Pumpkins United: HELLOWEEN live à Paris (Zénith Paris la Villette, le 15 novembre 2017)

Les fans le savent et attendaient cet événement depuis longtemps: le retour de Michael Kiske, le second chanteur mais celui qui a vu la carrière du groupe décoller, et de Kai Hansen, premier chanteur guitariste, dans la famille Helloween. Mieux encore, les deux ex ne prennent la place de personne puisqu’ils viennent compléter le line up composé depuis des lustres par Andi Deris (chant), Mickael Weikath et Sascha Gerstner (guitares), Markus Grosskopf (basse) et Dani Löble (batterie) pour un spectacle à 7 visages. On le sait depuis quelques temps, les chanteurs alterneront entre duo/trio et parties individuelles, pour le plus grand bonheur de tous.

Personne ne sait encore s’il une première partie est prévue. En arrivant sur place, le public découvre un Zénith en petite configuration, et un gigantesque backdrop célébrant cette réunion. Le concert n’est pas complet mais il y a suffisamment de monde pour que la soirée soit chaude. le temps passe, et il est clair que Helloween sera seul ce soir. Pas plus mal avec un concert annoncé de près de 3 heures… Plongée dans le noir à 20h, la salle résonne d’une ovation publique et des premières notes de Halloween. Séparés par la batterie, les deux chanteurs ne tardent pas à utilisée l’avancée de scène, accompagnés de Kai Hansen, où, sans surprise, ils reçoivent une ovation explosive. Les enfants prodigues sont de retour, et la famille se réunit rapidement autour, affichant – ce qui sera une constante – une complicité retrouvée. Les photographes ne savent plus où donner de la tête tant il y a de monde sur scène… Ces mêmes photographes vivent même une petite galère, les consignes données aux agents de sécu changeant d’un agent à l’autre: « vous pouvez rester », « non, la sortie, c’est ici… Ah, ben, en fait, vous pouvez rentrer avec vos pass photos, mais de l’autre côté » « Non, ici, sans billet, vous n’entrez pas… » Bon, les gars, vous avez le choix: gradins ou fosse? » Ce petit intermède nous fait rater 3 chansons, mais, allez, ça fait partie des gentilles galères. Merci, Fabienne de nous avoir fait, finalement, entrer!

 

Les 7 sur scène donnent rapidement l’impression non seulement d’avoir, en vrai pros qu’ils sont, trouvé leur marques, mais aucun des musiciens ne cherchent à s’imposer. L’esprit de groupe, ce soir, a éjecté royalement égos et conflits d’intérêts. Tous affichent une belle complicité et une réelle joie d’être là.

En fond de scène, un écran diffuse des animations de circonstances, citrouilles, Dr Stein et autres créatures, dont le duo de citrouilles déconnantes Seth et Doc qui animent les divers intermèdes du set. Nombreux, d’ailleurs, ces intermèdes cassent un peu le rythme mais avec un show aussi long, les musiciens ont sans doute besoin de souffler et de récupérer au calme.

L’un des moments forts arrive rapidement, Kai Hansen se posant devant son micro pour interpréter, en compagnie de ses anciens compères, 3 titres des débuts de Helloween. Autant dire que le public est aux anges avec ce triptyque composé de Starlight, Ride the sky et Judas (encore un titre d’actualité tellement nos politicards puent à travers le monde), suivis de Heavy metal (is the law). Un grand moment salué comme il le mérite !

Le décor est à la fois sobre (une citrouille découpée et des marches de part et d’autres de la batterie), tandis que les lumières sont remarquables et parfaitement réfléchies pour mettre en valeur tous les musiciens à tour de rôle – ni trop ni trop peu – et chaque chanson bénéficie d’un traitement spécifique. Le moment calme voit Sasha Gerstner accompagner, seul, Deris et Kiske sur les ballades Forever and one et A tale that wasn’t right avant que les hostilités ne reprennent avec le très enjoué et optimiste I can qui précède un superbe solo de batterie. Dani Löble frappe ses fûts quelques minutes avant que l’écran ne projette les images d’une main glissant une VHS dans un magnétoscope. Su la tranche est inscrit « Ingo drum solo ». Ingo Schwichtenberg est, lui aussi, à l’honneur ce soir grâce à ces images d’archives qui deviennent le prétexte d’une bataille de batterie entre Ingo et Dani. Beau, impressionnant et, surtout, émouvant.

Why ? est sujet à un petit moment de flottement lorsque Kai Hansen s’approche de Michael Kiske, vraisemblablement pour lui dire qu’il chante un ton trop bas, ce qui fait rire le chanteur qui se reprend vite avant le retour de Deris pour un Soul survivor d’enfer. C’est le seul titre, d’ailleurs, qui voit ces 2 mots (Soul et Survivor, pour ceux qui ne suivent pas…) projetés en fond de scène…

Juste après Power, Andi Deris se fend d’un petit speach avant d’introduire How many tears chanté à 3 voix. Sur les côtés de la scène, je remarque les secouristes qui s’affairent, tentant apparemment d’extraire un slammer mal tombé. Il y en a peu, ce soir, et les agents de sécurité sont gênes par la disposition de la scène…Les choses semblent bien se terminer. Reste que How many tears ressemble à s’y méprendre à un final. Mais non, c’est trop tôt… Pourtant, non, Helloween quitte la scène et revient pour un premier rappel.

C’est Kiske qui s’y colle pour un Eagle fly free bienvenu, suivi d’une joli « accusation » : « ce morceau dure 15’… C’est Michael Weikath qui en est coupable » introduisant l’intégrale de Keeper of the seven keys. Un vrai grand moment de concert durant lequel le chant est partagé judicieusement. Et c’est fini… Jusqu’au retour du susmentionné Weiki qui se fend d’un joli solo et, ce qui n’apparaît pas sur les concert précédent, un bel extrait de Blue suede shoes. Enfin, final dantesque, Future world est explosif, autant que le public sur I want out, message à peine nécessaire après près de 3 heures d’un show qui se conclue avec des cotillons et confettis.

Ce soir, Helloween était au mieux de sa forme. Dommage que le public ne fut pas plus nombreux, mais c’est ainsi. Les présents ont passé rien moins qu’une des meilleurs soirées de l’année. Ni plus, ni moins. Superbe !

 

Merci à GDP, Olivier Garnie, Fabienne et Roger Wessier d’avoir rendu ce report possible.

TRUST live à Paris: le Bataclan, 8 octobre 2017

Pour son troisième concert de la série depuis longtemps annoncée de 5, Trust investit le Bataclan. La devanture annonce Trouble en première partie. Nom sympathique, voire prometteur qui, instantanément, m’évoque Deep Purple…

Un peu avant 19h30, Trust et son équipe montent sur scène. Bernie demande, simplement et sobrement au public encore peu nombreux de prendre la main de son voisin. « Nous allons faire une minute de silence à la mémoire de ceux qui sont tombés ici ».  Une minute naturellement respectée, puis applaudie. Sur un des retours, une bougie blanche est d’ailleurs allumée, et le restera tout au long du concert.

A 19h30, Trouble monte sur scène. Deux femmes aux basse et guitares, un gars, aux claviers. Et non… Le trio n’a rien de commun avec la légende mentionnée plus haut. Le groupe bruxellois nous propose un set new/cold wave, électro étrange mais poliment accueilli. La chanteuse communique aisément avec le public, et se met parfois à danser sans que l’on ne comprenne vraiment sur quel rythme…. Un truc dans sa tête qui fait effet, mais qui ne me touche pas du tout. A part le final de Revolution, son dernier morceau, Trouble n’est pas dangereux, et n’est pas mon truc. Passons.

Certains critiquent ce que Trust est devenu sur la base d’une prestation en demi teinte, sans superbe, au Hellfest, et d’un récent live quelque peu bousculé sur les réseaux sociaux… C’est la troisième fois que je vois Trust cette année et laissez moi simplement écrire ceci: si Trust n’est certes plus le grand groupe destructeur et dangereux qu’il fut naguère, celui des années 80, il a le mérite de ne pas proposer deux fois le même show, setlist mise à part. A Blois, Bernie était plus rappeur que rocker, enragé et engagé. Au Hellfest, étrangement réservé, sans doute parce que le show était enregistré et le temps limité. Ce soir, il est enjoué, dynamique et simplement en grande forme même si le vocaliste est plus… « raisonnable » dans sa relation avec le public, multi-générationnel mais surtout composé de sexagénaires venus saluer le mythe. Un détail me tracasse tout de même: là où, dans les années 80, Trust avait pour décor de scène un bulldozer, « symbole d’une jeunesse qui refuse vos magouilles politiques », le décor est aujourd’hui composés de chiens en peluche et d’une lampe de salon… Trust serait-il devenu un groupe pantouflard? C’était la blague que je ne pouvais rater, car, non, la tournée interminable et la pêche des frères ennemis Nono et Bernie tendent à prouver le contraire.

