TARJA live au Casino de Paris (le 9 novembre 2016)

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Deux jours après avoir redécouvert cette belle salle qu’est le Casino de Paris – et pour un style à l’opposé de celui de Tarja (cf le report d’Amon Amarth), de nouvelles surprises attendent le public. Il avait été annoncé que les portes ouvraient à 18h30 pour un début de concert à 20h00. Qui ouvre? Aucune idée, mais je ne me suis pas particulièrement renseigné non plus. C’est donc, tranquillement, que j’arrive à la salle un peu après 19h00 pour découvrir le public dehors devant les rideaux toujours baissés. Ben… à quelle heure ils ouvrent? ers 19h30, le rideau se lève enfin, et, place en main, je me rends, avec les amis photographes vers les portes où un ouvreur nous demande d’attendre. Ce soir, le concert est assis, et placé. Pas complet, d’ailleurs. On nous rappelle gentiment que « les ouvreurs ne sont payés qu’au pourboire », phrase qu’on entendra plus que régulièrement. Mais quid pour les photos que nous devons faire? Depuis les sièges, éventuellement dans les allées mais sans gêner le public. OK, on se débrouillera. La sensation d’un concert de rock assis est étrange, d’autant avec un public bigarré – du couple sexagénaire de cadres au metalleux de base, tatoué, veste à patches et bière à la main, c’est un univers de contraste.

The Shiver

The Shiver

20h00, les lumières s’éteignent, des sons électroniques envahissent la salle. Un intro étrange qui cède la place à un groupe de rock qui est direct et énergique. The Shiver est un quatuor italien (semble-t-il) menée par Faith, chanteuse, occasionnelle guitariste et claviériste. Le groupe bénéficie de lights généreux et d’un son équilibré, et séduit rapidement le public. Le set d’une demi heure se termine comme il avait commencé, avec des sonorités électro, avant que les musiciens ne viennent saluer le public en lançant quelques T-shirts, baguettes et médiators. Sympa, d’autant que ce soir, sans explication, il n’y a aucun stand de merchandising.

SinHeresy

SinHeresy

Quinze minutes plus tard, la scène changée, floquée de chaque côté du logo du groupe, SinHeresy déboule. Etonnant de voir deux chanteurs littéralement opposés en tout sauf vocalement: une chanteuse, Cecillia Petrini, tout en finesse et un chanteur, Stefano Sain, une boule énorme. La surprise du clash physique passée, c’est la musique qui parle. Le groupe italien (encore? Oui) propose un heavy metal symphonique qui met largement en avant les voix puissantes et complémentaires de ses deux chanteurs, . Les autres musiciens occupent parfaitement un devant de scène en changeant de place, offrant des duos, présentant, tous, une belle complicité. Cecillia s’adresse au public avec quelques mots de français mais fait surtout souvent part de sa joie et s’enthousiasme facilement, comme après ce titre acoustique (aucune idée de la setlist, pardon) quand elle lance un « I’m happy! » le sourire jusqu’au oreilles. Sinheresy constitue ce soir une belle découverte qui donne envie d’en connaitre plus sur ce groupe prometteur. A suivre, donc.

TARJA

TARJA

Le public, toujours assis, accueille la maîtresse de cérémonie, qui, toute de noir vêtue, arrive après ses musiciens et ouvre son concert avec No bitter end. Comme à son habitude, Tarja sait, par sa gestuelle et l’expression de son regard, faire comprendre très rapidement au public à quelle point elle est touchée, heureuse d’être là, émue. Et le public lui donne raison, même s’il reste poliment assis! Il y a un peu de changement, toutefois à noter, principalement dans la disposition scénique puisque Max Lilja, le violoncelliste est désormais placé au centre de la scène, sans siège ce qui le rend plus mobile et visible. L’espace qu’il occupait précédement est quand à lui occupé par la claviériste Ckristian Kretshmarr. Tous deux, ainsi que l’inusable Alex Scholpp à la guitare, sont les plus fidèles lieutenants de Tarja. Car, oui, l’immense batteur Mike Terrana a quitté le navire et le bassiste est également nouveau. Huit titres extraits de son dernier album, The shadowself, sont proposés ce soir, c’est dire la confiance qu’a la belle en ce dernier album (No bitter end, Demons in you, The living end, Calling from the wild, Love to hate, Undertaker, Too many et Innocence), faisant la part belle au précédent opus également (500 letters, Lucid dreamer, Victim of ritual et d’autres sous forme de medley). Soit 11 titres plus deux medleys – dont un composé de 4 titres de Nightwish –  sur un total de

