DOWNLOAD FESTIVAL PARIS: 3ème partie (fin)

 

Soyons honnêtes : l’affiche de cette troisième journée n’est pas celle qui m’attire le plus. Et elle commence mal : le RER est en retard… Ainsi, Leo Gun joue alors que nous récupérons nos accréditations (pourquoi perdre du temps en venant récupérer ces documents chaque jour ? Ne serait-il pas plus simple que les personnes venant 3 jours n’aient qu’un seul pass ? Je dis ça…)

Dimanche 11 juin 2017                                                                      

Je me rattrape sur Rise Of The North Star dont on parle beaucoup. Vraiment beaucoup. Trop, peut-être ? Je ne comprends simplement pas l’engouement actuel pour le groupe de Metal trip hop… Sans doute une question de génération, d’autres semblant apprécier. Reste que le groupe travaille une véritable image, inspirée par l’esprit manga, ainsi qu’une attitude scénique dont certains feraient bien de s’inspirer. Si je n’accroche pas à la musique, c’est visuel.

RISE OF THE NORTH STAR

Je ne connais pas Suicide Silence qui investit la Main 1 et décide d’aller découvrir live Coheed and Cambria qui joue sous la Warbird. Les cheveux détachés, Claudio Sanchez (chant et guitare) impressionne. Sa tignasse, qu’il rattache à plusieurs reprises est un artifice visuel qui ne fait pas d’ombre à la musique, sorte de stoner prog, et à une attitude scénique simple et efficace. Le groupe est en place et évolue tranquillement, séduisant un public assez nombreux. Un groupe plus que chaleureux à revoir sur scène lors d’une future tournée.

COHEED AND CAMBRIA

Une pause est nécessaire. Architects, ce n’est pas mon truc, et Lost Society joue trop loin. Ben oui, le courage peu aussi manquer par forte chaleur. D’autant plus lorsque le gros morceau du jour arrive. A 17h pétante, une ovation accueille Dave Lombardo qui est très attendu. Oui, c’est l’heure de Suicidal Tendencies, très attendu visiblement tant le public se masse devant la Main 1. Mike Muir, sur le côté de la scène fini de s’échauffer et dès les premières mesures de You can’t bring me down le public se déchaine. Le dernier album en date, World gone mad est à l’honneur, Muir sourit comme jamais, et le groupe affiche une forme extraordinaire. Une prestation énergique, doublée d’un mémorable solo de batterie.  A revoir en salle au plus tôt !

SUICIDAL TENDENCIES

C’est peu dire qu’à côté, même si la foule se masse devant la scène, Mastodon est moins attendu. Mais attire quand même une jolie foule. Le backdrop coloré, une scène en extérieur et de jour, le groupe est-il vraiment à sa place ? Eh bien, voir le quatuor non auréolé d’une lumière bleue change des habitudes et, en toute franchise, ce n’est pas pour déplaire à votre serviteur. Le chat partagé entre Brann Dailor, Brent Hinds et Troy Sanders est une des marques de fabrique du groupe qui y puise son identité. Et l’on parle de vrai partage. C’est carré, puissant et efficace, même si ‘lon peut regretter le manque de surprise ou d’étonnement. Une belle prestation d’un groupe dont on peut cependant attendre mieux.

MASTODON

Rancid est sans aucun doute le plus punk des groupes présents au Download. N’étant pas particulièrement familier avec la discographie du groupe, c’est par curiosité que je vais le découvrir. ET quelle claque ! C’est fun, engagé, enragé et l’attitude des musiciens, à la fois je m’en foutiste et « faites gaffe à moi » (le look du guitariste bien habillé et tatoué de partout en dit long), ben… ça le fait. Rebelle, certes, rock, certainement. Avec une disco presque longue comme un bras (de nain, euh, pardon, d’enfant – pas envie d’avoir un avocat sur le dos – n’exagérons rien !)c’est pour moi une jolie découverte.

RANCID

Attendus comme le (presque) messie, Prophets Of Rage, composé de membres de Rage Against The Machine, Audioslave, Cypress Hill et Public Enemy, le super groupe développe une énergie sans pareille dès son arrivée sur scène. Dès le premier titre, éponyme reprise de Public Enemy, on les sent tous à fond. Il y a un message à transmettre, politique ou musical, un engagement à prendre. Prophets Of Rage fait asseoir le public, le fait sauter et réagir, interagir, à tout instant. Qu’on soit ou non sensible à cette fusion de genres, force est de constater que la formation ne peut laisser indifférent. De l’énergie brute, entièrement partagée avec le public. Enorme.

L’affiche annonce une belle prestation. Green Day pourrait se contenter d’un simple concert, pourtant la bande de Billie Joe Armstsrong promet un concert de 2h30 ! C’est naturellement que la foule s’amasse devant la scène qui est investie dès 21h – en plein jour, donc – par un lapin rose qui vient faire le clown au son de Bohemian Rhapsody. Se dandiner, faire tomber sa queue et l’envoyer dans le public… Ce n’est que 10’ plus tard, au son de la BO du film Le bon, la brute et le truand  que la bande déboule. Know your enemy fait l’unanimité et dès ce premier titre, Green Day fait le show. C’est une habitude pour les Américains, mais faire monter une personne du public dès le premier morceau est explicite : on est là pour vous amuser, point ! Le public est dès le début mis à participation et ce dernier en prend plein les yeux : vous pensiez qu’Epica avait sorti le grand jeu en matière de pyro ? Ben, Green Day fait plus encore ! Pas loin d’un Rammstein, tant ça pète, flambe,  crame… C’est dire ! Fair Play, Billy Joe remercie tous les groupes qui ont joué ce dimanche (bon, pas tous, mais un bon nombre). Green Day, même s’ils sont parfaitement rôdés, font le show. Pas de surprises pour qui les a déjà vus sur cette tournée, belle claque pour les autres, nombreux ce soir. Une belle fin de festival, en somme.

