BLACK BART: Pièce de huit

France, Heavy metal (Autoproduction, 2020)

Avant la publication de son nouvel album d’ici la fin de l’année, les pirates du navire Black Bart commandé par Babass nous envoient un nouveau coup de semonce avec cet alléchant Ep 4 titres, Pièce de huit. Un Ep qui fleure bon la ration de rhum. Ok, le groupe est typé 80’s (musicalement, certes, mais aussi dans le chant parfois, disons… « surprenant »), mais comme Black Bart est loin de s’en cacher et qu’il le fait avec tant de respect et d’amour, qu’on ne lui infligera pas le supplice de la planche. Pas aujourd’hui, en tous cas. On le sortira même avec plaisir de ce Panier de crabes qui transpire l’amour de Slayer, de Metallica et de Maiden. Une intro puissante et énergique qui donne envie d’en écouter plus. Chaloner ogle propose un rythme imparable, une invitation au headbanging cadencé, et à reprendre ses choeurs chanté dans le plus pur esprit pirate avant que la lenteur et la lourdeur doomesque de Le maître ne viennent plomber l’ambiance. Un coup de vent dans les voiles redonne de la vigueur au titre à mi parcours et lui insuffle même un esprit speed à la ADX avant que Mammon ne vienne amarrer au port le navire avec une réelle efficacité et même une certaine forme de classe. En navigant sur les flots des 80’s, Black Bart se fait simplement plaisir et cherche à nous embarquer dans son insouciance. Alors, moussaillon, prêt à vivre l’aventure? Allez, embarque avec nous, et tu auras bientôt double ration de tafia!

Concerts from home: SAXON

Puisque nous sommes privés de concerts depuis trop longtemps et pour une durée indéterminée, Metal Eyes a décidé de revisiter certains albums live avec cette nouvelle rubrique « Concerts from home ». De grands classiques intemporels à des témoignages plus « locaux » ou intimistes nous pourrons ainsi nous replonger dans le bruit et la fureur de ce qui fait notre monde, sillonner le monde des décibels et du fun sans avoir, puisque de chez nous, à nous soucier de gestes barrières. En attendant de nous retrouver devant les scène locales ou d’arenas. Enjoy!

Saxon fut un acteur majeur de l’histoire de la NWOBHM. Il est naturel de retrouver le grand Biff et sa bande pour ce quatrième volet de notre série avec un album depuis entré dans l’histoire des meilleurs enregistrements publics de tous les temps.

SAXONThe eagle has landed (Carrère, 1982)

En 1981, Saxon a déjà publié 4 albums (Saxon en 79, Wheels of steel et Strong arm of the law en 1980 et Denim and leather en 1981). Biff Byford (chant), Paul Quinn et Graham Oliver (guitares), Steve Dawson (basse) et le récemment intégré Nigel Glocker (batterie) qui remplace Pete Gill, croyant bien faire en allant rejoindre Motörhead, sont au top de leur forme et de leur créativité. Saxon et Iron Maiden se tirent la bourre dans une saine concurrence, ces derniers n’ayant, lorsque Saxon part sur les routes européennes en 1981, que 2 albums à leur actif. Le monde du metal est en pleine renaissance et Saxon, soutenu par le label français Carrère, trop heureux d’avoir signé les Anglais, veut sa part du gâteau. Quoi de mieux pour enfoncer le clou que de faire rugir les moteurs et mettre son public, croissant, à genou ? Dans le même esprit que ses grands frères de Motörhead, Saxon décide d’enregistrer plusieurs dates de sa tournée de 1981 et d’en conserver les meilleurs moments, les plus intenses. La tournée démarre le 7 octobre 1981 à Brighton, en Angleterre. Elle prendra fin un an plus tard avec une date à l’incontournable Hammersmith Odeon de Londres après presque 120 concerts (dont un passage aux Monsters of rock le 21 août 1982, festival pour lequel Saxon fait un saut éclair en plein milieu de sa tournée US – entre Dallas, le 18, et New York, le 23…) Saxon démarre sur les terres du vieux continent et visite, jusqu’au 16 décembre le Royaume-Uni, la Belgique , les Pays-Bas, la France, l’Allemagne et l’Italie avant de s’envoler, son show désormais bien rodé (show dont le point d’orgue est un gigantesque aigle aux ailes bardées de spots – artifice qui évoque le bombardier de Motörhead – et que le groupe surnommera bientôt son « fuckin’ pigeon »). En direction des USA pour une soixantaine de dates sur deux segments (février/mars puis mai à août 1982). Saxon s’attelle à la sélection des meilleures versions, les plus puissantes, ses préférées de ses morceaux devenus emblématiques. Lorsque The eagle has landed parait au mois de mai 1982, le succès est immédiat – seulement freiné dans sa conquête du podium par un certain The number of the beast, paru un mois plus tôt et qui est grimpé à la première place…. L’album live, qui propose 10 déflagrations d’une irréprochable efficacité, se hisse à la 5ème place des charts. Ceux qui sont déjà des classiques du metal international sont de la fête : Motorcycle man, 747 (strangers in the night), Princess of the night, Strong arm of the law… Tout n’y est pas, bien sûr, un double album aurait été nécessaire mais qu’importe ! Mieux vaut un album simple et explosif de bout en bout sur lequel l’auditeur se sent faire partie de ce public ? Dommage seulement que ne figurent pas plus d’informations que ces données techniques (qui ont sans doute inspiré Maiden trois années plus tard sur son premier live – cf. le premier live de cette rubrique) qui stipulent entre autres : « Mission : Saxon live volume number one ». Bien vu : quelques décennies plus tard, les Eagle has landed sont au nombre de 4 et Saxon a publié une ribambelle d’autres enregistrements publics, qui ne retrouverons jamais toute la puissance d’un groupe alors touché par la grâce, au sommet de sa forme. Ce premier The eagle has landed bénéficie cependant de toute cette énergie juvénile d’un Saxon encore débutant, affamé et enragé. S’il existe une version picture disc publié à la sortie, l’album fut réédité une première fois par EMI (qui a signé le groupe depuis Crusader) sans aucun document complémentaire au début des années 90, c’est surtout la version de 2018 sous format livret ou booklet proposé par BMG qui retiendra l’attention pour ses photos, textes, quelques commentaires du groupe mais surtout pour les 6 titres supplémentaires enregistrés à l’Hammersmith Odeon en fin de tournée, titres qui viennent parfaitement compléter cette expérience dantesque d’une époque où le metal se réinventait. NWOBHM ? On est en plein dedans !

