CUTTING CORNERS: Trampoline park

France, Punk (Cutting Corner records, 2025)

Ils sont deux – Ricardo à la guitare et Tommy à la batterie, les deux se partageant le chant – et ils ont envie de foutre un joyeux bordel. Guitare, batterie et un chant énergique et entrainant, la recette est simple et bigrement efficace. Avec Trampoline Park, Cutting Corner scande sa joie de vivre et sa liberté. Les douze titres sont directs et d’apparente simplicité. Quoi de plus complexe que de reproduire à deux ce que des groupes complets font? Alors les deux ne se prennent pas la tête, vont à l’essentiel avec des mélodies chantantes et percutante. On trouve des traces de The Offspring ou de QOTSA et, plus proche de nous, certains passages évoquent Sticky Boys. Simple, sobre et efficace. Et si l’énergie est retranscrite de cette manière sur scène, on nous promet de bons, d’excellents moments.

BLACK RABBIT: Chronolysis

Pays-bas, Thrash (Ep Autoproduit, 2025)

Située dans la province de Gueldre, Apeldoorn est une commune néerlandaise qu’on ira volontiers visiter pour ses… Ouais, on s’en fout, en fait. En tout cas, c’est là que Black Rabbit, groupe de thrash/death a vu le jour à la veille des années 2020. Les cinq musiciens – Nino Thomas au chant, Jelle Brekelmans et Hidde Hofland aux guitares, Thijs Mulder à la basse et Koen van der Voet à la batterie – crée le concept du lapin noir qui donne son nom au groupe, sorte de bestiole maléfique qui vient hanter nos nuits. Un premier Ep en 2020 est suivi d’un album, Hypnosomnia en 2023 avant l’arrivée de ce Chronolysis explosif. En cinq titres, les Néerlandais nous démontre leur savoir faire et leur détermination. Ca thrashe dans tous les sens et ce disque m’évoque la folie contagieuse de Crisix. Oui, Black Rabbit emporte tout sur son passage, surtout son auditeur pris au piège dans un déluge de riffs et de rythmes assassins et « cauchemardesques ». On se déboite la nuque avec bonheur. Live, ça doit démonter sévère! Fun, rentre dedans et explosif, bravo!

THE LIGHT

Allemagne, Hard rock (Fastball music, 2025)

The Light, c’est la réunion en 2024 de trois musiciens diversement expérimentés – Nick Antonelli au chant, Holger Terhorst à la guitare et Alex Scherz à la basse. Né dans le sud de l’Allemagne, le trio a une idée précise d’où il veut mener sa musique et son auditoire: du rock musclé et mélodique tout en posant un regard quelque peu critique sur la folie de l’humanité. Le résultat, c’est ce premier album éponyme qui, s’il souffre parfois d’un manque de liant, parvient à mélanger d’évidentes influences à une identité propre. Ainsi, si Metallica est souvent évoqué tant par certains riffs que par le chant qui rappelle plus qu’à son tour James Hetfield, on trouve également des traces de Paradise Lost (période Draconian times et One second) – étonnant pour un groupe qui s’appelle La lumière! The Light ne s’enfonce cependant jamais dans la virulence du thrash et sait toujours rester mélodique. Ce premier album est au final un moment de fraicheur, agréable et mature – d’autant plus après une petite année d’existence.

SABATON: de retour en France en fin d’année!

Après avoir proposé une version de sa tournée The war to end all wars au cinéma, nos farouches guerriers de Sabaton annoncent une nouvelle tournée européenne dont deux dates en France. On le sentait venir, la formation suédoise prenant une ampleur chaque année plus importante. Ainsi, après deux Zénith parisiens (2020 et 2023), Sabaton investira rien moins que l’Accor Arena de Paris le 28 novembre prochain avant de faire plier la LDLC Arena de Lyon le lendemain dans le cadre d’une tournée intitulée The legendary orchestra performing Sabaton. Rien que l’affiche donne déjà envie d’y être. En amuse bouche, découvrez la vidéo monumentale du single Templars. On quitte la grande guerre pour faire un nouveau saut dans le temps, et c’est tant mieux!