Le Download propose une affiche éclectique faite pour attirer tout type de public. Cette seconde édition, si elle a offert de belles prestations, se termine avec un sentiment en demi-teinte. D’abord, le lieu : bien sûr, pour les locaux, c’est un accès facile (quoique…). Pour ceux qui dorment sur place, aussi. Mais pour les autres, Parisiens ou régionaux, il faut compter 3 heures de transport/marche… par jour. Un peu long, non ? Aussi, est-ce le fait qu’il ne s’agisse que de la seconde édition ou du manque de personnalité du terrain, l’ambiance générale reste neutre. Oui, on fait la fête, mais il n’y a pas cette folie qu’on retrouve ailleurs (suivez mon regard…) Certains viennent déguisés, on se rencontre, on crie, on saute, on slamme, mais rien de plus… Cependant, si l’on peut aussi déplorer le tarif des boissons, le temps de transport sus mentionné, on ne pourra qu’apprécier le fait de voir les scènes d’où qu’on se trouve. Au fait, pourquoi les écrans de la Main 2 sont-ils plus petits que ce de la 1???

Cette seconde édition arrive à son terme. Mais, comme beaucoup d’autre, contraints par les horaires des transports et les obligations du lendemain, lundi, nous décidons de ne pas assister à la fin du show. Direction le RER pour avoir une mauvaise surprise : le quai est bondé, la rame est courte et il faut attendre une bonne vingtaine de minutes que le train arrive. Autant dire que c’est une joyeuse foire qui envahit les wagons  à la recherche d’une place assise. ET, à peine les portes sont-elles fermées et le train parti qu’un énergumène annonce, d’une voix tonitruante :  « Bonsoir Mesdames et Messieurs ! Je suis Italien, et je viens d’assister à un festival, le Download (…) On peut pas finir la fête sans chanter une chanson ! » Et voila le gaillard qui entame un Bohemian Rhapsody repris en chœur par quelques centaines de passagers joyeux, heureux. Les passagers « lambdas » sont surpris et, si certains préféreraient être ailleurs, comprennent rapidement qu’il ne s’agit que de la fin d’une fête, joyeuse célébration de la vie. TOUT le monde participe, chante, frappe vitre et plafond en rythme, les chansons suivent, passant de Au clair de la Lune à Still loving you (superbement chanté par notre amie la licorne), en passant, naturellement, par We will rock you. Et cette fin, ce retour de Download, fut pour moi, le meilleur moment de tout le festival. Un moment d’anthologie, purement dantesque qu’on ne vit qu’une fois ! Rock n roll. J’en frémis encore en écrivant ces lignes, plus d’une semaine après.

La fête continue !

 

 

MALLORY: Sonora RF part II

Rock, France (Autoproduction, 2017)

Mallory, c’est qui? Groupe parisien, Mallory est composé de Phil (chant), jay (guitares), Mat (basse) et Twist (batterie).  C’est tout ce que j’en sais…

Sonora RF part II, ça donne quoi? Rageur et furieux, Sonora RF part II raconte l’histoire d’une Américaine perdue à Paris. Ça commence avec sa déclaration: « let’s burn this place down », tout un programme… Le premier titre, chanté en anglais, laisse place à cette rage destructrice, nihiliste dans un esprit punk. Puis, Mallory entame la partie francophone de son disque, dans un esprit rock et mélancolique, inspiré par Noir Désir, parfois aussi Pink Floyd (plus musicalement que vocalement) et nous entraîne dans son sillage.  Si on peut reprocher que rien ne permette vraiment à Mallory de se démarquer (ainsi que ces paroles reportées sur la jaquette intérieure que si t’as pas une loupe ben t’arrives pas à les lire…), on appréciera cependant l’effort de construction de l’histoire, les tempi variés (une judicieuse alternance de titres rageurs, plus lents, mélancoliques…) ainsi que la production, claire, qui va à l’essentiel, de ce disque qui s’écoute aisément.

Note: 7,5/10

DOWNLOAD FESTIVAL PARIS – 2ème partie

Cette seconde journée est, de loin, la plus orientée metal, et aussi, la plus chargée et fréquentée. Cela se ressent dès notre arrivée, la densité du public n’ayant rien de commun avec celui de la veille. Ce samedi, les spectateurs sont de sortie. Tous les âges se côtoient, et la circulation est moins aisée. Il ne fait guère de doute que la tête d’affiche du jour, System Of A Down, attire beaucoup de monde, mais pas que. Une journée riche sous un soleil de plomb.

Samedi                                                                                                        

Black Foxxes ouvre le bal sur la Main 2 et délivre un set rock enjoué mais statique. Les musiciens ne semblent pas tout à fait à l’aise mais parviennent à délivrer quelques décharges sympathiques. Une agréable mise en bouche.

BLACK FOXXES

Far From Alaska m’est inconnu. C’est donc par curiosité que je me rends devant la Main 1 pour découvrir un groupe composé d’une chanteuse au look hippie accompagnée d’une claviériste qui se dandine en mini short , d’un guitariste filiforme et d’autres musiciens qui, ensemble, balancent un groove dansant et aussi haut en couleurs que le T-shirt de la chanteuse, au peps et au sourire communicatifs. Une très belle surprise qui, effectivement, est très éloignée de l’Alaska puisqu’originaire du Brésil. Sa musique sent le soleil et la diversité d’influences est plus qu’agréable.

FAR FROM ALASKA

Dès l’arrivée sur scène de Dez Fafara, le message est clair : ça va castagner ! Devil Driver ne fait en effet pas dans la demi-mesure et défonce tout. Le sourire narquois du chanteur en dit long sur sa satisfaction à voir le public slammer. Son regard, d’ailleurs, met le public au défi, et ce dernier ne se fait pas prier. Un set efficace, brutal qui est la première grosse baffe du festival.

DEVIL DRIVER

Attendu comme le messie, Alter Bridge réuni une foule immense face à la Main 1. Le groupe n’ayant pas pris la peine de revenir après l’annulation de la date prévue en début d’année au Zénith, l’attention est naturellement énorme et le public se masse devant la scène. Il est 16h, le soleil frappe fort, mais n’empêche pas cette foule de se démener au son des Come To life, Cry of Achilles ou Metalingus. Un grand moment, et une grande satisfaction pour tous.

