HOLY FALLOUT: 404

France, Metal (Autoproduction, 2025)

404, comme une bien trop fameuse erreur informatique… Et pourtant, non… 404 n’est que le titre du nouvel album du groupe de metal alternatif Holy Fallout. Ce qui (me) marque dès la première écoute de Crippled, le morceau d’ouverture, c’est un esprit à la Headcharger. Le chanteur, Paul Girardot, également guitariste) pourrait bien être confondu avec Sébastien Pierre, mais rapidement Holy Fallout se détache de cette étiquette. Dès Unsatisfied, le groupe nous invite dans un univers où le heavy rock rencontre le rap avec un groove qui tape dans le mille. Quelques growls bien sentis viennent secouer les tympans. On pense naturellement à des références comme Nothing More mais aussi à la puissance de feu d’un Lamb Of God. Tout au long des 10 titres (plus un bonus), les Bisontins invitent leur auditoire à explorer diverses palettes sonores, parfois doublées d’un nappage de claviers apportant une touche de légèreté aérienne et de refrains à faire chanter le public (Stuck in the blue). En variant les tempi et en diversifiant son propos, Holy Fallout interpelle et séduit sans jamais lasser. Solide comme un rock, 404 est une très belle promesse qui pourrait porter la formation rapidement parmi les gros espoirs du rock énervé made in chez nous. A suivre de très près.

BLACK RABBIT: Warren of necrosis

Thrash/death, Pays-Bas (Autoproduction, 2025)

Nous avions pu découvrir les néerlandais de Black Rabbit en début d’année 2025 avec leur Ep Chronolysis, un disque brutal qui marquait quelques points. Les voici qui reviennent avec, en guise de cadeau de Noël un nouvel Ep (paru le 10 décembre dernier), Warren of necrosis. Les gaillards, toujours la même équipe – Nino Thomas (chant), Jelle Brekelmans et Hidde Hofland (guitares), Thijs Mulder (basse) et Koen van der Voet (batterie), on ne change pas une équipe qui gagne – nous balance « seulement » 4 claques dans la gueule. Le thrash/death aux relents de black metal (dans certains vocaux bien comme il faut) attrape l’auditeur par les burnes pour ne jamais le relacher. Plutôt que de foncer tête baissée, Black Rabbit choisi de varier les plaisirs en incluant diverses sonorités latino ou médiévales. En offrant de saines respirations, en relâchant, malgré tout la pression, le propos se fait plus solide et l’histoire se vit en une écoute. Il y a du Death Angel, du Exodus des vieux jours, ainsi que quelques lignes d’un jeune et fougueux Metallica tout au long des Initium finis, Apprehension, Null and void et Insurrection… liberation, tous aussi brutaux que déterminés et efficace. Le format Ep colle parfaitement au genre, jamais trop long mais presque trop court. Voilà le genre de groupe qui mériterait un passage sous une certaine Altar…

GUT-SCRAPERS: Twelve rays

France, Heavy rock (Brennus, 2025)

Gut-Scrapers, les amateurs de heavy bluesy made in France connaissent déjà. Avec deux albums au compteur (Gimme your soul en 2012 et Getting through en 2017), le groupe a vu son line-up radicalement changer et évoluer en 2022. Désormais composé de Tracey Ors (chant), Olivier Salazar (basse) et Dawoud Bounabi (batterie) et de son dernier membre fondateur, Fred Fages (guitare), le quatuor revient en force avec Twelve rays, un Ep de 4 titres qui tous puisent dans ce hard/heavy bluesy à souhaits. Quand bien même le jeu de mots soit plus que facile et convenu, la chanteuse porte bien son nom tant sa voix brille de mille feux, d’ors brillants et chaleureux. Bien plus qu’un incontestable atout, la voix de Tracey, rugueuse, chaude et vibrante, est une véritable arme pour Gut-Scrapers sans pour autant jamais effacer le rôle de ces guitares incisives et de cette rythmiques pleine de feeling. Quatre petits titres qui donnent envie d’en entendre beaucoup plus… Le blues de Rise above cède la place à un Days will come bien plus heavy, le groupe s’offrant une échappée belle sur les highways américains avec When the roots are deep avant de terminer avec un Sincere rapide, direct et déterminé. Gut-Scraper nous propose un Ep (aux inhabituelles illustrations signées Stan W. Decker, illustrations plus proches des gravures de J-D. Férat ou L. Benett) plus que solide et prometteur, et on attend maintenant des Nîmois qu’ils envahissent les scène de France et d’ailleurs pour trouver leur public. Très prometteur!

