Interview: HIGH SCHOOL MOTHER-FUCKERS

Interview High School Mother-Fuckers. Rencontre avec Pamy (batterie) et Fuzzy (basse). Propos recueillis à Paris le 16 février 2017

 

High School MF 2 - Copie

Metal-Eyes : Commençons par un petit rappel : c’est en 2003 que s’est formé High School Mother-Fuckers, avant tout en hommage aux Ramones.

Pamy : C’est ça.

Metal-Eyes : Donc un côté punk rock et hard rock très affirmé, autant qu’un côté glam, visuel autant que musical. Votre actualité, c’est ce split avec The Joystix, Skulls out. Pourquoi avoir choisi ce format plutôt qu’un album tout court ou quelque chose sous votre propre nom ?

Pamy : En fait, un album… On s’est dit qu’on en a sorti un il n’y a pas longtemps. Enfin… « il n’y a pas longtemps… » Le format nous plaisait, et à la base, on voulait que ce soit un vinyle. Financièrement parlant, autant pour les Joystix que nous, ce n’était pas très rentable. Donc, on est partis sur le split CD. On ne voulait pas faire l’album tout de suite, Fuzzy vient juste d’entrer dans le groupe

Fuzzy: … 2 ans, quand meme!

Metal-Eyes :

Pamy : Oui, mais deux ans, pour nous, c’est pas énorme !

Fuzzy: La notion du temps n’est pas la même (rires)

Pamy :  C’est ça… C’était un peu prématuré, le temps qu’il se mette comme nous à l’alcool, la drogue et aux filles…

Metal-Eyes : Donc avant, il n’y avait ni l’un, ni l’autre ni le troisième, c’est ça?

Pamy : Non, il n’avait que deux chats.

Metal-Eyes : En 2017, HSMF, c’est quoi? Tiens, commençons justement par toi, Fuzzy…

Fuzzy: C’est quoi? C’est un groupe… A quel niveau?

Metal-Eyes : Ce que ça représente pour toi.

Fuzzy: J’ai arêté un groupe, en fait, deux autres, quand ils m’ont embauché. C’est un groupe de rock’n’roll français, donc on essaie tant bien que mal d’y arriver, mais c’est pas gagné, à la base. On s’éclate, je pense que c’est avant tout une bande de potes, on ne fait pas ça pour l’argent… Ça se saurait ! C’est prendre la route, boire des coups avec les potes, le rock’n’roll, quoi !

Metal-Eyes : Et pour toi Pamy ?

Pamy : pour moi, High Shool c’est les potes, c’est une famille, le rock’n’roll, c’est l’aventure, se marrer… Pas se prendre au sérieux… c’est un mélange de tout ça. On n’est pas des punks parceque on aime bien notre chez-soi en rentrant le soir. Mais c’est une famille. Une fois qu’on rentre dedans, on y est bien.

Metal-Eyes : Discographiquement, et scéniquement, vous êtes assez rares. N sait que c’est assez diffiocile en France, mais ce n’est pas non plus le plus évident pour se faire connaitre, d’être absents. Comment comptez-vous y remédier ? (3’48)

Pamy : On est en préparation d’un clip, par exemple, pour le titre Ride into the blue qui est sur le split. Ensuite, on va faire de plus en plus de split, je pense, avec des groupes qui nous tiennent à cœur. On a des noms qu’on garde pour nous car rien n’est établi, mais ce sera plus avec des groupes internationaux.

Metal-Eyes : Toujours sur Shootgun, j’imagine.

Pamy : Toujours sur Shootgun Generation Records.

Fuzzy: Il y a aussi un site internet qu’on n’avait pas avant (www.highschoolmotherfuckers.com).

Metal-Eyes : Comment décririez-vous l’un et l’autre l’évolution du groupe entre vos deux dernières productions ?

Pamy : Déjà, on a changé de bassiste. Aurèle est parti et Fuzzy est arrivé avec, finalement, un côté un peu plus punk dans son jeu. Et maintenant, on a aussi un peu de bouteille, on se connait tous par cœur. Au niveau de la composition, c’est bien plus facile qu’avant, on galérait parce que chacun composait dans son coin.

Metal-Eyes : Donc c’est principalement au niveau du travail qui devient plus collectif ? Et musicalement, Fuzzy, tu as apporté quoi de plus dans ton jeu de basse ? Quelles influences avez-vous mises en commun ?

Fuzzy: J’ai pas mal d’influences qui sont à la base des High School, que ce soit les Ramones, Motörhead, le punk ou des groupes plus glam, genre Hanoi Rocks. C’est pour ça que je suis venu jouer dans High School, parce que ces influences, c’est ce qui me plaisait.

Pamy : C’est aussi toujours ce qu’on a dit : dans High School, on est toujours un peu entre deux chaises… Pour les hard rockers, purs et durs, on est trop metal, et pour ce qui sont plus metal, on est trop punk…

Fuzzy: En même temps, c’est ce qui est très bien. On n’est pas les seuls : regarde les Sticky Boys, ils sont aussi le cul entre deux chaises, comme nous. Moi, j’aime bien les groupes qui mélangent ces influences…

Metal-Eyes : Puisqu’on parle de Skulls out, l’un et l’autre, si vous n’aviez qu’un seul titre à retenir pour expliquer ce qu’est HSMF aujourd’hui, ce serait lequel?

Fuzzy: Je pense que c’est assez compliqué. Chacun des 5 titres représente une facette de High School. A jouer…

Pamy : Moi, je l’ai: Still hungover in Hungary! C’est pour les paroles, et puis c’est nous, notre expérience des gueules de bois qu’on a eues en partant en tournée en Hongrie, et une fois qu’on est là-bas, on est nous. On ne se prend pas la tête, on se tape des murges à terminer par terre…

Fuzzy: Pourquoi tu me regardes??? (rires)

Pamy : …avec un œil au beurre noir… C’est ce côté Rock’n’roll, punk et je pense que Still hungover nous représente bien.

