Interview: HYPERDUMP

Entretien HYPERDUMP. Rencontre avec Holyv (guitare) et Gaël (batterie). Propos recueillis à Paris le 16 mai 2017

 

Metal-Eyes : Comme vous avez déjà dû le faire 15 fois aujourd’hui, pouvez-vous me raconter l’histoire du groupe, comment vous vous êtes formés, d’où vous venez…

Holyv : Tout commence en 2007. A l’époque, Julien, Sylvain, à la basse, et moi-même voulions faire un nouveau groupe. A cette époque, on jouait dans un groupe de heavy metal, et on est tous fans de Devin Townsend, Strapping Young Lad… et on a voulu monter un projet qui s’en rapprochait et c’est comme ça qu’est né Hyperdump. On a sorti une première démo en 2007 qui n’a pas été vraiment commercialisée – c’était plus pour trouver notre style – et notre premier album en 2012. Fred nous a rejoint à peu près à cette période, à la seconde guitare. Un an après on a sorti un Ep qui s’appelle Saint Critism. Gaël nous a rejoints en 2015 et là, on sort notre nouvel album, The weak man.

Metal-Eyes : Qui fait référence à un célèbre jeu télévisé ?

Holyv : Euh… Non, pourquoi ?

Metal-Eyes : Le maillon faible ?

Holyv : Ah, oui (rires) ! Ça aurait pu c’est vrai, mais non ! C’est un concept album, d’après une histoire inventée par Julien, plutôt style SF, fantastique, inspirée par des auteurs comme Lovecraft. Visuellement, ça s’apparente plutôt aux années 30, 40. Grosso modo, c’est l’histoire d’un homme, le héros, qui est en prison, et il y a des démons et créatures maléfiques. Il se réveille mais ne se souvient pas de ce qu’il s’est passé. Les morceaux qui suivent racontent ce qui s’est passé – en gros, que son frère a fomenté une révolution pour le faire sortir de cette prison – et le personnage principal va vouloir, à son tour, prendre la tête de la révolution pour se venger de la mort de son frère. A la fin il y a une révélation finale qu’on ne dévoilera pas ici.

Metal-Eyes : Quels sont les invités sur cet album, justement ?

Holyv : Entre autre, Blaze Bailey, ancien chanteur d’Iron Maiden, Guillaume Bideau, ancien chanteur de Mnemic, Scars et One Way Mirror, Arno Strobl de Carnival In Coal, Marc Bazil, le chanteur de DGM, groupe de prog italien… Et on a aussi des proches : l’ancien prof de chant de Julien, Kamel, un ami qui a aussi participé aux textes…

Metal-Eyes : J’imagine que vous avez ravaillé à distance pour la réalisation de cet album, ou vous avez réuni tout le monde ?

Holyv : Non, on a beaucoup travaillé à distance. On a envoyé une maquette, le chanteur a enregistré ses voix qu’on a intégré au mix…

Metal-Eyes : La technologie moderne le permet facilement. Quelles sont vos influences principales ?

Holyv : On a des influences très variées dans le groupe : Julien, par exemple, n’écoute pas de metal, moi, ça va de Dream Theater à Behemoth…

Gaël : Moi, Gojira, Slipknot…

Metal-Eyes : Je n’ai eu le temps d’écouter votre album qu’une fois. C’est donc l’occasion pour vous de me le vendre : qu’est-ce qui fait que je vais aller l’acheter dès sa sortie ?

Holyv : On pourrait dire que c’est un album de metal varié, rentre dedans, pêchu et mélodique. C’est un concept album mais pas dans l’esprit chiant de la chose, avec des morceaux qui durent 20’. Nous, on voulait que ça puisse s’écouter d’une traite, chaque chanson indépendamment. C’est assez accessible.

Metal-Eyes : Comment qualifierais-tu votre style ?

