FRANTIC MACHINE: Peace of mind

FRANTIC MACHINE 2014 Heavy metal, France (Autoproduction, 2017)

J’ai découvert Frantic Machine au PMFF VI. La claque que j’ai reçue, je te dis que ça! Il fallait donc que je découvre version disque ce que donne le groupe afin de confirmer – ou d’infirmer – cette première impression. Merci tout d’abord au groupe de m’avoir spontanément proposé de m’envoyer ses deux albums dont voici le dernier en date. Peace of mind est paru en 2014 et la machine fonctionne à merveille. Voilà, c’est dit. Maintenant, comment ils font? Le propos est sans conteste possible celui d’un groupe de metal: la voix de Seb est rauque et étouffée, les guitares saturées et déterminées, la rythmique lourde. Simplement, tout au long de Peace of mind, Frantic Machine apporte cette touche de sonorités modernes, ici avec de simples notes de claviers, là avec des guitares plus claires et légères. Le morceau éponyme, s’il est passe partout, cache une série de headbangers: To you fait taper du pied, No freedom, rapide, possède cette détermination particulière aux hymnes en puissance et fait non pas se dresser les cheveux mais bien lever des poings révoltés, My needs plus modéré avec son riff obsessionnel devient vite hypnotisant. En l’espèce de quatre titre, Frantic Machine démontre la variété de ses envies dont le point commun se résume à « puissance et efficacité ». Et ça continue. Liar puissant, cède la place à une exceptionnelle détermination. Rajoutez à à cela une motivation sans failles, et l’on obtient l’album quasi parfait. Si Face to face est plus heavy, il est également plus oppressant et moins attirant. Si l’ombre de Metallica plane (le break de No Freedom, Brother…) Frantic Machine s’en détache pourtant trouvant son identité propre. Eh, les gars trouvent même le moyen de faire jouer Fred Duquesne sur le solo de Fantasy, qui (presque) clôt le disque. Car, loin des 16′ affichées, il cache une dernière chanson, toute en douceur. L’ensemble reste cependant très efficace, Peace of mind s’écoutant de bout en bout en tapant du pied. A quand la suite???

Note: 8,5/10

Paru en 2014 – Albums toujours disponibles via: https://franticmachine.bandcamp.com/ ou la page FB du groupe : https://www.facebook.com/franticmachine/?fref=ts

ASSENT: We are the new black

assent 2017Heavy/Thrash, France (Autoproduction, 2017)

Deux. Ce groupe n’est composé que de deux musiciens, Aurélien Fouet-Barak qui s’occupe de tout sauf des guitares tenues par Grégoire Debord. C’est ça, en gros, Assent, qui nous propose aujourd’hui un Ep, We are the new black. 6 titres aussi variés que le tonnerre peut gronder avant de disparaître. Ca craque, ça pète et ça se calme, voilà comment on pourrait résumer ce disque. Mais ce serait aussi quelque peu réducteur. Assent sait placer ce qu’il faut d’énergie et de mélodie, et sait aussi surprendre. Preuve en est l’utilisation de cordes (violons, violoncelles) dès le début de The dust & the screaming. Les ambiances sont travaillées et réfléchies, on passe du brutal à du Rock’n’Roll sous adrénaline (Insomnia) en passant par de sérieuses inspirations thrashisantes old school (We are the new black) ou le chantant, malgré ses égorgements black metal, Remain in darkness… Aurélien propose une variété des styles vocaux, démontrant la maîtrise de son organe. Des hurlements blacks, il passe à la douceur d’un chant clair qu’il fait parfois un peu crooner. Si We are the new black explore différents espaces, il intrigue justement par cette variété. Dense, quelque peu décousu, il s’adresse à un public varié qui n’a pas peur de se frotter, en quelques minutes, à plusieurs styles. Ni thrash, ni black, ni purement heavy, ni totalement rock, Assent nous offre un peu de tout cela en version condensée.

Note: 7,5

WILD MIGHTY FREAKS : Guns n’ cookies

Pochette FrontHard Hip Hop, France (Auto production, 2017)

Voilà un mélange intéressant. Oh, bien sûr, depuis longtemps le mariage entre rythmiques hip hop/rap et metal est consommé. Bien sûr, on pense à la reprise de Walk this way par Run DMC ou aux Beastie Boys, ou à toute la vague neo metal. Rien de neuf, alors? Ben non… Simplement, pour une fois qu’un groupe en France se décarcasse pour se démarquer, ayons au moins la décence de le remarquer. Wild Mighty Freaks nous propose 6 titres shootés aux guitares rageuses sur fond de samples et break dance. Dans l’ensemble bien foutu, ces The last time et ses guitares déterminées, ses rythmes variés, Empty skies, Jungle et autre Freaks traitent de flingues, de malaise, de société. Le vindicatif Get out of my way clôt un Ep qui est musicalement explosif et intrigant. Seulement… L’atout principal réside ici dans ce chant vulgaire, hargneux, enragé ce chant au débit rapide et saccadé, ou, inversement, doux et poétique (Freaks). Celui de la cité en proie aux injustices, rageur et vindicatif. Mais encore une fois, la maîtrise de l’accent anglais, ainsi que certains phrasés lors des refrains (Jungle) fera rire n’importe quel anglophone, décribilisant l’ensemble. Ajoutons que cette même voix souffre d’une production trop sèche. Pas assez mise en valeur, l’ensemble en pâtit. Dommage, car musicalement, on tient quelque chose qui se laisse écouter.

