BLAZE BAYLEY live à Orléans (Blue Devils, le 6 avril 2018)

Est-ce une bonne chose de transiter par un groupe comme Iron Maiden ? Blaze Bayley et sa bande investissent ce soir le Blue Devils à Orléans, un resto rock doté, au sous sol, d’une salle de concerts de 200 places environs. Comme il le rappellera en fin de concert, depuis son départ de la vierge de fer avec qui il n’a enregistré que 2 albums, Blaze a offert 10 disques à ses fans. Mais toujours l’ombre de la vierge de fer plane. Le nombre de T-shirts floqué Iron Maiden est impressionnant, et je suis même surpris de voir un fan vêtu d’un blouson « Trooper beer ». Comment, Blaze peut-il trouver son envergure si ses « fans » ne rapportent son histoire qu’à ses 4 années passées avec Steve Harris ? Il s’en est passé des choses depuis ! Lire la suite

JUDAS PRIEST: Fire power

Heavy metal, Royaume-Uni (Columbia, 2018)

J’ai tellement lu, ces derniers temps, sur les webzines ou la presse écrite que « The Priest is back! » que j’en arrive à me méfier. Ce Fire power, nouvel album des metal gods est-il vraiment à la hauteur des rumeurs? Bien sûr, le groupe avait satisfait une grande majorité de fans avec, pour le sixième live Battle cry, le retour aux manettes de Tom Allom, producteur des plus grands albums du Priest au cours des années 80, de British steel à Ram it down. L’annonce de sa nouvelle collaboration en studio pour ce Fire power ravive forcément de nombreux souvenirs et fait naître de grands espoirs. Et si Judas Priest n’a rien à prouver depuis longtemps, force est de constater que ce nouvel opus est d’une puissance remarquable et à toute épreuve. 14 titres – ou 13 plus un interlude – variés dans l’historique esprit des Anglais, un son remarquable et une créativité intacte. Du morceau titre, qui ouvre les hostilités avec rage et fureur au final d’une inquiétante douceur Sea of red, rien, absolument rien, n’est à jeter. Si Evil never dies ralentit le tempo, il est forgé dans un esprit lourd et oppressant. Never the heroe se fait plus chantant et est une invitation à trépigner en headbangant. On s’attarde volontiers sur ce Necromancer varié pour retomber dans la lourdeur chantante de Children of the sun. Guardians propose un court interlude avant l’explosion de Rising from the ruins au riff mélodique imparable. La suite pourrait se radoucir, mais le Priest n’en fait rien, ni sur Bolt thrower – qui n’est pas un hommage au groupe du même nom – ni même sur Traitor’s gate qui monte en puissance. Lone wolf – qui n’a rien d’un hommage au groupe français du même nom – est peut-être le titre le plus faible du lot mais propose cependant des guitares différentes de ce à quoi le Priest nous a habitués. Avec Fire power, Judas Priest revisite son parcours sans toutefois donner l’impression de nous offrir un album testamentaire. Même si, on le sait maintenant, c’est Andy Sneap qui jouera à la place de Glenn Tipton de plus en plus affecté par la maladie de Parkinson. Fire power est un album à classer aux côtés des British steel, Screaming for vengeance et autres Painkiller. Un must qui fait dire que, oui: « the Priest is back! »

Interview: DISCONNECTED

Interview DISCONNECTED. Entretien avec Ivan (chant). Propos recueillis au Hard Rock Cafe de Paris le 9 mars 2018

 

Metal-Eyes : Commençons par une question traditionnelle. Ou moins traditionnelle puisque je vais en changer : devine quelle est la première question que je vais te poser…

Ivan : Euh… « Comment es-tu rentré dans le groupe ? » ou « d’où vient le nom du groupe ? », j’hésite entre les deux…

Metal – Eyes : Ou, plus simplement : raconte-moi l’histoire du groupe…

Ivan : Ah, d’accord ! L’histoire du groupe démarre bien avant moi puisque je suis arrivé dans l’aventure fin 2016. Elle débute en 2012 avec Adrian qui monte ce projet, qui écrit des titres et qui veut monter son groupe avec des idées assez hétéroclites, musicalement parlant. Pendant des années, il galère à trouver des gens qui ont la possibilité de s’investir, et qui ont la compétence pour s’investir à un certain niveau. Compétence musicale et artistique de jouer ce que lui compose. Pendant un an, un an et demi, il galère pour trouver un « bon » chanteur, en tout cas un chanteur qui correspond à ce que lui attend, si bien qu’il s’est demandé s’il allait voir à l’étranger. C’est là qu’intervient notre lucky charm, François-Maxime Boutot, qui est le réalisateur et mixeur de l’album et qui me connaissait par d’autres biais. Il lui a conseillé de le contacter. A ce moment-là, j’étais en fin de course avec mon groupe précédent, Heavy Duty, qui sortait un troisième album, Endgame, en octobre 2016. Adrian me contacte donc à ce moment, et comme on avait du mal à tourner, que l’album ne prenait pas trop, qu’on était un peu en fin de vie, et comme je n’aime pas trop m’éparpiller, je me suis dit que j’allais écouter ce qu’il me propose. Et ça m’a séduit tout de suite.

Metal-Eyes : Donc la fin d’un groupe pour démarrer avec un nouveau.

Ivan : Ben, pas vraiment la fin, parce que Heavy Duty existe toujours. Mais malheureusement on a fait le tour de la question : en 6 ans d’existence et 3 albums sortis avec eux, on n’a pas réussi à faire monter le truc de manière à pouvoir investir dans un nouvel album, tourner… On n’a malheureusement pas rencontré notre public. Forcément, l’activité devient moindre et on a plus de temps pour faire d’autres choses. Et comme j’ai l’habitude de m’investir à 100% dans ce que je fais, j’ai senti que je pouvais le faire pour Disconnected, avec qui je me suis donc engagé à 100%.

Metal-Eyes : Ce premier album est donc le début d’une aventure qui a mis du temps à se créer.

Ivan : Tout à fait, oui. Maintenant, c’est le vrai début de vie du groupe puisque, encore, on n’a eu le line-up du groupe « définitif » que récemment puisqu’un des guitaristes est parti et a été remplacé par un autre. Certains n’ont pas enregistré sur l’album. Il n’y a que Aurélien, Adrian et moi. Maintenant on est au complet avec une belle, belle équipe.

Metal-Eyes : Justement, ce qui me surprend en prenant le livret c’est qu’il y a une photo avec 5 personnes et seuls 3 noms sont cités…

Ivan : C’est ce que je te disais. En fait, il y en a un qui a changé. Romain ne fait plus partie du groupe, et on lui souhaite tout le meilleur, d’ailleurs. Il y a un nouveau guitariste, Florian Merendol, qui vient de rejoindre le groupe et Romain, le bassiste est arrivé peu de temps avant l’enregistrement parce qu’on a été plantés par l’ancien bassiste peu de temps avant d’enregistrer. Du coup, Adrian a dû acheter une basse et enregistrer les parties de basse, parce que, sinon, ça allait tout reculer pour la sortie de l’album, et on ne pouvait pas se le permettre.

Metal-Eyes : Et la photo avec les 5, c’est d’actualité ?

Ivan : C’est d’actualité moins un.

Metal-Eyes : Parlons un peu de l’album maintenant. Il débute avec Living incomplete qui est très heavy, avec un chant très rugueux, extrême, même, et le disque se diversifie ensuite avec des tonalités complètement différentes. Qu’avez-vous voulu mettre dans ce disque ?

Ivan : Adrian c’est quelqu’un de totalement libre artistiquement parlant. Il a pas mal d’influences, mais c’est un mec qui écoute aussi bien Architects en boucle que, par exemple, Alter Bridge dont il est ultra fan. C’est même son groupe de référence. Du coup, il ne s’est rien interdit, il a fait ce qu’il voulait, et moi, j’ai eu carte blanche au niveau de ce que je voulais apporter en terme de voix. J’y suis allé franco, je me suis fgait plaisir dans tout ce que je sais faire…

Metal-Eyes : Ca va de l’extrême à la pop, il y a des choses qui évoquent Muse, par exemple.

