THE DEAD DAISIES live à Paris (avec The New Roses, le Trabendo, le 6 mai 2018)

Quelle soirée! Pas étonnant, avec une affiche réunissant deux des groupes à l’esprit des plus rock’n’roll du moment. Avant de retrouver The New Roses, découvert au Hellfest 2017, je rencontre une nouvelle fois, sous un radieux soleil, John Corabi pour une interview détendue que vous découvrirez bientôt.

A l’ouverture de la salle, le public découvre un stand  de merch richement fourni de vinyles et autres objets dont, pour les Dead Daisies, des pantoufles (!) et même un tour programme, objet devenu rarissime aujourd’hui…

 

La salle se rempli tranquillement et accueille les Allemands de The New Roses à 19h20, un poil plus tôt qu’annoncé. Le quatuor découvert le 17 juin dernier m’avait un peu laissé sur ma faim. Alors rater un instant de ce concert parisien, vous n’y pensez pas! Toujours aussi sympathiques, Timmy Rough et sa bande (allez un peu voir les pseudo des gars, vous allez rire, peut être) délivrent un set de 40′ simple et direct.

Souriants et grimaciers, les 4 ne sont jamais avares de sourires et clins d’œil au public et photographes, transformant cette prestation en un moment de rock joyeux. La simplicité reste toujours prometteuse et The New Roses mérite vraiment de franchir, au bout de 3 albums, un nouveau cap de reconnaissance. Les amoureux de rock’n’roll direct se doivent de soutenir ce groupe!

 

Une petite vingtaine de minutes plus tard, les lumières du Trabendo s’éteignent de nouveau. Il fait déjà une chaleur étouffante dans la salle, ce qui n’empêche nullement le public de se tasser devant la scène. The Dead Daisies arrive sobrement et balance Resurrected, premier titre extrait de son dernier album, le plus qu’efficace Burn it down. Ce sont d’ailleurs pas moins de 7 morceaux qui sont ce soir offerts au public, dont la reprise de Bitch que John Corabi est obligé de présenter en précisant qu’il s’agit d’un morceau « du plus grand groupe de rock du monde, The Rolling Stones! » Bitch reste en effet assez méconnu mais ce n’est pas une création originale!

Make some noise est également bien représenté avec 6 extraits. John Corabi, dandy hippie magnifique, est très en voix, et Marco Mendoza semble être son éternel complice, quand bien même il se voit rétorquer d’arrêter  » ou tu n’es plus mon frère! » Le pilote, David Lowy est quelque peu en retrait au début mais devient rapidement le maître de la scène, le capitaine de la troupe, tandis que Doug Aldrich, à la fois exubérant et simple, attire tous les regards.

Deen Castronovo aussi, le dernier arrivé de la bande changeante. Il offre même un solo de batterie comme on n’en a pas entendu depuis des lustres, original et efficace, prouvant, si besoin était, que nombreux sont ceux qui ont encore un bout de chemin à parcourir.

Chaleureux de bout en bout, The Dead Daisies offrent, comme à leur habitude, une prestation rock n roll, simple et efficace qui se conclue, comme toujours, par une séance dédicaces. Simplement, le succès aidant, le groupe est désormais obligé de limiter le temps et de sélectionner les fans à l’entré. Premier arrivés, premiers servis. Une belle conclusion à une superbe soirée!

BLAZE BAYLEY live à Orléans (Blue Devils, le 6 avril 2018)

Est-ce une bonne chose de transiter par un groupe comme Iron Maiden ? Blaze Bayley et sa bande investissent ce soir le Blue Devils à Orléans, un resto rock doté, au sous sol, d’une salle de concerts de 200 places environs. Comme il le rappellera en fin de concert, depuis son départ de la vierge de fer avec qui il n’a enregistré que 2 albums, Blaze a offert 10 disques à ses fans. Mais toujours l’ombre de la vierge de fer plane. Le nombre de T-shirts floqué Iron Maiden est impressionnant, et je suis même surpris de voir un fan vêtu d’un blouson « Trooper beer ». Comment, Blaze peut-il trouver son envergure si ses « fans » ne rapportent son histoire qu’à ses 4 années passées avec Steve Harris ? Il s’en est passé des choses depuis !

