DGM et Amon Sethis live au CrickFest V (avec Prima et Epitude – Espace Loire, Cléry Saint André, le 11 avril 2026)

Pour sa cinquième édition, le CrickFest innove une nouvelle fois. En effet, après avoir l’an dernier élargi l’affiche en ajoutant un groupe, cette année, l’association Crick For Zik invite pour la première fois un groupe étranger. C’est donc aux Italiens de DGM d’assurer la tête d’affiche de ce petit festival qui se tient à l’Espace Loire de la petite ville de Cléry Saint André, à quelques kilomètres d’Orléans. Outre les Italiens, nous retrouvons ce soir les Grenoblois d’Amon Sethis ainsi que les débutants locaux d’Epitude et les vétérans PrismA, à l’origine du festival. Avec 3 groupes estampillés dans le genre, la soirée s’annonce très progressive.

Crickfest5, Clery St Andre

Cette année, s’il y moins d’exposants – les groupes ont naturellement sorti leur merchandising – Metal-Eyes, partenaire du festival (et du Zik And Dry organisé par la même asso le 19 septembre prochain avec, notamment Crucified Barbara et H.E.A.T., nous en reparlerons) a organisé une mini expo photos dont un hommage à Bruno Ramos (« De Manigance à Sortilège, hommage à Bruno Ramos) qui avait enflammé la salle archi bondée ici même il y a deux ans avec Sortilège. Une initiative appréciée tant des spectateurs que de l’orga et des anciens compagnons de route de Bruno.

C’est avec quelques minutes de retard que Chris Acker, président de l’asso, monte sur scène pour inaugurer la soirée et remercier le public présent, rappelant qu’il y a eut quelques inquiétudes mais que, finalement, les préventes ont accéléré ces derniers jours. On circule très facilement dans cet Espace Loire qui accueillera au pic de la soirée environ 200 spectateurs tous âges confondus – d’ailleurs, les vacances viennent de commencer, ce qui peut en partie expliquer l’affluence moyenne.

Epitude @Crickfest5, Cléry St André

Chris est rapidement suivi des jeunes musiciens locaux, Epitude, également bénévoles de l’association, qui rencontrent quelques soucis techniques. Quelques minutes suffisent pour régler le gros des couacs et lorsque le quatuor se lance, il est clair que ses musiciens (Pierre-Louis P. à la guitare et au chant, Antonin P. à la guitare, Marin D. à la basse et Axel T. à la batterie) sont très concentrés. Et on les comprends, car au-delà d’un naturel stress de jouer devant un vrai public, leur musique se révèle complexe tout en restant accessible.

Epitude @Crickfest5, Cléry St André

Au gré des morceaux, les quatre, bien qu’encore assez peu mobiles sur scène, se détendent et s’attirent bientôt l’approbation du public. Tout de noir habillés, ils enchainent mélodies envoutantes et rage contenue. La musique, à la fois puissante et aérienne, séduit la petite mais attentive foule présente en ce début de soirée. Epitude est une jeune formation prometteuse qu’il va sans doute falloir surveiller de près;

Epitude @Crickfest5, Cléry St André

C’est ensuite au tour des vétérans du coin, organisateurs de ce mini festival et habitués des lieux d’investir les planches. Avec une heure de jeu, PrismA a la bonne idée de proposer une setlist remaniée et d’offrir de nouveaux titres. Après une intro très martiale, la formation attaque avec un Crazy night enflammé suivi d’une doublette « découverte » composée de Masters of game et The power of wings, deux nouveautés plus que prometteuses (il y en aura ce soir quatre en tout avec Stay strong et Breaking the mirror, tous prometteurs d’un futur album enjoué et rentre dedans).

Prisma @Crickfest5, Cléry St André

Outre les titres inédits, nous rencontrons enfin le nouveau claviériste du groupe, concentré et tout à son ouvrage bien que visiblement assez détendu. Comme l’ensemble du groupe d’ailleurs dont un Philippe Sanfilipo souriant et qui dès le début du set va chercher le public pour ne jamais relâcher sa prise.

