FRANTIC MACHINE: Peace of mind

FRANTIC MACHINE 2014 Heavy metal, France (Autoproduction, 2017)

J’ai découvert Frantic Machine au PMFF VI. La claque que j’ai reçue, je te dis que ça! Il fallait donc que je découvre version disque ce que donne le groupe afin de confirmer – ou d’infirmer – cette première impression. Merci tout d’abord au groupe de m’avoir spontanément proposé de m’envoyer ses deux albums dont voici le dernier en date. Peace of mind est paru en 2014 et la machine fonctionne à merveille. Voilà, c’est dit. Maintenant, comment ils font? Le propos est sans conteste possible celui d’un groupe de metal: la voix de Seb est rauque et étouffée, les guitares saturées et déterminées, la rythmique lourde. Simplement, tout au long de Peace of mind, Frantic Machine apporte cette touche de sonorités modernes, ici avec de simples notes de claviers, là avec des guitares plus claires et légères. Le morceau éponyme, s’il est passe partout, cache une série de headbangers: To you fait taper du pied, No freedom, rapide, possède cette détermination particulière aux hymnes en puissance et fait non pas se dresser les cheveux mais bien lever des poings révoltés, My needs plus modéré avec son riff obsessionnel devient vite hypnotisant. En l’espèce de quatre titre, Frantic Machine démontre la variété de ses envies dont le point commun se résume à « puissance et efficacité ». Et ça continue. Liar puissant, cède la place à une exceptionnelle détermination. Rajoutez à à cela une motivation sans failles, et l’on obtient l’album quasi parfait. Si Face to face est plus heavy, il est également plus oppressant et moins attirant. Si l’ombre de Metallica plane (le break de No Freedom, Brother…) Frantic Machine s’en détache pourtant trouvant son identité propre. Eh, les gars trouvent même le moyen de faire jouer Fred Duquesne sur le solo de Fantasy, qui (presque) clôt le disque. Car, loin des 16′ affichées, il cache une dernière chanson, toute en douceur. L’ensemble reste cependant très efficace, Peace of mind s’écoutant de bout en bout en tapant du pied. A quand la suite???

Note: 8,5/10

Paru en 2014 – Albums toujours disponibles via: https://franticmachine.bandcamp.com/ ou la page FB du groupe : https://www.facebook.com/franticmachine/?fref=ts

Interview: HIGH SCHOOL MOTHER-FUCKERS

Interview High School Mother-Fuckers. Rencontre avec Pamy (batterie) et Fuzzy (basse). Propos recueillis à Paris le 16 février 2017

 

High School MF 2 - Copie

Metal-Eyes : Commençons par un petit rappel : c’est en 2003 que s’est formé High School Mother-Fuckers, avant tout en hommage aux Ramones.

Pamy : C’est ça.

Metal-Eyes : Donc un côté punk rock et hard rock très affirmé, autant qu’un côté glam, visuel autant que musical. Votre actualité, c’est ce split avec The Joystix, Skulls out. Pourquoi avoir choisi ce format plutôt qu’un album tout court ou quelque chose sous votre propre nom ?

Pamy : En fait, un album… On s’est dit qu’on en a sorti un il n’y a pas longtemps. Enfin… « il n’y a pas longtemps… » Le format nous plaisait, et à la base, on voulait que ce soit un vinyle. Financièrement parlant, autant pour les Joystix que nous, ce n’était pas très rentable. Donc, on est partis sur le split CD. On ne voulait pas faire l’album tout de suite, Fuzzy vient juste d’entrer dans le groupe

Fuzzy: … 2 ans, quand meme!

Metal-Eyes :

Pamy : Oui, mais deux ans, pour nous, c’est pas énorme !

Fuzzy: La notion du temps n’est pas la même (rires)

Pamy :  C’est ça… C’était un peu prématuré, le temps qu’il se mette comme nous à l’alcool, la drogue et aux filles…

Metal-Eyes : Donc avant, il n’y avait ni l’un, ni l’autre ni le troisième, c’est ça?

Pamy : Non, il n’avait que deux chats.