Fuzzy: Je suis un peu d’accord, ça représente bien High School Mother Fuckers.

Metal-Eyes : Vous allez bientôt vous produire à l’Empreinte de Savigny le Temple en ouverture des Backyard Babies le 20 mars prochain. C’est pas n’importe qui, ils sont aussi assez punks et glam dans l’esprit. Comment vous préparez-vous à ce type de concert ?

Pamy : Tout simplement, et déjà on est heureux de le faire. Quand on a vu la date, on s’est dit qu’il faut qu’on joue avec eux… On est super heureux de le faire, et on se prépare comme pour n’importe quel autre concert. On prend toujours très au sérieux la préparation d’un concert, et sur scène ce sera de l’énergie, du fun… C’est aussi ce qui nous représente, on n’est pas Dream Theater, on est là pour faire du rock, s’éclater et permettre aux gens de prendre du bon temps. (9’21)

Metal-Eyes : En dehors de cette date, il y en a d’autres de prévues?

Pamy : On est en train de prévoir une tournée en Hongrie/France, encore une fois, mais avec un groupe un ^peu plus important que les Joystix, en Hongrie en tout cas, qui s’appelle les Junkies; Mais qui reste dans le même esprit.

Metal-Eyes :En france, ce serait une vraie tournée, ou ce que j’appelle plus communéement une tournée “des week ends”?

Pamy : Ben, c’est ça le problème en France: on ne peut pas faire de varies tournées … Regardes, à part les Backyard Babies qui risquent de remplir un lundi soir à l’Empreinte, n’importe quel groupe joue un lundi soir, n’importe où, pas grand monde se déplace…Ce qui marche c’est jeudi, vendredi, samedi soir, mais déjà, le dimanche, c’est cuit: les gens travaillent le lendemain, et si on ne s’appelle pas Aerosmith, on déplace pas les foules.

Fuzzy: De toutes façons, la dernière tournée qu’on a faite, on a joué toute la semaine parce qu’on n’a pas non plus les moyens de se déplacer et revenir à Paris pour ne jouer qu’en week end. Après, c’est sûr qu’il y a des villes où on attire moins de monde en semaine, on n’est pas sur place pour faire la promo…

Metal-Eyes : En ce moment, vous écoutez quoi?

Pamy : Le nouveau Night Ranger !

Fuzzy: J’aime bien Bitters, ça représente bien ce que j’aime, ou le Michael Monroe. Mais il y en ade moins en moins ils disparaissent tous !

Pamy : Nouveau, il n’y en a pas beaucoup qui me font tripper… En nouveauté, je n’écoute pas grand-chose, à part Sticky Boys, les potes… J’ai pas accroché. Tout ce qui sort actuellement ne me touche pas forcément. Je préfère écouter des vieux trucs, même du death de l’époque, Entombed ou des trucs comme ça, mais j’ai du mal avec les nouveaux… Quand je vois un groupe comme In Flames qui sort des albums mortels, et le dernier, c’est une catastrophe ! Ils font de la pop ou je ne sais pas quoi…Un peu bizarre, quoi ! La nouvelle scène ? J’arrive pas à accrocher.

Metal-Eyes : Est-ce que ça peut être dû au fait qu’il y a tellement de choses qui sortent, qu’aujourd’hui, tout le monde peut se déclarer musicien et enregistrer à la maison…

Pamy : C’est ça, oui, aussi

Fuzzy: Après c’est noyé dans la masse, il y a peut-être des super trucs qui’on ne connait pas et ce qui sort, avec de la promotion, et qui arrive à mes oreilles, c’est pas forcément les meilleurs trucs non plus.

Pamy : Ce n’est pas évident de déceler et d’écouter de bons groupes parce que, justement, comme tu viens de le dire, il y a tellement de choses, c’est tellement inondé de groupes, je ne dirais pas mauvais opu moyen, je ne les connais pas, mais il y en tant que, effectivement, quelque chose fait maison ne va pas sonner pareil que le boulot de gars qui passent un mois ou deux en studio. Je pense que, malheureusement, c’est un peu pollué par tout ça. Le home studio, maintenant, tout le monde peut y avoir accès, et il n’y a plus vraiment d’ingénieur du son non plus…Le Davout, regarde, il est en train de fermer…

Fuzzy: Et il y a une fausse batterie…

Pamy : Trop de synthétique.

Metal-Eyes :Que faudrait-il en France, selon vous, pour que le marché change un peu, a delà du fait que le marché du disque soit moribond ?

Pamy : Déjà, je pense que tout le côté MP3, machin et tout ça a flingué le marché du disque.

Metal-Eyes : Donc on revient au vinyle?

Fuzzy: Ca revient, oui, mais je pense aussi que c’est une question d’éducation musicale. On écoute de la merde…

Metal-Eyes :

Pamy : Je travaille avec certains jeunes qui me disent « c’est quoi le nom de ton groupe ? Ah, cool, je vais voir si je peux le télécharger » ! C’est pas « tu peux me vendre le CD ? », il n’y a plus ce réflexe-là, et c’est dommage. Comme tu dis, à part le vinyle, je ne vois pas ce qui peut sauver l’industrie musicale.