Ivan : Carrément ! Clairement, notre univers il est là-dedans. Un peu dans un mélange entre Gojira, Deftones, Alter Bridge, et des influences prog, ou djent, parfois, avec des choses un peu plus compliquées rythmiquement. Ce que j’ai voulu apporter, c’est ma conception un peu catchy de la musique, parce que je viens de ça, je suis très fan de groupes comme Stone Sour, ou Five Finger Death Punch que j’ai toujours aimé. Et j’aime bien le côté « refrain qui te reste dans la tête ». Mais la musique d’Adrian est beaucoup plus compliquée, donc, du coup, j’ai résussi à trouver une place, qui va un peu parfois, dans une certaine complexité mais qui ramène les choses dans le domaine de la « chanson », c’est-à-dire avec des vrai couplets, des refrains, des ponts, etc.

Metal-Eyes : Et avec des progressions. Wounded heart, par exemple, commence de façon assez légère et termine de manière plus brutale.

Ivan : Il fini très fort, oui, exactement.

Metal-Eyes : Le chant est pareil ; il est doux au départ et termine growlé. J’imagine qu’il y a une vraie volonté de vous démarquer avec ce type de « comportement » ?

Ivan : C’est pas une volonté de se démarquer mais de rester honnêtes par rapport à l’ouverture qu’on a avec la musique. C’est-à-dire qu’on ne fait pas les choses par calcul mais par sentiment, par résonnance émotionnelle, avec Adrian. Il arrive avec un titre, il le fait évoluer de cette manière sans se dire « tiens, je vais rajouter tel plan parce que machin n’aurait pas fait comme ça… ». C’est la musique qui lui vient de manière intuitive. Il a ça en lui, et moi, quand je compose mes lignes de chant, je me laisse porter par l’ambiance qu’il a développée, et j’apporte ma patte et ce que je pense être la bonne ligne vocale, le bon sentiment à exprimer par rapport à l’ensemble.

Metal-Eyes : Il doit y avoir des discussions entre vous, des choses que l’un ou l’autre ne veut pas…

Ivan : Il y en a eu, mais il n’y a pas eut beaucoup de moment où on a fait fausse route l’un par rapport à l’autre. On a travaillé de la manière suivante : quand je suis arrivé, il avait déjà les titres, tout pré produits. Il me les envoyés, j’avais donc tous les morceaux avec les orchestrations, et je posais mon chant en yaourt avant de lui renvoyer. A chaque fois, dans ses retours, il y avait plus des ajustements que des remarques négatives du style « oh, ça, ça ne me plais pas ». C’était plutôt « là, cette partie gueulée, tu pourrais peut être la transmettre de manière plus mélodique », etc. En fait, il y a vraiment un truc qui s’est passé entre nous, en tant que créateurs de musique, de très fort. On est… Je sais pas, il y a vraiment quelque chose qui s’est créé entre nous, quelque chose de fort.

Metal-Eyes : Comment travailles-tu ton chant, justement ?

Ivan : Déjà, la voix, c’est mon gagne-pain. Je fais entre 80 et 100 concerts par an, pas du tout dans ce registre là, mais dans celui de la pop et autres. Je travaille beaucoup en région parisienne, à l’étranger, dans le sud de la France. Je suis habitué à faire de longues sessions de chant, et ça, ça me fait beaucoup travailler ma voix. Après, plus spécifiquement pour le metal, je travaille notamment les voix saturées ; je pense d’ailleurs que j’ai bien évolué entre Heavy Duty et maintenant, et j’arrive du coup à obtenir des colorations différentes, un peu plus chargées, qui tirent vers des choses plus lourdes, par exemple les growls que je faisais beaucoup moins avant.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un titre de White colossus pour décrire ce qu’est Disconnected à quelqu’un qui ne vous connait pas, ce serait lequel ?

Ivan : Ah… That’s a tough question… (en anglais dans le texte) Je pense que je retiendrais justement White colossus. Parce qu’il a ce côté ambiant qui est le fil rouge de l’album, il a un côté rythmique à la fois complexe et groovy, et, au niveau de l’expression vocale, entre les parties finales un peu screamées, la voix parlée, oppressante qu’il y a sur le pont, je trouve que ça représente bien le groupe. Quand je fais écouter un morceau à des gens, c’est souvent celui-là. Sans être le plus simple de l’album, il reste assez représentatif de ce qu’on aime faire.

Metal-Eyes : Vous avez des projets de scène ?

Ivan : Oui, l’album sort le 23 mars, et ce même jour on fait une release party à La Chappelle Argens à Troyes, avec Melted Space et un autre groupe troyen, Insolvency, très bon, aussi. On a une résidence toute la semaine dans la salle où on va faire une créa lumière et son. On veut avoir un package et un truc qui se tient de bout en bout pour le spectateur. On a voulu travailler aussi bien au niveau de l’univers sonore que visuel. Après, on adhère ou pas, c’est autre chose. On va travailler de la même manière pour la scène : on a un gars attitré pour le son, un autre pour les lumières, on travaille déjà ces aspects. On va mettre tout ça en place pendant ces 3 jours de résidence, faire ce concert où on attend pas mal de monde, et ensuite, on va rapidement annoncer une date sur Paris courant mai, avec Base prod, et deux autres groupes parisiens. L’étranger, aussi, mais je n’en dis pas plus pour l’instant. Pour avoir connu d’autres groupes où ça ramait, je peux te dire qu’il se passe des choses pour Disconnected !

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise de Disconnected ?

Ivan : Ah… C’est une bonne question ça ! Ce qu’on dit, en général, c’est « Stay disconnected ». Mais ça peut être trompeur, parce que ça peut vouloir dire l’inverse de ce qu’on souhaite faire passer : cet album, il est dans le concept de la déconnection des gens par rapport à la réalité de la vie. Mais être « disconnected », pour nous, c’est garder cette liberté de faire ce qui nous tient à cœur, et aux tripes et de rester honnêtes avec cette démarche, ne pas se laisser phagocyter par ceux qui nous disent ce qu’il faut faire pour que ça marche. On veut juste rester honnêtes avec ce qu’on propose, de le faire, de le proposer aux gens et aller au bout de notre idée, sans en dévier.

DESILLUSION, FURIES et PAINTED SIDE live à Orléans (Blue Devils, le 10 mars 2018)

C’est un soirée 100% heavy « vintage » que nous propose ce soir le Blue Devils. Une soirée, précisons le, organisée par l’association Burning Inside qui cherche à proposer des affiches de metal « traditionnel » (Hürlement et Tentation sont d’ailleurs prévus) et qui profite de la générosité d’Hervé, le gérant du Blue Devils, qui met gratuitement la salle de concert à disposition de l’asso. Je n’ai pas encore eu l’opportunité de retourner dans ce restaurant club de la place du Chatelêt, au centre ville d’Orléans, qui pourtant propose de belles affiches rock et heavy. Alors les copains de Furies venant et l’occasion faisant le larron, je me rends sur place pour découvrir ce lieu repensé et redécoré. Si la nourriture est chère, elle est de qualité. Les boissons, en revanche, sont offertes à des tarifs très raisonnables. Mais c’est bien la salle de concert qui m’a fait venir ce soir: toujours située en sous-sol, la scène a été repensée et agrandie: exit la verrière de l’escalier et la loge minuscule « back stage ». Exit les loges tout court d’ailleurs, puisque les musiciens se préparent dans le nouveau couloir qui doit servir d’évacuation. Les points forts, au delà de cette « grande scène », ce sont les lights et le son.

