Interview: JD SIMO

Interview SIMO : rencontre avec JD Simo (guitare et chant). Entretien mené le 25 septembre 2017 chez Gibson France

Simo

Il y a des personnes comme ça qu’on a plaisir à revoir. JD Simo en fait partie, et Metal Eyes a profité de l’occasion de la sortie du nouvel album de Simo, son groupe, et de sa présence à Paris pour faire parler le géant blond, sorte de gros nounours passionné par son art, son job, et la vie en général. Interview cool et zen…

metal-eyes: JD, pour commencer, nous devons parler de ce repère unique dans la carrière de Simo qui a eu lieu le 3 avril 2016 (il se met à rire). Ça t’évoque quoi ?

JD Simo: Je me souviens beaucoup d’excitation, parce qu’il s’agissait de notre première vraie tournée européenne. Une longue tournée de 6 semaines, je crois. La première date était à Paris, la salle était pleine, ce qui était super. Et, malheureusement, vers la fin du concert, mon genou m’a lâché et… Je ne m’étais jamais blessé avant, c’était assez chaotique.

metal-eyes: Surtout sur une petite scène…

JD Simo: Oui, et ça a vraiment été difficile de me faire sortir de là. Ensuite, il a fallu une heure pour arriver à l’hôpital. Je me souviens avoir eu très mal, avoir été blindé d’antidouleurs… J’ai l’impression que ce fut un gâchis de bons médicaments, car ça ne m’a pas vraiment soulagé ! (rires) Mais je suis sorti le lendemain, on a continué la tournée. Je n’ai pas pu marcher pendant des mois, mais…

metal-eyes: Que penses-tu de l’hospitalité des hôpitaux français ?

JD Simo: Ils se sont vraiment bien occupés de moi. Mon entrée et la sortie ont été assez rapides. Ils ont bien pris soin de moi, vraiment.

metal-eyes: Ce même jour, avant, le concert, nous avons discuté de plusieurs choses parmi lesquelles un peu de politique. A cette époque, tu avais placé quelques espoirs en un des candidats, mais depuis, le peuple américain a envoyé Donald Trump à la Maison Blanche. Quelle est ton opinion au sujet de ce qu’il s’est passé et de ce qu’il se passe actuellement ?

JD Simo: … C’est un monde de dingues dans lequel nous vivons… En ce qui concerne mon propre pays, ce fut assez choquant. C’est vraiment déchirant de voir à quel point mes concitoyens sont divisés, vraiment. Je pense qu’à la base, l’être humain recherche la même chose : la paix. SI nous pouvons aller au-delà de certaines choses, nous pourrions être en paix. Je trouve ça vraiment frustrant, humainement. Je crois vraiment que nous voulons tous la même chose. Notre intelligence – ou notre manque d’intelligence – brouille les pistes, trouble l’eau. C’est une époque frustrante. J’ai regardé vos élections, ici, en France et, ce qui s’est passé en Allemagne, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni… C’est sans aucun doute la période la plus difficile que j’ai vécue.

metal-eyes: Parrlons un peu de musique. Simo va bientôt publier Rise and shine, le troisième album du groupe. De ce que j’ai pu en écouter, l’ensemble reste très orienté 70’s, avec quelques touches psychédéliques, du rock. Qu’avez-vous mis dans ce disque qui arrive assez rapidement après votre dernier, Let love show the way.

