tard, Fredrik Åkesson (Opeth) viendra enrager plus encore les cordes de Fast as a shark. J’aurai, là encore, eu l’occasion de voir Accept en meilleure forme – sans doute le fait de ne pas vraiment reconnaitre le groupe d’origine ni même celui de la reformation – mais on se délecte de ces classique du heavy metal teuton.

Accept @Hellfest 19, Clisson

Quand bien même ils célèbrent leur 40 ans d’existence, je rate – je ne sais plus pour quelle raison – le set de Sepultura qui semble délivrer un set puissant. Le thrash tribal et furieux du groupe continue de faire mouche, les messages engagés, la puissance de feu et les featuring (Alicia White-Gulz de retour est accompagné de musiciens variés sur Kaiowas) font mouche tout au long de ce set.

Mais on attend les autres Allemands du jour qui, eux aussi, célèbre quatre décénnies au service du metal enjoué. Avec cinq extraits, Helloween axe son set autour du second volet de Keeper of the seven keys et, exception faite de deux morceaux issu de son dernier album, autour de l’épopée Keeper (si l’on y intègre Time of the oath. On sent le groupe désormais unis, avec une vraie complicité – de façade? on reste très pro chez les Allemands – entre les deux vocalistes principaux, Michael Kiske et Andi Deris qui joutent sur chaque morceau en se répartissant les rôles. Un concert de Helloween est toujours une fête et celui -ci ne déroge pas à la règle.

Helloween @Hellfest 19, Clisson

Je passe sur Opeth avec qui je n’ai jamais vraiment accroché pour une pause restauration avant de tenter de me rapprocher pour voir une nouvelle fois Iron Maiden. Las, la foule est si dense qu’on se demande s’il y a du monde devant les autres scènes… C’est qu’un groupe qui célèbre depuis un peu plus d’un an son cinquantième anniversaire et qui est en meilleure forme que jamais a tout pour attirer les plus grandes foules. J’aurai voulu pouvoir les photographier au Hellfest mais ça ne se fera pas… Tant pis, profitons comme on peut du spectacle qui ressemble en tout point à celui proposé l’an dernier, exception faite de Infinite dreams qui prend la place de The clairvoyant jouée en 2025. Pour le reste, pas de surprise et, même si le groupe est en pleine forme, j’ai l’impression que Steve Haris, Bruce Dickinson – qui continue de sauter et de courir partout – et consorts sont quelque peu en mode « répétition pour le grand soir », la vierge de fer ayant annoncé que son concert de Paris, trois jours plus tard, sera enregistré et filmé. Il n’empêche, Iron Maiden délivre un show toujours aussi haut en couleurs, même si je ne le distingue plus que je ne le vois. Je me rattraperai lundi, avec la surprise que l’on connait désormais.

Le photographes se ruent à contre courant vers les crash pour le set de Sabaton. l’agent de sécurité, visiblement pas informé des consignes, nous annoncent que seuls les photographes figurant sur la liste de Maiden sont acceptés… Connaissant Sabaton et la liberté accordée aux médias, nous sommes quelques uns à être surpris, mais tout rentre rapidement dans l’ordre. Sauf que… Comme à son habitude, c’est un déluge de feu et d’explosions que le groupe de Joackim Broden nous offre. Ca flambe tant et si bien qu’il est quasiment impossible de voir les musiciens s’approcher suffisamment pour en tirer le portrait. La batterie est installée sur un tank qui semble plus gigantesque encore que celui de Nancy deux semaines plus tôt et, clairement, il vaut mieux assister à cette fête de loin. Car c’est dans le public qu’on en profite vraiment le mieux. La setlist composée de titres joyeux et entrainant est d’une remarquable efficacité, et on retrouve les gimmicks de la tournée actuelle: Napoleon qui vient faire son speech, incitant la foule à chanter la Marseillaise, introduisant I, emporor, le masque à gaz sur The attack of the dead men… Sabaton donne une nouvelle fois une prestation solide et s’impose, concert après concert comme une vraie machine de guerre. On remarquera le clin d’oeil qui donne sans doute la pêche aux Suédois: déjà en 2014, lors de sa seconde venue au Hellfest, Sabaton jouait après Iron Maiden. Une boucle est bouclée?

Sabaton @Hellfest 19, Clisson

Ce sera là mon dernier concert de ce Hellfest, et, comme dit plus haut, sans regrets à l’écoute des info météo de la fin du week end. La France est sous une chappe de chaleur et j’imagine l’enfer que devait être Clisson. J’aurai en tout cas profité de ces deux jours autant que possible, déplorant seulement cette interminable attente pour accéder à Sanctuary. On nous annonce maintenant une vingtième édition complètement hors norme, avec 10 scènes et 300 groupes. On verra ce que ça donne, pour l’heure, sirotons tranquillement ces moments passés lors de cette nouvelle très belle édition du Hellfest.

Lemmy vu de la grande roue

HEAVY WEEK END : report du samedi 22 juin

Pretty Maids @HEAVY WEEK END

Après une très belle première journée, nous profitons de la matinée et du début d’après midi pour flâner et déjeuner à Nancy avant de revenir sur les lieux du crime: le Zénith de Nancy. L’affiche du jour est plus dense puisqu’elle compte un groupe de plus, soit un total de 4 concerts dont nous allons pleinement profiter. Une journée variée puisque, contrairement aux autres jours qui proposent chacun 2 groupes américains, elle accueille quatre nationalités différentes. une jolie variété d’influences culturelles en somme.

Sortilège @HEAVY WEEK END

Décidément très en vue, les Français de Sortilège – qui ont récemment ouvert pour Scorpions et Deep Purple – ouvrent le bal. A peine installé derrière son kit, Clément Rouxel toise la petite foule pour la harranguer tandis que la paire de bretteurs Bruno Ramos/Olivier Spitzer s’installe avec concentration et que le toujours souriant bassiste Sébastien Bonnet arrive tranquillement.

Sortilège @HEAVY WEEK END

Le heavy metal chanté dans la langue de Molière attire naturellement les connaisseurs, d’autres découvrant ce groupe à la puissance de feu sans pareil. Le public massé devant la scène connait les textes sur le bout de la langue et il ne faut guère de temps à Zouille pour être soutenu par les fans. Le chanteur a aujourd’hui délaissé sa chemise à jabot à laquelle il a préféré un simple T-shirt, ce qui ne change rien à l’attaque puissante que le groupe propose avec un Amazone rapidement suivi d’un Phenix d’actualité.

Sortilège @HEAVY WEEK END

La production récente de Sortilège a su démontrer que le groupe, cette version du groupe, a encore des chose à dire, et les titres extraits de ses deux derniers albums se fondent à merveille parmi les classiques. Le public reprend en chœur et avec cœur les hymnes que sont Chasse le dragon ou Poséidon, réservant le même accueil à un sublime Délire d’un fou (poliment introduit par ces mots de Zouille: « sans faire de politique, vous ne trouvez pas qu’on est gouvernés par des fous? Il faudrait les enfermer et nous mettre à leur place, non? »).