Ce soir, une petite centaine de personnes circulent tranquillement devant la scène, et les trois groupes se donnent à fond. La soirée commence avec les locaux de Painted Side, qui proposent un hard rock typé 80’s et, dans l’ensemble bien fait. Preuve du bon goût des musiciens, le chanteur arbore une veste légèrement patchée sur laquelle on distingue les noms de Whitesnake et Helloween, le bassiste a un look joliment travaillé et le guitariste semble, justement, rescapé de la période hair metal. Les quatre proposent un set d’une heure de hard rock bien ficelé, et sont totalement à l’aise sur scène, face à un public réceptif qui se dandine. La seule chose qui m’étonne est cette reprise d’Hysteria (Def Lerppard) suivie d’une ballade en fin de set. C’est un choix qui différencie ce groupe des autres. Une jolie découverte.

 

 

Furies semble attendu, preuve en est le nombre de T Shirts floqués du logo du groupe. Les Parisiens, dont la formation semble désormais totalement stabilisée (rappelons que Furies fut à l’origine un quintette, puis quartet 100% féminin et est désormais mixte à parité), investi une scène face à un public nombreux. Totalement investis dans leur heavy metal vintage, le groupe mené par Lynda Basstarde propose un set composé tant de ses classiques ( oui, on peut appeler ainsi les Furies attack, Prince of the middle East ou autre plus récent – figurant sur la cassette encore disponible, Unleash the Furies) que de classiques du metal – The hellion/Electric eye de Judas Priest et Sirtilège de Sortilège.

L’entente entre les 4 se traduit par une complicité scénique, grande force visuelle du quatuor. Si Sam Flash est expansif et toujours sourriant et Billy Laser plus concentré, les deux guitariste savent parfaitement remplir l’espace scénique, soutenir leur bassiste chanteuse et faire coucou à Zaza Báthory, qui s’acharne sur ses fûts.

Quelques soucis de retours émaillent ce set pourtant carré, qui permet à Furies de proposer un nouveau titre en français, Antidote, avant de continuer en beauté en proposant des titres efficaces et rentre dedans (Delision of daylight, Fire in the sky…) pour conclure sur le désormais incontorunable La guerrière, repris en chœur par une bonne partie du public présent. Une belle prestation, chaleureuse qui donne envie d’être encore plus rapidement au Hellfest pusiqu’on pourra y encourager Furies sur la Hellstage, à l’entré du Hell city square!

Place ensuite aux « anciens » de Désillusion. Changement de scène oblige, un peu de retard a été pris, mais rien de grave… Les Normands, auteurs de 3 puissants albums, débutent leur set devant un public épars, certains spectateurs étant remontés s’enfiler une bière. Ou deux, poussant Jimmy à battre le rappel, attirant plus de monde au sous-sol. La machine lancée permet ensuite à Yvon, facétieux, et Sébastien de se lancer dans des « concours » de grimace, prouvant la bonne humeur qui règne ce soir. C’est heureux, le groupe est tout autant complice et efficace que les autres formations. on est là pour s’amuser, et c’est bien ce qu’il se passe ce soir!

Lynda rejoint bientôt le groupe sur scène, dès le quatrième titre!, et partage le chant sur Fear of the dark. les choses sérieuse peuvent commencer? Désillusion déballe son artillerie lourde, ses classiques que sont vision d’apocalypse, Jack l’éventreur ou encore Metal influences. L’humour potache et le peu de sérieux transforment cette fin de soirée en grand moment!

Pour un retour en ces lieux, la surprise est plus qu’agréable, et c’est avec plaisir que je retournerai bientôt soutenir d’autres musiciens et groupe sur cette scène locale, une des rares à Orléans à pouvoir accueillir des groupes prometteurs au public encore peu nombreux dans de bonnes conditions. Une fort belle soirée, en somme!

 

 

ANVIL live à Paris! Le Trabendo, 25 février 2018 (avec Trance)

Voir un Zénith en petite configuration, on en a l’habitude, mais que le Trabendo, club de 700 places, décide de faire de même??? Sans doute le fait que la France entière soit en vacances – certains sont rentrés la veille, d’autres viennent de rejoindre les stations de sport d’hiver – explique-t-il qu’environs 300 personnes soient venues acclamer des miraculés. Trance, les Allemands à l’origine de Break out et Power infusion au début des 80’s, récemment reformés et Anvil qui donne ce soir son premier concert parisiens en… 4 décennies de carrière. 40 ans et pas un seul passage dans la capitale, chacun des concerts ayant dû, pour une raison ou une autre, être annulés. Et, pour l’avoir interviewé juste avant, je peux vous dire que Lips est loin de se décourager malgré la faible affluence. On a même l’impression que c’est le contraire tant le gaillard est remonté comme un ressort!

Trance, accompagné au chant du jeune Nick Hollman, bénéficie d’une demi-heure pour convaincre. Sans surprise, si le public, principalement des quinquas voire plus agés, est également familier avec le groupe formé en 1977 puisque Trance concurrençait directement Scorpions sur le terrain du heavy rock. Séparés puis revenus sous le nom de TranceMission au début des années 2000, Trance réapparaît récemment sous son nom d’origine et semble décidé à reconquérir son public, à qui il propose d’ailleurs un nouvel album, The loser strikes back. La voix puissante et haut perchée de Nickfait son effet, sa jeunesse dynamise la prestation – comme lorsqu’il décide de sauter sur les enceintes pour dominer, prudemment!, le public. Les anciens, Tommy Klein et Markus Berger donnent ce qu’ils peuvent, et l’apport d’Eddie St James, au look glam à souhait, est remarquable. Même si les Heavy metal queen, Break the chains et Looser sont interprétés à la perfection, je ne peux m’empêcher de trouver un sacré coup de vieux à ces compos qui marquèrent mon adolescence… Un prestation sympathique néanmoins, et suffisamment rare pour en profiter à fond.

A 20h30, la tête d’affiche Anvil ne se fait pas prier, d’autant que Lips a fini ses réglages sous les encouragements du public. Les lumières à peines éteintes, Rob Reiner s’installe derrière ses futs et lance la machine. Christ, dernier bassiste en date, se pose face au public tandis que Lips fait une rapide apparition sur la scène, le temps d’annoncer que « ça fait 40 putain d’années qu’on veut jouer ici! 40 ans et à chaque fois, nos concerts ont été annulés!  Pas ce soir! », scène qu’il quitte aussitôt pour réapparaître, quelques instants plus tard, au milieu du public. Phiphi s’en souviendra longtemps de ces minutes passées juste à côté du Canadien qui lance le set avec un March of the crabs qui donne le tempo de la soirée !

La suite mélange avec bonheur morceaux vintage  – à commencer par l’incontournable 666 -et titres plus récents (Doing what I want, This is 13, Bitch in the box…)souvenirs et humour, parmi lesquels Lips évoque ses soirées passées avec Lemmy, et l’imite, lors de la tournée Another perfect tour. Un long discours, mais fun, comme les grimaces dont ne sont avares ni Christ – il a vraiment la gueule de l’emploi, mais se révèle un bassiste exemplaire – ni Lips, jamais dernier à rigoler, même si tout est fait avec le plus grand soin.

Le solo de Free as the wind a l’air si facile et pourtant… Après On fire, Lips a une pensée hommage au producteur Chris Tsangarides, récemment disparu et qui avait notamment travaillé sur Metal on metal ou This is thirteen avant de revenir aux affaire et d’offrir un nouveau joli solo sur Mothra, solo effectué à l’aide – on le savait pourtant, je l’avais oublié, ce coup là! – à l’aide d’un vibromasseur! Les yeux pétillant de Lips en disent long sur son plaisir… Puis il se souvient d’Enfer magazine, souvenir qui ne rajeunit personne, avant d’attaquer Bitch in the box avant que Robb Reiner ne soit enfin mis à l’honneur avec son solo d’une incroyable efficacité sur Sweetie thing. Comme si ce dernier n’avait pas assez donné de double pédale, Anvil livre un Ego – qui parle de ceux qui ont une trop grande impressions d’eux mêmes – dantesque avant un Die for a lie sans doute moins percutant.

Incontournable du répertoire des Canadiens, Metal on metal voit le public mis à contribution version G.O, et sonne les rappels. Robb reste planqué derrière sa batterie et martèle un bord de tom, et Anvil nous propose deux dernières cartouches, Running et un version remaniée de Born to be wild. Pour son dépucelage parisien, et malgré une faible affluence, Anvil aura tout donné deux pleines heures durant. Une soirée mémorable qu’on espère voir rééditée bientôt!

