Même si on le présentait, Holsters and rituals le confirme: Knucle Head s’impose aujourd’hui comme l’un des plus américains des groupes français. Puisant autant dans le rock tendance sudiste que dans la country, chacun des 9 morceaux de ce superbe album transpire le far west, la clope et les relents de bières consommées dans un bouge au milieu de nulle part (la cloche, le banjo répétitif sur l’intro de Brand new life, par exemple). Le duo Jack & Jock (Crowes au chant et à la guitare et Alva à la batterie) ne peut laisser indifférent. Entre une voix travaillée au papier de verre, des guitares pensées au feeling et au bottleneck, des percussions simples et efficaces, Knucle Head nous entraine dans son univers fait de bécanes, chaleur et rock. Après un éponyme évoquant un We will rock you, KH entre dans le vif du sujet avec The right way, heavy aux accents quelque peu moins psyché que Ritual au final chantant à plaisir. Le groupe s’amuse à naviguer entre des sonorités typées classc rock, d’autres plus enfumées et psyché, d’autres carrément heavy. Living deep/into the night a même des relents de ZZ Top meets Royal Republic, imaginez le mélange! Le duo J&J (Jack & Jock, pas Johnson & Johnson, hein…) ne se donne aucune autre limite que celle du plaisir communicatif d’un rock sans fioriture, direct et bigrement efficace, mixant les genres avec efficacité au sein parfois d’une même chanson. Les guitares ultra saturées rencontrent une voix douce sur The necromancer, avant de retrouver une note dite pop rock avec Existential anger. l’album se conclut sur l’instrumental punkisant, psyché et tranchant The sword, instrument, superbe conclusion d’un album OVNI dans son genre que n’aurait sans doute pas renié Hawkwind en son temps. Holsters and rituals est la parfaite bande son pour tailler la route, cheveux au vent, direction l’ouest sauvage. Born to be wild!
C’est désormais sous forme de groupe que se présente le Zeal & Ardor fondé par Manuel Gagneux. Souvenez-vous: le musiciens en répondant à des défis internet, est parvenu à mélanger divers styles musicaux a priori incompatibles. Avec succès. Jusqu’au moment où il trouve son spot, son identité avec un mélange de black metal et de chant gospel et de negro spirituals. Ces chants typiques de noirs américains esclaves rythmant leur labeur en musique. Zeal & Ardor revient aujourd’hui avec un troisième album éponyme. Premier constat visuel: quelque soit le sens dans lequel on le prenne, cet album est le reflet de lui même, mélangeant noirceur et luminosité. Ce visuel se retrouve naturellement dans la musique du groupe. Les 14 chansons poussent encore plus loin le curseur de cette improbable fusion, alternant entre chant grave et profond sur rythmes lents et lourds et hurlements déchirant une nuit sans fin sur fond de blasts beats explosifs. L’ensemble est parfaitement dosé pour offrir à l’auditeur des temps de répits, de reprise de souffle, tout en ne proposant jamais du « que bourrin ». Le groove est omniprésent bien que parfois brutal. Cet album porte en titre le nom du groupe, signe d’un nouveau départ. En fanfare! A retrouver au Hellfest 2, le jeudi 23 juin sous Temple.
Echappée du groupe de metal suisse Burning Witches avec qui elle est restée de 2015 à 2019, Seraina Telli (chant, guitare et claviers) s’est entourée de André Gärtner à la basse et du batteur Mike Malloth au sein de Dead Venus, déjà auteur d’un album, Bird of paradise, paru en 2019. Le trio nous offre aujourd’hui ce Flowers & pain, un album à la fois torturé, alambiqué et intriguant, entraînant, voire envoutant. C’est peut-être là la plus grande difficulté que je rencontre avec cet album qui présente des morceaux courts variés et efficaces, allant droit au but (le single Lily of the valley en est un parfait exemple) et des morceaux longs, très longs, parfois trop (on parle quand même de plus de 8’30, et pas qu’une fois!) comme le morceau titre, Flowers & pain ou Plaything doll, quelque peu fourre-tout, chansons dans lesquelles on trouve du rock, du prog, des intonations jazzy et de la recherche de sons étranges. Des titres qui démarrent fort, pourtant, mais perdent en efficacité au gré du temps qui s’écoule. Dommage, car ils gagneraient sans doute en efficacité en étant scindés. On se concentrera donc plus sur les chansons les plus directes, qui elle interpellent et accrochent l’auditeur à l’instar de cet interlude rapide (50″) qu’est That creation qui évoque Faith No More ou Mr Bungle. Flowers & pain est un album qui nous montre les diverses facettes de Dead Venus qui semble encore chercher son identité musicale. Il y a de la matière, reste à faire un petit tri.
