WHISKEY MYERS Live à Paris (Les Etoiles, le 31 mai 2017)

Ils n’étaient pas annoncés ( à part sur le flyer à peine diffusé…), mais les Anglais de Buffalo Summer ont été forcés d’annuler leurs concerts prévus en première partie de Whiskey Myers sur les dates allemandes, hollandaises et française. La faute à une panne de camion les empêchant de facto de circuler. Ils n’étaient pas annoncés, mais c’est dommage quand même…

Ce désistement laisse donc la possibilité aux Texans de Whiskey Myers de proposer un concert de plus de deux heures. Ce n’était sans doute pas prévu, et c’est une bonne chose tant le dernier album en date, Mud, a marqué votre serviteur. C’est la première fois que je me rends aux Etoiles, salle parisienne proche de la gare de l’Est, sa capacité est d’environ 300 personnes. Ce soir, Les Etoiles, ou plutôt Whiskey Myers, affiche complet. Faut-il croire que le public parisien attendait cette première apparitions des Américains dans la capitale avec impatience! Car, oui, c’est le premier concert que donnent Whiskey Myers à Paris. C’est également la dernière date de la tournée européenne.

La scène est aussi étroite que profonde. Devant, le trio de guitaristes. Derrière, le batteur est entouré du claviériste/saxophoniste/violoniste et, relégué au fond, du bassiste. Forcément, autant de monde sur une scène aussi petite, ça limite la mobilité. Mais les deux heures qui suivent sont roots. Simplement. Whiskey Myers se concentre naturellement sur le superbe Mud, son dernier album en date dont sont extraits plusieurs morceaux (In the river, Mud, Frogmand, Stone...). Bien qu’il manque un peu de communication avec le public, ce concert est chaleureux, terrien, plein de feeling et de jolis moments d’impro.

Whiskey Myers s’impose live, même si l’on regrette quelques moments un peu faibles (sans doute une ballade de trop qui a casé un rythme enlevé), et l’on attend maintenant un retour en nos contrées dès que possible. Une belle soirée, roots et rock comme on aime!

 

THUNDER live à Paris (La Maroquinerie le 25 avril 2017)

Etrange soirée… depuis son retour discographique avec un doublé plus que réussi (Wonder days et le récent Rip it up) Thunder ne joue « que » à la Maroquinerie, une salle certes sympathique et chaleureuse mais, à mon goût, trop petite pour une formation de cette envergure. Mais bon, Thunder et la France, c’est compliqué, contrairement à son Angleterre natale. Alors que la salle annonce l’ouverture des portes à 19h, personne ne sait encore qui sera la première partie. Puis, Facebook annonce l’ouverture à 19h30. C’est un tout petit peu après que le public investit la salle souterraine pour y découvrir la batterie de Harry james, flanquée du dessin de couverture de Rip It Up. Bon, pas de première partie semble-t-il… 20h30, effectivement, le batteur prend place derrièrer son kit, Chris Childs (basse) et Ben Matthews (guitare, claviers) s’installent sur scène avant que n’arrivent Luke Morley et Danny Bowles (guitare et chant), les deux meneurs incontestables du gang.

Logiquement, Thunder tire sa première salve avec No one gets out of here alive, le titre introductif de son dernier album qui fait bouger le public avec une belle efficacité. La salle n’est certes pas complète mais est emplie de fans et amateurs de rock simple et direct, celui que propose Thunder depuis ses débuts en 1989. D’ailleurs, son premier album, Backstreet symphony, 1990) est largement plébiscité avec pas moins de 5 extraits : Backstreet symphony sur lequel Danny fait chanter le public, une première de nombreuses participations, Higher ground avec une ambiance de feu, Don’t wait for me, Love walked in et l’indispensable Dirty love. C’est dire l’impact, et l’importance, de ce disque bientôt quarantenaire qui n’a pas pris une ride ou presque!

Bien sûr, le dernier album est largement représenté avec également 5 titres (No one, déjà cité, Enemy inside, Right from the start, In another life et Rip it up), presque autant que Wonder days (Resurrection day, The thing I want, Wonder days et Serpentine). Les quelque 300 spectateurs présents en profitent jusqu’au bout, chose aisée pour un concert qui se termine avant 22h15 mais après un Dirty love et un Danny très taquin.

 

En alternant titres foncièrement rock et ballades (un peu trop, peut-être?), Thunder nous a offert un concert simple – la configuration de la salle ne prête pas aux excentricités – mais particulièrement chaleureux et familial. Une très belle soirée, en somme.

Merci à Veryshow d’avoir rendu ce report possible.

GHOST live à Paris (L’Olympia, le 11 avril 2017)

ghost paris 2017

C’est la foule des grands soirs qui investit la mythique salle parisienne de l’Olympia. Une foule venue assister à sa grand messe, à un concert subversif, spécialité de Ghost… Sur scène trônent la batterie et les claviers masqués par des larges draps sombres. Devant, un petit set de batterie et des claviers attendent Zombie, le groupe de première partie. A 20h00, le batteur et le claviériste prennent tranquillement possession de leurs instruments. Dès les premières notes, l’influence de Rush se fait sentir, puis viendra celle de Jean-Michel Jarre, parmi d’autres. Pas de chant, et pas d’autre musicien… Zombie, ce n’est qu’un duo qui balance un variété un peu rock qui s’inscrit dans l’optique de cette tournée de Ghost intitulée le Popestar tour. Difficile à deux de remplir l’espace, ce qui ne semble pas être l’idée du jour même lorsque le pianiste s’empare d’une basse (bien trop forte à mon goût). Malgré le groove  et un accueil dans l’ensemble positif et sympathique, une bonne partie du public préfère se retrouver au bar. C’est simple, l’antichambre offre le spectacle d’une foule dense et bigarrée, qui assit et qui debout, mais une foule qui piaille, saute, s’assied, boit, partage, rit, s’écoute et se sourit dans un joyeux brouhaha qui se fait l’écho d’une certaine vision de la vie.

