Interview: NIGHT DEMON

Interview NIGHT DEMON. Entretien avec Jarvis (chant, basse). Propos recueillis à l’Elysée Montmartre de Paris le 1er février 2018

Metal-Eyes : Jarvis, je ne connais pas très bien le groupe. D’après ce que j’en sais, Night Demon s’est formé en 2011, a publié un Ep et 2 albums. Que peux-tu me dire d’autre sur la genèse du groupe ?

Jarvis : On a formé le groupe en 2011 avec la simple intention d’enregistrer un Ep. Ce qui s’est fait très rapidement. On n’a pas rejoué véritablement avant 2012… On peut dire, alors, que le groupe a vraiment débuté en 2013, un simple trio heavymetal très influencé par la NWOBHM. Ensuite, on a tourné pendant 4 ans, ça a été super, venir en Europe a été génial… Tout se passe bien pour nous, vraiment !

Metal-Eyes : Comme tu viens de le dire, Night Demon est très influencé par la NWOBHM, tant dans le son, dans ta manière de chanter, également… les premiers groupes auxquels j’ai pensé sont, naturellement, Iron Maiden – il y a d’ailleurs un morceau intitulé Maiden hell sur votre dernier album – mais aussi Raven – vous avez d’ailleurs le même format de power trio –mais je ressens aussi des influences de Thin Lizzy dans ses aspects bluesy…

Jarvis : Absolument !

Metal-Eyes :Qu’y a-t-il d’autre ?Que mettez-vous de plus dans votre musique ?

Jarvis : Difficile à dire, on écrit ce qui nous vient… On écoute beaucoup de rock 70’s. Tout ce que tu as cité fait partie de nos influences. On a d’ailelurs fait notre toute première tournée avec Raven ! Quelques shows aux US, mais on a pas mal joué avec eux autour du monde, ils sont un peu comme nos grands frères.

Metal-Eyes : Parlons de Darkness remains, paru en 2017. Vous venez de le ressortir dans un format expanded. Pourquoi ce choix ?

Jarvis : Le label le souhaitait. En fait, ils voulaient sortir un « tour edition », pour cette tournée. L’album se vend vraiment bien, il est toujours en réimpression… On s’est dit qu’on pouvait sans doute faire les choses différemment, entre autre parce que sur cette tournée nous jouons devant de nombreux nouveaux fans. Je me suis demandé ce qu’est vraiment un » tour edition » : faut-il mettre des versions live ? C’est ce que je voudrais, mais on enregistre dans le cadre d’un live qui va paraitre cette année. Alors on s’est dit « faisons maintenant ce que les autres groupes mettent 20 ans à proposer aux fans ! On a ce qu’il faut, alors, allons-y ! » Tout simplement…

Metal-Eyes : Ce sont donc les mêmes chansons, dans des versions différentes…

Jarvis : … Avec des commentaires au sujet de chaque titre.

Metal-Eyes : Tu viens de dire que vous avez beaucoup tourné ces 4 dernières années. Alors comemnt décrirais-tu l’évolution de Night Demon entre vos deux albums ?

Jarvis : Pas tant dans un changement de style… Mais je pense que notre manière d’écrire et de composer est devenue plus mature. Avant, j’acrivais les chansons que je souhaitais, avec beaucoup d’imageire que je souhaitais utiliser, parfois un peu cliché, mais en avançant, c’est devenu un peu plus « réfléchi », tu vois ? La musique est devenue un tout petit peu plus « progressive », juste pour éviter de nous répeter, ce qui est assez facile àn faire.

Metal-Eyes : Comment enregistrez-vous vos albums ? A l’ancienne ou…

Jarvis : Oui, oui, on n’utilise pas de clic, d’isolation ou ces trucs là… On entre dans la pièce et on enregistre, c’est tout. Live, c’est la façon de faire !

Metal-Eyes :De quoi traitent vos chansons ? Tu viens de parler de clichés, alors…

Jarvis : Oui, on parle de plein de choses, plein de clichés metal ! Le mal et l’obscurité, principalement ? Ce genre de choses, des monstres, des fantômes, des choses bibliques…

Metal-Eyes :Y a-t-il, au contraire, des thèmes que tu ne souhaites pas aborder ?

Jarvis : Oui, je ne veux pas aborder des sujets religieux ou politiques, on laisse ça à d’autres. Je ne veux pas être une sorte d’influence, nous voulons être un groupe qui libère les gens de ce genre de choses!

Metal-Eyes : un groupe d’entertainement, donc?

Jarvis : Oui, totalement! On veut être un groupe important, et nous le sommes aux yeux de certains. Mais sans prise de tête, sans politique… Il y a trop de merde dans le monde. Tu sais, le monde se fout en l’air depuis qu’il existe, et ça ne va pas changer. Je n’ai pas le sentiment que nous, en tant que groupe, en faisons assez pour prétendre pouvoir précher à ce sujet. Il y a plein de gens qui pensent que sous prétexte de ma position, j’ai plus d’audience que mon voisin de pallier. Ce qui est vrai, mais je ne crois pas pour autant que j’ai suffisamment d’influence pour tenir ce genre de dsiscours. On vit nos vies, on essaye, jour après jour, de nous en sortir, pas de créer un changement social. Nous serions des hypocrites si nous tentions de faire autre chose.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’une chanson de Darkness remains pour expliquer à ceux qui ne connaissent pas Night Demon ce que vous êtes, ce serait laquelle?

Jarvis : Alors, je choisirais sans doute… Peut être Hollowed ground. Elle a beaucoup d’éléments different: des tempis varies, des harmonies vocals, de beaux solos, un bridge galopant…

Metal-Eyes :Si mes infos sont correctes, il s’agit ce soir de votre second concert à Paris, après un passage il y a quelques mois au Klub.

Jarvis : Oui… C’est peut-être notre troisième passage à Paris. Non, tu as raison. On est passé à cette emission télé, Un dose 2 metal il y a 3 ans. Donc, c’est notre second concert mais notre troisième passage.

Metal-Eyes : Et quells souvenirs gardes-tu du Klub?

Jarvis : Il faisait chaud! (rires) On était au sous sol, et c’était blindé!

Metal-Eyes :C’est une sale qui est blindée avec 30 personnes!

Jarvis : C’est vrai! Mais c’était cool… Tu sais, ce qui est dommage avec une ville de cette taille, c’est que la culture heavy metal a disparu. Pour le metal classique, c’est vraiment dommage, mais il y a le meme phenomena à Londres. Pour quelqu’un comme moi qui vient de Los Angeles, tout y est populaire, il n’y a pas un style qui domine, tous les genres ont leur public. Mais tu dois faire le boulot, et visiblement, le show de ce soir va être gros. On est ravis de jouer pour de nouvelles têtes!

Metal-Eyes : En fait, le metal n’est pas vraiment mort, en France; il n’a jamais vraiment été vivant, il a toujours été considéré comme une sous culture. On met en avant le rap, la musique facile à écouter, c’est ce que proposent les medias au public. Heureusement, en France, nous avons un bon nombre de festivals pour rattrapper ça. Vous allez tenter de participer à un festival en France cet été?