ALTER BRIDGE

Les Suédois de Blues Pills semblent de plus en plus séduire le public hexagonal. Tant mieux, bien que le show repose quasi intégralement sur les épaules de la chanteuse Elin Larsson, véritable source d’énergie incapable de rester immobile. Contrairement à son complice guitariste, Dorian Sorriaux dont l’immobilisme est, quant à lui, est simplement pénible. Heureusement, le blues teinté de psyché du groupe fait le job, le public y est d’ailleurs réceptif, confirmant la position de gros espoir de Blues Pills.

BLUES PILLS

Epica également est attendu. Après le coup de maitre des Bataves  qui ont rempli le Zénith en début d’année, on n’est guère surpris de la densité de la foule. Sans Surprise, c’est, à peu de choses près, le même show qui est proposé : de la pyro en veux-tu en voilà (merci les gars de la sécu d’avoir demandé aux photographes d’avancer ! Que calor devant !), un clavier sur roulettes… Seuls les lights pyramide ne sont pas de la partie. La rousse Simone Simmons connait son job, et reste froide et cordiale à la fois, contrairement au duo de guitaristes toujours aussi souriants et efficaces, dont un Mark Jansen très communicatif. Un bon set, mais un set sans surprise.

EPICA

Autre scène, autre style : les taciturnes Anglais de Paradise Lost offrent un set dynamique une heure durant. La nouvelle coupe de Greg McIntosh surpend : les cheveux courts et décolorés accentuent la pâleur de son visage. Son treillis, aussi, dénote à côté des tenues noires de rigueur de ses comparses. Paradise Lost revisite ses grands tubes, se concentre naturellement sur son dernier opus tout en offrant de belles pépites d’époque, et le public semble simplement ravi. Les gars sont en forme, et c’est tant mieux. Maintenant, voir Paradise Lost évoluer en plein jour, c’est aussi un peu étrange…

PARADISE LOST

Grosse sensation à prévoir : la foule se masse devant la scène que vont bientôt envahir les Américains de Five Finger Death Punch. Démarrant sur les chapeaux de roues avec son plus gros hit à ce jour en France (Lift me up), le groupe prend la pause, et défonce tout. Mais… La tension retombe vite à cause du manque de communication d’Ivan avec le public. En effet, entre chaque chanson, les musiciens règlent leurs instruments de longues secondes durant, et, sans un mot, la pression retombe. C’est bien le seul point négatif de ce show pourtant puissant et haut en couleurs.

FIVE FINGER DEATH PUNCH

Je rate, presque malheureusement, le show de Slayer… « Presque » parce que les Américains semblent parcourir les festivals estivaux annuellement. Cachetonner, quoi. Alors, bon, une année sans ne me manquera guère, même si j’aurais bien voulu me faire un petit Angel of death ou un Dead skin mask

Reste, pour aujourd’hui, LA (grosse) tête d’affiche. Dernier album paru en 2005, pas d’actualité prévue… System Of A Down est sans aucun doute possible le groupe le plus attendu de ce festival. Alors, on peut s’attendre à du tout ou rien. Ce soir, SOAD offre tout. Point, barre. Une setlist impeccable, variée, puissante et mélodique, un Serge Tankian très en voix et un groupe dans une forme éblouissante. Sans parler d’un jeu de lumières sans pareil. Une longue, très longue attente mais un groupe qui offre une des plus belles prestations de tout le festival.  Un samedi au top à tous points de vue.

42 DECIBEL: Overloaded

Heavy rock, Argentine (Spv/Steamhammer, 2017)

42 Decibel, c’est qui?  Formé en 2010 et aujourd’hui composé de junior figueroa (chant, guitare), Billy Bob riley (guitare), Chris Marck Towers (basse) et nicko Cambiasso (batterie), 42 Decibelvient de Buenos Aires, en Argentine. Overloaded est son troisième album. Hard rock n roll, 2013 et Rolling in town, 2015 ont commencé à forger la réputation du quatuor.

Overloaded, ça donne quoi? Sale, biéreux, crade… Dès Whiskey joint, le morceau d’ouverture, le ton est donné. Punk, irrespectueux, rock’n’roll direct et sans fioriture. Energique à souhait, cet album varie les tempi, passant avec Dangerous mess à quelque chose de plus 70’s, . La gouaille du chanteur évoque le chant de Bon Scott, les guitares, celles d’Angus et Malcolm Young pré 80. Impossible, en effet, de ne pas faire le lien tant cette influence est évidente. En évoquant sa passion pour la première mouture du groupe Autralien, 42 Decibel se démarque d’Airbourne, plus moderne. C’est à la fois une force et son contraire tant c’est bien fait. Maintenant, les Argentins savent-ils se faire originaux au cours de cet album? Là n’est pas, semble-t-il leur propos. Est-ce ce qu’on demande aux clones cités plus haut? Non. C’est bien la seule faiblesse de ce disque irrévérencieux qui évoque aussi le punk anglais des années 70 et fait quelques clins d’oeil au Motörhead période Eddie Clark. En proposant un produit qui sonne à l’ancienne, avec des guitares qui craquent, une rythmique simple et directe, un rock sans prétention ni fioriture, 42 Decibel parvient à nous faire faire un bond dans le passé. Une jolie surprise, guère originale mais rafraîchissante.

Note : 7,5/10

DOWNLOAD FESTIVAL PARIS – 1ère partie

 

Centraliser un festival à Paris/région parisienne, c’est, à priori, une bonne idée. Sauf lorsque la SNCF annonce une défaillance électrique à Etampes qui bloque tout le trafic de la région. Monter d’Orléans à Paris pour en repartir en direction de Brétigny, qu’on a croisé en chemin, devient un petit périple… Avec une interview prévue à 15 heures, ça devient même une course. Si l’an dernier, le festival Download avait connu, pour sa première édition, des cafouillages en nombre, cette année, il ne peut être tenu pour responsable de ce contretemps. Pour le reste, le nouveau terrain de la Base aérienne 127 nous réserve-t-il des surprises ? La scénographie a-t-elle été repensée ? La grande différence – annoncée – est l’ajout d’une scène supplémentaire, pour un total de 4 accessibles au public.