Lorsque Zombie termine à 20h45, les rideaux se referment sur la scène (chose rarement vue lors d’un concert rock ici). Petit à petit, la salle se remplit de nouveau. Le public est familial et multi-générationnel (de 6 à 77 ans, à l’aise!, mais rappelons-nous que les Parisiens sont en vacances). La musique d’entracte prépare l’ambiance: sonate au piano puis chants liturgiques et chœurs sacrés.

Enfin, les lumières s’éteignent. On aperçoit les pieds de Ghoul qui prend place derrière ses claviers puis arrivent ses compagnons de jeu. Les premières notes de Square hammer résonnent et des lumières de fond de scène éblouissent le public afin d’offrir une entrée soudaine et magique à Papa Emeritus III, vêtu de sa tenue des grandes occasions. C’est une forêt de mains levées qui l’accueille, des mains qui ne seront remplacées tout au long du concert que par les sauts cadencés du public ultra réceptif. On aperçoit même Steph Buriez, leader de Loudblast, headbangant comme pas deux. Les plus belles offrandes défilent comment autant de d’hosties noires (From the pinnacle to the pit, Secular haze, Body and blood, Devil church, Absolution, Cirice, He is…) Le chanteur se rendant compte de la présence de nombreux enfants promet de faire attention à son langage, promet, bienveillant, de ne pas jurer et de contrôler le nombre de « fuck » et « shit ». Bien sûr, Ghost propose un show assez similaire à ce que l’on a pu voir ces derniers mois, Papa changeant de tenue une fois, discutant paisiblement avec ses ouailles, Ghoul (basse) et Ghoul (guitare) s’offrant un pas de deux tandis que le pape noir invite deux jeunes nonnes à venir sur scène, informant le public des premiers rangs qu’elles vont venir faire une offrande. « Prenez ce cadeau, mais rien de plus! On ne lèche pas les doigts… » Mais une chose est évidente: même si le spectacle reste assez similaire et sans surprise, ça marche! C’est carré, hors du temps et passe partout. Au rappel, Papa seul sur scène énonce toutes les villes où Ghost a joué en France. Nombreuses… Et demande qui a déjà vu le groupe live. Tout le monde semble-t-il. Puis qui n’a pas vu Ghost. une personne, semble-t-il à laquelle papa explique toujours terminer par la même chanson. Monstrance clock annonce donc la fin du show, à l’ambiance explosive et chaleureuse. Une très belle soirée!

Devant le nombre important de demandes, Metal-Eyes n’a pu être accrédité pour les photos. Ce live report est donc sans illustration. Merci cependant à Olivier Garnier d’avoir rendu ce report possible.

VULCAIN, ADX et HIGH SCREAM live à Olivet (45), le 8 avril 2017

Vulcain ADX Olivet

Il y a quelques mois, Vulcain devait donner un concert au Blue Devils, bar rock du centre ville d’Orléans que connaissent bien les amateurs et qui fut jadis l’Infrared. Mais ce concert n’eut lieu, la préfecture ayant augmenté les normes de sécurité attendues… C’est finalement avec l’association Le Dahlia Rouge que ce concert est organisé, à l’espace culturel d’Yvremont situé dans la ville d’Olivet, à coté d’Orléans. La salle est grande et propose une scène spacieuse dotée de bons éclairages. le seul hic réside en la sonorisation, pas évidente mais nous ferons avec.

A 20h30, High Scream investit les lieux. Laissez-moi commencer par un mea culpa avant de vous parler du concert en lui même – ceux qui me lisent régulièrement vont penser que je suis maudit. Bon, euh, comment dire??? Une fausse manip m’a fait perdre toutes les photos de High Scream ainsi qu’une partie de celles d’ADX. Donc, j’en suis navré, il n’y aura pas de visuel pour ce groupe pourtant très prometteur. Car High Scream délivre un heavy racé, typé US, au chant et mélodies puissants et entraînants. La formation profite d’ailleurs de l’espace qui lui est offert pour donner le meilleur d’elle même et parvient aisément à séduire un public malheureusement trop peu dense (environ 200 spectateurs pour une capacité de 600, ça fait vide!). Une demie-heure, c’est sans doute un peu court, mais c’est aussi le sort réservé lorsqu’on a deux grosses têtes d’affiches qui arrivent. Il n’empêche, High Scream balance son hard rock avec une réelle conviction, et on attend de les retrouver bientôt!

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La dernière fois que j’ai vu ADX en région orléanaise remonte à… 2009 je crois, à Lailly en Val. Et ce soir, à Olivet, même si la salle n’affiche pas complet, on remarque que le public est varié: local, certes, mais certains viennent de Chartres, Paris ou encore Montpellier! Si ADX ne réserve pas vraiment de surprise, c’est toujours la bonne humeur qui est de mise live. un concert, c’est la fête, et les deux plus « sérieux » sont Nicklaus et Julien, les deux derniers arrivés au sein de la formation qui semble avoir vraiment trouvé sa stabilité. La setlist est judicieusement partagée entre classiques (Tourmente et passion, Déesse du crime, Notre Dame de Paris, Mémoire de l’éternel, Les enfants de l’ombre, L’étranger, Suprématie et Caligula) et titres plus récents (La complainte du Demeter, La mort en face, Red cap et Division blindée) et l’heure et quart de jeu frustre forcément certains qui en auraient redemandé. Phil, le jovial, remercie à plusieurs reprises le public pour son accueil, public de « Jolivet » (Julien le reprend en lui expliquant que le groupe est à Olivet…) et Betov est toujours aussi heureux de jouer et facétieux avec le public.

