Interview: VULCAIN à la Firemaster convention

Interview VULCAIN : rencontre avec Daniel Puzio (chant et guitare) et Vincent Puzio (basse). Propos recueillis lors de la première Firemaster convention, à Châteauroux, le 22 février 2020

 

Après avoir commencé cette interview dans la loge de Vulcain, Loaded Gun monte sur scène et balance la sauce… nous empêchant d’aller plus loin. Daniel, Vincent et moi décidons de nous réfugier dans le van du groupe où se déroule une interview express que je vous livre aujourd’hui. Même s’ils ne sont pas les plus gais lurons de la terre, retrouver les frangins Puzio est toujours un plaisir, alors ne le boudons pas !

 

Metal-Eyes : Ça fait un bout de temps qu’on ne s’est pas vus, alors première chose : comment allez-vous tous les deux ?

Daniel : Ça va très bien… On est toujours sur la route, alors ça va vraiment.

 

Metal-Eyes : Voici bientôt 18 mois que Vinyle, votre dernier album, est sorti. Quelque part, c’est un retour aux sources. Comme se porte-t-il ?

Daniel : Les retours que l’on a c’est qu’apparemment, il a plu…

 

Metal-Eyes : « Il a plu », donc il ne plaît plus ? (rire général)

Daniel : Si, si, il plait ! On a bien tourné avec. Tout se passe comme prévu, le public est réceptif

Vincent : On a un bon accueil du public un peu partout.

 

Metal-Eyes : Ce disque a bien vécu, alors comment analysez-vous l’évolution de Vulcain entre vos deux derniers albums, V8, qui marquait votre retour aux affaires discographiques et Vinyle ?

Daniel : Peut-être qu’avec Vinyle on est allés un peu plus loin au niveau du travail, on s’est un peu plus penchés sur les compos pour faire en sorte de mieux satisfaire tout le monde…

 

Metal-Eyes : C’est-à-dire ?

Daniel : Comme tu as dit, c’est un peu un retour aux sources… Ce n’est pas comme ça qu’on l’envisageait, mais on est contents que les gens le prennent comme ça. On a tout fait pour revenir pas à nos origines mais à ce que sait faire Vulcain.

 

Metal-Eyes : Rien qu’avec le titre de l’album, il est clair que vous n’allez pas taper dans le trop moderne.

Vincent : Non, ce serait pas nous…

 

Metal-Eyes : Si l’un et l’autre vous ne deviez retenir qu’un seul titre de Vinyle pour expliquer à quelqu’un qui ne vous connait pas ce qu’est Vulcain en 2020, ce serait lequel ?

Daniel : Je dirais le premier titre, Vinyle, parce qu’il redonne bien l’énergie que déploie le groupe. Ce n’est pas un titre trop speed, mais on sent qu’il y a de l’énergie, de l’agressivité dedans. Ça débouche sur plein d’autres titres de cet album.

Vincent : Je suis d’accord, c’est aussi pour ça qu’on l’a choisi pour ouvrir l’album. Et pour le clip…

 

Metal-Eyes : Il y a un morceau qui est assez représentatif aussi, c’est Backline music. Ça me rappelle un endroit vers Pigalle où on peut acheter du matériel de musique, qui est dirigé par un certain bassiste, d’un certain Vulcain…

Vincent : Comme par hasard (rires) ! Le magasin fait partie de nous, tu sais…

 

Metal-Eyes : C’était quoi l’idée de ce morceau, justement ?

Daniel : Oh, tu sais, il fait partie de l’histoire du groupe, ce magasin. C’est un petit hommage…

 

Metal-Eyes : Donc ce n’était pas pour attirer du monde. D’ailleurs, Vincent, tu as eu des visites à la suite de ça ?

Vincent : Non, non, je ne crois pas…Ça n’a pas influencé le chiffre d’affaires.

Daniel : Pas mal de ces compos ont été faites dans le magasin, justement.

 

Metal-Eyes : Lesquelles n’on pas été faites au magasin, alors ?

Daniel : Je ne sais plus lesquelles… Mais j’y suis moins qu’avant, maintenant que j’ai quitté Paris. Quand j’étais à Paris, on se retrouvait le soir, et on travaillait 3 ou 4 heures les titres….

 

Metal-Eyes : C’est un bon endroit aussi pour tester du matériel et différentes choses.

Vincent : Oui, et pas que…

 

Metal-Eyes : Il y a un autre titre qui me marque, beaucoup plus engagé, qui est très proche de la triste actualité : c’est L’arnaque…

Daniel : Ouai… C’est un hommage au 13 novembre, au Bataclan. Je voulais faire un titre fort dessus, mais je ne voulais pas que le mot « terrorisme » et des trucs comme ça apparaissent. Je parle plus de religion que de terrorisme. C’était pour marquer ce drame, il n’y a pas d’autre mot, mon hommage au Bataclan.

 

Metal-Eyes : C’est plus pour dénoncer la religion dans son ensemble, aussi.

Daniel : En plus, oui. Et le fait qu’on y ait joué avec Motörhead, on voit bien ce qui a pu se passer. Quand tu ne connais pas la salle… Les escaliers qui montent backstage, des gens en panique là-dedans, ça devait être l’horreur…

 

Metal-Eyes : Avec des issues que d’un seul côté, cette salle était un piège à lapin… Mais on continue et on avance… Alors, en 2020, quelle pourrait être la devise de Vulcain ?

Daniel (il réfléchissent tous deux) : Là, tu nous demande un truc…

Vincent : Une devise ???

Daniel : « En 2020, on reste dans le bain ! » (rire général)

 

Metal-Eyes : Vincent, une autre idée ?