Le site : Base Aérienne 127, Le Plessis-Pâté                               

Le retard du train nous fait arriver alors que Pierce The Veil est déjà sur scène. Mais avant de pouvoir en écouter un seul accord, il faut se rendre sur le site. Du personnel est présent à la sortie de la gare de Brétigny, et nous annonce que les navettes sont coincées dans les embouteillages, qu’il faut 20’ de marche pour arriver au lieu de dépose des dites navettes. Sans avertir qu’il faut au moins autant de temps pour arriver à destination, soit un total de 50 bonnes minutes de mise en forme !  Longeant les installations militaires, le public avance sous un rude soleil et sous le regard de militaires, gendarmes et agents de sécurité.Arrivés sur le site je fais un premier constat : c’est vaste. Grand, très grand et les scènes – les Mains 1, 2 et la Spitfire sont alignées, la Warbird fait presque face à la MS2 – sont très éloignées.  Il n’y a guère d’espace ombragé – pas du tout même – et, surtout, le terrain est très accidenté, au point d’en rendre la marche pénible. Sans compter le fait que, malheureusement, la nuit précédente a connu un violent épisode orageux, laissant le terrain encore boueux.

des scènes pas très proches…

Le soleil arrangera les choses dès le lendemain, heureusement ! Mais, c’est un festivalier qui m’en fait la remarque, si la sécurité refuse, comme d’habitude, les bouteilles plastique avec bouchon, le dit terrain est jonché de cailloux et débris de béton plus gros qu’un poing. Une personne malveillante pourrait aisément balancer ça dans le public, et éclater plusieurs crânes avant d’être ennuyées. Sécurité, oui, mais à la condition de ne pas fournir de la matière dangereuse.

Dernière chose, qui ne concerne que les médias : les photographes sont bien trop nombreux. Se retrouver à 120 dans le pit est-il raisonnable ? Se déplacer pour changer d’angle devient vite un fantasme, sans parler, de nouveau, de la gêne occasionnée pour les agents de sécurité qui n’ont plus de place. Voilà pour les remarques négatives… Ah, non, une encore : c’est quoi ces tarifs exorbitants pour boire une bière ??? Un scandale qu’on espère ne pas vivre de nouveau dans une semaine…

Le Download occupe cette année un ancien terrain aérien. Il n’est donc guère surprenant de trouver ci et là quelques éléments évoquant ce passé : des avions au point info, des moteurs et hélices, mais le décor s’arrête là. Le Metal Market est vaste, situé face à la scène Wardbird, et propose, superbe initiative, une expo ouverte au public. S’y trouvent non seulement des photos grand format de nos artistes préférés – live ou sessions – ainsi que de nombreux documents originaux tels des dédicaces ou dessins de nombreux musiciens, que les plus anciens d’entre nous avaient pu découvrir aux débuts de Hard Force… Autre point positif, comme l’an dernier : l’accueil réservé aux médias. Si des casiers sont à disposition, les bouteilles d’eau sont généreusement distribuées, ainsi que quelques boissons énergisantes et des fruits de producteurs locaux. Un pot de bienvenue est d’ailleurs organisé le premier soir. L’ambiance à l’espace presse est, comme l’an dernier, relax et fun. Voilà pour les points positifs.

Les concerts                                                                       

Vendredi 9 juin 2017                                                                              

Difficile de pouvoir assister à tout, mais c’est le principe d’un festival qui propose plus de deux scènes. Il faut faire des choix, et programmer en fonction de ses goûts et, en ce qui concerne les photographes, des accréditations des groupes.

Le temps de récupérer les bracelets Cashless, je file voir les Anglais de RavenEye qui ont récemment clôt une tournée européenne en ouverture de Kiss. Le trio se donne comme à son habitude au maximum, et séduit un public encore épars. Son set est d’autant plus efficace que sa setlist est judicieusement pensée.

RAVENEYE

Kvelertak est beaucoup plus rugueux. Les amateurs de hiboux sont, également, en forme et semblent avoir un public fidèle et connaisseur. Ça dépote, mais le groupe semble plus à sa place en salle. Le masque de hibou tombe au bout du premier titre, Kverletak terminant son set sous une chaleur de plus en plus importante.

KVERLETAK

Je pars avant la fin pour faire un petit tour à la Warbird afin de photographier les Français de Dagoba. Mais, si la tente est pleine, la sécurité n’accepte que 4 photographes à la fois.La raison : les slammers commencent leur office et la sécu craint l’accident. Face à la queue qui s’allonge, je fais demi-tour.

Pourquoi ai-je raté Dinosaur Jr., je n’en sais plus rien. Reste que n’étant pas familier avec la musique du combo, je m’impose une pause ombragée et réhydratante avant de filer de nouveau vers la Warbird que Hatebreed doit investir sous peu. Je constate au passage que Blink 182, sur la Mainstage 1 ne m’attire vraiment pas, son rock n’étant, aujourd’hui, guère dangereux. C’est plus pop qu’autre chose, à l’image, logique, de son dernier album. Hatebreed, en revanche, devient la – ma – première claque du jour. Les coreux se donnent à fond, le public suit, jumpe et slamme et l’on commence à comprendre les gars de la sécu. Dommage seulement que la tente ne puisse contenir que quelques centaines de personnes, car l’ambiance est torride.

HATEBREED

Est-ce dû aux couacs de l’an derniers qui virent Gojira jouer devant un public peu nombreux qu’espéré ? Reste que nous retrouvons, avec plaisir, les Landais à cette seconde édition, plus haut sur l’affiche. Le public, encore épars en ce premier jour, se masse devant la Main Stage 2 et fait un triomphe à ses héros qui, naturellement, orientent leur set sur le nouvel album Magma. Gojira est en pleine forme, de bonne humeur, heureux de jouer pour un public réceptif.

GOJIRA

Première tête d’affiche, Linkin Park est attendu par un public de fidèles, malgré les remarques concernant son dernier album. Mais voilà : les virages pop ne passent simplement pas. Si les lights et la scénographie sont irréprochables, les musiciens semblent dérouler leur prestation avec une conviction limitée. Le public se réveille avec Meteora, mais, paradoxalement, commence à quitter les lieux. Nous ne tardons pas à faire de même, bouclant une première journée sympathique mais pas assez rugueuse à notre goût. Une impression mitigée pour cette première journée qui, comme l’an dernier, en n’attirant qu’environ 30.000 personnes, n’a pas fait le plein. Demain, c’est une autre histoire.