Metal-Eyes : En 2017, HSMF, c’est quoi? Tiens, commençons justement par toi, Fuzzy…

Fuzzy: C’est quoi? C’est un groupe… A quel niveau?

Metal-Eyes : Ce que ça représente pour toi.

Fuzzy: J’ai arêté un groupe, en fait, deux autres, quand ils m’ont embauché. C’est un groupe de rock’n’roll français, donc on essaie tant bien que mal d’y arriver, mais c’est pas gagné, à la base. On s’éclate, je pense que c’est avant tout une bande de potes, on ne fait pas ça pour l’argent… Ça se saurait ! C’est prendre la route, boire des coups avec les potes, le rock’n’roll, quoi !

Metal-Eyes : Et pour toi Pamy ?

Pamy : pour moi, High Shool c’est les potes, c’est une famille, le rock’n’roll, c’est l’aventure, se marrer… Pas se prendre au sérieux… c’est un mélange de tout ça. On n’est pas des punks parceque on aime bien notre chez-soi en rentrant le soir. Mais c’est une famille. Une fois qu’on rentre dedans, on y est bien.

Metal-Eyes : Discographiquement, et scéniquement, vous êtes assez rares. N sait que c’est assez diffiocile en France, mais ce n’est pas non plus le plus évident pour se faire connaitre, d’être absents. Comment comptez-vous y remédier ? (3’48)

Pamy : On est en préparation d’un clip, par exemple, pour le titre Ride into the blue qui est sur le split. Ensuite, on va faire de plus en plus de split, je pense, avec des groupes qui nous tiennent à cœur. On a des noms qu’on garde pour nous car rien n’est établi, mais ce sera plus avec des groupes internationaux.

Metal-Eyes : Toujours sur Shootgun, j’imagine.

Pamy : Toujours sur Shootgun Generation Records.

Fuzzy: Il y a aussi un site internet qu’on n’avait pas avant (www.highschoolmotherfuckers.com).

Metal-Eyes : Comment décririez-vous l’un et l’autre l’évolution du groupe entre vos deux dernières productions ?

Pamy : Déjà, on a changé de bassiste. Aurèle est parti et Fuzzy est arrivé avec, finalement, un côté un peu plus punk dans son jeu. Et maintenant, on a aussi un peu de bouteille, on se connait tous par cœur. Au niveau de la composition, c’est bien plus facile qu’avant, on galérait parce que chacun composait dans son coin.

Metal-Eyes : Donc c’est principalement au niveau du travail qui devient plus collectif ? Et musicalement, Fuzzy, tu as apporté quoi de plus dans ton jeu de basse ? Quelles influences avez-vous mises en commun ?

Fuzzy: J’ai pas mal d’influences qui sont à la base des High School, que ce soit les Ramones, Motörhead, le punk ou des groupes plus glam, genre Hanoi Rocks. C’est pour ça que je suis venu jouer dans High School, parce que ces influences, c’est ce qui me plaisait.

Pamy : C’est aussi toujours ce qu’on a dit : dans High School, on est toujours un peu entre deux chaises… Pour les hard rockers, purs et durs, on est trop metal, et pour ce qui sont plus metal, on est trop punk…

Fuzzy: En même temps, c’est ce qui est très bien. On n’est pas les seuls : regarde les Sticky Boys, ils sont aussi le cul entre deux chaises, comme nous. Moi, j’aime bien les groupes qui mélangent ces influences…

Metal-Eyes : Puisqu’on parle de Skulls out, l’un et l’autre, si vous n’aviez qu’un seul titre à retenir pour expliquer ce qu’est HSMF aujourd’hui, ce serait lequel?

Fuzzy: Je pense que c’est assez compliqué. Chacun des 5 titres représente une facette de High School. A jouer…

Pamy : Moi, je l’ai: Still hungover in Hungary! C’est pour les paroles, et puis c’est nous, notre expérience des gueules de bois qu’on a eues en partant en tournée en Hongrie, et une fois qu’on est là-bas, on est nous. On ne se prend pas la tête, on se tape des murges à terminer par terre…

Fuzzy: Pourquoi tu me regardes??? (rires)

Pamy : …avec un œil au beurre noir… C’est ce côté Rock’n’roll, punk et je pense que Still hungover nous représente bien.

