EYES WIDE SHOT: Back from hell

eyes-wide-shot-eaMetal, France (Autoproduction, 2016)

Agressif, puissant et globalement bien écrit, ce Back from hell à la pochette très colorée a été écrit sous le soleil de Californie nous explique le dossier de presse. Bon, d’accord, mais ça change quoi? Les 10 titres proposés forment un ensemble compact et puissant. Globalement bien écrit, souvent chantant, Eyes Wide Shot nous propose une variété de rythmes et d’ambiances sur fond de rock direct. My Redemption se démarque par ses côtés hypnotiques et cassant, par exemple. pourtant, au fil de l’écoute, quelque chose semble manquer. l’impression que Eyes Wide Shot passe à côté de quelque chose – du principal – m’envahit; sans doute trop réfléchi par instants; Car en se concentrant sur plus de simplicité, les français auraient sans doute pu se démarquer de la masse des groupes néo metal / metal alternatif. il y a de la matière, de la couleur pourtant tout au long des A glimpse of me, Back from hell  ou Under the knife. Et il ne fait guère de doute qu’en se recentrant sur un propos plus direct Eyes Wide Shot pourrait toucher un plus vaste public. A suivre.

Note: 7/10

Titre que je retiens: My redemption

GRAND MEDIA BLACKOUT

grand-media-blackout-2016Hard rock, France (Autoproduction , 2016)

Charlie Fabert a su dignement s’entourer pour la réalisation de ce premier album de Grand Media Blackout, que vous me permettrez d’appeler simplement GMB. Outre lui à la guitare, on retrouve Gus Monsanto au chant, qui s’est notamment fait connaitre au sein d’Adagio ou de Revolution Rennaissance. La basse est quant à elle tenue par Philippe Dandrimont et la batterie assurée par Guillaume Pihet. Le quatuor nous propose un hard rock très 70’s, proche du sudiste qui dès le morceau introductif, You can’t quit rock’n’roll, délivre un message clair. C’est direct, la voix puissante prend parfois des intonations de dandy et sait entraîner l’auditeur dans son sillage. Les rythmes varient, maintenant ainsi l’attention, GMB évitant de lasser l’auditeur. Drugs and pills est mid tempo, Time for revelation plus down tempo flirtant avec le blues, Never come back home plus rock, Downward slope très bluesy fait place à The black flask, morceau en deux partie – d’abord un instrumental démonstratif d’une guitare au top devenant une chanson bluesy, rock et rapide. I’m back est un titre purement hard rock et Holy grail, un blues lent vient conclure cet album. S’il est varié, ce premier essai n’invente rien, et ce n’est pas le but à vrai dire. L’album pourrait être scindé en deux fois 5 titres aux rythmes différents, ce qui peut parfois être redondant même si la seconde partie est plus hard que blues. Malgré de belles échappées de guitare, l’impression de déjà entendu altère légèrement le plaisir du début. Un bel essai avec quelques inégalités dans les compositions qui auraient sans doute mérité plus de cohérence. Mais dans l’ensemble, ce premier essai est plein de belle promesses.

Note: 7,5/10

Titre que je retiens: The black flask (parties 1 et 2)

LEAVING PASSENGER: When it’s done

leaving-passenger_2016Rock, France (Autoproduction, 2016)

Scream démarre avec de grosse guitares, un riff pêchu et gras. Puis Leaving Passenger recentre son propos en jouant sur les rythmes et ambiances. Déterminé, le groupe l’est sans aucun doute. Le chant est parfois mélancolique, ou plutôt romantique. Jamais rageur, jamais trop doux non plus. Les mélodies sont efficaces sans pour autant trouver le riff qui permettrait à Leaving Passenger de se démarquer des autres groupes du genre. I don’t care propose un temps de répit, plus aérien avant un moment plus léger avec Better place, puis un retour à l’énergie pure du rock, avec le quelque peu étrange Lies on the floor. Bien fait et varié, ce When it’s done, s’il se laisse facilement écouter d’une traite, ne parvient cependant pas à trouver « le » truc qui le transformerait en une expérience auditive à part. Il y a de belles mélodies mais rien qui (m’)accroche dès la première écoute.