Merci à Live Nation et à Elodie Guillet-Sawicz et Raphaëlle pour les relations média au top!

FLOGGING MOLLY: Life is good

Rock folklorique, USA (Spinefarm, 2017)

Flogging Molly, c’est qui? Formé à Los Angeles en 1997, Flogging Molly abandonne petit à petit ses aspirations punk originelles pour s’orienter vers un rock folklorique, inspirée autant par la musique celtique que par la country américaine.

Life is good, ça donne quoi? Une belle surprise pour qui ne connait pas le groupe. Life is good, c’est 12 morceaux qui célèbre la vie et la joie de vivre. Le folk celtique est partout présent, le fun aussi. Le groupe n’oublie cependant pas ses origines américaines par la présence – moins prépondérante – de country music. Mais, sous cette façade « la vie est belle » les textes sont graves, s’inspirant d’une actualité triste et sévère. LA mélancolie, c’est la force des violons et de l’accordéon, n’est jamais loin, cédant le pas à un rayon de soleil. Le chant fait penser à celui de Michael Slattery (souvenez vous de The Shoulders et leur superbe Trashman shoes en 92!) en moins… trash, justement. Voila un album qui ne peut laisser de marbre, pour peu qu’on apprécie un tant soit peu ce folklore irlandais qui respire la joie de vivre.

Flogging Molly sera en concert au Bataclan de Paris le 4 juillet 2017

Note: 8,5/10

Sortie: le 2 juin 2017

 

SEETHER: Poison the parish

Metal, Afrique du Sud (Spinefarm, 2017)

Seether, c’est qui? Formé en 2002 en Afrique du Sud par le chanteur et guitariste Shaun Morgan Welgemoed, Seether dispense un metal empreint de grunge. Malgré de nombreux changements de personnel, le groupe parvient à se forger une solide fanbase et propose aujourd’hui son 7ème album studio, auquel il convient d’ajouter un live.

Poison the parish, ça donne quoi? Varié, ce nouvel album est à la fois envoûtant, familier et inquiétant. Familier parce que le chant et les guitares (flagrant sur I’ll survive) évoquent Nirvana, la rage se disputent parfois avec la colère. Quelques hurlements sont ainsi évocateurs sur Stroke the fire ou Nothing left, mais la mélancolie, l’inquiétude (les paroles en général, qui me semble dénoncer une certaine forme de superficialité de nos sociétés) ou la douceur (Against the wall, Sell my soul) trouvent également place tout au long de ce superbe Poison the parish. Les mélodies sont accrocheuses, les riffs mémorables et le refrains chantant sans être gnangnan. En gros, Seether signe un album riche, diversifié, un disque qui ne peut laisser aucun amateur de rock indifférent. Une invitation à un voyage sonore émouvant, entraînant et d’une remarquable efficacité.

Seether sera au Bataclan de Paris le 13 octobre 2017 pour une unique date en France!

Note: 9/10

BACKTRACK LANE: In fine

Rock, France (Autoproduction, 2017)

Backtrack Lane, c’est qui? Un jeune groupe français qui ouvre pour des pointures comme Black Star Riders ou Gotthard, qui joue dans des Elysées Montmartre ou Trabendo, aux Festival de Lorient et celui de la guitare…. Un groupe qui se fait remarquer dès ses débuts en 2013 et publie divers albums et Ep remarqués avant ce In Fine.

In fine, ça donne quoi? Nouvelle signature discographique de Backtrack Lane, In fine est un Ep de 6 titres qui commence avec un Fifteen minutes (qui n’en dure qu’à peine plus de 3, logique!) pour continuer sur des sonorités plus simplement rock et grand public. Underground est, avec ces chœurs « Ouh ouh, ouh » particulièrement chantant. Une variété d’instrument est à découvrir tout au long de ce disque (euh, il y même un peu de triangle, non?) efficace sans pourtant prétendre casser la baraque. On se laisse facilement entrainer par la gentille furie des Perfect motion ou After the rain…Notons aussi que le chant anglais est très correctement  maîtrisé. Pour un premier essai, Backtrack Lane vise haut, évoque les grands de la pop rock énervée ou ceux du rock dur (on pense à Foo Fighters ou Deep Purple, par exemple) avec une belle efficacité. On regrettera seulement – mais c’est annexe – la pauvreté du site internet du groupe, désert incommensurable d’information… Heureusement, la musique est là!

Note : 7,5/10

BORN AGAIN: Strike with power

Heavy metal, France (Massacre records, 2017)

Born Again, c’est qui? Sans aucun rapport avec les « nouveaux chrétiens », ceux qui se découvrent, Born Again est un groupe franais formé en 2016. Influencé par les grands noms du genre – période NWOBHM – le quatuor dispense un heavy metal sans concession.

Strike with power, ça donne quoi?  Born Again propose avec son premier album 10 chansons puissantes et racées, forgées dans le metal des années 80. Au gré des morceaux, on reconnaîtra la patte de Saxon, Iron Maiden, le groove de Thin Lizzy, ou la rage de Venom, références évidentes parmi d’autres. Sans nostalgie aucune Born Again parvient à donner un souffle nouveau à un genre qui draine des générations d’amateurs. OK, ses membres ne sont plus tout jeunes, mais partagent cet passion avec tant de bonheur qu’ils parviennent presque à rafraîchir le genre. Le chant puissant et d’une profondeur inquiétante, les envolées de guitares ou la rythmique de plomb offrent des moments simplement imparables. On se laisse prendre au jeu facilement, d’autant plus avec cette reprise de No class d’un Motörhead irremplaçable. Une belle découverte, et un groupe à suivre, assurément!