CHROME MOLLY: Hoodoo voodoo

chrome molly 2017Hard Rock, Royaume-Uni (Verycords, 2017)

Que s’est-il passé le 3 novembre 1982? A quoi correspond cette date indiqué sur la pochette de Hoodoo voodoo, nouvel album des Anglais de Chrome Molly? 1982, c’est déjà presque la fin de la NWOBHM dont le groupe se réclame. Bon, c’est assez facile tant on a tout mis et son contraire dans non pas ce style musical mais ce mouvement réunissant plusieurs styles musicaux. Ce n’est pas la date de formation du groupe, celui-ci ayant vu le jour en 1984… Passons, le mystère sera un jour levé. En tout cas, la formation rend ici hommage à cette période magique avec un album taillé dans ce metal mélodique, heavy et traditionnel, hérité des exploits des pères fondateurs du hard rock. Tout sonne comme cette période bénie, des titres (In the begining, Pillars of creation (Albion), Now that those days have gone, voire Indestructible) au contenu musical: des riffs tranchants sur fond de textes in memoriam. Prenez, justement, ceux de Pillars of creation (Albion) qui sont un véritable jeu de pistes, démarrant avec un simple « it all began with British steel » avant de lister tous ces groupes qui inspirent encore aujourd’hui tant de musiciens. Led Zeppelin, Deep Purple, Black Sabbath? Motorhead, Saxon, Iron Maiden? Thin Lizzy et tant d’autres sont ici l’objet de nombreuses attentions. Et d’intentions, bonnes dans l’ensemble. Car voilà, je déplore un chant par trop approximatif ainsi que, malgré la modernité un esprit un peu too much. C’est volontairement que Chrome Molly se lance dans cette course au passé, c’est bien fait et plaisant à écouter. Seulement, je préfère les originaux…

Note: 7,5/10

Sortie le 27 janvier 2017

THUNDER: Rip it up

thunder 2017Hard rock, Royaume-Uni (Verycords, 2017)

Bien que resté en retrait pendant 7 ans, Thunder est revenu plus en forme que jamais avec le majestueux Wonder days, album qui a remis le groupe anglais sur les rails du succès. Deux ans plus tard, les voici de nouveau en affaire avec Rip it up. Thunder n’a jamais prétendu réinventer le rock, et c’est sans doute là sa plus grande force: une authenticité sans prétention qui transforme de simples riffs en des chansons d’une sublime efficacité. Les compositions de Luke Morley puisent dans ce rock et ce blues qui ne peuvent laisser insensible, chaque chanson magnifié par, d’une part, une complicité évidente entre les musiciens et, d’autre part, le chant unique et envoûtant de Danny Bowles, très, très en voix . Même si l’album débute avec un No one gets out alive et de sombres paroles (« I’m not gonna live forever »), le disque est positif et brillant d’optimisme et de joie de vivre. Comment ne pas se dandiner au son des She likes the cocaine (on parlait de « rails » plus haut…), The enemy inside et ses faux airs de Black velvet ou le morceau éponyme? Thunder nous apporte une saine dose de rock tendance hard, avec son lot habituel de ballades. Onze titres qu’on écoute sans se lasser.

Note: 8,5/10

Sortie le 10 février 2017

THE ANGRY CATS et Red Is Dead live au Dr. Feelgood de Halles – le 16 février 2017

Si je commence à bien connaitre les Dr Feelgood pour régulièrement y rencontrer des musiciens en promo, je n’ai pas encore eu l’occasion d’y assister à un concert. Le passage de l’ovni rock’n’roll The Angry Cats (dont vous pouvez retrouver la chronique de leur dernier né, Outmonster the monster) est donc la bonne occasion pour remédier à ce manque. Lieux chaleureux par son sa décoration et son ambiance rock, le Dr. Feelgood propose régulièrement des concerts variés dans des conditions assez sympathiques pour les groupes.

RED IS DEAD

RED IS DEAD

La petite salle en sous sol accueille ce soir quelques dizaines de personnes , certaines venues assister à la représentation du trio Red Is Dead qui, en ouverture, joue une bonne heure. Si l’on a l’impression que les morceaux sont taillés dans le même bois – un peu de grunge, du punk, de rock – on retiendra l’attitude désinvolte et l’humour potache du bassiste chanteur (notons que le chant est partagé avec le batteur) qui balance des vannes à tout va. Bonne humeur et poilades garanties: « Vous êtes loin… et pourtant vous êtes si près. ça me rappelle la relation que j’avais avec mon père »… « Approchez-vous, faites un pas en avant. Pensez à Christopher Reeves: y peut pas, lui! » « Elle mesure 1m53, Gaëlle! Elle lèche les tétons debout! » Bref, on s’amuse et on boit des bières sur un fond sonore grungy.

RED IS DEAD

RED IS DEAD

RED IS DEAD

RED IS DEAD

 

THE ANGRY CATS

THE ANGRY CATS

Quelques minutes après, c’est un autre trio, The Angry Cats, qui investit les lieux, plus denses de quelques spectateurs. Les pieds chaussés d’un étonnant orange, armé d’une Gretsch tout aussi flamboyante, Fred Alpi lance les premières mesures de The invisible hand et, déjà, le trio commence à s’agiter sur scène, comme pris de spasmes. Premier extrait de son dernier album en date dont tous les titres seront ce soir interprété, il pose le cadre: un rock clair aux forts accents de l’ouest américain – quelque part entre hillbilly et rockabilly – une voix suave et une énergie communicative seront le fil de la soirée. On pense ici aux Stray Cats (tiens donc…), là à Chris Isaak qui, tous, auraient flirté avec un peu de stoner rock. Et si The Angry Cats est moins communicatif que ses prédécesseurs, il parvient à développer une belle énergie et à la maintenir tout au long de ces 75′. Si la salle n’est pas pleine, le public présent semble heureux. Il trépigne, encourage, s’agite et profite de cette soirée de potes qui dépotent. Un excellent moment en somme et un groupe qu’on espère retrouver sur des scènes plus grandes, à Paris et ailleurs.

THE ANGRY CATS

THE ANGRY CATS

THE ANGRY CATS

THE ANGRY CATS

 

Interview: DANKO JONES

Entretien avec Danko Jones (chant et guitare). Propos recueillis à Paris le 25 janvier 2017.

C’est dans le cadre feutré du salon d’un hôtel parisien que Danko Jones, le musicien, reçoit les médias pour parler de Wild Cat, le nouvel album de Danko Jones, le groupe. Le musicien est calme, doux même, mais surtout déterminé. Et parlez-lui de sujet qui fâchent, il devient intarissable. Interview fleuve à lire jusqu’au bout!