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Tout comme ADX, Vulcain connait parfaitement les ficelles et propose un set carré d’une heure et demi. Depuis bientôt deux ans, le trio célèbre le trentième anniversaire de la sortie de son premier album, Rock n roll secours (mais commence à s’en éloigner un peu, rafraîchissant ainsi la setlist) dont sont ce soir extraits les plus remarquables morceaux (soit presque tous!): Rock ‘n’roll secours, Les damnés, Le fils de Lucifer, Bosser, Overdose, Vulcain/L’enfer, Ebony) ainsi que le plus récent V8, dernier album en date (Avec vous, Call of duty, Limite et Sur la ligne). Les frangins Puzio sont à l’aise, Marc Varez, derrière sa batterie, harangue le public régulièrement et ses commentaires font bien marrer Daniel Puzio.

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Trois nouveaux titres sont joués (En vrac, qui parle des femmes, le très actuel Pour qui voter suivi de Heroes) le reste du set – deux morceaux – piochant dans une partie de la très riche discographie du trio  (Blueberry blues, Le soviet suprême). C’est peu, mais on ne peut satisfaire tout le monde à moins de jouer 5 heures! Le public est réceptif, un couple s’offrant quelques pas d’un joli rock, certains montant sur scène et prenant le risque d’un petit stage diving (merci à la jeune femme complètement bourrée qui n’a pu se lever et m’est tombée sur e dos… Pour ensuite se rater de nouveau et se retrouver par terre! Rock n roll!) Au milieu d’Ebony, joué en rappel, Julien et Nicklaus décident, armé de leurs instruments, de rejoindre Vulcain sur scène avant que tous les intervenants du soir ne s’y retrouve pour la traditionnelle Digue du cul.

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L’association Dahlia Rouge et le Blue Devils ont, malgré une salle pas complète, réussi leur soirée, chaleureuse et conviviale. Une initiative à réitérer.

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Merci à Fabienne et les bénévoles de Dahlia rouge production pour l’orga, à ADX et Vulcain pour les moments festifs live et hors scène! 

TRUST live à Blois – le Chato d’O, le 18 mars 2017 (avec David Sparte)

La grande salle du Chato d’O de Blois affiche complet pour cette date blésoise du Au nom de la rage tour de Trust. Le mythique groupe français, une nouvelle fois réuni autour de Bernie et Nono, fête le quarantième anniversaire de sa formation avec cette tournée entamée en 2016 et qui se soldera par un double événement en fin d’année: la sortie d’un nouvel album chez Verycords, et une série de 5 concerts donnés dans différentes salles de la capitale entre le 6 et le 10 novembre prochains (dans l’ordre: Bus Palladium, Maroquinerie, Bataclan, Trianon et Elysée Montmartre avec, pour les plus assidus, un pass pour les 5 dates à moins de 180€). On peut imaginer que les différentes parties de la tournée actuelle servent à reconquérir le public et à se réapproprier un répertoire vaste afin de proposer des setlists différentes à Paris. Rendez-vous est pris pour la fin d’année, mais d’ici là, c’est fête ce soir!

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Nono est le premier à monter sur scène pour présenter le groupe de première partie, David Sparte. « C’est mon fils, et c’est son premier concert » annonce-t-il, non peu fier avant d’ajouter un avertissement quant à la musique, différente, et que chacun pourra apprécier ou pas. Un homme averti en valant deux, l’attention est d’autant plus grande. Le chanteur et sa petite troupe proposent une musique qui emprunte à de nombreux styles. Le rap est bien présent, certes, symbole d’une génération, et l’on trouve également de belles traces de reggae, typé Jamaïque de Bob Marley ou Jimmy Cliff naturellement, ainsi que du rock. Le public écoute avec attention, et accueille le jeune homme d’une bonne trentaine d’années avec bienveillance. Une jolie prestation qui s’améliorera avec l’assurance de plus nombreux concerts. Ce soir, avec environ 40′ de temps de jeu, David est parvenu à séduire, se détendant au fil des minutes.

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Après une pause, le public – plus proche des sexagénaires que d’autre chose – se rassemble devant la scène. Les roadies finissent d’installer le matériel, se charriant, occupant les quelques minutes de retard avant qu’enfin la salle soit plongée dans le noir.