Note: 7/10

Titre que je retiens: Running back to me

SCORES: The gate to leave

scores-2016Hard rock, France (Auto production, 2016)

Voici exactement le genre de disque qui me met dans l’embarras… Scores est un groupe français, auteur d’un Ep, On the road, paru en 2014, qui lui permet de tourner avec Sticky Boys, Headcharger ou encore les Anglais de Desolation Angels. Emplis d’une légitime confiance, les cinq proposent aujourd’hui The gate to leave, nouvel Ep 4 titres bourré de rockn’roll. Typé 70’s, empreint de Led Zeppelin ou d’AC/DC, les guitares, le groove et les rythmes sont efficaces, rentre dedans et, simplement roots. Les premières secondes de Good night émerveillent et font taper du pied. Les trois autres titres (Leave me now, très rock, et deux titres plus lents, proches de la ballade, What about your dreams et That’s the girl) sont tout aussi prometteurs. Mais… Passés les premiers accords, Benjamin Blot-André prend le micro. Et là, tout fout le camp. Le « chant » est plat, sans aucun trémolo, sans relief, sans âme. Une platitude linéaire doublée d’un anglais incompréhensible qui gâchent absolument tout. Je n’ai pas réussi à aller au bout d’un seul morceau tellement je trouve cette voix pénible… Bref, voici un groupe musicalement prometteur qui, selon moi, ne pourrait trouver une voie qu’avec une autre voix…

Note: 4/10

Titre que je retiens: aucun

SYBERNETYKS: Dream machine

sybernetyks-2016Hard rock, France (Autoproduction, 2016)

Un nom futuriste, une pochette évoquant le regard du Terminator… nul ne sera surpris d’écouter un groupe qui allie la puissance du rock – hard – aux technologies musicales électroniques  que propose notre époque. Sybernetyks, pourtant, n’utilise que les instruments de base (chant, guitare, basse et batterie) et travaille sur les ambiances et effets pour un résultat étonnant. C’est la grande force de ce premier album, Dream machine, au son actuel, qui propose 12 chansons à la fois modernes et anticipatrices. Les textes sont réfléchis (amateurs de SF, vous allez être heureux, les titres parlent d’eux-mêmes: D.N.A., Genesis, Karma protocol, Satellite, Dream machine…), le chant passe partout, les mélodies efficaces. On regrettera simplement une légère perte de rythme par instants, compensée par des idées novatrices. Bref, malgré quelques faiblesses et longueurs à mi parcours, le projet est ambitieux, attire l’oreille et, par conséquent, mérite qu’on y prête attention,. Un essai à transformer.

Note: 7,5/10

Titre que je retiens; Disconnected

SNAP BORDER: Alternative current box

snap-border-2016Metal, France (Autoproduction, 2016)

Parfois, il y a des surprises « qu’elles sont bonnes », comme c’est le cas avec cette découverte de Snap Border. Formé à Nancy, les Lorrains ratissent large. La puissance est, sur ce premier album, Alternative current box, mêlée à des mélodies efficaces, rentre dedans et entraînantes tout au long de ces 13 chansons dont je ne regrette qu’une chose: un anglais peu compréhensible. Ceci mis à part, le chant de Franck Poinsot, grave et profond, vient de la gorge, et s’il est rugueux à souhaits, n’est ni guttural ni hurlé.  Les guitares de Olivier Siedlecky et Eddy Bouvot peuvent être légères et devenir de véritables machines de guerre, saillantes, tranchantes, toujours complémentaires comme la paire Downing/Tipton ou Murray/Smith (besoin de revoir vos classiques???) et lorgnent parfois du côté de Slash, première période. On est loin d’une saturation maximale, et bien plus proche d’une alternance de sonorités qui, finalement, ne cherche pas à se faire plus démonstrative que d’aller droit au but. La section rythmique – Adam Tognazzolo à la basse et Christophe Szczyrk (ça doit se prononcer « cirque ») savent construire des structures solides autour desquelles tout peut s’arranger. Si les trois premiers morceaux expliquent « qui nous sommes » (Regrets, Unusual gifts et le très enjoué Get away), Ghost lève un peu le pied avant une reprise de vitesse avec le speedé Sparkles in the dark. Le morceau titre est un instrumental et on trouve les premiers et rares growls sur Woman and children. Mary sells et Slide, très rock, ne peuvent laisser indifférent, et Snap Border s’offre un répit pour guitare et voix – qui évoque Tracy Chapmann – sur le très doux Social network (malgré deux énervements), avant de nous proposer une petite explosion sonore, On the road et Draw the borders , plus léger, qui  viennent conclure ce disque que je place volontiers parmi les découvertes 2016. Varié, rock, simplement rock, ce Alternative current box pose un regard ouvert sur notre univers musical en en explorant diverses facettes. Au fait: heureusement qu’on continue à avoir de bonnes surprises, non?