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Metal-Eyes : Merci Danko de recevoir Metal Eyes. Tu es à Paris pour la promotion de Wild Cat, votre huitième album studio. Tout d’abord, nous sommes toujours en janvier, bonne année, et, donc, quels sont les souhaits, résolutions et attentes de Danko Jones en 2017 ?

Danko Jones : Eh bien, nous avons un nouvel album qui arrive, Wild Cat, donc nous allons consacrer beaucoup de temps à le promouvoir – ça va nous prendre presque toute l’année. C’est la première chose, nous allons tourner et le promouvoir, principalement. D’un autre côté, il y a des projets annexes sur lesquels nous travaillons JC et moi, dont un magazine appelé Iron Magazine, avec deux membres de Circle, en Finlande. C’est un groupe qui existe depuis… 25 ans, qui sort constamment des albums. Nous avons collaboré l’an dernier et un Ep de 4 titres va paraître le mois prochain (février). J’ai aussi enregistré avec Lebby Walker et, j’espère, ce single sortira cette année. Il y a Mike Mc Creedy de Mark Lanegan de Screaming Trees, Duff McKagan des Guns, et ils ont fait appel à plusieurs chanteurs. J’ai interprété deux chansons. Et je suis en train de monter une anthologie de mes écrits pour différents magazines que j’espère publier d’ici cet été. J’ai pas mal de personnes qui y collaborent, pour des illustrations, dont certains de mes dessinateurs de comics préférés, Larry Fleener, Gary Dumm…

Metal-Eyes : J’allais te demander plus tard comment tu t’occupes entre deux albums de Danko Jones, mais tu viens de répondre…

Danko Jones : En fait, j’ai un podcast que j’alimente toutes les deux semaines. Ça fait 5 ans maintenant, pour un total de 143 épisodes.

Metal-Eyes : Revenons au groupe : Danko Jones en 2017, c’est quoi ?

Danko Jones : La même chose que ce que nous avons toujours été : un groupe de rock, qui publie des albums et tournons. En espérant que le public apprécie les disques.

Metal-Eyes : Il devrait apprécier celui-ci. JC (basse) et toi travaillez ensemble depuis maintenat 20 ans. Comment décrirais-tu la relation qui vous uni tous les deux ?

Danko Jones : Comme tu l’as dit, nous nous connaissons depuis si longtemps… Ça fait 21 ans qu’on travaille ensemble. Tu vis et tu apprends à travailler avec l’autre, surtout dans une relation aussi confidente. Ce qui fait que notre relation perdure est le respect mutuel, le fait de permettre à l’autre de faire ce qu’il fait. Il est très bon dans certaines choses, et je suis très bon dans d’autres et on a confiance l’un et l’autre dans nos domaines respectifs. Je pense que cela permet d’entretenir une vraie bonne relation. Le message est simplement « ne sois pas un trou du cul » Sois simplement cool avec tout le monde et les choses se feront d’elles même. Tu sais, la relation que j’ai avec JC est la même avec Rich (batterie) et avec notre équipe. Traitez les gens avec respect… C’est souvent difficile à faire dans l’industrie musicale, qui est bourrée de faux semblants, de bravades, d’égo et… L’égo est, je crois, ce qui entraine beaucoup de gens dans ce business. Ou le manque d’égo…

Metal-Eyes : Le groupe publie un album tous les deux ans, environs. Vous restez occupé entre temps. Comment est né Wild Cat ?

Danko Jones : Un peu comme Fire Music, de manière naturelle et relax. On a commencé le travail il y a un an, environ et, je ne sais plus, fin avril ou début mai nous avions presque tout écrit, démo enregistré et pré produit… Il y a eu les festivals d’été qui nous ont permis de passer l’été en festivals et à ces enregistrements de se reposer et s’ancrer en nous. A la fin de l’été, on s’est dit qu’il nous fallait deux ou trois chansons de plus, que celle-ci n’était pas assez puissante, celle-là devait être remplacée. Alors, nous avons enregistré trois nouvelles chansons, deux ont fini sur l’album et en septembre nous étions en studio pour l’enregistrement. Même si ça parait très rapide, ça s’est fait en douceur. Tu sais, quand tu fais les choses dans le confort et tranquillement, sans la pression de date butoir ou de délai… on atteint de bons résultats. Prends le temps de respirer… Nous avions le luxe du temps pour nous, pour cet album et le précédent. Avant, ce n’était pas le cas. Le  deadline arrivait très vite, et nous n’avions que peu de temps pour composer, enregistrer… Maintenant, nous pourrions nous imposer une limite, mais, grâce au succès de Fire Music, et la manière dont nous avons réalisé ce disque, nous n’allons rien changer ! Et c’est moins de pression. On avait une putain de pression sur les épaules, qui veut vire comme ça ? La tournée est assez stressante, tu sais qu’elle arrive, alors pourquoi en rajouter ? Quand quelque chose va vire longtemps, pourquoi ajouter de la pression ? Moins tu te mets de pression, plus facilement tu atteins de bons résultats.

Metal-Eyes : j’ai pu écouter Wild Cat qui, selon mes premières impressions, mélange diverses influences; On retrouve du Green Day sur I gotta rock, Ramones sur Going out tonight, Thin Lizzy sur You are my woman, et je peux même entendre du Jimi Hendrix sur Revolution. Cela te semble-t-il correct, et qu’avez-vous mis d’autre dans cet album ?