Prisma @Crickfest5, Cléry St André

No more tears, moment calme du set, est également annonciateur de l’approche de la fin du show. Trois morceaux enlevés se succèdent – le très chantant Freedom or war, Guilty of love et Tell me why avant que le groupe ne « s’absente » pour rapidement revenir pour un rappel. Rock now fait sauter le public et le voit lever les poings en cadence. Prisma a ce soir encore offert un set carré et simplement efficace.

Prisma @Crickfest5, Cléry St André

Malgré une longue carrière, Amon Sethis reste encore trop confidentiel. Une fois le changement de plateau terminé, j’incite Ben, le batteur de Prisma à ne pas rater l’entrée des Grenoblois tant je garde un bon souvenir de leur passage à Châteauroux en 2022. Après une intro orientale, une ombre apparait en fond de scène jouant avec deux bâtons enflammés. Un masque hideux avance et met le feu au pupitre avant que la fureur de Lamentations ne se déclenche. Sous les acclamations du public déjà subjugué, public qui a compris qu’il va vivre quelque chose de spécial, Julien arrache ce maudit masque à la fin du titre.

Amon Sethis @Crickfest5, Cléry St André

Le set est ce soir principalement axé sur les deux derniers opus du groupe puisque 12 des titres interprétés en sont extraits – Part III: dawn of an apocalyptic world (avec 7 titres dont l’intro) et Part 0: the queen with the golden hair (avec 5 morceaux) – et tous se révèlent d’une belle efficacité sur scène, à la fois fins et brutaux.

Amon Sethis @Crickfest5, Cléry St André

Planqué sous la capuche de son sweat, Andréa Ricci a, dans ses attaques de sa six cordes, quelques attitudes qui me rappellent Yann Heurtaux (Mass Hysteria). Sa complice, la bassiste Laëtitia Bertrand, frappe du pied tandis que Sébastien Perrad s’occupe de maltraiter ses fûts.

Amon Sethis @Crickfest5, Cléry St André

Proposant un metal direct, Amon Sethis entraine le public dans son univers au cœur de la VIIème dynastie de l’Égypte antique. Lights et fumigènes font également bel effet, metant en lumières diverses ambiances au gré des titres. Julien, revêt son masque – ou un autre – à diverses reprises, Mask of wrath, en fin de show, étant prétexte à une lutte entre deux de ces entités quelque peu maléfiques.

Amon Sethis @Crickfest5, Cléry St André

Quand bien même il reste la tête d’affiche, Amon Sethis a, ce soir, marqué de nombreux esprits et, sans surprise, le public se rue vers le merch pour, au-delà de se fournir en musique et t-shirts, échanger avec tous les membres du groupe, serrer des pognes dans la bonne humeur et le plaisir de la découverte.

Amon Sethis @Crickfest5, Cléry St André

Si DGM existe depuis 1994, les Italiens ne jouent que trop rarement en France – une petite douzaine de dates seulement recensées par le site Setlist.fm. Comme nous l’expliquait le guitariste Simone Mularoni plus tôt, c’est grâce à Julien Tournoud, chanteur d’Amon Sethis qui a désormais sa boite de production, que les Italiens se retrouvent ici ce soir, et ils en semblent ravis. Même s’ils tournent partout dans le monde et dans toutes les conditions d’accueil (de son propre aveu, s’il y a un endroit dans le monde où le groupe ne jouera plus c’est dans un certains club souterrain parisien), ils sont séduit par la salle et se promettent de retrouner le public.

DGM @Crickfest5, Cléry St André

Le set prévu doit durer à peine plus d’une heure, ce qui pourrait permettre de rattraper le retard. Et ce soir, je vais en profiter car je suis loin de vraiment connaître DGM autrement que par son nom et son dernier album, et c’est la première fois que je les vois sur scène. Dès l’arrivée des cinq, le message est clair: du heavy prog qui rentre dedans et ne compte laisser personne indifférent.