Mélangeant classiques (Préfabriqués, Au nom de la race, Marche ou crève, Fatalité et un plus que bienvenu Comme un damné ainsi que Certitude… solitude et l’indispensable Antisocial) à des titres plus récents (La mort rôde, Le temps efface tout) ou ceux que nous découvrirons sur le futur album (dont la sortie est désormais prévue – pourquoi? L’album est prêt – début 2018) et qui semblent prometteur d’un Trust très en forme. Il y a certes L’archange, presque un classique, qui ouvre chaque concert de ce Au nom de la rage tour, mais également le très groovy Démocrassie, ou un Exterminateur introduit par un joli discours de Bernie: « une chose est sure: nous sommes passés du stade de prédateurs à celui d’exterminateur. Ce morceau est dédié à tous les électeurs de Macron ». Euh, Bernie… Tu aurais préféré qu’on vote pour Marine? Ah, sans doute faisais-tu référence au premier tour !

En dehors de cela, il n’y a guère de saillie, Bernie est moins tranchant, moins vindicatifs que lors du concert de Blois, par exemple. L’humour est de rigueur, Bernie chariant son groupe lors de la présentation des musiciens: David Jacob, bassiste a pieds nus: « c’est ça, les bassistes, ça s’achète des instruments mais ça ne peux plus s’habiller », Christian Dupuy, le batteur: « on a adopté un enfant » (Nono avait parlé, à Blois, d’adoption de bébé), et Nono n’échappe pas à la règle, tout de blanc vêtu… La forme est là, cependant, et je ne formule qu’un regret: au regard de ce qui fut joué les deux jours précédents, la setlist ne bouge que peu. Deux-trois titres diffèrent alors que Trust aurait pu, comme l’a fait ADX lors du PMFF a chacun de ses 3 concerts en janvier dernier, proposer un tracklisting différent. D’autant plus pour ceux des fans ayant acheté les pass 5 jours proposés… On aurait bien voulu entendre des morceaux différents du reste de la tournée. L’élite est régulièrement joué, mais quid de Bosser 8 heures, Dialogue de sourds, Mr Comédie, Les sectes, Le mitard,  Paris, I shall return (plutôt que Surveille ton look). Et quid du tant décrié 4ème album? Par compromission, Idéal, Varsovie, Purgatoire? Ce disque ne mérite pas d’être oublié, mais bien redécouvert tant il recèle de pépites… Dommage, l’occasion aurait été vraiment belle d’enregistrer ces 5 concerts pour en faire un vrai document historique, complémentaire du Live Hellfest récent.

N’empêche, cela semble un choix de plus en plus judicieux que celui de faire le pari de salles de taille moyenne. La proximité avec le public est réelle, Bernie fustigeant ce soir ceux au balcon qui restent assis. « Et vous, là haut, levez vous! On est tous debout ici, c’est un concert de rock! » Trust est sans doute le groupe français qui aura, en 2017, joué – Hellfest mis à part – devant le plus grand nombre de spectateurs. Et personne ne semble pouvoir les concurrencer sur le nombre de salles visitées. Trust est en forme et ça fait plaisir à voir. Vivement le prochain album – et une autre tournée?

Ah, dernière chose: Bernie fut prompt à Blois – et sans doute ailleurs – à demander au public de regarder le concert avec ses yeux plutôt qu’à travers un téléphone. Ce soir, rien. Lassé de se répéter, le gaillard? ça ne rate pourtant pas, l’effet Antisocial, c’est ça :

La prochaine fois, tu veux rester tranquille avec tes fans, Trust? Commence avec Antisocial, ensuite on sera entre nous!

Merci à Sabrina et Veryshow d’avoir rendu ce report possible.

AIRBOURNE Live à Paris (Olympia, le 10 octobre 2017)

 

Airbourne et la France, c’est vraiment une belle histoire qui dure. En ce 10 octobre, ce n’est qu’en arrivant à l’Olympia que l’on découvre qui est en première partie. Il s’agit de Desecrator, que l’on va bientôt découvrir.

Le dernier passage d’Airbourne à Paris, au Trianon, fin 2016, avait laissé quelques spectateurs sur leur faim. Le groupe des frères O’Keefe jouera-t-il ce soir plus d’1h30? C’est peu probable au regard de ‘énergie dégagée par Joel, mais on peut l’espérer, non? Et y aura-il quelques surprises? La réponse à cette dernière question est « oui », mais pas forcément celles auxquelles ont pourrait s’attendre…

C’est désormais une habitude, juste avant que les lumières ne s’éteignent, une annonce est diffusée dans la salle rappelant l’interdiction de filmer ou photographier le spectacle… Tu parles! Passons. A 20h, Desecrator investit la scène. Le quatuor vient également d’Australie, s’est déjà produit à Paris en 2015 et propose un heavy thrash d’excellente facture. 45′ durant, le groupe prouve connaitre son affaire, scéniquement autant que musicalement.

Étonnamment, les photographes sont absents du pit, et s’impatientent sur le côté de la scène. Caprice de première partie? Ha, ha! non, un raté rattrapé en fin de set, ce qui, finalement, permet de capter des musiciens chauds et transpirant qui, en plus de leur chansons nous offrent de jolies reprises avec Born to be wild (Steppenwolf) et, improvisée en fin de set semble-t-il, Am I evil? (Diamond Head). Une belle prestation et une mise en bouche énergique.

 

Le public est tout acquis à la cause Airbourne et le fait savoir dès le retour des lumières, chantant des Oh oh oh oh! à n’en plus finir. Et lorsque retenti la musique de Terminator 2 et ses lumières rouges balayant la scène, on sait que le gang des frangins O’Keefe arrive. Comme toujours désormais, c’est Ready to rock qui ouvre le feu. Le public saute tant et si bien que le plancher de la salle se transforme en trampoline!

Comme toujours, Joel est au taquet et attire à lui seul tous les regards. Comme toujours, ses comparses se partagent la scène dans une incontestable complicité mais on ne les voit guère. Comme toujours, aussi, la setlist est bourrée de classiques. Mais pas que, puisqu’elle varie au fil des tournées proposant ce soir I’m going to hell for this ou Bottom of the well. Alors oui, on pourra dire que ça fait beaucoup de « comme toujours » mais c’est une réalité: on a vu Airbourne une fois, on sait à quoi s’attendre… C’est sans doute ce manque de spectacle et de surprises qui condamne le groupe à jouer dans des salles de 1500 places… Mais on en profite à fond et Joel, à la voix cassée en fin de concert, sait comment séduire le public.

Une vague de briquets s’allume sur le break de Bottom of the well, un solo bluesy en intro de All for rock n roll, un jet de bières dans le public, non pas en canettes mais en gobelets !, précède le désormais traditionnel gimmick « je m’explose une canette sur la tête »… La fin du show lui donne l’opportunité, sur Raise the flag, de s’emparer du drapeau fait par des fans.  Joel en profite d’ailleurs pour se laisser ensorceler, ne parvenant plus à se saisir de son médiator sur le break de Running wild avant de repartir de plus belle pour un final en beauté. Comme toujours, même si on n’a pas de grosse surprise, Airbourne nous a permis de passer une très belle soirée, pleine de rock et de fun. On attend maintenant la sortir du live promis l’en dernier!

La vraie mauvaise surprise attend le public à la sortie de la salle, barrée par la police: des vols de portables ont eu lieu et tout le monde est fouillé, exception faite de ceux du public sortis par les issues de secours… Un joyeux bordel qui aura, espérons le, permis de mettre la main sur le ou les voleurs. C’est pas pour ça qu’on assiste à un concert…

Merci à Olivier Garnier, Roger Wessier et Live Nation

 

ZZ TOP live à Paris (le Zénith, le 11 juillet 2017)

Tous les deux ans, ZZ Top fait halte à Paris. Et tous les deux ans, c’est la même chose: ceux qui ne sont pas encore en congés viennent joyeusement prendre leur dose de blues rock à la sauce texane. Le Zénith est loin d’afficher complet (ce n’est pas la meilleure période pour les concerts…) et les quelques 3500 spectateurs circulent aisément au sein de ce Zénith en petite configuration. L’ambiance n’es est pas moins chaleureuse.

red Devils

En guise de première partie, ZZ Top a retenu les Red Devils, groupe californien de blues qui a décidé de revenir. Côté marketing, le groupe propose des T-shirts estampilllés « the return of the REd Devils ». il n’est pas aisé de trouver des infos concernant le groupe tant le nom est usité (équipes de foot, de supporters et autres…) mais la formation a sorti quelques albums avant de disparaître au cours des années 90.

red Devils

Ce retour doit donc les remettre sur les rails. Dès les premières notes, on sait à qui on a à faire: les Blues Brothers sont passés par là.  C’est sympa, mais les gaillards peinent à convaincre. Il manque un brin d’énergie et de folie pour que le public reste en nombre, ce qui n’est que moyennement le cas ce soir.