Danko Jones : La majeure partie est correcte. Green Day ne fait pas partie de nos références (rires). I gotta rock est simplement un morceau de rock traditionnel, je n’entends pas ce soit disant punk… Mais, si tu l’entends, soit ! Ce n’est pas un groupe… Ils sont bons, mais je n’écoute pas ce groupe, pas assez pour qu’ils m’influencent. Pour le reste… You are my woman est définitivement un clin d’oeil à Thin Lizzy, tout comme Going out tonight fait référence aux Misfits, c’est évident. Des chansons comme Wild Cat font référence à Van Halen – Hot for teacher, Fools, Top Jimmy. Let’s start dancing mélange Van Halen et Bad Brains… Oui, parfois il y a de nouvelles influences mais rien de vraiment neuf, en réalité. On n’a jamais eu de chanson qui sonne entièrement comme du Van Halen, on n’a même jamais composé dans cet esprit ! C’est nouveau pour nous, et tout est fait sous couvert de « Rock n Roll »…

Metal-Eyes : Au niveau des textes, tu parles de Rock n Roll, sur scène, sur la banquette arrière d’une voiture, s’amuser, faire l’amour à l’arrière d’une voiture. Il n’y a rien de très neuf ou ai-je raté quelque chose ?

Danko Jones : Le rock est sans doute le seul genre musical qui puisse faire référence à lui-même, c’est devenu une sorte de tradition. Avec des chansons comme I gotta rock, ça fait sens. Le metal ne peut pas le faire sans être vu comme un paria, le jazz ne le fait pas, le rap non plus… En termes de paroles et de thématiques, oui, ça traite toujours d’amour, de sexe, de filles, de femmes, de relations… Je ne sais pas quoi d’autre chanter avec ces riffs-là. En tere de politique ou de prise de conscience sociale ? Ce ne sont pas des riffs fait pour cela, ils ne se marient pas avec ces thèmes. Je crois aussi que l’idée d’écrire des chansons sur le même thème, encore et encore, avec le même type de musique fait qu’on décrédibilise ce type musical. Mais je pense qu’il y a aussi une forme d’art à réarranger en permanence les trois mêmes accords avec les mêmes thèmes. Les groupes qui veulent toujours avancer et utilisent des termes comme « progression » et « aller de l’avant » ou « être plus mature » feront tout ce qui est en leur pouvoir pour atteindre cet objectif. Vu de l’extérieur, ça semble très artistique, très créatif. Mais, à mes yeux, ce n’est qu’une illusion, d’écrire de la sorte, alors que c’est bien plus difficile artistiquement de te confiner et voir comment tu peux tirer quelque chose… pas de neuf, mais de différent, plus frais d’un thème récurrent. Je crois qu’on fait beaucoup trop attention à ces choses… Les gens me disent toujours qu’on sort le même album, que je parle toujours de femmes… Oui, mais je l’ai fait de 100 manières différentes ces 20 derniers années, et je n’arrêterais pas ! Je crois que s’il y a une forme d’art qui ne reçoit pas l’attention mérité, c’est ça. Je pense que c’est parce que les gens se braquent sur la présentation du thème… Tu parles de femmes, de rock… Ce ne sont pas des sujets « sérieux », et les gens pensent que ce n’est rien de plus que… boire de la bière et s’écorcher les genoux avec une musique de faible intérêt. Mais je ne vois pas les choses ainsi, surtout en travaillant encore et encore les arrangements de ce sujet. C’est très satisfaisant d’écrire une chanson dans cette tradition mais de manière différente. Wild cat n’a rien à voir avec Sound of love, totalement différente de Love travel ou First date… Elles sonnent toutes différemment bien que traitant du même thème. C’est ce qui fait de cet art quelque chose d’amusant et de créatif. Les gens ne s’en rendent pas toujours compte. D’un autre côté, pourquoi le feraient-ils ? Nous nous présentons comme un groupe léger, de fêtards… Mais quand tu t’intéresses au making of, à ce qui se passe en coulisses, tu ne peux nier qu’il y a une forme d’art, sans conteste.

Metal-Eyes : Justement, aujourd’hui, tu te considères plus comme un musicien ou un artiste ?

Danko Jones : Oh, mon dieu, non, je déteste ce mot d’artiste ! Même le fait d’utiliser l’expression « il y a une forme d’art à faire ça » me gêne… Les personnes qui se croient artistes se sont sans doute masturbé le cerveau. Je trouve ça vraiment prétentieux et je n’ai pas de temps pour ça. Qui que ce soit qui se dit « artiste » devant moi… généralement, je me renferme… (rires) Je n’y fais pas attention ; Je ne suis qu’un gars dans un groupe de rock.

Metal-Eyes : Comment décrirais-tu l’évolution de Danko Jones, le groupe, entre Foire music et Wild cat ?

Danko Jones : C’est une continuité de Fire music. Pas une seconde partie, mais bien une continuation dans le sens où nous avons utilisé les mêmes studios, avons travaillé avec le même producteur. Ce qui est, vraiment, la première fois que nous faisons cela dans notre carrière : enregistrer des disques avec la même équipe. Depuis Born a lion et de disque en disque, il y avait toujours une chose qui changeait. Le line up, le studio, le producteur, l’un de ces éléments, deux ou tous changeait. D’une certaine manière, c’est sans doute parce que mes oreilles sont faites à ce groupe, je peux sentir le changement venir. C’est une bonne chose.Je ne regrette rien de ce que nous avons fait auparavant mais j’ai l’impression que nous tenons quelque chose. Et je pars du principe qui dit « pourquoi réparer quelque chose qui n’est pas cassé ? ». Une fois que nous avons compris les marqueurs de Fire music et les avons réalignés pour Wild cat, eh bien, pourquoi en changer ? Rich… Enregistrer avec Rich, qui est dans le groupe depuis 4 ans… Ça a été tellement plaisant d’enregistrer avec lui, de travailler avec lui ces 4 dernières années, ça ne va pas changer… C’était plaisant avec Eric, et il avait un tel son… pourquoi parier sur quelqu’un que nous ne connaissons pas… C’est un rocker, nous savons comment chacun travaille… pourquoi changer cela ? Eric a tendance à travailler dans certains studios parce qu’il les connaît, il sait quel son il obtiendra et où. Nous avons procédé de la même manière pour Fire music et Wild cat.

Metal-Eyes : Pourrait-on dire que l’évolution du groupe réside dans sa stabilité, alors ?