Jarvis : On adorerait ça, on en fait partout ailleurs. Tu sais, j’organise mon proper festival alors je sais ce que c’est! Nous sommes en contact avec de nombreuses personnes, le Hellfest serait super mais on n’a pas encore reçu d’appel de leur part.

Metal-Eyes :Comment vous-êtes vous retrouvés à l’affiche de cette tournée?

Jarvis : Un animateur radio de Cleveland a mis leur management en contact avec nous, ils ont voulu voir ce que nous donnions, leur agence nous a vus au Rock Hard festival en Allemagne et nous avons insisté. Les discussions ont commence là.

Metal-Eyes :A quoi devons nous nous attendre de la part de Night Demon ce soir?

Jarvis : Beaucoup d’énergie de la part de trios mecs épuisés! (rires)

Metal-Eyes : Parlons de toi: quell a été ton premier choc musical, le groupe ou l’artiste qui t’a fait dire “viola ce que je veux faire”?

Jarvis : Van Halen, que j’ai écouté vraiment, jeune. Deep Purple, Smoke on the water. And justice for all de Metallica, ce sont les principaux, ceux qui m’on donné une claque.

Metal-Eyes :Qu’est-ce qui t’a amené au chant, alors?

Jarvis : Pendant des années, j’ai joué dans tant de groupes, j’ai beaucoup tourney. Des groupes vraiment prometteurs qui se sont séparés parce que l’un des members principaux, comme le chanteur se barrait. Je mettais ma vie dans les mains de ces groupes, et tout reposait sur quelqu’un d’autre. A un moment je me suis dit” je vais être le gars qui ne peut être remplacé”. J’ai appris à faire les chose que le gars qui ne peut être remplacé fait, et j’ai appris à chanter et à écrire la musique.

Metal-Eyes : Une dernière question: quelle pourrait être la devise de Night Demon?

Jarvis : Oh… “Pas de scène trop grande, pas de scène trop petite”.

Metal-Eyes : J’aime bien! Merci et je vous verrais sur scène d’ici un peu plus d’une heure.

Jarvis : Avec plaisir!

 

ACCEPT live à Paris (l’Elysée Montmartre, le 1er février 2018)

On vit une époque formidable… La forme qu’affichent les anciens, les groupes à la carrière multi décennale est simplement bluffante. Je n’ai presque jamais été déçu par un concert d’Iron Maiden, Saxon ou Accept. Alors ces derniers de retour à Paris, dans un Elysée Montmartre qui célébrait en début de décennie leur résurrection, avec le chanteur Mark Tornillo en lieu et place de « l’indispensable » Udo Dirkschneider, eh ben… 9a ne se rate pas. J’arrive tôt à l’Elysée afin d’interviewer Night Demon, trio US qui ouvre ce soir pour les Germano Américains. Jarvis, le bassiste chanteur, a malheureusement la voix quelque peu enrouée, ce qui se ressentira sur la seconde moitié du set.

Losque le power trio – une configuration qui évoque le line-up de Raven ou Motörhead (un bassiste chanteur, un guitariste et un batteur) – monte sur scène, le public ne sait pas vraiment à quoi s’attendre. Night Demon est simplement habité de l’esprit de la NWOBHM et cela transpire tant dans sa musique qu’on sait que les amateurs du genre, nombreux ce soir, vont apprécier. Le groupe explore ses deux albums, faisiant une belle place à son petit dernier, Darkness remains, récemment réédité en format « expanded ». Les influences sont évidentes et l’on s’amuse de ce jeu de piste qui nous renvoit dans une époque qui continue d’en faire réver beaucoup. Maiden estde la partie (Maiden hell, facile), mais également Diamond Head ou, moins évident, Thin Lizzy dans les aspects les plus bluesy du combo. Le riff de Run for your life évoque ouvertement le Waisted de Def Leppard , période Pete Willis (sur son premier et superbe album, que le groupe a trop tendance à oublier, On through the night). Malheureusement, la voix de Jarvis commence à souffrir, et son chant devinet très limité… Un extrait de quelques mesures d’Overkill, en hommage à Fast Eddie récemment disparu, un final avec la venue d’une faucheuse qui rappelle quelques mascottes (Iron Maiden, Grave Digger ou Megadeth), et Night Demon s’en retourne backstage laissant un public ravi. Quelques couacs, mais un set efficace quinous a fait découvrir un groupe plus que sympathique.

Après une intrigante mais remarquée première partie de Sabaton l’an dernier, Peter Baltes et Wolf Hoffmann réinvestissent les planches avec bonheur. Accept fait en effet partie de ces groupes qui maîtrisent tant leur sujet qu’on sait ne pas pouvoir être décus par leur prestation. Même Mark Tornillo, habituellement silencieux entre deux chansons, est bavard ce soir. Les petits nouveaux ( le discret Uwe Lulis et le plus expansif Christopher Williams, respectivement guitariste et batteur) arrivés en 2015 sont parfaitement intégrés. On sent ce line-up particulièrement confiant et très enjoué: la complicité entre les musiciens fait plaisir à voir.

Sans surprise, Accept sort l’artillerie lourde dès le départ avec un décor militaire (à quand le retour des treillis? Non, je blague…), des fumigènes en pagaille et des lights irréprochables (enfin le retour des poursuites dans une salle moyenne!). En alternant titres speed et morceaux heavy, en piochant dans quelques raretés (Objection overruled est une belle surprise, notamment complété de ce duel entre les deux anciens – Wolf et Peter), en jouant avec un public tout acquis à sa cause, Accept prouve une nouvelle fois l’excellence de son professionnalisme. Il n’y a rien à redire, sauf ce petit écart qu’est l’interprétation en solo que fait maitre Wolf du Bolero de Ravel… Ce même Wolf Hoffmann ravi d’exhiber une collection de guitares toutes plus flashy les unes que les autres – on est au royaume des paillettes bleues et rouges! – est, comme à son habitude, le maitre des lieux.

Cependant, avec 5 titres d’affilée issus du dernier album (The rise of choas, Koolaid, No regrets, Analog man et The final journey), même si le groupe est là pour le défendre  (dont il aura présenté 6 titres sur 10), c’est peut-être beaucoup pour ceux qui ne connaissent pas The rise of chaos. Heureusement, c’est du lourd, et Accept a tout loisir de se concentrer sur ses classiques attendus (au hasard? Princess of the dawn, Balls to the wall, Restless and wild, Fast as a shark) ou ses morceaux les plus récents (Stalingrad, Shadow soldiers, Teutonic terror, Pandemic…), faisant la par belle à la période dorée que le groupe vit depuis son retour avec Tornillo.

Deux heures durant Accept séduit un public ravi avant que Mark ne lance un « Thank you Paris, we’ll see you at Hellfest ». Oui, Messieurs, le rendez-vous est noté et hors de question de rater ce rendez-vous avec l’un des derniers monstres sacrés du metal allemand!

Interview: SAXON

Entretien avec Biff Byford (chant). Propos recueillis à Paris le 11 janvier 2018

Interviewer un personnage comme Biff Byford est toujours un plaisir. L’homme est bien plus que l’incarnation de Saxon, il est l’image, l’une des dernières qui soient, d’un rocker dans l’âme. Il est, vit et respire le metal, tant son attitude et son verbe son ceux de la passion. Et aujourd’hui l’homme est plus que de bonne humeur: il est joyeux et jovial.

