FIREMASTER CONVENTION: Châteauroux, du 21 au 23 février 2020

La semaine dernière, le Hall des expositions de Châteauroux (Indre) a ouvert ses portes à la première Firemaster convention consacrée au metal et au rock. Réunissant sur 3 jours amateurs et professionnels, la convention a proposé des conférences et de nombreux concerts, ainsi qu’un market varié.

Si le public a fait honneur à cette initiative, il a, comme tous les participants de cet événement – organisateurs, exposants et musiciens – souffert d’un froid humide, les lieux – un ancien gymnase fait de tôle et de béton – n’étant pas chauffés. Ceci est d’autant plus dommage que le département de l’Indre et la ville de Châteauroux soutiennent cette initiative. Et ce type d’initiative n’attire pas encore suffisamment de monde pour que l’organisation puisse débourser les sommes demandées. Peut-être serait-il judicieux d’envisager de décaler le prochain Firemaster à des jours plus cléments.

Metal Eyes ne s’est déplacé que le samedi. Ce jour là, la convention avait prévu des activités variées, dont une bourse d’échange pour collectionneurs avertis, une masterclass animée par le nouveau guitariste d’ADX, Néo. Le happening qui a clairement attiré le plus de monde – hors concerts – est la conférence animée par Elodie, attachée de presse et patronne de l’agence qui monte Ellie Promotion qui évoque avec la participation de Michel Bosseau (ex-Garance Production et Directeur chez Les Formation d’Issoudun) et Phil ‘Em All, ancien animateur du Rock Fort Show, fondateur du Paris Metal France Festival et (actuel) manager d’ADX. Le jeu des questions-réponses a permis de faire ressurgir nombre de souvenir de ces folles années 80, souvenirs qui voit le public approuver, hocher de la tête et frémir à l’évocation de certains événements qui font ressortir une once – mais toute petite once – de nostalgie.

Malheureusement, bien qu’annoncées, les séances dédicaces prévues avec les groupes du soir n’ont pas eut lieu – bien que les musiciens se soient avec plaisir et simplicité prêtés au jeu en croisant les fans – ni même le France Metal Awards que devait animer Khermit, fondateur de France Metal et organisateur de la convention. Le temps a manqué pour organiser les votes et réunir les musiciens concernés. L’an prochain, peut-être?

Au delà des stands variés où l’on trouve disques, CD, sculptures, créations diverses, la convention c’est aussi des concerts. Arrivés trop tard pour voir les progueux de Overstrange Mood, mais dans les temps pour les autres. Cependant, alors que j’entame une interview des copains de Vulcain, pas vus depuis une éternité, c’est Loaded Gun qui balance la purée. Impossible de discuter, sauf dans le camion des frangins Puzio où nous trouvons refuge.

Loaded Gun, que j’avais un peu démonté sur disque, c’est un look et une attitude scénique. Malgré un son un peu compliqué – la structure n’est pas la plus adaptée pour du rock – Loaded Gun fait le job. Avec son bon gros hard rock teinté 80’s – ça tombe bien, c’était le thème de la conférence…

D’ailleurs les groupes à suivre sont tous issus de cette période – Max coincé entre sa barbe et son kilt, harangue le public, tandis que derrière ses fûts, la crête de T.misterift gigote au rythme de ses martèlements. L’avant scène est à l’avenant bien que l’on sente une certaine concentration doublée d’une envie de bien faire. Le public de la journée semble apprécier.

Il est 18h lorsque la sécurité demande au public de bien vouloir quitter les lieux… Tous les billets ne donnant pas accès aux concerts du soir, il faut une nouvelle fois filtrer les entrées. La file s’allonge ainsi dans le froid avant que le public ne pénètre de nouveau dans ce hangar.

Les trois groupes de la soirée bénéficient du même temps de concert, soit 1h10.  Ce qui, naturellement, force chacun à peaufiner sa setlist. Le trio est en forme, ce soir, et Vulcain, comme à son habitude, balance un Rock’n’roll secours immédiatement acclamé et repris par un public connaisseur. Quelques « anciens » sont venus en famille (et je suis choqué de voir encore aujourd’hui des enfants sans protection auditive. Vous direz quoi quand votre marmaille se plaindra trop tôt d’acouphènes?) et savoure ces moments rares.

D’autant plus que Vulcain parvient à surprendre et faire plaisir. Si son set est, comme souvent, axé sur l’indémodable Rock ‘n’ roll secours, il fait aussi la part belle au dernier né, Vinyle, dont le trio joue pas moins de 3 morceaux (Vinyle, Motör et Héros). Si Avec vous (de V8) et Blueberry blues (Desperados) fonctionnent à coup sûr, la surprise vient de deux cartouches presque jamais jouées: tout d’abord Le soviet suprême (Big brother), toujours efficace, qui voit un certain Stephane Buriez (Loudblast, Sinsaenum) rejoindre Vulcain.

Le bougre parvient même à faire rire Daniel. Puis vient Derrière les cartes (Transition) qui voit les plus connaisseurs se transformer en piles électriques. Vulcain est en forme, est loin d’avoir dit son dernier mot et chauffe la salle comme il faut, avec un classique conclusion L’enfer/Vulcain et La digue du cul, moins efficaces que d’habitude, mais le public est conquis.