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On le sait, Trust, c’est avant tout la sulfureuse union qui lie depuis plus de 40 ans Bernie et Nono. On aurait bien voulu que le duo intègre de nouveau Vivi, et l’on est en droit de se demander qui sera derrière les fûts. Les batteurs, il y en a tant eu chez Trust qu’on ne les compte plus et, surtout, on ne s’offusque plus de voir une nouvelle tête. Sauf que la première surprise vient de celui qui pose ses fesses sur le tabouret. Un gamin à peine sorti de l’adolescence. Y aurait-il une seconde première partie? Eh bien, non! Les lumières s’éteignent, Nono balance les premiers accords d’un morceau qui m’est inconnu. Info prise, il s’agit de L’archange, un nouveau titre au riff aiguisé. Le public est attentif, mais explose dès la chanson suivante, un Au nom de la race qui ouvre les portes à une séries de classiques. Les musiciens sont précis, Bernie et Nono semblent très en forme, et complices. Clairement, à part quelques échappées, Iso Diop reste cantonné dans son espace côté cour et, en dehors de jouer, ne sert pas vraiment à grand chose. David Jacob, le bassiste revenant de la période Europe et haine et Ni dieu ni maître (album parfaitement oublié aujourd’hui, malheureusement), difficilement reconnaissable, est à peine moins discret. Trust est clairement le groupe de Bernie et Nono qui font le show. Le chanteur marque par son attitude désinvolte, sa gestuelle et son verbe rapés, une influence plus prégnante que jamais. Les classiques sont revisités, et, une fois la surprise passée, ce lifting étonnant s’avère intéressant.

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Le vocaliste est aussi particulièrement affable, et ne rate pas une occasion de dire ce qu’il pense et remettre le public à sa place. Dès la fin de Marche ou crève, Bernie demande au public d’avoir la gentillesse d’éteindre les téléphones. « Ca fait des images de merde, ça a un son de merde. Et si vous venez ici, c’est pas pour regarder à travers un écran… » et l’on ne saurait que lui donner raison. A celui-ci qui le somme de jouer, il répond tranquillement « c’est moi qui suis sur scène et si j’ai envie de parler deux heures, je parlerais deux heures », à ceux qui manifestent leur désapprobation d’un faux départ, il rétorque que ça arrive à tout le monde, à celui-là qui, alors que Bernie demande au public de répéter une simple phrase du nouveau morceau F-Haine, lui dit « pas de politique dans le rock »… Je vous laisse imaginer la réponse! En tout cas, que penser de cette remarque d’un soit-disant fan? Trust sans engagement politique, c’est une blague… Ils sont loin d’être les seuls (en vrac: Tagada Jones, Lofofra, Mass Hysteria, Vulcain, No One Is Innocent, Noir Désir, Abinaya… combien sont-ils, rien qu’en France, à exprimer leurs idées? La politique a bien sa place dans le rock!) En tout cas, ce soir, Bernie aura eu tant de mal à faire chanter les Blésois « la haine est une blonde qui surfe sur une vague marine » qu’il sera intéressant de scruter les résultats locaux des prochaines élections!

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Si les nouveautés présagent d’un nouvel album engagé, les classiques démontrent une nouvelle fois que la musique de Trust est intemporelle. Si l’on regrette de n’avoir pas eu droit à, allez, en vrac, L’élite, Bosser 8 heures, Idéal, Par compromission (de mémoire, d’ailleurs, aucun extrait du quatrième album n’était ce soir au programme. dommage, l’album mérite amplement d’être réhabilité), Ton dernier acte parmi d’autres, les Police milice, Le mitard (que certains « connaisseurs » ce soir – dont le journal local ! – appellent « Mesrine »  font leur effet. Mais ce public a besoin d’être recentré alors que Trust revient rapidement pour le rappel; Bernie s’empare du micro avec une nouvelle super triste qu’on vient de lui annoncer: la mort de Chuck Berry. Interrompu par certains, il clame même être tellement dégoutté qu’il n’a qu’une envie: se barrer. Accompagné sur les premiers accords, reconnaissables entre mille, d’Antisocial. Besoin d’être coaché par deux roadies pour donner de la voix afin que cet hymne vienne clore le concert.

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Même si l’on peut exprimer certains regrets, une chose est certaine: Trust, si Nono et Bernie parviennent à véritablement enterrer la hache de guerre, va nous offrir quelques belles prestations. C’est avec impatience que nous les retrouverons au Hellfest et à Paris sur au moins une des cinq dates annoncées!

Ah, au fait, le nouveau batteur de Trust. Nono présente les musiciens et annonce « on a adopté un bébé. Il a 21 ans, à la batterie, Christian Dupuy! » qui reçoit une salve d’applaudissement juste avant les rappels.

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Merci à Veryshow – Sabrina, Mehdi, Maxime – d’avoir rendu ce report possible.

ANTHRAX et The Raven Age live à Paris (Elysée Montmartre, le 16 mars 2017)

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L’annonce de ce concert a fait son effet… Pensez-vous, pouvoir écouter, en live, Among the living afin de célébrer son 30ème anniversaire, ça ne se refuse pas! D’autant plus que je ne garde qu’un souvenir moyen des deux prestations qu’Anthrax a donné l’été passé au Download et, bien que en meilleure forme, du Hellfest. Ajoutez à cela le fait que je n’ai pas eu l’opportunité de retourner à l’Elysée Montmartre depuis sa réouverture, et qu’en plus je vais pouvoir voir, après les avoir rencontrés pour une interview, ce que donne The Raven Age en conditions live, tous les éléments sont réunis pour passer une bonne soirée.

La salle rénovée est lumineuse, propre et très accueillante. Intérieurement, la configuration me semble identique, exception faite du vestiaire et d’un espace salon où l’on trouve le merch. Le concert n’est pas complet et, alors qu’il se murmure qu’il y a un peu de retard, The Raven Age monte sur scène avec un peu d’avance. Les Anglais donnent ce soir le dernier concert de la tournée européenne et ça se sent: Michael Burrough, le chanteur, n’est pas en place, sa vois est limite, et ses acolytes ont du mal à faire bouger un public qui reste poli. George Harris est malheureusement dans l’ombre, s’en échappant à de trop rares occasions.  Dan Wright (guitare) et Matt Cox (basse) ont beau se démener, il manque quelque chose. Musicalement, les morceaux sont ce soir moins denses et moins attirant que sur album… Bref, sans être raté, ce rendez-vous avec le public parisien n’est simplement pas des plus mémorables.

