HAMASAARI: Pictures

France, Progressif (Klonosphere, 2026)

Avec Pictures, les Français de HamaSaari nous invitent à un voyage en huit étapes sonores. Clairement inspiré par le rock progressif doux et planant autant que par le metal tranchant et direct, la formation transforme Ineffable, un premier essai paru en 2023, avec ce nouvel album riche d’univers sonores. Passant avec une remarquable aisance de tempi légers et aériens à des fulgurances tempétueuses, le groupe composé des frères Jupin (Jordan, chant et guitare et Jonathan, basse), Axel Vaumoron (guitares) et Élie Chéron (batterie) démontre une maturité exemplaire dans ses compositions qui, contrairement à certains progueux trop intellectuels, semblent tout droit venues du cœur et des tripes. En n’étant jamais démonstratifs, HamaSaari parvient à interpeler et attirer dans son sillage l’amateur de belels et puissantes mélodies. Bien fait et bien produit, cet album démontre simplement que la France a de vrais talents musicaux dans tous les domaines et que, en matière de prog, HamaSaari n’a rien à envier à nos Klone et autre Hypno5e nationaux. Pictures est un de ces albums envoûtants qu’on aimerait voir rencontrer un très large public.

KWOON: Odyssey

France, Prog/Atmosphérique (Klonosphère, 2025)

Nostalgie, nostalgie… Les amateurs du genre seront aux anges de retrouver Kwoon, formation hexagonale fondée en 2005 et quelque peu disparue en 2011 mais ressuscitée en 2022… Le sort de tant d’autres prétendants de la scène musicale, en somme. Avec Odyssey, son nouvel album, Kwoon pourrait bien enfin trouver une place de choix dans le paysage rock. Au delà d’une illustration qui évoque tout autant Jules Verne que Georges Méliès, le groupe propose un rock léger et aérien, voire atmosphérique. L’influence de Pink floyd est indéniable et omni présente mais Kwoon, sans la renier, pose sa marque de fabrique. Un peu de nostalgie, autant visuelle que musicale, un peu de mélancolie, aussi, le tout agrémenté d’un soupçon de plaisir et de chaleur, et Kwoon nous emporte dans son univers. Les 12 morceaux de cet album entrainent l’auditeur dans un voyage quelque peu initiatique et surtout apaisant. Une très belle découverte.

THE RANDOM MONSTERS – We pretend it’s allright

THE_RANDOM_MONSTERS_2016Prog, France (Klonosphère, 2016)

3 titres. C’est ce que nous propose The Random Monsters sur ce Ep en guise d’amuse-bouche. Ou de mise en appétit. Car les 20 minutes que dure We pretend it’s allright filent à toute vitesse. On en redemande, on en veut plus, on devient, rapidement, gourmand, voire gourmet. Les monstres aléatoires, groupe hexagonal formé en 2011 et auteur d’un mini album paru en 2012,  parviennent à capter l’attention dès l’instrumental Mason’s moment (une référence à Hannibal Lecter?), un premier morceaux lent, lourd, qui monte en puissance, propose des guitares saturées sur rythme oppressant. Un peu à la manière d’un Smoke on the water, les instruments se succèdent créant une ambiance sonore de plus en plus hypnotique. Le break de mi-parcours est tout aussi intriguant, inquiétant malgré les ambiances aériennes, forestières ou aquatiques qui illumine l’ensemble. The winding way ensuite se distingue par le chant, torturé. Le titre, le plus court des trois, est quant à lui tout aussi ambiancé que son prédécesseur, tandis que le second instrumental, Father, démarre de manière légère et envoûtante, avec une guitare fantomatique, avant un retour d’énergie vers la 7ème minute. Vous l’aurez compris: The Random Monsters nous offre un disque aux ambiances variées et travaillées, et nous entraîne dans un univers particulier qu’on a envie de mieux connaitre.

Note: 8,5/10

Titre que je retiens: Father