Concerts from home: BARON ROJO

Puisque nous sommes privés de concerts depuis trop longtemps et pour une durée indéterminée, Metal Eyes a décidé de revisiter certains albums live avec cette nouvelle rubrique « Concerts from home ». De grands classiques intemporels à des témoignages plus « locaux » ou intimistes nous pourrons ainsi nous replonger dans le bruit et la fureur de ce qui fait notre monde, sillonner le monde des décibels et du fun sans avoir, puisque de chez nous, à nous soucier de gestes barrières. En attendant de nous retrouver devant les scène locales ou d’arenas. Enjoy!

Pour le second volet de cette nouvelle série, je vous propose une rapide escapade chez nos chaleureux voisins espagnols et l’un de leurs étendards rock. Caramba!

BARON ROJODesde Baron a Bilbao (Santo Grial records, 2010)

Qui, au début des années 2000 oserait encore parier un billet sur le gang des frères de Castro (Carlos au chant, à la guitare et à l’harmonica, Arman à la guitare et, un peu moins, au chant aussi) ? Avec à peine quatre albums moyennement remarqués en 15 ans, le public lâche, au cours des années 90 un peu l’une des légendes du heavy hispanique qui, principalement, tournent en Amérique latine. Pourtant, Baron Rojo s’est imposé dans le paysage musical dès ses premiers albums des années 1980. La force des Larga vida al rock’n’roll, Volumen Brutal et Metalmorphosis, ses trois premiers essais, en ont fait un groupe star en Espagne, certes, mais également en Europe, et, naturellement, en Amérique du Sud. De cette période est tiré un premier superbe témoignage live, Baron Rojo al vivo, paru en 1984. Seulement, voilà… De dissensions internes en tensions palpables, le line-up varie au même rythme que le marché musical mute. Mais ce soir, le 23 août 2007, les Madrilènes investissent la scène de la Fiesta de aste Nagusia de Bilbao devant 10.000 spectateurs. Le Baron se donne pour mission de prouver qu’il n’a rien perdu de son énergie, de sa gnaque, de son envie de vaincre. Et ça pète du début à la fin de ce concert, Baron Rojo multipliant les références qui ont égrené son histoire avec ses classiques (Larga vida al rock’n’roll, Incomuicacion, Satanico plan, volumen brutal, Resistire…) et ses influences évidentes, souvent (Queen, Deep Purple, AC/DC, Iron Maiden) qu’il distille au milieu de ses titres qui, souvent, transpirent l’improvisation (ah, cette version imparable de Los rockeros van al infierno!). Baron Rojo est, ce soir, au meilleur de sa forme, se donne corps et âme à ce public qui porte ses héros. Cet album, publié en 2007, propose également le concert en DVD. Les images parlent d’elles-mêmes : c’est sous une pluie battante qu’est accueilli le quatuor et, bien qu’une armée de parapluies se dresse, le public fait bien savoir qu’il est présent. Les lights sont sobres, Baron Rojo continue encore aujourd’hui de tourner intensivement, presque uniquement dans les pays hispaniques. Cet album (publié sous forme d’un double CD/DVD avec la totalité des 28 titres de ce concert et un livret de 30 riches pages et en simple CD de 10 petits titres + DVD du concert complet) reste cependant le témoignage monumental d’un groupe qui a marqué son époque et qui, malheureusement, n’a jamais rencontré le succès international qu’il aurait mérité. Ça peut aussi donner envie d’aller les voir, à domicile, le 30 décembre 2020 pour leur concert d’adieu, avec la promesse de nombreux invités, d’une captation… Seulement si…