Red Devils

ZZ TOP

Il est 9 heures et le public commence à s’impatienter. Enfin les lumières s’éteignent, Franck Beard prenant place derrière ses fûts, allumant au passage une cigarette. j’ai l’impression d’avoir déjà vu ça… La batterie ne change pas, comme d’autres choses, d’ailleurs. La scène quant à elle est sobre, sans fioriture autre que les amplis vert placés de part et d’autre de la batterie. Le concert démarre avec le trio Got me under pressure, Waitin’ for the bus et Jesus just left Chicago. C’est marrant, j’ai une nouvelle impression de déjà vu…

ZZ TOP

Allez, commençons par ça: la setlist est à deux ou trois titres près la même que celle de 2013 et 2015. Pire, les morceaux sont joués dans le même ordre ou presque (seules Pincushion et I’m bad, I’m nationwide, puis My head’s in Mississippi et la reprise Catfish blues sont inversées). 16 titres identiques sur 19 morceaux, ZZ Top prend peu de risque. Bon, d’accord, ils ne peuvent faire l’impasse sur nombre de classiques et le public attend les grands hits. Cependant, on peut regretter que les reprises ne changent pas: encore Foxy lady (Jimi Hendrix) et le sus mentionné Catfish blues (Robert Petway), mais on appréciera aussi la reprise de 16 tons (Tennessee Ernie Ford) et Act naturally (Buck Owens) sur lequel Elwood Francis vient jouer de la steel guitar assis sur une caisse, et enfin le Jailhouse rock (Elvis Presley) en guise de second rappel.

ZZ TOP

Pour le reste, ZZ Top connait parfaitement son affaire, et l’on sait aussi à quoi s’attendre: des pauses, Billy Gibbons et Dusty Hill connaissent par cœur. Se déplacer en glissant sur scène, tranquillement, aussi. Et si Gibbons n’est pas au mieux de sa forme vocalement (il donne parfois l’impression de tirer sur la corde), le son est limpide.

ZZ TOP

En revanche, si la musique opère naturellement – ça reste irrésistible, malgré tout – Gibbons se met le public dans la poche en lui adressant quelques mots de français aussi simples que « Yes, Merci! » ou un « C’est chouette! » après un solo dont il a le secret. Pas super bavard pour autant, mais le public est séduit. Ce qui compte, après tout, c’est d’en prendre plein les oreilles, et de ce côté, si elle ne présente guère de surprise, la setlist est imparable. En somme, ZZ Top nous a prouvé une fois encore qu’un bon concert, c’est avant tout de bonnes chansons interprétées avec coeur et qu’il n’est nul besoin de fioritures pour faire effet. une belle soirée, en somme qui se termine par les habituels La grange et Tush, complété du sus-mentionné Jailhouse rock d’un certain Elvis. On se retrouve dans deux ans?

ZZ TOP

Flogging Molly live à Paris (le Bataclan, 4 juillet 2017) – avec Celkilt

Ce concert de Flogging Molly est quelque peu particulier puisque je n’ai pas encore eu l’opportunité de remettre les pieds au Bataclan depuis sa réouverture. Sensation étrange, mais y retourner pour voir un groupe dont le dernier album s’intitule Life is good a tout du symbole positif, non? Flogging Molly ne nous est pas inconnu puisque le dit album a été chroniqué ici même, et surtout apprécié. Et cette soirée va rapidement se transformer en révélation.

Première partie annoncée tardivement, les français de Celkilt arrivent alors que le Bataclan est encore assez vide. La configuration du groupe est en elle-même intéressante: une violoniste, un barbu amateur de cornemuse et de flûte, un guitariste chanteur, un bassiste et un batteur, tous ayant revêtu un kilt (d’où la question: Quel kilt?… Bon, svp,pas de mauvais jeux de mots avec la prononciation anglaise du patronyme… ). Quelques renseignements pris, il semble que le groupe soit le vainqueur d’un télé-crochet. Cependant, je ne le sais pas au moment où Celkilt se produit devant un public peu nombreux (la salle sera plus que correctement remplie en fin de set), mais un public qui semble bien connaitre. C’est joyeux, le chanteur, jovial, le bassiste, entraînant, et la violoniste, charmante, apportent une belle énergie à ce set. Le viking à la cornemuse en impose, simplement.

En gros, si la case télé crochet peut être un marche pied ou un handicap selon ce qu’en fait le groupe, ce soir, nous avons à faire à une formation professionnelle qui ne met pas cette expérience en avant. Beaucoup de communication, de fun et, côté chanteur, la preuve de la légende des porteurs de kilt… Initialement, la formation devait jouer 30′, mais dépasse largement ce temps de jeu avec un set de 45′. Sans difficulté apparente, et avec beaucoup de plaisir.

Le changement de plateau se fait rapidement, et lorsque les lumières s’éteignent, ce sont quelques 750  personnes qui accueillent Flogging Molly. Les Américains ont une solide fan-base, pas assez importante au vu de ce qui nous attends, cependant. Dès le premier morceau, John L. Sullivan, le ton est donné: rock’n’roll! La guitare du chanteur Dave King fait des siennes, mais peu importe! Un roadie lui en apporte une autre et c’est parti comme si de rien n’était! Et clairement, tous les membres semblent simplement heureux d’être là. Dave King, très bavard, présent bientôt quelques personnes tranquillement placées au balcon à qui il décoche rapidement, avec le sourire, un joli doigt, avant de saluer, de l’autre côté, un monsieur à qui il souhaite dédier la chanson suivante. « Cette chanson s’appelle Selfish man« !

L’ambiance est fun et bon enfant, au point que King balance à plusieurs reprises des canettes de Guiness dans le public. « It’s Guiness time » annonce-t-il, demandant plus de canettes, félicitant un spectateur de ce superbe rattrapage… « Je sais que vous tous, en France, êtes de bons catholiques, comme en Irlande… » annonce avec humour Saints and sinners. King, cependant, semble vouloir complimenter tout le monde, sa merveilleuse épouse, la violoniste Bridget Regan, membre le plus réservé du groupe, et salue régulièrement les Français, qui sont passés par de très dures épreuves. Merci, Monsieur King, mais d’autres peuples aussi ont souffert, de la terreur ou autre. Reste qu’en ce lieu, ça a une résonace particulière, d’autant plus lorsqu’il dédie, sur fond de lumières bleu-blanc-rouge, World alive aux victimes des attentats de Paris de 2015.

Cependant, malgré ces instants plus graves, rien ne semble pouvoir assombrir la joie de vivre qui émane de ce concert! Pas un moment faible, des éclairages et un son au top, une ambiance extra-ordinaire… Une soirée simplement superbe qui fut, pour moi, le meilleur medium pour revenir au Bataclan. Flogging Molly entre dans cette catégorie de groupes que je retournerai voir live dès que possible, et pas seul de préférence. Une expérience à partager!

Merci à Roger Wessier et Live Nation d’avoir rendu ce report possible

HELLFEST: One hell of a ride (3ème partie)

Ce matin, le réveil est tranquille. Ce dimanche est moins chargé et nous en profitons pour préparer la voiture en vue d’un retour pas trop tard. Ayant assisté la semaine précédente au décevant show de Linkin Park (pas visuellement, mais bien musicalement), et devant être de retour at home suffisamment tôt pour rendre la voiture, nous projetons de partir vers 23h30. Préparation de la voiture car départ dans la foulée à 23h. Mon apéro du jour se nomme Skindred qui m’accorde une interview fun et chaleureuse et je file vers les mainstages oubliant mon envie de découvrir The Vintage Caravan qui se produit sous la Temple en ce moment.