Vincent : Euh, non, dans le bain, ça me va bien…

 

 

Metal-Eyes : Ah, c’est dommage, mon épouse n’est pas là ! Pourtant, ça la concerne directement : ce soir, avec Trust, Vulcain devient le groupe français qu’elle aura vu le plus souvent…

Daniel : C’est cool, c’est sympa et flatteur.

 

Metal-Eyes : Ça ne fait que deux fois, je précise (rires).

Daniel : Deux fois, ah, bon… (il rit)

Vincent : Mais c’est cool quand même !

 

Metal-Eyes : Ce soir, vous jouez à la Firemaster convention. Doit-on s’attendre à quelque chose de particulier ? La dernière fois que je vous ai vus, vous fêtiez le 35 ans de Rock’n’roll secours, ce n’est plus le cas aujourd’hui…

Daniel : Non, ce soir on va faire un panaché de Rock’n’roll secours, de Desperados, on a des titres de Vinyle, aussi. Un morceau de V8 et un de Transition, et on joue aussi Le soviet suprême de Big brother

Vincent : Mais en même temps, on ne joue pas longtemps, une heure dix, alors on ne peut pas tout jouer non plus.

 

Metal-Eyes : Merci encore, je vous retrouve tout à l’heure sur scène.

Tous deux : Avec plaisir !

 

 

 

 

 

 

BIFF BYFORD: School of hard knocks

Hard rock, Angleterre (Silver lining, 2020) – En bacs le 21 février 2020

Annoncé depuis un bout temps, le voici enfin arrivé ce premier album solo de Biff Byford, le mythique chanteur de Saxon. Ce School of hard knocks arrive à point pour rassurer les fans après les problèmes de santé qu’a connu le grand Biff. Car le gaillard et très en voix, qui se bonnifie avec le temps. Dès le premier titre, Welcome to show, et comme pour faire la nique à certains qui perdent un peu de puissance avec l’âge, il se permet même quelques envolées dans les aigus (il conclue de la même manière avec Black or white, d’ailleurs…) Puis entre dans une phase autobiographique avec le très rock titre éponyme, entraînant, évoquant autant AC/DC que le classic rock puissant des 70’s. C’est d’ailleurs une constante tout au long de ce disque qui regarde plus du côté du hard rock que du heavy metal de Saxon, même si la voix de Biff ne laisse aucun doute quant à savoir de qui il s’agit… Certes, les chansons ne correspondent pas entièrement à l’esprit Saxon, et sont l’oeuvre de diverses collaboration. On se plonge ainsi avec plaisir dans l’hispanique Inquisitor au texte d’Edgar Poe narré qui précède l’inquiétant The pit and the pendulum,  ou dans la version particulièrement chaleureuse de Scarborough fair (Simon & Garfunkel). S’il s’est entouré de nombreux invités – on retrouve notamment Frederik Akesson (Opeth) à la guitare et Christian Lundqvist (The Poodles) à la batterie, personne n’est surpris de la participation du fidèle Nibbs Carter, son habituel bassiste au sein de Saxon, sur Pedal to the metal et Hearts of steel, qui sont avec Worlds collide les morceaux les plus heavy du lot. On n’est pas plus surpris de la participation de l’ami de longue date qu’est Phil Campbell, parmis les noms les plus connus.  Comment, également ne pas être touché par Me and you, véritable déclaration d’amour qu’il fait à son plus fidèle compagnon musical, le guitariste Paul Quinn qui signe d’ailleurs la musique à la simple guitare folk accompagné d’une rythmique discrète. Biff Byford nous propose ici de découvrir d’autres inspirations musicales, sans toutefois s’éloigner fondamentalement de son terrain de prédilection. Un bel album, personnel et plus confidentiel que son habituel groupe, un intermède de remise en forme également. Le gaillard n’a, heureusement, pas dit son dernier mot!

Interview: DEWOLFF

Interview DeWolff. Rencontre avec Pablo van de Poel (chant, guitare) et Luka van de Poel (batterie). Propos recueillis à l’hôtel Alba Opéra à Paris le 11 décembre 2019

Metal-Eyes : Pablo, avant de parler du nouvel album de Dewolff, Tascam tapes, parlons de son coût, que vous affichez : vous affichez partout qu’il vous a coûté moins de 50 dollars…

Pablo : Vous êtes très attachés au côté financier, on dirait (il rit). On a eu cette idée un peu dingue de mettre ces infos un peu partout. Ce chiffre est en fait fictif, car dans la réalité, ce disque ne nous a rien coûté. Il a été enregistré avec du matériel dont nous disposions déjà.

 

Metal-Eyes : Quand tu parles de matériel, tu parles de chansons que vous aviez déjà composes?

Pablo : Non, on n’avait rien avant, nous avons tout compose sur la route. Tu sais, j’ai acheté cet enregistreur 4 pistes Tascam il y a 8 ans, pour quelque chose comme 35 euros. On a sans doute acheté des câbles ou des trucs comme ça, ce qui fait les 50 dollars qu’on annonce.

 

Metal-Eyes : Vous avez donc enregistré vos morceaux directement sur cet enregistreur Tascam?

Pablo : Oui, et nous avons enregistré partout sur la route: dans le van, dans les chambres d’hôtels, backstage… une grande partie de l’album a été enregistré en France, en tournée, backstage.

 

Metal-Eyes : En tapant le boeuf?

Pablo : Oui, mais nous devions aussi faire les choses assez rapidement, nous ne disposions que d’une heure ou deux pour réaliser quelque chose. C’est le temps dont nous disposions, voyageant d’une salle à l’autre… Le temps entre notre arrivée et l’heure de monter sur scène. Du temps que nous ne consacrions pas à lire, dormir…

 

Metal-Eyes : Que peux-tu dire au sujet de Tascam tapes afin d’inciter le public à filer l’acheter dès sa sortie?