Biff Byford, Paris, 11 janvier 2018

Metal-Eyes : Biff, pour commencer, nous sommes en début d’année, que je te souhaite très bonne !

Biff : Merci, bonne année aussi, ou comme on dit en français ? Bon anniversaire ou peu importe…

Metal-Eyes : Non, anniversaire, c’est Birthday, ça viendra plus tard…

Biff : Oh, d’accord, le mien est bientôt…

Metal-Eyes : La dernière fois que nous nous sommes vus, c’était rapidement au Download Paris…

Biff :  Ah oui ! Le Download ! Il a encore lieu ?

Metal-Eyes : Il y a eu la seconde édition l’an dernier, et une troisième arrive cette année, en juin, encore une semaine avant le Hellfest.

Biff : Tu veux parler de…Baby Metal ? Ils ont eu des problèmes… C’était assez marrant, en fait, que tout « plante » comme ça… A l’époque du digital, passe encore. Mais, non, ça n’a pas été vraiment frustrant. On n’a plus rien à prouver… Je pense que le concert du Hellfest, l’été dernier, nous a donné une place correcte, même si j’aurai préféré jouer plus tard. Mais c’était un bon concert, au Download, les gens ont aimé, et c’était un bon concert pour Saxon. Pas autant pour Baby Metal, mais c’est ça, le Rock n Roll. Ils doivent apprendre aussi…

Metal-Eyes : Et quels sont, justement, tes souvenirs de votre dernier Hellfest, l’été dernier ?

Biff : C’était super ! J’ai adoré. Il y a des vidéos de ce concert, il y avait une bonne ambiance, le public était en forme. Certains disent que nous étions le meilleur groupe du festival, et je en vais pas les contredire… (rires)

Metal-Eyes : Au moins dans mon Top 3. Je me souviens de ton étonnement quand tu as vu cette personne en chaise roulante portée par le public : tu t’es exclamé « those are wheels of steel ! » C’était la première fois que tu voyais ça ?

Biff : Oui ! Tu ne vois pas souvent de chaises roulantes voler au-dessus du public, faire du crowdsurfing !

Metal-Eyes : Tu devrais rester tout le Hellfest alors. Rien que la journée du samedi, j’en ai compté, devant les mains stages, pas moins de 9 ou 10. C’est impressionnant, surtout quand elles arrivent au niveau du pit…

Biff : Oui, impressionnant. On a donné un très bon concert, il y avait de belles lumières…

Metal-Eyes : Revenons à la musique. Battering ram est sorti il y a un peu plus de deux ans, vous avez beaucoup tourné depuis. Quels sont les moments les plus marquants de ces deux années ?

Biff : Tourner avec Motörhead, sans aucun doute. Ça a été douloureux, lorsque Lemmy est mort… J’ai eu la chance de passer du temps avec lui avant son départ. On a beaucoup tourné pour Battering ram, on a  tourné avec Fastway – Fast Eddie est mort la nuit dernière…

Metal-Eyes : Pardon ? Il est mort la nuit dernière ?

Biff : Oui… On a pu passer du temps avec lui, également…

Metal-Eyes : Attends… ça signifie qu’il n’y a plus un seul membre du Motörhead des grands jours encore en vie…

Biff : Oui, c’est triste… Dans l’ensemble ces deux ans ont été super pour nous. Saxon est très en vue en ce moment. Je crois que notre position à l’affiche du Hellfest était parfaite pour Saxon, nous avons joué à une heure parfaite…

Metal-Eyes : Et le bon jour, samedi était très orienté Heavy metal et Hard rock…

Biff : Oui, aussi.

Metal-Eyes : Puisque nous parlons de concerts, j’ai vu que vous allez bientôt ouvrir aux USA pour Judas Priest, ce qui est une autre belle affiche. Y a-t-il des chances pour que ce package vienne aussi en Europe ?

Biff : Euh… Je ne crois pas. Nous voudrions le faire, oui. Nous en avons parlé avec Judas Priest… Ce serait fantastique, pour les fans. Pas forcément pour l’équilibre financier (rires), mais pour les fans, oui ! Nous verrons bien ce que nous réserve l’avenir !

Metal-Eyes : J’ai également vu un coffret publié par BMG, centré sur les années 80. Saxon a-t-il eu son mot à dire dans ce projet ?

Biff : Un peu. Pas trop : BMG a voulu récupérer le vieux catalogue de EMI. J’ai supervisé la couverture, et un peu la sortie du produit. Ils vont sortir une bonne partie de notre back catalogue, repenser le packaging et d’autres choses. Je pense que c’est une bonne chose de ressortir ce matériel des années 80.

Metal-Eyes : Qui reste très puissant, aujourd’hui encore.

Biff : Absolument.

Metal-Eyes : Parlons un peu de votre nouvel album. Thunderbolt va paraitre dans quelques jours. Comment décrirais-tu l’évolution du groupe entre Battering ram et Thunderbolt. C’est toujours très heavy mais il y a, selon moi, plus de mélodie et de passages chantants, c’est moins foncièrement brut.

Biff : Tu as sans doute raison… On a voulu… En fait, on n’a pas cherché quoi que ce soit, tout s’est mis en place assez facilement pour Nibbs et moi, qui avons, une nouvelle fois, travaillé ensemble. Je cherche toujours à écrire des textes « intéressants » et des mélodies que les gens peuvent chanter, « anthémiques » si je puis dire. Je crois que c’est un des éléments qui crédibilisent Saxon. Je crois que, dans le ressenti, Thunderbolt est plus « British heavy metal » que Battering ram. Je ne peux pas vraiment te parler de l’évolution, tu le pourrais mieux que moi. On n’écoute pas nos anciens albums, on se concentre sur le nouvel album, ce que j’ai fait ces deux dernières années : écrire les textes, tester différentes idées. J’attends que l’inspiration vienne, je ne cherche pas à la forcer, à me forcer à écrire. Tout sonne, selon moi, naturel, rien ne sonne forcé. Ces textes, et ces mélodies, sont ce qui pouvait se faire de mieux pour cet album. Nous n’avons pas fait les choses à la va-vite, j’ai pris le temps d’écrire, Andy a pris le temps de le produire… J’ai travaillé de mon côté, chez moi, pour enregistrer les voix, le groupe s’est réuni pour taper le bœuf et répéter, Andy et moi avons passé du temps à tester les lignes de chant. Dès que nous avions un peu de temps libre, on travaillait. Entre 2016 et 2017, on a travaillé à l’album.

Metal-Eyes : Tu viens de mentionner le fait que tu cherches à écrire des paroles intéressantes. Tu abordes des thèemes différents, pas forcément habituels pour Saxon : la mythoilogie, voler, le fantastique… Qu’est-ce qui t’a inspiré dans cette écriture ?