Changement de plateau rapide et voilà le gigantesque Chris Holmes qui investit les lieux accompagné de ses Mean Men. Gigantesque par la taille car, avouons-le, le guitariste est assez peu reconnu en France depuis son départ de W.A.S.P. Ses albums sortent assez confidentiellement, et le bonhomme est rarissime sur scène, en nos contrées en tout cas.

Alors le concert de ce soir pourrait bien prendre une tournure événementielle. Accompagné d’un tout nouveau bassiste français (dont le nom m’échappe mais qui n’a eu que 2 semaines pour apprendre le répertoire), Holmes met son répertoire en avant, mais sait qu’il ne peut passer à côté de certains morceaux de son ancien groupe. Ce sont ainsi les classiques L.O.V.E machine, 95 nasty ou Blind in Texas qui sont offert en pâture au public.

Ce qui est certain, c’est que le répertoire passe bien, très bien l’épreuve de la scène, malgré quelques soucis de son pas très vite arrangés. La guitare craque par instants, mais peu importe, on se satisfait de l’instant.

La prestation de Chris Holmes and Mean Men finit de séduire le public grâce à la doublette finale: Keep on rocking in the free world (Neil Young) suivi du non moins imparable War Pigs (Black Sabbath). Étrange de terminer avec des reprises, mais un choix somme toute plus que fédérateur au regard des réactions du public. Et quand on voit comment Neo s’échauffe à la guitare backstage, on se dit que la suite va être tout aussi dynamique!

La soirée se termine avec ADX, dernier bastion de cette French speed metal division. Le temps de faire quelques vérifications, et voilà que débute un concert imparable. Le groupe fait honneur à Bestial, son remarquable dernier album qui vient de sortir, en proposant d’office deux titres. Au dessus des croix noires et Les sanguinaires sont taillés pour la scène, même si le public en connait pas encore bien ce disque.

Alors on se rattrape avec les classiques que sont Déesse du crime, L’étranger (Exécution), Notre Dame de Paris (Suprématie) ou les plus récents La mort en face (Non serviam) ou Red cap (Ultimatum). Neo, le plus récemment arrivé au sein d’ADX est aussi facétieux sur scène qu’en dehors, tandis que son complice Niklaus reste concentré, tout en arpentant la scène tandis que Julien secoue sa crinière et harangue le public. La jeune garde apporte cette fraîcheur et Phil en profite. Toujours doté d’un bon mot, le chanteur séduit le public comme toujours tandis que son compère de toujours, Dog, martèle ses fûts comme jamais. Avec ADX, l’ambiance est festive, comme toujours.

Je n’assiste pas à la fin du concert – froid et route cumulés ne font pas bon ménage – et apprends que le plus que sympathique Fred Leclerc, ex DragonForce désormais chez Kreator – rejoint les 5 le temps de l’indispensable Caligula. Pas grave, ce qui rassure, c’est de voir que nos anciens sont toujours là, vaillant, et que la fin est encore loin.

Au final, si le froid représente le seul bémol, cette première édition de Firemaster Rock & Metal convention est une réussite. Une entreprise à réitérer l’année prochaine, avec un peu plus de chaleur, svp…

 

 

DEMONS & WIZARDS: III

Heavy metal, USA/Allemagne (Century media, 2020) – en bacs le 21 février 2020

Il aura fallu à Jon Schaeffer (Iced Earth, guitare, basse, etc) et Hansi Kürsch (Blind Guardian, chant) pas moins de 15 ans pour accoucher d’un troisième album de Demons & Wizards. Autant dire que toute une nouvelle génération va pouvoir découvrir ce « super groupe » qui n’en est pas tant que ça et son univers à la fois traditionnel et moderne. Dès Diabolic, et ses guitares rapides, le groupe – pardon, le duo – nous rappelle sa passion pour les univers fantastiques et quelque peu démoniaques. S’éloignant des standards du genre avec 3 titres longs (Diabolic dépasse 8′, Timeless spirit atteint les 9’20 et Children of Cain va au delà des 10′), D&W parvient toutefois à ne pas lasser, notamment en alternant rythmes rapides et plus lents ainsi qu’ambiances sombre et plus lumineuses. Invincible a parfois des accents assez pop, tandis que d’autres titres sont foncièrement plus heavy et inquiétants, à l’instar de Wolves in winter ou New dawn. Étonnamment, Final warning ressemble à Wolves au niveau des guitares, assez similaires, il faut le reconnaître. Dommage que les deux se suivent, c’est sans doute la seule faute de goût de l’album… Les moments plus calmes sont aussi présents, comme au travers de Timeless spirit qui monte cependant en puissance tout au long de ses plus de 9′, tout comme Children of Cain. Bien qu’évoluant dans un autre registre, Dark side of her majesty m’évoque l’univers de Ghost, en moins pop, tandis que les guitares du splendide Midas disease rappellent celui d’AC/DC. La voix s’en éloigne cependant, et le riff hypnotique  nous replonge dans le heavy US de la fin des années 80. Au travers de ces 11 morceaux, Demons & Wizards parvient à explorer des univers à la fois familiers – on ne se défait pas aussi facilement de ses groupes de prédilection – et variés, du sombre à l’enjoué, à l’instar de Split. L’association américano allemande fonctionne ici à merveille et l’on espère simplement qu’il ne faille pas attendre encore plus de dix ans pour avoir un nouvel album. Je comprends mieux maintenant les difficultés que m’exprimait Hansi lorsque je lui ai demandé quel titre de l’album était, selon lui, le plus représentatif… Tous et aucun à la fois, en fait, et c’est, au final, tant mieux!