Les festivités commencent donc véritablement avec l’explosif trio Prong, rugueux, certes, mais qui ne bénéficie pas d’un créneau assez long. Le groupe profite de sa venue pour présenter son nouvel album, Zero days, qui sera en bacs d’ici la fin du mois. Aujourd’hui, ce sont 9 petits titres et puis s’en va… Il semble que malgré une carrière aussi riche que longue, Prong ne parvienne pas à s’extirper de sa position de second plan.

Prong

J’avais découvert Skindred l’an dernier, et l’esprit festif de son metal teinté de reggae enervé – confirmé par l’interview de ce matin – doit être vécu en live. Et aujourd’hui, ça commence très fort :  Benji Webbe, l’imposant chanteur, se fout ouvertement des photographes (« good bye, photographers, fuck off, photographers »), certes, fait danser le public, aussi, et s’engage verbalement contre toute forme de discrimination. Il fait asseoir le public sur Warning et le fait sauter. Toujours efficace, mais surtout, le gaillard peut se targuer d’avoir inventé un nouvel artifice live. En gros, ça donne ça : « enlevez vos t shirts et tenez les en l’air, sans bouger… A mon signal, tournez ! » une forêt de tissus multicolores se met à tourner au-dessus des têtes ! Patrick Sébastien n’a qu’à bien se tenir, faire tourner les serviettes, c’est has been. Superbe et très énergique prestation.

Skindred

Impossible de ne pas aller faire un tour sous Altar où se produit, au même moment, Hirax. Le groupe de Katon de Pena avait dû annuler sa venue l’an dernier (je crois bien que c’était l’an dernier) et se retrouve cette année entouré des guitaristes Lance Harisson et Tim Thomas, du bassiste Steve Harrison et du batteur Mike Vega. La formation est en pleine forme et offre une prestation explosive, tout en énergie et adrénaline pure. Une belle grosse claque ! Immanquable pour tout fan de thrash non pas old school mais originel !

Hirax

Autre style, plus traditionnel, Black Star Riders, qui a récemment publié Heavy fire, attire aussi une belle foule. Les amoureux de Thin Lizzy sont servis, tant le groupe honore la mémoire des Irlandais. Scott Gorham, en bon père de famille, mène la barque, sobrement, Ricky Warwick très en voix, mène la danse. Y a pas, ce groupe est une merveille pour qui aime le blues heavy des 70’s/80’s. Et trois guitares de front, ça le fait !

Black Star Riders

Après une petite pause nécessaire pendant laquelle j’assiste (tente d’assister) à la conférence de presse de Blue Oÿster Cult (avec un concert à côté, difficile de comprendre grand-chose) – il fait vraiment un temps caniculaire, l’ombre est plus que bienvenue ! – je retourne sous Temple pour aller assister au show de Pentagram, moins rentre dedans que Devil Driver que j’ai vu la semaine précédente et que je choisi de zapper. Le doom de Bobby Liebling est lourd, pesant à souhaits et même si son groupe actuel rajeuni l’ensemble, ça reste… tranquille. Pas forcément une prestation mémorable, mais à l’image du groupe.

Pentagram

Bien que les ayant aussi vus il y a quelque jour, je décide de retourner voir et écouter Alter Bridge. Grand bien me fasse, car le groupe dispose d’un créneau un peu plus long et décide de remplacer le duel de guitares que se sont livrés Mark et Myles par des chansons. On n’y perd pas au change même si la setlist ne varie guère. Cry of Achilles, Metalungus ou Adicted tio pain sont toujours de la partie, efficaces en diable, et séduisent un public fidèle et réceptif.

Alter Bridge

La dernière fois que j’ai vu le Blue Oÿster Cult remonte à au moins deux décennies. Impossible à rater donc, même s’il est plus que compliqué de circuler sous Temple : entre les corps étendus (faire le tri entre ceux qui dorment et ceux qui cuvent) et les tabourets éparpillés, il n’est guère évident de s’approcher. La file des photographes s’allonge, et le groupe démarre son set en vieux briscards ; Ils connaissent les rouages du métier sur le bout des doigts, Buck Dharma et Eric Bloom attirant naturellement tous les regards. 10 titres mythiques (Golden age of leather, Godzilla, The red and black, (Don’t fear) the reaper…) pour (presque) clore ce festival.

Blue Oÿster Cult

Je jette une oreille à Prophets of Rage également vus la semaine passée et dont la setlist est, également, similaire. Mais pas 100% identique, bien qu’évoluant autour de reprises de Rage Against The Machien, Audioslave ou Cypress Hil. Le groupe de Tom Morello and Co. est d’une efficacité redoutable, parvenant à faire danser le public du Hellfest sur du hip hop ! Costaud et redoutablement efficace !

Five Finger Death Punch

On en parle, on en parle, Ivan a fait sensation après avoir quitté le groupe en plein concert à Tilburg le 12 juin. Pro comme pas deux, Five Finger Death Punch lui a déjà trouvé un remplaçant en la personne de Tommy Vext, qui, apparemment, voyage déjà avec le groupe « au cas où »… C’est donc maîtrisant parfaitement le répertoire que le vocaliste monte sur scène, donnant autant qu’il le peut dans l’interprétation des Lift me up, Got your six ou Burn MF. Mais quelque chose coince. Le groupe est-il encore sous le coup du départ de Moody, Sans doute. Quand bien même on ne peut nier la puissance de feu du groupe, la prestation manque de saveur. Le public est mitigé, certes, mais donnons simplement à 5FDP le temps de nous prouver ce qu’il a dans le ventre. A suivre, au plus tôt ! Pour l’heure, étant dans l’obligation de reprendre la route, notre Hellfest touche à sa fin.

Bilan : des kilomètres parcourus pour assister à quelque 36 concerts, des litres d’eau bus (et que quelques bières, si, si !), un objectif HS à cause de la poussière, une saine fatigue et plus encore ! Bref, tout ce qui fait un bon festival !

Merci à Hellfest production, Roger et Fabienne Wessier, Elodie Guillet-Sawicz, Elodi Jouault et Him Media d’avoir rendu ce report possible.

See ya next year !

 

HELLFEST: One hell of a ride (2ème partie)

Samedi 17 juin 2017                                                                                   

Réveil un peu difficile, je rate la prestation de Jared James Nichols. Mais devant interviewer les New Roses, je me pointe devant la Main 1 dès mon arrivée. Une plateforme a été installé devant la scène principale handicapant la mobilité des photographes, mais, bon… On va pas se plaindre, ce soir, c’est Aerosmith qui fait ses adieux. Reste que l’on doit faire le grand tour à chaque fois et que des kilomètres, on va en bouffer aujourd’hui, sous un nouveau soleil de plomb ! The New Roses, c’est pile ce que j’apprécie : du rock hard couillu, le genre qui évoque les Quireboys de Spike ; La prestation est simple et les sourires de sorties ; une bonne mise en jambes. Le groupe, éminemment sympathique nous offre une demi-heure de ce rock roots qui fait vibrer. Pas assez long à mon goût, mais ce n’est que partie remise !

The New Roses

Je vais voir ce qu’il se passe sous la Temple, où se produit Monolithe. Comment dire ? Ce que j’en vois et entends me fait fuir : je m’ennuie… C’est monotone, les gars ne bougent guère… Je m’offre donc une mini pause, car la suite du programme est chargée : non stop Main 1/Main 2 jusqu’à 22h15 minimum. On verra pour la suite.

Monolith

Encore un groupe pas assez haut sur l’affiche, The Dead Daisies ne bénéficie que de 30 toutes petites minutes pour séduire la foule qui se masse devant la scène. Exit donc les reprises habituelles (sauf Helker skelter), et place à l’efficacité. Long way to go, Going to Mexico, Make some noise, Mainline… vont droit au but et le public ne peut rester impassible. Faut dire que nous avons à faire à de vieux briscards qui voient leur following augmenter de jour en jour. Une des prestations les plus plaisantes du fest. Et les premières chaises roulantes commencent à survoler la foule (j’en ai compté pas moins de 9 rien que pour la journée du samedi !) Lors de l’interview que le groupe accorde à Metal Eyes, je demande s’il n’est pas frustrant de jouer aussi tôt. La réponse de John Corabi est simple : pas avec autant de monde présent.

The Dead Daisies

Les Nantais d’Ultra Vomit attirent également une foule conséquente. Le dernier album, l’inénarrable Panzer surprise ! est à l’honneur, et le quatuor est en forme. Voilà un groupe qui mérite le premier prix de la bonne humeur communicative. Très tôt, Fetus annonce « on va faire une Hell pêche : on va crier hellfest et vous levez les doigts et criez ». La consigne est traduite en anglais (« For those of you who don’t speak French… » jusqu’à ce qu’il renonce « on s’en fout ! ») et il commence à hurler « Download ! ». Un humour potache, pas graveleux (sauf l’ultra court Pipi vs. caca), un premier Wall of death, et un set qui donne simplement la banane. Vivement que l’on retrouve le groupe en salle, dès cet automne, semble-t-il.

