Concerts from home: VULCAIN

La série Concerts from home continue et reviens en terres hexagonales avec l’un des plus puissants albums en public des 80’s, offert par les forgerons de l’enfer. Retour sur la naissance de Live force. 

VULCAIN – Live force (Musidisc, 1987)

Alors que la majeure partie des groupes français a plié bagages après, disons, le France Festival de Choisy le Roi, Vulcain, les forgerons du metal made in France, publie en 1986 son troisième album, Big brothers. Si le quatuor (Daniel Puzio au chant et à la guitare, son frère Daniel à la basse, Didier Lohézic – récemment disparu – à la seconde guitare et Marc Varez à la batterie), trop souvent comparé, souvent mais pas toujours à tort, à un Motörhead français, affine son son, il reste politiquement engagé, remplaçant quelque peu un Trust ayant jeté l’éponge au milieu de l’été 85. En récupérant la place de leader du heavy rock français, Vulcain a même l’honneur d’être le tout premier groupe hexagonal du genre à jouer au POPBercy en ouverture du Somewhere on tour d’Iron Maiden, devant un public chaud bouillant, le 29 novembre 1986. Une très belle fête pour célébrer la sortie de ce Big Brothers, non ? Battant le fer tant qu’il est chaud, Vulcain – et son manager / mentor d’alors, Elie Benalie, mettent en place une tournée digne de ce nom, selon les critères français d’alors… Une vingtaine de dates est ainsi planifiée entre le 13 mars 1987 au Palais des Sports de Joué les Tours (37) et le final des 2 et 3 mai 1987 à la Locomotive de Paris (ancêtre de la désormais Machine, mais configuration identique). Une tournée qui verra Vulcain sillonner l’Hexagone (Nantes, Montpellier, Nice, Orléans, Lyon, Besançon…) et s’offrir une petite escapade chez nos voisins suisses, belges et italiens. Et partout, les salles affichent complet. Autant dire que les dates parisiennes, dont seule la première, le 2 mai, est retenue pour l’enregistrement d’un album live, sont attendues de pied ferme par l’ensemble des musiciens, des techniciens et même Chariot, les Anglais invités en première partie, inclus, pour faire de ce final une fête mémorable. Et c’est le cas, la Loco, blindée comme jamais deux soirs de suite, accueille sans doute plus que les quelques 800 personnes que sa capacité autorise… Tant mieux, car le public est au taquet, transformant cette salle et son long couloir/bar en une étuve digne des chaleurs des enfers. Véritable cinquième homme de ce 2 mai 1987, ce public porte Vulcain aux nues de bout en bout du concert. L’ensemble des trois albums est passé en revue tout au long des 11 classiques que propose le groupe, au top de sa forme. Rock’n’roll secours, Fuck the police, La dame de fer, Comme des chiens côtoient le plus récent Khadafi. Étrangement, Vulcain propose même une reprise de Hell ain’t a bad place to be (AC/DC) pour un pré-final dantesque où le quatuor est accompagné de tout Chariot, Pete Franklin se chargeant – heureusement, quand on connaît l’accent de Daniel ! – du chant avant de conclure avec l’incontournable Digue du cul. Bien qu’un peu court (il aurait alors été risqué pour un groupe français, même le numéro un du metal, de sortir un double live), Live Force qui parait fin 1987, témoigne de la puissance de feu et de la popularité de Vulcain, alors au sommet de son art. Live force a été remasterisé par Marc Varez et réédité en 2004 chez XIII bis records sous format CD agrémentés de 4 titres complémentaires (Faire du rock, Les damnés, Le soviet suprême et Soldat) offrant ainsi une expérience un peu plus complète de ces concerts d’anthologie. Les choix futurs – départ de Didier remplacé par Franck Pilant pour un album déroutant, le bien nommé Transition, suivi de Marcos Arrieta sur le non moins étonnant Big Bang) – verront Vulcain se perdre et se noyer dans le doute avant sa dissolution à la fin du siècle dernier puis sa reformation de 2010 et un nouveau live explosif ( En revenant…,  2011) remettant quelque peu Vulcain sur les rails.

ARKAN: Lila H

France, metal (Autoproduction, 2020)

Petit à petit, Arkan se fait plus qu’un nom dans le paysage metal hexagonal. Les origines algériennes de ses membres fondateurs – le multi instrumentiste Mus El Kamal, le bassiste Samir Remila et le batteur Foued Moukid – y sont pour beaucoup car Arkan ne se contente pas, ne s’est même jamais contenté, de en proposer qu’un metal extrême rigide et fermé. Au contraire,  la part folklorique est capitale dans la démarche du groupe, d’autant plus avec ce cinquième opus, Lila H. Ce qui rend son propos encore plus passionnant ici est le thème de l’album: les années 1990 en Algérie. Samir (dont vous pouvez retrouver l’interview ici)et Mus entraient à peine dans l’adolescence, ou plutôt n’avaient pas encore quitté l’enfance, qu’ils vivaient sous un régime de terreur, de terrorisme aujourd’hui connu sous le terme explicite de « décennie noire ». La peur s’emparant du pays – souvenez-vous le GIA et ses fanatiques religieux – privait sa jeunesse de ce qui devrait être les plus belles années d’une vie. Si l’album démarre avec un Dusk to dawn explosif et radicalement death, la suite se fait varié, pleine de lumière, d’inquiétude et d’espoir. Le partage des voix – Manuel Munoz qui est arrivé dans le groupe avec l’album précédent et Florent Jannier – donne un résultat souvent émouvant, les influences hispaniques et orientales (Black decade, Crawl) apportent une touche de lumière, mais la gravité du propos n’est jamais loin (Broken existences, My son). Il y a dans cet album aux mille facettes autant de rage et de colère que d’envie d’espérer qu’un jour ce monde puisse retrouver la raison. Lila-H est un album majeur dans la carrière d’Arkan, un album témoin et exutoire d’une beauté tout autant fascinante que repoussante.

FURIES: Fortune’s gate

France, Heavy metal (Autoproduction, 2020)

Depuis le temps que Furies tourne, il arrive enfin, ce premier album, Fortune’s gate! Passé du quintette au quatuor 100% féminin à l’esprit glam à quatuor mixte a permis à Furies de se forger une belle identité musicale et sonore. Et que de chemin parcouru! Depuis ses débuts, le groupe n’a eu de cesse de se démarquer en proposant des actions originales: premier CD gracieusement offert, passage sur France Inter pour un hommage à Dalida, enregistrement et distribution d’une cassette… Bref, comment se démarquer en se faisant toujours plaisir? Car c’est bien le maitre mot, ici. Fana des 80’s et de tout le metal de cette époque – tout le metal, anglo-saxon ou français – Furies transmet sa passion au travers de 10 titres aussi puissant qu’entraînants. Franchement? Fortune’s gate sent bon les années 80, les transpire même de tous ses pores. La puissance de ce metal racé passe partout, emporte l’auditeur dans ce maelstrom de décibels et de mélodies bien ficelées, celle qui entrent dans la tête. La voix haut perchée de Lynda fait parfaitement l’affaire. Mais loin de se cantonner à une redite de cette époque que les musiciens ont à peine touchée du doigt, Furies modernise le propos en variant ses inspirations musicale. Alors, oui, on est séduit, d’autant plsu que les gros écueils qui décrédibilisaient alors le metal « made in France » sont évités: 1/ Lynda maîtrise parfaitement la langue anglaise (un seul morceau – Antidote – est interprété en français –  et 2/ la production est plus que soignée. Comme d’autres avant lui, Furies tente de raviver cette époque bénie avec un album riche et puissant. Comment ne pas succomber à You & I  et ses inspirations orientales, Voodoo chains ou Prince of the middle east? Un futur grand est né? Cela ne dépend que du soutien que le public pourra apporter à Furies. Cocorico!