Merci à Roger Wessier et Base prod d’avoir rendu ce live report possible.

Interview: SATAN JOKERS

Interview SATAN JOKERS. Entretien avec Renaud Hantson (chant). Propos recueillis au Dr Feelgood des Halles, à Paris le 14 février 2018

 

 

Metal-Eyes : Si tu veux bien, commençons par parler de ton nouvel album, Symphönic Kömmadöh : pourquoi as-tu choisi ce format de best-of de Satan Jokers dans des versions symphoniques ? Ça a été fait avant par d’autres groupes, ce n’est plus vraiment actuel, ce qui, aussi, peut aider…

Renaud Hantson : Oui, mais attention : on est le premier groupe francophone à le faire. Aucun autre groupe de rock ne l’a fait avec un orchestre symphonique. Mon acceptation de ce projet vient d’une rencontre, avec quelqu’un qui s’appelle Florent Gauthier. Cette rencontre, elle a eu lieu à Aix en Provence après un concert de Satan Jokers dans un club, le Korrigan, à Luynes. Florent vient de Marseille, il vient me voir après le concert pendant lequel il m’a entendu dire : « je continuerais Satan Jokers si j’ai une idée brillante et lumineuse ». Il vient me voir et me dit : « Bonsoir, je m’appelle Florent Gauthier, je vais te faire du Renaud Hantson : ne prend pas mal ce que je vais te dire mais… ton idée brillante et lumineuse, c’est moi ! » Je le regarde et lui dit que, oui, j’aurai pu l’écrire cette phrase, parce que j’aime bien, avec ce groupe, jouer l’arrogance, ce côté mégalo de Satan Jokers qu’on entretient depuis 83, ce que je ne suis pas réellement, pas plus que d’autres artistes. Avec ce groupe-là, on aime bien jouer à ça. Je le regarde et il me dit « je te propose de faire un album avec un orchestre symphonique. Je suis arrangeur classique, prof de conservatoire, et j’ai envie d’écrire des scores pour 40 musiciens. Et je connais ta carrière par cœur ! » Moi, comme je suis à 5 verres de pinard, le concert étant fini, je lui demande son téléphone et lui dit que je le rappellerai le lendemain de Paris. Et on a parlé une heure et quart. Mon expérience, de la vie, et des hommes, de la nature humaine, font que je savais qu’il ferait ce qu’il disait. Je savais qu’il serait à la hauteur, au niveau d’amener le projet jusqu’au bout.

Metal-Eyes : Le projet, il est là, aujourd’hui. Comment avez-vous sélectionné les chansons ?

Renaud Hantson : A table, avec du vin, à nouveau ! Michael Zurita fait aussi partie d’un de mes autres projets qui s’appelle Furious Zoo (je lui tend un des albums) ; yes, exactement, même si celui-là date un peu, et il y en a de meilleurs. Florent est venu nous voir à Dourdan avec une idée assez précise des titres qu’il voulait faire. Je suis tombé d’accord à peu près avec tout. On a dû, Mike et moi, ajouter deux ou trois chansons pour compléter le tableau. On a proposé ça aux autres membres du groupe et ça a roulé tout de suite ! On a commencé à croire au projet quand il nous a envoyé – même si au départ on s’est moqué de lui parce qu’il nous avait envoyé ça fait avec un synthé ! – entre 30 et 40 parties instrumentales auxquelles on n’a rien compris ! Quand j’ai vu Pascal Mulot, le bassiste, Aurel, le batteur et Mike commencer à douter, je leur ai dit « non, justement, c’est là que ça devient intéressant parce qu’il y a du danger. Il faut croire en ce mec parce que je crois qu’il est aussi fou que nous, donc, il faut y aller ! » Après, il y a eu un moment de flottement parce que l’orchestre qu’il avait choisi au départ l’a planté – Pau ou Toulouse, je ne sais plus.

Metal-Eyes : Et vous vous êtes retrouvés avec l’orchestre phocéen…

Renaud Hantson : Oui, qui est une escroquerie parce que c’est lui qui l’a monté de toutes pièces ! En fait, il y a 20 musiciens d’un côté, ses 8 chefs de pupitre d’un autre et 10 musiciens qui doivent être des élèves à lui. Donc on a bien le quota de 38-40 musiciens qu’il faut pour monter un orchestre symphonique. C’est ce que je te disais tout à l’heure : je savais qu’il le ferait. S’il n’est pas là, je ne peux pas faire l’album. Il a coproduit l’album avec moi, je ne veux pas m’engager dans des frais avec des mecs qui n’existent pas, mon ingénieur du son ne sait pas enregistrer un orchestre symphonique, alors « tu gères ta partie ». Et il l’a fait.

Metal-Eyes : Peut-on profiter de ce best-of pour revenir sur la carrière de Satan Jokers ? Pour rappel, le groupe est issu de Jartelles qui, en 1980, change de nom. En 1983 parait Les fils du metal, votre premier album, dont sont extraits Quand les héros se meurent et Les fils du metal. Quels sont tes souvenirs de cette époque où tu travaillais avec d’autres musiciens puisqu’il y avait Stéphane Bonneau…

Renaud Hantson : Pierre Guiraud au chant, Stéphane Bonneau à la guitare et Laurent Bernant – paix à son âme – à la basse avec qui j’ai monté le groupe. Il est une des raisons principales pour lesquelles certains journalistes de rock estiment que Satan Jokers a inventé la fusion metal.

Metal-Eyes : A l’époque, d’ailleurs, vous êtes vite entrés dans le trio de tête avec Trust, Warning, comme un certain trio anglais avec, également, 3 styles différents.

Renaud Hantson : Oui, quoique Satan Jokers et Warning avaient des points communs, on était un peu des frères siamois. Il y avait aussi Sortilège, Stocks…

Metal-Eyes : Un peu après, avec plein d’autres.

Renaud Hantson : Oui. Cette époque, ce n’est pas les meilleurs souvenirs, mais quand même, d’excellents souvenirs. Les tensions n’existent pas encore, pas comme en 85 où chacun commence à… Si tu veux, même si je suis à la base de beaucoup de choses, des mélodies, beaucoup de textes, c’est une écriture collective. Si je ne rencontre pas Stéphane Bonneau, je ne fait pas Les fils du metal, je n’écris pas Quand les héros se meurent ; c’est grâce à lui qu’on commence à se barrer vers des trucs nouveau. Avec Stéphane, on a le bon guitariste alors que pendant 2 ans on a galéré à virer des mecs tous les 3 mois ! Pierre n’était pas un chanteur, il n’était pas prêt, n’était pas bon techniquement, mais il était un grand showman, et je savais que c’est lui qu’il fallait. J’ai défendu cette idée jusqu’au bout, c’est lui le meilleur showman de l’époque ! Et je voulais un mec qui soit capable de monter dans les aigus, façon Rob Halford, ce dont je n’étais pas capable à l’époque. Oui, je partageais le chant avec lui, mais comme Coverdale et Glenn Hugues, qui étaient nos héros. Mais on n’était pas prêts. Vocalement, ej suis bien meilleur aujourd’hui. Mais c’est ce groupe qui a fait ces 3 albums.

Metal-Eyes : Justement, en 1984 il y a Trop fou pour toi qui change un peu de registre…

Renaud Hantson : On est passés au hard FM… On a cru que ce serait une grande idée.

Metal-Eyes : Qu’est-ce qui vous a fait passer à ça, justement ?