Biff : Ce sont simplement, à mes yeux, des histoires intéressantes… Juste ce qui sort de mon esprit. Parfois la mélodie dicte ce que je dois écrire, parfois c’est l’inverse. Et ça devient une chanson. Ce qui me vient à l’esprit… Ca déconne là-dedans ! (rires) Je veux seulement que ce soit intéressant. J’ai passé du temps sur Nosferatu : cette chanson doit évoquer le roman de Bram Stocker, le film de la Hammer. Il mort toujours des femmes, jamais des hommes. En gros, ça traite de tous ces aspects sexuels entre Dracula et les femmes… Je voulais utiliser le concept de Dracula et je crois, je n’en suis pas sûr, que Nosferatu est le nom romain de Dracula, mais ça sonne mieux. Je voulais que ce titre soit très gothique, s’inspirant de ce film des années 20.

Metal-Eyes : L’horreur, le fantastique, ce ne sont pas des thèmes habituels pour toi.

Biff : Non, C’est assez nouveau, en effet. Les choses de la nuit, les créatures de la nuit…

Metal-Eyes : Non, les créatures de la nuit (Creatures of the night, en anglais), c’était Kiss.

Biff : Oui… Oui (rires)! Mais ce titre se devait d’être gothique !

Metal-Eyes : Une chose qui n’a pas changé depuis quelques albums, c’est que vous débutez par une introduction, ce qui est parfait pour débuter les concerts, avant de lancer la machine metal.

Biff : Oui… cependant, l’intro est toujours un morceau à part. Il y a une raison à cela : les gens peuvent la zapper et passer directement aux chansons (rires) !

Metal-Eyes : Donc, aujourd’hui, Saxon enregistre des choses qui pourraient ne pas figurer du tout sur un album? Vous passez du temps à composer des choses en pensant que les auditeurs ne vont pas écouter…

Biff : Non (il sourit)… sérieusement, je pense que ça participe à l’atmosphère générale. Ça évite de commencer très fort… Thunderbolt est un gros sujet, un thème massif. Ce qui est inhabituel avec l’intro, c’est qu’elle est entièrement jouée à la guitare.

Metal-Eyes : Tu as aussi decide de traiter de mythologie. Quelle était ton idée avec Sons of Odin ?

Biff : En fait, l’histoire des Vikings est liée à la nôtre. Ils ont envahi la Bretagne et y ont régné longtemps. Les hommes du nord et nous avons toujuors été en guerre… Je crois que depuis une trentaine d’années, les gens découvrent plus de choses au sujet des vikings que le simple fait de piller et ravager. Les vikings ont les mêmes origines que les saxons, et j’ai trouvé que le parallèle était intéressant. Les échanges, la navigation autour du monde… Il y a quelques connotations religieuses, païennes. Tu sais, les mythologies nordiques et grecques sont assez proches. C’est du bon matériel à traiter et à chanter. On la voulait dans l’esprit de Crusader, un peu plus lente et lourde.

Metal-Eyes : Qu’en est-il de The secret of flight ?

Biff : Là encore: si tu penses au fait de voler, ça ne fait pas si longtemps que l’on a découvert comment voler. C’est à peine croyable de se dire qu’il y a à peine 100 ans des gens volaient dans une caisse de bois alors que maintenant on envoie des choses sur Mars, et au-delà. J’ai tenté de relater tout cela, en 4 strophes (rires).

Metal-Eyes : Pas évident, depuis les frères Wright

Biff : De Vinci, les frères Wright, Einstein…

Metal-Eyes : Ce n‘est d’ailleurs pas la première fois que tu abordes ce thème. Le titre de cette chanson en appelle d’autres : 747, Flying on the edge, Eyes of the storm, notamment qui traitent des dangers d’un vol en avion. As-tu peur de voler ou, au contraire, voudrais-tu, comme d’autres, devenir pilote ?

Biff : Je n’aime pas voler, je l’avoue. Non, je n’ai pas envie de devenir pilote ! Je pourrais être le chauffeur de mon groupe, mais pas son pilote, jamais ! Je n’ai pas peur voler, simplement, je n’aime pas le fait de voler.

Metal-Eyes : Pourtant, il le faut, lorsque tu vas partout dans le monde…

Biff : Oui, je dois prendre l’avion, mais je ne trouve pas ça intéressant.

Metal-Eyes : Qui est à l’origine de la pochette de Thunderbolt ?

Biff : Paul Gregory… C’est son interprétation de la mythologie, avec Zeus qui domine et l’aigle qui transporte cet éclair. C’est une pochette très old school, qui aurait très bien pu illustrer Power and the glory en 84. J’aime cette relation avec l’ancienne école.

Metal-Eyes : Il y a aussi un lien avec l’aigle qui apparaissait souvent à vos débuts…

Biff : L’aigle représente la puissance et la liberté, n’est-ce pas?

Metal-Eyes : Bien sûr. Ma question cependant est de savoir si on aura de nouveau l’occasion de voir votre « Fuckin’ pigeon » sur scène en France?

Biff (rires) : On l’utilise encore… On voulait l’utiliser au Hellfest. On l’avait partout ailleurs, mais je ne sais pas pourquoi ça ne s’est pas fait… Je crois que les équipes de production scénique ne voulaient pas de l’aigle, « trop de boulot »… C’est ce que je pense… Je crois que l’orga le voulait, mais les techniciens ont dit « non… ». Ils ont eu tort, car il était là, dans le camion. On aurait pu le mettre. Tu sais, les gens en ont peur, ils croient qu’il est plus grand qu’il n’est en réalité, plus lourd… Pourtant, il est auto suffisant : il a ses propres lumières, son propre générateur. Tout ce qu’il faut faire, c’est l’accrocher, il n’a même pas besoin de voler, on peut simplement le laisser pendre en fond de scène. Ce n’est pas comme le Bomber, qui doit bouger, voler, l’aigle non… Donc pas de pigeon au dernier Hellfest (rires)

Metal-Eyes : Quelles sont vos prévision de tournée ?

Biff : On commence avec 8 concerts en février, avant d’aller tourner aux USA avec Judas Priest. Ensuite, on fera quelques festivals, pas trop, avant de sillonner l’Europe en octobre. La France sera visitée en octobre, ce sera bientôt annoncé.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’une chanson de Thunderbolt pour expliquer à quelqu’un qui ne vous connait pas ce qu’est Saxon aujourd’hui, laquelle serait-ce ?

Biff : Euh… c’est difficile comme question… Il faut que ce soit une chanson à la fois 8O’s et moderne. Probablement Sniper, une chanson avec différents mix. « Old school but new school » en somme.

Metal-Eyes : Saxon est sur les routes depuis 4 décennies. Je sais qu’il y a des chansons que vous ne pouvez pas ne pas jouer, mais y en a-t-il que tu souhaiterais pouvoir ne plus jouer parce que tu t’en lasses ?

Biff : Non… Les chansons ont un impact différent selon les pays : Strong arm est très puissante en France, mais pas vraiment aux USA. Différentes personnes réagissent différement et font de nous ce que nous sommes.

Metal-Eyes : Y a-t-il, au contraire, des chansons que vous ne jouez pas et que tu voudrais pouvoir interpréter ?

Biff : Oui, il y a toujours quelques chansons qu’on voudrait jouer, mais on n’a pas le temps. Parfois, en festival on le fait, parce qu’on n’est pas en  train de promouvoir un album. On tente de les inclure, puis on les retire… La setlist de Saxon évolue toujours. Il n’y a pas deux concerts de Saxon identiques, on change toujours deux ou trois titres.

