ENDLESS SUNDOWN: Make sense

Rock, France (Autoproduction, 2017)

Endless Sundown, c’est qui? Groupe lyonnais, Endless Sundown s’est formé en 2014. D’abord trio, le groupe enregistre un premier single avant de se doter d’un chanteur avec qui il publie Make sense, Ep paru en mai 2017.

Make sense, ça donne quoi? Ep de 5 titres, Make sense démarre calmement avec Down the rabbit hole avant de se faire plus énergique dès Dirty feet. Les guitares acérées accompagnent une voix puissante, chant dont on remarquera la variété d’expression. Barth Sky peut à la fois être doux, rageur, mélancolique, profond, apportant une jolie variété à chacune des chansons. Les amateurs de grunge apprécieront l’apparente simplicité des guitares doublée d’une rythmique pas toujours évidente mais efficace. Come(b)ack, qui conclue ce disque, regroupe tous les éléments précités au cours de 14 minutes. Un pari d’apparence osé, mais qui, comme souvent, cache 2 chansons: une première de moins de 5′ suivie, 2′ plus tard, d’une escapade mélancolique en terres celtes et d’un nouveau vide de 2’… Pourquoi, avec un Ep, cacher un titre, hein, dites? Si l’on peu regretter un son trop linéaire et pas assez gourmand, les 5 titres de Make sense sont cependant diversifiés et constituent une intéressante carte de visite. reste la question: en quoi Endless Sundown se démarque-t-il d’une scène hexagonale ultra active?

Note: 7/10

MALLORY: Sonora RF part II

Rock, France (Autoproduction, 2017)

Mallory, c’est qui? Groupe parisien, Mallory est composé de Phil (chant), jay (guitares), Mat (basse) et Twist (batterie).  C’est tout ce que j’en sais…

Sonora RF part II, ça donne quoi? Rageur et furieux, Sonora RF part II raconte l’histoire d’une Américaine perdue à Paris. Ça commence avec sa déclaration: « let’s burn this place down », tout un programme… Le premier titre, chanté en anglais, laisse place à cette rage destructrice, nihiliste dans un esprit punk. Puis, Mallory entame la partie francophone de son disque, dans un esprit rock et mélancolique, inspiré par Noir Désir, parfois aussi Pink Floyd (plus musicalement que vocalement) et nous entraîne dans son sillage.  Si on peut reprocher que rien ne permette vraiment à Mallory de se démarquer (ainsi que ces paroles reportées sur la jaquette intérieure que si t’as pas une loupe ben t’arrives pas à les lire…), on appréciera cependant l’effort de construction de l’histoire, les tempi variés (une judicieuse alternance de titres rageurs, plus lents, mélancoliques…) ainsi que la production, claire, qui va à l’essentiel, de ce disque qui s’écoute aisément.

Note: 7,5/10

BACKTRACK LANE: In fine

Rock, France (Autoproduction, 2017)

Backtrack Lane, c’est qui? Un jeune groupe français qui ouvre pour des pointures comme Black Star Riders ou Gotthard, qui joue dans des Elysées Montmartre ou Trabendo, aux Festival de Lorient et celui de la guitare…. Un groupe qui se fait remarquer dès ses débuts en 2013 et publie divers albums et Ep remarqués avant ce In Fine.

In fine, ça donne quoi? Nouvelle signature discographique de Backtrack Lane, In fine est un Ep de 6 titres qui commence avec un Fifteen minutes (qui n’en dure qu’à peine plus de 3, logique!) pour continuer sur des sonorités plus simplement rock et grand public. Underground est, avec ces chœurs « Ouh ouh, ouh » particulièrement chantant. Une variété d’instrument est à découvrir tout au long de ce disque (euh, il y même un peu de triangle, non?) efficace sans pourtant prétendre casser la baraque. On se laisse facilement entrainer par la gentille furie des Perfect motion ou After the rain…Notons aussi que le chant anglais est très correctement  maîtrisé. Pour un premier essai, Backtrack Lane vise haut, évoque les grands de la pop rock énervée ou ceux du rock dur (on pense à Foo Fighters ou Deep Purple, par exemple) avec une belle efficacité. On regrettera seulement – mais c’est annexe – la pauvreté du site internet du groupe, désert incommensurable d’information… Heureusement, la musique est là!

Note : 7,5/10

THE DEFIBRILATORS: Electric fist

Hard rock, France (Autoproduction, 2017)

The Defibrilators, c’est qui? Formé en Haute Savoie en 2009, The Defibrilators se fait remarquer sur de nombreuses scènes grâce à son rock hard à la AC/DC et punk à la Pistols ou Iggy Pop. APrès avoir remporté le tremplin Guitare en Scène en 2012, le groupe ouvre sur quelques dates de la tournée de Burning Heads. Après 2 Ep parus en 2013c et 2015, The Defibrilators publie en 2016 son premier album The truth about the Defibrilators, justement remarqué.