15 chansons interprétées. Reste 2 morceaux de ses autres albums. La mise en lumières est parfaite, le son, excellent sans être trop fort – agréable d’assister à un concert sans bouchons d’oreilles parfois… – et la complicité avec le public forte. Tarja aime lui parler, expliquer, comme pour introduire Calling from the wild, une chanson « pour notre

TARJA

TARJA

mère nature qui ne va pas bien. Je peux faire quelque chose pour l’aider, nous pouvons tous faire quelque chose pour l’aider ». Calling… se termine par un long final instrumental, brutal qui permet à la chanteuse d’aller se changer une première fois. Elle conserve son rythme de 3 tenues par concert, et ce soir (trois tenues sombres), en robe, parviendra, en sautant sur Victim of ritual, à casser un talon pour finir pieds nus. Le temps d’installer le set acoustique, Tarja remercie Paris de l’accueillir depuis 20 ans. Puis, après Too many, les musiciens quittent la scène l’un après l’autre avant de revenir l’espace d’un rappel de trois chansons qui, enfin, voit se lever le public. L’ambiance devient, enfin, celle d’un vrai concert de rock. Une nouvelle fois, Tarja a offert un beau concert, chaleureux et réussi.

AMON AMARTH live au Casino de Paris (le 7 novembre 2016)

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Après un Jomsviking particulièrement remarquable et deux prestations festivalières (Download Paris et Hellfest) en juin dernier, il devenait urgent de pouvoir retrouver les vikings d’Amon Amarth sur scène en salle. Le 7 novembre, rendez-vous est pris au Casino de Paris, salle dans laquelle je n’avais pas remis les pieds depuis, si mes souvenirs sont bons, 1986 avec Twisted Sister. Velours rouge, lustres et jolies lumières, le lieu dénote quelque peu avec le public présent, c’est évident. Metal et belles salles font pourtant souvent bon ménage. Seuls hics – auquel il faudra remédier: aucun lieu n’a été prévu pour les fumeurs qui se retrouvent parqués à l’intérieur. Toute sortie est définitive… Ensuite, il n’y a qu’un seul bar qui est rapidement saturé et, surtout, qui se retrouve, avant même que la tête d’affiche ne monte sur scène, dans l’impossibilité de servir ne serait-ce qu’une bière! Les stocks de canettes sont épuisés ! Jamais vu ça depuis 40 ans de concert! Passons.

Grand Magus

Grand Magus

L’affiche de ce soir est attirante (environ 1500 fans se sont donnés rendez-vous) puisque, tout d’abord, sont invités à ouvrir les Suédois de Grand Magus. Le trio bénéficie de peu d’espace scénique – la batterie est collé en devant de scène, forçant chacun des protagonistes à demeurer dans son pré carré – mais s’en tire cependant avec les honneurs à plus d’un titre. D’abord, le trio propose un heavy metal traditionnel, entraînant, chantant bien que parfois teinté d’influences doom. Janne Christoffersson (chant et guitare) est en voix et se charge d’augmenter le capital sympathie acquis auprès du public en s’adressant toujours à lui avec le sourire et très souvent en français. Sword Songs, le dernier album en date paru en 2016, n’est pas particulièrement mis en avant – un seul titre en est extrait – plus du fait du peu de temps dont dispose Grand Magus qu’à cause de l’album lui même. Les 7 titres joués ce soir reflète cependant l’ensemble de la carrière d’un groupe qu’on aimerait voir bientôt plus haut sur l’affiche. En tout cas, l’amuse-gueule met en appétit!