Pablo : Eh bien, il s’agit de Dewolff comme vous ne l’avez jamais entendu auparavant. D’habitude on écrit une chanson, que nous modifions la semaine suivante, puis encore… avant de l’enregistrer et tenter de la capturer de la meilleure manière possible. Ce que nous avons fait là, sur la route, dès qu’on tenait quelque chose, un son, un riff, on se disait qu’il fallait en faire quelque chose. J’y ai ajouté des paroles et nous avons enregistré le plus rapidement possible. Nous n’avons pas cherché à enregistré le plus de choses possible en un minimum de temps, mais nous avons vite pris conscience que nous si nous terminions rapidement une chanson, nous pouvions en capturer l’essence même, brute, nouvelle. Normalement, en enregistrant, tu démarres quelque chose, tu te rends compte que c’est bon, tu veux le perfectionner et développer parce que tu as du temps. Tu retourneras au studio la semaine prochaine pour terminer, si nécessaire. Là, nous avons enregistré les chansons au moment où nous nous disions que « ça, c’est cool ! », au moment où ton inspiration est au top et où nous pensions que c’est ainsi que cette chanson devait sonner.

 

Metal-Eyes : En dehors de cette nouvelle manière d’enregistrer, comment analyserais-tu l’évolution de Dewolff entre vos deux derniers albums studio, Thrust et Tascam tapes ?

Pablo : Avec Thrust, nous nous sommes dit que nous avons cherché à mettre dans nos chansons tout ce qui fait Dewolff, aussi bien le côté jam que le hard rock. Nous avons tout voulu inclure, tandis que pour Tascam tapes, nous avons été beaucoup plus spontané. On a pensé à des groupes comme Little Feet, à leurs qualités de compositeurs. Pour Thrust, nous avons composé les meilleurs titres possibles, et quelques mois après avoir terminé, nous nous sommes demandé ce que nous allions faire ensuite. « Allons-nous nous répéter et dire aux gens que nous avons, encore, enregistré les meilleurs titres possible, ou faisons nous quelque chose de dingue, de différent ? » Nous nous sommes dit que c’était une option assez cool…

 

Metal-Eyes : Comment penses-tu alors aborder vos enregistrements futurs? Sur la route, encore, ou de retour en studio ?

Pablo : Je crois que, sur la tournée à venir, nous allons embarquer le 4 pistes Tascam, enregistrer des trucs avec mais pas forcément sortir ces versions. C’était très amusant de réaliser un album aussi rapidement. Je suis très fier de ce que nous avons réalisé et de la manière de le faire, mais j’aspire aussi à pouvoir passer du temps en studio, tenter de réaliser « un chef-d’œuvre ». Avec ce dernier album, nous n’avons, à aucun moment, ressenti une quelconque pression. Nous avons enregistré ce que nous voulions quand nous le souhaitions. Tu sais, nos retours se trouvaient sous les sièges du van… L’idée c’était d’enregistrer, de tout écouter de retour à la maison, et si nous avions assez de matériel, de sortir un album. Nous n’avons pas perdu de temps, nous nous sommes bien amusés. C’est aussi agréable de se retrouver dans cette bulle du studio, de pouvoir travailler plus longuement sur un album.

 

Metal-Eyes : L’un dans l’autre, tu n’as pas de préférence pour une méthode plus qu’une autre…

Pablo : Non, j’aime l’équilibre entre les deux approches. Et j’aime aussi le traitement de l’art en général, voir ce que le créateur d’une œuvre traverse pour réaliser son œuvre, comment elle évolue. Ce n’est pas statique, ça bouge tout le temps. Regarde les peintres, le tableau change et se développe tout le temps. (Nous sommes rejoints par son frère, le batteur Luka van de Poel). J’aime aussi revenir sur ce que nous avons pu faire et constater notre évolution. Tascam tapes a été enregistré avec des samples de batterie, et d’une certaine manière il ne ressemble en rien à ce que peut faire Dewolff habituellement. Mais, si tu compares avec nos anciens albums, tu reconnaitras Dewolff.

 

Metal-Eyes : Luka, comment analyses-tu l’évolution de Dewolff entre vos deux derniers disques ?

Luka : Je crois que Tascam tapes est très différents mais que ceci est dû à la manière de le composer et de l’enregistrer. Nous avions beaucoup de limitations, enfermé dans un van, nous ne disposions que de quelques instruments et de cet enregistreur cassettes. C’est ce qui le différencie principalement de Thrust, pour lequel nous avions un studio, plein de temps pour le travailler, l’équipement… tout à disposition. Mais la manière dont sonne Tascam tapes, à cause de ces limitations, ça j’aime beaucoup ! Compact. Il fallait aller.

 

Metal-Eyes et Pablo, au même moment: Droit au but…

Pablo : Waow ! pile en même temps (check)

Luka : Et quand nous pensions avoir une chanson, on l’enregistrait. Avant, nous avons peut être sur pensé les choses « Oh, ça c’est cool, mais on devrait peut-être rajouter cela, ceci… »

 

Metal-Eyes : Pablo, tu parlais de réaliser « un chef d’œuvre », mais ce n’est pas en sur réfléchissant qu’on en crée un…

Pablo : Non, en effet. Nous avons beaucoup appris de ces deux albums. Avec Thrust, nous avons réalisé que nous aurions pu moins réfléchir, celui-ci est plus brut, le prochain sera, qui sait, quelque chose entre les deux…

 

Metal-Eyes : Vous tournez beaucoup, quelles sont vos prévisions pour défendre cet album ?

Pablo : Nous célébrons la sortie au Paradisio, à Amsterdam. Le concert est complet, et ensuite nous allons en France, Allemagne, Espagne, Italie, jusqu’en avril. Puis Prague, et…

Luka : Nous allons en Scandinavie, au Royaume-Uni.