JD Simo: L’an dernier, on était assez cramés par ce que nous avons vécu. On est parti environ 300 jours, et ça, c’et une expérience assez traumatisante, très difficile à décrire à moins de l’avoir vécue. Nous avons ensuite voulu développer, explorer différentes directions sans savoir ce que ça signifie. Personnellement, j’ai traversé divers problèmes personnels, que je suis parvenu à résoudre. Cela m’a également ouvert l’esprit, créativement, parce qu’il y a beaucoup de choses que je n’avais pas voulu affronter, et les affronter a affecté la manière dont je fais les choses. Il y aura toujours certaines influences dans notre musique, mais également l’introduction de choses que je n’aurais pas envisagé inclure à notre musique. Il y a du hip-hop, des sons expérimentaux… D’autres passages assez cinématographiques, liés à ma passion du cinéma. Il y a la rencontre avec les moyens modernes d’enregistrement.. Nous avons passé des mois entiers à mixer ce disque. Il y a beaucoup de détails dans cet album. Après le mix initial, nous avons tenté de retirer certaines choses afin qu’elles ne détournent pas l’attention. Il y a beaucoup d’attention apporté à chaque morceau. En fait, tout réside dans notre approche : notre album précédent a été enregistré en 2 jours. Nous avons pris 4 mois pour celui-ci. Le premier mois, nous l’avons consacré à travailler les chansons que j’avais composées. Nous avons bossé ensemble 8à 9 heures par jour. Cherché les arrangements, faire, refaire… En février, nous sommes entrés en studio où nous sommes restés un mois. On a enregistré un morceau à la fois, 5,6 ou 7 heures. Pour chaque chanson, nous installions le studio différemment parce que nous avions une idée très précise de ce que nous voulions. Nous avons beaucoup expérimenté. Certaines prises étaient très rapides, d’autres … Il y a une chanson qui a nécessité environ 30 prises, parce que nous cherchions un feeling particulier. Nous avons finalement trouvé ce que nous cherchions. Je me suis ensuite attaqué au chant, nous avons fait les overdubs titre par titre, qu’il nous faille une journée complète ou deux. Puis, on annule tout pour tout reprendre à 0 sur la chanson suivante…  

metal-eyes: L’évolution principale réside donc en ceci que vous avez travaillé beaucoup plus dur sur les chansons.

JD Simo: Et sur la composition aussi. C’est un processus épuisant.

metal-eyes: Quelle chanson de Rise and shine représente le mieux ce qu’est Simo aujourd’hui, si tu devais n’en retenir qu’une seule ?

JD Simo: Oh dieu… (il réfléchit longuement) Je crois que je retiendrais… I want love, je pense. Elle est au milieu du disque, et, oui, c’est une ballade, mais elle possède ces aspects différents : il y des parties tendres et d’autres plus directes, et ces harmonies vocales comme une partie de ping pong. C’est simplement quelque chose que nous ne pensions pas pouvoir réaliser il y a à peine un an. C’est venu d’où c’est venu, et c’est un morceau, celui-ci plus particulièrement, dont je suis vraiment fier. Tout l’album, chaque chanson a une signification particulière. Ce morceau là, je ne pensais pas pouvoir chanter de la sorte, faire ce que nous avons réalisé…

metal-eyes: Justement, en remontant dans ton histoire, quel a été ton premier choc musical ?

JD Simo: Ca peut signifier beaucoup de choses… Mon premier choc musical ? C’était Elvis Presley… Voir Elvis Presley à la télé, c’était choquant…

metal-eyes: Dans quel sens ?

JD Simo: J’avais 3 ou 4 ans, donc je n’avais pas été témoin de grand-chose, de tout ce cirque… Son aspect, la réaction des gens, le son… Je n’avais jamais rien vu de tel avant. Ca devait être à l’occasion d’un anniversaire de son décès, et la télé diffusait cette émission spéciale. C’était puissant, ça l’est encore

 metal-eyes: C’est lui qui t’a donné envie de devenir musicien ?

JD Simo: Absolument, oui, cette émission et Elvis.

metal-eyes: Quelle pourrait être la devise de Simo ?

JD Simo: … « Expérimentation »

metal-eyes: Un seul mot, simple et qui prendra tout son sens à l’écoute de votre nouvel album. Tu parlais de votre précédente tournée, épuisante. Quels sont vos projets de concerts pour défendre Rise and shine ?