Interview: ARKAN

Interview ARKAN: entretien avec Samir (basse) Propos recueillis par téléphone, le 9 octobre 2020

Photo promo

Metal-Eyes : Samir, Arkan sort son cinquième album. La première chose : pourquoi ce titre Lila H qui est l’anagramme de Hilal, votre album de 2008…

Samir : Ahhhh ! Tu as trouvé le truc (rires) ! C’est quelque chose qu’on n’a pas dit, on la laissé en mode « off », donc, chapeau ! En fait, il veut dire beaucoup de choses… c’est en effet l’anagramme de notre premier album, Hilal, mais en arabe, ça veut dire « pour Dieu ». Tu connais le concept de l’album, qui parle de ces fous de Dieu qui ont fait tous ces massacres pendant la décennie noire en Algérie. Lila, ça veut dire « la nuit », donc cette période sombre de l’Algérie, cette période sombre dans nos vies, pour tous ceux qui ont grandi pendant cette période-là. Et Lila, c’est aussi un prénom féminin. Pour nous, c’est un peu le petit enfant qui se balade dans les décombres. C’est un personnage que tu vas trouver dans un de nos clips, Broken existences.

 

Metal-Eyes : Ces décombres qui remontent à 1991 d’après le making of que vous avez posté… Comment en êtes-vous arrivés à faire ressortir ces évènements ? Vous ne les avez pas tous vécus ?

Samir :  Non, pas tous. Mus (El Kamal, guitares) avons grandi en Algérie. Je suis arrivé en France, j’avais 25 ans. Toute cette période-là, effectivement, on l’a vécue de plein fouet. On avait 11 ans en 90, et toutes les années qui ont suivi, de 11 à 21 ans… Normalement, ces années là, celles de l’adolescence, sont les plus belles d’une vie, ben, voilà, nous on l’a vécu comme ça : entre des attentats, des alertes, des massacres… On en entendait tous les jours. On a eu de la chance, on n’a pas été touchés dans notre chair, mais c’est toute une génération qui a vécu cette époque.

 

Metal-Eyes : J’imagine qu’écrire un album comme ça est aussi une sorte d’exutoire. Qu’est-ce qui a été le déclencheur ?

Samir : A la sortie de Kelem, notre quatrième album, on se posait la question du suivant. On aime bien composer, Mus arrive toujours avec de nouvelles idées, et au fur et à mesure de nos discussions, Manu (manuel Munoz, chant), qui est arrivé pour Kelem, apprenait à nous connaitre. Il commençait à entendre toutes nos histoires et je pense qu’e ça l’a un peu choqué. En plus, nous, quand on les raconte, on met un peu de légèreté, mais c’est une sorte de défense… Florent (Jannier, chant et guitare) a proposé de raconter ça pour l’album suivant. C’est comme ça que c’est venu.

 

Metal-Eyes : Et ça fait du bien ?

Samir : Ecoute… Je n’ai pas suivi de psychothérapie après cette décennie, mais c’est clair qu’en parler, vulgariser quelque chose que tout le monde ne connait pas forcément, c’est important. Nos potes, nos amis qui ont vu ça quand ils étaient ados, ils l’ont vécu de loin. C’est important qu’ils sachent comment on l’a vécu, et aussi, pour les générations actuelles en Algérie, c’est important de retranscrire cette époque pour qu’ils ne retombent pas dans les mêmes travers …

 

Metal-Eyes : Justement : l’Algérie, c’est ton pays d’origine. Quelle est la situation d’Arkan en Algérie, quel impact pouvez-vous y avoir ?

Samir : On a déjà joué en Algérie il y a trois ans pour un festival, ça s’est super bien passé. Je pense qu’à un certain moment, quand on fait des gros concerts – on a déjà joué avec des groupes comme Paradise Lost, Arch Enemy ou Sceptic Flesh – nos compatriotes sont contents de voir que certains Algériens qui ont commencé dans la scène metal algérienne – on avait déjà un groupe quand on était en Algérie – ont évolué. Je pense qu’on est plutôt bien perçus.

 

Metal-Eyes : Dans la vidéo de présentation de Lila H, vous dites « Arkan a le souhait de transmettre des valeurs ». Quelles sont les valeurs d’Arkan ? C’est seulement pour te démontrer que je suis allé le voir, hein…

Samir (il rit) : Ben… C’est bien ! Déjà, tu m’as bluffé avec l’anagramme, donc, c’est bon (rires). Nos valeurs ? Chaque album qu’on fait, c’est un concept, on cherche à raconter des histoires. La musique, c’est un langage universel, qui raconte plein de choses. Que tu comprennes ou pas un titre, tu es emmené, c’est un peu un voyage. On veut pouvoir faire voyager nos auditeurs et nos fans. Nos valeurs, c’est surtout cette musicalité qu’on veut partager.

 

Metal-Eyes : Justement ? en parlant de musiclité… La musique d’Arkan est à la fois très extrême et très variée, vous avez deux chanteurs qui ne se cantonnent pas que aux hurlements caractéristiques du death mais qui vont moduler tout au long de l’album. Vous travaillez comment ces voix ? Par rapport au message de chaque chanson ?

Samir : Il faut savoir que nos chanteurs bossent ensemble. Beaucoup. Et le chant, death ou clair, est travaillé d’un commun accord. Comme je te disais, nous, on travaille par rapport à des concepts, eux travaillent en rapport avec les paroles. Si l’intensité des paroles requiert quelque chose de très dur et percutant, ce sera du death, s’il faut un peu d’aération, c’est Manu qui reprend avec un chant clair, aérien. C’est un tout, travaillé d’après la musique et les paroles.

 

Metal-Eyes : Elle a commencé quand la conception de cet album ?

Samir : Ouh, il y a très longtemps ! En 2018, fin 2017…

 

Metal-Eyes : Donc après la sortie de Kelem, qui est paru en 2016…

Samir : Voilà. On a commencé à travailler dessus en 2017, et il a eu le temps de mûrir, de changer, de bouger. On est assez perfectionnistes dans notre musique, donc un titre finalisé le dimanche peut être remis en cause le jeudi.

 

Metal-Eyes : Comment analyserais-tu l’évolution d’Arkan entre Kelem et Lila-H ?

Samir : Je pense qu’il y a une certaine continuité. La particularité de Kelem, c’est l’arrivée de Manu au chant. Il a réussi à retranscrire cette voix claire dans notre univers. Je pense que là, il s’est vraiment affirmé sur certains titres, comme sur Crawl où il s’occupe du chant de bout en bout. Il retranscrit très bien l’univers de la musique et des textes.

 

Metal-Eyes : Et vous avez fait évoluer voter manière de composer ?

