VULCAIN, ADX et HIGH SCREAM live à Olivet (45), le 8 avril 2017

Vulcain ADX Olivet

Il y a quelques mois, Vulcain devait donner un concert au Blue Devils, bar rock du centre ville d’Orléans que connaissent bien les amateurs et qui fut jadis l’Infrared. Mais ce concert n’eut lieu, la préfecture ayant augmenté les normes de sécurité attendues… C’est finalement avec l’association Le Dahlia Rouge que ce concert est organisé, à l’espace culturel d’Yvremont situé dans la ville d’Olivet, à coté d’Orléans. La salle est grande et propose une scène spacieuse dotée de bons éclairages. le seul hic réside en la sonorisation, pas évidente mais nous ferons avec.

A 20h30, High Scream investit les lieux. Laissez-moi commencer par un mea culpa avant de vous parler du concert en lui même – ceux qui me lisent régulièrement vont penser que je suis maudit. Bon, euh, comment dire??? Une fausse manip m’a fait perdre toutes les photos de High Scream ainsi qu’une partie de celles d’ADX. Donc, j’en suis navré, il n’y aura pas de visuel pour ce groupe pourtant très prometteur. Car High Scream délivre un heavy racé, typé US, au chant et mélodies puissants et entraînants. La formation profite d’ailleurs de l’espace qui lui est offert pour donner le meilleur d’elle même et parvient aisément à séduire un public malheureusement trop peu dense (environ 200 spectateurs pour une capacité de 600, ça fait vide!). Une demie-heure, c’est sans doute un peu court, mais c’est aussi le sort réservé lorsqu’on a deux grosses têtes d’affiches qui arrivent. Il n’empêche, High Scream balance son hard rock avec une réelle conviction, et on attend de les retrouver bientôt!

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La dernière fois que j’ai vu ADX en région orléanaise remonte à… 2009 je crois, à Lailly en Val. Et ce soir, à Olivet, même si la salle n’affiche pas complet, on remarque que le public est varié: local, certes, mais certains viennent de Chartres, Paris ou encore Montpellier! Si ADX ne réserve pas vraiment de surprise, c’est toujours la bonne humeur qui est de mise live. un concert, c’est la fête, et les deux plus « sérieux » sont Nicklaus et Julien, les deux derniers arrivés au sein de la formation qui semble avoir vraiment trouvé sa stabilité. La setlist est judicieusement partagée entre classiques (Tourmente et passion, Déesse du crime, Notre Dame de Paris, Mémoire de l’éternel, Les enfants de l’ombre, L’étranger, Suprématie et Caligula) et titres plus récents (La complainte du Demeter, La mort en face, Red cap et Division blindée) et l’heure et quart de jeu frustre forcément certains qui en auraient redemandé. Phil, le jovial, remercie à plusieurs reprises le public pour son accueil, public de « Jolivet » (Julien le reprend en lui expliquant que le groupe est à Olivet…) et Betov est toujours aussi heureux de jouer et facétieux avec le public.

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Tout comme ADX, Vulcain connait parfaitement les ficelles et propose un set carré d’une heure et demi. Depuis bientôt deux ans, le trio célèbre le trentième anniversaire de la sortie de son premier album, Rock n roll secours (mais commence à s’en éloigner un peu, rafraîchissant ainsi la setlist) dont sont ce soir extraits les plus remarquables morceaux (soit presque tous!): Rock ‘n’roll secours, Les damnés, Le fils de Lucifer, Bosser, Overdose, Vulcain/L’enfer, Ebony) ainsi que le plus récent V8, dernier album en date (Avec vous, Call of duty, Limite et Sur la ligne). Les frangins Puzio sont à l’aise, Marc Varez, derrière sa batterie, harangue le public régulièrement et ses commentaires font bien marrer Daniel Puzio.

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Trois nouveaux titres sont joués (En vrac, qui parle des femmes, le très actuel Pour qui voter suivi de Heroes) le reste du set – deux morceaux – piochant dans une partie de la très riche discographie du trio  (Blueberry blues, Le soviet suprême). C’est peu, mais on ne peut satisfaire tout le monde à moins de jouer 5 heures! Le public est réceptif, un couple s’offrant quelques pas d’un joli rock, certains montant sur scène et prenant le risque d’un petit stage diving (merci à la jeune femme complètement bourrée qui n’a pu se lever et m’est tombée sur e dos… Pour ensuite se rater de nouveau et se retrouver par terre! Rock n roll!) Au milieu d’Ebony, joué en rappel, Julien et Nicklaus décident, armé de leurs instruments, de rejoindre Vulcain sur scène avant que tous les intervenants du soir ne s’y retrouve pour la traditionnelle Digue du cul.

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L’association Dahlia Rouge et le Blue Devils ont, malgré une salle pas complète, réussi leur soirée, chaleureuse et conviviale. Une initiative à réitérer.

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Merci à Fabienne et les bénévoles de Dahlia rouge production pour l’orga, à ADX et Vulcain pour les moments festifs live et hors scène! 