JD Simo: Nous entamons la tournée européenne demain (donc le 26 septembre) à Londres, et resterons ici environ 3 semaines. Ensuite, nous rentrerons aux USA et prendrons quelques jours de repos avant d’entamer une tournée US. Ce qui nous mènera jusqu’à la fin de l’année. Ensuite, je pars en tourné seul, sans le groupe, avec un autre guitariste, avec qui nous ferons une tournée acoustique aux USA. C’est une nouvelle chose que je vais essayer, parceque j’aime le blue grass, le folk… Donc c’est une nouvelle expérience dans un environnement différent. Ensuite, Simo continuera sa tournée US avant de revenir en Europe, vers le mois de mars 2018. France, Espagne, Italie, Scandinavie…

metal-eyes: Avec des scènes plus grandes et pas d’accident cette fois

JD Simo: J’espère, oui ! (rires)

metal-eyes: Comment occupes-tu ton temps en dehors de tes activités avec Simo ?

JD Simo: Simo me prend la majeure partie de mon temps. J’aime lire, écouter de la musique, regarder des films.

metal-eyes: Quel genre de livres lis-tu ?

JD Simo: Principalement des livres d’histoire ou de nature. Je ne lis pas beaucoup de fiction, je ne sais pas pourquoi, mais je n’accroche pas. J’aime l’histoire, la seconde guerre mondiale, la guerre de sécession… Je suis fasciné par le XXème siècle, cette période de 1900 à nos jours où il s’est passé tant de choses… Mais j’aime aussi des choses un peu barrées, théorie du complot et ce genre de choses, le surnaturel, la métaphysique… Les extra terrestres et leur possible existence… UN mix de différentes choses en réalité.

metal-eyes: Quand tu viens en Europe, qui a une très riche histoire, trouves-tu le temps de visiter les villes ou des musées ?

JD Simo: Oui, parfois. J’ai fais un tri, principalement ici, à Paris. Je n’ai pas eu beaucoup de temps, mais je me suis assuré d’aller visiter le Louvres. J’ai eu un jour de repos complet et j’en ai vu… 3% seulement, comme beaucoup d’autres ! Ma femme était avec moi, ce qui était sympa. Elle nous a accompagnés sur la dernière tournée, nous avons flâné à Paris, sommes allés à Notre Dame… nous avons passé notre temps à sauter dans les transports et aller à droite et à gauche… EN général, en Europe, je tente de visiter, mais c’est difficile de s’éloigner du groupe. Certaines personnes s’en foutent, et sont simplement heureuses de retrouver leur chambre d’hôtel, ça dépend de chacun. En ce qui me concerne, j’adore visiter. Et c’est pareil aux Etats-Unis. Il y a des endroits que j’ai adoré visiter, d’autant plus s’il y a un lien avec la musique. On habite le Sud, tu sais, et il y a encore tous ces vestiges de ce qui s’est passé. La plupart des gens qui vivent dans ces endroits s’en foutent royalement… « Vous vous rendez compte que James Brown a enregistré tous ces disques dans ce bâtiment abandonné là-bas ? – Ah oui ? Vraiment ? » Laisse tomber ! (rires)

metal-eyes: Quelle a été la meilleure question qui t’ai été posée aujourd’hui ? ou la plus étonnante, surprenante ?

JD Simo: Aujourd’hui ? Par toi ?

metal-eyes: Aujourd’hui, de ce matin jusqu’à maintenant…

JD Simo: Ma préférée… Quelqu’un m’a fait remarqué plus tôt que la dernière fois que nous nous avions parlé, je faisais de nombreuses références à Dieu, de différentes manières. « Oh, mon Dieu » « Jesus »…