Note: 8/10

Sortie: février 2017

Interview: SUPERSCREAM

Interview SUPERSCREAM. Rencontre avec Phil Vermont (compositeur, guitariste, producteur) et Eric Parriche (chanteur, auteur, scénographe…). Entretien réalisé à Paris, le 29 mai 2019

Metal-Eyes : Revenons un peu en arrière : Superscream avait été très remarqué avec son premier albm, Some strange heavy sound, mais depuis, 6 années se sont écoulées. Que s’est-il passé pendant cette longue période ? En dehors du changement de personnel…

Phil Vermont : Plein de choses… Ce qu’il faut comprendre, et à l’époque, on n’en a pas beaucoup parlé, c’est qu’à la base, Some strange heavy sound c’est un album qui a été conçu avec des side men, et, en gros, c’est moi qui délirait à l’époque sur mon ordinateur. Avec Eric, on travaillait dans un projet qui s’appelait Darjeeling, ça a très bien collé entre nous et on a eu envie de travailler ensemble sur ce projet-là, mais on n’avait pas prévu qu’il y ait une suite. On voulait juste sortir un disque pour se faire plaisir. Après, forcément, il a fallu monter une équipe live, répéter avec cette équipe, écrire de nouveaux morceaux, concevoir un show live… En gros, on n’avait pas du tout anticipé la charge de travail qu’il allait y avoir. Ensuite, on voulait ne pas reproduire les erreurs du premier album, et avoir tout de prêt pour ce nouvel album. Du coup, il y a eu des phases d’expérimentation, d’écriture, de choses comme ça…

Metal-Eyes : Quand tu dis « ne pas reproduire les mêmes erreurs », tu veux dire quoi ? Qu’est-ce qui représente une erreur pour toi ?

Phil Vermont : Je crois qu’il y a 8 morceaux sur Some strange heavy sound. Tout ce que tu entends, c’est tout ce que j’avais comme matière sonore. Sur The engine cries, ce que tu entends, ce sont des morceaux qui ont été sélectionnés dans une masse de morceaux que j’ai écris, ce qui veut dire que, potentiellement, on a de la matière pour enregistrer un album qui ne sortirait pas dans 6 ans. Par exemple ! (rires) Il y a aussi un DVD live qui est en cours, qu’on a enregistré avant  que l’album ne sorte, pour qu’il n’y ait pas trop d’écart entre la sortie de ce DVD et l’album. On a vraiment organisé les choses sur plusieurs années pour voir venir et entretenir l’énergie autour du groupe

Eric Parriche :  On a deux clips aussi qui vont arriver, qui ont été tournés en amont. Ça aussi, ça a demandé du temps. Il y en a un qui dure presque dix minutes, limite court-métrage, pour The engine cries, le morceau titre. Après, je ne verrais pas ça comme une erreur spécialement. Le premier album c’est fait comme ça, là n voulait juste procéder différemment. Maintenant qu’on prend les choses un peu plus au sérieux – ce n’est pas le bon mot – qu’on voudrait tourner, avoir une vraie équipe… Au début, ce n’était qu’un binôme, et c’est vrai que ça aurait pu s’arrêter là, et pour finir, on a décidé de continuer. Différemment.

Metal-Eyes : Vous étiez tous les deux, comme tu le rappelais, avec Darjeeling. Le fait qu’il y ait  eu un vrai impact positif avec Some strange heavy sound a fait que vous ayez décidé de laisser Darjeeling de côté pour vous concentrer sur Superscream ?

Phil Vermont : Darjeeling s’est arrêté avant la sortie de l’album. En fait, les tout premiers morceaux –Metal sickness par exemple – je en savais pas trop pour quoi ça allait être. Ça ne correspondait pas vraiment à Darjeeling. C’est Eric qui, à l’époque, gérait la direction artistique du groupe.

Eric Parriche : Musicalement, ça ne rentrait pas, ça ne fonctionnait pas avec ce que l’on faisait avec Darjeeling.  Pas vraiment metal, les textes étaient en français… du coup, ça engendrait une esthétique complètement différente. J’avais décidé d’arrêter ce projet, Phil avait ces quelques morceaux de côté… Phil, avec Darjeeling, a un peu renoué avec le rock et le metal qu’on ne faisait plus à l’époque et ça lui a donné l’idée de ce nouveau projet. Tu avais tes morceaux, je suis venu et je t’ai dit « allez, je vais te poser quelques lignes de chant, on va délirer un peu… » et c’est parti comme ça. J’ai mis le casque, j’ai improvisé et petit à petit, ça s’est construit dans sa tête.

Phil Vermont : Exactement. Sachant qu’on a procédé différemment pour le deuxième album.

Metal-Eyes : Justement, comment décririez-vous l’évolution entre ces deux albums ? 6 années, c’est pratiquement une vie pour un groupe…

Phil Vermont : Ca a évolué à tous points de vue. Concrètement, l’écriture a évoluée. Je voulais aller vers quelque chose de plus fédérateur, toujours avec ce côté world metal mais avec des chansons qui sont plus « existantes ».  Aujourd’hui, tu peux jouer quasiment tout The engine cries avec une guitare acoustique et Eric qui chante, ce qui n’était pas le cas de Some strange heavy sound On a évolué au niveau de la production qui, à mo sens, est bien plus réussie que sur le premier album. On a aussi procédé différemment pour l’écriture : j’ai pris en charge tout l’aspect musical et les lignes de chant, tandis qu’Eric a écrit tous les textes, à l’exception de deux. Maintenant, avec Eric, on se laisse des dossiers. Par exemple, il a complètement géré l’artwork, dont je suis très fier, il a géré complètement la production de l’album, tandis que j’ai géré la direction artistique et les aspects musicaux. Du coup, quand il tourne quelque chose en vidéo, je fais la musique… Tu vois, on est dans une vraie relation de confiance, encore plus qu’avant, et ça, ça fait avancer les choses.

Metal-Eyes :Il y a aujourd’hui une complémentarité qui s’est forgée avec le temps, donc.

Phil Vermont : Complètement ! Mais c’est vraiment du fait – je lui dis mais il ne le sait pas – c’est vraiment du fait d’Eric. Eric a vraiment vu où ça pêchait de mon côté et s’est simplement placé là pour faire telle chose. Forcément, ça booste l’affaire à 200% parce qu’on est bien plus complémentaires qu’avant.