DRAGONFORCE live à Paris (La Machine, le 11 février 2020)

DragonForce semble attendu en cette froide et pluvieuse soirée… La file qui s’étend devant l’entrée de la Machine du Moulin Rouge indique que les Anglais sont, malgré le départ du jovial et frenchie bassiste Fred Leclerc, parti chez Kreator (mais ça, qui ne le sait pas?), sur une pente ascendante. Le mystère reste cependant de savoir qui ouvre ce soir. Il y a en fait deux groupes, les Américains de Athanasia ainsi que les Italiens de Frozen Crown.

La difficulté de cette salle, pour les photographes mais aussi pour une grande partie du public, réside en sa configuration. C’est simple, si tu n’arrives pas suffisamment tôt, tu te retrouve en haut des marches et tu ne voies rien. Donc, on fonce pour s’installer sur les entresols d’où 1/ nous pouvons voir le show et 2/ nous pouvons obtenir quelques clichés*.

A 19h, l’hymne américain retentit totalement désaccordé mais reconnaissable entre mille. Puis Athanasia, dont le nom s’inscrit sur l’énorme écran de fond de scène, investit les lieux. Le trio de Los Angeles prend place de chaque côté de l’estrade . La formation pourrait évoquer une sorte de Venom avec ses tenues de cuir (souple) clouté. Pendant trente minute, le trio délivre un heavy classique au chant parfois presque black, à d’autres moments plus traditionnel, avec beaucoup d’envie mais pas toujours convainquant. Sans doute est-ce le résultat de trop peu d’espace, bien que le bassiste, Brandon Miller décide à plusieurs reprises de grimper sur l’estrade afin de taquiner le public, parfois rejoint par Caleb Bingham, le chanteur guitariste. Athanasia nous offre un set sympatique sans être extraordinaire d’un heavy grandement inspiré des 80’s.

*Dommage que ma carte mémoire m’ait joué des tours et rendu impossible de shooter ce groupe au look travaillé… Les techniciens s’affairent sur scène afin de, semble-t-il réparer la batterie. Temps pendant lequel Virginie devient ma nouvelle best friend forever lorsque, alors que je lui montre ma carte mémoire, plonge la main dans son sac afin de me tendre une carte SD vide qui va sauver le reste de ma soirée. Mille merci pour ce coup de main quelque peu inespéré.

Reste que Frozen Crown prend du retard et monte sur scène avec un bon quart d’heure de retard. Bien que disposant d’un double atout charme (la chanteuse Giada Etro et la guitariste Talia Bellazecca qui la détrône rapidement au niveau de la prestance), le groupe est serré sur cetet scène, mais saura utiliser tout l’espace autant que possible. Son Heavy très mélodique séduit rapidement une grande partie du public et, au regard du nombre de mains levées et de signes d’approbation divers, ce second groupe séduit bien plus que le trio qui a précédé. Formé en 2017, Frozen Crown, qui a déjà deux albums à son actif, est encore parfois mal à l’aise sur scène (Giada gagnerait à être plus détendue et naturelle) mais laisse entrevoir un bel avenir.

Un groupe à suivre, incontestablement. On saluera également la bienveillante attention de DragonForce qui permet à Frozen Crown de jouer, malgré son retard, l’intégralité de son set, grignotant ainsi sur l’horaire de la tête d’affiche.

Le changement de plateau se fait par conséquent bien plus rapidement que prévu. Coté jardin trône une immense tête de… ben oui, on ne va pas se la jouer « mystère et compagnie », une tête de dragon, tandis que la scène est entourée de chaque côté de gigantesques consoles de jeu vidéo, celles qu’on trouvait dans les bars à la fin des années 80 pour jouer à Donkey Kong, Pac Man et autres sources d’inspiration pour les maîtres de cérémonies, DragonForce.

Le fond de scène est doté d’un écran géant qui va diffuser tout au long du concert des images d’époques, des extraits de jeux et des pubs de consoles. Tron n’a qu’à bien se tenir, d’autant que ce soir, les Anglais, accompagnés de la bassiste Alicia Vigil (son intégration n’est pas encore officialisée, elle n’est là que le temps de la tournée, pour le moment) sont très en forme. Herman Li nous en parlera plus tard.

Dès Highway to Oblivion, premier des 5 extraits de Extreme power metal, le dernier album en date, il est clair que la bande est en joyeuse forme. Postés en haut des consoles géantes qui servent de plateformes, Sam Totman, toujours caché derrière ses lunettes et Herman Li dominent un public déjà en transe. D’ailleurs, pour mettre les choses au clair, ce premier titre est accompagné de jets de confettis et de fumées, artifices que l’on retrouvera tout au long du concert – ainsi que quelques feux de Bengale – comme pour dire « pas la peine d’attendre la fin pour faire la fête ».  La suite ne sera, comme toujours, que démonstration de facilité et d’agilité instrumentale, toujours au service d’une bonne humeur simplement contagieuse.