Sortilège @HEAVY WEEK END

Las, Sortilège termine son set sous la pluie qui revient mais pas assez pour faire fuir les fidèles. Concluant son concert avec la triplette D’ailleurs, Vampire (Zouille va sucer le sang de Bruno Ramos pour l’occasion – et sans doute reprendre des forces), le chanteur, accompagné du public, met un terme au concert avec son habituelle version a capella introduisant l’intemporel Sortilège. Une mise en bouche des plus savoureuses pour entamer la journée!

Sortilège @HEAVY WEEK END
Pretty Maids @HEAVY WEEK END

Combien de personnes se sont-elles déplacées pour venir célébrer le retour en terres françaises des Danois de Pretty Maids? En tout cas, il y a du beau monde dans le public – on croise Sortilège au complet, ou encore Peter Scheithauer, guitariste fondateur de Last Temptation, Zaza Bathory, batteuse de Furies et d’autres encore. Les fans se massent au devant de la scène et acclament les musiciens qui arrivent tranquillement sur les planches l’un après l’autre avant d’ovationner Ken Hammer puis Ronnie Atkins qui se pointe en dernier. Le groupe attaque dans la foulée avec Mother of all lies et met tout le monde d’accord. Les 5 sont en grande forme et en veulent vraiment.

Pretty Maids @HEAVY WEEK END

Pandemonium, issu de l’album du même nom entraine la petite foule dans un tourbillon mélodique enjoué avant de voir Chris Laney quitter son poste derrière les claviers pour s’emparer d’une guitare et rejoindre la troupe qui entame le furieux classique Back to back, repris en coeur par le public.

Pretty Maids @HEAVY WEEK END

Autre classique fédérateur, Red hot and heavy recueille tous les suffrages. Ronnie Atkins va toujours chercher le public et s’adresse régulièrement à lui. A l’issue du titre, il exprime même son bonheur d’être enfin de retour en France: « C’est si bon d’être de retour en France, je crois que ça fait 6 ans que nous ne sommes pas venus! » En effet, le dernier passage dans l’hexagone remonte au mois de mars 2018 avec seulement 2 dates…

Pretty Maids @HEAVY WEEK END

Le soleil brille enfin à l’ouest, éblouissant une partie du public qui acclame pourtant la jolie ballade Please don’t leave me, reprise de John Sykes, titre qui termine avec une forêt de bras levés. Puis les affaires sérieuses reprennent avec Little drops of heaven suivi d’un Love game, premier extrait du légendaire Future world, titre mélodique à souhaits.

Pretty Maids @HEAVY WEEK END

Alors que retentissent les premières notes de l’incontournable Future world, une fan quitte son siège pour se précipiter vers la fosse, se glissant sous les chaines séparant les deux mondes et se voit arrêtée par un agent qui l’empêche, malgré ses supplique de passer et la renvoie à son siège. J’imagine la frustration lorsque, plus tard, lesdites chaines seront enlevées, laissant la foule envahir la fosse. Reste que, sans surprise, Pretty Maids remporte tous les suffrages. Une superbe prestation en somme, de bout en bout.

Pretty Maids @HEAVY WEEK END
Megadeth @HEAVY WEEK END

On l’a lu un peu partout: Megadeth est en forme. La fosse désormais bien rempli s’apprête donc à recevoir une claque et se prépare à acclamer les classiques incontournable de la bande à Mustaine. « Bring out your dead! » résonne annonçant le morceau d’ouverture du dernier album, The sick, the dying… and the dead!. Récemment arrivé dans le groupe, Teemu Mäntysaari est concentré et va se révéler une plus que très fine gâchette.

Megadeth @HEAVY WEEK END

Mustaine, tout de noir vêtu (avec, détail perturbant pour le regard des photographes, un bouton de chemise non attaché) est effectivement très en forme et nous offre une collection de titres certes sans surprise mais tellement efficace qu’ils écrasent tout sur leur passage.

Megadeth @HEAVY WEEK END

James Lomenzo se déchaine sur sa basse tandis que Dick Verbeuren inflige à sa batterie une frappe d’une puissance et d’une précision exemplaire tout au long des Angry again, Hangar 18 ou autres Sweating bullets, morceaux que le public reprend à tue-tête. Et enfin, les choses sérieuses débutent avec un, puis deux, puis trois crowd surfers qui viennent réveiller les agents de sécurité. une fois la machine lancée, difficile pour le public de s’arrêter même si le rythme est ici moins intensif qu’ailleurs.

Megadeth @HEAVY WEEK END

Megadeth continue sur sa lancée avec l’incontournable A tout le monde, dont Dave fait naturellement et sans avoir besoin d’insister chanter le refrain au public, avant un Tornado of souls exemplaire avant We’ll be back, le second et dernier extrait du dernier album. Simple, direct et efficace…

Megadeth @HEAVY WEEK END

L’orchestre symphonique retentit, annonçant évidemment Symphony of destruction annonciateur d’un concert qui touche à son terme, et, comme très souvent, suivi de Peace sells. La foule est dense et reprend chaque parole comme un seule homme, sachant que le concert va se terminer (trop) rapidement. En effet, Mustaine et sa bande quitte la scène une fois ce commerce de la paix terminé.

Megadeth @HEAVY WEEK END

Ce n’est évidemment que pour mieux venir achever ce superbe set avec Mechanix – nous ne ferons pas l’affront de rappeler l’histoire de ce titre… – et un dantesque Holy wars… the punishment due qui met tout le monde d’accord. Oui, Megadeth est – très – en forme et Dave Mustaine heureux de retrouver son public. Superbe concert!

Megadeth @HEAVY WEEK END
Deep Purple @HEAVY WEEK END

Bien que Deep Purple ait une relation plus que privilégiée avec la France depuis de nombreuses années, ce n’est, paradoxalement, que la troisième fois que le groupe donne un concert à Nancy, le dernier remontant à… 2007. Autant dire que les absents ont tort. Et si j’ai pu avoir quelques doutes quant au dynamisme du groupe – les derniers concerts auxquels j’ai assisté m’ont donné à voir un groupe fatigué prorposant un set ennuyeux – le Deep Purple 2024 se montre en grande forme. Sans doute est-ce-là l’effet de l’arrivée de Simon McBride il y a maintenant 2 ans qui apporte un regain de jeunesse?

Deep Purple @HEAVY WEEK END

En tout cas, les classiques sont; ce soir encore, de sortie. Deep Purple entame son concert avec les classiques Highway star, Hard lovin man et Into the fire, titre sur lesquels Ian Gillan donne autant de voix que possible, même si, depuis de nombreuses années, il ne peut pousser aussi haut que dans ses jeunes années. On note également avec satisfaction que le chanteur quitte moins la scène que ces derniers temps, se positionnant, pendant les parties instrumentales, entre la batterie de Ian Paice et les claviers de Don Airey.

Deep Purple @HEAVY WEEK END

Il profite cependant du solo de Simon pour se reposer, laissant le « jeune » guitariste impressionner le public par sa dextérité et sa précision. Vraiment, il n’a rien à envier à ses prédécesseurs! Le groupe le rejoint pour continuer avec Uncommon man que Gillan dédie à son frère Jon Lord et, regardant le ciel, lui dit simplement « We love you, Jon ».