C’est un peu réducteur mais au final le gaillard est un forçat de la route et du studio. Il vient d’ailleurs de publier l’excellente dernière partie de sa trilogie qu’il vient défendre ce soir sur scène.

Pour commencer,  avec 45’ de retard, Luke Appleton, bassiste de Iced Earth, propose un set de metal acoustique. Seul sur scène avec sa guitare, une demi heure durant, il propose des extraits de son Ep How does it feel to be alive, dont 3 eyed crow, inspiré par la série Game of thrones, en alternance avec des morceaux revisités d’Iced Earth. Une démarche intéressante que le public apprécie.

Luke remercie à maintes reprises Blaze de l’avoir retenu pour cette tournée européenne de 37 dates et promet de revenir en France, en juin avec Iced Earth, pour un concert en tête d’affiche et un passage à votre « mighty festival », Hellfest. Une prestation sympa et une présence pas si surprenante quand on regarde le line up : le guitariste de Blaze, et son manager, sont également des Appleton…

Blaze Bayley semble ce soir en forme. C’est la troisième fois qu’il joue au Blue Devils, comme le rappellera en fin de soirée, pas peu fier, Hervé, le maître des lieux : 2 fois à Arras et pour la première fois ici, à Orléans.  Les musiciens montent sur scène vers 21h30, tournent le dos au public et Blaze me demande confirmation de la prononciation : « Owléans ? Orléans ! » avant de s’adresser, sans micro, au public « Orléans ! Orléans ! Le show n’a pas commencé ! Tu vois mon bonnet ? Tant que j’ai mon bonnet sur la tête, le show n’est pas commencé ! » hurle-t-il avant de se retourner et d’ôter ledit bonnet. « Maintenant, ça commence » scande-t-il, se retournant en affichant un sourire malicieux…

 

C’est sans surprise Redeemer qui annonce la couleur : ce premier extrait de The redemption of William Black semble déjà connu du public et le quatuor met les turbos en route, s’approchant au maximum du public. Blaze pose la main sur la moindre tête qui se trouve à sa portée, la secouant et la lâchant aussi sec. Tous les 4 sont peu avares de mimiques et grimaces, exagérant le trait tout en délivrant une interprétation remarquable et d’une réelle efficacité.

Rapidement, en début de set, Futureal rappelle le glorieux passé du chanteur, puis, en milieu de set, c’est Virus, nouvel extrait du répertoire maidenien de Blaze qui reçoit l’approbation du public. Personnellement, c’est l’un des morceaux que je trouve vraiment dispensables, l’un des rares qui m’ennuie… Direction une petite bière rapide avant de retrouver la troupe toujours aussi joyeuse.

A l’exception de ses débuts avec Wolfsbane, l’ensemble de la carrière de Blaze Bayley est passé en revue. Soit ce qu’il a pu enregistrer ces 20 dernières années, d’ailleurs, même s’il se concentre sur la trilogie Infinite entranglement. Et il en parle avec respect, de son parcours : « Il y a 20 ans, j’étais avec un superbe groupe appelé Iron Maiden. »  Vivas du public. « J’ai eu l’occasion de visiter plusieurs fois votre superbe pays. Et écrire des chansons avec Steve Harris est une expérience fantastique.  J’ai enregistré 2 albums avec eux. Depuis, j’en ai enregistré 10 autres ! » Une bonne dizaines d’albums en effet, qui, souvent, portent cette marque, cette touche du passage du chanteur dans l’un des plus gigantesques groupes de metal que la terre ait portés.