Note: 8,5/10

Titre que je retiens; On the road

THE ANGRY CATS: Outmonster the monster

the-angry-cats-2016Rock, Europe (Autoproduction, 2016)

The Angry Cats, un avatar du jeu avec des oiseaux? En tout cas, les cochons voleurs d’œufs sont ici remplacés par un chien. Voila. Maintenant que vous connaissez l’étendue de ma culture en matière de jeux, entrons dans le vrai sujet: The Angry Cats est un groupe européen (ses membres sont Français, Suédois et Hollandais) formé en 2010 par le guitariste chanteur Fred Alpi, le bassiste Tom Decaestecker et le batteur Chris Gianorsi. Le trio explore diverses facettes du rock, celles avec lesquelles il a grandi. Ce premier album, Outmonster the monster, reflète autant les influences rock basique que d’autres plus sombre ou piochées dans la new wave, et m’évoque par instants les Français de No Man’s Land. Le chant, grave et profond, ajoute à une certaine lourdeur oppressive qui se dégage de l’ensemble. « Fun » parfois, en tout cas d’apparence (A piece of steak, inspiré d’une nouvelle de Jack London), lent et lourd à d’autres moments (Outmonster the monster), l’énergie presque punk est toujours présente. Les 11 titres (plus une intro) explorent différent thèmes, la production est sobre, le livret complet pour un résultat général assez réussi. Certains morceaux ne sont pas à écouter si l’on a un coup de blues (Information, lent, lent et lourd et qui monte en puissance). Une jolie découverte qu’on espère voir se transformer. reste une question: qu’a-t-il de si « monstrueux », ce chien???

Note: 7,5/10

Titre que je retiens: A piece of steak

Site web: www.theangrycats.com

DIVE YOUR HEAD: Le prix du sang

dive your head 2016Metal, France (Autoproduction, 2016)

Qu’on se le dise (en tout cas, pour ceux qui ne connaissent pas mes goûts): j’aime pas quand ça gueule. J’aime les chanteurs. Pas les hurleurs. Pas ceux qui passent leur vie à faire des vocalises, non, ceux qui chantent. Alors je reste quelque peu mitigé avec Le prix du sang, premier album des Français de Dive Your Head (euh… ça signifie quoi « plonge ta tête???) Le groupe, formé en 2012, s’oriente dans une veine neo metal revendicative. Et son vocaliste, Luca, décide de jouer sur les deux tableaux, chant clair (et agréable à mes oreilles) et cris d’une rage non contenue. Musicalement, rien à dire, pour ceux qui apprécient ce style: les gars savent où ils vont, et y vont avec envie. Littérairement, les textes sont réfléchis et foutrement actuels (Avaritia, IRA) ou partent dans des délires d’amateur de jeux vidéo (l’histoire du gaming revisitée et un autre regard posé sur le monde avec Inviola). Donc, oui, il y a beaucoup à découvrir sur cette carte de visite ensanglantée, et l’énergie vocale s’explique aussi par la colère des propos. J’aime pas ça, mais je le comprends. Et d’autres y trouvent leur compte aussi.

Note: 7,5/10

Titre que je retiens: Avaritia

GOATFATHER – Hipster fister

goatfather 2016Hard Rock, France (Autoproduction, 2016)

« Goatfather, c’est un peu la rencontre du lait de chèvre, de l’huile de moteur et du bourbon de contrebande dans un shaker rouillé ». Franchement, ami, quand tu lis ça, t’as envie de boire ce « breuvage »?  Bon, ok, t’as rien d’autre, t’es dans le désert depuis trop longtemps et on te tend le machin. Tu gouttes, et… tu finis le gobelet, la gourde, la bouteille. Tout y passe. Car, oui, Goatfather, c’est du bon. Celui qui sent l’éducation des 70′, du rock gras, les relents de whiskey frelaté et de cendre froide. Stoned Jesus ne s’y est d’ailleurs pas trompé, Mars Red Sky non plus, en invitant nos loustics à ouvrir pour eux. Formé en 2014 , Goatfather officie dans un registre stoner efficace, direct et sans fioritures. Les 8 titres de ce premier album, Hipster fister, nous entraînent dans des contrées sonores à la fois familières, séduisante et intrigantes. Les références sont sans doute évidentes, mais voici un groupe qui officie avec coeur. alors les Thirty three (seconds to hell), A road paved with corpses, devil inside ou The devil made me smoke his bong se laissent écouter avec un plaisir non feint. La scène maintenant?

Note: 8/10

Titre que je retiens: As the crow cries