Deep Purple @HEAVY WEEK END

Soutenu par l’animation visuelle projetée sur les écrans de fond de scène, Airey propose une longue introduction de Lazy, titre suivi du premier extrait de =1, dernier album du pourpre profond, en évoquant ses séjours en Hongrie et fait mine de franchir une porte en guise de présentation de Portable door, suivi d’un Anya de retour dans les setlist depuis deux petites années.

Deep Purple @HEAVY WEEK END

C’est maintenant au tour de Don Airey de proposer son solo aux claviers. S’il n’a pas l’aura de Lord, il offre un cocktail inspiré de sa carrière – on reconnaitra facilement des clins d’œil à sa période avec Ozzy – de ses influences classiques et pop, avec une version enjouée de En passant par la Lorraine de circonstance avant de continuer avec la seconde nouveauté, Bleeding obvious.

Deep Purple @HEAVY WEEK END

Alors que certaines familles commencent à quitter tranquillement le site, Deep Purple annonce la presque fin du concert en interprétant les incontournables Space truckin’ et Smoke on the water de manière magistrale, bien que l’on sente quelques défaillances vocales de Gillan. Ce morceau terminé, la foule part plus rapidement, manquant ainsi le rappel.

Deep Purple @HEAVY WEEK END

Pourquoi commencer avec Green onions, reprise de Booker T que DP avait mise de côté depuis 2014, va savoir… N’empêche, on se délecte du final composé de Hush et d’un Black night dont on ne saurais se passer. Ce soir, Deep Purple, qui a largement dépassé le demi siècle de carrière, s’est montré en bonne forme, proposant une setlist certes classique mais y incluant quelques titres plus rares. Et ça, c’est toujours bon.

Deep Purple @HEAVY WEEK END

HEAVY WEEK END: le report – Vendredi 21 juin

Le Heavy Week End… Une affiche de rêve que nous propose Gérard Drouot Productions une semaine avant le grand pèlerinage annuel des métalleux de l’autre coté de la France. Un festival qui se veut plus soft, et bien moins éreintant puisqu’on nous promet que le Zénith de Nancy n’aura qu’une seule scène, permettant ainsi au public de pouvoir profiter pleinement de chacun des 11 concerts de ce week end.

Contrairement à nombre de Zéniths de France, celui de Nancy présente la particularité d’être modulable. Ainsi, en retournant la scène, une ouverture à son arrière permet d’accueillir, en configuration mixte (gradins et fosse) environ 15.000 personnes dans un véritable écrin de verdure. Le Heavy Week End se veut ainsi un festival à taille humaine. Las, a peine trois semaines avant le coup d’envoi, de nombreuses places restent libres. La conjonction prix du billet – un peu cher, 111€ le jour en fosse – et le Hellfest la semaine suivante a sans doute freiné les potentiels festivaliers. Résultat, GDP annonce, le 10 juin, un nouveau tarif exceptionnel en fosse de… seulement 21€ par jour, ce ci « pour fêter l’été ». Une réduction de 80% qui vise, naturellement, à la remplir, cette fosse, mais un nouveau tarif qui pourrait aussi, on peut aisément l’imaginer, faire bondir ceux qui ont acheté leur(s) place(s) au prix fort. Sera-ce suffisant pour attirer plus de monde et éviter que les géants du métal ne jouent face à un parterre vide? La promotion disparait cependant rapidement, une opération éclair qui n’a sans doute pas assez duré.

Après une longue route sous une pluie battante – la météo annonce cependant des accalmies- c’est le soleil qui accueille notre arrivée à Nancy. Le temps de poser mes affaires, et me voici parti en direction du Zénith. La route est limitée à une voie, ce qui rend la circulation dense mais également fluide. L’accès aux parkings est aisé.

The Last Internationale @HEAVY WEEK END

J’ai le plaisir de retrouver bon nombre de copains d’un peu partout, dont certains que je n’ai pas vus depuis des lustres. L’ambiance générale est détendue tant au niveau du public que chez les autres intervenants – ou presque. Mais c’est sous un ciel grisonnant, devant un parterre dégarni et des gradins encore peu remplis que les New Yorkais de The Last Internationale investissent la scène. Nous avions pu découvrir le groupe lors de son passage au Hellfest en 2022 et la prestation avait emballé le public. Las, ce groupe fondé par la chanteuse Delila Paz et le guitariste Edgey Pires il y a maintenant plus de 15 ans va avoir le plu sgrand mal à dynamiser un public épars et peu réactif malgré les remarques qu’égrène Delila (faisant référence à Tom Morello qui dit que « ça n’a pas besoin d’être bruyant pour être heavy » ajoutant « mais ce serait bien que vous fassiez plus de bruit quand même » ou encore « c’est le festival le plus calme que je connaisse »…) Même quand Delila évoque Nina Simone, la gigantesque chanteuse de jazz américaine, elle ne reçoit que quelques retours polis… Et pourtant, la brune chanteuse possède une voix suave et puissante…

The Last Internationale @HEAVY WEEK END

Pas encourageant comme attitude, mais il en faut plus pour décourager le groupe qui affiche son humeur du moment – un drapeau palestinien sur le côté de la scène et la peau de grosse caisse flanquée d’un Cease fire en lettres capitales. Pour terminer le concert, Delila se saisit de la basse tandis que son bassiste s’installe aux claviers pour une fin simplement rock et énergique. Une mise en bouche sympathique maisun public pas encore très chaud.

The Last Internationale @HEAVY WEEK END
Extreme @HEAVY WEEK END

On passe à la vitese supérieure avec Extreme, que je n’ai pas vu depuis des lustres. Comme une première fois en somme. Et le message est clair à peine Gary Cherone monte-t-il sur scène: on va avoir droit à du show tant le chanteur se tord tel un Gary latex! Clairement, on change de registre et le festival monte en puissance devant un public plus dense sinon imposant.

Extreme @HEAVY WEEK END

Le fond de scène est explicite: l’illustration de la pochette du mythique Pornograffitti indique que le groupe souhaite mettre en avant son album le plus connu. Et ça démarre avec la triplette It(‘s a) monster et Decadence dance suivi de Kid ego issu du premier album des Américains.

Extreme @HEAVY WEEK END

Nuno Bettencourt est aussi bavard que démonstratif – sans frime aucune – alignant ses riffs et soli avec une diabolique précision, Pat Badger (basse) s’appliquant sous son Stettson tandis que, plus discret, Kevin Figueiredo martèle ses futs tenant la structure.

Extreme @HEAVY WEEK END

Le public n’a d’yeux pourtant que pour la paire Cherone/Bettencourt qui se donnent comme de beaux diables, ne laissant aucun instant de répit au public (sauf un moment moins intense sur , avec qui les deux communiquent beaucoup. Après Hole hearted, Nuno annonce que voici son « moment préféré du concert: je vais pouvoir m’asseoir! Et quand tu arrives à 58 ans, s’asseoir c’est aussi bon qu’un orgasme! » Il attaque alors un impressionnant solo à l’issue duquel il est rejoint par Gary Cherone qui annonce avec gravité: « je sais que c’est sensé être un concert heavy, mais le monde a aussi besoin d’amour » pour entamer More than words que le public connait par cœur. Les téléphone se lèvent pour immortaliser l’instant et, devant moi, j’aperçois Matthieu Drouot qui filme aussi, se tournant pour capter tout le public mais… Je crois apercevoir un regard interpellé. Rapidement, l’organisation décide de faire tomber le barriérage invitant le public assis à investir la fosse, ce qu’il ne se fait pas répéter.