Forcément, Blaze ne peut faire l’impasse sur ce passé et annonce, non sans humour : « On aime revisiter des chansons du passé. Celle-ci est notre version, si vous l’appréciez, merci, sinon… rendez-moi service : allez boire plus que de raison pour oublier et ne pas en parler ! » The angel and the gambler est en effet relookée, avec brio, et le groupe est rejoint par Luke Appleton qui se saisit d’une seconde guitare. La chanson démarre de manière assez délirante, chaque musicien faisant son show et jouant des coudes pour être devant la scène au « désespoir » de Blaze qui, au fond de la scène, fait mine d’être en rogne,  pour monter en puissance et finir de manière explosive. C’est fun, pas sérieux et simplement rock n roll. Man on the edge, qui suit, est plus direct et proche de sa version originale, puissante et lourde.

Après A thousand years, Blaze annonce que « ça y est ! On a fini. On a fini notre travail ! Vous en voulez encore ? Alors ce que nous allons jouer maintenant, c’est cadeau ! Gratuit, pour vous ! Après le concert, venez nous voir, nous rencontrer au merch ! Ce n’est pas un Meet and greet qu’on fait payer, non, c’est gratuit, parce que c’est comme ça qu’on vous dit merci, parce qu’on vous aime ».  Deux derniers extraits, Infinite entranglement et Dark energy 256, viennent ainsi conclure une soirée fun, simple et chaleureuse offerte par un musicien et un groupe qui, tout simplement, continuent d’aimer ce qu’ils font.

Hervé monte sur scène pour remercier chacun des musiciens et le public auquel il annonce la suite du programme, invitant chacun à revenir. Vous trouverez d’ailleurs toutes les infos sur la programmation ici : http://www.bluedevils.fr/

 

 

Dernier concert de WILD DAWN: St Jean de Braye, le 31 mars 2018 (avec Irya et No One Is Innocent)

Il y a quelques semaines, Wild Dawn avait annoncé cesser ses activités et mettre un terme à sa carrière après un quatrième album et un ultime concert. C’est la salle des fêtes de Saint Jean de Braye, à côté d’Orléans, qui accueille la troupe, censée jouer entre Irya et la tête d’affiche annoncée No One Is Innocent. Pourtant, c’est bien Wild Dawn qui se retrouvera en tête d’affiche. La raison? Vous la découvrirez bientôt, au cours de l’interview que les gars aux chemises à carreaux ont accordée à Metal Eyes. Et elle est pour le moins surprenante…

C’est donc Irya qui ouvre les hostilités. Les Orléanais proposent un metalcore rugueux et leur concert est visuellement surprenant: le bassiste Djow a les pieds illuminés de bleu et le batteur, Cebrou, est vêtu d’un peignoir de boxeur. Les trois autres musiciens sont comme à la ville. Etonnant choix, selon moi, alors que les deux autres groupes de la soirée ont, à l’instar de nombreuses autres formations,  développé une identité visuelle.

Je n’ai jamais été sensible au metalcore. Trop rugueux, trop hurlé à mon goût, mais force est de reconnaître que le quintette est fougueux, même si les musiciens donnent l’impression de sauter un peu n’importe quand… Mais les 5 se donnent à fond tout au long de 40 minutes de leur set malheureusement mal éclairé mais bien mis en son.

 

La salle se remplit avec l’arrivée de No One Is Innocent qui débute un peu après 20h30 avec un Djihad puissant. Le nouvel album, Frankenstein, sorti la veille, est à l’honneur avec pas moins de 5 titres qui en sont extraits (La gloire du marché, Desperado, Les revenants, Frankenstein et Ali (king of the ring)) qui accompagnent les plus récents classiques du groupe que sont Silencio, Kids are on the run ou Nomenklatura.

Kemar et Shanka, comme à leur habitude, font des sauts de cabris attendus, et, même si Bertrand reste discret tout en venant régulièrement appuyer ses comparses en devant de scène, le groupe est dans une forme resplendissante. Une heure trente d’un concert à l’énergie communicative. Après avoir remarqué que ce soir toutes les générations sont présentes (« mais je vois beaucoup de cheveux gris »…) Kemar fait monter sur scène un fan, sexagénaire, qui termine navigant sur une armée de bras.