Les écrans diffusent nombre de jeux vidéo que les moins de 40 ans ne peuvent pas avoir physiquement connu, le groupe s’offre quelques pauses, intermèdes pendant lesquels sont projetées de vieilles pub Sega (« c’est plus fort que toi », vous vous souvenez? ») et autre propositions commerciales prônant telle console. Souvenirs souvenirs…

Alors que les musiciens s’offrent une nouvelle courte pause, Herman prend la parole, s’adressant au public dans un français impeccable. Il évoque le souvenir de Fred (« c’était plus marrant quand il était là, non? ») et rappelant que lui aussi a passé quelques années en région parisienne, à Clamart. Quelques minutes de détente avant que le gaillard demande si le public se souvient de tel et tel jeu. Et c’est au tour de Marc Hudson, le chanteur, de s’emparer d’une guitare le temps d’interpréter quelques airs tirés de jeux video.

Puis le moment délire… L’arrivée d’un joueur de banjo en bottes vertes, suivi des deux guitaristes de Frozen Crown après que Herman rappelle quel est le jeu n°1 en Allemagne… Et les voilà tous partis pour cette interprétation de Farming simulator… Bonne ambiance garantie! Un autre moment fun et mémorable.

Mémorable comme ce premier rappel, toujours dans l’esprit « trop sérieux s’abstenir ». Une reprise toute personnelle de My heart will go on, popularisé par Céline Dion, et suivi du classique Through the fire and flames. DragonForce a ce soir mis les petits plats dans les grands et clairement mérite de jouer dans des environnements plus vastes devant une foule plus importante. Quand on se proclame amuseur public et apporteur de joyeuse humeur, c’est mérité. Merci pour cette belle soirée!

Merci à Sabrina, Anne-Lyse et l’équipe de Veryshow 

 

 

 

SABATON live à Paris ( Le Zénith, le 7 février 2020)

Il y a des jours, comme on dit, quand ça veut pas, ça veut pas! J’ai toujours aimé voir Sabaton sur scène car à chaque fois, j’ai assisté à un spectacle différent, toujours joyeux, pro et détendu à la fois. Pour un premier Zénith, ben … les étoiles ne se sont pas alignées. Pourtant, j’avais prévu le coup: une belle marge en voiture, soit 2h30 pour rallier le Zénith de la porte de Pantin depuis Orléans. Et puis voilà que le GPS annonce plus de 3 heures de route. On n’avait pas prévu que c’était le premier jour des congés scolaires à Paris. « Ben ma chérie, on y va en train… on rate le début d’Amaranthe, mais on verra la suite ». Ok. Sauf qu’une fois les billets en main, la guichetière me répond que le dernier train quitte Paris à 22h12! Quoi? Et celui de 22h58? Y’en a plus… A peine le temps de voir une demi-heure de Sabaton et il faut filer??? On tente en voiture? Même pas arrivés au rond point qui mène à l’autoroute, nous voilà dans les embouteillages… Bon, demi tour, je prends le train seul et je passe la nuit à Paname. Résultat, impossible d’arriver pour voir ne serait-ce qu’un bout d’Amaranthe… Mais juste à temps pour récupérer mon pass photo et souffler deux minutes avant que ne débute le set d’Apocalyptica.

Premier constat: la salle est blindée. Si je pensais, après le concert d’Amon Amarth, retrouver ce soir un Zénith en petite configuration, je me trompais. C’est un public massif qui a répondu à l’appel des Suédois, et c’est tant mieux. Second constat: la scène est un champs de bataille. Un vrai, avec sacs de sable et barbelés en devant de scène. Pas pratique pour les photos, mais c’est bien dans l’esprit de Sabaton et, plus encore, de son dernier album en date, The great war.

Reste que Apocalyptica – et Amaranthe – propose son concert avec ce même décor improbable. Reste que le quatuor finlandais est rôdé à l’exercice et les trois violoncellistes savent parfaitement aller chercher le public. Bien sûr, Apocalyptica est là pour présenter son nouvel album, Cell-O, dont il joue 2 extraits (Ashes of the modern world et En route to mayhem) et propose bientôt à Elize Ryd, la chanteuse d’Amaranthe, de les rejoindre le temps d’un Seeman, reprise de Rammstein. « Maintenant qu’on a réussi à la faire venir, on va la garder encore un peu, non? » Approbation du public qui se délecte d’un I don’t care qui vient clore la période « chantée ».

Grace, dernier titre original, précède une fin que le public accueille à bras ouverts, dont un Seek and destroy (besoin de rappeler de qui?) superbe, suivi de Hall of the mountain king, sans  doute moins connu du grand public (il serait temps d’offrir, en France, le succès qu’il mérite à Savatage… On ne refera pas l’histoire non plus). Et que penser de ce final explosif, ce Nothing else matters de vous savez qui aussi, repris en choeur par la foule?

Scéniquement, Apocalyptica se démène, chacun maltraitant son instrument, le traînant de bout en bout de la scène, le soulevant d’une main ou l’observant, à terre, avant de s’en ré-emparer. Apocalyptica démontre à chacune de ses prestations que le metal c’est bien plus que des guitares saturées, c’est un esprit musical entier, et l’on aura plaisir à retrouver les quatre excités en France en tête d’affiche. Les dates seront bientôt annoncées.

