MONNEKYN: The hundreth night

France, Nu metal (Autoproduction, 2026)

Les Français de Monnekÿn se sont fait découvrir avec Ape home, leur premier album paru en 2022. Un album de neo metal clairement influencé par Deftones ou Korn, influences aujourd’hui confirmée par les 4 titre de The hundrenth night, leur nouvel Ep. Si l’on excepte un accent parfois trop franchouillard, on appréciera la variété des tempi et des ambiances explorées. La rage vocale est atténue par des passages plus soft, bien que sombres et parfois oppressants, et des voix plus passe-partout. Un ensemble solide qui mérite une suite plus dense. A suivre.

ELYE & THE HYDRA: Point of view

France, Psyché électro (Autoproduction, 2026)

Après un premier Ep (Love) paru en 2024 lui ayant permi de jouer au Printemps de Bourges en 2025 et de proposer une bonne trentaine de dates, le franco-espagnol Elye revient avec son projet Elye & The Hydra via Point of view, un nouvel EP de 6 titres. Mélangeant avec bonheur le son psyché des années 70 à l’électro plus contemporaine, le résultat est une invitation à un voyage spatial et spécial. Dès l’introduction de Heaven is earth without… on a l’impression d’être embarqué à bord d’un vaisseau spatio-temporel et l’on se plait à prendre une place confortable à son bord. Elye s’est entouré d’invités parmi lesquels on remarque la présence de Myriam El-Moumni, guitariste du très en vue Grandma’s Ashes. L’ensemble est à la fois léger et entrainant, parfois hypnotique. La production est également à la fois moderne et vintage apportant une touche plus que sympathique à un ensemble qui laisse un peu l’auditeur su sa faim et qui donne envie de retrouver cette ambiance sur scène.

BLITZ: Bitter me

USA, Metal indus (Fastball music, 2026)

Blitz est un mystère… Formé aux USA, à Boston plus précisément, le groupe déboule avec un album de metal indus d’une redoutable efficacité. Non content de nous entrainer dans son univers cataclysmique et son monde déchu, Blitz nous entraine également vers l’espoir d’un retour à la normale au travers deS 10 titres de ce Bitter me. Le projet est à la base celui du seul Elijah « Edge » Dennis qui se charge de tout, se faisant parfois accompagner d’Eric Leber aux claviers et à la programmation (sur Blitzkrieg, My enemy, The forsaken et Carnival) et Marco Salazar qui tient la basse sur Carnival. Si les rythmes martiaux et la froideur générale évoque avec efficacité Rammstein, on retrouve également un esprit que ne renierait pas Ministry. L’ensemble défile et s’écoute comme on lit un roman de SF – d’ailleurs, l’album nous plonge dans l’année 2066, pas si loin de nous. On tape du pied et on on secoue la tête aux rythmes de ces sons souvent hypnotiques sans jamais être trop agressif. Bitter me est un album à découvrir d’urgence!

THE ROOST: Black mountain

France, Rock alternatif (M&O, 2026)

Avec Black Mountain, les Français de The Roost nous proposent 6 titres qui alternent entre rock volontaire et pop enragée. En débutant son Ep avec le morceau titre, le groupe pose une ambiance lourde sans être oppressante pour évoluer rapidement vers des sonorités très accessibles, chantantes et dansantes. Si l’esprit général de Miss you every day ou As it seems ne laisse planer aucun doute quant aux influences des quatre (on citera au hasard QOTSA ou Nirvana), un morceau comme Wicked dreams apporte une forme de destructuration entrainante. Black mountain frôle souvent, par certaines guitares saturées, le heavy rock mais conserve prioritairement cet esprit pop sans mièvrerie, qu’on pourrait sans doute appeler de la « heavy pop ». Bien produit et chanté dans un anglais totalement maitrisé, cet Ep est à découvrir et à soutenir.