Holyv : On n’aime pas les étiquettes, mais metal moderne s’en rapproche pas mal. Après s’il faut vraiment coller une étiquette, ce serait prog, pourquoi pas…

Gaël : Avant d’entre dans le groupe, on en avait parlé. J’écoutais leur premier album sur lequel certains riffs me font penser à du Slipknot…

Metal-Eyes : … Ce qui n’est pas tout à fait progressif !

Gaël : Non, non, en effet.

Metal-Eyes : Votre éducation musicale, maintenant : comment s’est-elle faite ? Venez-vous d’un milieu musical, avez-vous pris des cours, y avait-il beaucoup de musique à la maison ?

Holyv : Je ne viens pas du tout d’un milieu musical. Je n’écoutais pas de musique, je n’envisageais pas de jouer de la guitare, et un jour, j’ai découvert Metallica à la radio et je me suis dit « je veux faire ça ! » C’était un morceau du Black album, mais je ne sais plus lequel. J’ai acheté une première guitare classique qui coutait trois fois rien, et quand mes parents ont vu que je m’y intéressais vraiment, ils m’ont acheté ma première guitare électrique et je m’y suis mis à fond. J’écoutais Malmsteen, Dream Theater…J’ai toujours appris tout seul et je ne me suis jamais arrêté.

Metal-Eyes : Et toi, Gaël ?

Gaël : Pareil : personne n’écoutait de musique. C’est un de mes amis qui m’a fait découvrir Slipknot au tout début. Avant j’étais plus branché rap américain, et j’ai eu un déclic, j’ai changé de bord ! C’est le batteur de Slipknot, Joey Jordisson, qui m’a donné envie de devenir batteur. Et je n’ai jamais arrêté non plus. J’ai pris des cours pendant un an, mais l’école a fermé. J’ai continué, en autodidacte, et maintenant, c’est une drogue. A l’automne prochain, je rentre au Music Academy International, pour un programme de 35 heures de batterie, une année de batterie, en gros.

Metal-Eyes : Tu es rentré quand dans Hyperdump ?

Gaël : Il y a deux ans maintenant…

Metal-Eyes : Donc on peut dire que vous avez trouvé un certain équilibre, que le groupe est une entité. Alors, en tant qu’entité, quelle pourrait être votre devise ?

Holyv : On ne se fixe aucune limite. « Pas de limite ». Ça peut s’entendre dans l’album, parfois certains passages sonnent oriental ou jazzy… A partir du moment où c’est cohérent, où ça sert le propos de l’album, on ne se demande pas si c’est metal, si ça rentre ou pas… Si ça nous plait, on garde, c’est tout !

Metal-Eyes : Si vous deviez ne retenir qu’un seul titre de The weak man pour expliquer à quelqu’un qui ne vous connait pas ce qu’est Hyperdump, ce serait quel titre ?

Holyv : History, sans doute, parce qu’il y a un peu tout. Il y a le refrain un peu mélodique, le riff est pêchu – du coup, ça ferait un peu penser à Slipknot. Ça représente bien les différentes facettes du groupe.

Gaël : Moi, ce serait le dernier titre, Circling down the drain, parce qu’elle est pêchue, certains riffs t’entraînent vraiment, et restent vraiment dans le crane

Metal-Eyes : Une dernière chose : un disque ça se défend aussi sur scène, alors quels sont vos projets ?

Holyv : Pour le moment, on n’a donné qu’une date, mais en juin il y a le Black Pearl fest, dans l’Oise. On est en train de monter un projet dont le but est de faire une tournée en septembre. On contacte les assos, on démarche, et on voudrait que ce soit vraiment abouti sur scène. On voudrait coller au visuel su disque, on aura les vêtement et tout ça… On est en train de préparer quelque chose pour tourner en septembre.

Metal-Eyes : Donc il y a le concept musical et le visuel que vous développez…

Holyv : ça va même au-delà puisque Julien, qui fait du dessin et de la BD, va commencer, à partir de juin, à poster le concept, les personnages….

Metal-Eyes : Et sur scène, il y aurait aussi des invités ?