Ultra Vomit

Phil Cambell est attendu, mais… Le guitariste de feu Motörhead and the Bastard Sons qui n’a publié qu’un Ep, donne un concert en demi-teinte. Il déambule tranquillement, sans chercher à vraiment convaincre le public. En plus, il ne prend guère de risque avec une setlist principalement composée de standards de Motörhead: seuls 2 titres sont issus de son récent Ep. Pas convainquant, pas convaincu…

Phil Campbell and the Bastard Sons

The Treatment en revanche fait tout pour gagner plus de voix en France. Les Anglais profite de l’opportunité qui leur a été proposée de remplacer Jorn « le lâcheur » pour venir séduire le public du Hellfest. L’énergie est au rendez-vous et la formation est particulièrement à l’aise sur une grande scène. Le chanteur (qui a perdu une dent lors du dernier concert du groupe à Paris – il s’en expliquera en interview dans l’après midi) aime la France et le fait bien sentir au public. Voilà encore un groupe qui mérite de grossir encore et encore !

The Treatment

La Main 1 serait-elle l’antre des déceptions du jour ? Ça fait pourtant quelques temps qu’on attend d’accueillir Ugly Kid Joe en festival, mais… Les américains semblent prendre le public un peu de haut, Whitfield Crane s’approchant pour déposer deux bouteilles d’eau sur l’avancée. Bien sûr, Neighbour et Everything about you remportent un franc succès, tout comme la reprise de Ace of spades ou celle de Cats in the cradle (qu’on réentendra sans doute ce soir…) mais est-ce suffisant. Pas la prestation la plus marquante du jour.

Ugly Kid Joe

En revanche, Pretty Maids veut en découdre et attrape son public à la gorge dès son arrivée sur scène. Red hot and heavy fait toujours autant d’effet, les deux piliers que sont Ronnie Atkins, le vocaliste très en voix, et Ken Hammer, guitariste en pleine forme, s’assurant de l’adhésion du public. Je n’ai encore jamais vu le groupe en salle, mais vivement que ça se fasse ! Dommage que l’interview prévue n’ai pu avoir lieu… A revoir !

Pretty Maids

Devant la main stage 1, Steel Panther attire une foule digne d’une tête d’affiche. Le groupe parodique ne change pas de recette, l’humour gras « bite couilles cul nichons » est toujours de rigueur, les pauses du narcissique Lexxi Foxx aussi, les filles massées devant la scène aussi, et le discours est le même : « Hellfest ! c’est vraiment le meilleur festival ! – C’est pas vrai, hier au Download tu disais que c’était eux »… « Oh, Satchel, je vois que tu as assorti ton pantalon à ta guitare »… Bref, on prend les mêmes, et on recommence. Ça marche, il y a du fun, du rock et des nichons, oui, mais combien de temps ça va durer ? Surprenez-nous, les gars !

Steel Panther

Initialement prévu au programme, Blackie Lawless a été contraint d’annuler la participation de W.A.S.P au Hellfest et a été remplacé au pied levé par Dee Snider. Pour moi, on y gagne au change. Le chanteur est en forme et raconteque c’est Blackie en personne qui lui a demandé de remplacer son groupe aujourd’hui. Alors, bien sûr, le chanteur ne cache pas sa satisfaction d’être de retour à peine un an après sa dernière venue poru le derneir concert français de Twisted Sister (dont il reprend pas moins de 3 titres) mêem si on le sent quelque peu frustré de n’avoir que peu de temps. Dee attire sur lui tous les regards, son groupe est vraiment au second plan, mais il fait le show. Après avoir rendu hommage à Dio et à Lemmy les années précédentes, et après un long discours sur les disparitions de géants du rock de plus en plus nombreuses, c’est à Chris Cornel que vont ses pensées avec une reprise de Soundgarden. Un show puissant et plein d’émotion aussi.

Dee Snider

Après l’annulation de sa venue en 2011, on n’espérait guère voir Trust au Hellfest. Pourtant, en pleine tournée intensive Au nom de la rage, le plus important et/ou influents des groupes français ne pouvait pas ne pas être accueilli en terres clissonaises. On connait les prises de positions de Bernie et certains, dans le public, craignent ce qu’il risque de se passer. Mais voilà : rien à signaler… Sauf que Bernie arrive en tenue de vacanciers (ok, le soleil est de la partie !), chemise à fleurs et bob vissé sur le crane (ne manquent que le bermuda et les claquettes), et la communication avec le public se limite à des « vous êtes extra » « Hellfest ! »… Le vocaliste est plutôt calme, son chant plus rock que ce que j’avais entendu à Blois (plus rap que rock) et le choix des titres se révèle efficace. Certains considèrent la prestation moyenne, d’autres la disent même décevante. Le calme apparent est-il le fait que le concert soit enregistré en vue d’un live, donc « pas de débordements » ? C’est possible, il faudra voir sur le reste de la tournée.

Trust

On n’a pas de surprises avec Saxon. Le groupe donne toujours le meilleur show possible et aujourd’hui ne fait pas exception. Bénéficiant d’un bon créneau et d’une belle heure de jeu (les précédents passages au Hellfest se firent largement avant 20h et, pire, la venue de Saxon l’an dernier à la première édition d’un grand festival anglais se fit à 15h30…), les Anglais déroulent un Best of retraçant bien leur carrière. Les classiques sont présents (à quelques exceptions près) et s’avèrent toujours aussi efficaces. Biff, en apercevant une nouvelle chaise rou/volante, s’exclame « Those are wheels of steel ! »… Puis comme à son habitude, il propose au public de choisir entre 4 morceaux avant d’annoncer qu’ils vont les jouer tous les 4. C’est juste, mais Princess of the night entre pile dans le temps imparti, et c’est tant mieux. Grande ou petite scène, Saxon reste impérial.

Saxon

On sait aussi à quoi s’attendre avec Airbourne. Dynamitant tout avec le désormais classique Ready to rock, les yeux restent rivés sur Joel O’Keeffe qui fait le show à lui seul, investissant dès que possible l’avancée scénique. On en oublierait presque de s’intéresser à Harri Harisson, le nouveau guitariste remplaçant David Roads depuis peu. Le gaillard fait le job, discrètement. La puissance d’Airbourne est bien son leader, et un répertoire imparable. Une énergie débordante dont on ne lasse pas.

Airbourne

Je rate Apocalyptica, sans réel regrets, le temps d’une pause alimentaire nécessaire. Puis, de retour devant la scène pour accueillir Aerosmith, un constat s’impose : il y a beaucoup de monde venu faire des adieux au flamboyant groupe américain. Cependant, on constate rapidement que la formation donne l’impression d’être en pilotage automatique. Les lights sont top, les poses habituelles et la setlist sans grande surprise. Il est sans doute temps, en effet, de prendre une retraite méritée. Sympatrique prestation sans plus.

Kreator devrait apporter plus de piment à cette fin de soirée, mais là encore, la fatigue, doublée des kilomètres parcourus, remporte la partie. Direction dodo pour préparer une dernière journée plus light mais intense quand même !

 

HELLFEST 2017: One hell of a ride (1ère partie)

Bravo ! Un immense BRAVO, même, à l’équipe du Hellfest pour cette nouvelle édition. Car, de nouveau, le festival a tenu toutes ses promesses.