Samir : A la base, c’est toujours la même… Mus, c’est un volcan d’idées, de riffs et de mélodies. On essaie de travailler autour de la guitare, des mélodies, et à partir de là, le chant arrive avec tout ce qui vient en parallèle. Après, on s’occupe des arrangements. C’est vraiment un travail de groupe.

 

Metal-Eyes : Il a été enregistré où et produit par qui ?

Samir : Il a été enregistré au studio XXXXXXX, à Goteborg, chez Frederik Norstom.

 

Metal-Eyes : C’est pas le première fois que vous travaillez avec lui…

Samir : Non, c’est la quatrième fois ! C’est une sommité, et pour cet album, on voulait un son puissant, le bon détail, la bonne sonorité entre les instruments traditionnels et les guitares. On sait ce qu’il fait, c’est un super pro qui nous connait très bien, il sait où on veut aller et il sait aussi nous arrêter quand, parfois, on en fait peut-être un peu trop. C’est le gars qu’il nous fallait pour cet album.

 

Metal-Eyes : Parlons maintenant de Lila-H : comment pourrais-tu me le vendre, me convaincre d’aller l’acheter la semaine prochaine ?

Samir : Mmmhhh… bonne question ! Je ne suis pas un bon commercial ! Mais je dirai que c’est un album sincère, authentique. On a essayé de retranscrire des émotions, des petites histoires. Ce n’est pas un album documentaire, on ne se met pas à la place de médias, on a simplement raconté des choses que nous avons vécues, Mus et moi. On a été sincères dans notre démarche.

 

Metal-Eyes : Alors, pour quelqu’un qui ne vous connait pas, comment pourrais-tu décrire votre musique ?

Samir : Notre musique ? C’est un mélange, un brassage de cultures. C’est effectivement du metal, musique qu’on a toujours aimée et écoutée depuis notre adolescence, avec une culture, qui, pour ma part, est celle dans laquelle j’ai grandi, la culture arabe, berbère… On a voulu retranscrire ces sonorités dans cette musique metal qu’on aime, comme l’ont fait déjà certains groupes.

 

Metal-Eyes : Donc c’est un peu plus fusion que folk comme certains aiment à vous décrire ?

Samir : Ben, c’est un peu le problème, qu’on ne puisse pas nous coller une étiquette… Quand certains festivals nous disent que c’est un peu prog, mais le festival est plus pagan… Nous, dans notre musique, on fait ce qu’on aime, au moment où on veut le faire. C’est-à-dire que si on a envie d’une sonorité pagan, alors ce sera du pagan. On ne fait pas uniquement du death, ou du pagan, ou du prog. On y met tout ce qu’on sait faire et tout ce qu’on aime. Tant que ça colle à ce qu’on veut faire, aux paroles, s’il faut que ça passe par un changement de tempo, d’autres instruments, changement de voix… On a deux chanteurs dans le groupe, c’est justement pour nous accorder cette possibilité de changer d’ambiance.

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un seul des titres de Lila-H pour expliquer ce qu’est Arkan aujourd’hui, ce serait lequel ?

Samir : Il y a tellement de différentes ambiances que c’est un peu compliqué…

 

Metal-Eyes : Je sais, mais tu dois séduire ton auditeur avec un seul titre…

Samir : Un seul… Alors je choisirai Broken existences… C’est un titre que je trouve percuttant, on rentre directement dans le vif du sujet avec un gros son de guitares, une basse très profonde et une batterie très présente, ainsi qu’un chant growl hyper percutant et on arrive sur un refrain plus clair, très entrainant. C’est un titre qui représente bien la variété de ce que fait Arkan.

 

Metal-Eyes : Et le titre lui-même, « les existences brisées », colle bien au thème de l’album. Une dernière chose : quelle pourrait être la devise d’Arkan ?

Samir : Une devise ? Je sais pas… En fait, aujourd’hui, tu veux me poser que des colles, toi ! (rires)

 

Metal-Eyes : Non… En tant que journaliste amateur, je fais quelques recherches et j’attends avec impatience le jour où un musicien fera pareil et me dira « attends, je suis allé voir les questions que tu poses, et celle-là, elle revient tout le temps, alors voilà ! »

Samir (il rit) : Tu as raison ! Alors… Une devise ? « Fraternité ». Parce que, simplement, on est de vieux potes, ça fait 15 ans qu’Arkan existe.

 

Metal-Eyes : As-tu quelque chose à rajouter ?

Samir : J’espère que cet album parlera au gens et qu’il leur permettra de s’informer sur ces années 90 en Algérie.

 

 

 

Concerts from home: MANIGANCE

Parce que ce 28 octobre le groupe de François Merle aurait dû retrouver les planches de l’Elysée Montmartre en ouverture de Sortilège (le concert est – de nouveau – repoussé au  21 octobre 2021), Concerts from home revient sur leur album live enregistré, principalement, à Paris en 2004. Et ceci est tout sauf un dernier hommage!

MANIGANCEMémoires… live France, hard rock, (Replica records, 2004)

C’est en 1995 que naît, à Pau, Manigance, de la volonté de François Merle, ex-guitariste de Killers avec qui il a fourbi ses armes entre 1987 et 1994. En 2004, Manigance a déjà 3 albums à son actif et la formation paloise fait partie de ces challengers de la scène hexagonales, riche et florissante, en qui le public place de très gros espoirs. La qualité et la puissance de ses compositions séduisent d’ailleurs, et à juste titre, jusqu’au public japonais pour qui ce premier album live a été enregistré. Pour un groupe français, on peut se permettre de parler d’exploit tant s’exporter semble mission impossible ! Déjà, tourner en France est loin d’être évident… Peut-on même simplement parler ici d’une tournée ? Le premier concert de soutien à D’un autre sang, le dernier album en date, est donné le 12 février 2004 à Lyon (au Rail théâtre) pour s’étendre jusqu’au 21 du même mois au Manège de Lorient (on peut rajouter quelques dates éparses en mars, mai et juillet). En moins de deux semaines, ce sont 9 villes que Manigance aura visitées au détour desquelles le sextet, solide et fidèle (Didier Delsaux au chant, François Merle et Bruno Ramos aux guitares, le discret Marc Duffau à la basse, Daniel Pouylau à la batterie et Florent Taillandier aux claviers) se livre enfin à l’exercice de l’album live. Enregistré le 17 février 2004 à l’Elysée Montmartre de Paris (sauf le sublime Dernier Hommage qui a été capté à La Laiterie de Strasbourg le lendemain) devant un public chaud bouillant, Mémoires… live est d’abord destiné au marché japonais afin de remercier le public nippon de l’accueil extraordinaire qu’il a su réserver aux Palois. La France découvre donc ce témoignage en import avant que ne lui soit livrée une version amputée d’un titre de cet album qui reflète sa fort remarquée discographie passée, mettant logiquement l’accent sur son dernier opus en date puisque 8 morceaux (sur 14, version européenne) en sont issus ; 5 proviennent de Ange ou démon et un seul (malheureusement un des morceaux que j’aime le moins), L’ultime seconde, est issu de Signe de vie. Ce concert commence pied au plancher, Manigance ne laissant pas le temps au public, qui vient de s’enquiller Adagio et Malédiction en chauffeurs de salle, de reprendre son souffle. Et, exception faite du temps calme imposé à mi-parcours avec La mort dans l’âme, le groupe fonce comme si sa vie en dépendait. Le public parisien a toujours eu la réputation d’être difficile et exigeant, mais là, il semble prêt à manger dans le creux de la main de Didier Delsaux qui communique avec beaucoup d’aisance avec ce public, public auquel il s’adresse de la même manière que Bernie Bonvoisin (Trust), en le tutoyant. Il manque cependant à cet album un très léger brin de simplicité, de vérité. Le son, puissant, ne semble pas toujours venir de ce concert… et à lire les crédits de la jaquette (trop peu fournie, pourquoi ne pas avoir proposé un peu plus de 4 pages ???), on constate, le groupe ne s’en cache pas, qu’il y a eu des retouches de faites (« overdubs recorded at Manigance studio, Pau, France »), ce qui explique peut être qu’il ait fallu une bonne année avant que cet album ne rencontre son public. Overdubs, soit, mais point trop n’en faut. Or, ici, il semble qu’il y en ait eu un peu partout, ôtant cette humanité rare que l’on peut trouver dans les concerts. Mais ce n’est, au final, qu’un détail tant Manigance semble prendre du plaisir à être face à ce public qui le lui rend bien. Un autre détail qui, à l’époque de sa sortie en 2005, ne pouvait que passer inaperçu mais qu’aujourd’hui on remarque le sourire aux lèvres : parmi les photographes crédités se trouve une certaine Carine Pinto, aujourd’hui chanteuse de Manigance. Le monde est petit, non ?