Pour sa troisième publication, SevenEyedCrow revient avec Icarus, un Ep 5 titres taillés dans un rock progressif aux influences diverses. Le groupe, comme nous le rappelle Aurélien Boileau, guitariste et producteur du groupe, regroupe des musiciens d’horizons divers de la scène metal bordelaise qui voulaient « faire une musique assez groovy, puisant dans divers styles… C’était assez difficile de trouver des gens prêts à jouer ces styles, il y avait des gens qui voulaient jouer soit du jazz soit du gros metal très violent. Mais peu de gens prêts à passer d’une musique extrême à un genre plus léger. On a mis du temps à se trouver, mais une fois trouvés, l’affaire a bien démarré. » un premier Ep parait en 2015 (Dark ways to the sun) suivi d’un album en 2018 (Organised chaos). Changement de line up oblige, le groupe ne peut défendre cet album sur scène mais trouve le nouveau bassiste, Yohann « qui nous permet de repartir du bon pied« . Et pourquoi avoir choisi le format Ep? « On n’était pas partis avec cette idée, mais le travail s’est fait assez vite sur ces 5 morceaux et rapidement il y a eu la crise sanitaire, les isolements, les gens malades, les difficultés à se réunir. On a commencé à travailler à distance et autant on n’a pas eu de difficultés à travailler sur des titres existants autant travailler sur de nouveaux titres… Ca nous apparaissait très difficile. On s’est dit qu’au moins, ces 5 morceaux sont là, on les sort, en espérant que le temps qu’ils arrivent la crise soit terminée… » Ceci n’empêche que cet Ep permet de faire parler du groupe plutôt que de rester dans l’ombre. L’ombre sombre comme un corbeau, alors pourquoi Corbeau à 7 yeux? » C’est venu dans un délire… Un soir où on avait bien bu, tous (rires)! Le corbeau avec ces sept yeux, ça lui permet de regarder dans tous les sens. Il se trouve qu’un ami graphiste était avec nous – il s’est occupé de tout le graphisme du groupe – nous a sorti un dessin à ce moment là qu’on a trouvé superbe, et c’est resté« . Les thèmes abordés sont généralement dystopique, interrogeant sur l’avenir, la société. Seul To my old man sort de cet esprit, le titre étant un hommage au père du chanteur, récemment décédé. Musicalement, SevenEyedCrow se distingue par un rock groovy teinté de jazz, alternant rythmes enlevés et ambiances plus feutrées, soft et imprégnées de jazz ou de cet esprit Pink floydien des anciens jours. Mais comment Aurélien définirait-il la musique de son groupe à quelqu’un qui ne le connait pas, et s’il devait ne faire écouter qu’un titre pour convaincre l’ignorant d’écouter le reste, lequel choisirait-il? « Je lui dirai déjà que c’est du rock. Avant tout on fait du rock avec un gros background de rock progressif et de metal, mais aussi de jazz et de funk. On est tous issus de cette scène fusion – FFF, Red Hot Chili Peppers… Ca ne me parait pas inconcevable de citer Pink Floyd et Korn dans une même phrase. Peut-être qu’on propose du progressif, mais ce n’est qu’une des cordes de notre arc« . Et le titre à me faire écouter? « Je dirai Weird boy, parce que tout le monde est à sa place. Il y a une basse très présente, Yohann avait trouvé sa place et l’idée de base vient de lui. Je trouve que c’est un titre où chacun de nous apporte quelque chose. Il est très mélodique et très puissant. Je trouve que c’est Weird boy qui traduit le mieux le SevenEyedCrow actuel« . Si j’ai, à titre personnel, du mal avec le chant – mais chacun se fera son idée – la variété des styles fusionné au sein de cet ep fait de SevenEyedCrow un groupe original et explorateur. Icarus est une belle carte de visite pour tout amateur de genres variés.