Fuzzy: Je suis un peu d’accord, ça représente bien High School Mother Fuckers.

Metal-Eyes : Vous allez bientôt vous produire à l’Empreinte de Savigny le Temple en ouverture des Backyard Babies le 20 mars prochain. C’est pas n’importe qui, ils sont aussi assez punks et glam dans l’esprit. Comment vous préparez-vous à ce type de concert ?

Pamy : Tout simplement, et déjà on est heureux de le faire. Quand on a vu la date, on s’est dit qu’il faut qu’on joue avec eux… On est super heureux de le faire, et on se prépare comme pour n’importe quel autre concert. On prend toujours très au sérieux la préparation d’un concert, et sur scène ce sera de l’énergie, du fun… C’est aussi ce qui nous représente, on n’est pas Dream Theater, on est là pour faire du rock, s’éclater et permettre aux gens de prendre du bon temps. (9’21)

Metal-Eyes : En dehors de cette date, il y en a d’autres de prévues?

Pamy : On est en train de prévoir une tournée en Hongrie/France, encore une fois, mais avec un groupe un ^peu plus important que les Joystix, en Hongrie en tout cas, qui s’appelle les Junkies; Mais qui reste dans le même esprit.

Metal-Eyes :En france, ce serait une vraie tournée, ou ce que j’appelle plus communéement une tournée “des week ends”?

Pamy : Ben, c’est ça le problème en France: on ne peut pas faire de varies tournées … Regardes, à part les Backyard Babies qui risquent de remplir un lundi soir à l’Empreinte, n’importe quel groupe joue un lundi soir, n’importe où, pas grand monde se déplace…Ce qui marche c’est jeudi, vendredi, samedi soir, mais déjà, le dimanche, c’est cuit: les gens travaillent le lendemain, et si on ne s’appelle pas Aerosmith, on déplace pas les foules.

Fuzzy: De toutes façons, la dernière tournée qu’on a faite, on a joué toute la semaine parce qu’on n’a pas non plus les moyens de se déplacer et revenir à Paris pour ne jouer qu’en week end. Après, c’est sûr qu’il y a des villes où on attire moins de monde en semaine, on n’est pas sur place pour faire la promo…

Metal-Eyes : En ce moment, vous écoutez quoi?

Pamy : Le nouveau Night Ranger !

Fuzzy: J’aime bien Bitters, ça représente bien ce que j’aime, ou le Michael Monroe. Mais il y en ade moins en moins ils disparaissent tous !

Pamy : Nouveau, il n’y en a pas beaucoup qui me font tripper… En nouveauté, je n’écoute pas grand-chose, à part Sticky Boys, les potes… J’ai pas accroché. Tout ce qui sort actuellement ne me touche pas forcément. Je préfère écouter des vieux trucs, même du death de l’époque, Entombed ou des trucs comme ça, mais j’ai du mal avec les nouveaux… Quand je vois un groupe comme In Flames qui sort des albums mortels, et le dernier, c’est une catastrophe ! Ils font de la pop ou je ne sais pas quoi…Un peu bizarre, quoi ! La nouvelle scène ? J’arrive pas à accrocher.

Metal-Eyes : Est-ce que ça peut être dû au fait qu’il y a tellement de choses qui sortent, qu’aujourd’hui, tout le monde peut se déclarer musicien et enregistrer à la maison…

Pamy : C’est ça, oui, aussi

Fuzzy: Après c’est noyé dans la masse, il y a peut-être des super trucs qui’on ne connait pas et ce qui sort, avec de la promotion, et qui arrive à mes oreilles, c’est pas forcément les meilleurs trucs non plus.

Pamy : Ce n’est pas évident de déceler et d’écouter de bons groupes parce que, justement, comme tu viens de le dire, il y a tellement de choses, c’est tellement inondé de groupes, je ne dirais pas mauvais opu moyen, je ne les connais pas, mais il y en tant que, effectivement, quelque chose fait maison ne va pas sonner pareil que le boulot de gars qui passent un mois ou deux en studio. Je pense que, malheureusement, c’est un peu pollué par tout ça. Le home studio, maintenant, tout le monde peut y avoir accès, et il n’y a plus vraiment d’ingénieur du son non plus…Le Davout, regarde, il est en train de fermer…

Fuzzy: Et il y a une fausse batterie…

Pamy : Trop de synthétique.