ORKHYS: Awakening

Metal symphonique, France (Autoproduction, 2020)

Fondé sur les cendres de Nepenthys en 2018, Orkhys, quatuor mené par la chanteuse Laurène nous propose un premier Ep de trois titres (totalisant quand même 18’30), Awakening – « réveil » – qui nous plonge dans un metal certes symphonique mais qui étend plus loin son univers. Les influences celtiques et folkloriques ne sont jamais loin, pas plus éloignées que ne l’est une certaine forme de black metal, évoquées par des cavalcades de guitares de Brice, principal compositeur, et de doubles grosse caisses et autres blast beats insufflés par Jean-Yves, doyen du groupe. Si on ne peut que difficilement passer à côté des influences évidentes que sont Nightwish ou, plus discrètement, Iron Maiden, voire Helloween, Orkhys se démarque du reste de la scène par une utilisation judicieuse de la harpe, instrument cristallin qui trouve parfaitement sa place sous les doigts de Laurène, au chant tout aussi cristallin (attention à ne pas trop abuser des aigus…) Cette carte de visite ne souffre cependant que d’un défaut, de taille: on a envie d’aller plus loin et d’en écouter plus… Trois titres, c’est court,d’autant plus lorsque le temps passe vite. Alors… à quand un vrai Ep ou un album complet? En tout cas, Orkhys démontre qu’en France, aussi, on est capable du meilleur.

Interview: ORKHYS

Interview ORKHYS: entretien avec Laurène (chant, harpe) Propos recueillis par téléphone, le 2 octobre 2020

Metal-Eyes : Comment se passe cette journée promo, Laurène ?

Laurène : Très bien. C’est un peu une concrétisation puisqu’on présente notre projet. Ca fait quand même deux ans qu’on travaille sur ce groupe, Orkhys, et, je ne le cache pas, il y a une petite fierté à montrer notre travail et à en parler.

 

Metal-Eyes : Tu dis que ça fait deux ans que vous travaillez sur ce projet. Alors, sortons un peuy des sentiers battus : peux-tu me raconter l’histoire d’Orkhys ?

Laurène : Effectivement, on ne m’a jamais posé cette question ! J’étais dans un autre groupe de metal symphonique et suite au départ du guitariste, on a recruté quelqu’un d’autre. C’est comme ça que Brice a intégré Nepenthys. Il nous a dit qu’il était aussi intéressé par nous présenter ces compositions et s’il était envisageable de les intégré au groupe.

 

Metal-Eyes : Naturellement, j’imagine, vous lui avez répondu « sûrement pas ! »

Laurène : Voilà, « Sûrement pas, ça doit être nul ». Non, pas du tout ! On avait déjà un compositeur dans le groupe qui a super bien accueilli Brice et moi, j’ai vraiment eu un coup de cœur énorme pour ses compos et je me suis dit… En fait, il regroupe plein de choses que j’aime bien, des riffs de groupes que je n’écoute pas forcément, mais ça fonctionne super bien. On s’est demandé quel intérêt il y avait à garder l’autre groupe. Il n’y avait plus aucun membre fondateur, ni aucun de ceux qui avaient enregistré l’Ep. Alors plutôt que de recommencer à communiquer autour du nom de Nepenthys, il y avait un changement identitaire et musical. On faisait fausse route, il fallait que ce soit notre identité. Le groupe était dans un univers complètement différent, ce qui nous a poussé à créer Orkhys, fin 2017 il me semble. On a travaillé sur ce projet, on a cherché un batteur et un bassiste et on a trouvé Jean-Yves à la batterie et Lancelot, à la basse, qui est, à la base, un ami de Brice.

 

Metal-Eyes : Vous sortez maintenant votre premier Ep, The awakening, le réveil.

Laurène : Oui. C’est tout récent… On a fait notre release party le 25 septembre. On a présenté notre Ep à la scène metal et aujourd’hui il est disponible physiquement sur notre bandcamp et en version digitale sur les plateformes de streaming.

 

Metal-Eyes : Pourquoi avoir choisi le format 3 titres ? Ce n’est même pas un Ep, c’est plus un single…

Laurène : C’était une volonté de notre part parce que ça faisait déjà deux ans qu’on travaillait sur ce projet, on avait ces trois morceaux de prêts, et on avait envie de donner un avant goût , tester l’audience et voir si notre vision de la musique était partagée par d’autres personnes, si c’était bien accueilli par les gens. C’était notre décision d’y aller petit à petit. Lancelot, Brice et moi, on est des « petits-bleus », des nouveaux et on ne s’y connait pas vraiment en enregistrement. On est assez prudents. On préfère faire petit mais bien plutôt que de voir troip grand et risquer d’être mangés par notre volonté.

 

Metal-Eyes : Comment décrirais-tu votre musique pour quelqu’un qui ne vous connais pas du tout ? Tu as parlé de metal symphonique, et je te rejoins entièrement, mais ce n’est pas tout…

Laurène : C’est très difficile, on s’est posé la question. Dans quelle catégorie nous classer ? Je ne sais toujours pas… En fonction des gens, de leur background musical, chacun va écouter, entendre des choses complètement différentes. Certains aujourd’hui vont nous classer dans du metal complètement symphonique, « pu », d’autres vont dire que c’est du metal mélodique, du heavy metal mélodique, et d’autres vont nous dire que c’est du thrash black celtico-pagan folk médieval…

 

Metal-Eyes : Peut-être avec une petite touche de disco new wave, non ?

Laurène (elle réfléchit, je ris) : Peut-être… C’est la première fois qu’on me dit ça…

 

Metal-Eyes : Je rigole… Tu as mis tellement d’étiquettes d’un coup qu’il fallait bien en rajouter un peu…

Laurène (elle rit franchement) : Ah, je préfère, j’étais en train de me poser des questions…. « Mais où on aurait pu trouver ça ??? » Tu m’as bien eu là ! Ce qu’on aime dire, c’est qu’on joue du metal mélodique, et qu’on a des influences un peu partout, on n’a pas envie d’être catalogués. On fiat la musique qui nous ressemble, c’est tout. On n’est pas des gens bornés, on écoute vraiment beaucoup de choses et notre musique est assez variée.