Renaud Hantson : J’en suis un peu responsable. Rien n’est jamais acquis dans la carrière d’un artiste, et on a eu la présomption de penser que le fait de s’arrêter à 92-94.000 albums vendus – ce qui était énorme pour l’époque, c’était presque disque d’or – était acquis. Ce qui est faux. Le public voyait en nous un nouveau Judas Priest ou un truc proche de Metallica, enfin, un truc violent, fusion, mais méchant, avec des textes « bariolés », qui parlent de sexualité, et on part vers un hard plus propre, connoté américain, où je rajoute des synthés avec Laurent. En fait, on vend moins, et les journalistes crient au génie mais le public suit moins. Incompréhension totale…

Metal-Eyes : Est-ce que cela peut être dû, on est en 1984, à toute cette vague française qui arrive ? Il y a Axe Killer, Devil’s records, et tous les groupes comme Blasphème, Vulcain, Sortilège qui commencent à s’imposer sur le marché…

Renaud Hantson : C’est pas eux qui nous ont fait du tort, c’était complémentaire tout ça ! C’est juste que c’était… trop tôt. Satan Jokers, ça a souvent été « too much, too soon ». On était trop tout : arrogant, à la Van Halen, on se la pétait faussement, avec des déclarations tapageuses, des looks de scène très virevoltants…

Metal-Eyes : Oui, il y avait de la couleur !

Renaud Hantson : Oui, et avoir voulu faire des chansons plus pop, plus « radio », c’était une erreur de calcul. On revient sur III à un album violent,

Metal-Eyes : Un mini album sorti en 1985.

Renaud Hantson : Un mini album 6 titres, et je prends la direction des opérations. À l’époque, Polygram – nous on était sur Vertigo, qui était le label de Black Sabbath, Rush, Def Leppard… ça rigolait pas, quoi ! – croyait que c’était une bonne idée pour que les disques se vendent de vendre moins cher avec moins de chansons. Ah bon ? Alors nous, ce qu’on a fait, c’était de choisir les chansons les plus longues afin de bourrer les faces, donc on avait 6 titres qui duraient la longueur d’un album de l’époque. Là, je prends la direction des opérations, je commence à écrire seul, sans les gars du groupe parce qu’on se voyait de moins en moins, les premières tensions apparaissent… A mon avis, avec Les Fils du metal, c’est le meilleur album du groupe, de cette première mouture. Pas parce que j’en suis responsable mais parce que je pense qu’on est sur le pic d’un truc, on est en train d’inventer quelque chose. C’est là que la fusion apparait, avec des passages instrumentaux, façon Magma, Rush, des trucs un peu compliqués, naïfs aussi. Mais ça ne le fait pas… Par contre, on fait des concerts !

Metal-Eyes : Ca ne le fait pas, mais pourtant, vous assurez la tête d’affiche du premier soir du France Festival, qui paradoxalement réuni la fine fleur du metal français et marque la fin de cette époque.

Renaud Hantson : 80 groupes et…

Metal-Eyes : Non, il n’y en avait que 24…

Renaud Hantson : Non, il y avait 30 groupes par jour, il y avait la seconde scène…

Metal-Eyes : Deux scènes, oui, mais moins de 30 groupes en tout.

Renaud Hantson : … Je confonds de festival, je confonds avec le Hellfest !

Metal-Eyes : On est d’accord ! Je ne veux pas me mettre Renaud Hantson à dos, mais vous n’avez pas encore fait la tête d’affiche du Hellfest !

Renaud Hantson : Non, non, du tout… Il y avait combien de groupes en tout ?

Metal-Eyes : De mémoire, 24, sur 2 jours, à Choisy-le-Roi. Et ça a marqué la chute du metal français.

Renaud Hantson : La fin d’une époque… Je crois que, à part Vulcain, tout le monde arrête.

Metal-Eyes : Comment tu l’as vécue cette bérézina ? Parce que vous avez été emporté dans le lot…

Renaud Hantson : J’en suis un peu responsable parce que j’avais dit aux mecs que c’était mon dernier concert à part Grenoble qu’on faisait 15 jours après, avec Trust et Sortilège. Je leur ai dit que si, avec 24 groupes on ne fait qu’à peine 2.000 personnes, alors que le même jour Deep Purple faisait 16.000 à Bercy, c’est qu’il y a un problème. On était tous d’accord. J’en parle à Nono et il dit pareil…

Metal-Eyes : Satan Jokers disparait, tu t’engages dans une aventure solo et avec Furious Zoo.

Renaud Hantson : Je démarre ma carrière solo en 86, et Furious Zoo n’apparait qu’en 92 avec Thibault Abrial.

Metal-Eyes : Et Satan Jokers réapparait en 2005 avec le best of live, qui est une compilation de différents concerts.

Renaud Hantson : Oui, oui !  Une compilation de cassettes que j’ai remasterisées avec Anthony Arcon qui est un ingénieur du son de génie, et ça rappelle que être méticuleux peux être très utile dans la musique.

Metal-Eyes : C’est-à-dire ?

Renaud Hantson : C’est-à-dire que je suis très collectionneur et méticuleux dans le rangement de ce qui est musical. J’avais gardé de côté des cassettes en pensant qu’un jour, ça pourrait me servir. Des cassettes… Des cassettes audio avec la console de mixage qui donnait un son pourri. On remixe ça avec Antony et à l’arrivée je lui dit « mais ça sonne de la mort ! » Alors on a fait deux trois escroqueries dans l’album, parce qu’il y a quelques maquettes, mais on pouvait pas faire autrement parce qu’on ne les avait pas en public. Mais, comme c’étaient des maquettes enregistrées en live…

Metal-Eyes : Après il ya eu cet album un peu à part, aussi, Hardcore colelctors.

Renaud Hantson : Qui est beaucoup moins bien, parce que c’est toute les chutes que je n’ai pas utilisées sur le Live, toutes les « merdes », on va dire, plus des inédits. Donc, le seul intérêt de cet album, c’est ces maquettes inédites qui devaient être le Furious Zoo… euh, le Satan Jokers 4.

Metal-Eyes : Il y a également l’apparition des musiciens qui vont t’accompagner plus tard.

Renaud Hantson : Oui, alors… Mais dis donc, t’es très rencardé ! Olivier Spitzer qui était au départ rythmique dans la reformation de Satan Jokers…

Metal-Eyes : Et qui était un ex-Stators…

Renaud Hantson : Oui, exactement. Stéphane réappariat dans ma vie, et il y a Pascal Mulot, qui est déjà là. Stéphane ne veut pas faire partie de l’aventure. Je lui dit que Mulot m’a convaincu de remonter Satan Jokers…

Metal-Eyes :Donc l’idée ne vient pas de toi, mais de Pascal Mulot ?

Renaud Hantson : Non, moi j’ai toujours dit que… Tu sais, pour Satan Jokers, je fais du Renaud Hantson, donc comme Mc Cartney l’avait dit pour Lennon « je ne remonterai les Beatles que lorsque John Lennon ne sera plus mort ». Ben moi, j’ai dit que je ne remonterai Satan Jokers que lorsque Laurent Bernat ne sera plus mort…Il est mort juste avant. En fait, j’ai téléphoné à son père avant de m’attaquer à ça (le Best of live) qui me dit « Renaud, c’est formidable que tu fasses ça. Je joindrais bien Laurent, mais ça va être difficile là où il est… Laurent est mort il y a deux ans ». En fait, je ne réalise pas, je fini les mixages, les dernières retouches et je rentre chez moi et là… Je fonds en larmes pendant 6 heures. Je dis à mon ex : « Laurent est mort… » Et je répète cette phrase pendant 4 heures. Au moment où je m’en rends compte, je me rends compte aussi du temps qui passe ; c’est avec lui que j’ai commencé la musique en professionnel, et… J’ai pas beaucoup dormi… tout à l’heure on m’a parlé de France Gall et ça m’a mis un petit coup de blues, et là, Laurent, ça m’en met un autre…

Metal-Eyes :Je ne pouvais pas parler de Satan Jokers sans parler de Laurent non plus. On arriveà 2009 alors que Satan Jokers est remonté. 2009, c’est une grosse année pour le groupe puisqu’il y a une grosse tournée, un nouvel album qui marque le renouveau du groupe, SJ2009… Quels sont tes souvenirs pour ce disque ?