RVH PROJECT: Land of the damned

Heavy rock, Pays-Bas (Snakebite, 2025)

Comme souvent, quand on voit des initiales avant le mot « project », on sait avoir à faire au projet solo d’un musicien. Ici, il s’agit du projet de Rick Van Heuzen (RVH, donc), chanteur et bassiste, qui, avec RVH Project s’est adjoint les services du guitariste Orion Roos et du batteur Gerry de Graaf. L’alchimie entre les trois prend et le projet devient « groupe », la formation, créée en 2021, proposant un premier album, Enter the machine, l’année suivante. Il faudra trois ans au trio pour revenir avec Land of the damned, un album totalement ancré dans les 80’s. La difficulté avec les project bands réside souvent en ce que leur fondateur cherche à mettre en avant son talent. Ici, on a clairement droit à un chanteur aux aspirations et au timbre variés. Mais j’ai trop souvent l’impression d’écouter et d’entendre une répétition de ce que les 80’s ont proposé de mieux tant dans le hard rock que l’AOR, de Toto à Bon Jovi en passant par Night Ranger et plein d’autres. Il y a quelques incursions dans la musique de films, le funk et le jazz sont également très présents tout au long de l’album, mais l’ensemble reste, malgré une production totalement moderne, très daté. Indépendamment, chaque musicien fait des merveilles, et RVH démontre à plus d’une reprise sa puissance vocale. L’ensemble est varié, enjoué aussi, mais, malgré l’envie réelle, ne parvient pas à déterminer une personnalité propre au groupe, une identité sonore. Plaisant et bien fait, Land of the damned se fond dans la masse de productions indépendantes sans parvenir à vraiment faire mouche. Dommage, car il y a du fond.

Séance de rattrapage: SPIRIT WAR: Beyond frontiers

Power metal, France (Autoproduction, 2025)

Presque « nouveau venu » sur la scène française du metal mélodique, Spirit War revient avec Beyond frontiers, un second album composé de 10 titres qui puisent dans ce heavy power qui vise à faire sauter les foules en cadence et lever les bras. Les amateurs de heavy français connaissent sans doute déjà son fondateur, Markus Fortunato, le bassiste ayant en effet une longue carrière derrière lui et s’étant fait quelque peu remarquer avec son premier projet, M.Z, avec qui il a enregistré 7 albums. Malheureusement, sans un label qui lui reste fidèle (le groupe est passé chez Wagram, Brennus, Pervade…), le travail de fond est compliqué. Il fonde par la suite Öblivïon et Fury Age avant de se lancer sous son propre nom et de ressortir aujourd’hui avec Spirit War. Ce nouveau projet saura-t-il enfin sourire au bassiste chanteur, désormais entouré du guitariste Nicolas Lebrat et du batteur Valentin Leroy? Dès la première écoute, le message est clair: une grande place est accordée aux mélodies qui font mouche. Les sources d’inspiration sont variées, allant du heavy traditionnel à la Maiden au néo classique de Malmsteen. Malheureusement, aidée par une production un peu trop étouffée et un anglais correct mais typé frenchy, l’étiquette 80’s est trop présente. Même les excursions dans des envies « sabatonnesques » sont rattrapées par un esprit Manowar dans certains textes. Les rythmiques, certes, donnent envie de taper du pied mais Spirit War ne parvient pas à m’imposer un air qui me reste en tête. Bien fait, sans aucun doute, cet album est bourré de mélodies sympa mais par trop datées et manque de cette touche de modernisme qui pourrait vraiment le faire sortir du carcan des années 80. On passe cependant un bon moment festif, et c’est toujours ça de pris!