Extreme @HEAVY WEEK END

Cherone rappelle au public qu’ils sont en mode « festival », avec un show écourté, souhaitant cependant pouvoir revenir rapidement avec un show complet. Extreme termine son show avec l’incontournable Get the funk out et un extrait du tout récent Rise. Voila la machine Heavy week end lancée, et la suite promet d’aêtre tout aussi belle.

Extreme @HEAVY WEEK END
Scorpions @HEAVY WEEK END

Ceux qui ont pu voir Scorpions ces dernières années savent que le groupe est en forme. Les Allemands sont de retour pour célébrer les quarantième anniversaire de Love at first sting, alors on sait déjà qu’on va avoir droit à une setlist de rêves.

Scorpions @HEAVY WEEK END

Un nuage de fumée envahi l’espace scénique, pendant que les premières mesures de Coming home ne se fassent entendre alors que la scène est encore vide. Dans la fumée, côté cour, apparait un Klaus Meine hésitant, qui a du mal a marcher. Il rejoint le centre de la scène avant que ne déboulent avec énergie ses compères.

Scorpions @HEAVY WEEK END

Après Gas in the tank, seul extrait du dernier album, Rock beleiver, Scorpions nous assène une collections de hits et de raretés (dont Crossfire, interprété pour la première fois sur toutes les dates de cette tournée ou The same thrill jamais interprété depuis 1984!).

Scorpions @HEAVY WEEK END

Les lumières sont au top, les illustrations qui animent l’écran de fond de scène superbes, et les instrumentistes sont vraiment en forme, Rudolf Schenker et Matthias Jabs investissant généreusement l’avant scène.

Scorpions @HEAVY WEEK END

Seul Klaus, s’il est en voix, confirme avoir pris un coup de vieux. S’agrippant au pied de micro, il se déplace lentement et, lorsqu’il s’adresse au public la voix chevrotante, il semble avoir besoin du soutien de son pied de micro, ne balançant plus – heureusement! – des baguettes par forêts entières.

Scorpions @HEAVY WEEK END

La foule compacte – on remarque ce soir que même les gradins sont désormais bien fournis, bien qu’on circule aisément – est toutefois à fond derrière ses héros légendaires acclamant aussi bien les classiques que sont Make it real, The zoo, Bad boys running wild que les attendues ballades Delicate dance, Send me an angel ou la nouvelle version de l’incontournable Wind of change dont le premier couplet a été modifié, ne parlant plus de la Moscova pour dénoncer l’agression russe envers l’Ukraine.

Scorpions @HEAVY WEEK END

Après The same thrill, Mikkey Dee nous assène un monstrueux solo de batterie d’une bonne dizaine de minutes qui, bien que totalement intégré à Scorpions, évoque, par le biais du juke box projeté, son glorieux passé avec Motörhead avant que Rudolf ne redéboule armé de sa guitare à fumée pour un Blackout (seul extrait de l’album éponyme) suivi de Big city nights, doublette annonciatrice de l’approche de la fin du concert.

Scorpions @HEAVY WEEK END

Etonnamment, le pubic commence à quitter les lieux lorsque le groupe quitte la scène avant de revenir pour un – court – rappel. Ben oui, il manque un titre quand même… Scorpions revient pour le très attendu et incontournable Still loving you qui voit, comme toujours, les couples s’enlacer, avant une superbe interprétation de l’explosif Rock you like a hurricane venant conclure un superbe concert. Nos héros vieillissants ont encore des choses à dire, alors profitons en.

Scorpions @HEAVY WEEK END

Au final, malgré une faible fréquentation globale – le public a miraculeusement grossi pour le concert de Scorpions – cette première journée a rempli toutes ses promesses. Celles d’un festival convivial, à taille humaine et permettant surtout, c’est bien le principal, de pouvoir assister à l’ensemble des concerts dans leur intégralité. Vivement demain!

Merci à Anne-Lyse Rieu et Nicolas Le Bouedec (Gérard Drout Productions) et Olivier Garnier d’avoir rendu ce live report possible.

NANCY OPEN AIR: Heavy Week End

Scorpions. Deep Purple. Judas Priest. Extreme. Megadeth. Alice Cooper. 6 légendes du hard rock, du heavy metal, du thrash, du shock rock se retrouveront sur la scène du Zénith de Nancy dans le cadre du Heavy Week End du festival Nancy Open Air du 21 au 23 juin 2024! Un évènement à ne certainement pas manquer. Retrouvez ci-dessous le communiqué officiel de l’orga – attention: les places seront mises en vente dès le 8 décembre 2023 à 10h (préventes la veille à 10h00)

Depuis son inauguration en 1993, le Zénith de Nancy a vu défiler dans ses murs les plus grands noms de la musique live et du rock en particulier. Des artistes encore plus prestigieux s’y sont produits, lorsque cette salle de 6 000 places, en forme de guitare électrique, déploie sa scène réversible à ciel ouvert, se transformant ainsi en un vaste amphithéâtre pouvant accueillir jusqu’à 25 000 personnes. C’est là qu’en juin 1996 AC/DC a donné ce qui était, à l’époque, l’un de ses plus grands concerts dans l’hexagone.

C’est dans cette lignée que les 21, 22 et 23 juin 2024Gérard Drouot Productions présentera au Nancy Open-Air, le Heavy Week-end, un événement qui va réunir sur 3 jours et sur une seule scène, 6 légendes du hard rock et du heavy metal.

Avec en tête Scorpions, le groupe allemand aux 100 millions d’albums vendus, dont les hits rythment nos vies depuis plus de 50 ans ; Deep Purple, l’un des pères fondateurs du style, détenteur de ce qui est sans doute le riff de guitare le plus célèbre du monde ; Judas Priest,dont le patronyme et les compositions forgent une sorte de mètre étalon du « metal »et qui, il y a quelques semaines encore, était à l’affiche du festival Power Trip en Californie (aux côtés d’Iron Maiden, Guns N’Roses, Metallica, Tool et justement, AC/DC) ; Alice Cooper, le précurseur du shock-rock, maintes fois ressuscité et qui n’a de cesse de se réinviter ; Megadeth, membre éminent du fameux « Big Four » et maître incontesté du thrash metal ; et enfin Extreme,qui effectue un retour fulgurant avec son nouvel album, après avoir bercé l’année 1991 au son de sa ballade « More than words ».

Quand on s’attarde sur le répertoire respectif de chacun de ces six groupes, on prend alors conscience du nombre d’hymnes qui vont résonner dans l’enceinte du Nancy Open Air tout au long de ce Heavy Week-end.