Puis, comme à son habitude, No One invite, sur 20 ans, le public à monter sur scène pour un joyeux bordel avant de conclure avec un rappel composé de Ali (King of the ring), et l’indispensable Charlie qui précède Chili. Si No One est en train de rôder sa tournée, il ne fait aucun doute que les Parisiens sont en forme et réservent de jolis moments à leurs publics à venir.

 

Le changement de plateau se fait rapidement et le public reste. Nombreux sont ceux, d’ailleurs, qui sont venus faire leurs adieux à Wild Dawn. Et si les locaux sont nombreux, certains sont venus d’aussi loin que la Bretagne pour assister à ce moment. Qui a vu les Orléanais live le sait: Wild Dawn sur scène c’est toujours la promesse de passer un grand moment, de vivre un concert explosif. Et le groupe a promis de tout donner ce soir.  En loge, un simple « on y est, les gars, 20 minutes! » me fait comprendre que ce soir sera vraiment particulier. Le quatuor a eu beau jouer au Metal corner du Hellfest, en ouverture de Gotthard, Grilschool Koritni et plein d’autres, a beau avoir sorti 3 albums d’un rock stoner et hard puissants et efficaces, le sort a empêché Wild Dawn de trouver son public et de percer.

Mais, peu importe. Si certains pensaient que le public se dissiperait après le passage de No One Is Innocent, il n’en est rien: lorsque les bûcherons arrivent, la salle est encore très remplie. Devenus tête d’affiche pour leur dernier concert (quasiment sold out, s’il vous plait, et le nombreux public encore présent prouve que ce n’est pas forcément – ou uniquement – pour No One qu’il est venu), Greg, Romain Alex et Morgan, toujours en chemises à carreaux (marque de fabrique proposée par, pas peu fier, votre serviteur autour d’une bière la veille du PMFF 2013) dévastent tout sur leur passage.

Parfaitement en place, occupant chaque centimètre carré de la scène, changeant de place à un rythme infernal, Wild Dawn sait ce que c’est que de tenir son public et développe une incroyable énergie qui dès le premier titre, Decay, fait comprendre à tous que ce soir, c’est grand soir.

Chaque album est exploré, même le dernier dont un titre est extrait (The Herd) qui accompagne à merveille les SAD, Plague of the century, Back on track, Bloody Jane’s shore ou autres indispensables Ain’t life grand et I’ve got the rock. Même si on l’aurait apprécié, il eut sans doute été malvenu, ou simplement ironique, pour Wild Dawn de nous jouer le traditionnel Now or never qui a ouvert nombre de concerts du gang…

Explosif, dantesque, énergique… Quel adjectif peut-il qualifier ce concert mémorable? « Garder le meilleur pour la fin » semble être le leitmotiv de la soirée. Au point que Wild Dawn s’offre même le luxe d’un rappel justifié et propose un Old School Machine pas joué live depuis… Bref, à soirée spéciale, concert plus spécial encore. Un de ceux dont on se souviendra. Une belle soirée, et sans doute l’un des meilleurs concerts de Wild Dawn auxquels j’ai pu assister.

Bravo, bon vent à tous les quatre et… Merci pour ces  dix années d’un rock n roll pur, dur et qui vient des tripes. Et pour ce concert d’adieux, véritable bouquet final d’un feu d’artifices.

La Wild Team

AVATAR live à Nîmes, le 21 mars 2018 (avec Old Kerry McKee et Hellzapoppin)

Elle est bien faite la vie, parfois. Envoyé en formation quelques jours à Nîmes, je regarde si des concerts sont prévus. Et bim! Avatar passe en ville la veille de mon départ! C’est sans hésiter que je m’organise pour retourner les voir, une semaine après la claque reçue à Paris.

La salle de la Paloma peut accueillir un peu plus de 1350 personnes, est située en périphérie nîmoise. La desserte par bus ne se fait que les soirs de spectacles, sur demande au chauffeur. Et, pour le retour, un bus unique, et gratuit, est prévu ces mêmes soirs, une demi heure après la fin du spectacle. Pratique pour qui n’est pas véhiculé.