Electric fist, ça donne quoi? Volontairement crades et décalés, les 11 titres de Electric fist sont du genre à écouter au fond d’un bouge enfumé. ça rote, ça crache, c’est insolent et rien n’est jamais vraiment plus sérieux qu’une folle envie de s’amuser, de tout, de rien. Riff for glory met les choses au clair: The Defibrilators ne fait pas dans la dentelle, et pas dans la finesse non plus. Ca riffe sec, ça groove juste ce qu’il faut et, surtout, ça fait taper du pied en allant droit au but. Et l’humour potache s’invite tout au long du disque: Monster girl, Adultery, Chemical gas, Prostitute (bonne idée d’inverser les rôles, au passage), Dentist blues sont autant de déclaration à la necessité de mener une vie de déconne. Alors, oui, si musicalement The Defibrilators ne casse pas trois patte à un canard manchot, ce Electric fist mérite d’être simplement écouté entre potes, autour d’une chopine ou deux, dégustant un bon bbq. Ou dans un bouge enfumé, aussi…

Note: 7/10

COTTON BELLY’S: Live session vol. 1

Blues, France (Autoproduction, 2017)

Cotton Belly’s c’est qui? Le blues à l’état pur, version frenchy, ça s’appelle Cotton Belly’s. Issu de la réunion en 2005 de Yann Malek (chant, harmonica, guitare), Jérôme Perraut (guitare électrique), Christophe Etienne (basse, contrebasse) et Aurélie Simenel (batterie), Cotton Belly’s alterne Ep et albums, se place sur divers podiums musicaux partout en France, dont la première place du 3ème blues challenge en 2016.

Live sessions vol. 1, ça donne quoi? 6 titres composent ce Live sessions vol 1 (qui promet donc une suite!) enregistré sans public mais en prise directe. Exception faite de sa patate dans la bouche, le chant de Yann est chaleureux, rauque et envoûtant. Broken line, Reason transportent l’auditeur directement dans le sud des USA, le gospel Three times se chante au milieu des champs de coton et aurait même sa place à l’église…Oh yeah!  Superstition, Greatness, chaque titre est un hommage aux grands du blues, de la soul, de cette musique noire américaine légendaire et irrésistible. L’humour pointe aussi le bout de son nez avec Mr Bedman, qui clôt en douceur un superbe disque. On en redemande! A soutenir sur scène lors de la tournée française de juin (dates sur www.cottonbellys.com)

Note: 9/10

 

MILS: We love, we fight

Rock, France (Autoproduction, 2017)

Mils, c’est qui? Formé à Montpellier en 2008, Mils est déjà auteur d’un album, Man is a lonely soldier, paru en 2012. Le chant (un peu partagé sur le nouvel Ep), les intonations électro font la particularité du groupe qui explore différents horizons musicaux.

We love, we fight, ça donne quoi? Prog, rock, new wave, electro… les 5 titres de ce Ep – chanté dans un anglais enfin compréhensible! – évoquent autant Blondie (c’est flagrant sur Escape!) ou la new wave par ses touches électroniques que le metal extrême dans certaines parties vocales hurlées en fond (No Body, chanté par Duja), et plus généralement le rock aérien aux sympathiques envolées vocales. Le chant, cependant, reste clair, puissant et mélodique, principalement féminin malgré l’échappée mentionnée plus haut qu’il serait d’ailleurs intéressant d’expérimenter encore plus. C’est assez rare pour qu’on le remarque, la vision du rock que propose Mils sort assez des sentiers battus pour qu’on lui donne une véritable chance. Un projet qu’il faut aller défendre sur la route, et qui nécessite une confirmation via un album complet!

Note: 8/10

 

ONE LAST SHOT: Even cowboys have sundays

Heavy metal, France (Autoproduction, 2017)

One Last Shot, c’est qui? Groupe parisien formé en 2013 par une bande de potes, One Last Shot publie son premier méfait discographique – le Ep First gear – en 2015. Les 5 titres lui ouvrent les portes du Motocultor festival et le propulse en première partie des Spiritual Beggars…

Even cowboys have sundays, ça donne quoi? Dès le morceau d’ouverture, I’m a gambler, on sent cette envie d’en découdre, de se retrouver à la table des plus grands. La voix qui pue la cendre froide et le whisky, les guitares gui traficotent des riffs directs et sans prétention autre que celle d’aller droit au but, la rythmique qui se pose comme un mur de briques… Avec Even cowboys have sundays, One Last Shot intègre parfaitement ses amours musicales dans ses réalisations tout en se forgeant son identité sonore. Un bel hommage à Motörhead (ah, ce Join the club, ses changements de rythmes et sa double!), au rock sudiste, au thrash des débuts, au rock puissant et groovy qui s’écoute sur les routes désertes, cheveux au vent. On regrettera simplement une production un peu trop étouffée, qui gache un peu le résultat global. Et bien que OLS ne réeinvente pas le genre, le potentiel est là, volontaire, spontané et déterminé.

