STEVE’N’SEAGULLS Live à Blois (Chato Do) le 29 nov. 2016

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Direction, ce soir, le Chato Do de Blois pour voir nos fermiers finlandais préférés sur scène. Ce concert affiche – comme tous ceux (sauf 1) de cette tournée française de Steve’N’Seagulls – complet. En arrivant sur place, une surprise m’attend : le groupe joue sur la petite scène, dans un espace pouvant accueillir environ 120 spectateurs. Un choix du management, m’informe Pukki, le contrebassiste, alors que le groupe aurait pu attirer plus de monde. Sans doute pas les quelque 600 de la grande salle, mais quand même. Résultat, il faut jouer des coudes pour pouvoir passer mais ça fait partie du jeu.

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Venu de Tours, Dark Wooden Cell est un trio acoustique. « On a 30’ pour vous faire aimer le hard rock avecdes petites guitares », annonce son chanteur armé d’un ukulélé. Dès lors, c’est parti pour un jeu de piste, une série de devinettes musicales pour connaisseurs. Le hard rock, je connais un peu, mais là, je me pose des questions : en une demi heure, je n’ai reconnu que 3 chansons (Runaway, Welcome to the jungle et Wasted years, respectivement de Bon Jovi, Guns n’Roses et Iron Maiden) mais uniquement grâce aux paroles. Certainement pas la musique qui est tellement déformée qu’il est impossible ou presque de reconnaître le reste. Résultat: un concert pas intéressant.

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La contrebasse à elle seule occupe un bon quart de la minuscule scène. Lorsque Steve’N’Seagulls investit les lieux, il semble difficile de ne pas se bousculer. Pourtant, le manque de place n’empêche pas les musiciens de bouger – comme ils peuvent – et de proposer un set efficace. Même les non connaisseur de ces standards du metal ne peuvent résister longtemps à la bonne humeur communicative de Remmel, aux sourires de Pukki ou aux grimaces et mimiques improbables de Hiltunen. Herman, à chaque fois qu’il est présenté, entend le public scander son nom en roulant le R…

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Malgré une setlist raccourcie, le groupe joue la majeure partie de son dernier album, Brothers in farm, sans doute à un tempo plus élevé, me semble-t-il. C’est joyeusement fun et communicatif, et le public s’emballe et trépigne (difficile ici d’envisager un wall of death ou un circle pit !), toujours sur fond de « Herrrrman ! ». Le chant partagé à 3 est superbe, le son également, les chansons sont judicieusement choisie (les amateurs reconnaîtront aisément trois des géants du genre (AC/DC, avec  » titres, les Guns et Metallica avec 2 morceaux), et chacun peut prendre conscience de l’extraordinaire travail réalisé par ces musiciens accomplis, multi instrumentistes de talent. Il est minuit lorsque le groupe termine un long et sublime Thunderstuck, Seek and destroy conclue ce concert haut en couleurs d’un groupe que l’on souhaite revoir au plus vite, sur de plus grandes scènes ! Superbe soirée, en vérité.

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GHOST: Popestar

ghost-2016Hard rock, sU7DE(Ep – Spinefarm, 2016)

Après l’engouement suscité par son dernier album, le très réussi Meliora et la confirmation de son potentiel scénique (même si on voudrait bien que Papa Emeritus III soit moins bavard…), Ghost revient avec Popestar, Ep au titre facile mais de circonstances. Car ce Ep est constitué d’un titre original et de 4 reprises, des classiques du rock et de la pop. Ce sont ces dernières qui sont l’objet de toutes les attentions. Si l’on connait la capacité de Ghost à écrire des chansons hard et pop sur fond de textes subversifs, nous ne pouvons guère nous étonner de les voir s’attaquer à des classiques. Revisiter Echo and the Bunnymen (Nocturnal me) ou Eurythmics (Missionnary man) pour les plus populaires, ou Simian Mobile Disco (I believe) et Imperiet (Bible) apporte-t-il quelque chose au groupe? Non, en fait. Si les morceaux sont parfaitement interprétés, on n’y voit guère d’intérêt. Enfoncer le clou de Meliora? Une confirmation par le biais de nouveautés eut été préférable. Ici, on a plus l’impression d’opportunisme visant à séduire un autre public. Démarche commerciale logique mais guère appréciable tant cela ressemble à du racolage. Se pourrait-il que Ghost ne soit pas si subversif que ça, que le groupe soit simplement opportuniste? Attendons le prochain album…