A noter que sabaton a récemment signé avec le label Better Noise Music qui propose de précommander une version limitée à 1.000 exemplaires du single.

HEAVY WEEK END 2025: le running order

Le running order de la prochaine édition du Heavy Week end a été dévoilé. Début des festivités à 17h30 avec ouverture des portes dès 16h. Slipknot fermera la marche avec 1h40 de jeu (vs. 90 pour les autres têtes d’affiche). A vos marques… C’est dans un mois!

REDEMPTION: The hard way

France, Heavy rock (Autoproduction, 2025)

Redemption, c’est une histoire de famille. Un père et ses deux fils unis par la passion du rock qui tâche, qui se lancent le défi de monter un groupe et qui se retrouvent sélectionnés pour jouer au Hellfest en 2018 avant de proposer un premier album, Three of a kind, en 2020. Le trio revient aujourd’hui avec The hard way, un nouvel album au titre explicite. La formation a muri son propos et propose des styles plus variés qui font toujours autant taper du pied. Malgré un anglais encore perfectible, Redemption développe et démontre tout son amour du gros rock, direct et franc. Si le trio nous replonge dans le heavy pur jus des 80’s, il le fait avec un son résolument moderne. Partout, on sent un inconditionnel amour pour les guitares grasses et les gros sons, les rythmes imparables, ainsi qu’un profond respect pour les anciens, d’AC/DC à Motörhead, le groupe rendant même une forme d’hommage à ces derniers en reprenant, accompagné d’une invitée de marque (Ruyter Suys de Nashville Pussy), un certain Overkill. The hard way est un album efficace de bout en bout. On les entend volontiers monter sur scène en scandant un graveleux: « Good evening! We are Redemption, and we are a familly. We also play rock’n’roll!« 

YOJIMBO: Cycles

France, Stoner (Autoproduction, 2025)

Si Cycles est le premier album des Strasbourgeois, Yojimbo – un rapport avec le film de Kurosawa? – a toutefois une petite histoire derrière lui. Formé en 2019, le quartet se lance dans un rock stoner teinté de touches progressives et publie un premier Ep éponyme en 2019. Et enchaine les concerts. Aujourd’hui, ce premier album nous montre un groupe qui maitrise son sujet et tout au long des 7 titres explore des univers variés. Si certaines influences sont évidentes – des riffs à la Black Sabbath early days, Queens Of The Stone Age – Yojimbo développe sa propre identité sonore et se lance dans des passages qu’on pourrait croire improvisés et qui nous renvoie aux plus belles heures du genre, celui d’un Blue Öyster Cult affiré ou d’un Pentagram. Un très jolie découverte à conseiller.

SPEAK IN WHISPERS Crystalline structures

Chypre, Metalcore (M&O, 2025)

Un groupe de metal qui se nomme Speak In Whispers, on imagine bien qu’il ne chuchote guère… Avec Crystalline structures, son premier album, le groupe chypriote nous propose un metal quelque protéiforme. On pourrait presque qualifier l’ensemble de metalcore progressif avec ses touches d’électro, ses structures à tirroirs, ses cassures de rythmes. Alors, OK, le « chant » pourrait être quelque peu plus adapté au prog, mais le metalcore n’est guère connu pour sa finesse vocale. Ca gueule sa rage de bout en bout – avec quelques instants plus chantés mais ce n’est que pour mieux revenir au hurlement – malgré une introduction quelque peu groovy. Mais au fur et à mesure que défilent les titres, rien ne me parle vraiment. Bien produit, certes, bien exécuté et plein de volonté, mais rien ne me fait particulièrement vibrer. Si ce n’est pas mon style, les amateurs du genre seront quant à eux séduits par l’énergie groovy développée par Speak In Whispers.