 

Metal-Eyes : Il y a aussi la particularité que ces 3 titres ne sont pas calibrés pour les radios – le plus court ne dure « que » 5’. C’est un choix délibéré que de vous bloquer ce type d’outil promotionnel ?

Laurène : Ce n’est pas un choix délibéré… On est au service de notre musique, et on ne veut pas la mettre dans une boite. Brice nous dit parfois qu’il est désolé, que le morceau est encore long, mais qu’il ne souhaite enlever aucun des passages, sinon l’histoire est incomplète. Il compose en fonction de ce qu’il ressent. Si une histoire a besoin d’autant de temps pour être racontée, ce n’est pas à nous de la couper. Elle est comme ça, un point c’est tout.

 

Metal-Eyes : Brice est donc le compositeur. Qui s’occupe des paroles ?

Laurène : C’est moi.

 

Metal-Eyes : Donc vous travaillez tous deux main dans la main pour pouvoir écrire ces histoires…

Laurène : Oui. Brice compose, il nous soumet ses compos sous forme de maquette et on lui fait un retour, si la compo nous plaît, s’il y a des choses qu’on aimerait revoir ou améliorer. J’écoute énormément les morceaux, je les passe en boucle et je vois ce que ça m’inspire, quelles images me viennent à l’esprit. Et je construis l’histoire et les paroles sur la composition de Brice.

 

Metal-Eyes : Et de quoi parles-tu ?

Laurène : De ce qui me touche, mais aussi de contes et de légendes qu’on a pu me raconter quand j’étais plus jeune. Le premier morceau, The end of lies, c’est un titre révolutionnaire », il parle d’un peuple à qui j’ai envie d’ouvrir les yeux, de dire à chacun « regarde autour de toi, regarde ce qu’il se passe ». Il y a un moment où il faut prendre les armes, se battre pour notre dignité, pour ce en quoi on croit… Guardians, on part sur complètement autre chose : je parle des anges gardiens. Là, c’est une interprétation qui est propre à chacun, en fonction de sa sensibilité, de sa spiritualité, on peut l’interpréter, que ce soit des personnes de chair ou des êtres de lumière, de différentes manières : ces êtres qui sont là, près de nous pour nous guider tout au long de notre vie, nous accompagner, nous faire grandir…Rest of the graves c’est l’histoire d’un homme blessé au combat et qui est en lutte contre lui-même parce qu’une part de lui a envie de lâcher, d’abandonner, de se laisser mourir et l’autre partie de lui dit qu’il a une famille, qu’il doit continuer, encore, parce qu’il a encore des choses à faire.

 

Metal-Eyes : Quelles sont vos influences principales ?

Laurène : Oh, il y en beaucoup ! Je pense que les plus grandes sont Iron Maiden, Nightwish, il y a aussi Kreator, Annihilator, pour la partie metal et une grande partie de musique celtique, et aussi de la musique classique. Pour le black metal, il y a Moonsorrow, un énorme coup de cœur pour Brice et moi.

 

Metal-Eyes : J’ai l’impression en t’écoutant qu’il y a un duo de base, Brice et toi. Quel est votre rapport avec les autres, quel est leur apport ?

Laurène : C’est un rapport amical. En fait, Orkhys c’est une bande de potes. Brice et Lancelot se connaissent depuis plus de dix ans, ils étaient à l’école ensemble et c’est la musique qui les a réunis. Lancelot, je l’ai connu via Brice et il est devenu un ami avant d’intégrer Orkhys. Après, musicalement, c’est vrai que le duo Brice/Laurène fonctionne assez bien… Panpan, le batteur, apporte sa patte puisqu’il n’hésite pas à donner son avis et faire des propositions à Brice, pareil pour Lancelot. On dit souvent que la démocratie dans un groupe, ça n’existe pas, je ne suis pas d’accord. Brice, en tant que compositeur a une importance capitale, mais tous les choix que l’on fait sont validés à 4.

 

Metal-Eyes : J’imagine donc que si certains membres du groupe ne sont pas d’accord avec une compo, n’accrochent pas, vous en parlez et certaoines choses peuvent être modifiées ?

Laurène : En fait, ça nous est arrivé une fois. Brice a proposé une compo et pour le coup, c’est moi qui lui ai dit… « Elle est très bien ta compo, mais elle n’est pas dans l’esprit d’Orkhys ». C’est étonnant parce qu’on joue une musique assez vaste, mais il l’a accepté et l’a mise sur sa chaine Youtube. Je pense qu’on apprécie vraiment le travail de Brice et qu’on est tous en cohésion.

 

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un titre de cet Ep pôur expliquer à quelqu’un ce qu’est Orkhys, ce serait lequel des trois ?

Laurène : C’est compliqué… C’est aussi une des raisons qui font qu’on a choisi ce format : ces trois morceaux résument assez bien ce qu’il y a dans Orkhys. J’ai l’impression que l’histoire d’Orkhys, on ne peut pas la résumer à un morceau…

 

Metal-Eyes : Je t’interromps : je pose la question régulièrement à des gens qui ont un album de 10 ou 12 titres et ils y parviennent. Comment mettre la pression…

Laurène : Alors dans ce cas, je te dirais celui pour lequel j’ai un petit coup de cœur : Guardians. Parce que c’est celui où la harpe a une belle part, et qu’il me parle bien.

 

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise d’Orkhys aujourd’hui ?

Laurène : Une devise ? Peut-être plus des mots clefs : Amitié, bienveillance et émotion…

 

Metal-Eyes : Ca me plait bien, ça résume bien tout ce que tu as pu dire… As-tu quelque chose à rajouter pour convaincre les lecteurs d’aller acheter cet Ep ?

Laurène : J’ai simplement envie de dire : allez écouter, vous pourriez être surpris. Soyez curieux. Il y a des gens qui nous ont dit qu’en voyant la description du genre ils étaient sceptiques mais qu’en écoutant, ils ont vraiment accroché, adhéré. C’est quelque chose qui fait plaisir, quand les gens ont un a priori mais qu’ils sont, au final, surpris.

 

Les plus curieux pourront, espérons-le, voir Orkhys live à Paris à la péniche Antipode, le 22 octobre. Masqués, mais pas que !

Interview: FURIES

Interview FURIES: entretien avec Lynda Basstarde (chant, basse), Sam Flash et Billy Lazer (guitares), Zaza Bathory (batterie). Propos recueillis à Paris, bar le Magnétoscope, le 15 septembre 2020

FURIES: (de gauche à droite) Sam Flash, Lynda Basstarde, Zaza Bathory, Billy Lazer

Metal-Eyes : Avant de sortir votre premier album dont nous allons parler, vous avez publié une cassette 2 titres, en plusieurs couleurs. La cassette, c’est totalement typé 80’s (tout le monde approuve), nous sommes ici au bar le Magnétoscope (rue Drouot à Paris), outil très 80’s aussi. Qu’est-ce qu’il se passe entre vous et les années 80 ?