Danko Jones : Oui, tu as raison. Même si Fire music était plus « colérique », il n’y a pas de revanche ici. Toutes les chansons de Wild cat sont énergique, elles rockent et… expliquent bien ce que nous sommes en tant que groupe. On ne cherche rien. Avec Fire music, nous sortions d’une situation très tumultueuse avec le  line up précédent. Oui, il y a des résidus de cette expérience sur Fire music. Mais depuis, nous avons rencontré notre plus gros succès commercial, et il n’y a pas de colère. Les albums sont un reflet de ce que nous sommes à un moment précis.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’une chanson de Wild cat pour expliquer ce qu’est Danko Jones à quelqu’un qui ne vous connais pas, ce serait quelle chanson ?

Danko Jones : Sans doute Wild cat. J’étais si content quand nous avons choisi d’en faire le titre de l’album, parce qu’il y a tant d’éléments dans cette chanson. Autrement, My little rock n roll qui est aussi une de mes préférés de l’album. Je choisirais l’une de ces deux-là, mais plus le morceau titre.

Metal-Eyes : Il y a quelques concerts prévus en mars, et j’imagine que d’autres dates vont être annncées à la sortie de l’album.

Danko Jones : Sans doute, oui… Pour l’instant, on y travaille. Bien sûr, chaque semaine des festivals sont annoncés, ce qui va nous occuper de juin à août, mai est en cours… On travaille sur l’automne… Généralement, on commence avec une tournée d’échauffement de deux ou trois semaines avant de revenir jusqu’en automne. Je suis à peu près certain que nous reviendrons à l’automne prochain en France pour quelques concerts avant de rentrer et revenir…

Metal-Eyes: On connait le musicien, mais on connait moins Danko Jones, l’homme. Quels sont tes passe-temps ?

Danko Jones : Mes passe-temps ? eh bien, je fais mon podcast. Je ne le fais pas pour l’argent ou comme un boulot. Je n’ai pas de délais, je réponds à moi-même, j’invite les gens que je veux inviter… ca m’occupe toutes les deux semaines, et il y a de quoi. C’est exigeant, mais je ne pense pas que ça prenne le pas sur le groupe. Je connais d’autres personnes qui sont dans des groupes et publient deux ^podcasts par semaine. Même un seul, c’est beaucoup. Deux en une semaine ? ça peut être cool ; je vais prendre un mois de repos une fois l’album sorti et l’utiliserai pour préparer des podcatss en nombre, ce qui me permettra de pouvoir tenir jusqu’à la période des festivals cet été. C’est un hobby. J’écris aussi. Des articles pour des magazines. Ils me laissent écrire ce que je veux et je le ^prend comme un exercice d’écriture la plupart du temps. C’est fun. Je n’ai pas de hobbies comme le tennis ou collectionner ceci ou cela… Si, je collectionne des disques, on peut considérer ça comme un hobby. Il m’arrive d’organiser des voyages pour ça, parfois. Mais je l’ai toujours fait. Je considère mon podcast comme mon hobby principal.

Metal-Eyes : Terminons avec une question sérieuse : il y a quelque jours, votre voisin a investi la maison Blanche d’un nouvel occupant. Il n’a pas seulement décidé de construire un mur à la frontière mexicaine, j’ai aussi entendu dire qu’il envisageait d’en construire un à la frontière canadienne…

Danko Jones : Oh, j’espère qu’il va le faire (rires) Qu’il construise son putain de mur… Il ne… il ne veut pas construire un mur au Canada, d’où tu tiens ça ?

Metal-Eyes : Ce sont des musiciens canadiens qu’i m’en ont parlé…

Danko Jones : Non, non, non, ils ne savent pas de quoi ils parlent ! Quels musiciens canadiens t’ont dit ça ?

Metal-Eyes : Pas de nom !

Danko Jones : Ok, j’appelle ça de la désinformation, ou de la manipulation de faits.

Metal-Eyes : Comment considères-tu ce qu’il se passe aujourd’hui aux USA ?

Danko Jones : Ah… c’est une blague. Donald Trump est un porc fasciste. J’ai peur de le dire, mais ça devient, à la minute, de plus en plus une nation fasciste. Je suis Canadien, je pense que je suis en sûreté, mais qui sait ? Quand la plus grande puissance du monde devient fasciste, qui est en sécurité ? Je te dirais cela : il n’y a pas de mur prévu entre les USA et le Canada ! Quel que soit le musicien qui t’a dit ça, il doit vraiment avoir la tête dans le cul… S’il plaisantait, c’est une chose, mais s’il est sérieux… Il y a une réalité de construction entre les USA et le Mexique, oui. Mais ça ne va pas se produire. Ça ne peut pas se produire. Si ça se fait, ce ne sera que temporaire. Tout ça n’est fait que pour nous distraire. Et c’est là-dessus que, je pense, nous devons tous nous concentrer : de quoi cherche-t-il à nous distraire ? Avec ses tweets démentiels que personne sain d’esprit n’oserai dire ? Pourquoi dit-il ces choses ahurissantes ? Je n’ai ni les moyens ni les moyens intellectuels pour comprendre quelle est la cause de ce s choses. Mais, j’en suis persuadé : il ne s’agit que de détourner notre attention. De quoi ? Ses investissements, ses conflits d’intérêts ? Il a annulé son rendez-vous sur les conflits d’intérêts pour rencontrer Kanye West… Il n’a toujours pas expliqué ses réformes sur les impôts. Je suis Canadien, mais ses décisions vont directement nous affecter, en tant qyue Canadiens…