Note: 8/10

Sortie: avril 2017

ANTIGONE PROJECT: Stellar machine

Progressif, France (Autoproduction, 2017)

C’est un voyage stellaire, et donc spatial, auquel nous invite Antigone Project, groupe formé au début des années 2000 par le chanteur et multi instrumentiste Frédéric Benmussa. Le voyage sonore nous entraîné au confins des sonorités rock, progressives et électro. Le chant presque mélancolique nous replonge au cœur de la New wave des années 80, un genre que je n’ai jamais aimé. Cependant, cette impression mise à part, force est de reconnaître que c’est construit, réfléchi et abouti. l’ensemble est solide, sinon immortel comme l’était, selon la mythologie grecque, l’âme de la fille qu’Oedipe, roi de Thèbes, eut avec sa propre mère, Jocatse. poison, qui introduit le disque avec force sons électroniques (qui évoquent les transmissions radios vers l’espace) voit guitares et batterie s’embrasser. Puissant, le titre est également, par le chant, mélancolique. Contrairement au joyeux et dancefloor Schizopolis. L’étrangeté de Mantra nabulae au guitares saturées et agressives est contrebalancé par le souffrant et langoureux Raphe nuclei. explorant l’univers de sons inhabituel, Antigone Project dérange autant qu’il peut fasciner.

Note : 7/10

M.F. CREW: First ride

Hard rock, France (Autoproduction, 2017)

M.F. CREW, c’est qui? C’est un quatuor français qui pratique un hard rock groovy , déjà auteur d’un EP et justement remarqué lors du PMFF VI de janvier 2017.

First ride, ça donne quoi? Ces gars ont vraiment le sens du groove. Ce son metal, gras et biéreux, qui rappelle le bon gros hard US qui bouge et qui fait bouger. Ne serait-ce une pointe d’accent dans le chant, on ne pourrait a priori imaginer le quatuor M.F. Crew originaire de chez nous. Ne serait-ce, aussi, cette Intro de 4 gars qui discutent en français – pour ne pas dire grand chose, en vérité – avant d’attaquer les séances studio. Ensuite, c’est la poudre qui parle. Old friends, Paris is burning, No way in hell nous montrent un groupe inspiré par la puissance de feu de Metallica ou de Pantera, la voix grave et profonde de Boris est tout en puissance. Les riffs  développés par Boris et Couanos évoquent autant le hard rock US d’Ozzy ou, de fait, de Black Label Society que le heavy metal européen, ou le plus récent stoner. Ce First ride est varié, plein d’humour (euh, c’est quoi ce morceau Last beer(part 1) qui n’a pas de suite???), festif et compact (malgré un léger moment moins inspiré à mi parcours) et, je suis désormais impatient de voir de nouveau le groupe live. Un premier album très prometteur.

Note: 8/10

Sortie: le 23 mars 2017

WORSELDER: Paradigms lost

Heavy metal, France (Autoproduction, 2017)

La grosse difficulté que nous, chroniqueurs de tous horizons, rencontrons souvent, c’est la profusion. De groupes « uniques », de CD « novateurs », « exceptionnels » ou doté de tout autre superlatifs hâtifs. Alors, quand on écoute un CD et que celui-ci fait vibrer certaines cordes, là, on se dit qu’on tient quelque chose. C’est le cas de ce Paradigms lost, nouvel album des Français de Worselder. Et ce qui me fascine, c’est que le groupe utilise un nombre conséquent de ficelles connues de tous sans que cela ne soit un instant gênant. Rien que le long Infighting qui ouvre ce disque est explicite: Worselder puise son inspiration au sein des 80’s (les lignes vocales, la guitare shreedée, les rythmes qui vont du metal à la Dio au thrash des premiers jours…) et des 90’s ou dela décennie contemporaine. N’hésitant jamais à casser le rythme ou à changer de thème, Worselder maintient l’auditeur en éveil, curieux . Le chant est puissant, rauque, parfois un peu hurlé. Alternant au sein d’un même titre différents styles, il est légitime de se demander combien de temps l’auditeur peut tenir. 54′, sans soucis, c’est la durée de ce disque qui regorge de surprises. Paradigms lost mélange avec bonheur heavy, power, speed ou thrash, glam, death… Bref, le groupe réussit aujourd’hui à créer un son non pas unique mais vraiment original qui donne envie de plonger en son sein. C’est dans les vieilles marmites qu’on fait les meilleurs plats, dit-on? Worselder se pose en véritable challenger du renouveau du metal hexagonal.

Note: 8/10