metal-eyes: Tu ne l’as fais qu’une fois avec moi…

JD Simo: Ben voilà… (rires) On en a plaisanté et ils m’ont fait remarquer qu’au cours de notre discussion d’aujourd’hui, je n’y avais pas fais référence. Je leur ai répondu que, depuis la dernière fois, je ne suis pas la même personne. Je suis plus… ouvert en ce qui concerne ce sujet. J’ai grandi à Chicago, au sein d’une famille italienne et catholique, je suis allé au catéchisme, j’ai fait ma première communion et tout… Maintenant, je vis dans le sud des Etats-Unis où aller à l’église le dimanche fait partie intégrante de la culture américaine, blanche ou noire. Maintenant, j’ai voyagé et vu beaucoup d’autres endroits. Et cet élément, celui de l’inconnu, qu’on peut appeler Dieu ou autrement, certains s’y réfèrent de manière très terre à terre ou scientifique, d’autres de façon mystique. D’autres voit cela comme une honte, et d’autres choisissent de ne pas croire, tout simplement. Les faits, point. Mais au final, c’est la même chose pour tout le monde, tout dépend de notre interprétation. Ça dépend de notre culture. Nous avons tous, je crois, envie de comprendre l’incompréhensible et, en vérité, on ne peut pas comprendre. J’ai apprécié cette question, et le fait de pouvoir en parler parce que ce n’est pas forcément de cette manière que j’aurais répondu à un autre moment.

metal-eyes: Merci beaucoup, JD, je te reverrais en mars, sur scène pour un concert complet.

JD Simo: Avec plaisir, super ! ça m’a fait plaisir de te revoir mon pote !

 

 

APPICE: Sinister

Hard rock, USA (SPV, 2017)

Carmine et Vinny. Deux frangins, deux batteurs, deux légendes des fûts qui ont mis, au fil des ans, leurs baguettes au service des plus grands, parmi lesquels se distinguent, naturellement, Black Sabbath ou Dio. Il n’est dès lors guère surprenant que les frères Appice se réunissent le temps d’un album afin de mettre en avant leur instrument (c’est vrai qu’à de rares exceptions – Herman Rarebell, Phil Rudd et quelques autres – les batteurs ne se lancent pas dans une aventure solo). Ce Sinister viserait à prouver qu’un batteur c’est plus malin que quelqu’un qui ne sait compter que jusqu’à 4 qu’on n’en serait guère étonné. Mais dès le morceau titre, quelque chose coince… La fratrie a fait appel à divers musiciens et chanteurs pour l’accompagner et c’est très bien. Mais voilà, le chant de Jim Crean me gêne. Et je me rends compte qu’un élément essentiel manque à l’appel: la cohésion, celle d’une unité qui donne la pêche. Ce sentiment ne me quitte plus, malgré l’impatience d’écouter ce Drum wars, duel fratricide en vue qui se fait démonstration sans grande saveur, et la surprise d’un Riot, air qui me rappelle quelque chose. Ben oui! Le premier album, superbe, du Blue Murder de John Sykes, paru en 1989 et produit de main de maître par Bob Rock avec Carmine à la batterie. Mais voilà, encore, que, malgré le chant de Robin McAuley (seul Paul Shortino tire son épingle du jeu vocal), le résultat manque de pêche. Au final, si les intentions sont bonnes et l’exécution correcte, le résultat ne tient pas ses promesses. Dommage…

BLACK STONE CHERRY: Black to blues

Hard rock, USA (Mascot records, 2017)

Après avoir mystérieusement disparu des écrans radar (souvenez-vous l’annulation soudaine d’une partie de la tournée Kentucky, dont la date parisienne…) on a enfin des nouvelles des amis de Black Stone Cherry qui reviennent avec Black to blues, un Ep. Un simple Ep, composé, qui plus est, de reprises. Moitié Willie Dixon (Built for comfort, Hoochie coochie man et I want to be loved). Pourquoi des reprises? Pourquoi un Ep? Est-ce représentatif d’un état d’esprit du quatuor? Qui sait, mais ce n’est pas le principal. Ces 6 classiques du blues sont ici revisités à la sauce BSC, qui, tout en conservant l’essence même de chacune des chansons, gagnent en puissance, voire, merci la technologie moderne, en clarté. L’empreinte du quatuor est instantanément identifiable, et les chansons s’intègrent de fait parfaitement au répertoire déjà riche des gars du Kentucky. Si ce Ep est une mise en bouche, on attend maintenant l’album avec impatience. Et les 4 dates françaises prévues en janvier prochain!