FRANTIC MACHINE: Peace of mind

FRANTIC MACHINE 2014 Heavy metal, France (Autoproduction, 2017)

J’ai découvert Frantic Machine au PMFF VI. La claque que j’ai reçue, je te dis que ça! Il fallait donc que je découvre version disque ce que donne le groupe afin de confirmer – ou d’infirmer – cette première impression. Merci tout d’abord au groupe de m’avoir spontanément proposé de m’envoyer ses deux albums dont voici le dernier en date. Peace of mind est paru en 2014 et la machine fonctionne à merveille. Voilà, c’est dit. Maintenant, comment ils font? Le propos est sans conteste possible celui d’un groupe de metal: la voix de Seb est rauque et étouffée, les guitares saturées et déterminées, la rythmique lourde. Simplement, tout au long de Peace of mind, Frantic Machine apporte cette touche de sonorités modernes, ici avec de simples notes de claviers, là avec des guitares plus claires et légères. Le morceau éponyme, s’il est passe partout, cache une série de headbangers: To you fait taper du pied, No freedom, rapide, possède cette détermination particulière aux hymnes en puissance et fait non pas se dresser les cheveux mais bien lever des poings révoltés, My needs plus modéré avec son riff obsessionnel devient vite hypnotisant. En l’espèce de quatre titre, Frantic Machine démontre la variété de ses envies dont le point commun se résume à « puissance et efficacité ». Et ça continue. Liar puissant, cède la place à une exceptionnelle détermination. Rajoutez à à cela une motivation sans failles, et l’on obtient l’album quasi parfait. Si Face to face est plus heavy, il est également plus oppressant et moins attirant. Si l’ombre de Metallica plane (le break de No Freedom, Brother…) Frantic Machine s’en détache pourtant trouvant son identité propre. Eh, les gars trouvent même le moyen de faire jouer Fred Duquesne sur le solo de Fantasy, qui (presque) clôt le disque. Car, loin des 16′ affichées, il cache une dernière chanson, toute en douceur. L’ensemble reste cependant très efficace, Peace of mind s’écoutant de bout en bout en tapant du pied. A quand la suite???

Note: 8,5/10

Paru en 2014 – Albums toujours disponibles via: https://franticmachine.bandcamp.com/ ou la page FB du groupe : https://www.facebook.com/franticmachine/?fref=ts

WOLFHEART: Tyhjyys

wolfheart 2017Death mélodique, Finlande (Spinefarm, 2017)

Douceur, passe ton chemin! Fais place au courroux et la rage, que la terre dégorge du sang d’innocentes victimes et que celui des coupables soit à jamais visible ! Oui, ok, ça fait un peu heroic fantasy, Seigneurs des anneaux, Game of thrones et tutti quanti, mais c’est un peu ce que je ressent à l’écoute de ce nouvel album des Finlandais de Wolfheart, un album au titre… euh, pas imprononçable, mais incompréhensible. Bien, alors une petite recherche nous indique que Tyhjyys est le terme finnois pour exprimer la notion de vide. Et il n’y en a pas beaucoup, ici, du vide, tant cet album est un condensé de rage. Après un calme et acoustique Shores of the lake Simpele, auquel il ne maque qu’un accompagnement de « mmmmh mmhhh mmmmmmmhhhh » pour  que ce blues se transforme en sublime complainte, le grondement de la bataille résonne et s’approche. Déjà, Wolfheart nous entraîne en pleine nature et, c’est la grande force de cet album, au gré de la musique, les paysages prennent corps. Wolfheart crée une musique résolument cinématographique. Et comme tout bon film, il y a un rythme: après le calme vient la tempête, la violence de la bataille, avant le retour au calme à la suite de la victoire. Dès Boneyard, la musique se fait rugueuse et sanglante, la voix gutturale et agressive. Etrangement, l’ensemble m’évoque… Justement, c’est ici la faiblesse de ce disque que de trop se rapprocher de l’esprit d’un Amon Amarth quasi omni présent sans parvenir à atteindre le niveau des vikings. Reste que, avec Tyhjyys, Wolfheart nous offre un voyage épique et très wagnerien, un album puissant et varié qui nous entraîne dans son sillage.

Note 7,5/10

BLACK SITES: In monochrome

black sites 2017Heavy, USA (Mascot records, 2017)

Bon… Me voila bien embarrassé.  Je n’arrive pas à savoir par quel bout commencer… Musicalement bien construit, ce In monochrome, premier album de Black Sites manque singulièrement de ce quelque chose sur lequel on n’arrive jamais à mettre le doigt. Il y a pourtant de la matière dans ce projet de Mark Sugar et son groupe formé en 2015 à Chicago. introduit par la douceur de notes de piano, M. Fisto Waltz est suivi par un Dead languages heavy et rapide. Une introduction attirante, qui mêle harmonie à un peu de mélancolie et donne envie d’en entendre un peu plus. Mais voilà, si les chansons s’écoutent agréablement, aucune ne vient vraiment marquer l’esprit ou s’immiscer dans la tête durablement. A l’image de l’illustration de couverture (il travaille quoi ce soudeur?), si l’esthétique est là, ainsi que les idées, l’ensemble manque de liant. Sympathique mais pas mémorable.

Note: 6/10

INTERVIEW: THE RAVEN AGE

Entretien avec Dan Wright et George Harris (guitares) – The Raven Age. Propos recueillis à Paris le 7 février 2017

logo raven age

Metal-Eyes : Je suis aujourd’hui, 7 février 2017, en présence de George Harris et Dan Wright, tous deux guitaristes au seine de The Raven Age. Tout d’abord, et je suis certains que des dizaines de personnes vous l’ont déjà demandé : c’est notre première rencontre, pouvez-vous nous raconter l’histoire de The Raven Age ?

George Harris : L’idée du groupe est née en 2009, lorsque nous nous sommes rencontrés, Dan et moi. Nous sommes devenus amis, jouons tous deux de la guitare et écoutons le même style de musique. Nous avons commencé à composer, et deux ans plus tard, nous avons décidé de monter notre propre groupe. On se débrouillait plutôt bien… Nous avons donné notre premier concert en 2013, et depuis tout s’est enclenché, sans contrôle, on a tourné à travers le monde et… c’est dingue depuis!