Metal-Eyes : Et comment vous occupez-vous sur la route ?

Biff : Comment on s’occupe ? Putain, on est toujours occupés sur la route : on fait des VIP, on donne des interviews, on n’a pas le temps de s’ennuyer. Le seul moment de tranquillité, c’est quand on va se coucher. Après le concert, on boit un peu et on va dormir.

Metal-Eyes : Je sais que tu apprécies le vin rouge, quel est ton vin préféré ?

Biff : Hum… Un Saint Emilion. Mais c’est cher…

Metal-Eyes : Remontons dans le temps: quel fut ton premier choc musical?

Biff : Je suis allé voir les Small Faces et Canned Heat, ce fut mon premier concert et ce fut un vrai choc. C’est probablement Canned Heat qui m’a donné envie de faire ce métier. Quand j’étais ado, dans les années 60, il y avait les Kinks, aussi.

Metal-Eyes : Même si j’ai déjà mon idée, quelel pourrait être la devise Saxon ?

Biff : La devise? “Never surrender”, bien sûr !

Metal-Eyes : C’est ce que je pensais, je l’avais noté en français si jamais tu avais voulu regarder mes notes! Quelle a été la meilleure question qu’on t’ai posée aujourd’hui, ou la plus surprenante ?

Biff : Euh… « Quel est le dernier message que tu as enregistré sur ton téléphone ? » Et j’annonçais la triste nouvelle de la mort de Fast eddie.

Metal-Eyes : Je te verrais en fn d’année sur scène, en attendant, Biff, merci beaucoup.

Biff : oh, tu pourrais nous voir en festival avant, aussi, on continue d’en booker, alors, on verra. Nous ne sommes qu’en janvier !

 

 

RUNNING WILD: Rééditions

Heavy metal, Allemagne (BMG, 2017)

Souvenez-vous: en 2016, BMG publiait une série de doubles compilations de groupes qui figuraient, au cours des années 80, sur le mythique label allemand indépendant Noise. Intitulées Nosie lebt! ces compilations résumaient la carrière de groupes aussi variés que Helloween, Kreator, Grave Digger, Tankard, ou encore Running Wild. Eh, bien, les inventeurs du metal pirate sont aujourd’hui à l’honneur puisque BMG a décidé de rééditer pas moins de 5 albums aussi légendaires que le label qui mit au jour le groupe de Rock n Wolfe. 5 albums dans des versions expanded – rallongées, donc – bénéficiant chacun de titres supplémentaires et d’un lifting du livret, dont les notes retracent en profondeur la genèse de l’album et l’histoire du groupe. Under Jolly Roger, sans doute l’album le plus marquant puisque inventeur du genre, est le seul présenté sous la forme d’un double CD – et dispose sans doute du livret le moins attractif du lot . On se délecte à l’écoute – la redécouverte pourrait-on dire – du metal fortement influencé par Maiden, Priest ou Motörhead, légèrement diabolique aux débuts jusqu’à ce coup de génie qui vit le groupe devenir les pirates du metal. les versions réenregistrées de certains morceaux valent au moins autant que leurs versions originales, et sont au goût du jour. Aucun fan ne passera à côté de ces documents dont on regrette seulement le manque d’enregistrements live inédit ou d’un bonus vidéo/DVD. N’empêche, vous savez ce qu’il vous reste à faire, moussaillons!

SATAN JOKERS: Symphönïk kömmandöh

Heavy metal, France (Brennus, 2018)

Je ne suis pas étonné… Que Renaud Hantson veuille revisiter les grands morceaux de son Satan Jokers pour en proposer des versions symphoniques semble d’ailleurs naturel. Pourquoi les grands de ce monde l’auraient-ils fait et pas les légendes hexagonales? Ce Symphönïk kömmandöh (faudra m’expliquer les trémas, un hommage à Motörhead, peut-être?) revisite ainsi 16 morceaux de la carrière de SJ, toutes époques confondues. Accompagné de son groupe actuel (Michael Zurita à la guitare, Pascal Mulot à la basse et Aurélien Ouzoulas à la batterie), Hantson fait appel à l’orchestre symphonique Phocéen (Marseille, donc) pour réinterpréter sa vie d’avant (les glorieuses années 80 avec 4 chansons) et son monde actuel, celui du dévoilement de ses addictions et de son travail psychiatrique avec le Dr Metal, Laurent Karila. Je me jette sur les deux derniers titres, les classiques parmi les classiques que sont Pas fréquentables et Les fils du metal. Verdict: la voix de Hantson est toujours puissante, et le résultat est globalement intéressant. Mais il n’est pas évident, même pour un guitariste aussi talentueux que Zurita de reproduire le travail de Stéphane Bonneau, guitariste originel du combo. Si l’apport d’arrangements classiques offre une autre couleur à l’ensemble de ces morceaux, il n’en révolutionne pas totalement l’esprit originel. La sélection des chansons de sa période « je me confie en musique » (Ma vie sans, Substance récompense, Appétit pour l’autodestruction, Club 6 sex 6, Milfs, Phobies) résume bien cette psychothérapie musicale. Même si on aurait préféré être plus surpris, cet album est un plaisir que s’est fait Satan Jokers et qui séduira sans aucun doutes les fans.

AVATAR: Avatar country

Heavy metal, Suède (Sony music, 2018)

Depuis quelques albums, Avatar réussit à se diversifier, ne pas se répéter ou tomber dans le piège de la formule. Et si le groupe sait se faire remarquer pour ses prestations scéniques hautes en couleurs, prestations fédératrices s’il en est, il lui reste à franchir le cap de la réalisation de l’album qui fera craquer le grand public. Avatar country pourrait bien être celui-là, plus joyeux qu’un Feathers and flesh sombre. Construit autour de l’histoire d’un roi – chaque chanson et instrumental contient le mot « king » – l’album explore divers horizons, très mélodiques ou plus brutaux. Le chant de Johannes Eckerstöm est plus varié que jamais et le gaillard excelle dans les vocaux  clairs autant que cette rage qui anime sa folie. Les guitares de Jonas « Kungen » – qui tient ici le rôle du roi (cf interview) – et de Tim Öhrström illuminent l’ensemble des chansons, également très variées. Du très heavy metal Legend of the king – véritable introduction après le chant glorificateur Glory to our king – au final instrumental  (les deux parties de Silent songs of the king), en passant par le folklorique The king welcomes you ou le délirant The kings speaks, tout est éblouissant, entraînant, voire fascinant. Même s’il est très « culte de la personnalité », c’est avant tout un disque d’autodérision et de critique acerbe du pouvoir en place. Avatar frappe fort et Avatar country me donne ma première grosse claque de l’année.