Avec Anthrax, on entre dans une autre dimension. Dès Among the living, le groupe est à fond,  Joey Belladona est en voix, Scott Ian toujours au taquet, et Frank Bello est partout! Le son est aussi puissant que les lights, ce qui participe entièrement à la réussite de ce concert exceptionnel. Le public slame dès les premiers morceaux en un flot continu qui ne cessera qu’à la fin du concert. Musicalement, c’est un défilé de classiques: la première partie du concert célèbre donc le trentième anniversaire de Among the living, album phare et culte interprété dans son intégralité. Ian clame même que A skeleton in the closet était son morceau favori il y a 30 ans, et qu’il le reste encore aujourd’hui. Efilnikufesin (N.F.L) est suivi d’un solo de guitare d’un Jonathan Donais parfaitement intégré. For all kings, dernier album en date, est représenté par deux titre en seconde partie (Breathing lightning et Blood eagle wings), le reste du set étant composé d’un choix assez évident allant de Madhouse à Antisocial qui marque un point final. La première fois que je les ai vus, Anthrax ouvrait pour Metallica au zénith de Paris, mettant les Horsemen en danger (mais pas très longtemps!). Ce soir, le groupe a été tout aussi impérial, et simplement magistral. Superbe soirée!

Merci à Valérie Reux et Nuclear Blast

Note: Disque dur HS… Il est malheureusement impossible aujourd’hui de vous proposer quelques photos de ce concert. Promis: dès que (si) je récupère les données, je vous offre un florilège de clichés live!

THE ANGRY CATS et Red Is Dead live au Dr. Feelgood de Halles – le 16 février 2017

Si je commence à bien connaitre les Dr Feelgood pour régulièrement y rencontrer des musiciens en promo, je n’ai pas encore eu l’occasion d’y assister à un concert. Le passage de l’ovni rock’n’roll The Angry Cats (dont vous pouvez retrouver la chronique de leur dernier né, Outmonster the monster) est donc la bonne occasion pour remédier à ce manque. Lieux chaleureux par son sa décoration et son ambiance rock, le Dr. Feelgood propose régulièrement des concerts variés dans des conditions assez sympathiques pour les groupes.

RED IS DEAD

RED IS DEAD

La petite salle en sous sol accueille ce soir quelques dizaines de personnes , certaines venues assister à la représentation du trio Red Is Dead qui, en ouverture, joue une bonne heure. Si l’on a l’impression que les morceaux sont taillés dans le même bois – un peu de grunge, du punk, de rock – on retiendra l’attitude désinvolte et l’humour potache du bassiste chanteur (notons que le chant est partagé avec le batteur) qui balance des vannes à tout va. Bonne humeur et poilades garanties: « Vous êtes loin… et pourtant vous êtes si près. ça me rappelle la relation que j’avais avec mon père »… « Approchez-vous, faites un pas en avant. Pensez à Christopher Reeves: y peut pas, lui! » « Elle mesure 1m53, Gaëlle! Elle lèche les tétons debout! » Bref, on s’amuse et on boit des bières sur un fond sonore grungy.

RED IS DEAD

RED IS DEAD

RED IS DEAD

RED IS DEAD

 

THE ANGRY CATS

THE ANGRY CATS

Quelques minutes après, c’est un autre trio, The Angry Cats, qui investit les lieux, plus denses de quelques spectateurs. Les pieds chaussés d’un étonnant orange, armé d’une Gretsch tout aussi flamboyante, Fred Alpi lance les premières mesures de The invisible hand et, déjà, le trio commence à s’agiter sur scène, comme pris de spasmes. Premier extrait de son dernier album en date dont tous les titres seront ce soir interprété, il pose le cadre: un rock clair aux forts accents de l’ouest américain – quelque part entre hillbilly et rockabilly – une voix suave et une énergie communicative seront le fil de la soirée. On pense ici aux Stray Cats (tiens donc…), là à Chris Isaak qui, tous, auraient flirté avec un peu de stoner rock. Et si The Angry Cats est moins communicatif que ses prédécesseurs, il parvient à développer une belle énergie et à la maintenir tout au long de ces 75′. Si la salle n’est pas pleine, le public présent semble heureux. Il trépigne, encourage, s’agite et profite de cette soirée de potes qui dépotent. Un excellent moment en somme et un groupe qu’on espère retrouver sur des scènes plus grandes, à Paris et ailleurs.

THE ANGRY CATS

THE ANGRY CATS

THE ANGRY CATS

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The Treatment et BlackRain live à Paris (le Divan du Monde, le 7 février 2017)

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Après quelques changements de line-up et de look, les jeunes Anglais du très prometteur The Treatment qui ont ouvert il y a quelques années pour rien moins que des Alice Cooper ou Black Sabbath – c’est dire le potentiel du quintette – reviennent séduire la capitale et quelques autres villes françaises pour soutenir leur dernier album, Generation Me. Premier étonnement: le groupe ne se produit « que » dans le Divan du Monde et autres salles de petite capacité… On se dit qu’il y a encore du chemin à parcourir. Ne pas battre le fer tant qu’il est chaud peut se retourner contre soi… L’affiche est plus tard complétée avec l’annonce de la première partie: BlackRain. Nos petits frenchies de BlackRain qu’on n’attendait pas en ouverture à ce niveau de carrière. Ça, c’est la seconde surprise. Puis, vient la troisième: il y a peu de monde devant l’entrée du Divan ce soir. Ouais, pas vraiment le succès escompté pour les Anglais… Une fois dans la salle, quatrième étonnement: c’est la batterie de The Treatment qui est en devant de scène… un backdrop flanqué de son logo dissimule à peine celui de BlackRain. Oui, l’ordre de passage a été inversé, tant pis pour ceux qui décident de venir pour voir ceux qu’ils croient être la tête d’affiche, donc…