Metal-Eyes : A ce jour, vous avez sorti un Ep. Un album arrive, dont nous allons parler, mais tout d’abord, entre février et août 22016 vous avez tournés avec Iron Maiden. Nous connaissons la relation qui vous unis, toi et le bassiste d’Iron Maiden, qui se trouve être ton père, ce qui a certainement facilité l’accès du groupe à cette affiche. Toutefois, comment de jeunes et inexpérimentés musiciens tels que vous êtes, vivent-ils un tel périple, dans de telles conditions ? Il ne s’agit pas de jouer dans des clubs, mais bien dans des endroits énormes…

George Harris : Oui, énormes. Le plus gros endroit où nous ayons joués avant ça accueillait… 2300 personnes et le premier concert de cette tournée c’était devant 22.000 personnes. Le premier show ! C’était très éprouvant nerveusement, pour nous tous. Mais je pense que notre son, notre vision de ce que nous serons à l’avenir en tant que groupe… On s’est toujours projetés sur de grandes scènes. Nous avions une certaine idée de comment nous devrions nous comporter sur de telles scènes. Ensuite, il faut mettre cela à exécution. Les premiers shows sont angoissant, que va-ton-faire de cet espace ? Comment l’occuper ? Mais nous aimons ça, et même si nous étions nerveux, nous étions encore plus excités par ce défi et cette opportunité. C’était une expérience simplement extraordinaire.

Metal-Eyes : Maintenant, après avoir tourné à travers le monde, dans des conditions aussi bonnes pour un jeune groupe, de quoi pouvez-vous encore rêver ?

Dan Wright : C’est sûr que pour nous, c’est une belle étape, en tant que groupe.

George Harris : Je pense que, avant tout, nous devons avoir conscience que c’est notre rêve. Et autant nous avons la chance d’avoir pu vivre une telle expérience, le rêve ultime est de pouvoir le faire par nous-mêmes. En tête d’affiche. Nous sommes revenus de cette tournée plus motivés que jamais ! On a entendu des histoires au sujet de groupes qui ont vécu de telles tournées et qui ont eu beaucoup de mal à revenir à la réalité. Nous étions tous excités à la fin de cette tournée, et nous sommes remis au travail, avons sorti le matériel… Nous savons que si nous trvaillons dur, saisssons d’autres opportunités, tournons, nous pouvons continuer. C’est ce que nous allons faire sur cette tournée avec Anthrax. Il y a l’album qui sort sur BMG, une belle opportunité aussi. Tant que nous continuons de travailler dur, et réalisons que ces conditions sont superbes, alors notre travail paiera.

Metal-Eyes : Une dernière question concernant cette tournée : dans quelle mesure pensez-vous qu’elle ait impacté votre musique ? Votre manière de composer ou d’enregistrer ?

George Harris : Pour cet album, les chansons étaient composées avant la tournée. Mais nous composé pendant cette tournée. Mais je ne pense pas que ça ait modifié notre façon de composer. Nous sommes restés nous-mêmes en ce qui concerne la façon de composer. On se dit que nous devrions orienter ce titre de telle manière, inclure ceci parce qu’il sera joué live. Nous sentons qu’il faut faire telle ou telle chose afin d’amener cette chanson là où elle doit aller. Même si cette tournée a été gigantesque pour nous, nous avions déjà eu de grosses tournée avec Mastodon et Gojira. Et ça n’a pas changé notre manière de composer non plus.

Dan Wright : Je crois que ça nous a surtout donné du temps pour composer, plus. Il y avait tant de temps entre les shows, et après notre set-up, et soundcheck, il y a 4 ou 5 heures avant le show… Quand tu es sur la route, tu as plus de temps pour composer. Tu vois différents endroits, plein de choses te traversent l’esprit… Tu ne songes pas forcément à composer, mais certaines choses arrivent à certains endroits ou moments. Un riff de guitare, un environnement qui t’inspire… Ca aide vraiment d’être sur la route tant tu vois de choses, tu vis tant d’émotions… Tu appuies sur la détente, tu attrapes une guitare et écrit ton riff…

Metal-Eyes : Comment décrirez-vous Darkness will rise, votre album qui sera en bacs le 17 mars, pour me convaincre de l’acheter ?

George Harris : (rires) C’est un album très dynamique, je dirais. Ce n’est pas un album composé uniquement de metal rapide. Il y a plusieurs batteurs ce qui, je crois, le rend intéressant. De nombreuses chansons sont assez longues, l’album dure 77’ je crois… Chaque chanson est différentes, il y a des parties thrash, d’autres plus lentes… Il y a un peu de tout, ce qui peu plaire à plein de gens différents.

Metal-Eyes : Et si vous deviez ne retenir qu’un titre de cet album pour expliquer – à moi et à ceux qui vont vous découvrir – ce qu’est ce groupe, ce serait quel titre ?

Dan Wright : Satisfy, je dirais. Celle dont nous venons de publier une vidéo. Je crois que c’est la meilleures représentation de ce que nous sommes, de la manière dont nous racontons les histoires, avec des moments forts et d’autres plus calmes. Toutes nos chansons, selon moi, sont ainsi sur cet album, mais je pense que c’est la plus représentative.

George Harris : Je suis d’accord.

Metal-Eyes : Ok. Si George est d’accord (rires des deux). Une question pour toi, George: quand tu as décidé de te lancer dans le business de la musique, quel type d’avertissement ton père, qui, par le plus grand des hazards, est un des bassistes les plus appréciés de la planète, a-t-il put e donner? Il a une longue expérience dans de nombreux domaines, avant et après ta naissance…

George Harris : Le principal conseil qu’il m’ait donné, et c’est encore valable aujourd’hui, est de rester fidèle à moi-même. « Reste fidèle et intègre. Il y aura beaucoup de gens sur ta route, certains voudront te convaincre de jouer de telle manière, d’enregistrer de telle manière… Mais personne ne sait ce qui est bon pour ton groupe aussi bien que toi. Quelle que soit ta vision, accroches toi à elle ! » Tu sais, c’est avoir du caractère et ne laisser personne te dicter ce que tu dois faire et ce genre de chose

Metal-Eyes : Il t’a aussi conseillé, toi, ou les autres membres du groupe ?