 

Metal-Eyes : Si chacun de vous ne devait retenir qu’un titre de ce nouvel album pour expliquer ce qu’est Dewolff en 2020, lequel serait-ce ?

Pablo : Oh… Je peux te dire quelle est ma chanson préférée…

 

Metal-Eyes : Pas ta préféré, celle qui représente le plus le groupe aujourd’hui.

Pablo (il se saisit de l’album et regarde les titres au verso) : Je ne connais aucune de ces chansons… Je dirais It ain’t easy, parce qu’elle s’est mise en place tellement rapidement. Entre le moment où nous avons commencé à l’écrire et celui où nous l’avons enregistrée à l’arrière du van, il ne s’est écoulé que 10 minutes ! Le lendemain, quand nous l’avons réécoutée, nous l’avons trouvée top. Elle saisit l’essence de ce qu’il se passait à ce moment. Mais je crois que ce qui va le mieux représenter Dewolff en 2020, c’est la version live de ces chansons qui seront beaucoup plus rock’n’roll.

Luka : On a commencé à répéter ces titres, et les versions sont déjà très différentes. Tu pourras constater le changement quand tu les entendras live.

 

Metal-Eyes : Quelle est le titre le plus représentatif de qui vous êtes, Luka ?

Luka : Je pense Blood meridian. Cet album est tellement différent de ce que nous avons pu faire dans le passé… Made it to 27 est aussi une parfaite représentation de ce que nous sommes. Mais les concerts restent la meilleure représentation de qui nous sommes…

 

Metal-Eyes : Facile (rire general)

Pablo : Je crois que chacun de nos albums n’est que l’ombre de ce qu’est réellement Dewolff. Si tu veux vraiment nous connaitre, il faut nous voir sur scène

Luka : Ça ferait un bon titre d’album, ça: “Shades of Dewolff”

 

Metal-Eyes : Une dernière chose: quelle pourrait être la devise de Dewolff en 2020 ?

Pablo : Euh… Dewolff: le groupe du people… (rires)

Luka : Travaillez plus dur, courrez mieux, jouez mieux et faites le tout le temps!

 

 

 

DEWOLFF: Tascam tapes

Hollande, Hard rock (Mascot, 2020) – Sortie le 10 janvier 2020

Avec un rythme régulier, dans l’esprit 70’s que le trio hollandais continue de faire vivre, DeWolff nous propose ce Tascam tapes hors du commun à plus d’un titre. Tout d’abord, cet album a été enregistré sur la route avec un simple magnéto 4 pistes, un Tascam que les frangins Van de Poel mettaient en route dès que germait une idée. Le résultat est impressionnant, comme c’est écrit en gros sur la pochette: « it sounds like a million bucks ». Des guitares envoûtantes, un chant hypnotisant, un rythme d’une redoutable efficacité, DeWolff nous offre une douzaines de chansons inspirées de la soul de la Motown, du disco des années 70 et, naturellement, de ce rock blues oldie mais si goodie. Ecoutez simplement le contraste entre le dansant It ain’t easy et la mélancolie de Rain… Rien sur cet album ne se répète. Si Thrust avait fait passer DeWolff dans une autre catégorie, ce nouvel album risque fort de les propulser aux sommets tant la musique et les tripes sont de sortie. Les choeurs pourraient laisser croire que le trio a eut à faire à une aide extérieure, mais non: les trois se sont chargé de tout, de A à Z. Un album bluffant de bout en bout qui transpire le sud, les bayous, les champs de coton, et la sincérité. Un superbe début d’année que nous offre DeWolff. Vivement qu’on les retrouve sur scène ceux-là!

MICHAEL MONROE: One man gang

Heavy rock, Finlande (Silver lining, 2019)

Impossible de ne pas finir l’année avec cette touche rock, punk metal, bref avec ce petit bijou que nous offre le trop rare Michael Monroe. Parce que cette année aurait été incomplète si, après avoir eu le bonheur de le rencontrer en interview et de couvrir son concert parisien, Metal Eyes faisait l’impasse sur One man gang, ce neuvième album solo de celui trop connu pour être l’ancien chanteur de Hanoi Rocks. Car One man gang a tout pour plaire à un public varié: de l’énergie, de la mélodie, du rythme, de l’irrévérence, du charme. Bref, tout au long des One man gang, du premier single Last train to Tokyo ou du tristement réaliste Junk planet, la voix éraillée et du Finlandais fait le job. Accompagné d’une équipe de rêve (ok, certains regretteront le départ de Dregen, mais ne chipotons pas), Monroe nous offre rien moins que son album le plus inspiré depuis longtemps. Alors, Noël approchant, qu’est-ce qui vous empêche de faire un heureux de plus?

LAURA COX live à Paris (Trabendo, le 4 décembre 2019)

 

C’est avec quelques minutes de retard que j’arrive au Trabendo, ce qui me fait rater le début du concert de Zak Perry. L’homme, la tête couverte d’un chapeau, a la peau tannée et ridée, typique de celle qui a trop pris, volontairement ou non, le soleil du sud des USA. Et ce que j’entends semble confirmer cela: un blues rock chaleureux avec un chant qui vient des tripes et des bayous. Plus précisément, le gaillard vient du Missouri où il a fondé son groupe, The Beautiful Things, gang de rednecks au rock chaleureux à la Hogjaw, Whiskey Myers et autres revival 70’s.