ANVIL: Pounding the pavement

Heavy metal, Canada (SPV, 2018)

Si Anvil a connu, au cours des années 80, un joli début de gloire pour mieux sombrer dans un injuste oubli, il fait aujourd’hui, depuis le film qui lui a été consacré, partie des éternels challengers. Sans aucun doute le capricieux succès restant à la porte a-t-il inspiré le titre de ce nouvel album. Car Anvil ne lâche rien et continue de battre le pavé (Pounding the pavement, en anglais, et accessoirement le titre de son nouvel album) en rongeant son frein. L’envie est toujours présente, et cela s’entend dès Bitch in the box, un heavy carré et entraînant à la mélodie mémorisable. La voix de Lips est puissante et rugueuse et sied parfaitement. Anvil s’amuse par la suite avec les rythmes proposant ici du speed (Ego), de la lente oppression (Smash your face, pas totalement convainquant), un instrumental efficace (Pounding the pavement, qui m’évoque Accept), du rock n roll débridé à la Motörhead (Rock that shit, le bien nommé), du heavy pur jus, mais toujours teinté de mélodies variées et puissantes. Pounding the pavement est un album qui sent le plaisir de jouer, et parfaitement adapté pour les concerts. Espérons seulement qu’Anvil puisse, sans morceau immédiat, trouver un public plus large, ce qu’il mérite vraiment.

IRON MAIDEN: L’antre de la bête

Biographie, Chris Welch  (Editions Hunning et Munning, 2017)

Chris Welch écrit comme il respire… Ce journaliste anglais est un enfant du rock comme il en reste peu. Né en 1941, il était ado au moment de la naissance de ce courant musical et en a suivi les évolutions à travers le temps. Devenu journaliste, il travaille pour l’incontournable Melody maker et collabore à divers magazines, à différents postes dont celui d’éditeur du Metal Hammer anglais, tout en collaborant à d’autres magazines de référence, du jazz au metal.

Il se distingue également par se capacité à  raconter l’histoires de nombreux groupes. Il rédige ainsi les biographies de David Bowie, Led Zeppelin, Peter Grant (manager des dits Led Zep), Black Sabbath, Cream, Genesis, Pink Floyd, Hendrix, The Who, Def Leppard… Ce n’est là que le sommet de l’iceberg tant la liste de ses ouvrages est longue.

L’antre de la bête se penche sur le cas Iron Maiden d’une manière qui se veut originale. En allant droit à l’essentiel, Welch réussit à résumer la carrière de la bande à Steve Harris en à peine 62 pages! C’est dire s’il résume une carrière quarantenaire et des exploits devenus légendaires. Mais commencer – il s’agit là sans doute de la responsabilité de l’éditeur qui eut mieux fait de vérifier avant de publier – par confondre Bruce Dickinson (en photo) et Dennis Wilcock ou Dennis Stratton et son remplaçant Adrian Smith (p 8 et 9), il faut le faire. Est-ce un signe pour la suite? Pas forcément même si une formation aussi légendaire mérite un traitement plus fouillé et profond.

Heureusement, l’ouvrage est richement illustré de photos moins connues du grand public. Et ça, c’est bien. Surtout, ce livre renferme des enveloppes comportant des reproductions qui attireront nombre de fans: le tour program de Judas Priest résumant l’histoire des deux formations, des affiches, flyers, pass de différentes tournées. Une vingtaine de documents qui, malheureusement, ne s’avèrent pas forcément aussi passionnants qu’ils auraient pu l’être. Y en a t-il assez? Non, loin de là, même si l’on a – cocorico – plaisir à retrouver cette affiche de la tournée allemande de The beast on the road à laquelle participait Trust… Mais, en général, sont-ce là des objets qui peuvent vraiment faire rêver le fan? D’autres, plus « légendaires », auraient sans doute plus facilement atteint ce résultat.

Alors, naturellement, les fans ultimes fonceront compléter leur collection (si ce n’est déjà fait) et les plus jeunes, ceux découvrant Iron Maiden, auront largement de quoi satisfaire leur curiosité avec ce livre gentiment initiatique. Les autres, qu’ils soient fan de la première heure ou amateur éclairé, rongeront un peu leur frein. Un sympathique livre « gadget », mais pas forcément un ouvrage indispensable.

Interview: AVATAR

Interview AVATAR : rencontre avec Jonas « Kungen » (guitares). Entretien mené le 11 décembre 2017 au siège de Sony music France, Paris.

 

Être convié à une audience royale ne se refuse pas. D’autant moins lorsque la tête couronnée en question se nomme Jonas « Kungen » Jalsby, guitariste et fondateur d’Avatar, dont le prochain album, Avatar country risque fort de marque durablement l’année 2018. On ne s’adresse pas à un roi comme à n’importe qui d’autre, alors, une fois n’est pas coutume, prenons le ton adéquat et respectueux qui sied.

metal-eyes: Avant de commencer, dois-je t’appeler Votre Majesté, Votre grandeur ou tout simpelment Jonas ?

Sa Majesté Kungen: Mmmhhh… « Votre Majesté » ou « Votre Grandeur » me semble approprié.

metal-eyes: Très bien… Avatar semble avoir trouvé sa vitesse de croisière en publiant un album tous les deux ans. Est-ce une volonté de votre Majesté ou une envie commune du groupe ?

Sa Majesté Kungen: Selon moi, c’est un assez bon rythme car lorsque vous préparez un album, vous plongez tant en vous-même que, lorsque l’enregistrement est terminé, c’est toujours agréable d’avoir un peu de répit, de faire un break pour se vider l’esprit avant de se remettre au travail.

metal-eyes: Et de remonter sur scène également j’imagine.

Sa Majesté Kungen: Bien sûr.

metal-eyes: Comment votre Grandeur décrirait-elle l’évolution d’Avatar entre Feathers and flesh et Avatar country ?

Sa Majesté Kungen: Eh bien, Feathers and flesh est un album très sombre et très sérieux. Ce nouvel album est sérieux aussi, mais il a une touche plus joyeuse. Il est un peu plus entrainant.

metal-eyes: Avatar country mélange joyeusement rugosité, cris, chant clair, du groove, des riffs hypnotiques… J’ai entendu des touches de Joe satriani ou ian Gillan… Qu’avez-vous mis dans ce disque, votre Majesté ?   

Sa Majesté Kungen: Merci… Nous avons mis beaucoup de choses. Lorsque mes ministres et moi nous asseyons pour composer, nous mélangeons toutes nos influences. En ce qui me concerne, il y a beaucoup d’Iron Maiden et du death metal extrême. C’est de là que proviennent les aspects techniques. Ensuite, Tim écoute beaucoup D.A.D qui a beaucoup d’influences country. Tim a beaucoup écouté Van Halen, également, et Ed Van Halen l’a beaucoup influencé pour ses solos. De mon côté, j’ai beaucoup emprunté à Zakk Wylde, dans sa manière de tirer mes cordes, de les attaquer. Ce sont des moments, évidemment… un autre guitariste que j’écoute beaucoup s’appelle Guthrie Govan. C’est un fabuleux  guitariste écossais.

metal-eyes: Et comment travaillez-vous, concrètement ? Est-ce que chacun arrive avec des bout des chansons, des riffs, des idées et vous mélangez le tout pour voir ce qui en ressort ou y at-t-il une direction générale sur laquelle vous travaillez tous ?

Sa Majesté Kungen: D’abord, chacun enregistre toutes les idées qui lui passe par la tête. Ensuite, nous écoutons ensemble et sélectionnons les meilleures parties. Certaines peuvent être plus proche d’une chanson, et Johannes peut alors travailler ses textes

metal-eyes: La musique précède donc les paroles ?