Dan Wright : Oui, absolument! Il a été fantastique en matière de conseil. Il nous fait confiance en ce qui concerne la prise de décision, mais il a été de bon conseil pendant la tournée. Le meilleur conseil qu’il nous ait donné était comment attaquer cette scène ! Tu sais, elle était si grande que, pour nous, c’était effrayant bien qu’excitant. Avoir quelqu’un de présent pour nous conseiller avant de monter sur scène nous a été vraiment très bénéfique. Même d’un point de vue musical, il est une inspiration. Il ne nous a rien conseillé de ce point de vue, mais simplement le fait d’être là, sa présence, ça ne peut pas être mauvais.

Metal-Eyes : J’imagine… Revenons à votre album. Pouvez-vous nous parler de l’enregistrement: où a-t-il eu lieu, comment avez vous procédé?

George Harris : Nous l’avons enregistré au studio où nous répétions, chez nous, à Londres. Nous avons impliqué Matt Hight, il est venu, a enregistré les batteries. Ensuite, nous avons investit les studios et j’ai chapeauté l’enregistrement du reste : les guitares, la basse et les voix. C’était très relax, sans pression. Nous n’étions pas contraint par le temps, l’argent, d’avoir quelqu’un présent dont tu as l’impression que tu lui fais perdre du temps et ces trucs là. L’ambiance était très relaxe, ce qui a retiré pas mal de pression. Nous pouvions donc prendre le temps de faire les choses comme nous l’entendions. Et nous avions la tournée entre temps, entre deux sessions… Donc, l’enregistrement s’est étalé sur pas mal de temps, le mixage aussi… Le tout a pris environ un an.

Metal-Eyes : Qu’en est-il du deal avec BMG, comment l’avez-vous obtenu?

George Harris : En gros, après notre tournée avec Maiden, nous avons vraisemblablement attire pas mal de regards, nous avons aussi récolté de nombreux fans. Spotify a pris cela en compte et nous a ajoutés à sa playlist Metal et a vu les chiffres augmenter rien qu’avec ce qu’on pouvait dire à notre sujet. A partir de là, BMG a aussi entendu parler de nous, nous a contactés, a écouté l’album et, pendant une semaine environ, nous sommes restés discrets. Ensuite, nous les avons rencontrés et ils étaient si impressionnés par l’album, la manière dont il sonne, par notre organisation… Je crois que la raison pour laquelle nous avons choisi de travailler avec eux est qu’ils semblent vraiment adhérer à notre art, aux histoires que nous créons et à l’univers que nous voulons créer… Ils ne veulent pas s’investir dans l’aspect artistique mais simplement apporter leur expertise pour la commercialisation du disque.Une des raisons de ce choix est qu’ils nous font entièrement confiance en matière artistique : nous créons tous nous-mêmes, nous faisons tout en tant que groupe. C’est pour ça que nous avons choisi de travailler avec eux, et les derniers mois – les 6 prochaines semaines, en fait – ont été assez dingues !

Metal-Eyes : Oui, on y arrive.  La pochette de l’album évoque à la fois un casque et le crane d’un corbeau. Quelle relation existe-t-il entre cette illustration et le titre de l’album ?

George Harris : Darkness will rise est directement lié au nom du groupe, The Raven Age. Historiquement, les corbeaux étaient considérés comme les gardiens de la ville de Londres. Les tours, les exécutions… Les corbeaux protégeaient cela. La légende disait que si les corbeaux étaient amenés à disparaitre, alors l’Empire britannique tomberait. Darkenss will rise évoque donc  l’idée que les corbeaux ont les pleins pouvoirs parce qu’ils doivent être là pour empêcher l’Empire de disparaitre. C’est aussi un message pour nous, en tant que groupe, pour nous battre en ce début de carrière… L’artwork représente en effet un corbeau qui s’apprête à aller au combat. Pour nous, c’est nous lancer dans la bataille de cette industrie…

Metal-Eyes : Avez-vous entendu parler de cet autre groupe anglais…

Dan Wright : RavenEye ? Oui, ils nous ont d’ailleurs contactés il y a quelques mois, nous disant qu’on les avait pris pour nous et inversement !

Metal-Eyes : Le chanteur a apparemment une passion pour les oiseaux, dont les corbeaux, mais ce n’est pas votre cas ! En revanche, avez-vous choisi le nom du groupe en relation avec le roman Game of thrones ?

George Harris : Non, en fait, nous n’avions pas vu la série au moment où nous avons formé le groupe, en 2009. Elle est d’ailleurs sortie après…Non, c’est vraiment l’histoire liée à la Tour de Londres et la légende que cela créé…

Metal-Eyes : Quelques mots au sujet de votre éducation musicale. Pas l’apprentissage de la guitare, mais le développement de votre culture musicale. A priori, George, il y avait beaucoup de musique à la  maison, était-ce la même chose chez toi Dan ?

Dan Wright : Oui, les membres de ma familles jouaient aussi dans des groups et j’ai dû recevoir ma première guitare enfant ; Du style « tiens, voici une guitare, vois si ça te plait ». Mais je n’ai vraiment commencé à m’y intéresser qu’à l’âge de 13 ans… Après, je suis allé étudier la musique. J’ai toujours voulu aller étudier la composition à l’université, j’ai toujours été intéressé par les musiques de films, et je crois que tu peux entendre dans notre musique le côté épique du cinéma. Notre relation, George et moi, est évidemment liée à notre attrait pour ce genre de compositions. Oui, la musique a définitivement toujours fait partie de mon univers !

Metal-Eyes : Et votre culture musicale s’est-elle faite plus en fonction de ce que vous pouviez entendre à la maison ou au contact, comme c’est souvent le cas à l’adolescence, de vos amis ?