Un vaste voile flanqué du logo du groupe vient cacher la scène au regard du public. Les photographes ont reçu pour consigne de se rendre devant le pit à 21h pour un débriefing – en français, svp. Aucune consigne n’est donnée, en revanche, nous avons droit au pourquoi nous sommes répartis en deux groupes et à quelques conseils et infos sur ce qu’il va se passer et à quel moment nous tenir prêts. Et, surtout, le management nous donne toute liberté pour photographier autant que nous le souhaitons, tout au long du concert, rappelant qu’il y a beaucoup de pyrotechnie. Je crois, non, je suis certain, que dans une salle de cette capacité, c’est la première fois que ça m’arrive. Sabaton a, de ce point de vue, tout compris.

C’est un peu en avance sur l’horaire annoncé que retentit In flanders field avant que le rideau ne s’envole laissant le groupe envahir la scène avec Ghost division. La batterie est installée sur un gigantesque char, le fond de scène représente quand à lui une tranchée au dessus de laquelle, on ne peut se tromper, est inscrit le titre du dernier album, The great war. Et ça commence à péter de partout… Des flammes en veux-tu, en voilà, de la pyro et des lights à tomber. Joaquim, Pär et Chris investissent chaque coin et recoin de la scène, Tommy également mais est quelque peu plus discret – ou concentré – tandis que, perché tout là haut sur sa machine de mort, Hannes frappe ses fûts comme un dératé.

Le décor n’est pas tout, le groupe ajoutant divers costumes et accessoires tout au long du show: le chanteur, caché derrière un masque à gaz, vient gazer ceux qui se trouvent sur scène pendant The attack of the dead men, avant de débarquer fièrement, pendant Night witches, armé d’un bazooka dont il se sert contre le char d’assaut.

S’il est un changement notable, c’est que le chanteur, toujours aussi jovial et blagueur, perd moins de temps en discours que les dernières fois où j’ai vu Sabaton. Ce qui ne l’empêche de nous amuser avec ce qui ressemble à l’avant d’un avion – et qui cache un orgue Hammond – en présentant The red baron, dont il assurera le solo aux claviers. Mais avant, il vient taquiner quelques touches pour faire participer le public à cette chanson populaire en Suède, un seul mot, chanté en choeur « quand on a un peu trop bu: I…. kea, Ikea, Ikea… » No comment! Sur le plus lent The last stand, le public tente de lancer un circle pit, qui ne prend pas. L’attention se reporte ainsi assez rapidement vers l’impressionnant spectacle visuel que nous offre Sabaton.

Les classiques défilent à vive allure, et le dernier album est naturellement mis en avant avec pas moins de 6 extraits. Sans surprise, Apocalyptica, qui, deux jours avant la sortie officielle de The great war, avait mis en ligne, à la demande de Sabaton sa version de Fields of Verdun, vient rejoindre les maîtres de cérémonies sur Angels calling et restera là le temps de 6 morceaux, dont les classiques The lion from the north et Carolus rex.

Le groupe salue – déjà? – le public et revient pour un long rappel pendant lequel Joaquim évoque quelque souvenir dont ce premier concert parisien devant à peine… 20 personnes. Le rappel, composé de 4 titres, voit le public finir de se déchaîner et donner du travail aux agents de sécu. Sweedish pagans fini d’achever le travail en proposant un medley de leurs influences (Dio, Maiden, Accept) avant que la fête ne batte le plein sur le dantesque To hell and back.  Ce soir c’est plutôt « To heaven and back », messieurs! C’est simple, Sabaton, qui a toujours mis un point d’honneur à offrir du spectacle visuel, a ce soir donné un des plus grands concerts de sa carrière. On ne peut que les en remercier chaleureusement et leur souhaiter de grimper encore. Superbe soirée!

 

Interview: DEMONS & WIZARDS

Interview DEMONS & WIZARDS : rencontre avec Hansi Kürsch (chant). Propos recueillis à l’Alba Opéra à Paris, le 16 janvier 2020

Il est bavard, le Hansi Kürsch. Passionné, calme, plein de choses à dire après le retour scénique remarqué de Demons & Wizards alors en plein milieu de l’enregistrement du troisième album sobrement intitulé… III. Un album qui aura nécessité une gestation de pas loin de 15 ans. De quoi demander des explications… Lire la suite

AMON AMARTH live à Paris (Le Zénith, 25 novembre 2019)

C’est un Zénith en petite configuration qui accueille le grand – et brutal – cirque viking ce soir. Une affiche 100% suédoise (OK, exception faite d’une chanteuse et d’un batteur…) débarque à Paris: Hypocrisy, Arch Enemy et Amon Amarth! Mais avant de pénétrer dans ce si fameux Zénith du parc de la Villette, quelques surprises nous attendent: Peet se voit interdire de fumer une cigarette sur le gigantesque parvis en plein air tandis que je me vois invité à quitter ce même endroit où l’on n’a plus le droit de traîner et de passer un simple appel… Il y aura mieux plus tard: alors que Hypocrisy en est au milieu de son set, Phiphi, mon ami créateur du logo de Metal Eyes, erre dans les coursives pour entrer dans la salle. Les rideaux des escaliers tirés, on lui interdit le passage. Comme on le fait au théâtre une fois la pièce commencée. Pour un concert de rock, où l’on est censés circuler librement, les restrictions deviennent lourdingues…

Passons sur ce coup de gueule pour entrer dans le vif du sujet: c’est donc un Zénith en configuration presque minimaliste qui accueille quelques 3.000 spectateurs. La scène a même été très avancée, les crash également, laissant un vaste espace entre la scène et le public. Mais quand on voit la gueule des bouches à feu, on se dit que c’est sans doute mieux ainsi! Si Amon Amarth n’a pas, en France et hors festival, la capacité à remplir un Zénith, la salle s’avérera bientôt une nécessité au regard de la gigantesque production de ce soir (ce qui pourrait bien être le cas aussi pour Sabaton, en février prochain pour une autre affiche en jaune et bleu).