Note: 7/10

EVENLINE: In tenebris

evenline-2017Metal progressif, France (Autoproduction, 2017)

Depuis ses débuts en 2010 avec son Ep The coming life, Evenline se forge une réputation de plus en plus solide. Si Dear Morpheus, son premier album paru en 2014, lui a permis de jouer en compagnie de groupes aussi variés que Alter Bridge, Seether ou encore Glamour Of The Kill, In tenebris devrait permettre au groupe de franchir un nouveau palier. Les dix titres de ce nouvel album parviennent à capturer l’essence du heavy melodique, progressif et extrême. Incontestablement heavy, des morceaux comme All against me, Silene Capensis ou Wasted Years (rien de commun à part le titre avec vous savez qui…) le sont. Directs, incisifs, ils entraînent l’auditeur dans une dimension pesante. Mélodique, on pense à des chansons entraînantes et chantantes comme Straightjacket. Enfin, extrême: s’il tarde à venir, le chant guttural est partie intégrante de cet ouvrage, et est savamment allié au chant clair, majoritaire. Les deux se complètent, tout simplement, sans que l’un ne prenne le pas sur l’autre. Malgré quelques légers décrochements, Evenline nous offre une oeuvre aboutie, parfaitement produite, que l’on espère voir toucher un nombre conséquent d’auditeurs.

Note: 8/10

BY’CE: Reset to zero

by-ce-2016Hard rock, France (Autoproduction, 2016)

By’Ce? Ni Beyonce, ni Brice de Nice, mais visiblement – audiblement, serait plus juste – un amoureux de la six cordes. Ça fuse en tous sens, le morceau éponyme, qui ouvre ce disque de 8 chansons, frappe vite et fort, à un détail près: le chant. Non! Ce n’est pas du chant… C’est une voix qui croit chanter… Merde, comment gâcher ces compositions au demeurant originale par une torture vocale. Vous savez ce qu’on reproches aux critiques? Ce dont on les accuse le plus souvent, c’est de n’écouter que les premières secondes d’un morceau pour se faire une idée. Pour le coup, je confirme que c’est ce que je fais avec ce disque… By’Ce sait pourtant varier les tempos, comme sur cet intriquant et varié Reality splinters, sur le doux et reposant instrumental Serenity  ou ce You must hang on aux relents Pink Floyd meets Gary Moore, l’explosif Self control… mais ce gars qui pleure ou qui souffre, je ne sais, gâche tout. Je retenterai l’écoute avec un vrai chanteur, quelqu’un formé pour. Chacun son boulot après tout.

Note: 5/10

ELECTRIC BEANS: De retour en noir

electric-beans-2016Hard rock, France, (Autoproduction, 2016)

De prime abord, on peut se demander si Electric Beans, groupe français de hard rock, qui nous propose aujourd’hui son troisième album (après l’hilarant Sobres et en sourdine en 2014 et Sans modération au début de l’année 2016) est vraiment sérieux. Paru au mois de novembre 2016, ce De retour en noir, au titre ouvertement évocateur, est mixé et masterisé par Francis Caste. Donc, oui, le groupe est sérieux. En vient-on à lire que « toute ressemblance avec des haricots existant ou ayant existé… » et l’on pense le contraire. Non, Electric Beans n’est pas un groupe sérieux. Fun, décallés, les musiciens proposent cependant un hard rock des plus classiques sur fond de paroles amusantes, remplies de références, traitant de politique, de musique, de culture, d’histoire… On s’amuse à décrypter ces textes évoquant la vie quotidienne du franchouilard de base. Ca s’écoute malgré un chant très limité et une production claire , voire sèche, qui, malheureusement, manque d’ampleur et de gourmandise. Si les haricots rappellent certaines citrouilles et illustrent avec amusement le livret, on n’imagine pas qu’ils puissent devenir un symbole aussi puissant que pour nos amis allemands. En plus, ça fait pêter, les haricots rouges… Au final, Electric Beans nous proposent 11 chansons fun sans qu’aucune ne soit marquante. Un bon moment, sans plus, que j’écoute par intermittence.