Sa Majesté Kungen: Oui. Lorsque Johannes compose, il peut lui arriver d’écrire d’abord les lignes de chant s’il a une idée de texte, mais normalement c’est d’abord la musique, et nous assemblons les pièces du puzzle.

metal-eyes: Avatar country est un puzzle très épique et cinématographique…

Sa Majesté Kungen: Merci.

metal-eyes: L’labum est très visuel. Pensez-vous que ce visuel peut vivre sans la musique, ou, inversement, que la musique d’Avatar country puisse vivre sans son pendant visuel ?

Sa Majesté Kungen: J’espère que la musique survivra à l’image. Cependant, cela ajoute énormément, c’est certains ! Ce serait beaucoup plus facile pour nous de mionter sur scène et de jouer sans nos costumes.

metal-eyes: j’imagine que pour cette nouvelle tournée Avatar a créé un nouveau spectacle. Qu’a suggéré votre Majesté à vos ministres ?

Sa Majesté Kungen: C’est en cours… Nous allons répéter et je suis certain d’imaginer ce qu’ils pourront faire de mieux.

metal-eyes: La statue du roi fera-t-elle partie du décor ?

Sa Majesté Kungen: Je n’en suis pas certain, ce sera compliqué de la faire venir. Mais, d’une manière ou d’une autre, elle fera partie du spectacle.

metal-eyes: Avatar country est un album conceptuel : il raconte l’histoire d’un roi, sa vie et sa mort, comment vous est venue cette idée.

Sa Majesté Kungen: En l’occurrence, j’ai toujours été un Roi.

metal-eyes: Certes, mais vous n’êtes pas encore décédé…

Sa Majesté Kungen: Vrai. En réalité, la façon dont fonctionnent mes réincarnation fait que je n’ai aucun souvenir de mes vies passées. Je ne peux parler de mes successeurs, mais Avatar country traite de ce qui fait un Roi, naturellement. Ce qui l’officialise au yeux du monde, ce qui informe les gens de son existence afin qu’ils luii soient fidèles.

metal-eyes: Et nous y arrivons, car lorsqu’on voit le public qui vient vous voir, souvent en festival, qui hurle « Avatar ! Avatar », on en est persuadé.

Sa Majesté Kungen: C’est très bien. Éducation culturelle.

metal-eyes: une nouvelle tournée est annoncée. Vous allez passer par 6 villes Françaises, dont des endroits moins souvent visités, comme Cognac. Mais étonnamment, vous ne passerez pas à Reims, ville de couronnement des rois… Pourquoi votre management n’a-t-il pas organisé cette étape ?

Sa Majesté Kungen: Je dirais que c’est parce que notre management est américain. Et ils ne connaissent ni la géographie ni l’histoire de l’Europe…

metal-eyes: Vous ne les reverrez pas à cause de cela ?

Sa Majesté Kungen: Non… Tout le monde peut faire une erreur. Il faudra simplement la corriger pour la prochaine fois.

metal-eyes: Si votre majesté devait de retenir qu’une chanson d’Avatar country pour expliquer, à quelqu’un qui ne vous connait pas encore, ce qu’est Avatar aujourd’hui, la quelle serait-ce, et pourquoi ?

Sa Majesté Kungen: C’est une question difficile… Vraiment difficile, car les chansons sont toutes différentes. Par exemple, Legend of the king est un morceau épique de 8’, comme un vieil anthem du metal ; The king wants you est plus dur, direct… King after king pourrait se rapprocher de choses que nous faisions avant… La construction des riffs, l’assemblage des parties de cette chanson. Je dirai King after king

metal-eyes: King after king qui clot presque l’album puisqu’il précède deux morceaux instrumentaux.

Sa Majesté Kungen: Absolument.

metal-eyes: A ce sujet, je souhaitais poser une question à votre Majesté : avez-vous pris un bain ce matin, et était-il tiède comme vous aimez ?

Sa Majesté Kungen: J’ai bien peur que je n’en ai pas eu le temps.

metal-eyes: Cela fait partie de votre discours, très humoristique, d’ailleurs…

Sa Majesté Kungen: merci. J’ai pris une bonne douche hier. Cela devra suffire pour aujourd’hui…

metal-eyes: Et qu’en est-il de vos soucis de digestion ?

Sa Majesté Kungen (il rit) : Tout va bien, aujourd’hui.

metal-eyes: Revenons à la tournée : qu’y aura-t-il de neuf, de différent ?

Sa Majesté Kungen: D’abord les costumes. Nous montons une toute nouvelle production, nous faisins fabriquer une scène différente de celle que nous utilisons depuis deux ans. C’est très excitant pour nous tous…

metal-eyes: tout est déjà prêt ?

Sa Majesté Kungen: Elle est prête, mais pas terminée. Nous allons aux USA le 3 janvier pour répéter, et il faut qu’elle soit prête à ce moment-là.

metal-eyes: Vous étiez d’ailleurs récemment aux Etats-Unis, en tournée. Quelle est aujourd’hui votre position là-bas ?

Sa Majesté Kungen: Nous sommes revenus il y a environ un mois. Je crois qu’il s’agit de notre premier marché, as par choix, mais parce que les gens nous apprécient là-bas. Ce qui nous offre la possibilité d’y retourner. C’est un rêve aussi de voir que l’Europe se rattrape.

metal-eyes: Il y a 4 ans, John Alfredsson, votre batteur, me disait qu’Avatar ne vivait pas encore de sa musiqe. Au regard de votre planning très chargé, avez-vous le temsp de faire autre chose aujourd’hui que de vous consacrer au groupe ?

Sa Majesté Kungen: Johannes et Henrik ont encore un travail à coté, mais je ne crois pas qu’ils travaillent autant qu’ils le faisaient. En ce qui me concerne, je consacre tout mon temps hors route à composer, répéter, m’entrainer, faire des choses pour le groupe.

metal-eyes: Ce qui semble naturel car vous avez à vous occuper d’un peuple, et probablement faut-il également le soumettre… pouvons-nous espérer voir votre Majesté et Avatar participer à des festivals en France l’été prochain ?

Sa Majesté Kungen: Je ne peux rien dire pour l’instant car je ne sais pas ce qui est officiel. Nous allons participer à beaucoup de festivals, l’été prochain, en Europe et aux USA. Alors… Peut-être… (Note: les affiches du Hellfest et du Download Paris ayant été dévoilées, il semble qu’Avatar ne sera présent à aucun de ces festivals. Tout peut cependant changer.)

metal-eyes: Je dirais même : probablement. Le show d’Avatar est très visuel, quiconque ayant vu le groupe ne pourra que confirmer, qu’on aime ou pas votre musique. Tout semble prévu ne laissant pas beaucoup de place à l’improvisation. Comment réussir à surprendre un fan qui vous suivrait sur plusieurs dates ?

Sa Majesté Kungen: Eh, bien, telles que sont les choses aujourd’hui, nous ne prévoyons pas tant de choses que cela : nous planifions notre entrée, certaines transitions entre les chansons, et notre sortie. Mais tout le reste est fait au feeling.

metal-eyes: Quelle pourrait être la devise d’Avatar, aujourd’hui ?

Sa Majesté Kungen: Mmhhh… « Un pour tous ! », me semble bien.

metal-eyes: Alexandre Dumas, Les trois mousquetaires. Mais vous êtes 5 dans le groupe ! Non, pardon : il y a votre grandeur, et les 3 mousquetaires !