Note: 6,5/10

Titre que je retiens: Missionnary man

Interview: FLAYED

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Entretien avec Renato (chant) et Charly (basse). Propos recueillis à Paris le 25 novembre 2016

 

Metal-Eyes : C’est la première fois que nous nous rencontrons, alors commençons par une question classique, traditionnelle : racontez nous l’histoire du groupe qui, si mes informations sont bonnes, s’est formé en 2013…  

Renato : Exactement ; c’est un groupe qui a 3 ans et déjà 3 CD – bientôt 4. Un groupe formé de 6 personnes et, effectivement, en 3 ans, on a sorti 3 albums : Symphony for the Flayed et Monster man, deux albums, et XI million, le nouvel Ep dont nous allons parler ensemble, tout de suite…

Metal-Eyes : Peut-être… ou pas, on verra…

Renato : Ou pas. On a aussi 250 dates au compteur, une petite tournée québécoise, et une bonne tournée française.

Metal-Eyes : Donc vous avez vu pas mal de salles, tourné avec des grands comme Scorpions… Puisque nous en parlons, quelle est votre plus belle expérience à ce jour?

Tous deux : Ben, ça!

Charly : Première partie de Scorpions au festival Guitare en Scène… Accueil de fous, et le personnel compose de passionnés, qui ne sont pas là pour le côté pécuniaire de la chose et des conditions vraiment excellentes, du monde, de bonnes réactions du public et un accueil comme on a rarement vu.

Metal-Eyes : Pareil pour toi, Renato?

Renato : Pareil, oui. Le meilleur souvenir, ça reste l’ouverture de ce concert de Scorpions. Une des plus grosses scènes qu’on ait faites, avec un accueil de dingue et une réaction du public ouf… Après ce festival, il y a beaucoup de gens qui reviennent nous voir en concert parce qu’ils nous y ont vus. Et il y en a qui se tapent des bornes de dingues pour venir nous voir, depuis ce festival ! Oui, c’est certainement le meilleur coup qu’on a joué ces trois dernières années.

Metal-Eyes : Parlons maintenant de XI million, puisque c’est quand même pour ça que vous êtes là…

Renato : Tu es sûr du coup ?

Metal-Eyes : Oui, oui ! Allons-y ! D’abord, pourquoi avez-vous choisi ce format du Ep?

Renato : On a choisi ça parce que, après avoir sorti 2 albums totalement autoproduits – on avait une promo via Klonosphère, et une distribution via Season of mist – on a décroché un deal avec un label, Kaotoxin, et c’était une manière de tester le label et de faire plaisir aux fans tout en gardant ce calendrier d’une sortie par an. C’est un Ep où on s’est vraiment fait plaisir, on tâche de faire plaisir aux fans, comme avec cette reprise de Fortunate son (Creedence Clearwater Revival) en plein milieu. C’est exactement la transition entre deux albums, puisqu’il y a deux titres issus des sessions de Monster man, qu’on ne pouvait pas mettre sur le CD pour des soucis de timing – ces deux titres ne passaient pas sur une édition vinyle, et il y a deux titres qui sont issus des compositions du prochain album, qui n’y figureront pas mais qui datent de la même période. Voilà pourquoi on a sorti un Ep, qui est totalement transitif.

Metal-Eyes : Et qui vous permet de rester en contact avec le public… Comment vous organisez-vous dans le travail de composition ?