CONCERTS FROM HOME: IRON MAIDEN – Live after death

Puisque nous sommes privés de concerts depuis trop longtemps et pour une durée indéterminée, Metal Eyes a décidé de revisiter certains albums live avec cette nouvelle rubrique « Concerts from home ». De grands classiques intemporels à des témoignages plus « locaux » nous pourrons ainsi nous replonger dans le bruit et la fureur de ce qui fait notre univers, sillonner le monde des décibels et du fun sans avoir, puisque de chez nous, à nous soucier de gestes barrières. En attendant de nous retrouver devant les scène locales ou d’arenas. Enjoy!

A tout seigneur, tout honneur…

IRON MAIDENLive after death (EMI, 1985)

Leur cinquième album studio n’est pas encore en bacs qu’Iron Maiden est déjà – de nouveau – sur les routes. Le World slavery tour démarre officiellement le 9 août 1984, à Varsovie, en Pologne. Une Pologne encore (« toujours » ?) sous le joug d’un envahisseur de plus en plus décrié. Signe des temps, malgré sa poigne de fer, l’Etat que dirige le général Jaruzelski accepte la tenue de quelques concerts de cette musique tant décriée à l’Est. Iron Maiden visitera ainsi 5 villes polonaises et ira poser ses flight cases en Hongrie et en Yougoslavie avant de s’attaquer à l’Europe, aux USA et à l’Asie dans une tournée qui prendra fin le 5 juillet 1985 en Californie.

Le 3 septembre 1984, Powerslave, le nouvel album de la vierge de fer parait enfin tandis que le groupe donne un concert à Madrid, en Espagne. Sans parler des qualités de cet album depuis entré dans l’histoire, on ne peut que remarquer qu’Iron Maiden semble avoir trouvé l’équilibre : il s’agit du second album d’un line up sans modification aucune. Un groupe qui, en plus, s’est uni, soudé, au cours de la précédente tournée. Et cela a un impact notable sur tout ce que fait Iron Maiden.

Ce groupe va bien au-delà des musiciens – Steve Harris (basse), Bruce Dickinson (chant), Dave Murray et Adrian Smith (guitares) et Nicko Mc Brain (batterie). C’est aussi tout l’entourage, toute l’équipe technique qui forme ce clan, cette famille, à commencer par l’indéboulonnable paire de managers que sont Rod Smallwood et Andy Taylor, mais aussi les fidèles Martin Birch (producteur des albums depuis Killers en 1981), Dave Lights (lumières), Dick Bell, Doug Hall ou encore, comment les oublier, l’illustrateur Derek Riggs et le photographe Ross Halfin.

C’est ce clan qui se retrouve à la maison, à Hammersmith Odeon de Londres les 8, 9, 10 et 12 octobre 1984 alors que l’album caracole en tête des charts (n°2). Le show est rodé et, à domicile, Martin Birch décide d’enregistrer ces concerts à l’aide du Rolling Stones Mobile. Une première étape avant le gros morceau, quelques mois plus tard, où les micros du Record Plant Mobile n°3 capteront les concerts donnés au Long Beach Arena de Los Angeles pendant 4 soirées – du 14 au 17 mars 1985. C’est la première fois qu’un groupe joue soirs d’affilée dans une même ville à guichets fermés ! Dans une salle d’une capacité d’environ 13.500 places… Alors non seulement ces concerts seront enregistrés, mais en plus ils seront filmés. Et il est grand temps pour la Vierge de Fer de proposer un premier live, car, en 1985, Motörhead, Saxon, Judas Priest et tant d’autres se sont déjà, depuis des années, prêtes à l’exercice avec succès. Au tour des nouveaux maitres du metal de se jouer le jeu.