Holyv : Pff… On adorerait pouvoir les faire venir. Kamel serait partant pour venir chanter, les autres, on verra s’ils sont disponibles, autrement, on a les samples. C’est quelque chose de très important pour nous, on sera en concert avec les samples, c’est sûr.

 

 

MILS: We love, we fight

Rock, France (Autoproduction, 2017)

Mils, c’est qui? Formé à Montpellier en 2008, Mils est déjà auteur d’un album, Man is a lonely soldier, paru en 2012. Le chant (un peu partagé sur le nouvel Ep), les intonations électro font la particularité du groupe qui explore différents horizons musicaux.

We love, we fight, ça donne quoi? Prog, rock, new wave, electro… les 5 titres de ce Ep – chanté dans un anglais enfin compréhensible! – évoquent autant Blondie (c’est flagrant sur Escape!) ou la new wave par ses touches électroniques que le metal extrême dans certaines parties vocales hurlées en fond (No Body, chanté par Duja), et plus généralement le rock aérien aux sympathiques envolées vocales. Le chant, cependant, reste clair, puissant et mélodique, principalement féminin malgré l’échappée mentionnée plus haut qu’il serait d’ailleurs intéressant d’expérimenter encore plus. C’est assez rare pour qu’on le remarque, la vision du rock que propose Mils sort assez des sentiers battus pour qu’on lui donne une véritable chance. Un projet qu’il faut aller défendre sur la route, et qui nécessite une confirmation via un album complet!

Note: 8/10

 

ONE LAST SHOT: Even cowboys have sundays

Heavy metal, France (Autoproduction, 2017)

One Last Shot, c’est qui? Groupe parisien formé en 2013 par une bande de potes, One Last Shot publie son premier méfait discographique – le Ep First gear – en 2015. Les 5 titres lui ouvrent les portes du Motocultor festival et le propulse en première partie des Spiritual Beggars…

Even cowboys have sundays, ça donne quoi? Dès le morceau d’ouverture, I’m a gambler, on sent cette envie d’en découdre, de se retrouver à la table des plus grands. La voix qui pue la cendre froide et le whisky, les guitares gui traficotent des riffs directs et sans prétention autre que celle d’aller droit au but, la rythmique qui se pose comme un mur de briques… Avec Even cowboys have sundays, One Last Shot intègre parfaitement ses amours musicales dans ses réalisations tout en se forgeant son identité sonore. Un bel hommage à Motörhead (ah, ce Join the club, ses changements de rythmes et sa double!), au rock sudiste, au thrash des débuts, au rock puissant et groovy qui s’écoute sur les routes désertes, cheveux au vent. On regrettera simplement une production un peu trop étouffée, qui gache un peu le résultat global. Et bien que OLS ne réeinvente pas le genre, le potentiel est là, volontaire, spontané et déterminé.

Note: 8/10

Sortie: avril 2017

Interview: BARE TEETH

Entretien BARE TEETH. Rencontre avec Titouan (guitare). Propos recueillis à Paris le 11 mai 2017

Metal Eyes vous a présenté il y a peu de temps le premier album des Français de Bare Teeth, First the town, then the world. Nous sommes logiquement allés à la rencontre des jeunes musiciens pour en savoir un peu plus sur cette ambition justifiée.

Metal-Eyes : Je découvre le groupe avec votre album, First the town, the the world, donc commençons de manière classiqeu : peux-tu me raconter l’histoire du groupe ?

Titouan : Tout à commence il y a deux ans et demi, quand je suis arrive à Lille. J’avais vu une annonce de quelqu’un qui cherchait à former un groupe. C’était Greg, notre chanteur dont la formation précédente s’est arrétée d’un coup. Il avait encore pas mal de compos qu’il souhaitait pouvoir exploiter, et l’idée était, sur la base de compos déjà existantes, de les réarranger afin d’en faire quelque chose. Je suis arrivé, il y avait déjà ces compos – il y avait un autre bassiste à cette époque qui est parti l’an dernier,  on a trouvé depuis Tom. Et Jérôme nous a aussi rejoints à la batterie, après plusieurs changements, là aussi – et c’est comme ça qu’on a commencé à travailler sur ces compo. Chacun a amené sa patte, et on a aussi commencé à composer tous ensemble. Et cet Ep sort maintenant dans une semaine, le 19 mai.