Pendant 45′, le combo distille ce rock teinté de hard et de blues, chaleureux et plein de soleil. Pour autant – est-ce dû à mon arrivée tardive ? – je ne retiens pas un air plus qu’un autre. La musique de Zak donne envie de bouger, certes. Bien qu’ayant enregistré un Live sessions from France, il demande un peu maladroitement si « quelqu’un parle anglais ici? », genre, pas totalement faux, en France, on est un pays de bouseux qui ne parlent pas anglais…  Reste que ce concert fut une agréable mise en bouche.

Laura Cox, jeune prodige de la guitare qui sort son second album et célèbre ça en investissant le Trabendo? Le pari est risqué mais au regard de la foule présente ce soir, c’est un judicieux pari car la salle est quasi complète. La belle et son groupe mettent d’ailleurs les petits plats dans les grands. La batterie est montée sur une haute estrade entourée d’un mur d’amplis Orange et les lights semblent présents en nombre. Ce qui sera bientôt confirmé.

Démarrant avec le très direct Fire fire, premier extrait de son nouvel album, Laura se met en voix. C’est sans doute la seule faiblesse de la jeune chanteuse: une voix pas assez agressive. Pourtant, quelques passages (parmi d’autres, le final enragé de sa reprise de Fortunate son dont nous reparlerons) prouve qu’elle peut chanter de manière rauque et rock, et là ça le fait vraiment. Rapidement, elle va chercher le public, avec, au fil des minutes, de plus en plus d’aisance. « Trabendo! Vous êtes là? Je ne vous entends pas! » Elle fait aussi preuve d’humour et de dérision, critiquant parfois le manque de bruit et « menaçant » de partir. Précisant, en milieu de set, « qu’il manque deux choses: de la bière et des watts ». Et hop! Que je t’attrape une bouteille de bière…

Si le show fait la part belle à son nouvel album, le premier, Hard blues shot, est loin d’être oublié. Et l’on sourit avec Too nice for rock n roll que Laura va faire mentir tout au long du concert. D’abord avec sa reprise de Foxy lady de maître Hendrix, puis avec une flopée d’invités qui défilent. Et ça, c’est un signe… Serions-nous en train d’assister à la naissance d’une star? Le quatuor est d’abord rejoint par un guitariste (que je n’ai su identifier et dont le nom m’a échappé), avant d’être rejoint par la chanteuse Mary Reynaud (sur Just another game).

Puis c’est au tour de celui qui est devenu un ami d’intervenir. Nono, mythique guitariste de Trust arrive pour un Fortunate son qui démontre une belle complicité entre lui et la jeune femme. Enfin, dernier titre avant rappel, River voit la venue de l’excentrique Gaëlle Buswell.

Le rappel est composé de trois morceaux désormais emblématiques: Hard blues shot, Freaking out loud et la reprise de Heartbreaker (Pat Benatar) qui voit tous les intervenants du soir monter sur scène et sur les amplis pour offrir un final grandiose. C’est une belle, très belle, soirée que nous venons de vivre, une soirée pleine de très belles promesses. Un conseil: ne ratez pas Laura Cox en juin, au Hellfest. Ce sera une superbe mise en jambe pour ce week end!

Merci à Sabrina et Veryshow d’avoir rendu ce live report possible.

 

AIRBOURNE: Boneshaker

Hard rock, Australie (Spinefarm, 2019)

Trois ans après un explosif Breakin’ outta hell, Airbourne revient avec Boneshaker, nouvel album estampillé « Rock’n’roll for life ». Comme avec d’autres, on sait à quoi s’attendre avec le gang des frangins O’Keefe. Une recette qui fonctionne de cette manière, il n’y a aucune raison de la changer.  Sauf que pour le coup, Matthew Harrisson a pris la place à la guitare de David Roads, qui a préféré retrouver, il y a maintenant quelques années, son ranch australien. A part ce nom, rien de bien neuf à l’horizon. Et c’est très bien ainsi. Quelque part entre l’éternelle dévotion vouée  à AC/DC et l’hommage perpétuel à Motörhead, Airbourne nous gratifie de nouveau de 10 titres d’un rock pur jus. Impossible de ne pas sauter ou taper du pied dès le morceau titre qui ouvre cet album sur des airs… d’AC/DC période Powerage. On a même parfois l’impression d’entendre deux des chanteurs du légendaire groupe Australien. Certains passages des deux poèmes qu’il n’aurait pas renié, Sex to go et Backstreet boogie, évoquent Bon Scott tandis qu’on a l’impression que son successeur, Brian Johnson hante Weapon of war. Mieux encore, l’intro de Blood in the water a des aspects inquiétants d’Alice Cooper. Switchblade angel plus up tempo sera sans conteste source de jumping intense en concert, ainsi que le dernier morceau, Rock’n’roll for life. Avec Airbourne, on n’a guère de surprise: de l’adrénaline en barre, du rock, du blues ultra vitaminé, le tout mixé dans le shaker de David Cobb, producteur désormais attitré du combo. Comme mentionné plus haut, il n’y a pas pas de changement notable, et, même si ce Boneshaker est encore plus marqué de l’empreinte AC/DC que ses prédécesseurs, c’est très bien ainsi. Car contrairement à d’autres, on n’attend pas autre chose d’Airbourne. Tant que les tripes parlent et que c’est fait avec passion et sincérité. C’est ici le cas.