Le site a été revu et amélioré. L’accueil des festivaliers, tout d’abord : il se fait sur le parvis et tous passent sous un immense ampli Marshall donnant accès au Hell city square, également repensé. Cette année, une scène accueille tout au long du festival Pastor Of Puppets, brass band de reprises de standards du metal. Juste derrière se trouve un ring qui verra quelques combats de catch s’y dérouler. Pour le reste, on retrouve les mêmes boutiques, ainsi que l’espace vente des pass 2018 pris d’assaut. Comme d’habitude, pourrait-on ajouter… L’espace presse et VIP se fait également sur ce même parvis, et nous en reparlerons. Ensuite, une fois sur le site, les main stages ont été repoussées de quelques mètres libérant ainsi plus de place afin de mieux circuler en période de tête d’affiche. Rappelez-vous le bordel que ce fut avec Rammstein l’an dernier… A condition de ne pas vendre plus de pass, le résultat est là : on est tassés, certes, mais on peut bouger. Mais, et il en faut bien un, il est impossible d’avancer à contre sens à l’angle de Temple et Altar lorsque le public quitte la Main 1. Après le show de Steel Panther, par exemple, la circulation ressemblait à celle de Rammstein, justement ! Nous en reparlerons aussi. Un point de satisfaction à noter : les tarifs de consommations restent très raisonnables. A 2,80 la demi pinte et 5,50 la pinte, on est très loin du vol organisé par l’autre festival la semaine précédente. Et tant mieux car la chaleur est annoncé très présente ce week-end. Une fois le festival terminé, les chiffres tombent : les records ont de nouveaux été battus, les festivaliers ayant, la chaleur aidant sans doute un peu, éclusé 350.000litres de bière, soit 1.400.000 demis. Faites le calcul : à 60.000 personnes/jour, cela représente un peu moins de 10 demis par personne et par jour !

 

Vendredi 16 juin 2017                                                                                                    

8h30, branle bas de combat ! Le temps d’une toilette minimale, d’un tour au super marché du coin histoire de récupérer le déjeuner (mayonnaise en plain soleil ? Meuh, non…) et de rejoindre le site, nous voici fins prêts. L’espace presse n’ouvre qu’à 10h00 et une bonne centaine de personnes s’impatiente. Il est 10h00 passées lorsque les agents de sécurité autorisent l’accès. Et une fois la palissade contournée, on comprend pourquoi on nous a retenus. L’effet est un immense « waow ! ». Adieu le décor post apocalyptique version Mad Max 2, bonjour la douceur de vivre. Une pelouse synthétique nous accueille, la circulation se fait dans des allées pavées.

A gauche la tente presse, mal située (juste à côté de la Valley, il est impossible de faire des interviews ou d’assister à une conférence de presse lors d’un concert… Sans doute serait-il judicieux, pour le confort des musiciens en interview et en conf de presse d’envisager de la déplacer à l’opposé du bar VIP, qui ferait ainsi office d’écran sonore), en face, en hauteur, un bâtiment de tôle ondulée, en U, qui s’avère être le bar, un bar à la déco pensée dans les moindres détails, domine un bassin qui deviendra bien vite la piscine des VIP. Derrière la tente presse, un traiteur s’est installé proposant des repas plus équilibré que la pizza, la tartine de l’enfer et autres plats proposés sur le site. Des apéros à base de foie gras et thon sont proposés, ainsi que des desserts variés tels des financiers au chocolat ou à la framboise… Pas très rock’n’roll tout ça, j’en conviens. Cependant, le lieu est plus que convivial et devient rapidement le point de rendez-vous de tous.

Le Hellfest, c’est aussi une question d’ambiance. L’esprit fraternel, la bonne humeur, les blagues potaches, les apéros à toute heure, les déguisements… Tout participe à faire de ce festival ce qu’il est : unique en son genre. Le spectacle est, certes, sur scène, il est également dans le public.

Mais le Hellfest, c’est avant tout des concerts. Impossible de prétendre assister, seul, à 160 shows. L’organisation se fait en amont et, clairement, je vais passer le plus clair de mon temps devant les mains stages, à de rares exceptions. Je file donc assister aux premiers concerts pendant que mon fils fait la queue pour le merchandising. De longues heures durant…

Pendant ce temps, j’assiste au concert d’ouverture donné par les Anglais d’Inglorious. Si on apprécie le hard rock aux sonorités 70’s, bluesy à la Whitesnake ou Deep Purple, c’est là qu’il faut être. Les 5 déploient une belle énergie et, comme ils le diront au cours de notre rencontre plus tard dans la journée, ne regrettent nullement de passer en premier. En effet, la foule est déjà dense, et réceptive. Inglorious remporte ce matin de nombreux suffrages.

Inglorious

Un petit tour sous la Altar histoire de prendre une première dose de death. Bon, les gruiks sanglants du grindcore de Putrid Offal, c’est vraiment pas mon truc. Mais visuellement, le groupe se donne bien, entre poches d’hémoglobine et look d’infirmier zombie… Fun, quoi.

Putrid Offal

Je retourne prendre position afin d’immortaliser le set de Sidilarsen. Rappelez-vous, plus tôt cette année, le groupe avait fait forte impression au Divan du Monde. Alors aujourd’hui, même si c’est en plain jour, il faut voir ce que les Toulousains donnent sur une grande scène. Et ça ne rate pas : la pêche est bien là, la hargne aussi. Le chant partagé est efficace, le groupe est en forme et son metal teinté de sonorités électro (mais pas trop) passe toujours aussi bien. Le public présent semble conquis. Il est grand temps que Sidi rencontre un succès à la hauteur de son talent.

Sidilarsen

Myrath semble très attendu par le public qui commence à se masser. Un décor scénique sobre évoque le Moyen Orient d’où le groupe est originaire. Comme sur sa tournée, c’est Jasmin qui introduit le concert avec la présence d’une danseuse avant que le groupe ne prenne tranquillement place et se lance avec Beleiver. Son dernier album est naturellement bien représenté, et le groupe, s’il est concentré, donne l’impression d’être à l’aise. Mais… pourquoi les musiciens ne s’approchent-ils pas plus, Et, aussi, pour quelle raison Zaher Zorgatti s’adresse-t-il parfois – régulièrement – au public de Clisson, France, en anglais ? Reste une jolie

Myrath

prestation qu’on aurait souhaitée plus longue.

 

Je reviens d’une interview tandis que Animals As Leaders termine son set. Dommage, j’ai dû rater quelque chose avec le trio instrumental (ou presque) qui évolue sans basse. Ce que j’entends est doux, bluesy et musical. A découvrir. Pour l’heure, c’est Evergrey qui est attendu. La foule se masse devant la  Main 2 et profite pleinement des quelque 7 morceaux du jour proposés par les Suédois. C’est court, mais intense. Le groupe de Tom S. Englund est en forme, et, même s’il ne s’agit pas de la plus marquante des prestations du jour, il y a du plaisir.

Evergrey

Avatar ! Avatar ! Avatar ! Le public s’impatiente et scande le nom du groupe suédois qui, on le sait, on le sent, va faire grosse impression. Le show est désormais parfaitement rôdé, les musiciens sont parfaitement en place et les mimiques, l’attitude scénique du chanteur fou font le job. Un show certes calibré au millimètre mais d’une efficacité incontestable. Encore un peu de travail et Avatar va exploser à la face du monde. Il est temps !

Avatar

Je n’ai pas encore eu l’opportunité de voir Queensrÿche live avec Todd La Torre au chant. Et pour ceux qui en doute, ce gars est un tueur. Une voix puissante au service d’un groupe au répertoire varié qui propose une setlist exemplaire bien que, encore une fois, trop courte. Operation : mindcrime et Empire sont bien représentés, judicieusement, pourrait-on dire, et Queensrÿche marque quelques jolis points. Éternel retour, à quand la restabilisation ?

Queensrÿche

Le programme de cette première journée a de quoi faire baver plus d’un, et les main stages voient défiler un paquet de bons shows depuis le début de la journée. Ça promet pour la suite, d’ailleurs ! Devin Townsend Project arrive et le maitre à penser demande si le public est prêt pour un peu de metal progressif du Canada. Tu m’étonnes ! La générosité, l’attitude, la technique, la parfaite maitrise de sa voix… un concert classieux et généreux comme on les aime.

Devin Townsend Project

Après avoir vu Powerwolf en salle, je me demande à quoi peut bien ressembler un concert des Allemands en plein air, qui plus est de jour. La recette est la même : gros décors, une réelle complicité avec le public, des « hou ! ha ! » entrainants et une belle communication, en français, souvent, avec le public aux anges qui ne se fait pas prier pour former cette « armée du heavy metal » annonçant Army of the night. Une petite dizaine de titres enflammées, d’un power metal efficace.

Powerwolf

On aime ou pas, mais visuellement, ça le fait toujours. Ministry investit les lieux avec son metal electro déjanté. Malheureusement, je ne peux techniquement rejoindre la Warzone où Tagada Jones défonce tout…. Rha, dommage, mais Ministry apporte son lot de décibels et de lumières aussi une bonne heure durant.

Ministry

Du black metal sur une main stage ? Ben oui, même si le jeu de scène se prête plus à une prestation en intérieur, Behemoth, au regard de sa notoriété actuelle, a tout sa place sur l’une des scènes principales de Clisson. Et, là encore, même si la musique n’est pas mon genre, le spectacle est à la hauteur des attentes. C’est simple, le public est tassé et réceptif. Une belle prestation.