Metal-Eyes : Et les Europpéens aussi…

Danko Jones : Oui, oui , d’un point de vue global et économique ! Ses positions sur le changement climatique – « ça n’existe pas » – ça va affecter l’avenir de l’humanité ! Ils sont déjà en train d’envisager de quitter les accords de Paris. Cela va affecter la planète entière. Il démembre le NAFTA, les accords de libre-échange nord-américains… Cela va affecter des personnes que je connais, des familles entières. Ce ne sont pas des choses que je lis dans les journaux, ce sont des personnes que je peux nommer qui vont se trouver au chômage. J’ai tweeté au sujet de Donald Trump et je suis choqué lorsque des Américains n’ont pour seule réponse : « en quoi cela t’intéresse-t-il ? tu es Canadiens ? Tu devrais même ne pas t’y intéresser ! Comment cela te touche-t-il, tu es Canadien ! Ne te mêle pas de notre politique… » et je me dis : mais les gars, vous ne vous rendez même pas compte, vous vivez dans une telle bulle que vous ne réalisez pas à quel point cela va vous toucher. Un niveau d’ignorance mêlé à encore plus d’ignorance… C’est tellement facile de détourner l’attention que c’en est parfois difficile de s’en rendre compte. Pourquoi balance-t-il des tweets sur un spectacle de Broadway, Ok, mais ce n’est qu’un putain de spectacle à Broadway, que vise-t-il, bordel !  Et là, tu réalises que le système éducatif aux USA est juste… déplorable. C’est pire que tout.. Mais bon…

Metal-Eyes : en tout cas, merci Danko pour cet échange et bonne chance avec la sortie de Wild Cat, qui paraît le 3 mars prochain.

 Merci à Roger Wessier pour l’organisation de cette rencontre. 

 

The Treatment et BlackRain live à Paris (le Divan du Monde, le 7 février 2017)

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Après quelques changements de line-up et de look, les jeunes Anglais du très prometteur The Treatment qui ont ouvert il y a quelques années pour rien moins que des Alice Cooper ou Black Sabbath – c’est dire le potentiel du quintette – reviennent séduire la capitale et quelques autres villes françaises pour soutenir leur dernier album, Generation Me. Premier étonnement: le groupe ne se produit « que » dans le Divan du Monde et autres salles de petite capacité… On se dit qu’il y a encore du chemin à parcourir. Ne pas battre le fer tant qu’il est chaud peut se retourner contre soi… L’affiche est plus tard complétée avec l’annonce de la première partie: BlackRain. Nos petits frenchies de BlackRain qu’on n’attendait pas en ouverture à ce niveau de carrière. Ça, c’est la seconde surprise. Puis, vient la troisième: il y a peu de monde devant l’entrée du Divan ce soir. Ouais, pas vraiment le succès escompté pour les Anglais… Une fois dans la salle, quatrième étonnement: c’est la batterie de The Treatment qui est en devant de scène… un backdrop flanqué de son logo dissimule à peine celui de BlackRain. Oui, l’ordre de passage a été inversé, tant pis pour ceux qui décident de venir pour voir ceux qu’ils croient être la tête d’affiche, donc…

THE TREATMENT

THE TREATMENT

Effectivement, ce sont les Anglais qui investissent la scène les premiers. Pendant une bonne heure, ils font monter la température. Leur hard rock a de quoi booster n’importe quelle audience, et les extraits de leur dernier né, Generation me, ou du précédent opus, Running with the dogs, sont de purs hymnes de rock brut. Le public ne s’y trompe pas, lui qui bientôt pogote et bouscule l’audience. Si je préfère la hargne vocale de Matt Jones, l’ancien chanteur, il faut reconnaître que le joli minois poupon de Mitchell Emms cache un enthousiasme et une détermination explosives. A plusieurs reprises le gaillard décide de s’offrir un séjour dans la fosse, pogotant avec le public (on entend même un gros « boum » lorsqu’il perd son micro sans chercher à le récupérer…) qui le porte, le transporte à sa place sur scène. Ce public qui connait par cœur le répertoire des Anglais, reprenant les Let it begin, We are beautiful ou autre I bleed Rock n Roll et Emergency. Une bonne heure enthousiaste, rock and roll et agitée comme on aime. Et tant pis pour les quelques ecchymoses, ça fait partie du jeu!

THE TREATMENT

THE TREATMENT

 

BLACKRAIN

BLACKRAIN

Place ensuite à la tête d’affiche surprise. Il était en effet étonnant de voir BlackRain en seconde position, au Divan du Monde, mais les choses se sont inversées. Les savoyards ont une belle palette de titres qui passent bien en live. Ce soir, ils nous offrent un défilé de hits tels que Eat you alive, Back in town ou mind control, parmi d’autres extraits de Released, leur dernier album en date, et revisitent leurs morceaux emblématiques, tels que innocent Rosie, pour lequel Swan demande l’aide du public, ou True girls et son imparable refrain. Run tiger run passe lui aussi bien l’épreuve de la scène. Le groupe nous réserve même une nouvelle surprise: après For your love, le public se retrouve avec Matt seul sur scène. Le guitariste interprète One last prayer – moment émotion du soir. BlackRain est concentré sur son sujet, son concert. Alors que The Treatment a mis le feu, l’ambiance est désormais plus concentrée et sage. Il manque cette petite étincelle, cette touche de folie qu’ont insufflée les Anglais au set des Français. Cela, malheureusement, fait toute la différence. Car si la setlist fonctionne à merveille, on attend plus de folie d’un groupe de ce calibre. Plus de sourires, de vie dans l’attitude, principalement, de Swan. Les gars sont sans doute trop sages ce soir. Un concert sympa dont on ressort en regrettant que l’affiche ait été inversée…

BLACKRAIN

BLACKRAIN

HIGHLY SUSPECT: The boy who died wolf

highly suspect 2017USA, Hard rock (Columbia/Sony music, 2017)

Formé en 2009 à Cape Cod, aux USA, Highly Suspect a déjà publié The worst human, un Ep, en 2012, ainsi qu’un album, Black Ocean, l’année suivante, suivi de Mister Asylum il y a à peine plus d’un an. Fin 2016, The boy who died wolf parait aux USA avant de franchir l’Atlantique pour arriver en Europe en ce mois de février. Avant de passer à quelques commentaires, je me pose la question suivante: quel est le lien entre le titre de ce nouvel opus – « le garçon qui mourut loup » et l’illustration de couverture nous montrant deux garçons dans ce qui ressemble à une grotte en train de regarder une nébuleuse étrangement proche? Si le contenu musical est à l’identique, alors c’est prometteur. Dès le départ, il semble clair que Highly Suspect puise son inspiration dans la vague grunge autant que dans le bon gros rock US. Résultat: en mélangeant ses influences – parfaitement assimilées, telles que Red Hot Chili Peppers ou Queens Of The Stone Age – le trio parvient à créer un format musical efficace, varié et qui, sans doute possible, devrait trouver son chemin dur les ondes. Les expériences discographiques et scéniques (plus de 700 concerts, disent-ils) permettent aujourd’hui au groupe de s’affirmer sur ce terrain avec force et maturité. Voici un album qui s’écoute avec plaisir et facilité.