Renaud Hantson : Un groupe bancal… Un bon album avec un groupe bancal. Bancal parce que Satan Jokers n’avait pas vocation  à avoir un guitariste rythmique, ça a toujours été un quatuor, donc un trio musical avec un chanteur. Là c’est un quintette, donc ça alourdi la dextérité de Pascal Mulot, ça alourdi les riffs de Michael Zurita, même si Olivier Spitzer est un très bon guitariste rythmique, c’est pas le problème. C’est juste que ce n’est pas ce que ça devait être… Et mauvais choix de batteur

Metal-Eyes :C’était Marc Varez ?

Renaud Hantson : Oui, il est sympa Marc, mais ce n’est pas le batteur pour Satan Jokers. Il est très bien pour jouer du Motörhead ou du Vulcain, pas ça ne correspond pas à du Satan Jokers. J’en parle avec beaucoup de sympathie d’autant plus qu’il a été mon batteur en solo pendant un an ou deux… Ils ne correspondaient pas à ce qu’il fallait pour le groupe. Dès qu’on s’est séparé d’eux, le groupe a vraiment… C’est à ce moment-là que Satan Jokers renait de ses cendres.

Metal-Eyes :Mais avant, toujours à 5, vous sortez, aussi en 2009 Fetish X…

Renaud Hantson : Oui, c’est là qu’on rencontre Aurèle qui enregistre trois titres avec nous, et là, ça bombarde, on sait que c’est lui. Moi, je sais que je vais arrêter la batterie, ça ne m’intéresse plus. J’ai engendré une génération de cyborgs comme ce mec qui sait qui je suis, qui a voulu faire de la batterie quand il a vu Starmania… Tu vois qu’il a cette culture-là, même s’il ne connait pas Satan Jokers, il se penche dessus et me dit « punaise, ça déboite ce que tu fais… » Mais ce mec, c’est un vrai cyborg, il m’assassine à la batterie !

Metal-Eyes :En plus, les techniques ont changé.

Renaud Hantson : Ouais, c’est des cyborgs, des mecs qui ont radicalisé ce que de gars comme moi faisions… John Bonham, il reste Bonham, mais aujourd’hui, il y a des mecs qui joue encore mieux, comme son fils, par exemple ! Le groupe existe à la fin de Fetish X. D’ailleurs, au moment de me séparer d’Olivier, Marc Varez étant out et en engageant Auréle, je me dis on va arrêter. Si on commence à avoir des problèmes comme ça, on arrête. Avec Aurèle, on ne se comprenait pas, au départ, il faisait un peu session man, et moi je ne comprenais pas. Aujourd’hui, on est comme les doigts de la main, mais au départ, je voulais un vrai groupe, pas de session man. Je ne voulais pas faire comme David Lee Roth entouré de super musiciens quand il a quitté Van Halen. J’avais envie de faire un vrai Satan Jokers, et en fait, on se trouve avec Addictions.

Metal-Eyes :Juste avant, en 2009, il y a aussi le Hellfest, et Axe Killer qui réédite vos deux premiers albums. Quand je disais que c’est une grosse année, il y a vraiment plein de choses qui sont arrivées.

Renaud Hantson : Oui, mais ce « plein de choses » est arrivé à plein de groupes. Eric Coubard, avec Axe Killer, il a ressorti plein de groupes, Warning, Sortilège, il a un peu surfé sur une vague nostalgique qu’il y avait à cette époque-là, et il a eu raison parce qu’on est tous nostalgiques et que la nostalgie, ça ne fait pas de mal. Ça permet de faire perdurer une culture… C’est une grosse année, tu as raison, et l’apothéose, c’est le Hellfest. Pour un groupe, quoi de mieux que le Hellfest ? Pour moi, là où les choses démarrent, c’est avec cet album, Addictions, qui est un sacre. Pour moi, c’est plus important que les Victoires de la musique ou autres Hit Parade, c’est un album qui est validé par la Mission Interministérielle de Lutte Contre les Drogues et les Conduites Addictives, avec la rencontre avec celui qui aura été mon psy et qui est devenu un frère, Laurent Karila.

Metal-Eyes : Mais juste avant, en 2010, tu lances le premier Satan Fest.

Renaud Hantson : Oui, exact, et je vais te dire pourquoi : c’est en réaction à un mec qui avait monté un festival qui s’inspirait du France Festival et pendant 2 ans me dit qu’il nous veut en tête d’affiche. Et ça ne s’est jamais fait… Donc moi, je suis réactif et je me dit « ben je vais faire le mien ». On me dit qu’il en refait un à telle date, et… moi aussi, c’est con. Et l’année où je l’ai fait, il a annulé. Maintenant, c’est le début d’une longue série, on fera le 10ème l’année prochaine où on jouera l’intégralité des Fils du metal, les 35 ans de l’album.

Metal-Eyes : Ensuite, en 2011 arrive Addictions, qui est le début d’une trilogie avec Psychiatric et Sex opera. Tu t’ouvres au monde puisque tu parles, en collaboration avec Laurent Karila, de toutes tes addictions.

Renaud Hantson : Je lui ai ouvert les portes du metal, il m’a ouvert les portes des conférences et du psychiatrique ! Des conférences préventives.

Metal-Eyes : Première question : tu en es où de tes addictions ?

Renaud Hantson : Pff… J’ai fait le yoyo… Lemmy et Ozzy n’ont rien à m’apprendre… C’est pas un sujet que j’ai très envie d’aborder…

Metal-Eyes : Pourtant tu l’abordes, tu te livres entièrement avec ces disques…

Renaud Hantson : Oui… Oui, mais le problème c’est qu’un ancien addict  reste toute sa vie un ancien addict. Il faut qu’il ait une vraie force de caractère, un vraie volonté, et moi, il y a énormément de moments où les doutes de cette profession et de mon propre métier ne me mettent pas à l’aise avec moi-même, me gênent, et quand, en 20 piges le seul pansement que tu connais c’est la fuite en avant avec des choses qui te détruisent la santé, c’est très compliqué… Il y a eu plein de rechutes, plein de faux pas…

Metal-Eyes : Le fait d’en parler, de te livre de cette manière…

Renaud Hantson : C’est pas de l’exhibitionnisme, hein !

Metal-Eyes : Non, c’est avant tout préventif comme démarche…

Renaud Hantson : Oui, parce que si mes conneries à moi peuvent servir à d’autres pour se dire « je vais éviter d’aller sur ce terrain-là », la mission aura été accomplie et ce ne seront pas des années perdues. Les quelques connards qui s’imaginent que c’est un fonds de commerce ou de l’exhibitionnisme, ils n’ont rien compris, parce que c’est une vraie souffrance. Une véritable souffrance… On ne sait jamais jusqu’à quel degré on aura une propension à une addiction. Tant que tu n’es pas rentré dans un processus addictif, tu ne peux pas savoir… Ton cerveau à toi, il se rappelle qu’une entrecôte, c’est bon. Moi, mon cerveau, il se rappelle que ma première prise de coke, c’était une excitation extraordinaire. Enfin, pas la première, la cinquième, une excitation sexuelle ; même si ça marche pas, ça te fait une bite comme ça (NdMP : il montre 2 centimètres). Mais j’ai recherché cette excitation à connotation sexuelle pendant… Et mon cerveau se dit « Putain, j’ai 5 jours sans rien à faire… »

Metal-Eyes : En réenregistrant les morceaux de cette trilogie, est-ce que ça t’a replongé…

Renaud Hantson : Je n’ai pas voulu les rechanter, elles font partie des 5 chansons que je n’ai pas voulu rechanter. Je ne me sentais pas de le faire.

Metal-Eyes : Pour quelle raison ? Par peur, manque de motivation ?

Renaud Hantson : Parce que j’avais tout donné pour ces chansons avant. J’ai demandé à mon ingénieur du son si c’était gênant que je ne les refasse pas parce que je en ferais pas mieux…

Metal-Eyes : ET tu les fais, en concert ?

Renaud Hantson : Oui, mais c’est pas pareil. Appétit pour l’autodestruction, en concert, je la sors avec une violence terrible, c’est viscéral. Ma vie sans, jai aussi gardé la  voix initiale, Substance récompense pareil, qu’est-ce que je pouvais faire de mieux dessus ?