Charly : Alors la compo, c’est tout géré par Julien, le guitariste soliste qui nous connait très bien. Ça fait une quinzaine d’années qu’on se connait tous et c’est la première fois qu’on pouvait se réunir sur un projet particulier. On sait comment il bosse, très bien et très vite, il sait exactement comment on joue individuellement donc on lui laisse vraiment carte blanche de ce côté-là ce qui nous permet d’avoir un gros gain de temps par rapport au format traditionnel de travail en groupe. Ça ne sert à rien de tergiverser pendant des heures, on sait très bien que ce qu’il va nous proposer sera musicalement juste et que ça collera au jeu individuel de chacun. On gagne vraiment beaucoup de temps grâce à ça.

Metal-Eyes : Au niveau des textes, c’est également lui qui s’en charge ?

Renato : Non… Il s’occupe de la batterie, la basse et les guitares. Ensuite, quand on est ensemble, tout est retouchable. Ensuite je pose des lignes de chant et des textes, et l’orgue vient se poser pour sceller le tout. Il écrit tout, mais rien n’empêche de retoucher.

Metal-Eyes : Il y a une structure qui est montée, les grandes lignes de son projet

Charly : Les grandes lignes sont posées. L’intérêt justement de se connaitre, c’est d’avoir la liberté de s’approprier les choses même si rien n’est fixe. Tout le monde est au courant, personne n’est mis de côté, c’est d’un commun accord qu’on fonctionne comme ça.

Renato : Ce n’est pas du tout une politique tyrannique.

Metal-Eyes : Vos influences… Elles sont claires : du gros rock, du rock des années 70. Quand j’écoute XI Million, j’entends du AC/DC, du Deep Purple, même, sur l’introduction à la basse de la reprise, j’ai l’impression d’entendre le Dallas 1p.m. de Saxon. C’est assez varié, y a-t-il des choses particulières qui vous réunissent ?

Charly : On a tous ces groupes-là, tous les groupes rock des années 60/70 en bagage commun. Après, on vient tous de scènes différentes : la moitié vient de la scène metal, l’autre moitié, un peu plus rock traditionnel. On est parvenus à mixer les deux, on s’est rejoints sur s’est classiques-là mais on ne voulait pas faire de copier-coller ou se forcer sur une ligne. On ne s’est pas posé la question… On s’est rendus compte que le rock, il fallait en sortir parce que ça fait partie de nous, et derrière, on avait qu’à équilibrer la chose entre la modernité de la production et du rendu et la digestion des influences. C’est toujours une question difficile, « Pourquoi » et « d’où vous venez »…

Metal-Eyes : Alors je la transforme : quelle est votre éducation musicale à tous les deux ?

Renato : Personnellement, je viens du metal, c’est apr ça que j’ai commencé. En fait, on a un groupe avec Charly qui s’appelle God Damn, et on fait du stoner, typé Down, Pantera et toute la scène de la Nouvelle Orléans dans laquelle j’ai beaucoup puisé avant de découvrir tous les classiques rock. J’ai d’abord découvert le metal, avant de découvrir le classic rock, ce qui a débouché sur Flayed. Charly, c’est l’inverse.

Charly : Moi, j’ai une culture musicale classique rock des années 60/70, et il y a le « classique gamin » : tu attaques le piano et au final tu dégages tout ça quand tu es ado. Donc de mon côté c’est rock 60’s, classique et jazz, et vers l’âge de 13 ans, j’ai découvert le metal, extrême, j’ai trouvé ça cool. Après, les années ont fait qu’on a mis le pied dans la scène metal, avec God Damn, justement, et on en revient toujours un peu à ce qui reste plaisant le plus longtemps possible. On avait tous ça en bagage commun, des classiques que tu mets en soirée et que tout le monde aime, et ça permet d’écrémer pas mal de mauvais choix, je pense.

Metal-Eyes : Et l’éducation musicale pure, vous avez pris des cours, reçu un enseignement musical particulier? Il y avait déjà de la musique chez vous ?

Charly : Mes deux parents sont musiciens, mon père était pro à une époque, j’ai attaqué le piano à 5 ans. Tu n’as pas le choix, tu es dans un moule, le solfège avec. Derrière, ça permet de vraiment gagner du temps, quand tu veux faire ce qui t’intéresse. Avec le recul, tu te dis que c’était vraiment une bonne chose. Tu ne vois pas le rapport au début, mais au final, tu gagnes du temps par rapport aux collègues.