Entretien téléphonique avec Aurélien (guitare) effectué le 28 janvier 2022
C’est frais et puissant, direct et quelque peu irrévérencieux, varié et énergique. ça s’appelle Tormenta et c’est le premier album des Français de Sweet Needles. Le groupe, qui réunit les jumeaux Bonnot – Oscar (chant) et Arthur (guitare) – Simon Dagallier (guitare), Arthur Calonne (basse) et Hippolyte Bordes (batterie), a vu le jour au début des années 2010. Certains ont pu les découvrir au trabendo de Paris en ouverture de Pop Evil en 2019, d’autres par le biais de leurs publications précédentes entre démo et Ep. Le style est un mélange de rock, de punk, de metal, l’ensemble chanté, scandé et, parfois, hurlé, mais, toujours, l’ensemble se tient. La ligne directrice est clairement tracée par la recherche d’énergie, celle qui fait bouger et qui interpelle. Tormenta, c’est un recueil de 11 titres « qui le font » et qui forment une superbe carte de visite. Sweet Needles n’invente rien mais propose une musique originale qui intègre totalement les influences de ses musiciens pour les transformer en un son à la fois neuf et traditionnel. En cette fin d’année, c’est une très belle découverte à conseiller.
France, Folk/Symphonic metal (Autoproduction, 2021)
Une expérience acoustique aussi tôt dans une carrière c’est original. Beneath My Sins propose avec An acoustic journey – part 1 une expérience aux limites du symphonic, plus proche du folk. Les influences scandinaves sont évidentes – l’appui de mots simples en guise de rythme « refrain » sont efficaces ainsi que certains instruments qui sonnent très « vikings » – et efficaces. L’ensemble est joyeux, porté par la voix douce d’une Emma Elvatson – qui, cependant, parfois devrait éviter des vocalises trop haut perchées qui peuvent devenir, agressives voire irritantes – pas mon style, en tout cas. Reste que flute, chant (non aigu), cordes, percussions et rythmiques sont entêtants et envoutants, une invitation à un voyage en terres accueillantes et chaleureuses. Cet album, c’est aussi le résultat de la pandémie: le groupe a su tirer profit de cette période pour découvrir de nouveaux instruments, à l’instar du co-fondateur Clément Botz (guitare) qui a travaillé de nouvelles pratiques avec le concours de Metteo Sisti (Eluveitie). Ne pas subir et avancer, explorer, tester, c’est ce que nous offre Beneath My Sins avec ce An acoustic journey exploratoire qui saura séduire les fans du genre. Notez qu’il ne s’agit que de la première partie du projet qui en appelle d’autres. A suivre donc.