Interview: KOB

Interview KOB. Entretien avec Rudy le 7 novembre 2025

Bien que cela fasse un bon moment que Kob existe, c’est la première fois qu’on parle. Peux-tu nous raconter l’histoire du groupe dont j’ai l’impression qu’on ne peut pas parler de carrière mais plus d’opportunités de se retrouver entre potes…

Les racine de Kob remontent à 1976, avec un autre groupe dans lequel il y avait mon frangin, Thierry (Huylebroeck, guitare), Bruno (Laguide, batterie) et Boboss (Jean-Michel Berger, basse). Ça, c’est les racines, et KOB s’est réellement formé en 1997. Tu as raison, c’était des retrouvailles entre eux trois, et à l’époque, il n’y avait pas de chanteur. Ils ont cherché. Moi, je connais Stéphane (Graziani) depuis très longtemps, depuis qu’on est gamins. Il chantait et un jour je lui ai dit que mon frangin cherchait un chanteur. Il a fait un test et a intégré le groupe en 1999. Ils se sont ensuite rapidement rendu compte que ce serait mieux avec 2 guitares, ce qui correspondait plus aux goûts de Stéphane. J’ai intégré le groupe comme ça, en 2000. Depuis, on a le même line-up à l’exception d’un changement en 2006 : Stéphane est parti et a été remplacé par Nicolas Blaizeau avec qui on a fait l’album Close to dawn, en 2009. Et en 2011, The time is right a été fait sans moi puisque je suis parti accompagner un bluesman en tournées. Kob a arrêté en 2012 parce que peu de choses se présentaient et on a repris la formation sous sa forme originale, à l’exception de François, qui avait remplacé Boboss à la basse en 2002, et qui n’a pas souhaité reprendre l’aventure pour des raisons qui lui sont personnelles. Il a été remplacé par Jean-Michel, et depuis 2016 le line up n’a pas bougé. On a lu ta chronique de l’album, bien sûr, mais ce n’est pas exactement des « retrouvailles » comme tu l’écris… Le groupe ne s’est jamais vraiment arrêté, à part un break de 2012 à 2016. On se voit toujours en répète au moins une fois par semaine. Et s’il faut monter sur scène ce soir, on est prêts !

Que pourrais-tu me dire au sujet de votre nouvel album, When the axes fall ? Il y a 7 compos originales et 2 live. Vends-le-moi, cet album !

Te le vendre, Le mieux, c’est de l’écouter ! Il n’y a pas meilleur moyen, mais pas sur les plateformes ! Il faut s’en imprégner, aussi bien au niveau des textes de Stéphane que de la musique où il y a une certaine noirceur, en lien avec l’époque actuelle. On dénonce une certaine déviance actuelle au niveau des sociétés – pas que la nôtre.

Quand on lit les titres de l’album, on peut avoir l’impression que vous traités d’autres thèmes que ça, les vikings de la pochette évoquant même l’univers nordique d’Amon Amarth…

Oui, c’est un peu le coté caricatural de la pochette… Un morceau comme The scourge of god parle d’Attila, que tout le monde connait. Mais un texte comme Criminal negligence parle du laisser-aller, du laxisme face au crime. Personne ne bouge… Je ne sais pas trop comment dire ça… Le point commun, c’est de dire qu’on est toujours dans la même violence.

Y a-t-il aussi des thèmes qui, selon toi, n’auraient pas leur place au sein de KOB ?