Sa Majesté Kungen  (rires) : exact…

metal-eyes: une dernière chose, pour conclure : quelle a été la question la plus surprenante, étonnante qu’on vous ait posée aujourd’hui ?

Sa Majesté Kungen: Oh… Maintenant il faut que je me rappelle de tout !

metal-eyes: C’est un bon moyen de vous remémorer la journée !

Sa Majesté Kungen: Oui ! (Il réfléchit) J’ai une mémoire si petite… Vraiment à court terme !

metal-eyes: Ca peut être génant sur scène…

Sa Majesté Kungen: Oui, mais là, c’est dans mon sang, ma moelle… Ah, peut-être la question au sujet de ma constipation… La question la plus surprenant a été de savoir si j’avais pris un bain ce matin !

metal-eyes: Personne d’autre ne l’a posée cette question ? C’est dans The king speaks, pourtant. Ou personne n’a osé vous le demander.

Sa Majesté Kungen: C’est probable…

metal-eyes: Votre Majesté a-t-elle une dernière chose à dire à ses admirateurs français ? 

Sa Majesté Kungen (en français) : Ça roule !

 

DIRKSCHNEIDER live à Paris (La Machine du Moulin Rouge, le 13 décembre 2017)

Avec son projet Back to the roots qui propose de revenir « une dernière fois » sur les meilleures chansons qu’il a pu écrire en compagnie d ‘Accept, Udo Dirkschneider retrouve avec bonheur de nombreuses scènes mondiales. Paris en fait partie, et c’est un vrai plaisir que de pouvoir réécouter ces classiques parmi les classiques interprétés par leur chanteur originel, accompagné de ses compagnons d’UDO.

Rendez-vous est donc pris à la Machine du Moulin Rouge – l’ex-locomotive – pour une affiche 100% heavy metal vintage puisque le maître de cérémonie à convié les Anglais de Raven à venir ouvrir. Rares en France, une telle opportunité devrait attirer du monde, mais… Ce ne sont qu’environ 400 personnes qui se présentent, assez pour créer une bonne ambiance, trop peu au regard des artistes présents.

Raven déploie, comme d’habitude pour qui les a vu auparavant, une extraordinaire énergie. Et que l’on soit ou non fan de ce metal si particulier, du chant hallucinant de John Gallagher, surtout, on ne peut que reconnaître que le trio pête la forme; un détail, cependant, et pas des moindres: le batteur a changé. Malheureusement victime d’une crise cardiaque, Joe Hasselvander a dû jeter l’éponge. La tournée a tout de même pu être assurée grâce à la participation, des deux côtés de l’Atlantique, de différents batteurs venus spontanément donner un coup – de très nombreux coups – de baguettes. Raven a beau ne plus attirer autant qu’avant, son statut reste intact auprès des musiciens.

Le public présent dans la fosse ce soir ne peut qu’être épaté par l’énergie développé sur scène par les frangins Gallagher. John est toujours équipé de son micro mobile, lui permettant d’envahir, avec son frère la scène et d’aller voir le public partout. Sa voix est toujours aussi puissante et son chant hallucinant. Et cette collection de basses a de quoi impressionner! Mark, quant à lui, est parfaitement remis de l’accident qui, en 2001, a failli lui coûter ses jambes. Sans toutefois sauter comme un cabris, il se démène, courant dans tous les sens, grimaçant à l’envi tout en délivrant des parties de guitares d’une redoutable efficacité. La setlist, courte, propose des classiques tels que All for one, Hell patrol, ou Rock until you drop. Le groupe nous propose même une rareté qui n’aurait pu être jouée à certaines époques sans risquer de s’attirer les foudres. Mais « this is a fucked up world with fucked up politics », et Hung, drawn and quatered est parfaitement approprié.

Avant de terminer avec le dingue Crash bang wallop – un des morceaux qui valu à la musique de Raven le surnom d’Athletic rock – un mini medley est proposé avec un extrait du It’s a long way to the top (if you wanna rock n roll) dédié à Malcolm Young. La vie n’a pas été tous les jours facile avec Raven, et c’est bien dommage, car, malgré le poids des ans qui se fait visible, le groupe est toujours aussi pêchu.

Après une intro tribale, les musiciens de Dirkschneider entrent sur scène sur The beast inside. Le chanteur, lui, soigne son entrée. Sa voix rauque résonne et, lorsqu’enfin, il apparait, le public est aux anges. Le chanteur se pose devant la scène, agrippé à son micro, et recule régulièrement lors des aprties instrumentales, mettant en avant ses musiciens. Ces derniers se connaissent parfaitement puisque ce sont ceux qui l’accompagnent déjà au sein de UDO dont de vastes tentures annoncent le retour en 2018.

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Rapidement, un constat s’impose: Udo Dirkschneider s’est empâté, et il a du mal a se mouvoir. s’il n’a jamais été particulièrement mobile sur scène du temps d’Accept, ce soir, il bouge à peine. Certes, il vient faire l’accolade à ses gars, mais tranquillement. Eux, en revanche, semblent s’éclater comme des gamins (qu’ils sont, d’ailleurs) et profitent pleinement de chaque instant.

C’est donc la setlist qui vaut le détour. Bien sûr, il n’est pas possible de faire l’impasse sur les indispensables classiques que sont London leatherboys, Princess of the dawn, Breaker, Fast as a shark ou Metal Heart. Et bien que l’on puisse s’attendre à d’autres classiques, Dirkschneider préfère jouer la carte de la surprise avec de vraies raretés, celles qu’on a oublies, ou presque. Quel plaisir en réalité d’écouter Bulletproof, Slaves to metal, Another second to be, Protectors of terror, Stone evil ou XTC! Bien qu’ayant moins marqué l’histoire d’Accept, ces morceaux se révèlent simplement très efficaces. Udo a dû se faire plaisir en réexplorant son passé, en le redécouvrant, même, et propose là matière à un troisième volet de son projet Back to the roots – qui pourrait même se nommer Farewell accepted.

Le groupe est, de son côté parfaitement en place, aidé par un light show impeccable. Si les attaques frontales à 4 rapellent évidemment Accept, chacun dispose de son espace partagé, du soutien d’Udo et de son moment, ses moments d’expression en solo. L’histoire d’un groupe qui revisite celle d’un autre groupe, en somme.

Bien sûr, on aurait apprécié – plus que ça, même, Starlight, Burning, Restless and wild, Flesh rockin man, Up to the limit, Head over heels et/ou Loosers and winners et d’autres encore, mais ça ferait un show de 4 heures! Alors à ceux que j’ai entendu râler au bar disant qu’il s’agissait « d’une setlist de merde », je répond que non! C’est le concept même de cette tournée Back to the roots – A farewall to Accept   que de sortir de vieux titres d’Accept rarement ou jamais joués. Et le groupe s’est parfaitement approprié ce répertoire pas évident. Udo Dirkschneider aurait facilement pu capitaliser sur les classiques, il a préféré choisir le risque, et rien que pour ça, il mérite le respect.

 

Merci à Roger Wessier et Base prod d’avoir rendu ce report possible