Un peu de prog aux relents jazz, ça vous tente? C’est le programme que nous promettent les Franciliens de Synapse tout au long de leur album Singularities. Composé de 9 titres, ce premier album fait suite à un Ep sorti en 2019, l’année de l’arrivée de Thomas au chant. Avec Singularities, le quatuor a « voulu quelque chose de plus rock, se rapprochant du metalcore parfois. c’est d’ailleurs pour ça qu’on a fait appel à Pierre Danel de Kadinja » groupe dont le guitariste Pierre « a bien kiffé les morceaux et a apporté le piment nécessaire, même si tout était déjà composé« . L’album se distingue cependant par la variété des tonalités proposées. Allez, en dehors du chant anglais que j’ai franchement du mal à comprendre, Synapse propose un rock léger et aérien. Puisant autant dans le rock progressif de haute volée que dans des tonalités plus pop, les guitares hypnotiques et la rythmique entrainante accompagnent l’auditeur vers des univers à la fois familiers et novateurs. Il règne ici un esprit festif 60’s, là une ambiance plus 80’s, d’autres moments puisant dans le jazz… Synapses – vous savez, ces espaces vides entre les neurones – s’amuse avec ses influences. Roam, par exemple, navigue entre ces univers a priori contradictoires mais pourtant complémentaires. Le groupe voulait « un son actuel, de notre temps. Avant, j’étais dans un groupe qui criait beaucoup plus. Il a fallu que je travaille ma voix pour le chant clair, j’ai voulu apporter beaucoup de timbres différents« . Cette variété va du chant rappé – sur Brand new sky – à des choses plus puissantes, presque hurlées – 3000 ou Rage. On sent la diversités des influences « de Dream Theater au jazz – on aime vraiment beaucoup le jazz. On a vraiment mis tout ce qu’on aime dans ce disque, avec un son moderne« . On pourrait imaginer voir s’installer l’ennui, des groupes comme Dream Theater et le jazz étant souvent considérés comme « intellectualisant » leur musique, mais non, les mélodies sont accrocheuses et donnent envie d’en connaitre plus. « On se définit comme prog, mais on veut des mélodies catchy. Les structures ne sont pas rocambolesque, ça reste assez « droit »: couplet, refrain, ce qui donne un aspect pop. On oublie le côté intellectuel« . Mais si on évite les termes « metal, jazz ou rock » comment Thomas définirait- il la musique de Synapse à quelqu’un qui ne connait pas le groupe? » Oula! Je lui dirais que c’est éclectique et « écoute, tu vas forcément trouver quelque chose qui te plaira ». c’est tellement varié qu’on ne s’adresse pas qu’à un public. Oui, je lui dirai de choisir une chanson et d’écouter« . Ben, justement, laquelle choisirait-il, lui, pour m’expliquer ce que fait Synapse en quelques minutes? « Brand new sky, c’est la chanson qui définit le mieux le style. Il y a un riff sec, des influences qui sortent de nulle part, il y a du rock, un passage flamenco, du chant rappé, crié, des envolées lyriques, du piano… Il y a tout, c’est le centre de l’album! » Un album prometteur qui, en effet, regorge de styles et d’influences et propose des morceaux attirants et entraînants. Sérieux sans se prendre au sérieux, Thomas conclut avec la devise qu’il imagine pour son groupe: « restez connectés mai pas trop« . On le comprends
Les propos de Thomas Valentin (chant) on été recueillis le 25 novembre 2021.
Les Abbymen, c’est ainsi que se nomment les membres du groupe nordiste Abbygail qui revient avec un troisième album. Après Electric lady(2017) et Gun control (2019), voici que déboule le sobre et très rock n roll sans fioriture Still burning. Composé de 12 titres inspiré du rock et du hard des 70’s – l’ombre d’un AC/DC early days plane au dessus de ce CD – le quatuor démarre fort avec Watchman of darkness. Les pieds battent le rythme et le corps bouge en cadence. Sans aucun doute possible, Bertrand Roussel (chant), Luke Debruyne (guitares), Pascal Roszyk (basse) et Anthony Deron (batterie) ne cherchent pas à réinventer la machine à courber les bananes (si, si, un brevet a été déposé! Je crois…) mais bien à se faire plaisir. Simplement, et directement en respectant les règles du genre, production comprise. Le son est propre et clair, chaque instrument ayant sa place tout au long des Magic finger (coquin, ce titre…), Your favorite fuck buddy (aussi…), The enemy you love to hate… Simple, direct et efficace de bout en bout, cet album ne souffre que, selon moi, d’un manque de puissance vocale. Attention, le chant est agréable, mais un peu de rage supplémentaire rendrait sans doute plus encore justice à ces gouailles d’alors, celles de ces voix forgées à coup de râpe à fromage et clopes et apporterait une puissance supplémentaire à l’ensemble. Mais ce n’est qu’un détail au regard des qualités générales dispersées tout au long de ce nouvel effort collectif d’un groupe que l’on voudrait aussi voir sur scène. Rock on!