Le résultat de ces captations se nomme Live after death, le tout premier album live d’Iron Maiden qui parait le 26 octobre 1985. Un double, même, composé de 17 titres (plus le speech de Churchill en intro). Martin Birch, en matière de live, n’en est pas à son premier essai. Comme il l’explique dans les notes du disque, le premier live auquel il a apporté son oreille est l’incontournable Maiden In Japan de Deep Purple, en 1972. Un double album, là encore.

Tout au long de ces deux galettes – les trois premières faces sont les enregistrements de Los Angeles, la dernière ceux de Londres) le public (re)découvre un groupe au sommet de sa forme. Iron Maiden va constamment chercher son public, et l’échange d’énergie, la réciprocité dégage une puissance de feu sans pareille. La vidéo, elle, montre, en plus des concerts, le groupe derrière le rideau de fer. Un témoignage rare, dont cette scène où la bande se retrouve embarquée dans un mariage… local.

Si le public se délecte des désormais classiques du genre (Aces High, 2 minutes to midnight, The trooper, Powerslave, The number of the beast…), son plaisir continue avec le produit en lui-même. Derek Riggs a, une nouvelle fois, créé une pochette au mille références et détails, une pochette qui occupe le regard des heures durant. Surtout, au-delà des pochettes papier des galettes, joliment illustrées de nombreuses photo, Iron Maiden offre un livret de 8 pages truffées d’informations diverses, allant de la liste complète des dates de cette tournée à des informations purement techniques. On y apprend ainsi que la tournée de 322 jours a vu le groupe visiter 24 pays ou occuper 7778 chambres d’hôtel…

Arrivé n°2 des charts anglais (la VHS sera n°1), Live after death s’impose bientôt dans la catégorie des live incontournables du rock et devient un témoignage historique. Il sera réédité en CD dans une première version tronquée des titres de l’Hammersmith, avec un livret plu sobre, voire dénué d’intérêt. Il faudra attendre 1998 et la vague de rééditions du back catalogue pour retrouver l’intégralité de ces enregistrements sur un double CD (agrémenté d’une illustration inédite de Riggs) ainsi qu’un livret reprenant l’ensemble des notes de l’album et d’une plage multimédia avec vidéos et autres documents. Si les photos sont moins nombreuses, quelques illustrations inédites viennent compléter le plaisir.

 

BLACK BART : Casnewydd Bach

France, Heavy metal (Autoproduction, 2018)

Le metal pirate arrive en France et il se nomme Black Bart! Les moussaillons, en pleine préparation de leur 4ème album, ont décidé de se rappeler à notre bon souvenir en redistribuant ce Casnewydd Bach, troisième album sorti en 2018. A-t-il vieilli? Non, car les pirates, en campagne depuis 2007 avec un équipage inchangé (Babass’ au chant et à la… basse, Rudd et Zozio aux guitares,et Marco à la batterie) puisent leur(s) inspiration(s) dans le metal traditionnel, mélodique et rythmé. Celui des 80’s. Le monde de la piraterie en a inspiré plus d’un, de Running Wild à Alestorm, et reste aussi une source d’inspiration intarissable. Et Black Bart, ce nom si souvent évoqué qui fut aussi le thème d’une face B de Maiden (Black Bart blues). Si les sources d’inspirations sont souvent évidentes – allez ne pas reconnaître une basse à la Steve Harris, une intro à la Master de Metallica ou des riffs à la Priest ou Accept sans compter la détermination « vent en poupe » de la bande à Rock n Rolf), le quatuor les intègre joyeusement dans ses compos. C’est parfois si évident qu’on n’a même pas envie d’évoquer le mot de plagiat tant c’est fait avec amour et envie. La production est elle aussi marquée du sceau des années 80, tout comme le chant en français, rugueux et plein de rhum, est parfois étonnant (voire limite et déroutant, comme sur Le dernier voyage). Mais il y a du cœur à l’ouvrage et rien que ça, cette musique faite pour le plaisir sans forcément se prendre trop au sérieux, ça donne envie d’aller plus loin. Alors, en attendant le nouvel album promis pour bientôt, laissons le sourire nous barrer le visage et profitons de cet album plaisant. A suivre: chronique du Ep Pièce de huit.

Hommage à Martin BIRCH

Martin Birch – photo: ?

Martin Birch, un des plus importants producteurs de l’univers hard rock/metal est décédé le 9 août 2020 à l’âge de 71 ans.

Né le 27 décembre 1947 à Woking, ville située au sud ouest de Londres et aujourd’hui connue pour abriter, entre autres, les usines de l’équipe McLaren, Martin Birch grandit avec le rock, milieu dans lequel il évolue en tant qu’ingénieur du son puis producteur à part entière.