 

Trois groupes sont ce soir à l’affiche. Tout d’abord Hypocrisy qui ouvre les hostilités avec son death rageur. Mais voilà: la scène est noyée sous la fumée, une fumée blanche épaisse comme un mur qui empêche le public de voir une quelconque forme de spectacle. Et lorsqu’enfin ce fog se dissipe, on peu distinguer les musiciens dans une belle lumière verte ou d’un blanc sec, avant que le technicien appuie de nouveau longuement sur le bouton… Alors que dire? Superbe prestation? Loin d’être un fan invétéré du combo de Peter Tägtgren, je préfère écouter de loin, monter dans les gradins, constater qu’il y a encore beaucoup de brouillard. Une bière s’impose.

Le changement de plateau se fait en moins d’une demi-heure. Arch Enemy est visiblement très attendu. La scène est très métallique, des spots enfermés dans des cages du plus bel effet projettent l’ombre des barreaux qu’ils balayent. Michael Amott et sa bande sont certes concentrés mais sont en forme. Il faut dire que Paris, ils connaissent bien, que le public a toujours été présent. Si les regards se tournent naturellement vers Alissa White-Gulz, la vocaliste sait comment séduire ce public: comme elle le fait toujours, avec douceur et en français. Mais quelle puissance quand elle se met à growler!

Pendant près de 45′, le quintette dispense une setlist des plus puissantes superbement mise en lumières. Evidemment, certains titres résonnent plus que d’autres en ces heures troubles (War eternal, No gods, no masters) mais on se délecte des Ravenous, Under the black flag we march et autres Dead bury their dead. Arch Enemy nous a offert une très belle prestation, belle mise en bouche avant le gros morceau qui arrive!

Une immense toile noire cache la scène qu’on imagine déjà énorme. Casque ou drakkar en guise d’estrade de batterie, peu importe, ce qui compte ce soir c’est le spectacle que nous promet Amon Amarth. Cela fait maintenant plus de 3 ans que les Suédois n’ont pas mis les pieds dans notre ville, leur dernière venue remontant au 7 novembre 2016, au Casino de Paris. Le public est chaud lorsque la salle est une nouvelle fois plongée dans le noir et que retentissent les premiers couplets d’un certain Run to the hills.

Puis, dès que tombe le rideau, dès qu’apparaissent Olavi et sa bande, c’est une débauche d’énergie. De la lumière, du bruit et de la fureur pendant une heure trente. Le casque de viking sur lequel trône la batterie est désormais agrémenté de deux écrans en lieu et place des yeux. Ecrans qui permettent quelques judicieuses animations venant compléter celles in vivo. Car dès Runes to my memory, Amon plonge son public dans un enfer de flammes et de fumées, à commencer par le logo du groupe qui, disposé de chaque côté de la batterie, s’embrase et brûle tout au long de cet imparable titre. Puis les bouches à feu entrent en action. Disposées un peu partout sur scène, des colonnes de feu égaillent Death in fire.

Si chaque membre est à fond et connait parfaitement sa partition – on notera particulièrement l’acharnement de bûcheron de Jocke Wallgren, le « petit » dernier à la batterie – Johann Hegg semble particulièrement heureux d’être de retour dans notre capitale. Plus que ses paroles qui caressent le public dans le sens du poil (les classiques « Que c’est bon d’être enfin de retour à Paris! » et autre compliments), c’est son large sourire qui en dit le plus sur son état. Le chanteur semble aujourd’hui complètement remis de accident de cascade dont il avait été victime en mars dernier.

Il joue avec le public, grimpe sur son « ego riser » se prenant un jet de fumée en pleine face, ne laissant apparaître que ses bras. Et, prenant le public à contre pied, c’est en plein milieu du concert que les canons à confettis entrent en oeuvre, émaillant la salle de scintillements du plus bel effet.

Si visuellement le show est énorme, musicalement, le public est aussi servi. Naturellement orienté sur les deux derniers albums, les grands classiques d’Amon Amarth sont aussi, heureusement, de la partie. Une set list irrésistible qui résume bien la carrière des vikings. First kill, Deceiver of the gods, The way of the vikings, Guardians of Asgaard, tout y passe. Et le désormais incontournable Raise your horns annoncé par un Johann qui s’empare de sa corne « judicieusement » placée à sa ceinture, au cas où. On se doutera que ce titre ne fera plus partie de la setlist le jour où le chanteur n’en sera plus équipé…

Le rappel constitue peut-être le seul point de frustration du concert: après tant d’énergie, les deux titres finaux (The way of the vikings et Twilight of the thunder god)  passent à une vitesse folle. Mais une chose est certaine, c’est que ce soir Amon Amarth a livré un concert exemplaire et dantesque de bout en bout. Superbe soirée!