Note: 8/10

WHISKEY MYERS: Mud

whiskey myers 2017Hard Rock, USA (Spinefarm, 2016)

Cet album est une petite merveille. Pardon: je trouve que cet album est une petite merveille. Une perle de hard rock sudiste qui sent le bayou. Mud, le nouvel album de Whiskey Myers, est bourré de ces moments qui attirent et éveillent. Dès le premier titre, On the river, le groupe me saisit par l’utilisation d’un violon qu’accompagne une guitare claire. Puis Cody Cannon pose sa voix. Étouffée, rauque et embuée… L’ensemble respire la joie de vivre, une joie qui monte en puissance malgré la tristesse que peut apporter le violon. Puis, au fil des chanson, d’autres éléments apparaissent au fil des Mud, Lightning bugs and rain, Deep down in the south: les chœurs très soul et gospel, splendides et superbement utilisés, l’orgue et les cuivres s’imbriquent tous à merveille dans cet ensemble qu’on imagine volontiers dans un bouge crasseux du fin fond du Sud profond des USA. Whiskey Myers joue de ce rock sudiste qui sent la crasse, les effluves d’alcools et de cendres froides qui se joue dans un club au fond des bayous (pour un groupe texan…) Album dense, Mud ne perd jamais l’auditeur J’écoute cet album de bout en bout, un sourire aux lèvres et me dandine à chaque instant. Mud renferme tous ce qui fait un grand album et Whiskey Myers évolue en totale liberté, sans jamais se répéter. L’osmose entre les 7 (oui, sept! A la Lynyrd Skynyrd, un vrai gang!) musiciens est palpable, transformant cet album en une oeuvre sincère, organique, riche en couleurs musicales qui donne envie de se plonger dans le reste de l’oeuvre de ce groupe que l’on découvre seulement aujourd’hui, en France…. A écouter sans modération.

Note: 9,5/10

Site web : www.whiskeymyers.com 

GOTTHARD: Silver

GOTTHARD_Silver 2017Hard rock, Suisse (G records, 2017)

Comme nous l’explique Leo Leoni, guitariste fondateur du plus célèbre groupe suisse, dans l’interview qu’il nous a accordée, Silver était déjà prêt et enregistré lorsque le groupe s’est rendu compte que 2017 verrait Gotthard célébrer son 25 anniversaire. Bien, un quart de siècle, effectivement, ça se fête. Bien sûr, c’est un défi, mais il en existe un autre: Silver est le second troisième album de Gotthard. Le troisième avec Nic Mader au chant. Un étape cruciale donc pour confirmer la position du chanteur et son acceptation définitive par le public. Gotthard connait la chanson et met tout son savoir faire au seins des 15 titres de Silver (13 et 2 bonus, en réalité). Le tunnel pourrait être franchi dès le triptyque d’ouverture qui englobe au mieux l’esprit du quintette: des riffs et des mélodies imparables, des refrains immédiatement mémorisables, une énergie et une bonne humeur contagieuses… Du blues, du rock, des tripes. Essayez donc de ne pas fredonner les refrains de Silver river ou Electrified! Bien sûr, Gotthard c’est aussi son lot de ballades et de clins d’œil. Ainsi, Beautiful a des airs de Spectacular (The Answer)  ou Miss me semble inspiré par la guitare de Van Halen sur le Beat it de Michael Jackson ou par Bon Jovi (également évoqué sur Only love is real)… Gotthard célèbre ses noces d’argent avec tout le faste qu’exige un tel événement, en grandes pompes avec ses lumières et… quelques recettes qu’on aurait pu éviter. Reste que Silver fait partie de ces albums à écouter sans modération, un alliage savant, lourd et brillant!

Note: 8/10

Sortie le 13 janvier 2017

ALEX CORDO: Origami

AlexCordo-2017Instrumental, France (M&O music, 2016)

Vous connaissez les origamis, cet art, ce jeu, ce passe temps qui consiste à créer des personnages, animaux ou autres objets à base de savants pliages d’une feuille de papier? Pas facile, ça demande de la patience et de l’attention. Pas facile non plus, aujourd’hui, de se lancer dans le rock instrumental pur sans qu’automatiquement Joe Satriani, Steve Vai, Patrick Rondat et consorts ne soient évoqués. C’est pourtant le parti pris et le pari pris par Alex Cordo avec son album Origami. 9 morceaux aériens, légers ou rapides, d’une durée parfaitement raisonnable pour éviter de tomber dans la démonstration inutile (le plus long, Himalaya, dure un peu plus de 6′). Bien sûr, Straight, Above the clouds ou Prism évoquent les maîtres mentionnés plus haut. Seulement, Alex Cordo pose sa patte, son toucher et sa personnalité. Chaque titre se distingue du précédent, évitant sagement la lassitude de l’auditeur. C’est toute la générosité musicale du guitariste qui est ici exploitée pour un rendu simplement convainquant car le musicien évite de ne s’adresser qu’à ses pairs. Au contraire, c’est à un public bien plus vaste qu’il offre ces mélodies, et ça, ça fait du bien.

Note: 8/10