Ses premiers faits d’armes marquants sont signés avec Deep Purple. Si le mythique groupe anglais est producteur de certains de ses albums mythiques, Martin Birch est crédité en tant qu’ingénieur du son sur rien moins que Concerto for group and orchestra,  Machine Head, In rock ou Burn. Des albums qui lui permettent, à la fin des années 70, de se faire un nom et une réputation.

Ritchie Blackmore l’embarque dans ses valises lorsqu’il forme Rainbow dont il produit le premier album Ritchie Blackmore’s Rainbow en 1975, avec Ronnie James Dio au chant. Il s’occupe également des albums suivants, produisant Rising, l’immense double live On stage et le fabuleux Long live rock ‘n’ roll qui marque le départ de Dio pour Black Sabbath.

Entre temps, Martin Birch suit David Coverdale dans son projet Whitesnake dont il produit le tout premier essai, Snakebite, en 1978, avant de s’attaquer aux albums suivants. Impossible de ne pas citer les œuvres indispensables que sont Trouble ou Lovehunter, deux albums de heavy blues chaleureux qui arrivent en pleine vague punk… Mais ce sont surtout les années 80 qui vont en faire le producteur incontournable qu’il devient rapidement. Sa carrière continue, bien sûr avec Whitesnake, dont on retiendra le sublime double Live… in the heart of the city, et les albums studio Ready and willing, Come and get it, Saints and sinners ou le plus « discutable » Slide it in.

Revenons à Dio et son intégration au groupe de Tony Iommi: Martin Birch transforme, au tout début des 80’s, la bête Black Sabbath en un monstre d’efficacité avec deux albums, une fois encore, indispensables: Heaven and hell et Mob rules. Deux « petites » collaborations qui poussent Black Sabbath au panthéon du rock avant que le départ de Dio ne voit le groupe se perdre…

Comment, aussi, passer à coté de sa collaboration, sa complicité même, avec Iron Maiden? Le groupe de Steve Harris lui accorde sa confiance dès 1981 et son second album, Killers. Birch ne quittera plus les manettes du son de la vierge de fer en engendrant une palette d’hymnes du genre jusqu’au début des années 90 . Soit la période la plus créative du groupe, celle de ses classiques incontestés: The number of the beast, Piece of mind, Powerslave, Somewhere in time, Seventh son of a seventh son, No prayer for the dying (le moins bon de tous, sans doute…) et Fear of the dark, sans oublier deux live, le chef d’oeuvre Live after death et Live at Donnington. Bref, toute la première période « dickinsonnienne ». Ainsi que toute celle avec Adrian Smith…

Si la carrière de Martin Birch semble notamment marquée par ses collaborations avec des groupes anglais, d’autres lui accordent également leur confiance, à l’instar des Américains de Blue Oÿster Cult qui semblent chercher un second souffle. Le groupe fait donc appel au producteur très en vue pour son album de 1980, Cultösaurus erectus, et le rappelle pour le suivant, l’année suivante, pour Fire of unknown origin. Un univers quelque peu différent qui pourtant séduit le public.

Il collabore également avec l’ange blond, surdoué de la guitare, Michael Schenker et son MSG pour qui il produit le troisième album, Assault attack, en 82, mais ce sera là leur unique collaboration.

Martin Birch aura illuminé de son les années 80. il décide de prendre sa retraite en 1992 après avoir finalisé son travail avec Iron Maiden pour Fear of the dark. Pour eux comme pour d’autres, après son passage, plus rien ne fut comme avant. Tous les groupes qui ont collaboré avec Martin Birch ont vécu avec lui leur moments de plus grande créativité. Passer après Birch? Une tâche plus que compliquée, semble-t-il.

Merci, Martin, si tu nous as quittés, ton oeuvre, elle, sera là pour l’éternité. RIP.

BLAZE BAYLEY: Live in Czech

Angleterre, Heavy metal (Blaze Bayley recordings, 2020)