Behemoth

Pas glop : toute la journée, le tableau de l’accès photographe indiquait que les photos de Rob Zombie et Deep Purple étaient sur liste. Sauf que non… Résultat, j’assiste de loin à ce « dernier » concert français d’une légende. Deep Purple ce soir est sobre et impérial. Le public semble ne pas encore connaitre le denier album en date dont sont extraits Time for Bedlam , The surprising et Birds of pery et réagit bien plus avec les grands classiques du groupe (Perfect strangers, Space truckin’ ou Smoke on the water parmi d’autres) ; Un concert sobre, certes, avec des papys moins mobiles que naguère – c’est naturel – mais un concert efficace.

Il y a quelques mois, François Blanc concluait son live report du concert parisien de Sabaton avec cette question : « mais jusqu’où iront-ils ? » On le comprend tant le spectacle était grand. Ce soir, Sabaton va encore plus loin. Les Suédois font encore mieux, et ce n’est pas peu dire. Oui, Joakim prend toujours la pause, ouil il est toujours aussi jovial (même si ce soir il doit faire un effort « surhumain : la fermer » !) et oui, le cirque est de sortie. La setlist est impeccable et le groupe nous réserve une surprise de taille : le chanteur explique que ceci et cela, et appelle simplement « Laurent ». le dit Laurent arrive sur scène – il s’agit de Laurent Fabisz, chanteur de Kryzees – qui vient remplacer Joakim sur Sweedish pagans. « Si un jour on m’avait dit que je jouerais ici ! » Tu m’étonnes, et le gaillard ‘en sort avec brio, maîtrisant correctement le public et la scène. Ovation normale à sa sortie, et Sabaton conclut son set sur le même rythme qu’il l’a entamé : tot feu tout flammes. Splendide !

Sabaton

Difficile, dans doute, de passer après un tel déluge, mais Rob Zombie ne s’en laisse pas compter. Même si la scène ne présente pas un décor à l’américaine, le chanteur cinéaste maquilleur déballe lui aussi du son et des lumières. Petit best of de ses œuvres en solo ou avec White Zombie (More human than human et Thunder kiss ’65), il prend même le temps de nous offrir deux reprises qu’il affectionne : School’s out (Alilce Cooper) et Blitzkrieg pop (The Ramones). Dragula vient conclure ce set une nouvelle fois haut en couleurs.

Rob Zombie

La Temple est plein comme un œuf pour accueillir Alestorm, arrivés tardivement sur le site. Les pirates ont pour mission de conclure une première journée riche en tout, et ils ne se gênent pas ! en bons pirates soiffards, ils mettent rapidement le bordel sous la tente et la fête bat son plein. Epique

Une première journée superbe et bien remplie. demain, le programme est encore plus chargé alors maintenant, place à un eu de sommeil mérité!

DOWNLOAD FESTIVAL PARIS: 3ème partie (fin)

 

Soyons honnêtes : l’affiche de cette troisième journée n’est pas celle qui m’attire le plus. Et elle commence mal : le RER est en retard… Ainsi, Leo Gun joue alors que nous récupérons nos accréditations (pourquoi perdre du temps en venant récupérer ces documents chaque jour ? Ne serait-il pas plus simple que les personnes venant 3 jours n’aient qu’un seul pass ? Je dis ça…)

Dimanche 11 juin 2017                                                                      

Je me rattrape sur Rise Of The North Star dont on parle beaucoup. Vraiment beaucoup. Trop, peut-être ? Je ne comprends simplement pas l’engouement actuel pour le groupe de Metal trip hop… Sans doute une question de génération, d’autres semblant apprécier. Reste que le groupe travaille une véritable image, inspirée par l’esprit manga, ainsi qu’une attitude scénique dont certains feraient bien de s’inspirer. Si je n’accroche pas à la musique, c’est visuel.

RISE OF THE NORTH STAR

Je ne connais pas Suicide Silence qui investit la Main 1 et décide d’aller découvrir live Coheed and Cambria qui joue sous la Warbird. Les cheveux détachés, Claudio Sanchez (chant et guitare) impressionne. Sa tignasse, qu’il rattache à plusieurs reprises est un artifice visuel qui ne fait pas d’ombre à la musique, sorte de stoner prog, et à une attitude scénique simple et efficace. Le groupe est en place et évolue tranquillement, séduisant un public assez nombreux. Un groupe plus que chaleureux à revoir sur scène lors d’une future tournée.

COHEED AND CAMBRIA

Une pause est nécessaire. Architects, ce n’est pas mon truc, et Lost Society joue trop loin. Ben oui, le courage peu aussi manquer par forte chaleur. D’autant plus lorsque le gros morceau du jour arrive. A 17h pétante, une ovation accueille Dave Lombardo qui est très attendu. Oui, c’est l’heure de Suicidal Tendencies, très attendu visiblement tant le public se masse devant la Main 1. Mike Muir, sur le côté de la scène fini de s’échauffer et dès les premières mesures de You can’t bring me down le public se déchaine. Le dernier album en date, World gone mad est à l’honneur, Muir sourit comme jamais, et le groupe affiche une forme extraordinaire. Une prestation énergique, doublée d’un mémorable solo de batterie.  A revoir en salle au plus tôt !

SUICIDAL TENDENCIES

C’est peu dire qu’à côté, même si la foule se masse devant la scène, Mastodon est moins attendu. Mais attire quand même une jolie foule. Le backdrop coloré, une scène en extérieur et de jour, le groupe est-il vraiment à sa place ? Eh bien, voir le quatuor non auréolé d’une lumière bleue change des habitudes et, en toute franchise, ce n’est pas pour déplaire à votre serviteur. Le chat partagé entre Brann Dailor, Brent Hinds et Troy Sanders est une des marques de fabrique du groupe qui y puise son identité. Et l’on parle de vrai partage. C’est carré, puissant et efficace, même si ‘lon peut regretter le manque de surprise ou d’étonnement. Une belle prestation d’un groupe dont on peut cependant attendre mieux.

MASTODON

Rancid est sans aucun doute le plus punk des groupes présents au Download. N’étant pas particulièrement familier avec la discographie du groupe, c’est par curiosité que je vais le découvrir. ET quelle claque ! C’est fun, engagé, enragé et l’attitude des musiciens, à la fois je m’en foutiste et « faites gaffe à moi » (le look du guitariste bien habillé et tatoué de partout en dit long), ben… ça le fait. Rebelle, certes, rock, certainement. Avec une disco presque longue comme un bras (de nain, euh, pardon, d’enfant – pas envie d’avoir un avocat sur le dos – n’exagérons rien !)c’est pour moi une jolie découverte.

RANCID

Attendus comme le (presque) messie, Prophets Of Rage, composé de membres de Rage Against The Machine, Audioslave, Cypress Hill et Public Enemy, le super groupe développe une énergie sans pareille dès son arrivée sur scène. Dès le premier titre, éponyme reprise de Public Enemy, on les sent tous à fond. Il y a un message à transmettre, politique ou musical, un engagement à prendre. Prophets Of Rage fait asseoir le public, le fait sauter et réagir, interagir, à tout instant. Qu’on soit ou non sensible à cette fusion de genres, force est de constater que la formation ne peut laisser indifférent. De l’énergie brute, entièrement partagée avec le public. Enorme.

L’affiche annonce une belle prestation. Green Day pourrait se contenter d’un simple concert, pourtant la bande de Billie Joe Armstsrong promet un concert de 2h30 ! C’est naturellement que la foule s’amasse devant la scène qui est investie dès 21h – en plein jour, donc – par un lapin rose qui vient faire le clown au son de Bohemian Rhapsody. Se dandiner, faire tomber sa queue et l’envoyer dans le public… Ce n’est que 10’ plus tard, au son de la BO du film Le bon, la brute et le truand  que la bande déboule. Know your enemy fait l’unanimité et dès ce premier titre, Green Day fait le show. C’est une habitude pour les Américains, mais faire monter une personne du public dès le premier morceau est explicite : on est là pour vous amuser, point ! Le public est dès le début mis à participation et ce dernier en prend plein les yeux : vous pensiez qu’Epica avait sorti le grand jeu en matière de pyro ? Ben, Green Day fait plus encore ! Pas loin d’un Rammstein, tant ça pète, flambe,  crame… C’est dire ! Fair Play, Billy Joe remercie tous les groupes qui ont joué ce dimanche (bon, pas tous, mais un bon nombre). Green Day, même s’ils sont parfaitement rôdés, font le show. Pas de surprises pour qui les a déjà vus sur cette tournée, belle claque pour les autres, nombreux ce soir. Une belle fin de festival, en somme.