OLD ‘N’ GLAM: Ten shades of glam

Hard rock, France (Autoproduction, 2019)

Ce n’est pas au vieux singe… Avec Ten shades of glam, les Français de Old’N’Glam  prouvent que chez nous, aussi, on est capables de proposer du gros son sur fond de hair metal. Certains diront que dans ce créneau, il y a déjà, entre autres, Blackrain. Oui, simplement, Old’N’Glam est plus 80’s tant dans son son que dans les thématiques abordées par les Savoyards. Be nice and shut up, introduit par une nana genre pétasse qui s’excite avec on ne sait quoi, déborde de grosses guitares, bien grasses et au riff couillu. Le chant, rauque, puissant et éraillé (on ne regrette que de ne pas bien comprendre l’anglais de Xavier), la rythmique directe, tout semble réuni pour séduire l’amateur de heavy glam des années 80. Plus proche sans doute d’un Mötley Crüe que d’un Twisted Sister, Old’N’Glam fait cependant preuve d’une vraie maîtrise instrumentale. De Doctor Love – rien à voir avec Kiss – à l’inquiétant Devil inside you, les dix titres -répartis, à l’ancienne, en deux faces – en passant par la ballade obligatoire du genre (The unloved symphony) ou les titres plus rock (Who wants to be a millionnaire) ou heavy (Now or never, Stronger) ou le clin d’oeil à Steel Panther (72 virgins) entraînent l’auditeur sans jamais le lâcher. Si les années 80 sont omniprésentes, le son est résolument moderne et la production efficace. Et puis, on admire aussi les illustrations totalement en phase avec le titre de l’album (inspiré d’un certain roman?) et plus encore, le portrait central qui va faire se pâmer d’extase des milliers de filles à travers le monde devant ces hunks surfeurs de LA! Rock on guys!

Amateurs, si vous ne l’avez déjà, vous pouvez soutenir Old’N’Glam en faisant un bon geste: acheter cet album sur le site du groupe (suivre ce lien)

STEEL PANTHER: Heavy metal rules

Hard rock, USA (Autoproduction, 2019) – sorti le 27 septembre 2019

Voici des années que Steel Panther nous propose le même plat: une parodie de tout ce qui fit les grandes heures du glam ou hair metal US des années 80. De grosses guitares, une voix en or, des mélodies au petit soin pour le déhanché de tout un chacun. Et bien sûr, Steel Panther ne serait pas Steel Panther si le groupe ne parlait pas que d’une seule chose: de sexe et de ses dérivés. Bite, couilles, cul, chatte et nichons sont une nouvelle fois passés en revue sous tous les angles possibles. On aurait pu croire que Steel Panther avait fait le tour de la question mais non. Michael Starr étonne encore avec sa poésie obsessionnelle et ce dès le premier titre. Mais d’où sort-il tous ces délires? Tous les clichés y passent, de la guitare sleaze au gros riff qui tâche, en passant par la ballade Always gonna be ho. On ne s’amuse pas à compter le nombre de « Fuck » prononcés tout au long de l’album – c’est l’avantage de s’autoproduire, SP échappant à une certaine censure tellemeent bienséante et moralisatrice qu’elle lui collerait automatiquement un gros sticker Parental advisory sur la gueule.  Alors, non, on n’est pas surpris. Steel Panther ne présente absolument rien de nouveau avec ce cinquième album. Mais c’est tellement bien foutu qu’on se laisse prendre au jeu. Et personne ne peut ôter une chose aux Américains: Michael Starr est un grand chanteur, Satchel un super guitariste, Lexxi Foxx un excellent bassiste et Stix Zadina un batteur d’une redoutable efficacité. Et puis, d’autres se répètent bien depuis des décennies sans que personne ne trouve rien à y redire. C’est ce que le public attend de Steel Panther qui ne se fait pas prier pour lui offrir sur un plateau de luxure. Reste une question: le groupe sera-t-il capable de se renouveler en concert? Pour l’instant, continuons de nous amuser avec Heavy metal rules!

Interview: MICHAEL MONROE

Interview MICHAEL MONROE(chant, harmonica). Propos recueillis au Hard Rock Cafe le 18 septembre 2019

L’homme est rare en France. Alors lorsqu’une invitation est lancée pour rencontrer Michael Monroe, le fondateur de Hanoi Rocks qui vit aujourd’hui une carrière en solo, impossible de refuser. Le chanteur est bavard, très, presque intarissable même. Pas facile de l’interrompre pour tenter de poser d’autres questions. Rencontre avec une pile électrique branchée sur une batterie atomique.

 

Metal-Eyes: Michael, comment vas-tu aujourd’hui ?

Michael Monroe :Je vais bien, juste un instant ! (NdMP : Il joue quelques notes à l’harmonica me regarde avec un large sourire.) Maintenant, je vais encore mieux !

 

Metal-Eyes: Tu es ici pour parler de ton nouvel album…

Michael Monroe : One man gang, oui, qui sortira le 18 octobre.

 

Metal-Eyes: Ton album précédent remonte à environ quatre ans. Comment t’es-tu occupé pendant tout ce temps ?

Michael Monroe : Facile ! Comment je trouve le temps de faire tout ce que je fais, c’est plutôt ça la question ! Je fais plein de choses, et avec ce groupe, qui se nomme Michael Monroe… One man gang, c’est un titre parfait pour cet album. Ecrire des chansons pour cet album m’a occupé pendant un ou deux ans, et tourner m’occupe beaucoup aussi, mais, la raison pour laquelle j’ai voulu attendre un peu plus longtemps était que je voulais m’assurer d’avoir une bonne équipe pour s’occuper de cet album, pour qu’il ne parte pas à la poubelle. Jusqu’à l’an dernier, nous n’avions pas un management décent…

 

Metal-Eyes: Donc tu parles plus de l’équipe qui gère tes affaires que de l’équipe musicale ?

Michael Monroe : Oui, je parle de l’aspect business. Toutes ces années, nous n’avions ni label, ni agent ni management décents. Maintenant, grâce au nouveau management, je travaille avec une super agence, UTA, et un excellent label, Silver Lining qui va sortir l’album. Ce disque est terminé depuis décembre 2018. Il me fallait vraiment la bonne équipe pour le travailler parce qu’il s’agit d’un album trop bon pour être relégué aux oubliettes.