Oui, la politique, je pense. Ce n’est pas quelque chose qu’on traite. Déjà, on n’est pas au fait de tout ça. C’est quelque chose qui nous touche, évidemment, mais on ne va pas s’engager dans cette voie. On ne sait pas grand-chose, politiquement parlant.

Si tu devais maintenant décrire la musique de Kob à quelqu’un qui ne vous connait pas – assez peu de monde sur cette planète, restons humbles – que lui dirais-tu ?

(Rires) Déjà que c’est une musique de passionnés. C’est ce qu’on fait depuis toujours, et c’est une musique brutale qui vient des racines du rock, du hard rock. Il y a une certaine énergie, il faut que ça pète ! La base de Kob, c’est ça : « faut qu’ça pète » ! On nous a classifiés « heavy metal, pourquoi pas ? On ne s’est jamais auto proclamés comme étant des metalleux…

Vous faites quand même partie de la famille hard rock…

Ah, totalement ! On vient de cette famille avec Judas, Maiden, et même bien avant ! Je suis fan de groupes comme Moutain, le Alex Harvey band, Rory Gallagher… Ce mélange de culture des années 60/70 et 80 donne ce que fait Kob. C’est sûr qu’on ne fait pas ce qui se fait maintenant. On ne saurait même pas faire… Du black, du death, je ne saurai même pas faire la différence (rires)…

Je le disais au début, il y a 7 nouveaux titres et 2 live sur votre album. Pourquoi ce choix ?

Alors ça, c’est déjà le cas sur le précédent album, Alive and raw, qui a 4 titres studio et 4 live. On pense, peut-être à tort, que la vérité vient de la scène. Malheureusement, on n’en fait pas beaucoup, mais on est avant tout un groupe de scène. On avait envie de remettre en avant des vieux titres pour que les gens se fassent une idée de ce que nous sommes sur scène.

Sur les 7 autres titres, si tu devais n’en retenir qu’un pour expliquer ce qu’est KOB aujourd’hui, ce serait lequel ?

Je crois que c’est The scourge of god. Il est vraiment dans la veine Kob, qui a le côté enclume, le côté viking comme tu le disais tout à l’heure…

Je voulais aussi parler du visuel : ce que je remarque avec vos albums, c’est qu’il n’y a pas de visuel récurrent. Aux débuts du groupe, le K de Kob était à l’envers, il est aujourd’hui l’endroit, il n’y a pas logo propre au groupe ni de visuel directeur. Close to dawn, on dirait de la SF, Mechanism of time m’évoque les Temps moderne de Chaplin, là on a des vikings, Attila… Sans aller jusqu’à une mascotte, il n’y a pas de véritable « accroche » visuelle qui permettrait d’identifier le groupe comme étant Kob. Comment l’expliques-tu ?

Je ne sais pas si c’est volontaire, je pense qu’on ne s’est jamais posé la question dans ce sens-là. En même temps, quand tu regardes la collection des Led Zeppelin, il n’y a pas un album qui suit l’autre. On n’a pas forcément envie d’avoir une mascotte comme Maiden. C’est une remarque intéressante, cependant… L’imagerie, elle est plutôt sur scène. Si tu as déjà vu des photos live, il y a un backdrop avec une espèce de monstre, en filigrane derrière le Kob. C’est un peu ça l’imagerie pendant nos concerts, sur nos cartes de visite… L’image qu’on a sur les mugs, mais c’est vrai que sur les albums, il n’y a pas de suivi. Ce n’est ni volontaire ni involontaire, c’est un choix, par rapport à ce qu’on fait.

Tu viens de parler du Kob. C’est quoi, la signification du nom du groupe ?

Ah ! Alors ça, c’est un sujet épineux qui est resté secret et qui va le rester parce que j’ai pas envie de me faire étrangler (rires). Sache simplement que ça part d’une plaisanterie qui remonte à il y a 25 ans, donc bien avant mon arrivée dans le groupe.

Une plaisanterie entre qui et qui ?