Avec cet impressionnant line-up – auquel des premières parties viendront s’ajouter dans les semaines qui viennent – il paraît clair que Nancy va devenir, pour 3 jours, la capitale du hard rock et du heavy metal. Pour son plus grand bonheur, le public pourra acclamer ses idoles dans de parfaites conditions, assis dans l’arène ou debout devant la scène. Les billets « Week-end » ou « Journée » seront disponibles en prévente à partir du le jeudi 7 décembre dès 10h00 sur :

heavyweekend.live nancyopenair.com

Mise en vente générale en points de vente habituels 

le vendredi 8 décembre dès 10h00.

HELLFEST XV Part 1: Beyond this road

On s’en souviendra de ce Hellfest 2022, le, enfin là, 15ème du nom – « on » étant ici utilisé dans ses formes aussi impersonnelle que généraliste. Oui, on s’en souviendra : une édition dantesque, énorme, gigantesque. On s’en souviendra à bien plus d’un titre : tout d’abord, Hellfest prod a surpris tout le monde en annonçant que ce HF XV se tiendrait sur 2 week ends. Une édition de 7 jours réunissant plus de 350 groupes dont, l’un des rêves du public, la venue de Metallica en clôture du festival. Un choix pas si étonnant qui a permis à cette machine désormais bien huilée de renflouer les caisses qui se sont vidées depuis 2 ans. Le produit de la vente de ce second week end permet d’avoir un fonds de roulement suffisamment important pour prévoir la 16ème édition. Logique, d’autant plus, qu’encore une fois, les places se sont vendues en un clin d’œil.

On s’en souviendra aussi pour sa météo. Infernale le premier week end avec des températures dépassant les deux premiers jours les 39° à l’ombre. Et l’ombre, à Clisson, en dehors de la forêt du muscadet, celle qui mène à la Warzone, ben, de l’ombre… Si le premier week end nous a montré une version de l’enfer, le second nous en a gardé son inverse, les températures chutant drastiquement – autour de 20° maximum – et le ciel nous offrant généreusement une pluie constante détrempant le terrain et le transformant en une gigantesque étendue de boue évoquant pour certains l’enfer de l’édition 2007… Orage et pluie ne sont pas toujours les bienvenus en festival. Et aussi, ce Covid qui se remet à circuler, et que nombre de festivaliers – moi et nombre de photographes et spectateurs amis inclus – ont attrapé… Oui, on s’en souviendra de cette XVème édition !

Pour Metal Eyes, le week end a débuté dès le 16 juin en milieu d’après-midi. Rien que l’installation de quelques photos à l’espace presse fut un début d’épreuve dans une étuve. Mais trêve de plainte, voici deux ans que nous attendons ce retour, alors on s’y met ! Petit résumé de ces 7 jours, histoire de se mettre en jambes :

Du 16 au 19 juin et du 23 au 26 juin, ce sont 152 km parcourus (soit une randonnée moyenne de 21 km/jour de fest !), des litres d’eau bus et à peine une bière par jour, 94 groupes shootés, 5 scènes visitées (l’état de mes pieds m’a empêché d’aller à la Warzone), la satisfaction de voir les anciens encore en forme, même si sans surprise réelle, la grande satisfaction de voir la relève arriver, la déception de ne pas voir certains concerts autrement que par écrans interposés tant il était impossible de circuler (Nightwish, Sabaton, Black Label Society, Ugly Kid Joe et… suivez mon regard) et surtout cette fatigue qui m’a forcé à reprendre la route avant le feu d’artifices du dimanche soir… Une double édition une fois, un one shot, qu’on espère ne pas voir se renouveler.

Arrivé le jeudi, donc, et une fois débarrassé de mes obligations de préparation, j’aperçois une porte entrouverte et je file faire un petit tour des lieux ; Pour une fois, profitons-en, avant l’ouverture officielle… Visiter la terre sainte sans foule est suffisamment rare pour pouvoir en profiter tranquillement, errer sans but précis. Quelques changements sont notables, à commencer par la nouvelle statue de Lemmy. L’ancienne, attaquée par les éléments, menaçant de s’effondrer a été retirée, une nouvelle, superbe œuvre de Caroline Brisset, a pris sa place. Celle-ci restera et fera partie du patrimoine de Clisson pour les siècles à venir.

On notera également le retour du corbeau qui scrute et surveille le pôle restauration des festivaliers. Une autre belle œuvre qui semble plus maousse que celle qui fut incendiée volontairement il y a quelques années.

Enfin, l’accès à la forêt se fait par un portail dominé d’une cage très sympathique dans laquelle se trouvent les âmes bannies du festival. Et bannies… il y en aura d’autres ces deux week ends. Place ensuite à mes impressions plus ou moins à chaud.

Par où attaquer le principal de ce report ? Par un premier constat, sans doute… Au-delà des éléments, usants, éreintants, ce type d’évènement, sur 2 week-ends est tout sauf reposant d’autant avec des journées qui s’étalent de 10h à 2h (exception faite du jeudi 23 où le premier concert a débuté à 15h30). Des souvenirs plein la tête ? Certes, mais il devient très difficile de vraiment tout savourer.  Commençons par le commencement, HF XV part 1 – je vous invite à visiter la galerie photo dédiée, avec ce lien: http://metal-eyes.com/galerie-hellfest-2022

Vendredi 17 juin

Arriver au HF, c’est foncer au merch en espérant ne pas avoir à faire la queue trop longtemps. Il n’est pas encore 10h et la foule est déjà dense… je rate ainsi les deux premiers sets, Heart Attack et Frog Leap mais fonce me rattraper avec Laura Cox qui, comme à son habitude pourrait-on désormais dire, dégaine ses cartouches d’un rock hard classique et efficace. Elle qui devait inaugurer la MS 2 a bénéficié d’un heureux hasard (sa participation à l’édition HF from Home a sans doute joué aussi) et se retrouve un tout petit peu plus haut sur l’affiche. Elle tient le public dans sa main et est fière d’annoncer l’arrivée d’un troisième album et d’une release party à la Cigale de Paris. A suivre.

Déjà il fait chaud, très chaud. Déjà, les pieds commencent à gonfler. Déjà, l’eau coule à flots et déjà les conférences de presses annoncées sont annulées tant la chaleur est intenable à l’espace presse. Rien ne se fera sous la tente ces deux premiers jours, point à la ligne. Les interviews se mènent à l’extérieur, et les groupes tentent de se réserver un coin d’ombre. Dur. On n’est que jour 1 !

Je bifurque vers la MS1 pour avoir ma première bonne surprise avec Ferocious Dog : un rock irlandais qui évoque autant Dropckick Murphys que Flogging Molly avec des musiciens qui se protègent du soleil (l’accordéoniste a piqué son bob à Bernie !) et qui délivrent une musique entrainante et enjouée. A suivre !

Un petit tour sous Temple puis Altar me permet de découvrir Numen et ASG mais je n’en garde pas de souvenirs particuliers. Je retourne donc vers mon repaire – pour certains c’est la Warzone, pour moi, les MS, vous l’aurez compris – pour soutenir les Orléanais de Burning Heads. Un peu de punk sur la MS alors que le soleil commence à taper fort sur les têtes, quoi de mieux ? Le groupe est en forme, monte sur scène comme il est à la ville et dispense son rock dur pendant une bonne quarantaine de minutes. Simple, direct et efficace.