Au départ, c’est un projet solo. Celui de la chanteuse guitariste Cyrielle Duval qui sort un premier ep (sous la houlette de Stephan Forté – Adagio) en 2018. « Cet album, Disorder, devait être la continuité de ce projet solo » explique Cyrielle. Mais voilà… Rien ne se passe comme prévu: la belle se demande qui recruter pour enregistrer son album et rencontre Anthony Osché, multi instrumentiste comme elle élève de Stéphan avec qui le courant passe tant et si bien que le projet se transforme en groupe. « Anthony est également un excellent compositeur et il a apporté énormément d’idées sur les arrangements, les mélodies, et il a même composé deux titres. C’est comme ça qu’est né Black Hellebore: d’un projet solo, on s’est retrouvé à trois – Anthony, moi et Jelly Cardarelli (le batteur). Il y a quelque chose de plus humain et chaleureux dans un groupe qu’en solo, on peut tout partager, nos idées, nos émotions. Black hellebore est né comme ça, pendant la phase d’enregistrement ». Le groupe emprunte son nom à la botanique. « L’hellebore nous attire par sa dualité: c’est une fleur qui existe en blanc et en noir. Et c’est une plante qui pousse en plein hiver. Ces deux dualités représentent bien le groupe, tant musicalement que sur nos personnalités ». Pourtant, la pochette de Disorder est très colorée… « Oui, mais on ne se limite pas qu’au noir. On est sensibles à diverses formes d’art, notamment la peinture, un art très coloré. On aime beaucoup les couleurs, pas forcément les mêmes, mais Anthony et moi, on aime beaucoup le rose. On avait envie de proposer quelque chose qui casse quelque peu les codes traditionnels du metal ». justement, il y a musicalement beaucoup de chose, alors comment Cyrielle définit-elle la musique de Black Hellebore? « C »est très compliqué, on aime beaucoup de choses. Je serai incapable de coller Black Hellebore dans une case. » En effet, il y a beaucoup de choses dans cet album, avec des influences aussi diversifiées que Arch Enemy ou Amaranthe – je remarque une autre dualité avec ces deux groupes à l’opposé, l’un rugueux au chant explosif, l’autre dansant et « boite de nuit », ce que Cyrielle approuve. Anthony, lui, est plus prog et neo classique « forcément, il aime beaucoup Malmsteen, et surtout la musique classique« . L’album est court – 7 morceaux – et varié. Si Cyrielle devait n’en retenir qu’un qui puisse définir ce qu’est son groupe, lequel serait-ce? « C’est super compliqué, c’est la question qui tue (rires)! Je pense que je ferai écouter My difference, un des deux morceaux qu’on a clipés. Il y a de tout dans ce morceaux, du prog, des trucs limite hard rock, du sympho… Je pense que ce serait celui-là« . L’autre morceaux clipé, Open up your mind, a attiré en quelque jours plusieurs dizaines de milliers de curieux. « On a été les premiers surpris par ces chiffres. je pense qu’on peut dire qu’on croit en ce que nous faisons, c’est solide mais ça ne suffit pas pour attirer autant de monde. Mais ce n’est pas assez. Il faut aussi mentionner Roger de Replica qui fait un travail énorme en promo pour nous. on travaille aussi beaucoup via Instagram et Facebook, les deux principaux réseaux sociaux« . L’album a été enregistré sous le regard de Stephan Forté. Qu’a-t-il apporté au groupe? « C’est un peu notre mentor… Ce qu’il nous a apporté? Je ne parlerai pas pour Anthony, mais pour moi, il m’a permis de faire les premiers pas dans le monde professionnel de la musique. Il a un univers musical qui me plait énormément et je pense qu’il a aussi apporté cette facette assez sombre et mélodieuse« . Mais la production est signée Cyrielle: un son clair et puissant, très moderne. « Je voulais un son moderne, qui s’inscrive dans son temps. Dans le mix, je souhaitais faire ressortir les sonorités électroniques, mais aussi les guitares parce qu’on reste un groupe metal. C’est beaucoup de travail – surtout quand il y en a un autre en parallèle – mais une très bonne expérience qui permet de voir toutes les facettes de la production d’un album. Pour le futur, nous aimerions travailler avec un label, mais je pense que c’est toujours utile pour un artiste de savoir comment ça se passe. Je suis contente de cette expérience« . Maintenant, si Cyrielle devait penser à une devise pour Black Hellebore, que pourrait-ce être? « Une devise? Waow! Elle presque plus compliquée cette question que de choisir un titre (rires)! Je pense que s’il devait y avoir une devise, ce ne serait pas à moi de la choisir seule… Il faudrait qu’on la réfléchisse à deux, avec Anthony« . Ok, on fera sans devise cette fois-ci, en attendant que le groupe soit vraiment au complet pour aborder la route. En attendant, délectons nous de ces 7 titres puissants, metal, électro, qui puisent dans de nombreux styles musicaux colorés et entrainant. Black Hellebore c’est une belle promesse pour l’avenir, un vrai challenger du metal made in chez nous qui m’rite attention et soutient.