Je crois que c’est entre Stéphane et Thierry, mais je ne suis pas sûr. Il y a eu énormément de « polémiques » à notre niveau… On s’est fait appeler Kronenbourg Over Bibine, on s’est fait traiter d’antilope – le kob, c’est une antilope africaine. On ressemble à tout sauf des antilopes ! On serait plus des hippopotames (rires) ; Mais la vraie signification… ben, elle va rester secrète !

Tu disais que vous jouez trop peu, y a-t-il des dates de prévues ?

Non… là on a une date le 9 mai 2026 à Mennecy, on est en discussions avec des boites de booking, mais rien de plus. Quand nous, musiciens, on envoie des mails, plus personne ne nous répond. On sent qu’il faut passer par des agences si on veut avoir des réponses.

Un groupe de rock, on le sait, ne vit pas de sa musique. Quelles sont vos autres activités ?

Il y a deux retraités, Jean-Michel est peintre en bâtiment – c’est pas évident, c’est un métier physique et il doit se taper des répètes derrière. Il a du mérite – Stéphane a un poste à très hautes responsabilité, il travaille pour une entreprise qui élabore des machines pour les laboratoires d’hôpitaux, partout en Europe. Il parle plus souvent anglais que français, ce qui lui confère un accent plutôt sympa et correct. Et moi, je suis directeur de production dans l’entreprise d’un pote.

Si vous deviez aujourd’hui réenregistrer un album de Kob avec le line-up actuel, ce serait lequel ?

Aoh, c’est difficile comme question, ça ! Je suppose que ce serait Strafe the underdogs. Il n’a pas eu de chance cet album… Il y a déjà eu de gros problèmes de mastering, et, ensuite, il a été enterré à sa sortie. On était distribués pas Wagram, via NTS à l’époque, et NTS a eu des soucis que je ne connais pas exactement et cet album est resté deux/trois ans dans les cartons. On en a vendu, le deux premières semaines, 400 environ, et ensuite, ça s’est effondré. Un peu comme les dominos : il y a eu les soucis de NTS, les albums sont restés dans les cartons, ils nous ont été rétribués ensuite mais ça a mis quelques années. L’album était mort avant sa sortie… Si on devait en refaire un, ce serait celui-là.

PVRS: Let the silence begin

Belgique, Metal (Autoproduction, 2025)

Il y a moins d’un an, début 2025, nous pouvions découvrir le metal doom et mélancolique de nos voisins belges de PVRS. Le du revient aujourd’hui avec son second album, Let the silence begin, un disque composé de dix titres. La force de Pvrs réside sans aucun doute en cette capacité à s’offrir des explorations sur divers terrains de jeu. On passe ainsi d’univers lourds et presque oppressants à des ambiances plus mélancoliques sans jamais être tristes. Pvrs navigue aussi entre ambiance doom et l’innocence gothique d’une certaine forme de new wave. Pvrs ne se laisse pas arrêter par de quelconques barrières critériées et restrictives, et ne plonge jamais dans l’obscurité, chacun de ses morceaux laissant entrevoir une lumière. Aussi brumeuse puisse-t-elle être (les thèmes abordés sont loin, très loin, d’être joyeux), elle perce avec une envie de toucher le cœur de l’auditeur.

LYING DAWN: Nothing remains the same

France, Stoner (Autoproduction, 2025)