Metal-Eyes :Que faudrait-il en France, selon vous, pour que le marché change un peu, a delà du fait que le marché du disque soit moribond ?

Pamy : Déjà, je pense que tout le côté MP3, machin et tout ça a flingué le marché du disque.

Metal-Eyes : Donc on revient au vinyle?

Fuzzy: Ca revient, oui, mais je pense aussi que c’est une question d’éducation musicale. On écoute de la merde…

Metal-Eyes :

Pamy : Je travaille avec certains jeunes qui me disent « c’est quoi le nom de ton groupe ? Ah, cool, je vais voir si je peux le télécharger » ! C’est pas « tu peux me vendre le CD ? », il n’y a plus ce réflexe-là, et c’est dommage. Comme tu dis, à part le vinyle, je ne vois pas ce qui peut sauver l’industrie musicale.

ASSENT: We are the new black

assent 2017Heavy/Thrash, France (Autoproduction, 2017)

Deux. Ce groupe n’est composé que de deux musiciens, Aurélien Fouet-Barak qui s’occupe de tout sauf des guitares tenues par Grégoire Debord. C’est ça, en gros, Assent, qui nous propose aujourd’hui un Ep, We are the new black. 6 titres aussi variés que le tonnerre peut gronder avant de disparaître. Ca craque, ça pète et ça se calme, voilà comment on pourrait résumer ce disque. Mais ce serait aussi quelque peu réducteur. Assent sait placer ce qu’il faut d’énergie et de mélodie, et sait aussi surprendre. Preuve en est l’utilisation de cordes (violons, violoncelles) dès le début de The dust & the screaming. Les ambiances sont travaillées et réfléchies, on passe du brutal à du Rock’n’Roll sous adrénaline (Insomnia) en passant par de sérieuses inspirations thrashisantes old school (We are the new black) ou le chantant, malgré ses égorgements black metal, Remain in darkness… Aurélien propose une variété des styles vocaux, démontrant la maîtrise de son organe. Des hurlements blacks, il passe à la douceur d’un chant clair qu’il fait parfois un peu crooner. Si We are the new black explore différents espaces, il intrigue justement par cette variété. Dense, quelque peu décousu, il s’adresse à un public varié qui n’a pas peur de se frotter, en quelques minutes, à plusieurs styles. Ni thrash, ni black, ni purement heavy, ni totalement rock, Assent nous offre un peu de tout cela en version condensée.

Note: 7,5

DEFICIENCY: The dawn of counsciousness

deficiency 2017Thrash, France (Apathia, 2017)

Il y a quatre ans, en 2013, Defeciency avait craché à la face du monde son second album, The prodigal son. Un concentré de thrash, de guitares enragées, et de rage vocale qui lui fit passer un cap non négligeable. Vraisemblablement satisfaits des retours, les Lorrains (de Forbach) remette cette année le couvert avec The dawn of counsciousness qui mélange les mêmes ingrédients et les poussent plus loin encore. Malin, Laurent Grisonna ne fait pas que cracher sa rage. Il parvient à moduler sa voix, lui donner des intonations variées, plus en tout cas que les simples hurlement de haine qu’on entend trop souvent. Une variété qu’on retrouve dans les joutes guitaristiques, six cordes qui parfois, comme sur Another fail to come, propose un rapide break, divagation hispanique étonnante, et dans le travail rythmique; on remarquera à ce titre le travail d’Anthony Thomas qui propose bien plus que de la simple double grosse caisse ou blast beats éculés. Alors autant de rage peut, sur la longueur, quelque peu lasser. Seulement Deficiency commence à maîtriser cet art qui permet aux oreilles de se reposer avant un retour d’énergie pure. Sans surprise, on retrouve certains invités de marque, tel Alain Clément (No Return) qui propose un solo sur The upriser. Certes, ce n’est pas l’album dont je me saisis spontanément, il n’empêche que les amateurs du genre y trouveront leur compte: une bonne dose de décibels et de quoi faire tourner non pas les serviettes mais les tignasses à se rompre le coup! Sans doute possible, avec The dawn of counsciouness Deficiency trouve sa place parmi les grands challengers du thrash metal hexagonal.