THE TREATMENT

THE TREATMENT

Effectivement, ce sont les Anglais qui investissent la scène les premiers. Pendant une bonne heure, ils font monter la température. Leur hard rock a de quoi booster n’importe quelle audience, et les extraits de leur dernier né, Generation me, ou du précédent opus, Running with the dogs, sont de purs hymnes de rock brut. Le public ne s’y trompe pas, lui qui bientôt pogote et bouscule l’audience. Si je préfère la hargne vocale de Matt Jones, l’ancien chanteur, il faut reconnaître que le joli minois poupon de Mitchell Emms cache un enthousiasme et une détermination explosives. A plusieurs reprises le gaillard décide de s’offrir un séjour dans la fosse, pogotant avec le public (on entend même un gros « boum » lorsqu’il perd son micro sans chercher à le récupérer…) qui le porte, le transporte à sa place sur scène. Ce public qui connait par cœur le répertoire des Anglais, reprenant les Let it begin, We are beautiful ou autre I bleed Rock n Roll et Emergency. Une bonne heure enthousiaste, rock and roll et agitée comme on aime. Et tant pis pour les quelques ecchymoses, ça fait partie du jeu!

THE TREATMENT

THE TREATMENT

 

BLACKRAIN

BLACKRAIN

Place ensuite à la tête d’affiche surprise. Il était en effet étonnant de voir BlackRain en seconde position, au Divan du Monde, mais les choses se sont inversées. Les savoyards ont une belle palette de titres qui passent bien en live. Ce soir, ils nous offrent un défilé de hits tels que Eat you alive, Back in town ou mind control, parmi d’autres extraits de Released, leur dernier album en date, et revisitent leurs morceaux emblématiques, tels que innocent Rosie, pour lequel Swan demande l’aide du public, ou True girls et son imparable refrain. Run tiger run passe lui aussi bien l’épreuve de la scène. Le groupe nous réserve même une nouvelle surprise: après For your love, le public se retrouve avec Matt seul sur scène. Le guitariste interprète One last prayer – moment émotion du soir. BlackRain est concentré sur son sujet, son concert. Alors que The Treatment a mis le feu, l’ambiance est désormais plus concentrée et sage. Il manque cette petite étincelle, cette touche de folie qu’ont insufflée les Anglais au set des Français. Cela, malheureusement, fait toute la différence. Car si la setlist fonctionne à merveille, on attend plus de folie d’un groupe de ce calibre. Plus de sourires, de vie dans l’attitude, principalement, de Swan. Les gars sont sans doute trop sages ce soir. Un concert sympa dont on ressort en regrettant que l’affiche ait été inversée…

BLACKRAIN

BLACKRAIN

Live report: EPICA au Zénith Paris la Villette (le 4 février 2017) – avec Powerwolf et Beyond The Black

Epica sold out

Lors de notre entrevue, Mark Jansen et Simone Simons expliquaient qu’Epica travaillait sur le prototype d’un nouveau type d’éclairages pour la tournée The holographic principle. Depuis quelques temps, la technologie holographique est mise en avant et, au lendemain de ce concert, un candidat à la présidentielle se dédouble pour envoyer son égo holographique à un endroit où il ne se trouve pas. Alors, cette nouvelle technologie promise par Epica est elle basée sur l’utilisation d’hologrammes qui permettraient aux musiciens de se projeter dans la salle ? Patience

Pour le savoir, il faut que le public du Zénith, complet ce soir – une première pour un show des Hollandais jusque là habitués à des Elysée Montmartre et Bataclan, même si ce Zénith est en petite configuration – suivent les prestation des nouveaux Beyond The Black et de Powerwolf, très attendu.

BEYOND THE BLACK

BEYOND THE BLACK

Beyond The Black a donc pour mission de chauffer la salle, une demi heure durant. Bénéficiant de bonnes, d’excellentes conditions (les lumières sont généreuses et le son bien meilleur que pour nombre de premières parties) le sextet allemand signé par Universal et UDR propose un heavy symphonique assez efficace bien que classique. Et si l’envie est là, BTB a encore besoin de s’affirmer scéniquement. Sans doute la demi heure impartie est elle trop courte pour permettre au public de totalement apprécier la musique de Beyond The Black qui ne propose que 5 chansons. La chanteuse Jennifer Haben a beau sourire et posséder une belle voix, les cordistes (comprenez guitaristes et bassistes) afficher une belle complicité, bien que le groupe soit carré et bien en place, il manque cette petite étincelle qui ferait succomber le public. Pourtant, musicalement, le groupe en impose. Si l’ombre de Nightwish plane, la formation s’en distingue en apposant sa propre touche (l’album sera prochainement chroniqué) et pourrait devenir un futur grand du metal symphonique. Mais ce soir, malheureusement, avec ce qui arrive juste derrière…

BEYOND THE BLACK

BEYOND THE BLACK

 

POWERWOLF

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Changement de plateau rapide, les techniciens font monter un rideau noir flanqué des lettres PW- pour Powerwolf. Derrière, on aperçoit un joli décor médiéval. Je n’ai jamais vu Powerwolf sur scène. Pire: je n’ai jamais écouté sa musique non plus. Je n’ai que vu des photos et lu des reports souvent enthousiastes. C’est donc une grande première. Dans le pit photo, la sécu demande aux photographes de ne pas s’approcher car il va y avoir des flammes. Inquiets, les gars? C’est prometteur. Et vlan!, le groupe monte sur scène sous le feu des flammes.