DGM @Crickfest5, Cléry St André

On sent chacun des musiciens très à l’aise, même leur batteur, Michele Sanna (quelle frappe!), qui n’est pourtant là qu’en remplacement mais qui maitrise parfaitement le répertoire. Les autres – Andrea Arcangeli à la basse, Emanuel Casali aux claviers et à la flûte traversière (une influence Jethro Tull???) – sont à la fois concentrés et mobiles. Mais tous les regards se portent aussi sur Mark Basile, le chanteur imposant tant par son physique déterminé que par son regard perçant ou, surtout, cette voix puissante et mélodique qui entraine l’auditeur dans son sillage.

DGM @Crickfest5, Cléry St André

DGM propose une setlist assez équilibrée entre ses cinq derniers albums – occultant toute la période avant 2010 – et offre au public une judicieuse sélection de titres généralement courts. et c’est tant mieux car quoi de plus difficile que de rester concentré 15′ parfois sur des parties techniques qui ne s’adressent au final qu’à un public de musiciens plus que d’amateurs de musique? Là, jamais le groupe ne perd son auditoire -hormis quelques parents qui, même si les vacances viennent de commencer, rentrent coucher leur progéniture.

DGM @Crickfest5, Cléry St André

Ghost of insanity voit Mark annoncer la venue d’un invité spécial pour l’accompagner au micro: il s’agit de Julien, d’Amon Sethis, qui remonte sur les planche le temps d’un duo enflammé et inquéiétant. Mark, les bras croisés et le regard sévère attend que Julien ui cède la parole pour ensuite partager un moment de plaisir et de complicité. un beau moment acclamé par le public.

DGM @Crickfest5, Cléry St André

Le concert se termine ensuite avec Reason, le groupe, visiblement très satisfait, venant saluer le public avant de – c’est bien l’avantage de ces concerts de province – foncer vers le stand de merch pour, eux aussi, signer des autographes, prendre quelques photos, échanger avec les (nouveaux) fans prêts à acheter un ou deux albums ou t-shirts.

DGM @Crickfest5, Cléry St André

Si cette cinquième édition du Crick Fest n’a pas affiché complet (sans doute la faute au début des congés scolaires et/ou à la méconnaissance du public des deux têtes d’affiche), ce sont quand même quelque 200 spectateurs qui se sont, ce soir encore, éclatés dans cette salle de 350 places. L’association annonce être à l’équilibre et prévoit d’ores et déjà une sixième édition dont la tête d’affiche sera…,

DGM @Crickfest5, Cléry St André

… dévoilée plus tard car même Metal Eyes n’en sait rien aujourd’hui. Alors, avant un CrickFest 6, rendez-vous (rendons-nous) sur le site du superbe parc culturel du Val d’Ardoux, à Dry, à côté d’Orléans, pour la première édition du festival Zik N Dry qui accueillera rien moins que H.E.A.T. et Crucified Barbara le 19 septembre prochain – il reste moins de 300 tickets « early birds » à tarifs préférentiels disponibles sur le site de l’orga

SORTILEGE tête d’affiche du Crick fest 3: interview avec l’orga

Interview Chris Dannacker (Association Crick for zik). Propos recueillis le 14 décembre 2023

Dans tout juste deux petits mois (au moment de la publication de cette interview), le 13 avril prochain, la petite commune de Cléry Saint André, dans le Loiret, recevra la visite en tête d’affiche la légende Sortilège. Metal Eyes s’est entretenu avec Chris, le président de l’association Crick for zik et instigateur de ce petit évènement qui nous explique tout, de la genèse à l’organisation de ce concert qui s’annonce dores et déjà exceptionnel. Amateurs, attention: il n’y aura pas de places pour tout le monde, et les préventes affichent déjà un joli 50% des quelques 350 billets disponibles.

Avant de parler de la prochaine édition du festival Crick for zik qui se tiendra le 13 avril à Cléry Saint André (45), commençons par un peu d’histoire. J’ai découvert ce festival par hasard, mais c’est votre troisième édition qui accueillera Sortilège. Quelle est la genèse de ce mini festival ?