Note: 8/10

The Treatment et BlackRain live à Paris (le Divan du Monde, le 7 février 2017)

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Après quelques changements de line-up et de look, les jeunes Anglais du très prometteur The Treatment qui ont ouvert il y a quelques années pour rien moins que des Alice Cooper ou Black Sabbath – c’est dire le potentiel du quintette – reviennent séduire la capitale et quelques autres villes françaises pour soutenir leur dernier album, Generation Me. Premier étonnement: le groupe ne se produit « que » dans le Divan du Monde et autres salles de petite capacité… On se dit qu’il y a encore du chemin à parcourir. Ne pas battre le fer tant qu’il est chaud peut se retourner contre soi… L’affiche est plus tard complétée avec l’annonce de la première partie: BlackRain. Nos petits frenchies de BlackRain qu’on n’attendait pas en ouverture à ce niveau de carrière. Ça, c’est la seconde surprise. Puis, vient la troisième: il y a peu de monde devant l’entrée du Divan ce soir. Ouais, pas vraiment le succès escompté pour les Anglais… Une fois dans la salle, quatrième étonnement: c’est la batterie de The Treatment qui est en devant de scène… un backdrop flanqué de son logo dissimule à peine celui de BlackRain. Oui, l’ordre de passage a été inversé, tant pis pour ceux qui décident de venir pour voir ceux qu’ils croient être la tête d’affiche, donc…

THE TREATMENT

THE TREATMENT

Effectivement, ce sont les Anglais qui investissent la scène les premiers. Pendant une bonne heure, ils font monter la température. Leur hard rock a de quoi booster n’importe quelle audience, et les extraits de leur dernier né, Generation me, ou du précédent opus, Running with the dogs, sont de purs hymnes de rock brut. Le public ne s’y trompe pas, lui qui bientôt pogote et bouscule l’audience. Si je préfère la hargne vocale de Matt Jones, l’ancien chanteur, il faut reconnaître que le joli minois poupon de Mitchell Emms cache un enthousiasme et une détermination explosives. A plusieurs reprises le gaillard décide de s’offrir un séjour dans la fosse, pogotant avec le public (on entend même un gros « boum » lorsqu’il perd son micro sans chercher à le récupérer…) qui le porte, le transporte à sa place sur scène. Ce public qui connait par cœur le répertoire des Anglais, reprenant les Let it begin, We are beautiful ou autre I bleed Rock n Roll et Emergency. Une bonne heure enthousiaste, rock and roll et agitée comme on aime. Et tant pis pour les quelques ecchymoses, ça fait partie du jeu!

THE TREATMENT

THE TREATMENT

 

BLACKRAIN

BLACKRAIN

Place ensuite à la tête d’affiche surprise. Il était en effet étonnant de voir BlackRain en seconde position, au Divan du Monde, mais les choses se sont inversées. Les savoyards ont une belle palette de titres qui passent bien en live. Ce soir, ils nous offrent un défilé de hits tels que Eat you alive, Back in town ou mind control, parmi d’autres extraits de Released, leur dernier album en date, et revisitent leurs morceaux emblématiques, tels que innocent Rosie, pour lequel Swan demande l’aide du public, ou True girls et son imparable refrain. Run tiger run passe lui aussi bien l’épreuve de la scène. Le groupe nous réserve même une nouvelle surprise: après For your love, le public se retrouve avec Matt seul sur scène. Le guitariste interprète One last prayer – moment émotion du soir. BlackRain est concentré sur son sujet, son concert. Alors que The Treatment a mis le feu, l’ambiance est désormais plus concentrée et sage. Il manque cette petite étincelle, cette touche de folie qu’ont insufflée les Anglais au set des Français. Cela, malheureusement, fait toute la différence. Car si la setlist fonctionne à merveille, on attend plus de folie d’un groupe de ce calibre. Plus de sourires, de vie dans l’attitude, principalement, de Swan. Les gars sont sans doute trop sages ce soir. Un concert sympa dont on ressort en regrettant que l’affiche ait été inversée…