Dan Wright : Exactement ! Avec les copains, au lycée, nous regardions les chaines musicales, et il y avait ces vidéos de Funeral For A Friend, Bullet For My Valentine, Avenged Sevenfold, Killswitch Engaged et ces groupes là… Nous allions à des concerts ensemble, et, parce que je jouais de la guitare, je fréquentais pas mal de groupe et allais les voir. C’est devenu une part de ma vie. Et nous avons réalisé que nous avions les mêmes expériences et attentes…

George Harris : Pour moi, c’est pareil. J’ai été exposé au Heavy Metal dès ma naissance…

Metal-Eyes : Même avant ta naissance!

George Harris : Oui, oui! Bien avant (rires). Je crois que j’ai toujours évolué autour de l’industrie musicale. Il y avait de la musique partout, dans la voiture, pour aller à l’école, il y avait plein de musique, des BO de films, des choses plus obscures… J’ai assimilé tout cela inconsciemment et ça ressort aujourd’hui. Cela a sans aucun doute une influence sur ta construction. J’ai commencé avec des groupes vers 14 ans, et mes influences ont toujours eu un rôle à jouer.

Metal-Eyes : Une dernière chose, George: suis-tu ce que fait Austin Dickinson avec son groupe, As Lions?

George Harris : Je les suis sur Instagram pour savoir ce qu’ils font, oui.

Metal-Eyes : Je le vois dans quelques jours et lui poserai la même question !

George Harris : Ah, oui! Cool! (rires)… Non, je le suis, pour savoir comment ils se débrouillent. Ils viennent de soutenir Five Finger Death Punch aux USA et leur album vient de paraitre. On est tous assez occupés ces derniers temps. Je ne lui ai pas parlé depuis quelques temps, on s’était vus à des festivals… Mais oui, je le suis.

Metal-Eyes : Nous ne vous avons pas encore vus en France, en tout cas pas avec Iron Maiden. Quand nous verrons vous live en France ?

George Harris : Eh bien, nous allons jouer le 16 mars prochain en ouverture de Anthrax, à l’Esy..Elysée Montmartre (NdMP : il a un peu de mal à prononcer ce nom). C’est cet endroit qui est fait dans les mêmes matériaux que la tour Eiffel ?

Metal-Eyes : Exactement, une charpente en métal, avec des chevilles fusionnées. Une technologie développée au 19ème siècle. La salle a été fermée quelques années à la suite d’un incendie mais a rouvert tout récemment. Je vous y verrais, j’espère. Merci pour cet échange et bonne chance pour votre carrière.

Tous deux : Merci à toi !

theRavenAge

 

 

Live report: EPICA au Zénith Paris la Villette (le 4 février 2017) – avec Powerwolf et Beyond The Black

Epica sold out

Lors de notre entrevue, Mark Jansen et Simone Simons expliquaient qu’Epica travaillait sur le prototype d’un nouveau type d’éclairages pour la tournée The holographic principle. Depuis quelques temps, la technologie holographique est mise en avant et, au lendemain de ce concert, un candidat à la présidentielle se dédouble pour envoyer son égo holographique à un endroit où il ne se trouve pas. Alors, cette nouvelle technologie promise par Epica est elle basée sur l’utilisation d’hologrammes qui permettraient aux musiciens de se projeter dans la salle ? Patience

Pour le savoir, il faut que le public du Zénith, complet ce soir – une première pour un show des Hollandais jusque là habitués à des Elysée Montmartre et Bataclan, même si ce Zénith est en petite configuration – suivent les prestation des nouveaux Beyond The Black et de Powerwolf, très attendu.

BEYOND THE BLACK

BEYOND THE BLACK

Beyond The Black a donc pour mission de chauffer la salle, une demi heure durant. Bénéficiant de bonnes, d’excellentes conditions (les lumières sont généreuses et le son bien meilleur que pour nombre de premières parties) le sextet allemand signé par Universal et UDR propose un heavy symphonique assez efficace bien que classique. Et si l’envie est là, BTB a encore besoin de s’affirmer scéniquement. Sans doute la demi heure impartie est elle trop courte pour permettre au public de totalement apprécier la musique de Beyond The Black qui ne propose que 5 chansons. La chanteuse Jennifer Haben a beau sourire et posséder une belle voix, les cordistes (comprenez guitaristes et bassistes) afficher une belle complicité, bien que le groupe soit carré et bien en place, il manque cette petite étincelle qui ferait succomber le public. Pourtant, musicalement, le groupe en impose. Si l’ombre de Nightwish plane, la formation s’en distingue en apposant sa propre touche (l’album sera prochainement chroniqué) et pourrait devenir un futur grand du metal symphonique. Mais ce soir, malheureusement, avec ce qui arrive juste derrière…

BEYOND THE BLACK

BEYOND THE BLACK

 

POWERWOLF

POWERWOLF

Changement de plateau rapide, les techniciens font monter un rideau noir flanqué des lettres PW- pour Powerwolf. Derrière, on aperçoit un joli décor médiéval. Je n’ai jamais vu Powerwolf sur scène. Pire: je n’ai jamais écouté sa musique non plus. Je n’ai que vu des photos et lu des reports souvent enthousiastes. C’est donc une grande première. Dans le pit photo, la sécu demande aux photographes de ne pas s’approcher car il va y avoir des flammes. Inquiets, les gars? C’est prometteur. Et vlan!, le groupe monte sur scène sous le feu des flammes.