Metal-Eyes : Quelles sont vos influences principales?

Titouan : On a tous une base commune, le punk des années 90 qui nous a réunis pour ce projet de groupe.

Metal-Eyes : C’est un peu vaste comme style, quells groups plus particulièrement?

Titouan : plutot le skate punk, No FX, Propagandy et les grands un peu clichés, Sum 41, Blink 182 qu’on écoutait quand on était ados… Une musique qui nous parlait et qu’on aime faire… bad Religion, The Offspring, arrangé à notre style. J’avais commencé le metal, quand j’étais jeune, avec le hardcore, et, curieusement, le hip hop.

Metal-Eyes : Pourquoi “curieusement”?

Titouan : C’est peut-etre pas ce qui se resent à l’écoute de ce qu’on fait…

Metal-Eyes : On voit cependant pas mal de groups qui mélangent les genre et le résultat est probant… Quelle a été ton education musicale? Y avait-il beaucoup de musique à la maison, as-tu pris des cours?

Titouan : C’est marrant: en fait, mon père m’a fait écouter du rock quand j’étais tout petit. Il m’a fait écouter Hendrix quand j’avais 4 ans, il aimait tout le rock vintage des années 60, 70. Mais bon, jouer de la musique ? J’y comprenais rien, j’aimais bien en écouter m’ai-je n’avais jamais envisagé d’en jouer. J’étais nul en éducation musicale (rires). Et un jour, à l’aube de l’entrée au lycée, avec deux de mes meilleurs amis on s’est dit « allez, on achète tous un instrument et on essaie de faire quelque chose ! »On a chopé deux guitares et une basse, on a fait un groupe, on est parti de zéro et c’était absolument atroce au départ ! Mais on a appris à jouer ensemble, on s’est soutenus les uns, les autres et voilà où on en est aujourd’hui.

Metal-Eyes : Donc c’est plus une auto motivation, autodidacte par la motivation des autres…

Titouan : Tout à fait. J’ai pu prendre plus tard des cours pour consolider certaines choses, pour comprendre te aller un peu plus loin dans la musique – des gammes de guitares et des trucs comme ça – mais au final, je ne saurai pas lire une partition.

Metal-Eyes : Sur le disque, vous êtes mentionnés, Greg, Tom et toi à la guitare et la basse et au chant. Vous vous êtes partagé le chant ?

Titouan : Pour cet Ep, Greg est chanteur principal. Il n’y a pas, à ma connaissance, de partie où Tom et moi chantons seuls. On fait les chœurs, mais à l’avenir, on envisage d’avoir une répartition plus égale des voix.

Metal-Eyes : Vos dents, elles sont longues comment, pour appeler ainsi votre disuqe : « d’abord la ville, ensuite le monde » ?

Titouan : Moi, j’ai des petites dents mais aussi des ambitions ! C’est un peu le délire de l’album. Même si on joue dans des bars maintenant, on n’envisage pas forcément des stades dans 5 ans, mais un bar à l’autre bout du monde, pourquoi pas ?

Metal-Eyes : C’est quoi « l’autre bout du monde » ?

Titouan : Le Japon, ça peut être sympa… On a potentiellement des contacts pour y jouer, donc on va creuser.

Metal-Eyes : Qu’avez-vous mis dans ce Ep qui, pour moi, est plus proche d’un album – 7 titres et 1 bonus…

Titouan : Il est vrai… On a mis toutes nos compos qu’on pense être abouties. On a d’autres compos en ce moments mais pas terminées, donc on préfère celles dont on est sûrs, et ça fait un petit format abordable. Peut-être que ça nous permettra de sortir à nouveau quelque chose biebntôt plutôt que de devoir attendre longtemps. Le but était de sortir un peu plus qu’un Ep, pas forcément un album, qui ait du bon contenu, dans un format beau et abordable.