C’est qu’il est très actif ces derniers temps, Blaze Bayley! Après avoir publié, l’an dernier, un Live in France, le chanteur a continué de tourner intensivement pour, d’une part, mettre un terme à sa trilogie centrée sur William Black et, d’autre part, célébrer le 25ème anniversaire de la sortie de The X-Factor, l’album de son intégration à Iron Maiden dont il reste, depuis – et sera sans doute, malheureusement – toujours l’éternel ex-chanteur. Un raccourci un peu impoli au regard du parcours de Blaze, de ses débuts avec Wolfsbane à l’après Maiden. Un quart de siècle quand même pendant lequel il a enregistré une quantité industrielle d’album sans jamais rencontrer le succès qu’il mérite. Car Blaze est un amoureux de la musique, du metal. Après une période en demi-teinte, sa rencontre avec la famille Appleton lui redonne le goût et l’envie de la route. Non seulement Chris l’accompagne à la guitare (ainsi que son frangin Luke lorsque leur projet commun Absolva ouvre pour Bayley) mais les affaires de Blaze sont aujourd’hui entre les mains de Mark Appleton. Une histoire de famille, donc (famille que je remercie au passage d’avoir sélectionné trois de mes photos pour illustrer ce Live in Czech). Les conditions de tournées sont « à l’ancienne », le groupe visitant nombre de petite salle pour aller à la rencontre de son public. Et ce qui marque avec ce double live – ceux qui ont récemment vu Blaze Bayley live le savent – c’est la détermination du groupe. Peu importe le succès, tout indique que le quatuor – parfois quintette – se donne au maximum. La discographie complète du chanteur est passée en revue, avec force explication. Blaze, d’ailleurs, est toujours pédagogue et positif dans son discours, ne parlant jamais trop vite afin que tout le monde puisse le comprendre, se remémorant son passé et la création de certains morceaux. Ce Live in Czech permet à chacun de (re)découvrir une formation bien trop mésestimée, qui se donne à 100% et qui sait proposer des compositions efficaces et populaires. Allez, redonnez une chance à Blaze Bayley et à son oeuvre post vous savez qui…

HEVIUS: Millenaire

Heavy metal, France (Autoproduction, 2020)

Amateurs de heavy français chanté en français, attention: Hevius déboule avec Millénaire son second album. Les amateurs du genre connaissent déjà le groupe qui, en 2005, avait proposé un Derrière la lumière qui n’avait pas totalement trouvé sa voie. Venant de Seine et Marne (77), le groupe propose un heavy traditionnel, à la fois puissant et mélodique qui lui permet, notamment, d’ouvrir pour Sabaton mais ne fait guère parler de lui par la suite. Quelques changements de personnel ont lieu entre 2008 et 2013, et Hevius revient, en 2020, avec ce nouvel album. Une nouvelle fois autoproduit, Millénaire ne surprend que peu par le style musical. Le chant puissant et clair évoque ouvertement les années 80 et 90, celles de Sortilège (tiens, on en reparle en ce moment…) et de Manigance pour le côté frenchie. Les claviers et les guitares évoquent toute la vague métal symphonique sans que Maiden ou Priest, éternel gardiens du temple, ne soient jamais loin. Hevius se fait simplement plaisir bien que jouant avec le plus grand sérieux – à l’opposé de son site web (www.hevius.com) qui présente le groupe avec un flagrant manque de sérieux. Les 11 titres (plus 2 bonus) taillent dans le vif avec bonheur, flirtant parfois avec une certaine forme de pop puissante. La joyeuse bande nous offre un album joyeux et entraînant. Une moment festif et léger bienvenu.

FIREMASTER CONVENTION: Châteauroux, du 21 au 23 février 2020

La semaine dernière, le Hall des expositions de Châteauroux (Indre) a ouvert ses portes à la première Firemaster convention consacrée au metal et au rock. Réunissant sur 3 jours amateurs et professionnels, la convention a proposé des conférences et de nombreux concerts, ainsi qu’un market varié.

Si le public a fait honneur à cette initiative, il a, comme tous les participants de cet événement – organisateurs, exposants et musiciens – souffert d’un froid humide, les lieux – un ancien gymnase fait de tôle et de béton – n’étant pas chauffés. Ceci est d’autant plus dommage que le département de l’Indre et la ville de Châteauroux soutiennent cette initiative. Et ce type d’initiative n’attire pas encore suffisamment de monde pour que l’organisation puisse débourser les sommes demandées. Peut-être serait-il judicieux d’envisager de décaler le prochain Firemaster à des jours plus cléments.

Metal Eyes ne s’est déplacé que le samedi. Ce jour là, la convention avait prévu des activités variées, dont une bourse d’échange pour collectionneurs avertis, une masterclass animée par le nouveau guitariste d’ADX, Néo. Le happening qui a clairement attiré le plus de monde – hors concerts – est la conférence animée par Elodie, attachée de presse et patronne de l’agence qui monte Ellie Promotion qui évoque avec la participation de Michel Bosseau (ex-Garance Production et Directeur chez Les Formation d’Issoudun) et Phil ‘Em All, ancien animateur du Rock Fort Show, fondateur du Paris Metal France Festival et (actuel) manager d’ADX. Le jeu des questions-réponses a permis de faire ressurgir nombre de souvenir de ces folles années 80, souvenirs qui voit le public approuver, hocher de la tête et frémir à l’évocation de certains événements qui font ressortir une once – mais toute petite once – de nostalgie.