Metal-Eyes : Donc c’est la partie symphonique qui a été rajoutée.

Renaud Hantson : Et les musiciens du groupe qui ont aussi refait leurs parties. Sur les 16 chansons, il y en a 5 où je n’ai pas refait les voix, on les a remixées, rééquilibrées différemment. C’est ce qui est bien de bosser avec un génie comme Anthony.

Metal-Eyes : Deux dernières choses parce que je sens que nous allons être interrompus bientôt : Quelle pourrait être la devise de Satan Jokers aujourd’hui ?

Renaud Hantson : La devise ? (Il réfléchit) « Certains groupes font leur truc. Nous, on le fait encore mieux ! » (rires) Mais ça fait 30 ans que je dis les mêmes conneries pour ce groupe. Mais comme c’est un vrai groupe de techniciens, on peut se permettre de dire des trucs comme ça parce qu’on peut démontrer que c’est vrai ! Mulot, quand on fait un festival, il dit un truc du genre « c’est bien ce que vous faites. C’est moins bien que nous, mais c’est bien’ ! J essais qu’il le pense en plus, ce salaud !

Metal-Eyes : Tu as passé la journée en promo. Jusqu’à maintenant, quelle a été la question que tu as préféré, la plus surprenante, étonnante ?

Renaud Hantson : LA tienne ! La devise… Mais il y en a eu beaucoup des sympas. C’est très flatteurs de recevoir et de parler avec des mecs qui ont préparé, qui se sont intéressés à l’histoire de Satan Jokers, et c’est très agréable à vivre. J’ai dormi 3 heures et tant pis. ET c’est vrai que la question qui diffère, c’est « quelle serait la devise du groupe ». On m’en a posé une dans le même genre… Donner 3 expressions qui me définiraient. Ce sont les deux questions qui étaient vraiment différentes. J’évite de faire de la redite, même si je suis obligé d’en faire un peu !

 

MANIGANCE: Machine nation

Heavy metal, France (Verycords, 2018)

Les fans le savent depuis la sortie de ce nouveau disque: Machine nation est le dernier album auquel Didier Delaux, chanteur historique de Manigance, pose sa voix. A peine ce CD est-il sorti qu’on a appris son départ, volontaire, et son remplacement par une chanteuse, Carine Pinto. En quelques années, ce sont donc deux des formations masculines qui font ce choix, Nightmare ayant décidé de collaborer avec Maggie Luyten. Mais il est une différence de taille: ces derniers ont toujours chanté en anglais, Manigance conserve le chant français.
Mais revenons à la musique, voulez-vous? Machine nation est, comme chaque album de Manigance, à la hauteur des attentes: mélodique en diable, le travail des deux guitaristes est toujours d’une précision chirurgicale (ah, ces soli de Bruno Ramos! Et cette efficacité rythmique de François Merle!), le chant de Didier toujours aussi puissant. Les textes sont d’une saisissante actualité, et les apports novateurs. Carine Pinto semble un choix évident, sa participation sur Face contre terre, qui ouvre l’album, est plus que convaincante, son timbre semblable à celui qu’elle remplace. Machination surprend aussi par des growls inhabituels chez les Palois. D’ailleurs, quelques riffs thrash (Loin d’ici) accompagnent des airs presque FM (La donne doit changer). En bref, Manigance nous offre un nouvel album de haute volée, diversifié et enchanteur, et Didier Delsaux peut partir l’esprit tranquille: le boulot est fait, et bien fait, jusqu’au bout!

SAXON: 1979-1988 – Decade of the eagle

Heavy metal, Royaume-Uni (BMG, 2017)

Quelques semaines avant la parution du nouvel album studio des vétérans anglais de Saxon, BMG publie 1979-1988, decade of the eagle, une compilation retraçant les dix premières années discographiques du groupe. Notons avant tout que Biff Byford a été associé à ce produit, dans la conception de sa pochette et la sélection des titres; Saxon ne se voit donc pas acculé ou trahit par de vils capitalistes voulant se faire du fric sur son dos. Un peu quand même, mais là n’est pas la question. Existant en version CD simple ou double et quadruple vinyle, BMG ne se moque de personne: ce sont ainsi 34 chansons extraites de la période Carrère et EMI qui nous sont ici offerts, soit la meilleur période et le début de la moins inspiré. La meilleure, c’est celle constitué de cette sainte trilogie Wheels of steel / Strong arm of the law / Denim and leather / Power and the glory. Je sais, ça en fait 4, et alors? Vous jetteriez lequel, vous? Le premier album se voit aussi mis à l’honneur, aux côtés de Crusader, tous deux indispensables également. A cette époque, Saxon et Iron Maiden sont au même niveau de popularité, et les choix faits pour les premiers seront malheureux. Car malgré leurs qualités, Rock the nations suivi de Destiny voient Saxon changer de son et, pire que tout, de look, dans le but managérial de séduire le marché US.  Opération raté qui décrédibilisent un groupe jusqu’alors irréprochable dans son approche prolétaire du metal. Pourtant, si le public tourne un peu le dos, certains morceaux méritent qu’on se repenchent dessus. les fans de la première heure ne découvriront sans doute pas grand chose, ceux qui rejoignent les rangs ont ici un beau résumé d’une carrière quasi exemplaire. En tout cas, celle d’un groupe qui n’a jamais rien lâché. Le livret, riche de textes et de photos (24 pages) est un plus à ce produit.

NIGHT DEMON : Darkness remains – expanded edition

Heavy metal, USA (SPV, 2018)

Face au succès rencontré par l’édition originale de Darkness remains, et plutôt que de proposer une nouvelle réédition sans rien, les Américains de Night Demon, sous l’influence de leur label, ont choisi de profiter de leur tournée en ouverture d’Accept de proposer une édition « expanded » de leur second album. Rappel, pour ceux qui ne connaissent pas le groupe: Night Demon est un trio californien qui excelle dans un Heavy metal totalement inspiré de la NWOBHM et de la dernière vague anglaise des années 70. L’album en entier, chant inclus, puise dans ces influences légendaires que sont Judas Priest, Iron Maiden (avec un titre comme Maiden hell, dire le contraire serait osé…) Def Leppard ou encore, par ses aspects bluesy, Thin Lizzy. Au delà du format power trio qui évoque Motörheéad, on pense aussi à la folie de Raven avec qui Night Demon a fait sa première tournée. Rien à dire de ce côté, donc, car si c’est musicalement daté, c’est volontaire et assumé. On se penchera donc sur le second CD qui propose les mêmes titres en versions brutes, ce qui en soit n’apporte pas grand chose, mais qui propose surtout un commentaire audio chanson par chanson. Alors si vous voulez tout connaitre des méandres de cet album remarqué, vous savez ce qu’il vous reste à faire! Metal rules!

Interview: NIGHT DEMON

Interview NIGHT DEMON. Entretien avec Jarvis (chant, basse). Propos recueillis à l’Elysée Montmartre de Paris le 1er février 2018

Metal-Eyes : Jarvis, je ne connais pas très bien le groupe. D’après ce que j’en sais, Night Demon s’est formé en 2011, a publié un Ep et 2 albums. Que peux-tu me dire d’autre sur la genèse du groupe ?

Jarvis : On a formé le groupe en 2011 avec la simple intention d’enregistrer un Ep. Ce qui s’est fait très rapidement. On n’a pas rejoué véritablement avant 2012… On peut dire, alors, que le groupe a vraiment débuté en 2013, un simple trio heavymetal très influencé par la NWOBHM. Ensuite, on a tourné pendant 4 ans, ça a été super, venir en Europe a été génial… Tout se passe bien pour nous, vraiment !

Metal-Eyes : Comme tu viens de le dire, Night Demon est très influencé par la NWOBHM, tant dans le son, dans ta manière de chanter, également… les premiers groupes auxquels j’ai pensé sont, naturellement, Iron Maiden – il y a d’ailleurs un morceau intitulé Maiden hell sur votre dernier album – mais aussi Raven – vous avez d’ailleurs le même format de power trio –mais je ressens aussi des influences de Thin Lizzy dans ses aspects bluesy…

Jarvis : Absolument !