MOTÖRHEAD: Under cöver

Hard Rock, Royaume-Uni (Motörhead music, 2017)

Bien, sûr, naturellement… Après la disparition de Lemmy, on pouvait s’attendre à ce que le nom de Motörhead ne soit pas oublié. Après un bien bel album live paru l’an dernier, le trio est de retour avec Under cöver, déjà en bacs. Mais, plutôt que de ressortir de vieilles bandes, démos, lives et raretés (auxquelles nous auront droit, évidemment), les survivants Mikkey Dee et Phil Campbell ont choisi l’option « on publie nos covers ». Celles que cette formation a enregistrées au cours des ans. Si l’on avait déjà pu écouter la reprise de Sympathy for the devil (The Rolling Stones) sur Bad magic, on a ici droit à 11 classiques, du rock au metal. Twisted sister, Stones, Judas Priest, Sex Pistols, Metallica, le panel est vaste, allant du rock au thrash. Et quelle plaisir – surprise, aussi – d’entendre Lemmy en lieu et place de Rob Halford, chanter Breaking the law… Ca apporte une autre rugosité à ce titre. Que penser de Whiplash, ultra speedé? Deux grosses surprises sont également à noter: la première, dont on parle beaucoup dans les milieux pas seulement autorisés, c’est cette version enlevée du Heroes de David Bowie. La seconde, c’est le chant sur Starstruck (Rainbow): un duo? Non… Malade, Lemmy n’a pu enregistrer le chant et c’est le fidèle ami Biff Byford (Saxon) qui s’en charge. Vous l’aurez compris, ce Under cöver est une belle et agréable surprise, un objet qu’on attendait pas forcément mais qui fait vraiment du bien. Motörhead not dead!

CYRHA: Letters to myself

Hard rock, Suède (Spinefarm, 2017)

Quand on prend un ex-Amaranthe (le chanteur Joacim Lundberg), qu’on ajoute 2 ex In Flames (le guitariste jester Strömblad qui a aussi sévi chez Hammerfall ou Dimension Zero parmi d’autres, et le bassiste Peter Iwers), pas étonnant que l’on écoute un album à la fois puissant et mélodique. Et « mélodie » semble êtyre le maitre mot de Letters to myself, le premier album de Cyrha, groupe formé il y a moins d’un an! Tout est ici attirant et suave sans tomber dans la guimauve… Les chansons sont entraînantes, parfaitement produites, et ne visent qu’à faire se trémousser et chanter le public. Karma, Heartrage, Muted life, Holding your breath… Tout est séduisant et carré (sauf la ballade trop prévisible Closure trop sirupeuse, mielleuse à mon goût…) La puissance que l’on retrouve généralement en ouverture cède la place à un chant très AOR, doublé d’une batterie effrénée sur fond de guitares rageuses, grasses et lorgnant parfois du côté du sleaze. Une recette qui a fait ses preuves et qui a encore de beaux jours devant elle. Car même une si cet album est une mer de bons sentiments, quand c’est bien fait, ben… ça le fait!

HOWLIN’ MACHINES: Fever

Hard rock, France (Autoproduction, 2017)

Qui peut nier que la scène hexagonale est active? De plus en plus de (bons) musiciens s’adonnant au plaisir de former un groupe, il n’est guère étonnant de trouver au milieu de cette foultitude innombrable de petites pépites prenant la forme de jolies promesses. Originaire du sud de Paris, de Villeneuve Saint George dont on évitera la confusion avec le fameux nuit du même saint, Howlin’ Machines est le fruit de la réunion en 2015 de copains de lycées; deux années de travail plus tard, le groupe nous offre ce premier Ep. Des jeunots, donc, et ça donne quoi? Bien que jeune, ça sent l’amour des anciens, AC/DC première période et le hard rock naissant en tête, un soupçon de blues, du Stooges d’Iggy Pop ou  du Motörhead aussi. Le son  de Fever, leur premier Ep (avec 7 titres, on pourrait parler d’album, non?) est oldie, volontairement, les guitares saturées et le riff simple et direct – certains appelleraient ça du stoner…. Howlin’ Machines ne s’encombre pas de fioriture et reste terre à terre. Dans le bon sens du terme, car le trio n’en fait jamais trop, tout au long des 7 titres qu’il nous propose (un petit travail sur l’anglais, correct mais pas au top, sera cependant à envisager.) C’est simplement chantant et entraînant. En concert, ça doit être  genre brut de décoffrage, super efficace!