Leprous, dont on fait tant de gorges chaudes, me laisse quasi indifférent. Beaucoup d’espoir et de curiosité qui tombent à l’eau malgré les indéniables qualités musicales du combo. Est-il à la bonne place ?

Contrairement à Shinedown qui, même en passant plus tôt que ce qu’il mérite, fonce dans le tas. Ok, ce n’est pas forcément mon truc, mais force est de reconnaitre que les Floridiens ont un look, une prestance et une énergie qui forcent le respect.

Energie qu’on retrouve dès l’arrivée sur scène de Frank Carter & The Rattlesnakes. Enragé comme toujours, le rouquin tatoué saute dès le premier titre dans le public qui le porte, le soutien, le laisse plonger tête la première avant de le rapatrier vers la fosse. Et le gaillard de remettre le couvert sur fond de punk explosif et entraînant. Immanquable !

A côté, Opeth est bien plus sage… Si le groupe démarre son set avec de titres chantés et aériens, il se rappelle bientôt aux premiers fans avec ses titres extrêmes. Calme, sobre et pas forcément la prestation la plus marquante de la journée, il y en a cependant pour tous, Opeth ne reniant en rien son glorieux passé.

Les dernières fois que j’ai vu The Offspring, je m’étais ennuyé. Cette fois, Noodles et sa bande, même avec une setlist sans surprise, donnent tout au public qui le lui rend bien. La prestation est festive et enjouée, le groupe semble vraiment heureux d’être là et s’amuse. Nous aussi !

Même si le groupe a sorti un album dantesque, la chaleur assommante force la pause et je rate Mastodon. Je reviens vers MS 1 pour ne pas shooter Dropckick Murphys mais profite de sa prestation et de sa musique simplement imparable. Le spectacle est aussi dans le public qui dans et pogote à souhait. Comment pourrait-il en être autrement, hein ?

Un petit tour sous Valley, enfin, pour écouter Baroness. Là encore, le groupe est efficace et direct, et se donne à fond pour un public à fond. Une très belle et généreuse prestation nous est offerte.

Je retourne voir Five Finger Death Punch, un groupe au look renouvelé, Yvan Moody habillé d’un T-shirt blanc (on le comprend) et d’un surprenant pantalon jaune ! Bon, il a commencé en rouge, mais a préféré se changer. Les hits du groupe défilent, le public est réceptif et reprend naturellement en cœur l’imparable Lift me up, taillés pour les concerts de toute taille.

Peu sensible à Deftones, je préfère prendre mes marques pour le concert de Volbeat, très attendu. Une heure dix d’un show haut en couleurs, avec un peu de fraicheur dans l’air – enfin – et des titres actuels ou plus anciens qui défilent trop vite. Une des plus belles prestations auxquelles j’ai pu aujourd’hui assister. Il est cependant temps de rentrer, d’aller trouver un peu de sommeil avant la reprise de demain, journée annoncée au moins aussi chaude…

 

Samedi 18 juin

La chaleur écrasante est de retour… Titan, que j’avais shooté à Châteauroux lors de la Firemaster Convention, ouvre le bal. Sa prestation est tout aussi carrée bien qu’on sente le groupe légèrement perdu sur cette immense scène. L’Irlande au cœur pourrait bien devenir Hellfest au cœur, une nouvelle version de l’hymne de la bande de Le Calvez.

Autre déflagration, plus brutale… Sous Altar, Karras, l’autre projet de Yann, guitariste de Mass Hysteria, fait exploser les potards. La rage et la colère du trio ne sont guère contenues et ça défouraille sévère. Lui qui, il y a 3 ans, venait clôre la journée se retrouve aujourd’hui, avec beaucoup de plaisir, semble-t-il, à l’ouvrir. Quand on aime…

La curiosité me pousse à aller écouter Fire From The Gods, groupe américain explosif qui tire à boulets rouge sur le public. Le soleil n’est pas encore au zénith, et tant mieux, parce que ça pète dans tous les sens. Mais aujourd’hui, il semble mieux pour certains groupes de jouer sur la main 2… La tête d’affiche du soir ayant fait rehausser la MS1, alors direction…

Les très prometteur Last Temptation avec la surprise de retrouver à la batterie Farid Medjane, ex vous savez qui. Le hard rock du combo est simple, sobre, efficace et le quatuor se donne à fond avec passion et bonheur. Un groupe décidément à suivre pour les amateurs de classic rock.

La déception du jour – qui impose un premier break – vient de l’annulation tout juste annoncée de The Dead Daisies. Pas d’explication particulière, on imagine un passage par la case Covid. Tant pis, on remplace par un passage sous Valley pour retrouver The Picturebooks, duo que j’avais déjà vu à Paris au Divan du monde en ouverture de, je crois, The Answer. Puissant, efficace, un guitariste chanteur qui joue à l’instinct. Un bon remplacement, en somme.

L’un des groupes que je souhaitais voir, pour la pureté et le dépouillement apparent de son style, c’est Soen. Une jolie foule s’amasse sous le soleil plombant – on le saura… – pour assister à cette jolie prestation, sobre et efficace, d’une quarantaine de minutes. Pas de grande surprise mais une des satisfactions de ce premier week end.

Je file sous Altar pour jeter un œil à la furie thrash de Xentrix. Grand bien m’a pris car, sur le planning du jour, j’avais entouré Loudblast et Exciter, tous deux jouant devant tant de monde – tant mieux – que la tente en fut inaccessible. Xentrix démonte cependant les nuques comme il faut.

Retour devant les mains pour voir, enfin, et pour la première fois, les Anglais de The Darkness. On s’attend à un peu de folie visuelle et je ne suis pas déçu : les tenues de Justin Hawkins sont tape à l’œil et franchement les gaillards sont en forme. Mais là encore, une pause s’impose, une vraie, histoire de m’alléger en déposant une partie de mon matériel.

Le temps d’un aller retour, je rate, sans grand remords, Alestorm et, je le regrette un peu plus, Rival Sons dont j’assiste à la fin d’une prestation rock à laquelle le public semble réceptif. Avec de grands albums à son actif, le groupe ne peut que séduire.

On les connait, on sait ce à quoi on va avoir droit… Une débauche de filles sur scène (cette fois-ci, aucune n’est invitée dans la fosse au début du set) en fin de show, d’incessants appels à nichons… Steel Panther est en ville, la gaudriole de sortie et de mise ! Surprise – je n’ai pas suivi grand-chose au sujet du groupe – Lexxi Foxx est out, remplacé par je n’en sais rien mais le groupe a moins de charme et semble plus « sérieux » qu’avec son blond bassiste efféminé. Plus de miroir, plus de poses ambiguë, Steel Panther m’a moins surpris. A-t-on fait le tour ?

Un tour du côté des légendes du Thrash sous altar remet les pendules à l’heure. Flotsam & Jetsam est suffisamment rare en nos contrées pour éviter l’insulte de ne pas aller rendre hommage à ces légendes US qui ont accueilli – et ont stagné après son départ – un certain Jason Newsted. Dans ta face et efficace, rien à dire !