Renato : Je n’ai pas du tout été élevé dans une famille qui écoutait de la musique ou en faisait. Mon père est un peu accordéoniste, ça n’aide pas (rires), et ma mère n’est pas du tout là-dedans… C’est plutôt mes amis qui ont fait mon éducation musicale. Je suis arrivé au lycée, j’ai commencé à gratter un peu, j’ai intégré un groupe – Charly était dedans d’ailleurs, donc ça fait depuis ma naissance musicale que je joue avec cet homme-là – donc ce sont mes amis qui ont forgé mon identité musicale. Autodidacte complet, total !

Metal-Eyes : Comment expliqueriez-vous à quelqu’un qui ne connait pas le groupe ce qu’est Flayed?

Renato : C’est un groupe de hard rock typique avec un son modern des années 2000. C’est-à-dire qu’on pioche dans toutes ces influences des années 70, avec l’orgue Hammond en tête, mais on a tellement bouffé de metal ces 20 dernières années qu’on est toujours au fait de ce qui se fait. J’écoute beaucoup de groupes français et j’adore aller découvrir ce qui se fait, en dehors des mastodontes, bien sûr. On pioche dans tout ça pour faire en sorte que Flayed ne soit pas du tout has-been et que ce soit écoutable par le plus grand nombre.

Metal-Eyes : Donc vintage avec des tonalités modernes. Comment définiriez-vous l’évolution de Flayed entre Monster man et XI million, qui, pour moi, est assez flagrante.

Charly : Uh, uh… Je pense que tout ce qui est axé sur XI million et ce qui va suivre sur a nouvelle galette… La part de la musique est plus importante. On est sur un rendu de sensations pour le public et une satisfaction d’exécution de morceaux don’t on se dit, à la base, “ouh, ça, ça risqué d’être coton… » et arriver, au final, à les faire d’une manière efficace.

Renato : Et ils paraissent simples, à l’écoute. C’est quelque chose qui revient souvent. Alors qu’en fait, on se casse le cul comme pas possible !

Metal-Eyes : Vous sentez vous-même l’évolution entre ces deux disques ?

Renato : Oui, depuis le tout premier en fait. Comme il n’y a qu’un compositeur principal, on a pris au début ce qu’il y a dans son back catalog et on s’est tous posés dessus ; Donc, au début, c’est son album, à lui. Ensuite, il a commencé à composer pour nous. On se connait tous depuis 15 ans mais on n’avait jamais bossé ensemble. Donc, à partir du moment où on a travaillé ensemble, il s’est mis à écrire pour chaque personnalité du groupe. Alors, effectivement, l’évolution elle est là : c’est que ce mec écrit pour nous.

Metal-Eyes : L’impression que j’ai, c’est que XI million est beaucoup plus rentre dedans que monster man : on a quelque chose de beaucoup plus compact, puissant. S’il n’y avait qu’un morceau de XI million que vous deviez retenir, l’un et l’autre, pour définir ce qu’est Flayed aujourd’hui, ce serait lequel ?

Charly : XI million, tout simplement…

Renato : Oui, on est d’accord là-dessus…

Charly : C’est le plus complet, il y a un gros refrain qui tranche beaucoup, accessible au plus grand nombre, il y a de la mise en place avec des croche-pattes un peu partout…

Metal-Eyes : C’est sympa, ça, sur scène, les croche-pattes !

Renato : Oui, et on s’en fait littéralement (rires)!

Charly : C’est ce truc qui fait qu’on a l’impression d’avoir des choses plus intéressantes à jouer, avec des prises de risqué, et, aussi, une musicalité plus importante sur les refrains, plus abordables, disons. Avec le son qui est géré pour aussi, avoir un spectre plus large, entre les moments « calmes » et ceux avec du gros rendu. La suite sera, je pense, axée dans ces couleurs-là, avec ces énergies : des tempos assez appuyés, une grosse base de rock, mais pas que…

Renato : Des couplets qui groovent et des refrains qui se retiennent.