ALICE COOPER: Paranormal

Rock, USA (earMusic, 2017)

Le chantre du shock rock est de retour. Une si longue absence de 6 ans nous sépare de la dernière offrande d’Alice Cooper qui nous offre ici une collection de 12 chansons produites par Bob Ezrin. Non content de faire appel à son vieux compagnon, Vincent Furnier incite Alice à convier de vieux potes, tels Billy Gibbons (ZZ Top) à la guitare immédiatement identifiable, Roger Glover (Deep Purple) ou le plus jeune Larry Mullen Junior (U2). Le son est limpide et met en valeur un chant qui sait se faire aussi joyeux que sombre ou inquiétant. Alice Cooper est un conteur, d’horreurs, certes, mais un conteur fantasque et hors pair qui nous invite avec envie dans son univers délicieusement malsain et gentiment gore et fait la part belle aux personnalités multiples de ce schizophrène reconnu(avec un titre comme You and all of your friends, on ne peut guère penser se cantonner à un simple Dr Jekyll et Mr Hyde…) Au gré des Dead flies, Rats, Paranormal personality, Dynamite road… on voyage au cœur même de l’histoire du rock, qu’il soit hard, simplement rock ou plus psyché, voire prog… Nul doute que Paranormal, l’album, bénéficiera d’une production scénique hors norme. Le gaillard de 70 ans est au mieux de sa forme, et ça fait plaisir à entendre! En tout cas, c’est une nouvelle belle réussite!

KISSIN’ DYNAMITE: Generation goodbye – Dynamite nights

Hard rock, Allemagne (AFM, 2017)

Après un Generation goodbye plus que remarqué, nos voisins teutons de Kissin’ Dynamite ont décidé de faire parler la poudre et nous livrent aujourd’hui – il est déjà en bacs – un bien bel album live immortalisant leur dernière tournée. Enregistré à Stuttgart, ce témoignage fleuve – 25 titres – propose, oh surprise, c’est désormais une habitude, un double album audio doublé du visuel immortalisé sur DVD. A set list identique, ruons nous d’abord sur le DVD, l’audio sera à prévoir pour vos déplacements. La salle dans laquelle se produisent les Allemands, le LKA Longhorn de Stuttgart – en ce 3 décembre 2016 est vaste, la bonne visibilité du public seulement contrariée par ces vilains poteaux de soutènement centraux. Mais le public est présent en nombre – c’est mieux pour un live, non? – et KD a mis les moyens: si la scène est sobre, le décor est bien présent, le logo du groupe flashant en rouge au dessus des enceintes, les fumigènes utilisés à bon escient, les choristes présentes juste ce qu’il faut, la venue de Jennifer Haben (Beyond the Black) … Scéniquement et musicalement, il n’y a rien à dire: les amateurs de bon gros hard rock trouveront du plaisir avec cette setlist dont la seule faiblesse est ce passage plus calme des 3 ballades power ballads (Only the good die young, Out in the rain ou Against the world, interprété par Hannes Braun seul sur scène avec son piano). Le reste est puissant, axé sur le dernier album et sur les morceaux les plus explosifs de la formation. On regrettera seulement le manque d’espace scénique qui transforme vite la prestation en répétition de mouvements, et les lumières ne rendant pas justice au groupe. L’envie, l’énergie et le plaisir se reflètent cependant sur les visages des jeunes musiciens – qui n’ont rien à envier aux grands du genre – et du public multigénérationnel. Comme tout bon DVD, il faut compter sur les bonus. Au nombre de 3, on est vite frustrés aussi: une présentation de l’équipe (The crew behind the show) en hommage au road crew qui ne dure même pas 5′, ou des « Secret scenes » d’à peine 4’… On en demande plus! « KD goes Ukraine » permet de suivre le groupe hors ses frontières pendant 10’… Pourquoi n’avoir pas saisi l’opportunité de montrer plus de paysages, villes, publics??? Reste que Kissin’ Dynamite honore son statut de relève de la vieille garde et se tient prêt à la prendre, la relève…