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Pendant une heure et quart, les Allemands nous offrent une prestation tout simplement exemplaire. Parfaitement en place, chacun des musiciens connait son rôle et sait comment aller chercher ce public qui lui mange littéralement dans la main. Attila Dorn possède une voix puissante et lyrique et fait preuve d’un charisme sans pareil. S’adressant au public dans un français qu’il estime ne pas être bon, il fait tout pour que la température et les décibels augmentent. « Nous avons besoin d’une armée de heavy metal! Serez vous notre armée de Heavy metal? » annonce Army of the night, « Nous sommes ici car nous sommes possédés par le heavy metal! Etes-vous possédés par le Heavy metal?« . Très communicatif, il n’hésite jamais à faire participer le public et manie l’humour avec brio: « Je chante et vous répétez… Non, tu n’as pas compris: d’abord je chante, ensuite vous répétez!« . Falk Maria Schlegel, dont deux claviers entourent le set de batterie, descend dès qu’il le peut haranguer la foule, l’exciter.

POWERWOLF

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Avec Attila, ils prennent quelques minutes pour faire chanter la foule divisée en deux, sur des « Ouh! Ah! » explosifs. Puis viennent les remerciements à l’équipe pour la scène et les éclairages et le chanteur annonce enfin que « nous sommes Powerwood… What, Powerwood? Powerwolf » et explose de rire. Setlist impeccable, mise en son et en lumière splendides, scénographie et attitude irréprochables… Powerwolf a ce soir donné le concert parfait et a recueilli nombre de nouveaux fans. Vivement le Hellfest!

POWERWOLF

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Après une telle prestation, le pari est difficile pour Epica. On est à deux doigts d’une vedette volée de manière magistrale. Le décor est installé – des pyramides transparentes, backdrops et autres spots composés non pas de leds mais d’une multitude de bulles permettant de jouer sur l’orientation et la puissance des faisceaux. De nouveau, les photographes sont maintenus à l’écart de la scène et pour cause: les lumières éteintes, Epica débarque sur scène sous des explosions et jets de flammes. Pour sa première dans une salle de cette taille à Paris , la formation batave semble avoir mis les petits plats dans les grands.

EPICA

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The holographic principle, son dernier album, est particulièrement bien représenté avec 8 extraits (sur les 12 que comporte l’album), soit plus de la moitié du concert (bon, ok, si l’on excepte Eidola, l’intro, tout juste la moitié du show…), ce qui indique le niveau de confiance des 6 musiciens. Très vite on remarque que Coen Janssen s’amuse avec ses claviers, le kit installé sur des roulettes lui permettant de se déplacer de chaque côté de la batterie et de s’exposer à l’ensemble du public. Les guitaristes, Mark Jansen et Isaac Delahaye, sont en forme, souriants et… Simone Simons semble avoir quelque problèmes avec son retour interne. Et malheureusement, on constate que le son, s’il est puissant sans être trop fort, n’avantage pas le chant. Mal mixé, les voix de Simone, principalement, et de Mark ne sont pas assez en avant, quelque peu étouffées par les claviers et la basse… De plus, le chant de Simone est particulièrement aigu ce soir, ce qui n’est pas des plus agréables sur la longueur…

EPICA

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Et surtout, si les bretteurs s’amusent – Mark s’adressant régulièrement au public avec des « Vous en voulez plus? Nous sommes tous ici pour la liberté et le métal! » – il n’y a guère de folie dans ces crinières qui s’agitent en cadence, un mouvement trop conventionnel, calculé et qui manque de vie. Simone glisse sur scène dans des gestes eux aussi précis, trop précis… Heureusement, les lumières sont belles – jolis effets lasers au travers des pyramides – et la pyrotechnie irréprochable. Les flammes mobiles, les explosions d’artifices et de fumigènes, tout y est. Ce n’est cependant pas suffisant pour faire de ce concert un moment vraiment spécial, malgré la séquence émotion lorsque la chanteuse annonce vouloir porter un toast, une bouteille d’eau à la main: « depuis nos tous débuts, la France a toujours soutenu Epica. Je veux vous remercier pour cela!« . Tous quittent ensuite la scène, laissant le public éclairer la salle en brandissant portables et allumant briquets avant un solo de Coen muni de son clavier en arc de cercle. Solo qui se termine par les premières notes de notre hymne; il n’en fallait pas moins pour que le public chante une Marseillaise toujours aussi émouvante en ces conditions. Une bonne prestation mais pas exceptionnelle. Et un Powerwolf qui, sans conteste fut le roi de la soirée, et la découverte pour bon nombre de spectateurs.