SILVER DUST: Symphony of chaos

Suisse, Metal (M&O, 2025)

Il y a trois ans, nous avions pu découvrir Silver Dust avec Lullabies, un album que je qualifiais alors de « grandiloquent ». Autant dire que mes attentes avec Symphonies of chaos, le nouveau méfait des Suisses sont assez élevées. Commençons par le visuel puisque les Helvètes ont décidé de prendre le contrepied en choisissant une pochette noire et rouge, en opposition avec la sobriété d’avant. Musicalement, le groupe de Lord Campbell, âme pensante du combo, nous offre 12 titres tout aussi exubérants qu’innovants. La grandiloquence est naturellement toujours de mise – un état d’esprit chez Silver Dust, semble-t-il – et l’ensemble est parfaitement produit. Le groupe touche à tout et explore tous les styles, alliant metal parfois brutal à des ballade revigorante, un esprit théâtral – le groupe développe aussi un véritable identité visuelle – à une rigueur presque militaire. « Touche à tout », certes, mais sans jamais se perdre en démonstrations inutiles, et ça, c’est une vrai force. Silver Dust mérite vraiment qu’on se penche sur son cas d’urgence.

HEAVY WEEK END 2025: des nouvelles

C’est dans les locaux parisiens de Gérard Drouot Productions qu’une petite vingtaine de journalistes a été conviée à une conférence de presse pour échanger au sujet de la prochaine édition du Heavy Week End qui se tiendra à Nancy du 6 au 8 juin prochain. Quelques minutes après 18h, Olivier Garnier, l’attaché de presse de l’évènement, introduit Matthieu Drouot, directeur de GDP et organisateur de l’évènement. Une courte vidéo nous est présentée afin de situer l’évènement et, pour ceux qui n’étaient pas présent en 2024, se faire une idée du lieu et de l’ambiance.

Après avoir évoqué l’origine du HWE, ce dernier rappelle qu’aujourd’hui « le rock et le metal ont pris une grande ampleur et tout le monde ne peut pas aller à Clisson. Avec le Heavy Week End, on essaie de proposer quelque chose de nouveau« . Il rappelle que la première édition a accueilli près de 35.000 festivalier sur les 3 jours. « Ce n’est pas qu’un one shot, le festival est là pour rester« . La série de questions/réponses commence ensuite. Ici, on s’interroge sur la possibilité que les groupes, seulement 4 par jour, aient un plus grand temps de jeu. Mais non, les 2 têtes d’affiche quotidiennes ont un temps de 90′, mais les premiers groupes ne peuvent dépasser les 45′. Là on félicite des initiatives visant les jeunes et l’utilisation du pass culture ou on diverge sur la présence de tel ou tel groupe. Naturellement, on revient aussi sur le bilan financier de la première édition. « On a été déficitaire l’an dernier » reconnait Matthieu Drouot. « Mais je ne suis pas plus inquiet que ça. On veut installer l’évènement et on ne perçoit pas d’aide ni de subventions. On ne s’attendait pas à gagner de l’argent, on doit se faire connaitre. Ce serait trop facile d’arrêter sous prétexte qu’on n’a pas gagné d’argent.« 

Matthieu Drouot, GDP

Une question sur le choix de la date de cette nouvelle édition: l’an dernier, c’était une semaine avant le Hellfest, cette année, c’est début juin, 3 semaine avant l’incontournable rendez-vous clissonnais. Un week end qui présente l’avantage d’un lundi férié (il approuve), mais est calé en même temps que nombre d’autres festivals en Europe dont le Sweden Rock. L’organisateur reconnait qu’il est très compliqué d’enchainer deux week ends de festivals d’affilée: « on n’organise pas le HF mais on y a des groupes, et, on l’a vécu avec la double édition, on fini rincés. On a besoin de reprendre des forces. » Il évoque également la disponibilité des groupes mais également du Zénith de Nancy. « Il n’y a jamais de date idéale, mais il n’y a pas d’autres festivals de ce genre en France« . Une question porte également sur le choix de Nancy: « je suis originaire de l’Est de la France. Pas de Nancy, mais c’est une région accueillante qui mérite d’être plus connue. Le Zénith de Nancy a sans doute été sous exploité. Il y a la logistique, aussi: une heure de train de Paris, l’Allemagne et la Belgique proche, un point central pour les groupes en tournée européenne… Avec le format du HWE, le public a le temps de pouvoir visiter la ville et la région, on n’est pas sur le feu du matin à tard la nuit! Et la qualité du son! On n’est pas confronté aux problèmes liés au vent, le son est très bon partout!« 