J’ai créé cette association fin 2019 – j’ai eu une bonne idée, juste avant le covid (rires) ! Pour quelle raison ? Je suis musicien depuis pas mal de temps maintenant, et je n’imaginais pas à quel point c’était compliqué de pouvoir se produire avec le groupe que j’avais à l’époque. Les salles normalement accessibles aux groupes locaux, d’Orléans, malgré énormément d’échanges, de mails…, il n’y a jamais eu de retours. Pareil avec d’autres endroits où on pensait que ce serait plus facile de se produire… De mon côté, j’ai du matériel son, un domaine que j’adore et dans lequel j’ai beaucoup investit, alors je me suis simplement dit « pourquoi ne pas monter une asso et mettre ce matériel et des locaux à disposition des groupes du coin ? » Le matériel, mes compétences techniques, et j’ai eu la bonne idée de créer mon propre studio d’enregistrement. L’idée étant aussi de pouvoir monter des évènements dans le coin pour les groupes de hard et de metal. A l’époque, il n’y avait pas encore le Dropkick à Orléans…

Oui, mais il y avait ses prédécesseurs, le Blue Devil’s et, avant, l’Infrared.

Oui, mais l’Infra a fermé quand ? En 2015. Mais à cette époque, aucun n’était actif comme le Dropkick qui organise des concerts à taille humaine. 200, 300 personnes. Quand la musique est bonne, ça ramène du monde…

« Ça ramène du monde » : Cléry Saint André, pour ceux qui ne connaissent pas, c’est où ?

Cléry se trouve entre Orléans et Blois, c’est à 20 km d’Orléans, le long de la Loire. On a une belle basilique à Cléry… Voilà donc la genèse de l’association. Je me suis entouré de potes, qui sont également des musiciens, au sein de Prism A, et des bénévoles qui se chargent de l’organisation, de la logistique… La première chose qu’on a faite avec l’asso, c’est l’enregistrement du premier Ep de Prism A, mon groupe actuel, dans le studio, ce qui est gage d’un certain confort puisqu’on enregistre quand on veut, il n’y a pas de pression financière. Ensuite, on a imaginé ce festival dont la première édition a eu lieu le 1er février 2022. Prism A y a participé, évidemment, ainsi que deux autres groupes de potes : Broken Arms qui a disparu, et nos amis de Dark Revenges. C’est une édition qui a moyennement marché en termes d’affluence – on n’avait pas non plus beaucoup communiqué. Le son était cependant excellent, les gens ont bu de la bonne bière et ont mangé de bons sandwiches ! On est à peine rentrés dans nos frais, mais on savait qu’il y aurait une seconde édition. Un jour, j’ai découvert le groupe Heartline qui correspond à mes amours de jeunesse, du hard fm/AOR, et je les ai contactés. On les a reçus sur la seconde édition que nous avons décalée. Au départ, elle était prévue en février, mais il faisait un peu trop froid. On l’a donc décalée au mois d’avril, ce qui nous semblait être une bonne idée, les festivals n’ont pas encore démarrés. Hors de question de se faire de l’ombre les uns les autres. La première chose que je regarde, c’est si d’autres déjà présents, ont prévu une date à ce moment. On ne va pas se tirer la bourre entre potes de festivals…

Tu penserais par hasard au Rock In Rebrech ?

Par exemple, mais pas dans ce cas précis. A l’époque des Iron Troopers, il nous était arrivé un truc avec Arno (Arno T. Walden, chanteur et guitariste de divers projets) : le Troopers fest a généralement lieu au mois d’avril. A l’époque, on avait bloqué une date très en amont et on s’est aperçu qu’une autre association faisait venir, de mémoire, Vulcain, aussi dans une salle des fêtes. On s’est dit que ce n’était pas malin d’avoir un tribute Maiden face à Vulcain. Ce qui était bête, c’est qu’aucune des deux asso n’a voulu modifier la date, et on a chacun fait moitié de salle. Si on avait décalé d’une semaine, les deux structures auraient pu faire salle pleine… Je me mets aussi à la place du fan qui peut avoir envie de voir Vulcain et assister au Troopers Fest…