Zaza : C’est une période que nous avons vécue petits… On aurait, je parle pour tout le monde mais vous me reprenez si vous voulez, on aurait voulu pouvoir aller voir Judas Priest en 1984, Metallica et autres… Mes idoles, je les ai un peu loupées… Quand je les ai vus, ils étaient un peu croulants, j’étais un peu déçues. C’est surtout une période qui est très riche en matière de metal.

Lynda : Ça fait partie de nous. La cassette, on a voulu la sortir non seulement parce que c’est un clin d’œil à cette époque-là, mais aussi parce que c’est un petit objet, tout moignon, assez culte pour les collectionneurs…

Billy : C’est pas un objet cher, en plus. Ça permet de soutenir le groupe financièrement pour pas grand-chose…

Lynda : Mais il y avait aussi un code pour pouvoir télécharger ces titres en digital, bien sûr !

 

Metal-Eyes : Je vous connais depuis la seconde version du groupe, le quatuor 100% féminin. Depuis, il y a deux gras qui ont pris les guitares, et c’est la version la plus stable du groupe… Comment vous expliquez cette stabilité ?

Zaza : Ca fait maintenant plus longtemps qu’on joue avec eux…

Lynda : J’ai commencé en tant que bassiste de session avant d’intégrer le groupe, qui est devenu quatuor. J’ai pris le chant en plus, et on s’est un peu désolidarisées parce que Zaza et moi, on a une vision assez claire de ce qu’on veut faire, on veut aller très loin avec un groupe, faire pas mal d’album. Les autres filles, un peu moins, donc, un peu naturellement, il a fallu qu’on trouve d’autres musiciens…

Zaza : Les filles (ndmp : les guitaristes Levanna et Kim) sont simplement parties.

Lynda : Voilà… Et, du coup, Billy Lazer faisait partie de notre entourage, il nous suivait déjà partout en concerts…

 

Metal-Eyes : C’est le plus vieux en plus, ça fait très pervers… (rires général)

Zaza :

Billy : Ouais… « donne moi ton numéro ! » On est vite devenus potes, et je leur ai expliqué que ça faisait un moment que je voulais avoir un groupe de ce genre là. Je révais d’avoir un groupe de heavy, de laisser libre-court à ce que je voulais faire. On n’est pas dans une grande mode du heavy, même s’il y a un retour en ce moment, c’est vrai. Si tu es à Paris, que tu es musiciens, tu as plus de chance de trouver un groupe de metal extrême, de hardcore, voire de djent… Il n’y a pas tant de groupes de heavy metal que ça…

Sam : Donc tu as pris ce que tu as trouvé, c’est ça ce que tu es en train de nous dire ?

Billy : Non, mais si tu veux monter un groupe quand tu es en région parisienne, c’est pas si évident… Soit ce sont des groupes qui ont déjà une longue histoire derrière eux, soit… Des nouveaux venus, il n’y en a pas tant que ça…

Lynda : On s’est bien trouvés, il y a eu un bon timing. Ensuite, j’ai rencontré Sam, dans un bar, et je lui ai proposé d’auditionner. Il connaissait déjà Zaza.

Sam : C’est pas pareil que Billy, je suis le plus jeune. J’ai honte de le dire, mais en vrai, c’est tous des vieux là (rires) ! Personne ne pouvait tenir une guitare, donc, je leur ai proposé ! En fait, avant, j’avais un groupe, entre mes 15 et mes 18 ans, un groupe avec lequel on répétait régulièrement, très amateur. J’ai connu Zaza comme ça, puisqu’on habite dans le même coin, et j’avais envie d’aller plus loin dans l’expérience. J’étais un peu frustré parce que, quand tu arrives à 18 ans, tu vas plus loin dans les études, et ça te coince. J’ai rencontré Lynda et quand elle m’a expliqué qu’elle cherchait un guitariste, je me suis proposé.

 

Metal-Eyes : En plus, il y a un côté pratique : chaque guitariste a son côté, il y a un gaucher et un droitier…

Lynda : Exactement, c’est très joli, symétrique.

Zaza : Exactement, ils ne se prennent pas les manches…

Sam : En tout cas, pas de la guitare !

 

Metal-Eyes : Pourquoi avoir pris autant de temps avant de sortir votre premier album ?

Lynda : Il nous a fallu du temps pour bien nous connaître, musicalement. Le temps que tout se mette en place : comment on va procéder dans la composition, comment l’alchimie va s’opérer, et on voulait aussi bien faire les choses aussi…

Billy : Et il y a presque deux styles différents dans l’histoire de ce groupe… Quand le groupe était féminin, c’était très hard glam, et quand on est arrivé avec Sam, il a fallu reconstruire quelque chose de nouveau. On avait des influences différentes à la guitare. Ça prend du temps de trouver cette alchimie : il y a deux nouvelles guitares, deux nouveaux styles, il faut trouver comment composer…

 

Metal-Eyes : Et sans doute a-t-il fallu penser à une autre façon de chanter aussi ?

Lynda : Pas tant que ça, le chant reste assez heavy, et qu’il y ait des riffs thrash derrière, ça va bien.

Billy : Il fallait trouver le bon dosage : quand tu as un groupe qui fait du hard/heavy et que des éléments thrash arrivent, il faut tout doser.

Sam : Que chacun prenne sa place

Zaza : Il fallait aussi qu’on arrive à se rassurer : c’est pas grave si, dans le même morceau, tu as envie de mettre un riff de hard US, un riff à la Helloween, un autre à la Ozzy. Le truc, c’est que, si on arrive à bien tisser tout ça dans le même morceau, c’est possible. On a chacun nos influences, nos idées, et c’est ça qui fait notre essence, c’est ce qui va faire notre son, notre patte « Furies ». On ne veut pas copier Ozzy ou Helloween, mais il y a des mélodies qu’on aime et qui nous influencent. Ça prend du temps de se rassurer et de réaliser que ça va le faire…

Sam : Et que chacun trouve sa place… Quand je suis arrivé dans le groupe, Billy avait plein d’idées de riffs, avec une éloquence dans son jeu… Moi, je suis arrivé avec ma façon de jouer qui est beaucoup plus « à l’arrache », dans l’impro, et, de toutes façons, beaucoup plus thrash, et finalement, connaitre le discours de chacun permet, quand tu composes, de savoir ce que l’autre va faire, va pouvoir faire. En plus, chacun a une vision un peu différente : moi, je touche à d’autres instruments dans d’autres styles et j’essaie de chercher des influences ailleurs, Zaza a une oreille absolue et elle entend tout ce qu’on fait et elle est capable de trouver des harmonies de fou… Lynda, elle a une grosse intuition et aussi une grosse culture heavy metal, elle arrive toujours à recadrer un peu ce qu’on fait dans un esprit catchy à la années 80. A la fin, tous ces éléments mis bout à bout, ça nous a permis de créer une base solide sur laquelle on peut s’appuyer et se permettre de faire des erreurs. Et, finalement de se dire qu’on a quelque chose, on fait un album et on en est super contents !

Lynda : On commence à composer le deuxième et j’ai remarqué que ça va un peu plus vite.

Zaza : On a tous des automatismes, et on essaie, justement, de ne pas tomber dans ces automatismes. On veut que le suivant soit différent du premier album. En même temps, on communique mieux.

Sam : On arrive plus facilement à proposer des choses, il n’y a plus cette question de savoir comment l’autre va le prendre. Quand tu fais de la musique, il y a un investissement personnel, et, quand tu bosses avec quelqu’un depuis quelques années, quand tu lui fais une remarque, un jugement sur son travail, il sait ce que ça veut dire…Il y a moins d’ego.