POWERWOLF

POWERWOLF

Pendant une heure et quart, les Allemands nous offrent une prestation tout simplement exemplaire. Parfaitement en place, chacun des musiciens connait son rôle et sait comment aller chercher ce public qui lui mange littéralement dans la main. Attila Dorn possède une voix puissante et lyrique et fait preuve d’un charisme sans pareil. S’adressant au public dans un français qu’il estime ne pas être bon, il fait tout pour que la température et les décibels augmentent. « Nous avons besoin d’une armée de heavy metal! Serez vous notre armée de Heavy metal? » annonce Army of the night, « Nous sommes ici car nous sommes possédés par le heavy metal! Etes-vous possédés par le Heavy metal?« . Très communicatif, il n’hésite jamais à faire participer le public et manie l’humour avec brio: « Je chante et vous répétez… Non, tu n’as pas compris: d’abord je chante, ensuite vous répétez!« . Falk Maria Schlegel, dont deux claviers entourent le set de batterie, descend dès qu’il le peut haranguer la foule, l’exciter.

POWERWOLF

POWERWOLF

Avec Attila, ils prennent quelques minutes pour faire chanter la foule divisée en deux, sur des « Ouh! Ah! » explosifs. Puis viennent les remerciements à l’équipe pour la scène et les éclairages et le chanteur annonce enfin que « nous sommes Powerwood… What, Powerwood? Powerwolf » et explose de rire. Setlist impeccable, mise en son et en lumière splendides, scénographie et attitude irréprochables… Powerwolf a ce soir donné le concert parfait et a recueilli nombre de nouveaux fans. Vivement le Hellfest!

POWERWOLF

POWERWOLF

Après une telle prestation, le pari est difficile pour Epica. On est à deux doigts d’une vedette volée de manière magistrale. Le décor est installé – des pyramides transparentes, backdrops et autres spots composés non pas de leds mais d’une multitude de bulles permettant de jouer sur l’orientation et la puissance des faisceaux. De nouveau, les photographes sont maintenus à l’écart de la scène et pour cause: les lumières éteintes, Epica débarque sur scène sous des explosions et jets de flammes. Pour sa première dans une salle de cette taille à Paris , la formation batave semble avoir mis les petits plats dans les grands.

EPICA

EPICA

The holographic principle, son dernier album, est particulièrement bien représenté avec 8 extraits (sur les 12 que comporte l’album), soit plus de la moitié du concert (bon, ok, si l’on excepte Eidola, l’intro, tout juste la moitié du show…), ce qui indique le niveau de confiance des 6 musiciens. Très vite on remarque que Coen Janssen s’amuse avec ses claviers, le kit installé sur des roulettes lui permettant de se déplacer de chaque côté de la batterie et de s’exposer à l’ensemble du public. Les guitaristes, Mark Jansen et Isaac Delahaye, sont en forme, souriants et… Simone Simons semble avoir quelque problèmes avec son retour interne. Et malheureusement, on constate que le son, s’il est puissant sans être trop fort, n’avantage pas le chant. Mal mixé, les voix de Simone, principalement, et de Mark ne sont pas assez en avant, quelque peu étouffées par les claviers et la basse… De plus, le chant de Simone est particulièrement aigu ce soir, ce qui n’est pas des plus agréables sur la longueur…

EPICA

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Et surtout, si les bretteurs s’amusent – Mark s’adressant régulièrement au public avec des « Vous en voulez plus? Nous sommes tous ici pour la liberté et le métal! » – il n’y a guère de folie dans ces crinières qui s’agitent en cadence, un mouvement trop conventionnel, calculé et qui manque de vie. Simone glisse sur scène dans des gestes eux aussi précis, trop précis… Heureusement, les lumières sont belles – jolis effets lasers au travers des pyramides – et la pyrotechnie irréprochable. Les flammes mobiles, les explosions d’artifices et de fumigènes, tout y est. Ce n’est cependant pas suffisant pour faire de ce concert un moment vraiment spécial, malgré la séquence émotion lorsque la chanteuse annonce vouloir porter un toast, une bouteille d’eau à la main: « depuis nos tous débuts, la France a toujours soutenu Epica. Je veux vous remercier pour cela!« . Tous quittent ensuite la scène, laissant le public éclairer la salle en brandissant portables et allumant briquets avant un solo de Coen muni de son clavier en arc de cercle. Solo qui se termine par les premières notes de notre hymne; il n’en fallait pas moins pour que le public chante une Marseillaise toujours aussi émouvante en ces conditions. Une bonne prestation mais pas exceptionnelle. Et un Powerwolf qui, sans conteste fut le roi de la soirée, et la découverte pour bon nombre de spectateurs.

EPICA

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SPIRIT: Ni dieux ni maîtres

SPIRIT 2017Heavy Metal, France (Emanes metal, 2016)

Spirit nous revient avec un troisième album, son second avec le chanteur Arnaud Ducrocq, qui permet à Thierry Tripenne de se concentrer sur la guitare. Il est cette fois accompagné d’un nouveau guitariste, Aurélien Pauchet, qui vient se joindre à Christophe Tripenne (basse) et Jean-François Chapelet (batteur). Ce Ni dieux ni maitres se veut engagé, direct et puissant. Aux frontières du thrash, le morceau éponyme qui ouvre ce disque (après l’introduction de chœurs d’église) nous met dans le bain. La voix est puissante, grave, les guitares rugueuses taillent dans le vif. Triades, qui suit, est forgé dans le metal des années 80, au son modernisé, inspiré par des échanges maidenesques ou priestiens. Lourd et efficace, on veut en savoir plus. Si les Prophètes, Nuova malizia (Metallica n’est pas très loin!) entraînent l’auditeur dans leur sillage, si Spirit connait son affaire, si les chansons alternent entre titres speedés et thrashisant et chansons plus lourdes et lentes, la voix fini par me lasser: elle est profonde, puissante , certes mais, à mon goût, pas assez variée, et ne parvient pas à me maintenir en éveil tout au long de l’album. Attention, elle colle parfaitement à l’esprit musical, mais là où les rythmes changent, étonnent, attirent, le chant peut, malgré quelques instants de rage, passer pour quelque peu linéaire. Ça fonce, ça cogne, c’est entraînant, l’ensemble de ce Ni dieux ni maîtres est, une nouvelle fois engagé. Le disque aborde des thèmes de société et d’actualité, qu’elle soit politique ou religieuse. Un retour qu’on espère gagnant. Reste à nous proposer des concerts partout et enfoncer le clou avant que 4 nouvelles années – une éternité dans l’univers musical – ne s’écoulent.