 

Metal-Eyes: Comment analyserais-tu l’évolution de Michael Monroe, le groupe, entre Black out states et One man gang ?

Michael Monroe : OK… Sur Black out states, Rich Jones avait remplacé Dregen à la guitare. Ce line-up était le meilleur pour cet album. One man gang est le second album avec ce même line up, avec Rich Jones à la guitare, ce qui est assez significatif pour ce groupe. Il ne fait pas de doute désormais que Rich Jones est le second guitariste du groupe. On a sorti la compilation Best of en 2017, et ce disque comportait quelques nouveautés. One foot out of the grave qui était le single pour cet album – même si on n’a jamais terminé la vidéo… Il y avait quelques autres inédits aussi, donc un peu de nouveau matériel. En comparaison à Black out states, One man gang a sa propre identité, avec beaucoup de dynamiques, une grande variété en termes de sons, de couleurs musicales. Ce n’est pas que du pur hard rock qui rocke, avec une ballade sirupeuse… On tente de rester éloignés des clichés. Il y a plein de trucs sympa à découvrir, comme Heaven is a free state, on a pensé à différents trucs pour que cet album reste intéressant. On a enregistré 18 chansons pour ce disque, et n’avons retenu que les 12 meilleures pour donner envie à l’auditeur de l’écouter encore. Et encore… Musicalement, on retrouve tous nos groupes préférés, comme The Clash, The Damned, Mott The Hoople. Je ne prévois jamais rien dans ma vie, on fait les choses et on voit ce que ça donne. Par exemple, Nasty Suicide joue sur Wasted years. Ce n’était pas prévu, simplement, il l’a fait et c’était parfait sur ce titre.

 

Metal-Eyes: Comme tu viens de le rappeler, c’est le second album avec le même line-up. Pense-tu que cette stabilité a influencé ta manière de composer ?

Michael Monroe : Oui ! Je donne a chacun la possibilité de s’exprimer librement dans ce groupe. Je ne suis pas un maniaque du contrôle, je n’ai pas un gros ego comme, semble-t-il, la plupart des chanteurs peuvent en avoir… J’ai toujours préféré collaborer plutôt que d’imposer. J’ai toujours pensé « groupe ». Je pourrais tout écrire et composer seul, je saurais quel résultat attendre, mais j’ais toujours préféré le travail commun où chacun peut s’exprimer.

 

Metal-Eyes: Du travail d’équipe, quoi…

Michael Monroe : Oui, du travail d’équipe. « Teamwork to do the  dreamwork » (Travail d’équipe pour faire le travail de rêve).

 

Metal-Eyes: Sympa…

Michael Monroe : Oui, j’aime bien ! On se connait si bien maintenant, ça fait bientôt dix ans qu’on travaille ensemble. Et ce que j’aime aussi, c’est que Rich Jones et Steve Conte écrivent aussi des paroles. Et quand ils le font, c’est comme s’ils étaient dans ma tête. Je lis leurs textes et je me dis « attends… je peux assumer chacun de ces mots ». Ca m’enlève aussi une certaine pression, ne pas avoir à tout écrire moi-même.

 

Metal-Eyes: Tu viens de dire que tu n’es pas le boss. Cependant, le groupe porte ton nom, Michael Monroe, et le nouvel album s’appelle One man gang. Ce qui donne quand même une bonne idée de qui est le patron !

Michael Monroe : On est quand même en démocratie, c’est très rare qu’on ne soit pas d’accord. Untel voudrait ceci, tel autre cela, alors, à ce moment, c’est moi qui tranche. C’est mon nom qui est sur le disque, quand même.

 

Metal-Eyes: Donc on sait qui est le patron.

Michael Monroe : Oui, oui, il faut que quelqu’un sache dire « ok, pause, on arrête et voilà ce qu’on fait. Fin de discussion ! » (rires)

 

Metal-Eyes: Si tu devais ne retenir qu’un titre de ce nouvel album, One man gang, pour expliquer ce qu’est Michael Monroe, le groupe, en 2019, ce serait lequel ?

Michael Monroe : Woaw…Ca c’est une question…

 

Metal-Eyes: Merci !

Michael Monroe : (il réfléchit) Je dirais… une chanson qui définirait Michael Monroe… Je dirais Final train to Tokyo, le single. Ce titre nous représente bien, sans trop en faire non plus. Il y a plein de titres plus profonds, comme Low life in high places, mais celui là est cool. Last train est assez représentatif, même si j’aurais pu dire Junk planet, mais non, ça en ferait trop !(rires)

 

Metal-Eyes:Un groupe de rock, c’est aussi des concerts. Tu as toujours été très rare en France… Je me souviens t’avoir vu à Cannes en 2001 avec Hanoi Revisited…

Michael Monroe : Ah ouaissss!

 

Metal-Eyes : tu es également venu une fois à Vauréal, mais à part ça, je  ne trouve pas beaucoup de trace de passages en France. Comment expliques-tu cela ? Tu es un homme rare…