FL CREW: bisous

France, Rock (Autoproduction, 2026)

FL Crew, c’est l’équipe montée à Valenciennes par Loïc Frère qui, au travers de ce bisous, premier album autoproduit, nous offre un condensé de rock garage qui brise les chaines et les codes. Loïc expose au travers de 12 morceaux ses états d’âme, ses coups de gueule et crache sa colère. Parfois simplement rock, à d’autres moments plus grungy, à d’autres carrément punk, voire simplement aérien, le trio (Loïc aux chant, basse et guitare, Mattéo Murez à la guitare et Paul Dequeker à la batterie) explore ainsi divers horizons musicaux, tant en anglais qu’en français, accompagné d’invités sur quelques titres (Paoline Brancato sur Rose(s), Bill the dog, Baldric Auvray, Simon Pouilly et Nathan Seguin sur Parfait). Le contraste entre les morceaux est aussi tranché que ce noir et rose (qui semble d’ailleurs sur le point de remporter le prix de la couleur de l’année dans la catégorie « pochette d’albums » en France) de la couverture ou que l’apparente simplicité et je m’en foutisme de certains titres peuvent l’être avec la gravité des thèmes abordés. Le message de fond reste toutefois le liant de l’ensemble: embrasser la vie et les rencontres malgré les difficultés et embuches parsemées sur le chemin. Un rock brut et direct, sans fioritures, un rock qui défoule, tout simplement.

KAEDERIC: Dazzling horses

France, Metal alternatif (Klonosphère, 2026)

Il y a un peu moins de deux ans, Kaederic nous proposait It comes from the inside (2024), un premier Ep de 4 titres introspectifs et variés. Le groupe revient aujourd’hui avec Dazzling horses, un nouvel Ep dont les quatre morceaux proposent une varité musicale alliant intensité et légèreté. Débutant sur les accents lourds et quelque peu stoner de Lie, Pearls of blood s’enfonce dans une forme de punk au riff si répétitifs qu’il en devient contagieux et presque hypnotique. Kaederic nous entraine ensuite sur des touches plus personnelles avec Brother avant de terminer sur le très aérien Horses. La voix de Cédric Boucher, également guitariste, parfois légère, à d’autres moments plus engagée, joue sur les émotions. Matthieu Orain l’accompagne à la six cordes, la rythmique étant assurée par le batteur Romain Bercé, l’ensemble rendu plus atmosphérique par les claviers de David Couturier. Introspectif, éthéré, énergique, ce nouvel Ep offre de belles promesses.

IRON MAIDEN: Burning ambition – le film

Avril 2025, une enveloppe. A l’intérieur, pour mon anniversaire, un message de mon fils me promettant de m’inviter au cinéma en mai pour aller voir ce film dont on parle désormais partout, Burning ambition, qui retrace le demi siècle de carrière du monument Iron Maiden, groupe que j’ai vu pour la première fois à Paris en ouverture de Kiss en 1980 et que, depuis qu’il est en âge d’assister à des concerts de ce genre, soit 2011 (pour le Final frontier tour), nous allons voir ensemble au moins une fois par tournée, exception faite de la première partie de Run for your lives en 2025. « Je ne sais pas s’il sera diffusé à Orléans mais, on ira à Paris s’il le faut! » précise-t-il. transmission familiale?

Jeudi 30 avril, je reçois un sms : « mercredi 13 mai, tu réserves ta soirée. Nous allons voir le documentaire sur Maiden« . Chance, Burning ambition sera projeté à Orléans et le rendez-vous à 20h est noté sur mon agenda. Dont acte. Le soir dit, direction le complexe ciné de Saran ou je m’attends à voir tout le gratin orléanais des fans de la Vierge de Fer. Mais finalement, non… La salle, ce soir, n’affiche pas complet. Il y a environ deux cents spectateurs – beaucoup plus cependant qu’à Orléans centre. La date choisie, mercredi 13 mai, joue-t-elle alors que les Français ont un nouveau week-end prolongé de quatre jours et que, dès 18h00, les médias annoncent plus de 1200 km d’embouteillages?

Réalisé par Malcolm Venville, ce documentaire retrace la carrière d’Iron Maiden depuis ses débuts en 1975 jusqu’à aujourd’hui. Peu connu des fans de heavy metal, Venville, né à Birmingham, a étudié la photographie et le cinéma. Il s’est notamment fait connaitre dans le domaine de la publicité, remportant divers prix et distinctions, et s’est également démarqué avec trois mini séries historiques (Grant en 2020, Abraham Lincoln et Theodore Roosevelt en 2020), ce qui a sans doute déterminé le choix de la bande de Steve Harris qui, cependant, reconnait n’avoir eu que peu son mot à dire sur ce documentaire…

Tirant son nom de la face B du tout premier single d’Iron Maiden paru chez EMI en 1980 (Running free, arrivé n° 34 au Royaume Uni), le film couvre cinq décennies d’évolution(s) et de rencontres au travers de témoignages variés et d’extraits de documents plus ou moins connus des fidèles.