Revenons maintenant au Crick fest, puisque tu as fait venir l’an dernier Heartline…

Oui, en 2023, on a en effet fait venir Heartline, il y avait aussi Prism A, évidemment, et on a fait jouer des copains, Warm Up qui a des compos originales et fait des reprises. Là, on a fait un peu mieux. Ce n’était pas blindé, mais on a rempli aux deux tiers. Tout le monde était ravi, déjà par la découverte de Heartline qui a assuré un show de qualité. Je suis carrément fan de ce groupe, depuis le mois d’avril, je les ai vus 5 fois en concert !

Avant que nous ne parlions de la prochaine édition qui se tiendra le 13 avril, peux-tu nous présenter cette salle Espace Loire ? Quelle est sa capacité ?

C’est une salle polyvalente, une salle des fêtes, assez grande puisqu’elle peut accueillir jusqu’à 400 personnes. Elle dispose d’une scène, l’acoustique est plutôt bonne. Et on a l’avantage en tant que résidents de Cléry Saint André de bénéficier de tarifs de location plus intéressants. Il n’y a pas que la salle, il y a aussi l’équipe composée principalement des Cléricois. Il y a une sorte de deal avec la mairie et les habitants qui aident à distribuer des flyers dans les boites aux lettres. Même la Police municipale donne un coup de main…

Pourquoi ça s’appelle « Crick fest » ?

Ah, ah ! Très bonne question ! L’asso s’appelle Crick for zik. Le but de l’asso, c’est d’aider les groupes locaux à s’élever, avec tous les moyens possibles. Je me souviens très bien de ma jeunesse avec ma R5 et le cric dans le coffre… Et ce cric, tu vois sa forme, servait à lever la voiture. Je savais déjà que tous les ans j’allais refaire une édition, d’où le fait de l’appeler directement Crick fest.

Vous faites venir un groupe de Heavy mélodique qui se nomme Hell X Hear, un nom assez courant dans le metal. Prism A à nouveau, et, surtout, vous avez décroché Sortilège. Comment une petite structure – je vais être un peu provocateur – totalement insignifiante et peu connue comme la tienne peut décrocher un groupe aussi légendaire que Sortilège, Rappelons pour les lecteurs qui ne les connaissent pas que Sortilège a marqué les metal français dans les années 80 avec un mini album et 2 albums avant de disparaitre, que le groupe s’est reformé avec pas mal de mouvements de personnels avant de trouver sa forme « définitive » avec laquelle il a enregistré deux albums remarqués et un live qui vient de sortir.

En octobre, j’ai regardé Facebook, j’ai vu que Sortilège commençait à vraiment revenir en force. Je me suis simplement dit que j’allais tenter le coup. J’ai d’abord échangé avec Zouille qui a très bien compris la politique de l’asso, je lui ai expliqué qui on est, notre vision et il m’a dit qu’il nous suivait à 100%. Alors, oui : ce sont des professionnels, ça a un coût, mais il y a eu un accord avec des personnes qui comprennent la démarche. Et aussi, je lui ai avoué que j’étais amoureux de ce groupe que j’avais vu en 83 à Orléans. A l’époque, j’avais même prêté au groupe de première partie du matériel de guitare parce qu’ils étaient en rade… En fait, je me suis simplement dit que Sortilège avait peut-être envie de revenir jouer à Orléans. Et quelle joie de partager la même scène !

Quelles sont les conditions d’accueil des groupes ? Que leur proposez-vous et que mettez-vous à leur disposition ?