Billy : Tu apprends à faire juger ton travail par autrui, à moins faire cavalier seul. Quand tu sais que l’équipe a fonctionné comme ça, tu fais confiance, à la fin, il y a une relation de confiance qui s’installe.

 

Metal-Eyes : Si je résume en deux mots, ce serait « complémentarité » et « communication » ?

Lynda : Et alchimie. Ce n’est pas cette alchimie magique mais (à Sam) quand tu parlais d’intuition, toi aussi, tu ressens bien les choses…

 

Metal-Eyes : Comment définiriez-vous votre musique pour quelqu’un qui ne vous connais pas et qui va découvrir votre premier album ?

Lynda : Ouh !

Zaza : Un mix de heavy, de thrash, du hard… Du « very virile heavy metal » (rires général). C’est une punchline que je sors depuis quelque temps, une sorte d’allitération. J’ai mis Virile au féminin. Moi qui suis batteuse, j’aime bien cette sensation de puissance. On dit souvent que la puissance c’est masculin, ben, il y a des femmes qui aiment ça aussi !

Billy : On essaie juste de ne pas être trop « neo heavy metal », il y a les codes, mais on rajoute des choses pour ne pas être juste une copie de Judas ou de Maiden.

 

Metal-Eyes : Puisqu’on parle de « traditionnel », il y a une video qui circule, Voodoo chains. Elle fait très Scoubidou. Un peu avant les années 80…

Lynda : Ouais ! C’est la pochette animée, en fait

Zaza : On est une équipe !

Sam : C’est vrai que ça fait Scoubidou, je n’y avais jamais pensé !

 

Metal-Eyes : Justement, en dehors du chien, il y a deux filles et deux gars… Alors qui est qui ? Je rappelle : il y a Sam, Fred, Vera et Daphnée…

Sam : Moi, je suis Sammy !

Billy : Moi, n’importe quelle heure, je suis Scoubidou ! Mais Voodoo chains illustre très mal ce que je viens de dire, parce que c’est un titre très hard rock…

Note : on n’arrive pas à départager les filles, mais il manque de toute façon la représentation de Fred….

 

Metal-Eyes : Mais à la fin, il monte quand même en puissance.

Sam : On va l’appeler Scoubi Chains, maintenant !

 

Metal-Eyes : L’album sort le 16 octobre. Vendez le moi…

Sam : Que je te lke vende ? Tiens, voilà notre album, c’est 10 euros ! (rires)

Zaza : Tu connais pas Furies ? C’est un super groupe, il y a deux meufs, deux mecs, les mecs sont symétriques sur scène, et ça déchire, il y a une énergie folle…

 

Metal-Eyes : Ok, mais vends moi l’album. Ne me vends pas le groupe…

Sam : Si tu l’achètes et que tu le mets sous une lumière UV, il y a une photo des meufs à poils, mec ! Eh ouais ! Dix balles, le truc (rire général)

Lynda : Chaque titre, chaque morceau a sa propre énergie, son propre univers et ses propres émotions. On est transporté dans un univers que chacun peut s’approprier, la musique c’est aussi ça. Ça parle souvent d’histoires qui illustrent de grands concepts comme la vieillesse, la liberté, la tentation. Il y a un titre en français, aussi, Antidote. Chacun peut choisir son antidote pour pouvoir s’y raccrocher. Chaque morceau se termine sur une note positive.

 

Metal-Eyes : Pourquoi avoir choisi de ne chanter qu’un seul titre en français ?

Lynda : On voulait composer majoritairement en anglais, mais on voulait quand même composer un peu en français parce qu’on est Français. Je pense qu’il y aura à l’avenir deux morceaux en français, 20%. C’est un exercice pas facile, pour que ça sonne bien.

 

Metal-Eyes : Sans pour autant avoir cette étiquette de hard rock français.

Lynda : Non, mais on reste Français. On fait du hard rock anglais mais français !

Billy : Sans leur manquer de respect, je crois que tous ces groupes français de metal des années 80, c’est quelque chose qui leur a été demandé, de chanter en français pour les radios… Il y en a beaucoup qui avait du talent, Lynda a fait équipe avec Sortilège pendant un moment, et ils étaient talentueux, tous. Ils étaient talentueux, mais on leur a tout de suite mis ce frein de la langue. Faut pas avoir honte de sa langue -c’est pour ça qu’on a mis cette proportion de 1 titre ou 2 sur 10 – mais il faut aussi être exportable, et le français, c’est une limite…

 

Metal-Eyes : Cependant, il y a beaucoup de groupes français qui, lorsqu’ils commençaient à chanter en anglais, ben… on se rendait vite compte qu’ils étaient français.

Zaza : Ils n’étaient pas crédibles…

Billy : Pour ça, il faut bosser un peu pour être crédible.

 

Metal-Eyes : Quels sont les différents formats que vous prévoyez pour cet album ?

Lynda :

Zaza : En CD, déjà, c’est le minimum. Il sera disponible sur notre Bandcamp, mais aussi via Season of Mist en version physique. Le vinyle sortira certainement un peu plus tard, il faut proposer de nouvelles choses aussi…

Lynda : Peut-être une édition limitée… Cassette, ce n’est pas prévu pour le moment

Billy :

 

Metal-Eyes : Trois années séparent la cassette et l’album, Fortune’s gate. Comment analysez-vous l’évolution du groupe, en dehors du fait que, maintenant, vous vous connaissez mieux ?

Zaza : Il y a eu un challenge pour nous, en tout cas pour moi, au niveau de mon instrument. Depuis la cassette, et même avant, je me suis un peu boostée notamment à cause des compositions de Billy qui sont souvent très speed et assez… soutenues. Techniquement, il y a eu un gros challenge. On s’est tous challengés techniquement ! Aussi par rapport à l’écriture des morceaux, qui sont plus élaborés.

Billy : Evolution, oui, mais d’un autre côté, la cassette est aussi à voir comme un point de départ du nouveau Furies. Ça nous a permis de mieux définir ce qu’on voulait faire

Zaza : Sam et Billy dans le groupe, qui prenait aussi une autre direction, peut-être plus intense qu’avant.

 

Metal-Eyes : Si vous deviez chacun ne retenir qu’un seul titre de l’album pour expliquer ce qu’est Furies à quelqu’un qui ne vous connais pas, ce serait lequel ?

Zaza et Sam : You and I :

Lynda : Je suis d’accord, parce qu’il y a un peu de tout : un peu de thrash, un refrain assez heavy et fédérateur, un passage un peu sombre aussi – on aime bien aller dans le sombre –

Zaza : Des solo hyper bien !

Billy : Comme Antidote, même si c’est chanté en français, je trouve que musicalement, c’est un super condensé de Furies aussi. C’est deux morceaux là représentent bien ce qu’est Furies.

 

Metal-Eyes : L’album a-t-il subi un retard du fait de la crise du Covid ?

Zaza : Non, à part le clip You and I

Lynda : On avait tout prévu dans une école audio-visuelle, mais malheureusement, la veille, à 19h, on apprend que tout est fermé et qu’on ne pourra pas rentrer… On avait tout prévu : des plans de lights, du matos, une grosse somme de matériel qu’on n’a pas pu utiliser… On s’est rabattus sur un hangar, mais on peut dire que le Covid… Ça nous a foiré le clip.