BLACKRAIN

BLACKRAIN

UNION JACK: Supersonic

union-jack-supersonic 2017Punk, France (Beer records, 2017)

un groupe français qui prend le nom du drapeau anglais, Union Jack, on pourrait hurle à la trahison! Ou simplement se dire que le trio puisant ses racines et son inspiration dans le punk des origines se réfère directement au pays qui a vu naître ce genre excentrique, irrévérencieux et irrespectueux. Ici, on reprend la « recette » des Sex Pistols ou autres Exploited, avec quelques touches de Ska et un esprit un peu Mod’s: ça crache, c’est hargneux, direct et engagé. Si Cynical sound club démarre de manière assez metal, dès Oh boogie, le ton change: ça crache et vomit à deux voix rappelant celle d’un certain Johnny Rotten. L’énergie dégagée rend le tout fun, ok, impertinent aussi… Et c’est emplit d’une débilité volontaire, d’enfantillages et de je m’en-foutisme absolu. A un point que l’accent franchouillard, ben… m’en fous! Une seule règle semble guider Union Jack: l’éclate. Et, franchement, même si c’est pas mon trip, il y a tellement de cœur dans ce Supersonic que ça le fait. Les mecs envoient le bois sans se soucier des autres. Ca chante, ça gueule, ça râle et ça nous replonge dans une certaine idée de ce que fut, jadis, l’Angleterre des Pistols. Fuck off! Et ressortez les crêtes au passage.

Note: 7,5/10

Site web: www.unionjack.free.fr 

 

SPIRIT: Ni dieux ni maîtres

SPIRIT 2017Heavy Metal, France (Emanes metal, 2016)

Spirit nous revient avec un troisième album, son second avec le chanteur Arnaud Ducrocq, qui permet à Thierry Tripenne de se concentrer sur la guitare. Il est cette fois accompagné d’un nouveau guitariste, Aurélien Pauchet, qui vient se joindre à Christophe Tripenne (basse) et Jean-François Chapelet (batteur). Ce Ni dieux ni maitres se veut engagé, direct et puissant. Aux frontières du thrash, le morceau éponyme qui ouvre ce disque (après l’introduction de chœurs d’église) nous met dans le bain. La voix est puissante, grave, les guitares rugueuses taillent dans le vif. Triades, qui suit, est forgé dans le metal des années 80, au son modernisé, inspiré par des échanges maidenesques ou priestiens. Lourd et efficace, on veut en savoir plus. Si les Prophètes, Nuova malizia (Metallica n’est pas très loin!) entraînent l’auditeur dans leur sillage, si Spirit connait son affaire, si les chansons alternent entre titres speedés et thrashisant et chansons plus lourdes et lentes, la voix fini par me lasser: elle est profonde, puissante , certes mais, à mon goût, pas assez variée, et ne parvient pas à me maintenir en éveil tout au long de l’album. Attention, elle colle parfaitement à l’esprit musical, mais là où les rythmes changent, étonnent, attirent, le chant peut, malgré quelques instants de rage, passer pour quelque peu linéaire. Ça fonce, ça cogne, c’est entraînant, l’ensemble de ce Ni dieux ni maîtres est, une nouvelle fois engagé. Le disque aborde des thèmes de société et d’actualité, qu’elle soit politique ou religieuse. Un retour qu’on espère gagnant. Reste à nous proposer des concerts partout et enfoncer le clou avant que 4 nouvelles années – une éternité dans l’univers musical – ne s’écoulent.