Comme pour tout artiste, un côté tranquille en arrière-scène qu’on appelle une loge. Au niveau technique, il y a des minimums, au niveau son, on a du lourd, et, enfin, tout le monde apprécie au niveau culinaire notre spécialité locale (il se marre) : j’adore le chili con carne, mais maison. Pourquoi ça me fait rire ? Heartline, à chaque fois que je les vois, il me demande pourquoi je ne leur ai pas rapporté un chili ! Maintenant, il y a du personnel de sécurité, des bénévoles qui sont aux petits soins pour tout le monde. Et on évolue d’année en année. La première année, je ne comptais pas le nombre de spectateurs, maintenant on a mis en place ce qu’il faut. Il y a des obligations vis-à-vis de la municipalité pour la sécurité. C’est pour ça que les préventes sont très importantes ; d’une part, ça nous permet de savoir à l’avance à quelle affluence s’attendre, ça nous permet aussi d’avoir un peu d’argent pour financer certains frais, et enfin, ça garantit d’avoir sa place. Si je vends en avance les 350 places, je ne pourrais pas faire entrer plus de monde.

Justement : où peut-on se procurer son billet et à quel tarif ?

En allant sur la page Facebook de Crick for zik, tout simplement. Ou en scannant le QR Code qu’il y a sur nos flyers et qui envoie directement vers le site de l’asso, ou en tapant directement crick-for-zik.s2.yapla.com. Pour les préventes, les tarifs sont de 15€ pour les adultes et 12€ pour les enfants de moins de 16 ans. Sur place, s’il reste des places, ce sera 18€ pour les adultes et 15€ pour les enfants.

Ce n’est pas une destination accessible en bus ou en tram, on est obligés de venir en voiture. Quelles sont les conditions de parking ?

Il y a un grand parking avec possibilité de se garer sur d’autre parkings juste à côté. Tous ces lieux seront surveillés notamment par des maitres-chiens. On est à côté de la salle, à peine à 5’ de marche. La nouveauté, c’est une de mes volontés mais pas encore certain : il devrait y avoir une petite exposition de véhicules d’exception. Également, je ne l’ai pas encore mis en place, mais je voudrais bien que ce soit fait pour la prochaine édition : s’il y a une preuve de covoiturage, il pourrait y avoir une boisson gratuite, par exemple. Mais il faut développer une application pour le prouver. En plus ça m’arrange : ça ferait moins de véhicules sur le parking, donc moins de surveillance, et c’est bon pour la planète. Mais ce sera pour la quatrième édition, je n’ai pour le moment absolument pas communiqué là-dessus. On a besoin de faire un partenariat avec des organismes et ce ne sera pas possible pour cette année…

Un concert, c’est aussi des consommations. Tu prévois aussi des contenants écolos ?

Bien sûr ! Tout est en mode écocup, avec consigne. Cette année, il y aura des formats en 30 cl et 50cl avec notre sponsor, le V and B. Je tiens absolument à faire bosser les entreprises locales : il y a donc le V and B de Baule qui nous aide beaucoup. Après si les gens viennent avec leur propre gobelet, on les servira aussi !

Un festival en général, c’est un peu plus que trois groupes. Là, on est plus sur le format concert… As-tu pour ambition de faire grandir sur la journée le Crick fest et mobiliser du public sur une journée complète ?

C’est une possibilité. Ça a déjà été évoqué, et dès la première, on aurait dû avoir un quatrième groupe sur une autre scène, un format « podium » avec un groupe acoustique reprenant des morceaux hard/metal en inter-plateaux. Malheureusement, au dernier moment, ça n’a pas pu se faire. Maintenant, en faisant venir des groupes pros, c’est un autre budget et donc, j’ai préféré rester sur le format 3 groupes. En revanche, il y a un autre projet, plus sur un format extérieur, à un endroit différent, avec plus de groupes sur une journée, voire deux journées. Mais ce n’est pour le moment qu’un projet…

Que souhaites-tu ajouter pour conclure, Chris ?

On est une association loi de 1901, on n’est pas une grosse structure qui vend toutes ses places sans annoncer personne… Même si certains ont démarré petits et ont grandi. Je pense à d’autres structures à100 km de chez nous… nous, on est entourés de bénévoles, on ne peut pas fonctionner sans eux. Franchement, ils me rendent très fier et heureux en tant que président de l’asso. Ils sont toujours la banane, la motivation, et très souvent, les gens sont surpris que les bénévoles ne soient pas adhérents de l’asso… Non seulement ils donnent de leur temps pour l’asso, mais il faudrait, en plus, que je leur demande de l’argent pour l’asso ? Ça va pas, non ? Nous, notre leitmotiv, c’est de se faire plaisir, et si le public peut avoir du plaisir, alors c’est une mission réussie.