Malheureusement, bien qu’annoncées, les séances dédicaces prévues avec les groupes du soir n’ont pas eut lieu – bien que les musiciens se soient avec plaisir et simplicité prêtés au jeu en croisant les fans – ni même le France Metal Awards que devait animer Khermit, fondateur de France Metal et organisateur de la convention. Le temps a manqué pour organiser les votes et réunir les musiciens concernés. L’an prochain, peut-être?

Au delà des stands variés où l’on trouve disques, CD, sculptures, créations diverses, la convention c’est aussi des concerts. Arrivés trop tard pour voir les progueux de Overstrange Mood, mais dans les temps pour les autres. Cependant, alors que j’entame une interview des copains de Vulcain, pas vus depuis une éternité, c’est Loaded Gun qui balance la purée. Impossible de discuter, sauf dans le camion des frangins Puzio où nous trouvons refuge.

Loaded Gun, que j’avais un peu démonté sur disque, c’est un look et une attitude scénique. Malgré un son un peu compliqué – la structure n’est pas la plus adaptée pour du rock – Loaded Gun fait le job. Avec son bon gros hard rock teinté 80’s – ça tombe bien, c’était le thème de la conférence…

D’ailleurs les groupes à suivre sont tous issus de cette période – Max coincé entre sa barbe et son kilt, harangue le public, tandis que derrière ses fûts, la crête de T.misterift gigote au rythme de ses martèlements. L’avant scène est à l’avenant bien que l’on sente une certaine concentration doublée d’une envie de bien faire. Le public de la journée semble apprécier.

Il est 18h lorsque la sécurité demande au public de bien vouloir quitter les lieux… Tous les billets ne donnant pas accès aux concerts du soir, il faut une nouvelle fois filtrer les entrées. La file s’allonge ainsi dans le froid avant que le public ne pénètre de nouveau dans ce hangar.

Les trois groupes de la soirée bénéficient du même temps de concert, soit 1h10.  Ce qui, naturellement, force chacun à peaufiner sa setlist. Le trio est en forme, ce soir, et Vulcain, comme à son habitude, balance un Rock’n’roll secours immédiatement acclamé et repris par un public connaisseur. Quelques « anciens » sont venus en famille (et je suis choqué de voir encore aujourd’hui des enfants sans protection auditive. Vous direz quoi quand votre marmaille se plaindra trop tôt d’acouphènes?) et savoure ces moments rares.

D’autant plus que Vulcain parvient à surprendre et faire plaisir. Si son set est, comme souvent, axé sur l’indémodable Rock ‘n’ roll secours, il fait aussi la part belle au dernier né, Vinyle, dont le trio joue pas moins de 3 morceaux (Vinyle, Motör et Héros). Si Avec vous (de V8) et Blueberry blues (Desperados) fonctionnent à coup sûr, la surprise vient de deux cartouches presque jamais jouées: tout d’abord Le soviet suprême (Big brother), toujours efficace, qui voit un certain Stephane Buriez (Loudblast, Sinsaenum) rejoindre Vulcain.

Le bougre parvient même à faire rire Daniel. Puis vient Derrière les cartes (Transition) qui voit les plus connaisseurs se transformer en piles électriques. Vulcain est en forme, est loin d’avoir dit son dernier mot et chauffe la salle comme il faut, avec un classique conclusion L’enfer/Vulcain et La digue du cul, moins efficaces que d’habitude, mais le public est conquis.

Changement de plateau rapide et voilà le gigantesque Chris Holmes qui investit les lieux accompagné de ses Mean Men. Gigantesque par la taille car, avouons-le, le guitariste est assez peu reconnu en France depuis son départ de W.A.S.P. Ses albums sortent assez confidentiellement, et le bonhomme est rarissime sur scène, en nos contrées en tout cas.

Alors le concert de ce soir pourrait bien prendre une tournure événementielle. Accompagné d’un tout nouveau bassiste français (dont le nom m’échappe mais qui n’a eu que 2 semaines pour apprendre le répertoire), Holmes met son répertoire en avant, mais sait qu’il ne peut passer à côté de certains morceaux de son ancien groupe. Ce sont ainsi les classiques L.O.V.E machine, 95 nasty ou Blind in Texas qui sont offert en pâture au public.

Ce qui est certain, c’est que le répertoire passe bien, très bien l’épreuve de la scène, malgré quelques soucis de son pas très vite arrangés. La guitare craque par instants, mais peu importe, on se satisfait de l’instant.