Metal-Eyes : En tant que groupe, il y a une certaine unité j’imagine. Quelle pourrait être la devise de Bare Teeth ?

Titouan : Ah, c’est une excellente question ! C’est la première fois qu’on me la pose ! Quelle pourriat être notre devise ??? Ca va pas être sérieux du tout (il réfléchit longuement)

Metal-Eyes : On y reviendra après, alors ! En attendant, une question qui fâche : c’est quoi ce machin (je lui tends le livret du CD) : 4 pages, il n’y a même pas vos photos, un gars comme moi, même avec mes lunettes, j’ai du mal à lire tellement c’est petit…

Titouan (un peu gêné) : C’était pratique. Ce n’est pas la première fois que je vois ça, un livret avec uniquement les paroles, et si les gens veulent voir nos tronches, ils peuvent venir en concert !

Metal-Eyes : C’est pas faux, ou alors aller sur votre site sur lequel il n’y a rien ! J’y suis allé tout à l’heure, et ça m’a sorti une « erreur 500 »…

Titouan : Ah oui ? Le facebook fonctionne, lui, mais c’est bien de me le signaler, on va y remédier. Je vais le signaler à notre chef informaticien. La plupart de notre activité se passe cependant sur Facebook.

Metal-Eyes : Tu parlais à l’instant de concerts. Un groupe de rock, un disque, ça se défend sur scène. Quels sont vos projets en la matière ?

Titouan : On a déjà donné pas mal de concerts dans notre région. On a un show en juin et une tournée – 6 jours sur 7 – au Royaume Uni. On va parcourir du sud au nord, et on revient en Belgique en juillet. Après, on a tous des indisponibilités pendant la période estivale – on va lever le pied. On revient en septembre dans la région lilloise et en Belgique, et on prévoit une tournée plus conséquente à partir de novembre. Qui devrait concerner l’Europe en général.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un seul titre de First the town then the world pour expliquer ce qu’est Bare Teeth à quelqu’un qui ne vous connait pas, ce serait lequel ?

Titouan : Le plus simple, ce serait Parted ways. D’abord parce que c’ets celui qui vient de sortir en clip, et aussi parce que c’est celui qui est le plus représentatif de ce style punk des années 90 : des rythmes rapides, beaucoup de voix, d’harmonies vocales. Il me semble que c’est celui qui représente le mieux notre entité du moment.

Metal-Eyes : Revenons à votre devise : as-tu pu y réfléchir ?

Titouan : J’en ai presqu’une… Non, c’est ridicule ! (Il réfléchit de nouveau) Ce serait une devise de tournée, un truc débile : « des bières, des bifis et Mozinor! ». On adore ses parodies sur internet !

 

ANTIGONE PROJECT: Stellar machine

Progressif, France (Autoproduction, 2017)

C’est un voyage stellaire, et donc spatial, auquel nous invite Antigone Project, groupe formé au début des années 2000 par le chanteur et multi instrumentiste Frédéric Benmussa. Le voyage sonore nous entraîné au confins des sonorités rock, progressives et électro. Le chant presque mélancolique nous replonge au cœur de la New wave des années 80, un genre que je n’ai jamais aimé. Cependant, cette impression mise à part, force est de reconnaître que c’est construit, réfléchi et abouti. l’ensemble est solide, sinon immortel comme l’était, selon la mythologie grecque, l’âme de la fille qu’Oedipe, roi de Thèbes, eut avec sa propre mère, Jocatse. poison, qui introduit le disque avec force sons électroniques (qui évoquent les transmissions radios vers l’espace) voit guitares et batterie s’embrasser. Puissant, le titre est également, par le chant, mélancolique. Contrairement au joyeux et dancefloor Schizopolis. L’étrangeté de Mantra nabulae au guitares saturées et agressives est contrebalancé par le souffrant et langoureux Raphe nuclei. explorant l’univers de sons inhabituel, Antigone Project dérange autant qu’il peut fasciner.