Metal-Eyes :Tu parlais de la production, et c’est le seul point que j’ai relevé dans ma chronique : pour moi, elle n’est pas assez épaisse, grasse, pour ce type de musique…

Phil Vermont : Alors c’est complètement volontaire de notre part, et pour deux raisons. Déjà, il n’y a qu’un morceau joué à la 7 cordes, là où aujourd’hui, tout le monde joue à la 7 corde ou accordé très très grave pour avoir le son metal actuel. Moi, je ne suis pas hyper friand de ça parce que, du coup, tu as beaucoup de mal à sortir la basse du mix. Ensuite, dans beaucoup de morceaux qu’on fait, il y a des percussions. SI tu veux tout entendre et faire en sorte que tout fonctionne ensemble… Si tu retires les percus, il n’y a plus le truc qu’il faut. Pour que tout soit à sa place, il fallait une prod assez claire et brillante et qui n’aille pas trop dans un sens heavy metal actuel. Ça ne pouvait pas marcher. Avec un  morceau comme Evil cream, ça aurait pu marcher, mais pas avec le reste. Il y a autre chose, aussi : Eric a une très grande tessiture, et il ne faut pas oublier que si les groupes jouet très grave, c’est pour laisser la possibilité au chanteur de ne pas être obligé de monter dans les tours. Eric, lui, peut le faire, donc je n’ai pas de raison de m’accorder en Si.

Metal-Eyes (à Eric) : Tu couvres combien d’octaves ?

Eric Parriche : Euh, je ne sais pas du tout ! Excellente question… Je considère que l’important c’est de  bien chanter dans sa zone de confort, et peu importe la note la plus grave ou la plus aiguë qu’on peut atteindre. Maintenant, je comprends ta remarques sur la prod. Le choix de ne pas utiliser énormément d’effets, c’est vraiment (il s’adresse à Phil) une volonté de ta part. Je n’avais pas d’idée préconçue sur la question…

Phil Vermont : C’est complètement vrai, et c’est un constat sur le temps : les albums trop surproduits vieillissent souvent pas très bien. Tu prend l’album de Rage Against The Machine, Bombtrack : la prod n’est pas très saturée, les guitares sont hyper claires, ce qui fait que l’album traverse le temps. Nous, on a écouté ça dans les années 90, les mômes des années 2000, aussi, et ceux d’aujourd’hui continuent de l’écouter. C’est quelque chose qui peut  être très vrai avec les albums de Led Zeppelin. Alors que le son d’aujourd’hui se démode très vite… J’espère que The engine cries est un album qui vieillira bien et que dans 15 ans, les gens ne se diront pas qu’il a mal vieilli !

Metal-Eyes : On parlait du concept de l’Artwork tout à l’heure. C’est Stan W. Decker qui en est responsable mais, d’après ce que j’ai compris, c’est toi Eric qui a eu le concept en tête ?

Eric Parriche : Au départ, on ne savait pas du tout ce qu’on voulait. On a discuté de ce qu’on voulait mettre, quel type de pochette…

Metal-Eyes : Pour moi, c’est un peu Jules Verne rencontre Dali. Je suis oersuadé qu’il y a cependant beaucoup plus, qu’avez-vous voulu mettre dedans ?

Eric Parriche : Beau compliment… On avait un cahier des charges assez lourdement rempli – comme pour beaucoup de choses… –  et on avait envie que ce soit surréaliste, que ça fasse prog mais qu’il y ait une petite touche… humoristique. On s’est  inspiré de différents artistes. Un qui ressortait s’appelle (piste 13, 11’50 – rechercher nom) Caras Ionote (je crois que ça se prononce comme ça), qui fait des montages photos et d’autres choses. C’est un artiste de l’est. On  a essayé avec lui mais, malgré son talent, ce qu’il a fait ne nous convenait pas…

Phil Vermont : C’est un artiste, en fait, pas un gars spécialisé dans les pochettes, donc, du coup, il n’avait pas forcément le savoir faire d’un graphiste. Ça ne fonctionnait pas…

Eric Parriche :  Ca nous a donné l’impulsion de départ pour travailler avec Stan W. Decker qui a tout de suite compris ce qu’on voulait. On lui avait fait des montages avec nos moyens et avec des exemples de ce qui nous intéressait ou pas. J’avais envie qu’il y ait des remous, qu’il y ait de la matière liquide, aussi pour répondre à l’aspect de la Evil cream qu’on utilise dans cet album, et aussi en live. C’est une matière que j’ai inventée, un peu mystérieuse et dont je ne révèle pas  tous les effets…

Phil Vermont : Il vaut mieux pas, d’ailleurs !

Eric Parriche :  Non, on ne verra les effets en live. Pour révéler un petit truc, j’en consomme au début du concert. Ça a des effets… particuliers. Pendant tout le concert.

Metal-Eyes : Justement : un album, ça se défend sur scène : qu’est-ce qui est prévu ?

Phil Vermont : Le problème qu’on a avec cette question (rires), c’est qu’il y a des choses prévues mais qu’on ne peut pas y répondre ! Il n’y a pas de tournée prévue pour l’instant, mais quelques dates en première partie, mais on ne peut dire qui car rien n’est encore officiel. On va cependant essayer de tourner un maximum pour défendre l’album. On a réussi à mettre toute une équipe en place pour Superscream, mais on n’a pas encore de tourneur. Du coup, on essaye de gérer ça pour déléguer le tout à quelqu’un dont c’est le métier de gérer le booking. En fait, c’est notre politique : déléguer chaque chose à quelqu’un dont c’est le métier pour que ce soit fait le mieux possible. En tout cas, on pourra retrouver sur scène rapidement.

Metal-Eyes : E ce qui concerne  l’album lui-même : il y a beaucoup de choses : du rock, du prog, des influences orientales, metal. Qu’avez-vous voulu mettre dans The engine cries ?