Le Download propose une affiche éclectique faite pour attirer tout type de public. Cette seconde édition, si elle a offert de belles prestations, se termine avec un sentiment en demi-teinte. D’abord, le lieu : bien sûr, pour les locaux, c’est un accès facile (quoique…). Pour ceux qui dorment sur place, aussi. Mais pour les autres, Parisiens ou régionaux, il faut compter 3 heures de transport/marche… par jour. Un peu long, non ? Aussi, est-ce le fait qu’il ne s’agisse que de la seconde édition ou du manque de personnalité du terrain, l’ambiance générale reste neutre. Oui, on fait la fête, mais il n’y a pas cette folie qu’on retrouve ailleurs (suivez mon regard…) Certains viennent déguisés, on se rencontre, on crie, on saute, on slamme, mais rien de plus… Cependant, si l’on peut aussi déplorer le tarif des boissons, le temps de transport sus mentionné, on ne pourra qu’apprécier le fait de voir les scènes d’où qu’on se trouve. Au fait, pourquoi les écrans de la Main 2 sont-ils plus petits que ce de la 1???

Cette seconde édition arrive à son terme. Mais, comme beaucoup d’autre, contraints par les horaires des transports et les obligations du lendemain, lundi, nous décidons de ne pas assister à la fin du show. Direction le RER pour avoir une mauvaise surprise : le quai est bondé, la rame est courte et il faut attendre une bonne vingtaine de minutes que le train arrive. Autant dire que c’est une joyeuse foire qui envahit les wagons  à la recherche d’une place assise. ET, à peine les portes sont-elles fermées et le train parti qu’un énergumène annonce, d’une voix tonitruante :  « Bonsoir Mesdames et Messieurs ! Je suis Italien, et je viens d’assister à un festival, le Download (…) On peut pas finir la fête sans chanter une chanson ! » Et voila le gaillard qui entame un Bohemian Rhapsody repris en chœur par quelques centaines de passagers joyeux, heureux. Les passagers « lambdas » sont surpris et, si certains préféreraient être ailleurs, comprennent rapidement qu’il ne s’agit que de la fin d’une fête, joyeuse célébration de la vie. TOUT le monde participe, chante, frappe vitre et plafond en rythme, les chansons suivent, passant de Au clair de la Lune à Still loving you (superbement chanté par notre amie la licorne), en passant, naturellement, par We will rock you. Et cette fin, ce retour de Download, fut pour moi, le meilleur moment de tout le festival. Un moment d’anthologie, purement dantesque qu’on ne vit qu’une fois ! Rock n roll. J’en frémis encore en écrivant ces lignes, plus d’une semaine après.

La fête continue !

 

 

DOWNLOAD FESTIVAL PARIS – 2ème partie

Cette seconde journée est, de loin, la plus orientée metal, et aussi, la plus chargée et fréquentée. Cela se ressent dès notre arrivée, la densité du public n’ayant rien de commun avec celui de la veille. Ce samedi, les spectateurs sont de sortie. Tous les âges se côtoient, et la circulation est moins aisée. Il ne fait guère de doute que la tête d’affiche du jour, System Of A Down, attire beaucoup de monde, mais pas que. Une journée riche sous un soleil de plomb.

Samedi                                                                                                        

Black Foxxes ouvre le bal sur la Main 2 et délivre un set rock enjoué mais statique. Les musiciens ne semblent pas tout à fait à l’aise mais parviennent à délivrer quelques décharges sympathiques. Une agréable mise en bouche.

BLACK FOXXES

Far From Alaska m’est inconnu. C’est donc par curiosité que je me rends devant la Main 1 pour découvrir un groupe composé d’une chanteuse au look hippie accompagnée d’une claviériste qui se dandine en mini short , d’un guitariste filiforme et d’autres musiciens qui, ensemble, balancent un groove dansant et aussi haut en couleurs que le T-shirt de la chanteuse, au peps et au sourire communicatifs. Une très belle surprise qui, effectivement, est très éloignée de l’Alaska puisqu’originaire du Brésil. Sa musique sent le soleil et la diversité d’influences est plus qu’agréable.

FAR FROM ALASKA

Dès l’arrivée sur scène de Dez Fafara, le message est clair : ça va castagner ! Devil Driver ne fait en effet pas dans la demi-mesure et défonce tout. Le sourire narquois du chanteur en dit long sur sa satisfaction à voir le public slammer. Son regard, d’ailleurs, met le public au défi, et ce dernier ne se fait pas prier. Un set efficace, brutal qui est la première grosse baffe du festival.

DEVIL DRIVER

Attendu comme le messie, Alter Bridge réuni une foule immense face à la Main 1. Le groupe n’ayant pas pris la peine de revenir après l’annulation de la date prévue en début d’année au Zénith, l’attention est naturellement énorme et le public se masse devant la scène. Il est 16h, le soleil frappe fort, mais n’empêche pas cette foule de se démener au son des Come To life, Cry of Achilles ou Metalingus. Un grand moment, et une grande satisfaction pour tous.

ALTER BRIDGE

Les Suédois de Blues Pills semblent de plus en plus séduire le public hexagonal. Tant mieux, bien que le show repose quasi intégralement sur les épaules de la chanteuse Elin Larsson, véritable source d’énergie incapable de rester immobile. Contrairement à son complice guitariste, Dorian Sorriaux dont l’immobilisme est, quant à lui, est simplement pénible. Heureusement, le blues teinté de psyché du groupe fait le job, le public y est d’ailleurs réceptif, confirmant la position de gros espoir de Blues Pills.

BLUES PILLS

Epica également est attendu. Après le coup de maitre des Bataves  qui ont rempli le Zénith en début d’année, on n’est guère surpris de la densité de la foule. Sans Surprise, c’est, à peu de choses près, le même show qui est proposé : de la pyro en veux-tu en voilà (merci les gars de la sécu d’avoir demandé aux photographes d’avancer ! Que calor devant !), un clavier sur roulettes… Seuls les lights pyramide ne sont pas de la partie. La rousse Simone Simmons connait son job, et reste froide et cordiale à la fois, contrairement au duo de guitaristes toujours aussi souriants et efficaces, dont un Mark Jansen très communicatif. Un bon set, mais un set sans surprise.

EPICA

Autre scène, autre style : les taciturnes Anglais de Paradise Lost offrent un set dynamique une heure durant. La nouvelle coupe de Greg McIntosh surpend : les cheveux courts et décolorés accentuent la pâleur de son visage. Son treillis, aussi, dénote à côté des tenues noires de rigueur de ses comparses. Paradise Lost revisite ses grands tubes, se concentre naturellement sur son dernier opus tout en offrant de belles pépites d’époque, et le public semble simplement ravi. Les gars sont en forme, et c’est tant mieux. Maintenant, voir Paradise Lost évoluer en plein jour, c’est aussi un peu étrange…

PARADISE LOST

Grosse sensation à prévoir : la foule se masse devant la scène que vont bientôt envahir les Américains de Five Finger Death Punch. Démarrant sur les chapeaux de roues avec son plus gros hit à ce jour en France (Lift me up), le groupe prend la pause, et défonce tout. Mais… La tension retombe vite à cause du manque de communication d’Ivan avec le public. En effet, entre chaque chanson, les musiciens règlent leurs instruments de longues secondes durant, et, sans un mot, la pression retombe. C’est bien le seul point négatif de ce show pourtant puissant et haut en couleurs.

FIVE FINGER DEATH PUNCH

Je rate, presque malheureusement, le show de Slayer… « Presque » parce que les Américains semblent parcourir les festivals estivaux annuellement. Cachetonner, quoi. Alors, bon, une année sans ne me manquera guère, même si j’aurais bien voulu me faire un petit Angel of death ou un Dead skin mask

Reste, pour aujourd’hui, LA (grosse) tête d’affiche. Dernier album paru en 2005, pas d’actualité prévue… System Of A Down est sans aucun doute possible le groupe le plus attendu de ce festival. Alors, on peut s’attendre à du tout ou rien. Ce soir, SOAD offre tout. Point, barre. Une setlist impeccable, variée, puissante et mélodique, un Serge Tankian très en voix et un groupe dans une forme éblouissante. Sans parler d’un jeu de lumières sans pareil. Une longue, très longue attente mais un groupe qui offre une des plus belles prestations de tout le festival.  Un samedi au top à tous points de vue.