Note : 7/10

M.F. CREW: First ride

Hard rock, France (Autoproduction, 2017)

M.F. CREW, c’est qui? C’est un quatuor français qui pratique un hard rock groovy , déjà auteur d’un EP et justement remarqué lors du PMFF VI de janvier 2017.

First ride, ça donne quoi? Ces gars ont vraiment le sens du groove. Ce son metal, gras et biéreux, qui rappelle le bon gros hard US qui bouge et qui fait bouger. Ne serait-ce une pointe d’accent dans le chant, on ne pourrait a priori imaginer le quatuor M.F. Crew originaire de chez nous. Ne serait-ce, aussi, cette Intro de 4 gars qui discutent en français – pour ne pas dire grand chose, en vérité – avant d’attaquer les séances studio. Ensuite, c’est la poudre qui parle. Old friends, Paris is burning, No way in hell nous montrent un groupe inspiré par la puissance de feu de Metallica ou de Pantera, la voix grave et profonde de Boris est tout en puissance. Les riffs  développés par Boris et Couanos évoquent autant le hard rock US d’Ozzy ou, de fait, de Black Label Society que le heavy metal européen, ou le plus récent stoner. Ce First ride est varié, plein d’humour (euh, c’est quoi ce morceau Last beer(part 1) qui n’a pas de suite???), festif et compact (malgré un léger moment moins inspiré à mi parcours) et, je suis désormais impatient de voir de nouveau le groupe live. Un premier album très prometteur.

Note: 8/10

Sortie: le 23 mars 2017

ULTRA VOMIT: Panzer surprise!

Metal délirant, France (Verycords, 2017)

Ultra Vomit, c’est qui? Ultra Vomit, c’est un groupe de metal dingue, formé en 1999 à Nantes et auteur de trois albums: M. Patate en 2004 et Objectif: thunes en 2008. Comment ça, ça fait que 2? Et ce Panzer surprise, qui est sorti le 28 avril, ça fait 3, non? Faut suivre un peu…

Panzer Surprise! ça donne quoi? Eh bien, c’est une collection de 22 titres complètement barrés. Si Ultra Vomit a, à ses débuts, souvent été assimilé à la scène grindcore, les Nantais proposent avec ce troisième album – 9 ans de réflexion, quand, même, un clin d’oeil au film avec Marilyn Monroe? – un metal qui ratisse large et, surtout, donne une patate d’enfer. Entre parodie et humour potache, le groupe se – et nous – fend la poire à coup de Kammthar (à la Rammstein, en allemand, svp), Un chien géant (on s’y trouve tous, après tout) ou japoniaserie assumée (Tokoyaki), voire référence du film de SF (E-Tron (digital caca)). Le groupe lorgne ouvertement du côté de Gojira et Calogero (Calojira), Pantera (le très punk Pink Panthera)… bref, sur fond de délires pas minces du tout, de thrash, punk, heavy, Ultra Vomit nous offre un album aussi délirant que les dessins animés d’où sa pochette est inspirée. Alors un conseil, ne ratez pas leur passage près de chez vous, Ultra Vomit tourne jusqu’en décembre. Rendez-vous est pris pour Metal Eyes au Hellfest le 17 juin!

Note: 7,5/10

Sortie: le 28 avril 2017, c’est écrit plus haut, mardalors!