Testament

Testament

On pourrait penser la même chose de Testament qui suit. Les Américains connaissent bien la France mais n’y jouent pas assez en tête d’affiche. Tant pis, on se contente de ce que l’on a, car à chaque fois, les thrashers d’Oakland mettent le feu. Ce soir, personne n’échappe à la règle. Avec un album de la trempe de Brotherhood of the snake, ce serait d’ailleurs dommage… D’ailleurs, la sécu est rapidement débordée, tant et si bien que le responsable décide de faire sortir les photographes après deux chansons seulement au lieu des 3 habituellement accordées. Car dès l’arrivée sur scène de Chuck Billy et les siens, dès que démarre Brotherhood of the snake, ça slame dans tous les sens. Difficile de ne pas se méfier de ce qui arrive au dessus de nos têtes! L’espace de dix morceaux – dont on regrettera l’absence de Pratcice what you preach, classique parmi les classiques (on ne peut contenter tout le monde en 50′) – malgré des lumières pas toujours optimisées, Testament s’est une nouvelle fois donné à fond, explosant tout sur son passage. Sur Into the pit, Chuck Billy demande au public un circle pit. Exécution, malgré l’étroitesse de la fosse! Un belle bonne grosse claque. Qui donne soif, mais… la queue devant le bar décourage et, aussi incroyable que cela puisse paraître, il n’y a déjà plus une goutte de bière!

AMON AMARTH

AMON AMARTH

Avant que la salle ne soit replongée dans le noir, LA question consiste à savoir quel sera le support de la batterie? Drakar? Dragon? Non, il serait étonnant de pouvoir ne faire tenir que l’un de ces monstres vus l’été passé sur scène… Le décor et dévoilé, et c’est un gigantesque casque qui fait office de promontoire et de chemin de ronde dont les orifices diffusent une lumière aux couleurs variantes. Le concert sera de plus animé de diverses manières, dont de nombreux – une demi douzaine au bas mots – backdrops. Le décor est certes important dans la scénographie d’un groupe comme Amon Amarth, cela ne se fait toutefois pas au détriment d’une setlist de qualité ou du spectacle proposé au public. Le son, d’abord est énorme, les lumières splendides. Ensuite, il semble évident que le groupe est fier de son dernier album puisque ce sont 6 extraits qui sont ce soir proposés au public (dans l’ordre d’interprétation: First kill, The way of the vikings, At dawn’s first light, On a sea of blood, On thousand burning 

AMON AMARTH

AMON AMARTH

arrows et Raise your horns en premier rappel) soit plus de la moitié de Jomsviking. Enfin, tout au long du show, des vikings interviennent, illustrant certains titres: combat d’hommes en cotes de mailles sur The way of the vikings, deux archers sur One thousand burning arrows, une représentation de Loki, le maléfique demi frère du dieu Thor, sur Fatherof the wolf et, pour terminer, un gigantesque serpent de mer (gonflable) sur le dernier rappel, Twilight of the thunder god. plein les oreilles, plein les yeux, Amon Amarth est de plus en plaine forme. Johann Hegg très en voix est royalement soutenu par Olavi Mikkoonen, Johan Söderberg et Ted Lundström (respectivement aux guitares et à la basse) qui, tous 4, investissent chaque recoin de la scène, utilisent le chemin de ronde en allant saluer régulièrement Tobbias Gustafsson au dessus de sa batterie, haranguant la foule en (plus que) délire qui donne aux 4 gars de la sécu le tournis à force de surfer sur le public. Show impeccable, public à fond, ambiance du feux des dieux nordiques, Odin et les siens peuvent être fiers et satisfaits. Un concert impeccable!