 

STUBORA: Horizon noir

Heavy metal, France (Autoproduction, 2019)

Mine de rien, Stubora, formé à Bar le Duc en 1996, propose, avec son nouvel album Horizon noir, rien moins que sa 6ème production. Ce nouvel album fait suite à Résurrection qui date déjà de 2015. Le trio semble ici particulièrement en forme. Distillant avec un réel bonheur un heavy rock entraînant, on retrouve les influences principales du groupe que sont AC/DC, Metallica, et, comme sur Résurrection, certains vocaux évoquent Renaud Hantson. Le chant partagé entre le guitariste Cyril Beaudaux et le bassiste Michael Velasquez apporte des nuances subtiles et offre une palette sonore riche, entre rugosité et douceur aux sonorités rock parfois popLes guitares sont puissantes et mélodiques (impossible de ne pas taper du pied dès l’introductif Ténèbres éternelles – et son texte enragé – ou Cerveau limité, Au pied du mur…) ou se laisser séduire par les ambiances plus nuancées de A en crever, plus lourdes  et orientales sur Identité. Cette variété des premiers morceaux se retrouve sur l’ensemble de l’album qui en comporte 13.

SAXON: The eagle has landed – 40 live

Heavy metal, Angleterre (Silver lining, 2019)

Saxon est sans doute plus fidèle à ses fans que ses fans ne l’ont été au fil des décennies. Le groupe de Biff Byford (dont la santé semble retrouvée et qui proposera en février 2020 son premier album solo) tourne inlassablement, enregistrant de nombreux témoignages. Alors que le groupe de Barnsley célèbre cette année 40 ans de carrière, Silver lining a publié au milieu de l’été ce superbe triple album qui reprend la série des live d’origines: The eagle has landed 40 live. Trois CD  regroupant la bagatelle symbolique de 40 titres enregistrés lors de divers concerts et festivals entre 2007 et 2018 (chaque CD couvrant respectivement les périodes 2007-2011, 2013-2014 et 2015-2018). Si ce nouveau live renferme évidemment les indispensables classiques des années 80 (principalement sur le second CD avec un gros morceau du Wacken de 2014 doté d’orchestrations symphoniques),  l’album se concentre aussi sur les réalisations les plus récentes du groupe, depuis son retour en force depuis Lionheart en 2004, et plus encore depuis le retour à la stabilité du line-up en 2007, année de sortie de The inner sanctum. Mais on n’en veut pas à Saxon de zapper quelque peu les « années sans » tant sa carrière est riche et Saxon très en forme ces dernières années. Le groupe reste même une des plus sûres valeurs du circuit. Normal, me direz-vous, ce n’est pas au vieux singe qu’on apprend à faire la grimace. Quiconque a vu Saxon live sait quelle claque on peut prendre, et cette compilation est là pour nous le rappeler. 40 titres donc pour 40 ans de bons et loyaux loyaux services avec une seule incartade (qui aurait presque pu être proposée en bonus): une reprise de Ace of spades de Moörhead interprétée en compagnie de Fast Eddie. Un morceau qui sonne comme un hommage. Saxon, un des derniers monstres sacrés de la planète Heavy metal? Cela ne fait aucun doute!

BLAZE BAYLEY Live à Orléans – Blue Devil’s, le 2 octobre 2019 (avec Absolva)

Blaze Bayley et le Blue Devil’s, c’est une longue histoire: voici 5 fois que le propriétaire des lieux accueille celui que tout le monde connait pour être l’ex chanteur d’Iron Maiden. Cette amitié entre Hervé et Blaze remonte au temps d’Arras, lieu du premier Blue Devil’s. Depuis, le club a trouvé refuge à Orléans, et Blaze y pose ses valises pour la seconde fois.

Cette année, le chanteur célèbre le 25ème anniversaire de son intégration au sein de la vierge de fer. Sa tournée est donc axée autour des deux albums qu’il a enregistré avec la bande de Steve Harris. Les connaisseurs sont ravis de pouvoir écouter de nouveau des titres plus – ou presque plus – joués en concert par Iron Maiden. Et pourtant, The X-factor et Virtual XI regorgent de pépites…

Ce soir, ce sont les Anglais d’Absolva qui ouvrent pour Blaze. On connait déjà les musiciens puisque, au delà de Luke Appleton qui sévit au sein de Iced Earth, ce sont eux qui, l’an dernier, accompagnaient le chanteur (euh… Luke ouvrait déjà pour lui en solo et en acoustique…) Et qui ce soir l’accompagnent de nouveau, donnant ainsi 2 concerts. Economique pour l’hébergement, cette formule!

Reste que ce soir, un peu moins de 200 fans se sont donné rendez-vous au Blue Devil’s. Absolva ouvre le bal devant un parterre dégarni, qui, toutefois, se remplira rapidement dès les premiers riffs accrocheurs. Le groupe propose un heavy metal traditionnel, piochant du côté de Judas Priest et de, tiens donc?, Iron Maiden, et lorgne parfois vers le thrash. C’est carré, bien fichu et le quatuor semble, tout au long de ces 45′, prendre son pied.

Chris Appleton (chant et guitare) harangue le public avec des « Scream for me Orléans! » qui sonnent un brin familier. Ces références sont cependant émaillées de touches originales transformant ce concert en une agréable découverte, Absolva ayant une réelle personnalité qui s’affirme titre après titre. En milieu de set, le groupe ralenti le tempo avec un long instrumental aérien, presque prog et salué comme il se doit par le public.