EPICA

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ACCEPT et SABATON live à Paris! – L’Olympia, le 6 janvier 2017

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Bon, sur l’affiche il y a écrit Accept et Sabaton. Sur le site de l’Olympia, il est écrit que ça commence à 19 heures. Oui, mais… arrivé tranquillou à 18h30, je passe les 3 contrôles de sécurité – fouille du sac, détection de métaux puis palpation de sécurité – et vais déposer mon manteau au vestiaire, d’où j’entends qu’un groupe est déjà en train de jouer. Ben, oui, il ne reste à Twilight Force que 10′ lorsque j’arrive dans la salle pour y découvrir un chanteur masqué et capé, des tenues de scènes qui, pourtant, auraient pu m’intéresser. Tant pis, je verrai le groupe une autre fois.

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Accept en première partie de Sabaton, ça peut en surprendre plus d’un. Cependant, sans actualité discographique autre que le récent Restless and live, ce peut être un choix judicieux pour  1/ attirer deux publics intergénérationnels et 2/ rappeler à tous qu’Accept est toujours actif. La salle est bien remplie lorsque les Allemands montent sur scène éclairés comme s’ils brillaient de mille soleils. A l’image de la pochette de leur dernier album studio, le groupe frappe directement au ventre avec Stampede, un des deux extraits de Blind rage. Priorité est donnée ce soir aux anciens titres et c’est une véritable débauche d’énergie que nous offrent le quintette très en forme. Accept utilise au mieux l’heure qui lui est allouée. Les classiques imparables défilent – Restless and wild, London leatherboys… Sur l’indémodable Princess of the dawn, le public accompagne le solo de Wolf en scandant son nom, ce qui se répétera sur la démonstration – la leçon – qu’il donne avec Metal heart.

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Bien que complices, on sent que la vielle garde (Wolf Hoffman, Peter Baltes et Mark Tornillo) éclipsent totalement les « petits nouveaux ». Tous, cependant prennent autant de plaisir qu’ils en donnent, même si Mark ne s’adresse pas au public. Même si on peut le regretter, ce n’est qu’un détail tant la musique parle d’elle même. Le show est aussi dans la salle: le public n’a en effet pas besoin d’être poussé pour participer au point que, c’est toujours impressionnant, tout le plancher bouge au rythme des sauts.  Une heure, c’est trop court, on en redemande, mais il ne fait ce soir pas de doute qu’Accept est loin de ranger les guitares et sera bientôt de retour, et en tête d’affiche!

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Clairement, quand on va voir Sabaton en concert, on sait ce que l’on va avoir: des musiciens en treillis militaire et haut noir, un Joakim Broden vêtu de son éternel T shirt à miroirs, volubile et toujours prêt à rigoler, un décor guerrier… Bref, on va voir Sabaton pour passer un bon moment. Mais voilà: j’étais assez certain que je n’aurais pas de surprise. Tu veux savoir? Tout faux. Tout. sans doute est-ce le challenge de la présence d’Accept, sans doute sont-ils particulièrement en forme, mais ce soir, les Suédois m’ont séduit, surpris et entièrement satisfait. Certains commentaire stipulant que le public de la veille, à Lille, commençait à déserter la salle au bout de 30′ n’ont pas trouvé écho à Paris. Ce ne sont pas, alors que retenti In the army now (qui remplace The final countdown en guise d’intro),  les deux roadies un peu pitres qui viennent déminer le terrain qui font fuir qui que ce soit. Ni, sur Spartan, la présence de soldats en cape et culotte. Non, le public reste, saute, slame un peu. La salle est très correctement remplie, et le public est à fond. Sabaton consacre un bon tiers des titres à The last stand, son nouvel album (Sparta, Blood of Bannockburn, Winged hussars, The last stand, The lost battalion et, en rappel Shiroyama) et accorde une large place à ses classiques, parmi lesquels Carolus Rex, Sweedish pagans ou The lion from the north. Après un superbe Far from the fame, Joakim explique que le groupe n’a failli jouer qu’à 4 ce soir, Chris Rörland s’étant fait mal à la nuque et les médecins lui ayant conseillé de ne pas jouer. Inutile, mais le gaillard reste sage,  et ne headbague pas comme il en a l’habitude.

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Puis,après Winged hussars, la salle est plongée dans le noir , un clavier est approché et Joakim s’en saisi. Séquence humour le chanteur se faisant royalement jeter par le guitariste Chris, avant la séquence émotion: une version acoustique de The final solution qui voit tous les musiciens en devant de scène. Les choses sérieuses reprennent avec un explosif Resist and bite qui, ce soir, dans mon ressenti, prend une tout autre dimension. Le chanteur s’est emparé d’une guitare – dont cette fois les cordes ne sont pas découpées par un roadie… – et la repose pour les derniers titres avant un rappel un peu tôt, à 22H. Le public s’écarte, se scinde en deux camps, scandant des « ahou! ahou! » guerrier, et lorsque Primo Victoria débute, les guerrier se lancent dans un joyeux assaut. Braveheart ou Wall of death, au choix, qui voit quelques participant tomber et être aussi rapidement relevés. Joakim, qui semble toujours étonné des réaction du public, s’adresse à lui: « Après 17 ans avec ce groupe, après plus de 1000 concerts donnés avec ce groupe, 50 pays visités… Je peux honnêtement dire que je n’ai jamais vu un public pareil! » Caresse le public dans le sens du poil et tu auras une explosion telle qu’on n’entend plus que ça. Ce soir, Sabaton nous a offert un spectacle épatant, énergique et enjoué. Une telle affiche ne pouvait se rater. Superbe soirée (qui se termine avec un joli gag: le public ayant laissé des affaires au vestiaires doit d’abord parvenir à avancer pour rejoindre l’autre bout de la file d’attente… à la sortie, revenir aux vestiaires pour enfin pouvoir repartir… )

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