Impossible de rater Megadeth, avec un Dave Mustaine veillissant mais toujours en forme. Dommage seulement que cette MS1 soit si haute, il est compliqué de profiter pleinement de ce show dont on se délecte pourtant d’une setlist aux petits oignons.

Deep Purple, quelques mètres plus loin est tout aussi veillissant, et c’est avec surprise que je m’aperçois que Steve Morse n’est pas de la partie… Le guitariste souffrant de problèmes de main est ici remplacé par Simon Mc Bride totalement respectueux des classiques du groupe. Mais voilà, on sent Deep Purple en bout de course, les nombreuses parties instrumentales, longues, semblant être utilisées en remplissage plus que rendant service aux chansons. Le set souffre ainsi de longueurs, et c’est bien dommage.

Ghost, annoncé en tête d’affiche de ce samedi à la fin de son concert parisien, rempli toutes les cases. Un show soigné, un papa Emeritus en forme, une setlist efficace, un visuel à tomber, mais… mais une voix qui flanche malheureusement en fin de set forçant Ghost à écourter son show…

La chaleur du début de week end , mais maintenant le vent, ont forcé l’annulation du feu d’artifice. C’est donc avec un peu d’avance que montent sur scène les Australien d’Airbourne qu’on retrouve, qui en sera surpris, plus que déchainés. Comme toujours, Joel O’Keefe attire tous les regards, comme toujours, encore, il semble n’avoir qu’un jean noir toujours aussi déchiré que lui. Airbourne propose un set classique mais explosif, le guitariste chanteur terminant sur les épaules d’un gars de la sécu le portant devant le public un autre l’arrosant copieusement afin de le rafraichir. Même si on sait de quoi il en retourne, Airbourne fait partie de ces groupes qui font plus que le job. Dommage d’avoir raté le combo la semaine suivante, mais là, les Australiens concluent avec brio cette soirée. Au dodo !

 

Dimanche 19 juin.

La météo est certes plus clémente, les pieds crient leur douleur ! Ce n’est donc qu’après avoir plié bagages, rangé la voiture et les affaires que je me dirige vers le site pour assister, enfin, à une prestation des Autrichiens folkloriques de Kontrust. Et la mise en jambe vaut le détour : entre une musique très enjouée et des tenues tyroliennes de mise, le groupe fait dans er un public encore épars mais curieux et réceptif. Un beau début d’une journée pourtant très « traditionnelle » et riche de découvertes.

Je vais passer le plus clair de mon temps devant les MS aujourd’hui, et avoir quelques belles surprises… A commencer par un Sortilège en forme que j’avais malheureusement raté lors de son passage parisien en avril. Un set raccourci, mais des gars au taquet et un Zouille très en voie. Un nouvel album nous est promis, alors maintenant, patience.

Je suis moins sensible au métal de Lacuna Coil mais visuellement, les Italiens mettent le paquet. Une prestation haute en couleur qui mériterait certainement d’être vue dans une salle sombre.

Battle Beast reste une valeur sûre, sans grande surprise. Un spectacle travaillé pour le visuel et un metal sympa et passe partout. Mais un ensemble sans doute un peu trop kitsch (à ce sujet, on repassera la semaine prochaine…)

Je rate Car Bomb pour cause d’interview mais impossible de rater la metal queen. Doro, ça fait des siècles qu’on attend son retour en terre sainte et le public ne se fait pas prier. Si son set est principalement axé autour de ses grands succès d’antan, Doro et sa bande prouvent une nouvelle fois savoir ce que c’est que d’avoir un public dans la main. Un set impeccable, plein de bonne humeur et de bienveillance. Merci ! Aura-t-on droit à un duo avec le Metal God plus tard ce soir?

Une foule curieuse s’entasse devant la MS 2 , deux drapeaux ukrainiens flottant au vent. Jinger, on le sait depuis peu, a reçu l’autorisation de son gouvernement de quitter le pays pour aller promouvoir la culture ukrainienne sur les festivals d’été. La rage est là, féroce mais de message politique, on ne trouve que peu de traces. Un set puissant d’un groupe qui tire profit de la situation anormale de son pays en guerre.

De l’autre côté, Michael Schenker connait un renouveau de carrière mérité. Il déboule avec son MSG et propose une heure de ce hard rock classieux planqué sous sa chapka noire. Il n’a pas un peu chaud le gaillard ? En tout cas, il est souriant, heureux d’être là et de transmettre du bonheur. Un vrai plaisir de retrouver en si grande forme celui qui fut naguère connu comme l’ange blond.

Quel dommage en revanche que les Japonais de Maximum The Hormone aient interdit toute photo ! Quelle énergie, quelle débauche visuelle le groupe nous propose. Son metal groovy et parfois disco entraine le public et le groupe ne s’en laisse pas compter, allant même, en s’en amusant, jusqu’à faire répéter au public des mots nippons qui semblent bien déplacés. Mais on s’en fout tant la dose d’énergie reçue est forte. La découverte du jour.

Il avait été rayé de listes – celles des notables du coin, pas de Barbaud ou du HF – il y a quelques temps, mais on savait qu’il reviendrait. Rien ne viendra ruiner cette amitié qui lie le Hellfest à Phil Anselmo qui déboule aujourd’hui avec un Down en pleine forme. Une heure d’un metal débridé, sauvage et entrainant, une déflagration qui fait du bien.

Le temps de me restaurer, je rate Korn sans grand regret, n’étant guère sensible au nu metal, même si le show est là. Mais rien ne me fera rater la prestation de Judas Priest, sans doute une des dernières fois que la légende anglaise se présentera à nous. Et ce n’est pas peu dire que depuis l’intégration de Richie Faulkner et le remplacement forcé de Glenn Tipton par Andy Sneap le groupe est très en forme. Même si on sait à quoi s’attendre – un Rob Halford mécanique, un Ian Hill seul dans son coin, un Scott Travis qui interpelle pour « one last song » qui sera sans surprise Painkiller, une Harley qui vrombit… le groupe connait parfaitement son affaire et propose un show superbe visuellement et musicalement. Un des musts de cette première partie, incontestablement.

Si les Français n’étaient pas au premier programme, les modifications de l’affiche nous font revenir Gojira en tête d’affiche, clôturant explosivement la MS1 de ce premier week end. Une heure trente d’un show puissant aux lights superbes finissant d’achever le public qui va devoir, pourtant, encore tenir pour Running Wild.

De mon côté, un passager m’attend. Le temps de le récupérer, d’aller à la voiture, de faire le plein et voilà que… sans l’avoir annoncé, cette première partie se termine par le feu d’artifices qui devait avoir lieu la veille… Tant pis, on en verra d’autres. Pour le moment, retour à la maison pour un peu d’activité pro avant de revenir dans quelques jours. Dans des conditions différentes mais tout aussi compliquées. A suivre…

 

Hommage à Martin BIRCH

Martin Birch – photo: ?

Martin Birch, un des plus importants producteurs de l’univers hard rock/metal est décédé le 9 août 2020 à l’âge de 71 ans.