Note: 7,5/10

ACCEPT et SABATON live à Paris! – L’Olympia, le 6 janvier 2017

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Bon, sur l’affiche il y a écrit Accept et Sabaton. Sur le site de l’Olympia, il est écrit que ça commence à 19 heures. Oui, mais… arrivé tranquillou à 18h30, je passe les 3 contrôles de sécurité – fouille du sac, détection de métaux puis palpation de sécurité – et vais déposer mon manteau au vestiaire, d’où j’entends qu’un groupe est déjà en train de jouer. Ben, oui, il ne reste à Twilight Force que 10′ lorsque j’arrive dans la salle pour y découvrir un chanteur masqué et capé, des tenues de scènes qui, pourtant, auraient pu m’intéresser. Tant pis, je verrai le groupe une autre fois.

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Accept en première partie de Sabaton, ça peut en surprendre plus d’un. Cependant, sans actualité discographique autre que le récent Restless and live, ce peut être un choix judicieux pour  1/ attirer deux publics intergénérationnels et 2/ rappeler à tous qu’Accept est toujours actif. La salle est bien remplie lorsque les Allemands montent sur scène éclairés comme s’ils brillaient de mille soleils. A l’image de la pochette de leur dernier album studio, le groupe frappe directement au ventre avec Stampede, un des deux extraits de Blind rage. Priorité est donnée ce soir aux anciens titres et c’est une véritable débauche d’énergie que nous offrent le quintette très en forme. Accept utilise au mieux l’heure qui lui est allouée. Les classiques imparables défilent – Restless and wild, London leatherboys… Sur l’indémodable Princess of the dawn, le public accompagne le solo de Wolf en scandant son nom, ce qui se répétera sur la démonstration – la leçon – qu’il donne avec Metal heart.

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Bien que complices, on sent que la vielle garde (Wolf Hoffman, Peter Baltes et Mark Tornillo) éclipsent totalement les « petits nouveaux ». Tous, cependant prennent autant de plaisir qu’ils en donnent, même si Mark ne s’adresse pas au public. Même si on peut le regretter, ce n’est qu’un détail tant la musique parle d’elle même. Le show est aussi dans la salle: le public n’a en effet pas besoin d’être poussé pour participer au point que, c’est toujours impressionnant, tout le plancher bouge au rythme des sauts.  Une heure, c’est trop court, on en redemande, mais il ne fait ce soir pas de doute qu’Accept est loin de ranger les guitares et sera bientôt de retour, et en tête d’affiche!

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Clairement, quand on va voir Sabaton en concert, on sait ce que l’on va avoir: des musiciens en treillis militaire et haut noir, un Joakim Broden vêtu de son éternel T shirt à miroirs, volubile et toujours prêt à rigoler, un décor guerrier… Bref, on va voir Sabaton pour passer un bon moment. Mais voilà: j’étais assez certain que je n’aurais pas de surprise. Tu veux savoir? Tout faux. Tout. sans doute est-ce le challenge de la présence d’Accept, sans doute sont-ils particulièrement en forme, mais ce soir, les Suédois m’ont séduit, surpris et entièrement satisfait. Certains commentaire stipulant que le public de la veille, à Lille, commençait à déserter la salle au bout de 30′ n’ont pas trouvé écho à Paris. Ce ne sont pas, alors que retenti In the army now (qui remplace The final countdown en guise d’intro),  les deux roadies un peu pitres qui viennent déminer le terrain qui font fuir qui que ce soit. Ni, sur Spartan, la présence de soldats en cape et culotte. Non, le public reste, saute, slame un peu. La salle est très correctement remplie, et le public est à fond. Sabaton consacre un bon tiers des titres à The last stand, son nouvel album (Sparta, Blood of Bannockburn, Winged hussars, The last stand, The lost battalion et, en rappel Shiroyama) et accorde une large place à ses classiques, parmi lesquels Carolus Rex, Sweedish pagans ou The lion from the north. Après un superbe Far from the fame, Joakim explique que le groupe n’a failli jouer qu’à 4 ce soir, Chris Rörland s’étant fait mal à la nuque et les médecins lui ayant conseillé de ne pas jouer. Inutile, mais le gaillard reste sage,  et ne headbague pas comme il en a l’habitude.

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Puis,après Winged hussars, la salle est plongée dans le noir , un clavier est approché et Joakim s’en saisi. Séquence humour le chanteur se faisant royalement jeter par le guitariste Chris, avant la séquence émotion: une version acoustique de The final solution qui voit tous les musiciens en devant de scène. Les choses sérieuses reprennent avec un explosif Resist and bite qui, ce soir, dans mon ressenti, prend une tout autre dimension. Le chanteur s’est emparé d’une guitare – dont cette fois les cordes ne sont pas découpées par un roadie… – et la repose pour les derniers titres avant un rappel un peu tôt, à 22H. Le public s’écarte, se scinde en deux camps, scandant des « ahou! ahou! » guerrier, et lorsque Primo Victoria débute, les guerrier se lancent dans un joyeux assaut. Braveheart ou Wall of death, au choix, qui voit quelques participant tomber et être aussi rapidement relevés. Joakim, qui semble toujours étonné des réaction du public, s’adresse à lui: « Après 17 ans avec ce groupe, après plus de 1000 concerts donnés avec ce groupe, 50 pays visités… Je peux honnêtement dire que je n’ai jamais vu un public pareil! » Caresse le public dans le sens du poil et tu auras une explosion telle qu’on n’entend plus que ça. Ce soir, Sabaton nous a offert un spectacle épatant, énergique et enjoué. Une telle affiche ne pouvait se rater. Superbe soirée (qui se termine avec un joli gag: le public ayant laissé des affaires au vestiaires doit d’abord parvenir à avancer pour rejoindre l’autre bout de la file d’attente… à la sortie, revenir aux vestiaires pour enfin pouvoir repartir… )