Vient ensuite un point sur les améliorations, notamment tarifaires: « on nous a reproché que la fosse était trop chère. On a entendu le message, on a tout modifié. On a aussi ouvert la programmation à des groupes plus jeunes. l’an dernier, on avait des dinosaures, c’était une superbe édition, mais on veut aussi attirer un public plus jeune« . Mais puisqu’on parle des améliorations, quid des sanitaires largement insuffisants l’an dernier? On se souvient notamment de palissades arrosées d’urine… « Oui, il y aura plus de toilettes cette année. Il y aura moins d’attente« . Un membre du staff m’explique plus tard que l’espace presse de l’an dernier accueillera ces Wc, la presse se trouvera quant à elle plus proche de l’espace VIP.

Une question est lancée sur l’annonce tardive de l’affiche complète: « on a toujours des difficultés sur une programmation. On a attendu confirmation de l’ensemble des groupes. Mais on avait déjà Slipknot qui sera chez nous mais pas au HF. On regrette qu’Iron Maiden fasse les Eurokéennes plutôt que le HWE, mais c’est ainsi… » Et puisqu’on parle de groupes, quelqu’un lance l’idée de faire venir un groupe qui évite soigneusement la France depuis quelques années: Manowar. Mais non, même si Olivier Garnier lance un « c’est à nous de les convaincre« , Matthieu se montre plus réticent et reconnait que le groupe est plus source de difficultés qu’autre chose. « Mon père les avait produit à la salle M. Cerdan de Bercy, ils n’ont rien respecté, avec un volume sonore pas possible. Et c’est souvent pareil. Non… Pas Manowar« 

Vient ensuite une question « de fan » qui fait quelque peu réfléchir Matthieu Drouot: est-il envisagé à l’avenir, comme c’est le cas sur d’autres festivals, d’organiser pour les médias des rencontres, interviews ou conférence de presse avec les artistes présents et, pour l’ensemble des spectateurs, des signing sessions? Si, dans un premier temps, la réponse est clairement négative, « les groupes sont également dépendants de leur planning et n’ont pas forcément le temps », le regard pensif de l’organisateur l’amène à conclure avec un simple: « bonne idée… on va y réfléchir pour les prochaines éditions« .

Une dernière chose puisque le festival est amené à durer: une troisième édition semble prévue, connait-on déjà les dates? « Pas encore, mais ce sera en juin. Et oui, il y aura une troisième édition, même si on n’a pas encore de date ni de noms à communiquer. » Le choix sera donc fait en fonction des disponibilités des groupes présents en Europe à cette période.

Yann, Mass Hysteria

Matthieu Drouot cède ensuite la parole à Yann Heurtaux, guitariste de Mass Hysteria ainsi qu’Andy Kuntz et Stephan Lill de Vanden Plas également présents pour un showcase. Quelques questions plus tard, les deux Allemands nous proposent un set acoustique rapide de 4 titres dont deux reprises, Boat on the river de Styx « qui nous a beaucoup inspirés » sur lequel Andy demande la participation du petit public avec des « clap your hands », et une d’un chanteur qu’Andy a toujours admiré, Stephan Eicher, Des hauts, des bas. Un moment privilégié et un bel amuse-gueule de ce festival qui mérite vraiment de devenir un grand du genre. Festival où l’on retrouvera évidemment Mass Hysteria et Vanden Plas parmi quelques autres. Rendez-vous à Nancy? Evidemment!

Vanden Plas