Phil Vermont : Eh bien, tout ça ! Pour la petite histoire, c’est mon métier d’être musicien. ET j’ai  eu la chance de travailler dans plein de trucs différents, mais vraiment. De la bossa nova au metal, et j’avais envie de mettre tout ça dedans. Je suis aussi un amoureux des voyages – dès que je peux, je vais voir ailleurs comment ça se passe – et j’aime bien l’idée du voyage musical. Un album court où tu as envie de rappuyer sur play, qui te permette d’aller dans plein d’ambiances. Je crois que le premier qui m’a donné envie de faire ça, c’est Steve Vai avec un album live pour lequel il avait écrit un morceau par pays où il était allé. J’avais trouvé le concept génial. Après, le concept même de la musique de Superscram est né à Budapest, où j’étais en tournée. J’avais vu un gars qui jouait de l’accordéon avec des grosses guitares metal et j’avais trouvé ça génial. Je n’avais jamais entendu un truc pareil, même si aujourd’hui ça existe. Mais à l’époque, je m’étais dit qu’il y avait énormément de ponts entre les musique et qu’il suffit juste de bricoler un peu pour trouver le truc…

Eric Parriche : Au départ, j’aimais bien ce concept. On s’était d’ailleurs définis comme faisant du world metal et au final, on se rend compte que c’est plus du metal progressif, avec comme spécificités d’utiliser des musiques traditionnelles, etc…  Aussi, ça permet d’utiliser des voix différentes. Je me considère comme un chanteur à tout faire : selon les morceaux, je n’utilise pas forcément la même voix, parfois je chante plus nasal, d’autre plus metal ou plus clair, et ça m’allait bien de m’amuser un peu avec tout ça, de modifier ma voix. C’est ce qui est cool avec Superscream, la possibilité de ne rien se refuser. Parfois, ça engendre quelques complications…

Phil Vermont : Je rebondis là-dessus : « rien se refuser », ce n’est pas tout à fait le cas. Pour que ça marche, on est obligés de se refuser plein de choses. Par contre,  le truc que tu veux emboiter avec l’autre, ça ne marche pas toujours. Il faut le faire avec beaucoup de minutie et baliser le tout. On essaye d’expérimenter beaucoup, et là, on ne se refuse rien. Quand on monte le bazar en vrai, on est obligés de tailler dans le vif.

Eric Parriche : Le kazoo, on n’a pas encore réussi à le caser…

Metal-Eyes : Le triangle ?

Phil Vermont : Le triangle, Je crois qu’il y en a déjà !

Metal-Eyes : Si vous deviez ne retenir qu’un seul titre de ce disque pour expliquer ce qu’est Superscream aujourd’hui, ce serait lequel ?

Phil Vermont sans hésiter): The engine cries. C’est marrant d’ailleurs que tu nous pose cette question parce qu’on vient de faire un clip et on voulait vraiment que le premier morceau qui soit « clippé » soit représentatif de notre univers. Je le trouve représentatif parce que, déjà, il met en lumière tous les musiciens du groupe – et j’aime bien cette idée. Il y a la dimension world metal – c’est un morceau assez lourd, un refrain heavy, tu as tout le développement instrumental sur la deuxième partie – et, c’est un peu le bonus, tu as une fin qui reste en suspend, tu ne sais pas ce qu’il va se passer après.

Eric Parriche : Après ce n’est pas évident de décider d’un seul morceau représentatif. On a des morceaux tellement différents…

Phil Vermont : Mais il y a deux lignes directrices dans Superscream : le côté world metal dont on a déjà beaucoup parlé, et les morceaux de fans. Un titre comme Evil cream rentre dans les standards du prog, par exemple. L’idée de Superscream, c’est de développer les deux en même temps, de sorte que l’auditeur puisse trouver ses repères, qu’il connait déjà et qui nous ont fait tripper – et le feront tripper aussi, on espère – et cette dimension un peu plus expérimentale. On essaie de réunir le deux. En fait (il rit) la bonne question à nous poser ça aurait été « quels sont les deux morceaux ? »

Eric Parriche :

Metal-Eyes : Donc tu es en train de me dire que ma question n’est pas bonne…

Phil Vermont : Non, on, elle est très bien ! Mais pour Superscream, il en faut deux…

Metal-Eyes : Tu sais que la définition de « choisir » c’est « renoncer à » ?

Phil Vermont : Oui, mais, ça, j’ai du mal !

Eric Parriche : Beaucoup de mal…

Metal-Eyes : Aujourd’hui, vous considérez Superscream comme un grouoe à part entière ? Une entité ?

Phil Vermont : De ce point de vue, oui, clairement. Si tu viens nous voir en live, tu verras qu’on et branchés sur la même longueur d’ondes, qu’on travaille vraiment comme un groupe. Même pour tout le reste. On parlait tout à l’heure de nos rôles respectifs, Stéphane lui s’occupe de l’internet… On a tous plusieurs casquettes, tout le monde met les mains dans le camboui pour faire fonctionner le groue. Ensuite, là où certains ont des véléités pour composer ensemble, nous préférons déléguer. « Ca, tu sais bien faire, alors fais le ». On cherche à utiliser les capacités de chacun à son meilleur niveau et fédérer autour de ces projets. Et ça fonctionne plutôt bien.

Eric Parriche : Au début ce n’était pas une équipe fixe. Maintenant, on est ensemble depuis 4 ans, c’est quelque chose qui se précise.

Metal-Eyes : Alors quelle pourrait être la devisede Superscream aujorud’hui ?

Eric Parriche : Vers l’infini et au dela, non ? (rires) On nous l’a pas faite encore celle-là… (A Phil) C’est toi le leader, vas-y !

Metal-Eyes : Comment il se défausse !

Phil Vermont : Oui, ça me plait bien, le côté on est prêts à partir à la conquête du monde ! Il y en a plein qui pourrait convenir.  J’aimerai bien quelque chose qui aille vers les autres. Je voudrais bien développer un concept d’ouverture, en fait. Pas de fermeture que tu peux trouver chez certains metalleux qui ne se voient pas faire autre chose que ce qu’ils font. Très bien, mais nous, on veut aller vers les autres…

Metal-Eyes : Comme tu le disais tout à l’heure construire des ponts. Pas des murs…

Phil Vermont : Tout à fait. Et l’air de rien, on commence pas mal à se mordre la queu au niveau musical. On n’a jamais eu autant de productions et, paradoxalement, jamais autant qui se ressemblent. Et, à mon avis, la seule manière d’aller au-delà de ça, c’est de mélanger les genres. Haken, par exemple, ils ont plus loin, ils essaient d’amener le truc ailleurs que tous les clones de Dream Theater. Notre devise irait plutôt dans le sens de l’ouverture.