Metal-Eyes : Alors « Des couplets qui groovent et des refrains qui se retiennent » ça donne quoi sur scène?

Renato : On ne peut pas le juger, on n’est pas objectifs… En tout cas, les retours qu’on a, publics et pro, c’est que, généralement, sur scène c’est comme sur le CD, voire mieux parce qu’il y a l’énergie live. On bouge beaucoup, on est hyperactifs, comme la musique. on suit la musique et, sur scène, ça se ressent. Ce qui fait plaisir, c’est qu’à chaque fois, les mecs nous disent que ça joue comme sur le CD. Tu sors de là et tu te dis que le boulot est fait, on a rempli le contrat.

Metal-Eyes : Vous avez 250 concerts à votre actif, vous prévoyez de tourner bientôt, ou vous préférez attendre la sortie de l’album ?

Renato : Non, on ne va pas attendre! On vient de finir une partie de tournée, en France avec nos collègues québécois, les Tramps. On a encore deux dates en décembre, dont le Kaotoxin fest avec beaucoup de groupes du label, et une date à Reims, le week end du 10 décembre, et après on arrête tout pour se concentrer sur la fin de l’écriture de l’album. Il nous manque quelques titres… On a encore écouté quelques rushes du troisième album, il est presque prêt mais pas tout à fait, donc on se donne 2-3 mois pour garnir le truc et rendre un produit impeccable. On va retourner jouer printemps puis sur les festivals cet été, puis jusqu’à la sortie de cet album à la fin de l’année.

Metal-Eyes : Comment vous vous organisez dans le travail? Vous travaillez à distance et mélangez les fichiers, ou vous vous retrouvez en studio?

Charly : Tout est enregistré au même endroit. Ensuite, on a tenté de se retrouver tous ensemble en studio, seulement les agendas font que c’est compliqué – pendant qu’il y en a un qui bosse, les autres perdent de la thune. On a quand même un studio à disposition, chose rare pour un groupe. L’intérêt de savoir à l’avance c’est de pouvoir avoir un calendrier de sorties. On sait que tous les ans, à cette période-là, on va caller des sessions de studio, et tout ne se fait pas dans les mêmes créneaux parce que, au niveau du calendrier, c’est chaud. Mais sur une période de 2 à 3 mois, tout se fait.

Renato : Donc on va commencer cet été avec la batterie et enquiller pour que, fin août, on ait l’album complet.

Metal-Eyes : Qu’est-ce qui, aujourd’hui, vous différencie du reste de la scène hard rock française?

Renato : Je pense que, aujourd’hui, il n’y a personne qui fait ça en France: du hard rock dans ce goût-là, avec cette modernité et, surtout, cet orgue Hammond… Personne ne s’en sert aujourd’hui en France, très peu en tout cas…

Metal-Eyes : Surtout que c’est un monstre à déplacer…

Renato : Ouais, ben on eut te le dire, surtout en tournée! (rires) Quand il faut le sortir et le rentrer tous les soirs, la cabine Leslie est bienvenue, c’est clair ! Je pense que c’est un élément qui joue dans la balance, y a pas grand monde qui veuille le sortir du camion tous les soirs, cet orgue Hammond, et qui l’adapte à la musique et le mette aussi fort que les guitares. Que ce ne soit pas une petite nappe derrière qui lie le tout. C’est une troisième guitare, avec les soli qui vont.

Metal-Eyes : C’est là où, sans que ce soit du plagiat, on a parfois l’impression d’entendre du Deep Purple.

Renato : Exactement, et c’est le but recherché. Mais notre organiste est, bien évidemment, fan de Jon Lord comme jamais ! (rires)

Metal-Eyes : Tu me dirais le contraire, je ne te croirais pas. Tout comme vous devez avoir un guitariste un peu fan d’AC/DC…

Les deux : Ah, complètement, oui!

Renato : Tu as très bien saisi les personnages!