La prestation de Chris Holmes and Mean Men finit de séduire le public grâce à la doublette finale: Keep on rocking in the free world (Neil Young) suivi du non moins imparable War Pigs (Black Sabbath). Étrange de terminer avec des reprises, mais un choix somme toute plus que fédérateur au regard des réactions du public. Et quand on voit comment Neo s’échauffe à la guitare backstage, on se dit que la suite va être tout aussi dynamique!

La soirée se termine avec ADX, dernier bastion de cette French speed metal division. Le temps de faire quelques vérifications, et voilà que débute un concert imparable. Le groupe fait honneur à Bestial, son remarquable dernier album qui vient de sortir, en proposant d’office deux titres. Au dessus des croix noires et Les sanguinaires sont taillés pour la scène, même si le public en connait pas encore bien ce disque.

Alors on se rattrape avec les classiques que sont Déesse du crime, L’étranger (Exécution), Notre Dame de Paris (Suprématie) ou les plus récents La mort en face (Non serviam) ou Red cap (Ultimatum). Neo, le plus récemment arrivé au sein d’ADX est aussi facétieux sur scène qu’en dehors, tandis que son complice Niklaus reste concentré, tout en arpentant la scène tandis que Julien secoue sa crinière et harangue le public. La jeune garde apporte cette fraîcheur et Phil en profite. Toujours doté d’un bon mot, le chanteur séduit le public comme toujours tandis que son compère de toujours, Dog, martèle ses fûts comme jamais. Avec ADX, l’ambiance est festive, comme toujours.

Je n’assiste pas à la fin du concert – froid et route cumulés ne font pas bon ménage – et apprends que le plus que sympathique Fred Leclerc, ex DragonForce désormais chez Kreator – rejoint les 5 le temps de l’indispensable Caligula. Pas grave, ce qui rassure, c’est de voir que nos anciens sont toujours là, vaillant, et que la fin est encore loin.

Au final, si le froid représente le seul bémol, cette première édition de Firemaster Rock & Metal convention est une réussite. Une entreprise à réitérer l’année prochaine, avec un peu plus de chaleur, svp…

 

 

DEMONS & WIZARDS: III

Heavy metal, USA/Allemagne (Century media, 2020) – en bacs le 21 février 2020

Il aura fallu à Jon Schaeffer (Iced Earth, guitare, basse, etc) et Hansi Kürsch (Blind Guardian, chant) pas moins de 15 ans pour accoucher d’un troisième album de Demons & Wizards. Autant dire que toute une nouvelle génération va pouvoir découvrir ce « super groupe » qui n’en est pas tant que ça et son univers à la fois traditionnel et moderne. Dès Diabolic, et ses guitares rapides, le groupe – pardon, le duo – nous rappelle sa passion pour les univers fantastiques et quelque peu démoniaques. S’éloignant des standards du genre avec 3 titres longs (Diabolic dépasse 8′, Timeless spirit atteint les 9’20 et Children of Cain va au delà des 10′), D&W parvient toutefois à ne pas lasser, notamment en alternant rythmes rapides et plus lents ainsi qu’ambiances sombre et plus lumineuses. Invincible a parfois des accents assez pop, tandis que d’autres titres sont foncièrement plus heavy et inquiétants, à l’instar de Wolves in winter ou New dawn. Étonnamment, Final warning ressemble à Wolves au niveau des guitares, assez similaires, il faut le reconnaître. Dommage que les deux se suivent, c’est sans doute la seule faute de goût de l’album… Les moments plus calmes sont aussi présents, comme au travers de Timeless spirit qui monte cependant en puissance tout au long de ses plus de 9′, tout comme Children of Cain. Bien qu’évoluant dans un autre registre, Dark side of her majesty m’évoque l’univers de Ghost, en moins pop, tandis que les guitares du splendide Midas disease rappellent celui d’AC/DC. La voix s’en éloigne cependant, et le riff hypnotique  nous replonge dans le heavy US de la fin des années 80. Au travers de ces 11 morceaux, Demons & Wizards parvient à explorer des univers à la fois familiers – on ne se défait pas aussi facilement de ses groupes de prédilection – et variés, du sombre à l’enjoué, à l’instar de Split. L’association américano allemande fonctionne ici à merveille et l’on espère simplement qu’il ne faille pas attendre encore plus de dix ans pour avoir un nouvel album. Je comprends mieux maintenant les difficultés que m’exprimait Hansi lorsque je lui ai demandé quel titre de l’album était, selon lui, le plus représentatif… Tous et aucun à la fois, en fait, et c’est, au final, tant mieux!