Metal-Eyes :Qu’y a-t-il d’autre ?Que mettez-vous de plus dans votre musique ?

Jarvis : Difficile à dire, on écrit ce qui nous vient… On écoute beaucoup de rock 70’s. Tout ce que tu as cité fait partie de nos influences. On a d’ailelurs fait notre toute première tournée avec Raven ! Quelques shows aux US, mais on a pas mal joué avec eux autour du monde, ils sont un peu comme nos grands frères.

Metal-Eyes : Parlons de Darkness remains, paru en 2017. Vous venez de le ressortir dans un format expanded. Pourquoi ce choix ?

Jarvis : Le label le souhaitait. En fait, ils voulaient sortir un « tour edition », pour cette tournée. L’album se vend vraiment bien, il est toujours en réimpression… On s’est dit qu’on pouvait sans doute faire les choses différemment, entre autre parce que sur cette tournée nous jouons devant de nombreux nouveaux fans. Je me suis demandé ce qu’est vraiment un » tour edition » : faut-il mettre des versions live ? C’est ce que je voudrais, mais on enregistre dans le cadre d’un live qui va paraitre cette année. Alors on s’est dit « faisons maintenant ce que les autres groupes mettent 20 ans à proposer aux fans ! On a ce qu’il faut, alors, allons-y ! » Tout simplement…

Metal-Eyes : Ce sont donc les mêmes chansons, dans des versions différentes…

Jarvis : … Avec des commentaires au sujet de chaque titre.

Metal-Eyes : Tu viens de dire que vous avez beaucoup tourné ces 4 dernières années. Alors comemnt décrirais-tu l’évolution de Night Demon entre vos deux albums ?

Jarvis : Pas tant dans un changement de style… Mais je pense que notre manière d’écrire et de composer est devenue plus mature. Avant, j’acrivais les chansons que je souhaitais, avec beaucoup d’imageire que je souhaitais utiliser, parfois un peu cliché, mais en avançant, c’est devenu un peu plus « réfléchi », tu vois ? La musique est devenue un tout petit peu plus « progressive », juste pour éviter de nous répeter, ce qui est assez facile àn faire.

Metal-Eyes : Comment enregistrez-vous vos albums ? A l’ancienne ou…

Jarvis : Oui, oui, on n’utilise pas de clic, d’isolation ou ces trucs là… On entre dans la pièce et on enregistre, c’est tout. Live, c’est la façon de faire !

Metal-Eyes :De quoi traitent vos chansons ? Tu viens de parler de clichés, alors…

Jarvis : Oui, on parle de plein de choses, plein de clichés metal ! Le mal et l’obscurité, principalement ? Ce genre de choses, des monstres, des fantômes, des choses bibliques…

Metal-Eyes :Y a-t-il, au contraire, des thèmes que tu ne souhaites pas aborder ?

Jarvis : Oui, je ne veux pas aborder des sujets religieux ou politiques, on laisse ça à d’autres. Je ne veux pas être une sorte d’influence, nous voulons être un groupe qui libère les gens de ce genre de choses!

Metal-Eyes : un groupe d’entertainement, donc?

Jarvis : Oui, totalement! On veut être un groupe important, et nous le sommes aux yeux de certains. Mais sans prise de tête, sans politique… Il y a trop de merde dans le monde. Tu sais, le monde se fout en l’air depuis qu’il existe, et ça ne va pas changer. Je n’ai pas le sentiment que nous, en tant que groupe, en faisons assez pour prétendre pouvoir précher à ce sujet. Il y a plein de gens qui pensent que sous prétexte de ma position, j’ai plus d’audience que mon voisin de pallier. Ce qui est vrai, mais je ne crois pas pour autant que j’ai suffisamment d’influence pour tenir ce genre de dsiscours. On vit nos vies, on essaye, jour après jour, de nous en sortir, pas de créer un changement social. Nous serions des hypocrites si nous tentions de faire autre chose.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’une chanson de Darkness remains pour expliquer à ceux qui ne connaissent pas Night Demon ce que vous êtes, ce serait laquelle?

Jarvis : Alors, je choisirais sans doute… Peut être Hollowed ground. Elle a beaucoup d’éléments different: des tempis varies, des harmonies vocals, de beaux solos, un bridge galopant…

Metal-Eyes :Si mes infos sont correctes, il s’agit ce soir de votre second concert à Paris, après un passage il y a quelques mois au Klub.

Jarvis : Oui… C’est peut-être notre troisième passage à Paris. Non, tu as raison. On est passé à cette emission télé, Un dose 2 metal il y a 3 ans. Donc, c’est notre second concert mais notre troisième passage.

Metal-Eyes : Et quells souvenirs gardes-tu du Klub?

Jarvis : Il faisait chaud! (rires) On était au sous sol, et c’était blindé!

Metal-Eyes :C’est une sale qui est blindée avec 30 personnes!

Jarvis : C’est vrai! Mais c’était cool… Tu sais, ce qui est dommage avec une ville de cette taille, c’est que la culture heavy metal a disparu. Pour le metal classique, c’est vraiment dommage, mais il y a le meme phenomena à Londres. Pour quelqu’un comme moi qui vient de Los Angeles, tout y est populaire, il n’y a pas un style qui domine, tous les genres ont leur public. Mais tu dois faire le boulot, et visiblement, le show de ce soir va être gros. On est ravis de jouer pour de nouvelles têtes!

Metal-Eyes : En fait, le metal n’est pas vraiment mort, en France; il n’a jamais vraiment été vivant, il a toujours été considéré comme une sous culture. On met en avant le rap, la musique facile à écouter, c’est ce que proposent les medias au public. Heureusement, en France, nous avons un bon nombre de festivals pour rattrapper ça. Vous allez tenter de participer à un festival en France cet été?

Jarvis : On adorerait ça, on en fait partout ailleurs. Tu sais, j’organise mon proper festival alors je sais ce que c’est! Nous sommes en contact avec de nombreuses personnes, le Hellfest serait super mais on n’a pas encore reçu d’appel de leur part.

Metal-Eyes :Comment vous-êtes vous retrouvés à l’affiche de cette tournée?

Jarvis : Un animateur radio de Cleveland a mis leur management en contact avec nous, ils ont voulu voir ce que nous donnions, leur agence nous a vus au Rock Hard festival en Allemagne et nous avons insisté. Les discussions ont commence là.

Metal-Eyes :A quoi devons nous nous attendre de la part de Night Demon ce soir?

Jarvis : Beaucoup d’énergie de la part de trios mecs épuisés! (rires)

Metal-Eyes : Parlons de toi: quell a été ton premier choc musical, le groupe ou l’artiste qui t’a fait dire “viola ce que je veux faire”?

Jarvis : Van Halen, que j’ai écouté vraiment, jeune. Deep Purple, Smoke on the water. And justice for all de Metallica, ce sont les principaux, ceux qui m’on donné une claque.

Metal-Eyes :Qu’est-ce qui t’a amené au chant, alors?

Jarvis : Pendant des années, j’ai joué dans tant de groupes, j’ai beaucoup tourney. Des groupes vraiment prometteurs qui se sont séparés parce que l’un des members principaux, comme le chanteur se barrait. Je mettais ma vie dans les mains de ces groupes, et tout reposait sur quelqu’un d’autre. A un moment je me suis dit” je vais être le gars qui ne peut être remplacé”. J’ai appris à faire les chose que le gars qui ne peut être remplacé fait, et j’ai appris à chanter et à écrire la musique.

Metal-Eyes : Une dernière question: quelle pourrait être la devise de Night Demon?

Jarvis : Oh… “Pas de scène trop grande, pas de scène trop petite”.

Metal-Eyes : J’aime bien! Merci et je vous verrais sur scène d’ici un peu plus d’une heure.

Jarvis : Avec plaisir!