Note: 7,5/10

EVENLINE: In tenebris

evenline-2017Metal progressif, France (Autoproduction, 2017)

Depuis ses débuts en 2010 avec son Ep The coming life, Evenline se forge une réputation de plus en plus solide. Si Dear Morpheus, son premier album paru en 2014, lui a permis de jouer en compagnie de groupes aussi variés que Alter Bridge, Seether ou encore Glamour Of The Kill, In tenebris devrait permettre au groupe de franchir un nouveau palier. Les dix titres de ce nouvel album parviennent à capturer l’essence du heavy melodique, progressif et extrême. Incontestablement heavy, des morceaux comme All against me, Silene Capensis ou Wasted Years (rien de commun à part le titre avec vous savez qui…) le sont. Directs, incisifs, ils entraînent l’auditeur dans une dimension pesante. Mélodique, on pense à des chansons entraînantes et chantantes comme Straightjacket. Enfin, extrême: s’il tarde à venir, le chant guttural est partie intégrante de cet ouvrage, et est savamment allié au chant clair, majoritaire. Les deux se complètent, tout simplement, sans que l’un ne prenne le pas sur l’autre. Malgré quelques légers décrochements, Evenline nous offre une oeuvre aboutie, parfaitement produite, que l’on espère voir toucher un nombre conséquent d’auditeurs.

Note: 8/10

BORN FROM LIE: The promised land

born-from-lie-2017Heavy metal, France (Brennus, 2016)

Formé en 2014, le trio francilien Born From Lie est déjà responsable d’un album éponyme paru l’an dernier avant de présenter ce nouvel essai, The promised land en fin d’année 2016. Autant dire que les gaillards savent qu’il n’y a pas de temps à perdre pour prendre une des rares places qui pourrait se libérer dans notre petit monde du metal. Officiant dans un heavy mélodique, les guitares souvent originales côtoient des rythmiques déterminées sur fond de voix claires auxquelles, par instants, se mêlent quelques growls. Si l’album souffre des écueil malheureusement trop fréquents au sein des groupes français (chant anglais trop rarement compréhensible et souvent limite – et trop mis en avant – des influences par trop évidentes dont les incontournables Iron Maiden ou Metallica et, surtout, un style pratiqué par des dizaines de formations tout aussi prometteuses), on remarquera les efforts dans le travail des mélodies, variées, et du travail guitaristiques qui réservent quelques agréables surprises de tricotage original. Les mélodies sont parfois empreintes d’un esprit celtique  (In my head, Far away from here) ou oriental (The promised land, intro instrumentale à No escape)  assez agréable. Egalement, en nos périodes d’inhumanité où les peuples fuient et migrent vers de nouvelles terres d’espérances, on ne saurait qu’être curieux des textes qui content une « simple » histoire et se révèlent d’une triste réalité historique tout autant d’une actualité affligeante. Cependant, au delà de ces trouvailles qui éveillent mon intérêt, on pourra aussi déplorer quelques effets guitaristiques dont on se serait passé, comme ces crissements intempestifs ou cette rage inutile sur les parties finales de This is my home ou Far away from here, et certains passages quelque peu trop démonstratif du savoir jouer de Jérôme Thellier. Agréable dans l’ensemble, et doté d’un livret enfin digne de ce nom, The promised land pourrait, à terme, permettre à Bon From Lie de se faire un nom dans notre Landerneau du metal. Si le groupe parvient à se distinguer de la multitude.

Note: 7/10

BY’CE: Reset to zero

by-ce-2016Hard rock, France (Autoproduction, 2016)

By’Ce? Ni Beyonce, ni Brice de Nice, mais visiblement – audiblement, serait plus juste – un amoureux de la six cordes. Ça fuse en tous sens, le morceau éponyme, qui ouvre ce disque de 8 chansons, frappe vite et fort, à un détail près: le chant. Non! Ce n’est pas du chant… C’est une voix qui croit chanter… Merde, comment gâcher ces compositions au demeurant originale par une torture vocale. Vous savez ce qu’on reproches aux critiques? Ce dont on les accuse le plus souvent, c’est de n’écouter que les premières secondes d’un morceau pour se faire une idée. Pour le coup, je confirme que c’est ce que je fais avec ce disque… By’Ce sait pourtant varier les tempos, comme sur cet intriquant et varié Reality splinters, sur le doux et reposant instrumental Serenity  ou ce You must hang on aux relents Pink Floyd meets Gary Moore, l’explosif Self control… mais ce gars qui pleure ou qui souffre, je ne sais, gâche tout. Je retenterai l’écoute avec un vrai chanteur, quelqu’un formé pour. Chacun son boulot après tout.

Note: 5/10