Zaza : Pas foiré, mais ce n’est pas ce qu’on voulait. Quand on a pensé au clip, on avait plein d’idées, mais on était tous les quatre d’accord : on ne voulait pas un clip de hangar ! Résultat : on a fait un clip de hangar ! (rires)

Sam : Tous les groupes ont fait un clip de hangar !

Lynda : Ça nous a aussi annulé des dates qu’on devait faire en Suède, en Allemagne…Reportées, mais on ne sait pas quand…

 

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise de Furies en 2020 ?

Tous ensemble : All together and union forever !

Zaza : C’est le refrain de You and I…

 

Metal-Eyes : Une dernière chose, Zaza : tu es aussi chargée de com’ pour la Metalhead convention qui devait se tenir en octobre. On a appris son annulation. Annulation ou report ?

Zaza : Pour l’instant, elle n’est pas reprogrammée, mais on attend des nouvelles de Reed Expositions qui est à la base du projet. Pas d’info pour l’instant. C’est en stand-by….

 

Merci à Romain Richez (Agence Singularité) pour l’orga et l’accueil !

BLACK BART: Pièce de huit

France, Heavy metal (Autoproduction, 2020)

Avant la publication de son nouvel album d’ici la fin de l’année, les pirates du navire Black Bart commandé par Babass nous envoient un nouveau coup de semonce avec cet alléchant Ep 4 titres, Pièce de huit. Un Ep qui fleure bon la ration de rhum. Ok, le groupe est typé 80’s (musicalement, certes, mais aussi dans le chant parfois, disons… « surprenant »), mais comme Black Bart est loin de s’en cacher et qu’il le fait avec tant de respect et d’amour, qu’on ne lui infligera pas le supplice de la planche. Pas aujourd’hui, en tous cas. On le sortira même avec plaisir de ce Panier de crabes qui transpire l’amour de Slayer, de Metallica et de Maiden. Une intro puissante et énergique qui donne envie d’en écouter plus. Chaloner ogle propose un rythme imparable, une invitation au headbanging cadencé, et à reprendre ses choeurs chanté dans le plus pur esprit pirate avant que la lenteur et la lourdeur doomesque de Le maître ne viennent plomber l’ambiance. Un coup de vent dans les voiles redonne de la vigueur au titre à mi parcours et lui insuffle même un esprit speed à la ADX avant que Mammon ne vienne amarrer au port le navire avec une réelle efficacité et même une certaine forme de classe. En navigant sur les flots des 80’s, Black Bart se fait simplement plaisir et cherche à nous embarquer dans son insouciance. Alors, moussaillon, prêt à vivre l’aventure? Allez, embarque avec nous, et tu auras bientôt double ration de tafia!

TOYBLOÏD live – avec Slurp (Terrasses du Trabendo, Paris, le 23 septembre 2020)

Les réseaux sociaux fonctionnent bien… Toybloïd en profite pour organiser, avec l’aide de Super Sonic, un concert gratuit, en extérieur, sur les terrasses du Trabendo – en gros, le parvis extérieur de la salle parisienne. La météo annonce l’arrivée de l’automne et de la pluie, mais qu’importe! Depuis trop longtemps privés de concerts, les 250 personnes autorisées viennent braver les éléments qui se déchaînent vers 19h30. Une pluie battante pousse les présents, nombreux, sous les barnums répartis ici et là, protégeant la scène, le bar et les stands de merch. Le plus grand abrite naturellement une petite scène sur laquelle se trouve batterie, sono et quelque lights. Deux règles ce soir: la jauge limitée à 250 personnes (tant mieux, la nouvelle tombe ce même soir d’une nouvelle interdiction des rassemblements de plus de 10 personnes…) et l’obligation de porter le masque. Premier constat: avec la pluie, le public est massé sous les tonnelles – tchao les distanciations sociales – et, bière aidant, les masques tombent vite. Trop nombreux sont les visages visibles. Il faudra attendre que le trio féminin Slurp monte sur scène pour que, sur demande de la guitariste chanteuse, le public daigne replacer les masques… Elle jouera gentiment avec par la suite, en introduisant les chansons d’amour, invitant à… « mais c’est pas pratique avec les masques, alors, dansez! »

Slurp

Mais puisque nous sommes là pour ça, parlons musique. Slurp ouvre le bal avec un rock pop lorgnant parfois du côté du punk US, festif et joyeux. Les filles sont de très bonne humeur, et le set proposé est tout aussi jovial et dansant. Le chant anglais est parfaitement maîtrisé, le propos semble assez engagé. Incontestablement, la musique de Slurp donne envie de bouger et de danser.

Slurp

Voici un coup de coeur, un groupe à revoir dès que possible pour le fun et l’entrain – je retiens notamment le côté « déconne » de la batteuse qui joue avec la cloche de la batterie plutôt qu’avec sa charley, ce qui entraîne une jolie crise de rire avec la bassiste). Son set se termine par un boeuf avec les filles de Toybloïd (donc les 2/3 du trio, je vous laisse compter) avant un changement de plateau rapide.

Slurp

A peine une demi-heure plus tard, la tête d’affiche investit la scène. On sent le trio concentré, avec cette envie de convaincre et de vaincre. Rappelons ici que, comme tant d’autres, Toybloïd a dû annuler le concert à la Maroquinerie, concert censé célébrer la sortie de son nouvel album, Modern love. L’organisation de ce concert gratuit, ce soir, a tout d’une forme de revanche, d’autant plus avec les nouvelles restrictions annoncées par le gouvernement.

Toybloïd

Si Madeleine (basse) est très mobile et dansante, Grégoire (batterie), son visage pailleté et ses ongles bleus, puissant et efficace, Lou (guitare et chant) semble très concentrée et appliquée. Sérieuse même. Bien sûr, le groupe a envie d’en découdre et de braver les éléments, mais, il manque ce soir un petit quelque chose. L’esprit ne semble pas totalement à la fête. C’est quand même une soirée étonnante…

Toybloïd

Notons que l’ambiance générale est quelque peu limitée – c’est en tout cas mon ressenti à ce moment – par le non respect des distances et, notons le également, certaines personnes qui retirent volontiers leurs masques ne facilitent pas les choses – ni les masques, ni le fait de les retirer. La pluie n’invite pas non plus à prendre ses distances et pousse même au rapprochement. N’empêche, la musique du trio, un rock dynamique qui tire vers une certaine forme d’irrévérence punk, ça ne laisse pas de marbre. Et ça fait du bien d’entendre de la musique amplifiée, de voir des musiciens se donner autant que possible et présenter leur nouveau disque avec pas moins de 11 morceaux qui en sont extraits (il ne manquent que Queer et Donna).

Toybloïd

Au final, même si la suite du concert permet à chacun de se montrer plus à l’aise et détendu, c’est un concert en demi teinte que je retiens. La faute au Covid? Aux masques? Au non respect du port de ces derniers? Une ambiance de fête, pourtant, cherche à trouver sa place. On a tous envie d’y retourner à ces concerts… Pourvoir dire « j’y étais et j’y retourne ». Alors, oui: ce soir, j’ai assisté à un concert. C’était… bizarre, et étonnant.