SCORES: The gate to leave

scores-2016Hard rock, France (Auto production, 2016)

Voici exactement le genre de disque qui me met dans l’embarras… Scores est un groupe français, auteur d’un Ep, On the road, paru en 2014, qui lui permet de tourner avec Sticky Boys, Headcharger ou encore les Anglais de Desolation Angels. Emplis d’une légitime confiance, les cinq proposent aujourd’hui The gate to leave, nouvel Ep 4 titres bourré de rockn’roll. Typé 70’s, empreint de Led Zeppelin ou d’AC/DC, les guitares, le groove et les rythmes sont efficaces, rentre dedans et, simplement roots. Les premières secondes de Good night émerveillent et font taper du pied. Les trois autres titres (Leave me now, très rock, et deux titres plus lents, proches de la ballade, What about your dreams et That’s the girl) sont tout aussi prometteurs. Mais… Passés les premiers accords, Benjamin Blot-André prend le micro. Et là, tout fout le camp. Le « chant » est plat, sans aucun trémolo, sans relief, sans âme. Une platitude linéaire doublée d’un anglais incompréhensible qui gâchent absolument tout. Je n’ai pas réussi à aller au bout d’un seul morceau tellement je trouve cette voix pénible… Bref, voici un groupe musicalement prometteur qui, selon moi, ne pourrait trouver une voie qu’avec une autre voix…

Note: 4/10

Titre que je retiens: aucun

PHIL CAMPBELL AND THE BASTARD SONS

phil-campbellatbs-2016Hard  rock, Pays de Galles (UDR, 2016)

Phil Campbell, désormais ancien guitariste de Motörhead, avait déjà laissé comprendre qu’il pouvait aussi tenter une carrière solo avec son récent projet All Starr Band. Alors que Mikkey Dee se fait engager par un Scorpions en « fin » de carrière, Phil, lui, confirme son projet en lançant son nouveau groupe Phil Campbell And The Bastard Sons pour lequel il s’entoure de ses fils (Todd à la guitare, Tyla à la basse et Dane à la batterie) et, Neil Starr au chant. En guise d’introduction, le quintette  propose un premier Ep de 5 titres foncièrement hard rock’n’roll. Après tout, c’est ce qu’a toujours fait Phil, même si on est ici à des années lumière de Motörhead. Quel intérêt d’ailleurs de répéter ce qui a été fait ? Au contraire, les enfants de bâtard se montrent ouverts d’esprit et laissent entendre des influences diverses. Le groupe puise autant dans le hard rock bien gras et biéreux (Big mouth, Spiders), le rock plus passe partout, le plus « radio friendly » avec des intonations vocales proches du  FM (Take aim) ou le punk sauce Ramones (No turning back), chansons la plus proche de l’esprit Motörhead. Life in space, qui conclue cet Ep est un morceau acoustique, calme, le plus à l’opposé de ce à quoi Campbell nous a habitués. Certes, on aurait espéré un album complet pour se faire une meilleure opinion, et l’on aurait aussi espéré trouver un titre, au moins, fédérateur, au refrain accrocheur et aux allures de hit potentiel. On se satisfera simplement de retrouver le taciturne guitariste gallois de retour aux affaires avec un projet fun et plaisant. A quand la scène (le groupe est en tournée au Royaume-Uni jusqu’à la fin de l’année) et un album complet ?

Note : 7,5/10

Titre que je retiens : No turning back

THE JOYSTIX / HIGH-SCHOOL MOTHERFUCKERS: Skulls out !

high-school-motherfuckers-the-joystix-skulls-out-5857France, Hard rock (Shotgun generation,2016)