HYPNOTIC DRIVE: Full throttle

Hypnotic Drive, c’est qui? Hypnotic Drive s’est formé en 2012 en région parisienne et publie son premier Ep, la carte de visite The ride, en 2013, ouvrant au groupe les portes de quelques premières parties scéniques. il faut cependant attendre 2017 pour que paraisse le premier album du groupe, Full throttle.

Full throttle, ça donne quoi?  De l’énergie à revendre, c’est la promesse de ce Full throttle quine souffre que d’une production moyenne, faisant ressortir le côté frenchie du groupe. Un accent pas top, mais en revanche, des guitares et une rythmique qui foncent, une détermination et une volonté qui font plaisir à entendre. Hypnotic drive nous propose avec ce premier album un heavy gras et bourru, inspiré autant par AC/DC que Metallica ou Clutch (deux références évidentes, un peu trop présentes d’ailleurs…), auxquels viennent se greffer une touche de stoner, voir de heavy psyché à la Black Sabbath, et du punk. On ne cherche pas les gros effets ni le riff qui tue, ici, simplement le gros riff qui tache  et fait taper du pied. On appuie à fond sur l’accélérateur sans regarder derrière. Mais… je ne le répéterais jamais assez, quelle crédibilité un groupe peut-il avoir sans un phrasé et un accent corrects, cela malgré une voix puissante et rocailleuse à souhaits ? Et là, le bât blesse grave… Il y a tout au long de ce disque de bonnes idées souvent, malheureusement, sous exploitées… En tout cas, pas assez pour me séduire vraiment. Il manque quelque chose, dommage.

Note: 6,5/10

NICKELBACK: Feed the machine

Nickelback, c’est qui? Est-il encore besoin de présenter Nickelback, le groupe canadien fondé en 1995 par les frangins Kroeger (Chad, guitare et chant et Mike, basse) et le guitariste Ryan Peake? Est-il nécessaire de rappeler que les groupe aux 50 millions d’albums vendus a composé en partie le titre Hero, de la BO du premier Spiderman en 2002, véritable booster de carrière, juste après avoir trusté les premières places des charts en Amérique du Nord? Non, non, pas vraiment…

Feed the machine, ça donne quoi? Pas de surprise, ni bonne ni mauvaise avec, Feed the machine, le nouvel album de Nickelback. Les Canadiens débutent avec le morceau titre,  puissant et aérien avant de continuer avec Coin for the ferryman, véritable hit en puissance au refrain imparable, typique du metal US des 90’s, débuts des années 2000. Puis arrive la première ballade, Song on fire, qui séduira toutes les midinettes… Trois morceaux, et tout Nickelback est là: mélange de bon sentiments et de puissance et bravoure au travers de 11 morceaux parfaitement produits et ordonnés. Pas de surprises, disais-je, et c’est sans doute ce qui manque ici: une surprise, et des risques, mais, malgré des moments téléphonés (le sirop dégoulinant de After the rain, par exemple…) force est de constater que l’on se délecte des Must be nice (ultra groovy!) et autres For the river et ses accents rap/scratch. Bon, soyons quand même surpris de la doublette The betrayal dont on retrouve deux actes, dans l’ordre Act III puis Act I, et demandons où donc est passé la seconde partie… Un bel album qui souffre de ce sentiment de déjà entendu.

Note 7,5/10