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BORN FROM LIE: The promised land

born-from-lie-2017Heavy metal, France (Brennus, 2016)

Formé en 2014, le trio francilien Born From Lie est déjà responsable d’un album éponyme paru l’an dernier avant de présenter ce nouvel essai, The promised land en fin d’année 2016. Autant dire que les gaillards savent qu’il n’y a pas de temps à perdre pour prendre une des rares places qui pourrait se libérer dans notre petit monde du metal. Officiant dans un heavy mélodique, les guitares souvent originales côtoient des rythmiques déterminées sur fond de voix claires auxquelles, par instants, se mêlent quelques growls. Si l’album souffre des écueil malheureusement trop fréquents au sein des groupes français (chant anglais trop rarement compréhensible et souvent limite – et trop mis en avant – des influences par trop évidentes dont les incontournables Iron Maiden ou Metallica et, surtout, un style pratiqué par des dizaines de formations tout aussi prometteuses), on remarquera les efforts dans le travail des mélodies, variées, et du travail guitaristiques qui réservent quelques agréables surprises de tricotage original. Les mélodies sont parfois empreintes d’un esprit celtique  (In my head, Far away from here) ou oriental (The promised land, intro instrumentale à No escape)  assez agréable. Egalement, en nos périodes d’inhumanité où les peuples fuient et migrent vers de nouvelles terres d’espérances, on ne saurait qu’être curieux des textes qui content une « simple » histoire et se révèlent d’une triste réalité historique tout autant d’une actualité affligeante. Cependant, au delà de ces trouvailles qui éveillent mon intérêt, on pourra aussi déplorer quelques effets guitaristiques dont on se serait passé, comme ces crissements intempestifs ou cette rage inutile sur les parties finales de This is my home ou Far away from here, et certains passages quelque peu trop démonstratif du savoir jouer de Jérôme Thellier. Agréable dans l’ensemble, et doté d’un livret enfin digne de ce nom, The promised land pourrait, à terme, permettre à Bon From Lie de se faire un nom dans notre Landerneau du metal. Si le groupe parvient à se distinguer de la multitude.

Note: 7/10

AVENGED SEVENFOLD: The stage

avenged-sevenfold-2016Heavy metal, USA (Capitol, 2016)

J’avais découvert Avenged Sevenfold il y a quelques années en ouverture d’un concert d’Iron Maiden. Je n’avais pas accroché. Mais pas du tout… Sans doute le côté exclusif des fans de la vierge de fer, mais pas que… Alors loin de moi l’idée de suivre de près la carrière de A7X, le petit nom intime des Californiens qui viennent de publier leur 8ème album, The Stage, sorti de nulle part et arrivé par surprise dans les bacs le 28 octobre dernier. Après un changement de batteur (exit Arin Ilejay, enter Brooks WAkerman qui a notamment sévit chez Bad Religion, Suicidal Tendencies ou Korn), Avenged Sevenfold s’est enfermé en studio pour nous offrir ce The Stage, album alambiqué de 11 titres ambitieux allant de 3’42 à 15’39. Le morceau titre qui introduit l’album évoque le metal classique, influencé par Helloween ou Iron Maiden – on croirait parfois entendre un Andi Deris à la voix étouffée, sentiment qu’on retrouve tout au long de l’album – ou par le côté progressif de Pink Floyd. La classe en moins. Car peu de moments entraînent l’auditeur dans cet univers somme toute conventionnel, qui, bizarrement, se termine en acoustique venu d’on ne sait où. Paradigm se fait plus thrash et débute réellement après une intro chant /batterie énervée. Sur fond de metal speedé, A7X parvient toutefois à surprendre, comme avec cette section de cuivres sur Sunny.Disposition ou sur le plus punkisant God damn, direct et explosif. Creating God est une invitation à headbanguer tandis que Angels est plus « lent ». Mais ce que l’on attend vraiment, en réalité, c’est ce Exist, morceau fleuve de plus de 15′, qui vient clore le disque. Qu’en dire? Epique, bien sûr, et dans l’esprit progressif par sa construction, titre semi instrumental (le chant n’arrive que passée la 7ème minute !) dans lequel on retrouve l’ensemble des éléments musicaux de ce disque et qui est, sans doute, le plus spatial de tous. En conclusion, si les influences 90’s sont bien présentes (on évoquera surtout Alice in Chains, Megadeth ou Metallica, dans une moindre mesure), A7X lorgnant aussi du côté plus classique que peut être Queen ou encore, de manière moins évidente, Cat Stevens, ce The Stage ravira les plus jeunes fans, sans doute moins un public plus âgé. Je reste moyennement convaincu malgré l’évident travail fourni par le groupe, notamment la paire de guitaristes plus que complémentaires que sont Zacky Vengeance et Synyster Gates, mais je n’aime pas le mix final ni ce mélange de’accent pop sur fond de double grosses caisses ou ces passages qui me semblent volontairement racoleurs ( les chœurs sur Higher….) Il est normal qu’un groupe évolue et tente de nouvelles expériences sonores, comme ces violons tire larme sur Roman sky, aux faix airs, sur la première partie en tous cas!, de Cat Stevens. Cet album devrait cependant permettre aux Californiens de remplir aisément ce Bercy – pardon, AccorHotels Arena – qu’ils convoitent tant. Rendez-vous en mars prochain?

Note: 7,5/10

Titre que je retiens: Exist