Shotgun geneartion nous propose ce split CD, Skulls out (si ça vous évoque Alice Cooper, ne demandez pas pourquoi, hein!) qui réunit deux des plus fervents défenseurs français de la cause hard rock US glam/sleaze et punk:  The Joystix ouvre le bal avec 5 titres directs et sans fioritures. Une plongée dans le hard cher à Hanoi Rocks qui rencontre Jerry Lee Lewis. The Joysticks nous propose cinq morceaux variés, enjoués tout autant que bruts. Quelques petites descentes de manche sympas et des chœurs piochés dans les 60’s rendent l’ensemble attirant, si l’on excepte un anglais difficilement compréhensible. Viennent ensuite les High School Motherfuckers dont on se demande quand ils vont bien pouvoir se faire un vrai nom. HSMF est à la croisée de Motörhead fin 70’s et du punk des Sex Pistols par une énergie sans pareil. Ok, seul bémol, de nouveau, un anglais limite, mais l’esprit punkisant de l’ensemble, irrévérencieux rend la chose attirante. Ca pue la bière tiède et la cendre froide, dans une véritable ambiance de bouge malfamé. Vouc l’aurez compris, si The Joystix prpose une plus grande variété que HSMF, plus direct et « dans ta face », ça dépote, ça déménage, ça se fout de tout, et… ça fait du bien.

Note: 7,5/10

Titre que je retiens: (Still) hungover in Hungary

AIRBOURNE: Breakin’ outta hell

airbourne-2016Hard rock, Australie (Spinefarm, 2016)

Souvent présenté comme le digne successeur ou la meilleure alternative d’un AC/DC en fin de carrière, Airbourne, se distingue cependant de ses frères australiens. En effet, là où, à la fin des années 70 AC/DC proposait son 4ème album en l’espace d’à peine 3 ans, Airbourne prend son temps: pour le même nombre de productions, le gang des frangins O’Keefe aura mis 9 ans. Bon, oui, c’est vrai, les temps ont changé, le marché du disque aussi. Mais je voulais le dire. Pour le reste, c’est un groupe en pleine forme qui nous revient, et qui a tout mis dans cet album: du sang, de la sueur, des tripes et de la rage. Du gros rock, en somme. Airbourne, sans surprise, nous offre 11 titres qui foncent pied au plancher. Du morceau titre qui ouvre ce nouveau CD à la déclaration finale, It’s all for rock’n’roll, les Australiens ne nous proposent qu’un moment de répit avec Rivalry, aussi lent que lourd, qui fait par instants penser à Great White. Le reste alterne entre titres secs et directs (Never too loud for me, Thin the blood) groove imparable sur fond sexuel (Never been rocked like this, Do  me like you do yourself), le tout sur fond d’expériences personnelles dont on retiendra surtout l’hilarant When I drink I go crazy. Le production de Bob Marlette permet à Airbourne de se recentrer sur l’essence même de son identité sonore, explosive, rock n rollesque, directe et festive. C’est tout ce que l’on attend d’Airbourne, non? Maintenant, vivement la tournée. Et pour les Français, soyez prêts à donner le meilleur de vous même: il se pourrait bien qu’un live soit enregistré chez nous. Ce serait la cinquième offrande du groupe. Tout comme ce fut le cas pour AC/DC. Coïncidence?  Peu importe au final, la seule leçon qui vaille est celle-ci: « All for one, one for all, together we stand, together we fall, cos it’s all for rock n roll« .

Note: 9/10

Titre que je retiens: Breakin’ outta hell

AMARANTHE: Maximalism

amaranthe-maximalismHard rock, Suède (Spinefarm, 2016)

L’air de rien, Amaranthe continue son petit bonhomme de chemin et propose rien moins que son quatrième album en 5 ans (sans compter la compilation parue l’an dernier). Et l’air de rien, toujours, il tente d’imposer son metal dansant qui ne départirait pas en boite de nuit. Maximize, qui introduit ce Maximalism, donne le ton:  nous voici lancés sur les pistes de danse d’un quelconque nightclub, malgré le chant à deux / trois voix.  » Quelconque » car, si le chant d’Elize Ryd et de Jake E Berg sont complémentaires (douceur et rugosité de mise), la mise en son générale ne met pas assez à l’honneur, selon moi, les  aspirations metal du groupe. Elles sont pourtant là, mais noyées dans un ensemble trop « boite de nuit ». Trop de boum-boum, de fuzz, de… house desservent un ensemble qui pourraient être bien plus attirant, accrocheur même si les guitares étaient plus mises en avant, plus agressives, malgré des riffs présents. J’avais déjà eu ce sentiment avec l’album précédent et celui confirme un certain éloignement metallique. Dommage, car Amaranthe, qui cherche à avoir une vraie identité sonore, ne parvient pas à réellement décoller et s’élever au dessus de la foule.