Note: 5,5/10

THE RED BARONS: Together

the-red-baronsRock, France (Autoproduction, 2016)

Douceur, guitare légère et aérienne… Voici comment débute le morceau éponyme de ce Ep de The Red Barons. Puis arrive la voix langoureuse et amoureuse d’Oriane, avant que la chanson ne se fasse plus enjouée, dansante. Livio, à la guitare, aime les grands du genre, d’Angus à Blackmore,  BB King et autres… Le chant, malgré un anglais peu compréhensible, est à la fois puissant et doux, évoquant par instant la folie douce d’une Baby Jean (Mother’s Finest) apportant une couleur particulière à l’ensemble, somme toute classique. Mais bien fait. The Red Barons, en 6 titres, visite, entraîne et nous entraîne da&ns divers univers musicaux. no futur, très rock, est suivi d’un surprenant Brunch à la basse groovy et aux relents orientaux. Top. Réduire la musique de The Red Barons à du simple hard rock, ou de la world, ou du folk metal ou, ou ou… serait injuste. Après tout, le Baron Rouge, aviateur, en a visité du pays. Il est naturel pour un groupe de faire de même en reprenant ce patronyme. Together est une jolie carte de visite, un apéritif qui donne envie d’en connaître d’avantage sur cette formation prometteuse, qui bénéficierait d’une meilleure mise en son et d’une identité plus affirmée. Ce qui viendra à n’en pas douter.

Note: 7,5/10

LOST IN KIEV: Nuit noire

lost-in-kiev-2016Metal, France (autoproduction, 2016)

Nom de… ! Ouh, ce poids, ce malaise, cette fascination, aussi, à l’écoute de Nuit noire, offrande de Lost In Kiev… Semi instrumental – les quelques textes sont plus parlés que chantés et évoquent les ambiances d’un cinéma à la fois typé polar noir des années 60 et très moderne – Nuit noire propose 9 titres (seuls 2 sont courts, environ 2′, les autres varient entre 5’55 et 9’09!) oppressants et intrigants. Le titre dit tout, tant on a l’impression de se trouver perdu, de nuit, en terrain hostile car inconnu. Les (mauvaises) surprises succèdent aux (mauvaises) rencontres, créant un climat d’inquiétude permanente. le marcheur ère dans le but de trouver une improbable sortie. Les voix égrenées au fil des chansons sont d’une neutralité inquiétante. Lost In Kiev rappelle par instants les Français d’Hypno5e, ce sentiment venant de l’énorme et remarquable travail sur les ambiances. Un album a déconseiller aux dépressifs, cependant fascinant, voire envoûtant, d’un bout à l’autre. Une fois entré dans cet univers, peu accessible il est vrai, la curiosité est piquée et il est difficile de ne pas vouloir connaitre la finalité. Une réussite!

Note: 8,5/10

Titre que je retiens: Difficile choix… Insomnia peut-être? 

HARMONIC GENERATOR: Skull

harmonic-generator-2016Hard rock, France (Ep – autoproduction, 2016)

Cet Ep est estampillé #3. Ok… Je n’ai aucune idée de ce que peuvent être les #1 & 2, simplement il apparaît que Harmonic Generator ait décidé de proposer son album en le divisant en 4 Ep distincts: Heart, Flesh, Skull étant déjà parus, ne reste que Bones. Ce troisième volet regroupe 4 titres (mixés et masterisés par un certain Logan Mader) dont chacun présente une facette différente de ce qui fait vibrer les musiciens. Dreams and tears qui introduit ce disque est le plus explosif, le plus « punk » des quatre. Rythmé, le son étouffé, il évoque cette vague punk US somme toute assez commerciale et gentiment subversive. Things est plus foncièrement rock, plus lent malgré un chanteur enragé qui enchaîne avec un heavy rock teinté de Southern 70’s, Break my chains. Harmonic Generator conclue avec Supersonic riot, plus direct et saturé, énergique et énervé. Bien produit, cet Ep pourrait permettre à HG de s’imposer sur le marché si… Si le groupe 1 – propose un album complet et 2 – se produit sur scène. Car cette variété se doit d’être défendue live. Reste un bel espoir qu’on attend d’entendre confirmé.

Note: 8/10

Titre que je retiens: Break my chains

CHANVRE: Valkyrie mécanique

chanvre-2016Rock, France (EP – Autoproduction, 2016)

Après une courte introduction à la guitare – celle, pourrait-on croire – d’un débutant qui développe sa maitrise, Détritus town nous propose une première facette, rythmée et quelque peu furieuse, de Chanvre. Car le groupe francilien nous montre, au travers de 5 titres, ses différentes aspirations et inspirations musicales. Le chant, grave et profond sur ce titre devient parlé, puis mélancolique. Si Le mothership évoque ouvertement le Gorillaz qui interprétait Clint Eastwood, Sour kryp est, à mes oreilles, la révélation. Car, oui, en cinq trop courtes chansons, Chanvre parvient à envouter l’auditeur que je suis. Si le phrasé me rappelle souvent je ne sais plus quel groupe français des 90’s (ça, c’est de l’argument, hein?), l’ensemble de ce Ep est entraînant, voire envoûtant. Rock, pop, énervé, ce Valkyrie mécanique (nom d’une pièce mécanique, semble-t-il) est plus qu’une belle promesse. Maintenant, objectif album!

Note: 8,5/10

Titre que je retiens: Sour krypt