BARE TEETH: First the town, then the world

Heavy metal, France (Autoproduction, 2017)

Avoir les dents longues et acérées, c’est normal pour un groupe de rock. Les Français de Bare Teeth l’ont bien compris pour intituler leur premier album First the town, then the world. Affichez votre ambition les gars! Et n’hésitez pas, en effet, à montrer les crocs à la concurrence histoire de la décourager. Pensez, au passage à ajouter quelques brûlots à cet album. Le morceau éponyme qui introduit donne une bonne idée de l’envie du quatuor: c’est explosif, assez punk limite thrash, et ça ne passe pas par quatre chemins. Les guitares sont aussi dynamiques que recherchées, la rythmique pose un mur sonore efficace, et le chant est puissant. Seulement, on n’y comprend rien sans avoir le texte sous les yeux! L’accent semble correct, mais cette voix n’est pas assez mise en avant, et se noie dans la masse sonore. Reste que l’ensemble puise ses guitares aussi bien du côté du punk US des années 90 que du metal classique d’Iron Maiden ou Metallica ainsi que, moins souvent mais plus remarquablement, d’AC/DC. Globalement, cependant, Bare Teeth veut se forger une identité  propre, et y parvient sans toutefois réussir à maintenir mon attention au delà des 4 premier titres. La suite donne l’impression de se répéter, de manquer d’aisance aussi, à l’exception du morceau bonus, une version acoustique de Behind the wall, dont l’original est explosif. Deux univers, en somme. Bare Teeth, s’il souhaite se distinguer, doit franchir un pas et trouver comment combler ce manque. En travaillant la voix, certes, mais aussi en osant être encore plus différent. De belle promesses qui n’attendent que leur transformation.

Note: 7/10

BABYLON PRESSION: Heureux d’être content

Punk, France (Autoproduction, 2017)

Formé en 2007 à Marseille, Babylon Pression revient avec Heureux d’être content, son 6ème album, taillé dans un punk explosif, enragé, aux paroles totalement décalées. Les guitares thrash évoquent naturellement le metal, mais la rage vocale et les propos je m’en foutistes sont clairement un héritage des Pistols et autres anarchistes de la fin des 70’s. Violent, direct, et, somme toute, distrayant – si je puis dire – on se laisse emporter par cet ensemble brut, brutal aux éructations et crachats (ah, ce glaviot qui introduit Toutes des mères sauf ma pute!) d’un autre temps! La production est, en revanche, totalement d’actualité, claire, grasse et d’une incontestable efficacité. Elle fait ressortir le côté crade et la volonté de Babylon Pression de déranger. Ca ne va pas bien loin, mais c’est globalement réussi.

Note: 7,5/10

WORSELDER: Paradigms lost

Heavy metal, France (Autoproduction, 2017)

La grosse difficulté que nous, chroniqueurs de tous horizons, rencontrons souvent, c’est la profusion. De groupes « uniques », de CD « novateurs », « exceptionnels » ou doté de tout autre superlatifs hâtifs. Alors, quand on écoute un CD et que celui-ci fait vibrer certaines cordes, là, on se dit qu’on tient quelque chose. C’est le cas de ce Paradigms lost, nouvel album des Français de Worselder. Et ce qui me fascine, c’est que le groupe utilise un nombre conséquent de ficelles connues de tous sans que cela ne soit un instant gênant. Rien que le long Infighting qui ouvre ce disque est explicite: Worselder puise son inspiration au sein des 80’s (les lignes vocales, la guitare shreedée, les rythmes qui vont du metal à la Dio au thrash des premiers jours…) et des 90’s ou dela décennie contemporaine. N’hésitant jamais à casser le rythme ou à changer de thème, Worselder maintient l’auditeur en éveil, curieux . Le chant est puissant, rauque, parfois un peu hurlé. Alternant au sein d’un même titre différents styles, il est légitime de se demander combien de temps l’auditeur peut tenir. 54′, sans soucis, c’est la durée de ce disque qui regorge de surprises. Paradigms lost mélange avec bonheur heavy, power, speed ou thrash, glam, death… Bref, le groupe réussit aujourd’hui à créer un son non pas unique mais vraiment original qui donne envie de plonger en son sein. C’est dans les vieilles marmites qu’on fait les meilleurs plats, dit-on? Worselder se pose en véritable challenger du renouveau du metal hexagonal.

Note: 8/10