Note: 6/10

Titre que je retiens

RIK EMMETT & RESOLUTION 9: Res 9

rik-emmett-2016Hard rock, Canada (Provogue, 2016)

Rik Emmett, pour les amateurs de hard rock classieux, c’est le fondateur, chanteur du mythique trio canadien Triumph qui s’est distingué à la fin des années 70, débuts des années 80. C’est donc avec plaisir que nous le retrouvons accompagné de Resolution 9 (Dave Dunlop à la guitare, Steve Kingsley à la basse et aux claviers, et Paul Delong à la batterie). Il s’adjoint également les services de quelques prestigieux invités que sont James Labrie (Dream Theater), Alex Lifeson (Rush) ou encore Gil Moore et Mike Levine, ses deux anciens complices de Triumph. Emmett nous propose 10 chansons (plus un bonus) de ce hard rock passe partout, sobre et efficace. Stand still, Human race, I sing, donnent le ton, entraînant l’auditeur sur des sentiers aux mélodies efficaces. Le démarrage est dynamique avant de se faire plus bluesy et doux. Un beau triptyque introductif. Simplement, Rik Emmett, rapidement, nous achemine vers des sonorités familières et, si elles sont très agréablement produites, semblent parfois sombrer dans la nostalgie. Une nostalgie toujours teintée de blues, ce blues qui lui est cher et qui nous fait vibrer. Reste que les amateurs de jolies mélodies, de sonorités hard ou AOR prendront leur pied car le gaillard n’a rien perdu de sa voix ni de ses doigts. Et une chose domine ces My cathedral, Heads up, End of the line ou encore le titre bonus, Grand parade, c’est un amour sans faille de la vie et de la musique. Ce Res 9, c’est l’album d’une bande de potes qui se font plaisir. Point.

Note: 7,5/10

Titre que je retiens: End of the line

Photo de la semaine: OCEAN

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Océan (ou Ocean? On n’arrive pas à savoir…) c’est l’un des plus importants phénomènes français de la fin des années 70/début 80 mené par Georges Bodossian, guitariste au feeling exceptionnel, le rock et le blues dans la peau. La disparition brutale de Robert Belmonte a mis un terme à une aventure que l’on espérait voir revivre un jour mais… Et ça, c’était sans compter sur Phil ‘Em All et son PMFF. Ocean (ou Océan? On n’arrive pas à savoir…) a renoué avec la vie en recrutant un chanteur, sans doute LE chanteur, digne de remplacer Belmonte. Stef Reb s’est parfaitement intégré au groupe et s’est brillamment approprié le répertoire de son prédécesseur. Le quatuor devait refaire sa première apparition parisienne lors du PMFF IV, en janvier 2010. Seulement, cette édition fut annulée à cause de la fermeture de la Locomotive où elle devait se tenir. Pourtant, nombreux sont les fans à n’avoir jamais eu l’opportunité de voir Océan sur scène. Alors vous imaginez bien qu’en ce 12 janvier 2013, le Divan du monde est plein comme un œuf lorsque les 4 investissent la scène. Armé de mon éternel Sony  a450, j’ai utilisé la sensibilité maximum (toujours ce manque de lumière des petites salles) à 1/125 de seconde, avec une ouverture de F/5,6 pour saisir le guitariste, ses éternelles lunettes noires sur les yeux. Depuis, Ocean a publié un nouveau – et superbe – album, C’est la fin…, véritable nouveau départ pour le groupe. OCEAN (allez, en majuscules, comme ça on ne se pose plus la question de l’accent) sera une des grosses attraction du PMFF VI. Du bonheur!