Le temps de quelques rafistolages, Luke rappelle que Absolva enregistre actuellement son 5ème album, avant que son frère ne reprenne la parole pour remercier Hervé qui les a toujours bien accueillis. Le groupe termine avec un Never back down explosif et rentre dedans.

 

Quinze minutes après, Martin McNee, le batteur, qui a changé de T-Shirt pour rappeler qui joue maintenant, reprend place derrière ses fûts, rejoint par ses camarades. Dos tourné au public, les premiers rangs peuvent entendre Blaze Bayley hurler un « ah! Shut up! » qui a le mérite de faire rire et réagir les fans. Le thème de la soirée est clair et l’on n’a donc aucune surprise à écouter une setlist exclusivement maidenienne. Cependant il conserve son attitude avec le public, restant très proche, attrapant qui par la tête tel un prêcheur fou, dont il a d’ailleurs le regard, qui d’autre par la main.

Très en forme, le chanteur est tout autant pédagogue, expliquant lentement au public toute l’admiration qu’il garde pour Iron Maiden, tout ce qu’il a pu apprendre et découvrir au contact du groupe. Le respect est réel, et le gaillard n’a aucune animosité envers ses anciens compagnons de route.

Plein d’humour, il raconte la genèse de Two worlds collide, explique avoir réarrangé certains titres pour mieux coller à ce qu’il est aujourd’hui. « Si vous détestez la version de la chanson qui vient… » et il place un index sur sa bouche. « Mais si vous l’aimez, alors allez le dire à la terre entière! » introduit donc  The angel and the gambler et franchement… ça vaut vraiment le détour. Prenez le temps d’y jeter une oreille curieuse, c’est une seconde jeunesse que lui offre Blaze.

Respectueux de son public, Blaze, debout au milieu des fans, rappelle que ce ne sont pas les labels qui le font vivre. C’est bien grace aux fans qu’il est toujours là, à chacun des fans. « Merci beaucoup mes amis » s’exclame-t-il en français, un large sourire aux lèvres, avant de rappeler qu’il y a encore quelques concerts commémoratifs qui le mèneront jusqu’à la fin de l’année, et que 2020 le verra se consacrer de nouveau à sa carrière solo, carrière qui compte déjà 11 albums.

Le concert se termine avec la chanson qui, habituellement introduit les concerts de la vierge de fer, Doctor Doctor de UFO et Blaze, après avoir remercié les fans, file s’installer au stand de merch pour signer tous les autographes qui lui sont demandés et prendre la pause avec chacun de ses fans qui le lui demande. Les autres membres du groupe font de même, répartis dans la salle et discutant avec le public. Une belle conclusion à une soirée comme on voudrait en vivre plus.

 

SABATON: The great war

Heavy metal, Suède (Nuclear Blast, 2019)

En quelques années, grâce à des albums impeccables et des concerts exemplaires, Sabaton s’est imposé comme un des fers de lance de la scène metal actuelle, ce malgré une carrière  qui voit la bande à Joakim Broden et Pär Sundstrom célébrer cette année son 20ème anniversaire. Force est cependant de reconnaître que les deux fondateurs ont pris la décision qu’il fallait en remodelant complètement le groupe avant l’enregistrement de Heroes. Depuis, Sabaton navigue de succès en succès et sa double prestation en roue de secours du Hellfest (on rappelle pourquoi?) ne fera qu’embellir encore l’aura des Suédois. Après avoir conté des épisodes de bravoures au cours de l’Histoire avec The last stand, Sabaton se plonge aujourd’hui, avec The great war, dans la première guerre mondiale. Toujours sur fond de ce metal joyeux, enjoué et entraînant, le groupe nous emporte dans ces sombres années de la grande guerre. The future of warfare, qui introduit l’album, déroute quelque peu par ses aspects lents et sérieux. Les touches plus prononcées d’électro – qu’on retrouve de façon plus importante que dans les derniers albums – y sont pour beaucoup. Heureusement, dès Seven pillars of wisdom – qui traite d’un certain Lawrence d’Arabie – on retrouve la recette qui fait mouche. La suite est une fête non stop composée de ces refrains imparables (The attack of the dead men et son refrain saccadé, Devil dogs et ses choeurs…) The red baron (de son vrai nom Manfred von Richtofen, pilote de légende) explore avec efficacité de nouveaux horizons et ses claviers typés orgue d’église et un rythme qui accélère subrepticement. L’album se conclue avec le mélancolique et lourd The end of the war to end all wars mais surtout avec le superbe chant In flanders fields. Une prière émouvante qui vient clore un album qui, sans conteste, divisera de nouveau; les anti vont le détester – il y en a encore, qu’ils passent leur chemin – les fans vont adorer – il y en a de plus en plus. La preuve? The great war est déjà entré dans les char(t)s mondiaux. On notera aussi, comme ce fut déjà le cas sur l’album précédent, la richesse des notes qui accompagnent chaque chanson. Alors pour le metal, le show et le fun: vivement le Zénith à Paris! Pour ceux qui le souhaitent, vous pouvez retrouver l’interview que Joakim a accordée à Metal Eyes ici: Interview Sabaton