Formation francilienne fondée en 2019, Lying Dawn, après avoir trouvé son line up « idéal » (aujourd’hui, le groupe est composé des membres fondateurs Pilou Courtieu au chant et Will Maggot à la guitare, plus tard rejoints par le bassiste Félix Moal et le batteur Vadim Hoch), Lying Dawn se produit sur scène, renforce son image et son son avant de proposer fin 2025 son premier album, Nothing remains the same. Composé de 6 titres plus une intro (coucou la faute de frappe, il manque une bonne minute sur le verso du CD!) et d’un interlude narré (The grey veil), le groupe évolue dans divers univers sonores, lourds, mélancoliques et parfois oppressant, dont on devine cependant toujours la lumière au bout du tunnel. Par la profondeur de son chant, Code zero m’évoque directement Mastodon et rapidement arrive l’aura de Black Sabbath. Dommage seulement que je ne parvienne pas à comprendre les paroles,en anglais sans avoir recours au livret… C’est plus facile sur le plus lent Does he remember qui monte tranquillement en puissance, toujours retenue. Lying Dawn s’amuse à jouer avec les tempi et les ambiances, tout en restant dans ces décors sombres et tristes, allant de la lourdeur du doom (Weary man’s song, Through the window) à la férocité mordante du grunge (Opium). Nothing remains the same est un album très prometteur d’un groupe dont on espère entendre parler et voir grandir. Une belle découverte de fin d’année!

DEMONTOOL: La valse des âmes

France, Heavy/Thrash (Autoproduction, 2025)

2008: Soleil rouge. 2012: Prophétie MMXII. Si d’aucuns pensaient que nos Franciliens de DemonTool avaient sombré corps et âmes, eh bien non. Certes, il aura fallu attendre 13 ans avant de retrouver un nouvel album mais le groupe a mis ce temps à profit avec diverses activités. Chris, le chanteur, a ouvert le Demon Bar à Outarville, au nord du Loiret, un sanctuaire pour les formations heavy de tous bords puisqu’il s’agit plu sd’un club que d’un simple bar. DemonTool s’est également étoffé en ajoutant un guitariste à son line-up historique, le barbichu de service, Olivier Louis-Servais qui accompagne à merveille Nils Coubaron. Les deux piliers rythmiques Nico (basse) et Jérôme (batterie). Cette formation circule, donne de nombreux concerts et se soude avant d’entrer en studio pour enregistrer ce troisième méfait, La valse des âmes, un album imprégné de cette lourdeur sombre contemporaine. Au travers de huit titres, DemonTool dresse un constat de l’état de notre (in)humanité, période de crise sanitaire incluse. Du speed La morsure du loup à l’explosif Pandémie, le groupe ne laisse pas un instant de répit à l’auditeur, flirtant plus que souvent avec le thrash des vieux jours parfois même avec le death. Chanté dans un français hargneux, l’ensemble des morceaux est entièrement prévu pour la scène. On regrette la pauvreté du son, sec, claquant et trop direct, presque une démo, un son qui manque de rondeurs et de « grasse » générosité. Ce qui n’empêche de se délecter de ces compositions franches aux refrains à, souvent, reprendre en chœur. DemonTool est un groupe qui se fait plaisir et qui en donne – il suffit de voir le groupe en live pour s’en convaincre tant l’ambiance est à la déconne ou de visionner l’intro de la vidéo ci-dessous. L’opposé de ce sérieux discographique.

THROUGH THE VOID: All the words

Belgique, Metalcore (Ep autoproduit, 2025)

A la croisée des chemin du metalcore et du neo metal, Through The Void revient avec All the words, un nouvel Ep, son troisième (après Aria en 2020 et Life is cancelled en 2022). Formé en Belgique en 2018, à Bruxelles, le quatuor nous présente diverses facettes de sa personnalité. Du très violent, hardcore et vindicatif (Silent cry et Wake up) au plus neo rappé (Listen et son intro narrée), en passant par la montée en puissance Break away ou le plus que direct Tar morning, les 5 titres de cet Ep évoquent aussi bien l’univers de nos Marseillais de Landmvrks que la folie douce de Linkin Park ou la rage de While She Sleeps. Un Ep brutal, à la production aussi efficace que le propos musical. Seul hic: outre les paroles et les crédits d’enregistrement, le livret ne précise en rien qui sont les musiciens auteurs de ces décharges explosives. Un disque aussi introspectif que sa pochette peut l’évoquer empli d’une sombre et inquiétante énergie libératrice.