Né le 27 décembre 1947 à Woking, ville située au sud ouest de Londres et aujourd’hui connue pour abriter, entre autres, les usines de l’équipe McLaren, Martin Birch grandit avec le rock, milieu dans lequel il évolue en tant qu’ingénieur du son puis producteur à part entière.

Ses premiers faits d’armes marquants sont signés avec Deep Purple. Si le mythique groupe anglais est producteur de certains de ses albums mythiques, Martin Birch est crédité en tant qu’ingénieur du son sur rien moins que Concerto for group and orchestra,  Machine Head, In rock ou Burn. Des albums qui lui permettent, à la fin des années 70, de se faire un nom et une réputation.

Ritchie Blackmore l’embarque dans ses valises lorsqu’il forme Rainbow dont il produit le premier album Ritchie Blackmore’s Rainbow en 1975, avec Ronnie James Dio au chant. Il s’occupe également des albums suivants, produisant Rising, l’immense double live On stage et le fabuleux Long live rock ‘n’ roll qui marque le départ de Dio pour Black Sabbath.

Entre temps, Martin Birch suit David Coverdale dans son projet Whitesnake dont il produit le tout premier essai, Snakebite, en 1978, avant de s’attaquer aux albums suivants. Impossible de ne pas citer les œuvres indispensables que sont Trouble ou Lovehunter, deux albums de heavy blues chaleureux qui arrivent en pleine vague punk… Mais ce sont surtout les années 80 qui vont en faire le producteur incontournable qu’il devient rapidement. Sa carrière continue, bien sûr avec Whitesnake, dont on retiendra le sublime double Live… in the heart of the city, et les albums studio Ready and willing, Come and get it, Saints and sinners ou le plus « discutable » Slide it in.

Revenons à Dio et son intégration au groupe de Tony Iommi: Martin Birch transforme, au tout début des 80’s, la bête Black Sabbath en un monstre d’efficacité avec deux albums, une fois encore, indispensables: Heaven and hell et Mob rules. Deux « petites » collaborations qui poussent Black Sabbath au panthéon du rock avant que le départ de Dio ne voit le groupe se perdre…

Comment, aussi, passer à coté de sa collaboration, sa complicité même, avec Iron Maiden? Le groupe de Steve Harris lui accorde sa confiance dès 1981 et son second album, Killers. Birch ne quittera plus les manettes du son de la vierge de fer en engendrant une palette d’hymnes du genre jusqu’au début des années 90 . Soit la période la plus créative du groupe, celle de ses classiques incontestés: The number of the beast, Piece of mind, Powerslave, Somewhere in time, Seventh son of a seventh son, No prayer for the dying (le moins bon de tous, sans doute…) et Fear of the dark, sans oublier deux live, le chef d’oeuvre Live after death et Live at Donnington. Bref, toute la première période « dickinsonnienne ». Ainsi que toute celle avec Adrian Smith…

Si la carrière de Martin Birch semble notamment marquée par ses collaborations avec des groupes anglais, d’autres lui accordent également leur confiance, à l’instar des Américains de Blue Oÿster Cult qui semblent chercher un second souffle. Le groupe fait donc appel au producteur très en vue pour son album de 1980, Cultösaurus erectus, et le rappelle pour le suivant, l’année suivante, pour Fire of unknown origin. Un univers quelque peu différent qui pourtant séduit le public.

Il collabore également avec l’ange blond, surdoué de la guitare, Michael Schenker et son MSG pour qui il produit le troisième album, Assault attack, en 82, mais ce sera là leur unique collaboration.

Martin Birch aura illuminé de son les années 80. il décide de prendre sa retraite en 1992 après avoir finalisé son travail avec Iron Maiden pour Fear of the dark. Pour eux comme pour d’autres, après son passage, plus rien ne fut comme avant. Tous les groupes qui ont collaboré avec Martin Birch ont vécu avec lui leur moments de plus grande créativité. Passer après Birch? Une tâche plus que compliquée, semble-t-il.

Merci, Martin, si tu nous as quittés, ton oeuvre, elle, sera là pour l’éternité. RIP.

DEEP PURPLE: InFinite

deep purple 2017 Royaume-Uni, Hard rock (e.a.r. music, 2017)

Eh, si ce InFinite doit être le chant du cygne de Deep Purple, alors soit! Mais quand un groupe cinquantenaire affiche une telle forme, il est dommage de penser qu’il entame sa dernière tournée cette année. Rassurons nous, il ne s’agit que de tournée, Pruple ne parle pas de mettre un terme à un concert de temps à autres, ni même ne parle de dernier album! D’ailleurs, le titre lui-même est en contradiction avec l’idée de fin: Infinite…  Plus en forme que jamais, Deep Purple nous offre quelques surprises : malgré l’arthrite qui le paralyse de plus en plus, Steve Morse est plus imaginatif que jamais. Sans doute la maladie qui le handicape l’oblige-t-elle à travailler la guitare d’une autre façon? La guitare, sans être omni présente, apporte une dimension sans pareille à l’ensemble (Time for Bedlam, Birds of prey, Johnny’s band…). Don Ayrey, qui ne parvient pas, en concert, à faire oublier Jon Lord, offre des moments mémorables avec ses claviers (All I got is you). La voix de Gillan, si elle ne peut certes monter autant qu’il y a quelque décennies (mais quelle rage il s’en dégage sur All I got is you!), est partout magnifique. Et, enfin, on le sous estime souvent, mais le rôle de Roger Glover dans le groove de la section rythmique est ici immense, et la complicité avec l’exemplaire Ian Paice sans équivoque. La variété de styles apporte une fraîcheur à l’ensemble (ah, ce The surprising au titre si bien choisi, clin d’œil, en partie, à Jeff Buckley et/ou Pink Floyd, et ses instants fantomatiques rappellent également Vincent Price qui figurait sur l’album précédent), et évoque le Purple des années 70, celui du retour de 84 autant que ce dernier « mark » du groupe, qui propose sans doute son meilleur ouvrage depuis l’arrivée de Morse. InFinite se déguste et l’on s’en délecte sans modération. Pourtant, une surprise moins bonne est à relever: pourquoi une formation aussi assise que Deep Purple a-t-elle fait le choix de conclure ce qui pourrait être son dernier album avec une reprise des Doors? Va savoir… Reste que, comme Gillan le chante si bien sur le morceau d’ouverture, parce qu’avant ce ne sera pas possible (pour moi): « see you in hell »(fest)!

Note: 9,5/10

PHOTO DE LA SEMAINE: DEEP PURPLE

Roger Glove, Deep Purple - Paris, le Zénith, le 13 novembre 2012

Roger Glover, Deep Purple – Paris, le Zénith, le 13 novembre 2012

La force tranquille d’un vieux briscard de la route… J’ai vu Deep Purple pour la première fois lors après sa reformation en 1985 dans un POPB archi comble, au lendemain de deux journées d’un France Festival en demi teinte. Mais je n’avais pas eu l’opportunité de les voir accompagnés de Steve Morse. Ce soir du 13 novembre 2012, alors que Deep Purple se produit une énième fois en France, c’est chose faite. Lire la suite