Devenu une institution mondiale, Iron Maiden, plutôt que d’offrir à ses fans un nouveau DVD/BluRay documentant son histoire, préfère attirer son public, sans doute le plus fidèle, au cinéma pour résumer en un peu moins de deux heures (1h46, c’est assez court pour résumer un demi siècle…) son parcours désormais quinquagénaire. Mais ce public , »le plus fidèle », ne connait-il pas déjà tous les détails de la carrière du groupe?

Lorsque la salle est enfin plongée dans le noir, pas d’excitation. Les spectateurs sont calmes et concentrés. Et puis, le film documentaire. Dans l’ensemble bien fait, avec un déroulé qui devient rapidement chronologique, on est rapidement surpris par, d’un côté, l’intervention régulière de fans plus ou moins – souvent pas du tout – connus (Javier Bardem, Scott Ian (Anthrax), Tom Morello (RATM)) ou de simples fans sélectionnés on ne sait trop où ni comment. Mais certains témoignages séduisent, comme cette Libanaise qui évoque son premier contact avec Maiden à l’époque de Fear of the dark (1992) ou la réelle excitation de Bardem lorsqu’il évoque cette communion et cette unité du public en concert.

Cependant, en dehors des images les plus récentes – et cependant déjà très bien documentées – on trouve beaucoup de choses déjà parues sur les DVD The early days et Live after death, et dans le plus récent ouvrage Infinite dreams (la lettre de démission de Di’Anno ou les agendas de Steve Harris, pour ne citer que deux exemples). Si le die hard fan ne découvre donc que peu de choses, le plus jeune fan se délectera des anecdotes relatées (la participation accidentelle de Maiden à un mariage en Pologne, la blessure de Bruce lors du Rock in Rio, la colère de Harris et Bailey lors d’un concert où un fan crache sur les musiciens…) Mais on s’interroge aussi sur ces représentations sans doute générées par l’IA (comme l’affiche…) et pas toujours réussies d’Eddie, pourtant mascotte et membre à part entière de l’univers Iron Maiden.

Si le film est, sans réelle surprise, très majoritairement axé autour des périodes Bruce Dickinson – on regrette d’ailleurs le peu de temps d’évocation des périodes Paul Di’Anno et Blaze Bailey, même si on apprécie les hommages qui leur sont rendus), on est aussi replongés dans les hauts, très hauts, de la vie d’Iron Maiden, de sa croissance fulgurante des années 80 jusqu’à en être cramés après une longue période enregistrements-tournées de 82 à 89, entrainant le départ d’Adrian Smith puis celui de Dickinson (je découvre toutefois ici le niveau de rancœur de Nicko McBrain à son égard), jusqu’aux bas, très bas, de la période Blaze Bailey pourtant riche mais plus sombre et certains clubs très vides notamment aux USA), et la reconquête du monde après le retour des deux démissionnaires – et le rôle certainement joué par la réintégration de Smith, éternel complice de Dave Murray.

On se régale aussi des scènes moins souvent diffusées en loges et en backstage, du témoignage de Nicko au sujet de son départ à la suite d’un AVC à la suite duquel il ne réussit pas à jouer comme avant et l’émotion de l’annonce de ses derniers instants avec le groupe.

Si l’ensemble reste assez convenu mais sans réelle intense surprise (seuls quelques applaudissements polis retentissent à la fin de la projection), il y a toutefois du plaisir à retrouver ces images d’archives – les découvrir aussi pour les plus jeunes – et être accompagnés par ces hymnes incontournables. Burning ambition est aussi, reconnaissons-le, un film logique dans cette période qui voit Iron Maiden célébrer (désormais plus de) cinquante ans de carrière. Une célébration ayant débuté avec la tournée Run for your lives en 2025 (dont les Eurockéennes de Belfort) suivi de la publication de cette bible maidenienne qu’est Infinite dreams et qui continue avec la seconde partie de ladite tournée qui honorera la France à 3 reprises au mois de juin : le 19 au Hellfest, le 22 à Paris la Défense Arena et le 27 au Groupama Stadium de Lyon Décines. Rendez-vous au(x)quel(s) de ces concerts ?