Michael Monroe : C’est vrai, mais je n’ai aucun contrôle là-dessus. Si ça ne tenait qu’à moi, j’aurai joué en France dès les années 80. Nous n’avons jamais joué en Europe, ou presque… Hanoi Rocks n’a jamais joué en Italie, en Espagne, en France alors que nous sommes Européens, qu’il y a un énorme marché. N’importe qui penserait que le management se pencherait sur l’Europe. On a joué en Israël, à Bangkok, en Inde et plein d’endroits bizarres. Je ne sais pas pourquoi, mais crois-moi : si j’avais le choix, je jouerais plus en France. On a maintenant un super agent et j’espère qu’il va nous trouver des dates pour rétablir la situation. Le show que tu as cité, à Cannes… Je l’avais oublié. J’ai beaucoup aimé y jouer mais cette période était compliquée…C’était en 2001, c’est ça ? La même année que celle où mon épouse est décédée. Je m’occupais autant que possible pour ne pas y penser, j’étais dans une sorte de nuage, toujours occupé à travailler. Tout va tellement mieux maintenant ! J’ai été marié avec ma première femme pendant 16 ans, j’ai trouvé une autre compagne qui partage ma vie, on est mariés depuis 17 ans maintenant. J’ai beaucoup de chance… Ce concert, c’était un vrai cauchemar à mes yeux, tout allait de travers. L’orga pensait qu’on était que des branleurs sleaze, Andy Mc Coy et moi. Mais je m’en fous, des étiquettes… Ils sont venus nous voir, disant qu’il fallait raccourcir le show, on enlève quelques titres et ils reviennent : « non, finalement, on va vous donner plus de temps ». T’avais l’impression que personne ne savait ce qu’il faisait. Backstage, le mec qui s’occupait des guitares… C’était son premier concert. Ça va être un désastre… Et, aussi, on n’a pas eu de balance ! Pas de soundcheck, comment on va pouvoir jouer ? Un vrai bordel. Juste avant le début du concert, le mec revient nous voir pour nous dire qu’on doit retirer 2 ou 3 titres… FUCK YOU !!!C’était n’importe quoi !

 

Metal-Eyes : Donc tu as encore des souvenirs de ce concert ! J’ai cru comprendre que tu vas bientôt jouer en France…

Michael Monroe : Le 29 octobre à la Maroquinerie. Je veux que tout le monde vienne, on va passer un super moment et on va tenter de rattraper le temps perdu. J’adore la France, j’adore Paris, je voudrais pouvoir jouer plus souvent chez vous. J’ai même étudié le français à l’école. C’est vraiment fascinant de pouvoir enfin être ici…

 

Metal-Eyes : Tu es Finlandais. Comment vois-tu la scène finlandaise actuelle. Il y a de grands noms, d’autres émergents…

Michael Monroe : Il y a plein de choses sympa avec les groupes finlandais. Ville Vallo de Him m’a dit que Hanoi Rocks avait ouvert les portes à la scène rock finlandaise, permettant à d’autres groupes de jouer à l’étranger. The Rasmus, Nightwish – Tarja est une de mes très bonnes amies – Apocalyptica, ce sont des pionniers, aussi…

 

Metal-Eyes : Steve N Seagulls ?

Michael Monroe : Je suis moins familier avec ce qu’ils font. Il y a beaucoup de bon groupes de rock en Finlande, mais malheureusement, il y a ces effets de mode dans le monde et, au final, les groupes finlandais copient trop souvent ce qui se fait ailleurs, principalement aux USA. La mode du hip hop – et il y a un paquet de groupes de hip hop complètement inutiles en Finlande. Ils ne contribuent en rien à l’évolution de la musique. Mais il y a aussi de très bons groupes et je vous encourage à aller les découvrir.

 

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise de Michael Monroe, le groupe encore, en 2019 ?

Michael Monroe : Toujours « aucun cliché autorisé, pas de remplissage que de la tuerie (No clichés allowed, no fillers all killers) du rock authentique qui botte les culs »

 

Metal-Eyes : Ce n’est plus une devise, c’est un roman !

Michael Monroe (rires) : Exact! C’est un de mes surnoms!

 

Metal-Eyes : Une dernière chose puisqu’il nous reste quelques minutes…

Michael Monroe : Bien ! Ritchie Blackmore, l’origine du metal ! Le metal vient d’où ? Du rock. Et regarde ces guitaristes qui parlent pour ne rien dire ! Ils mettent trop de notes partout, c’est pas ça ! Le meilleur solo que Ritchie Blackmore ait joué, c’est celui de No, no, no, sur Fireball. Si on parle de solo, c’est ça ! Même le solo de Smoke on the water, sa façon de lever ses cordes. Il a ce toucher unique… Je me demande pourquoi tous ces guitaristes aujourd’hui ne cherchent qu’à jouer le plus de notes possible, ils passent à côté de ces trucs si cool…

 

Metal-Eyes : Il y a aujourd’hui un renouveau important de la scène des 70’s et 80’s, du rock sudiste, du hard vintage. Penses-tu que ce que les gens nomment Hair metal ou glam metal pourrait tirer bénéfice de ce revival ?

Michael Monroe : Quoi que l’on puisse mettre derrière l’étiquette de Hair metal, de glam ou même de sleaze rock – je ne sais même pas ce que ça veut dire, je n’ai rien à voir avec ça, je ne veux souiller personne ! Ceux qui pense que se laquer les cheveux permet de savoir jouer n’ont rien pigé ! C’est un crime, c’est une putain de perte de temps. Tu trompes les gens… Ils peuvent vendre des millions d’albums, ça ne signifie pas qu’ils soient bons. Il y a quelques groupes sympas de cette période, mais, en général, les effets de mode, ça pue. Je n’aime pas les étiquettes. Avec Hanoi Rocks, et depuis, on joue de tout, ça va du punk eu rock. On n’a jamais dit qu’on était glam. Tous les genres peuvent aller en enfer, le rock n’a pas besoin d’être classifié. La bonne musique restera de la bonne musique, sans étiquette.

 

Metal-Eyes : Nous conclurons donc là-dessus. Merci beaucoup, Michael, et je te verrais sur scène à Paris dans un mois.

Michael Monroe : Merci à toi et… Metal Eyes, garde un œil sur… euh… toi! (rires)

Michael Monroe sera le 29 octobre sur la scène de la Maroquinerie à Paris. Concert événement en vue!

Merci à Roger Wessier d’avoir rendu cette rencontre possible