Aujourd’hui, Crick Fest c’est environ 200 personnes, alors espérons que cette année, ce soit 400 et que le festival grandisse pour aller vers l’extérieur !

Je tiens aussi à rappeler que nous avons des partenaires. Il y a la boite dans laquelle je travaille, Equens Inéo, dans les énergies renouvelables, il y a aussi V and B qui nous file une tireuse de compétition à un super tarif, la Mareuse de Mareau, avec Pascal Aubry qui nous prépare toute la boulangerie, le pain pour les sandwiches… on a un fournisseur de matière électrique, HMV. Ils sont de lyon, mais ils sont tombés amoureux de la première édition avec Prism A et ils nous ont dit qu’à chaque fois que le groupe serait sur un festival, ils viendraient. Il y a aussi une boite de peinture tenue par un Monsieur Phil San Filippo, aussi chanteur de Prisma, et des magasins locaux, Intermarché, Bricomarché, des gens qui nous aident tous les ans. On les remercie parce que, au final, ce sont les petites sommes qui permettent d’éponger pas mal ! Par contre, je ne suis pas certain que les gens puissent imaginer le montant de la redevance que nous réclame, à nous et aux autres orga de concerts/festivals, la SACEM… Pour l’organisation, c’est un budget qui représente à peu près le cachet d’un groupe… Si encore ils rétribuaient à leur juste valeur les artistes présents… Mais non, la répartition se fait en fonction des diffusions radio. Et qui sont les 10 premiers artistes diffusés en radio ? C’est pas du metal… Maintenant, venir voir Sortilège pour le tarif que nous proposons, ce n’est vraiment pas cher ni donné à tout le monde ! (Note: à ce jour, près de 50% des places ont trouvé preneur, il en reste donc un peu moins de 200)

Et pour les avoir vus récemment, je peux dire qu’ils sont en forme, grande forme. Sans doute le public aura-t-il même droit à des surprises sur cette date, qui sait ?

Euh… oui. Il y a quelque chose qui se prépare, mais je ne peux rien dire à ce sujet. Il y a des choses en cours…

PRISM A: Way of life

France, Hard rock (Autoproduction, 2023)

Le hard rock vintage, celui des 80’s, a encore de beaux jours devant lui tant il existe, en France et ailleurs, d’irréductibles inconditionnels du genre. Prism A fait partie de ceux-là. Fondé sur les cendres de Prism, le groupe orléanais (ou presque) a publié en 2020 ADN, un premier Ep de 4 titres forgés dans ce heavy rock entrainant et enjoué. Le combo revient aujourd’hui, fin 2023 en réalité, avec son premier album, le fort bien (sinon originalement) intitulé Way of life. L’album composé de 9 titres fleure bon les années 80 avec toutes ses références: du hard rock classieux avec ses guitares enjouées (Tell me why, Burn the ground, Pink mussels, Way of life), ses références aux grands du genre (Crazy night qui évoque un certain Kiss, l’indispensable ballade à mi parcours No more tears rappelle un autre certain Ozzy), son origine Made in France et ses – charmantes – fautes d’anglais (Fight all days – j’eus préféré « Fight every day »…) Si Prism A ne réinvente rien, on sent un groupe passionné qui cherche seulement, simplement, à se faire plaisir, sérieusement mais sans jamais se prendre au sérieux. Et de cette manière, le groupe a de quoi emmener l’auditeur avec lui. Nous irons avec plaisir découvrir ce que donne Prism A sur scène le 13 avril prochain à Cléry Saint André en ouverture des incontournables Sortilège. En attendant, on reprendra bien une dose de ce Way of life qui nous replonge dans nos années d’adolescence.