Le ton est donné dès le départ: la puissance du cri poussé par Julian Izard (chant et guitare) invoque directement le Metal God, tandis que les guitares se disputent les grands anciens. Clairement, cette dernière mouture d’Existance est l’avenir du metal français. D’ailleurs, le terme « français » est ici en trop tant le groupe a un son, une attitude, une identité musicale d’envergure internationale. La jeune garde a été bercée au son du metal principalement européen de l’âge d’or. On entend sur ce nouvel album Wolf attack, tout au long des Highgate vampire, Death bringer,Preacher of insanity tout l’amour voué à Judas Priest, Iron Maiden, Accept… mais aussi des références plus US à Dio ou Twisted Sister à travers Power of the gods ou You gotta rock it, voire au rock direct américano-européen sur les plus calmes rock n roll et Jenny’s dream. Comme le résume Antoine (guitares), « c’est un album assez varié du fait de nos influences communes mais aussi de ce que chacun de nous apprécie de son côté. On a voulu varier les plaisirs en gardant une certaine cohérence. Je crois que nous y sommes parvenus, mais ça, ce sera aux auditeurs d’en juger. ». Et, en effet, impossible de ne pas trouver ces influences qui ratissent du hard rock au heavy metal, passant même par la case power ballad. Il aura fallu cinq ans à Existance pour donner un successeur à Breaking the rock (2016), période qui voit l’arrivée de Géry Carbonelle à la batterie – après la sortie de ce Breaking the rock. Wolf attack est également le premier album du groupe produit par François Merle (Manigance). Pourquelle raison avoir décidé de travailler avec un producteur? Géry reconnait que « ce n’est pas vraiment nous qui avons décidé… C’est François qui est venu nous voir cherchant à savoir si nous avions un producteur pour notre futur album. Il voulait nous aider à passer un cap et c’est quand l’album a été finalisé qu’on s’en est rendu compte. oui, on a passé un cap, au niveau du son et sur pas mal de point. Il est venu nous voir sur la tournée en 2018, il a fallu qu’on se rencontre, on a fait un essai chez lui qui a été concluant. Si l’album sonne comme ça aujourd’hui, c’est en grande partie grâce à lui ». Antoine ajoute que le groupe ne disposait « que de deux semaines pour travailler chez lui, donc, ça a tété des journées hyper intenses. On a pris le temps d’écouter ses conseils. Il nous a vraiment apporté beaucoup tant sur la façon d’enregistrer que dans la méthode. Avec Breaking the rock, on avait nos petites habitudes, on était à la maison… Là, il nous a fait des suggestions, tenté ça ou ça, il nous disait « On essaye, si ça ne vous plait pas, on tentera autre chose ». Résultat: il n’y a pas un faux pas sur cet album qui, naturellement, est un hommage au regretté Didier Izard, le père de Julian, ancien chanteur d’un H-Bomb mythique dont il est plusieurs fois référence . Déjà, le titre de l’album et son illustration rappellent évidemment le titre Le loup et la reprise de Gwendoline – seul titre chanté en français – qui clôt Wolf attack. Ces deux références qui renvoient à un Attaque qui distingua jadis H-Bomb. Hormis cet hommage justifié et naturel, Existance signe, avec Wolf attack, un des meilleurs album metal de l’année, une perle de puissance, d’efficacité et de créativité. Bravo!
Entretien Zoom effectué le 21 octobre 2021 avec Géry et Antoine