SNAP BORDER: Supergiant

France, Metal (Autoproduction, 2026)

C’est avec une déconcertante régularité que les Nancéens de Snap Border reviennent avec Supergiant leur troisième album. « Déconcertante régularité » car c’est à chaque fois une période de 5 ans qui sépare deux albums. Est-ce ainsi qu’on fidélise un public aujourd’hui plus avare de patience qu’avide d’immédiateté? Sans doute pas mais Snap Border a mis ce temps à profit pour peaufiner son sujet et offrir à son auditoire 10 titres forgés dans ce metal alternatif et enjoué cher à Papa Roach que dans le plus brutal et presque metalcore de Bring Me The Horizon. Dès (V)ampire, les cinq nous entrainent dans un mix très réussi d’ambiances sonores variées, entrainantes sur fond de guitares rugueuses sinon rageuses. Loin de se contenter d’une recette, la formation aujourd’hui composée de Franck Poinsot (chant), Olivier Siedlecky et Eddy Bouvot (guitares), Thomas Gillot (basse) et Christophe Szczyrk (batterie) cherche à varier ambiances et plaisirs. This is not an exercise débute sur fond d’alarme pour s’engouffrer dans ce qui ressemble à une marche lourde d’esclaves de l’Egypte antique pour renouer, enfin, à des sons plus contemporains. Fading light, temps plus calme apporte une forme de respiration mais, malheureusement, les deux derniers titres, Looking at the sun et Shattered dreams, me semblent quelque peu inspirés par une forme de facilité et me laissent froids. Dommage de conclure ainsi alors que l’ensemble est riche d’envie, de puissance et d’entrain, et très bien produit. Allez, on se retrouve avant 2031?

DUST IN MIND: HCNO

Metal, France (Dark tunes, 2026)

Quasiment cinq années séparent CTRL (2021) de HCNO, la nouvelle livraison des Français de Dust In Mind. Si Jenifer Gervais plaçait de gros espoirs dans le précédent album, reconnaissant avoir dû sortir de sa zone de confort, l’album sorti en pleine période de crise sanitaire n’a pu être défendu comme il se devait. Et voici qu’arrive le mois d’août 2023 où chacun de son côté, Jennifer et le reste du groupe, publie un communiqué annonçant le départ de la chanteuse. Alors il faut trouver quelqu’un pour la remplacer et continuer l’aventure initiée en 2013 et dont Jen était un des instigateurs. Finalement, ce quelqu’un n’est autre que Damien Dausch, guitariste fondateur et producteur du groupe. DIM devient ainsi quartet, format qui lui permet de faire évoluer sa musique. Si les neuf morceaux de ce HCNO (nom d’un polluant présent dans l’atmosphère) puisent toujours dans le metal industriel, l’ensemble semble quelque peu épuré et devient par là même plus efficace. Oh, la rage et l’énergie sont toujours présentes, mais l’ensemble est plus… « abordable » et facile d’accès. DIM avance et parvient à mieux affirmer son propos musical en continuant d’explorer d’autres horizons sonores, allant du metal pur jus à des sonorités simples et organiques. Si le nom du groupe demeure inchangé, Dust In Mind se positionne sur la voie du renouveau avec une ambition renforcée et une envie de vaincre et de retrouver sa place sur la scène du metal hexagonal.

NEXT DEED: The beloved – act 2

Luxembourg, Heavy rock (Ep autoproduit, 2026)

Voici revenir les Luxembourgeois de Next Deed que nous avions découverts avec The Soldier – Act 1 paru en 2024, première partie d’une étude psychologique en 5 actes. The beloved – act 2 est un nouvel Ep composé de 5 titres rythmés et variés. Si l’ensemble souffre de la même faiblesse que son prédécesseur, à savoir un chant (Alain Hertges, brutalement disparu en 2025, l’Ep lui est naturellement dédié – le groupe vient d’annoncer son successeur en la personne de Carole Dondlinger) qui manque de rondeur, de profondeur et de, surtout au regard des thèmes abordés, gravité et noirceur, les guitares de Sue Scarano et de Kevin Roy tranchent dans le vif, avec des riffs acérés et entrainants, largement soutenus par une rythmiques carrée (Romain Haas à la basse et Lou Metz à la batterie) et une production soignée. Si l’on peut parfois penser à des groupes de heavy rock américains contemporains, il manque sans doute dans le son final, tout comme dans la pochette, trop artificielle pour réellement marquer les esprits, cette étincelle qui permet d’enflammer un morceau et le rendre mémorable. Bien fait, agréable musicalement, le concept développé mérite d’être creusé et les Ep écoutés l’un après l’autre pour mieux saisir la volonté musicale de Next Deed. A suivre