En arrivant, je découvre une sorte d’ovni posé au milieu d’un vaste parvis. La Paloma est en réalité composée d’une « Graaande salle » sur deux niveaux: la scène, de grande taille, fait face à une fosse de 700 spectateurs debout surmontée d’un étage d’une capacité d’accueil d’environ 600 personnes. Un lieu suffisamment cosy pour pouvoir correctement voir le show quelle que soit sa place. Le fumeurs ne sont pas oubliés puisqu’un patio leur est réservé, équipé d’un bar et de tables, transformant ce lieu en un espace convivial pour tous. Bref, la Paloma est une salle qui donne envie de parler d’elle…

Comme à Paris – il n’y a d’ailleurs guère de modifications dans le spectacle de ce soir, l’affiche étant identique sur les dates européennes – le Suédois Old Kerry Mc Kee ouvre le bal. L’homme orchestre inspiré par Dylan, Baez ou Springsteen ouvre la soirée et séduit, durant les 20′ qui lui sont allouées, un public attentif et réceptif. Quelques problèmes d’accordage viennent cependant perturber son jeu, le forçant même à reprendre à zéro son dernier titre sans que cela ne lui nuise. Une performance sobre et douce.

Pour accéder au pit photo, il faut escalader les barrières. Ayant mis 3 jours à me remettre du freakshow présenté par Hellzapoppin, je passe, profitant de ce temps pour explorer la Paloma. Ce n’est que sur la fin que je reviens dans la salle observer le public et découvrir que la troupe rajoute un numéro: le sympathique nain est enfermé dans une camisole de force, attaché par les pieds et élevé dans les airs. Naturellement, il parvient à se libérer de l’étreinte maudite pour retrouver son entière liberté en moins de deux minutes. Si certains préfèrent sortir, le public semble dans l’ensemble aussi ravi que choqué, ce qui n’empêche pas, loin de là, les portables de fleurir pour immortaliser ces instants… (Ceux qui veulent voir des clichés sont invités à lire le report de Paris)

Avatar est, comme partout, semble-t-il attendu de pieds fermes. Il y a moins de personnes maquillées qu’à Paris, cependant le public fait savoir qu’il est présent. Et acclame Sa Royale Majesté lorsque son trône s’élève derrière la batterie. Si la setlist est identique, le discours de ce bouffon de Johannes (dans le sens historique du terme, amuseur du roi) varie quelque peu.

Toujours aussi fou, séducteur et sensuel, il remarque que c’est le premier concert d’Avatar à Nîmes. « Qui voit Avatar pour la première fois? » Une armée de bras se lève. « Qui nous a déjà vus? » Moins de bras. « Qui nous a vus en 2017? 2016? »… le compte a rebours s’arrête à 2014, pour sauter à 2006, avec aucun bras levé. « Normal, vous m’auriez menti… » » ajoute-t-il, taquin.

Avatar country, le superbe dernier album est naturellement à l’honneur, et la variété des chansons de ce soir fait plaisir. Comme ailleurs, Avatar alterne entre titres rugueux et hurlés et d’autres plus groovy, voire funky. Le chanteur n’oublie pas non plus de faire acclamer Old Keery McKee et Hellzapoppin, qui permet d’introduire Smells like a freakshow, « à la manière de Rob Halford, parce que j’adore Judas Priest! »

Vient alors le premier extrait que le public a découvert avant la sortie de l’album, A statue of the king, pour lequel tout le staff s’est vêtu de blanc, exception faite de sa majesté qui revêt une veste dorée. Chanson à l’issue de laquelle le Roi distribue avec une distante générosité quelques médiators tandis que le public scande des « Long live the king! »  Puis le très dansant Avatar country vient sonner comme un air de fin de concert. Le public danse et se dandine, tout sourires, pour mieux se déchaîner sur l’incontournable Hail the apocalypse, indispensable feu d’artifices final.

Avatar au complet vient alors saluer le public, le peuple de cette nouvelle contrée qu’on appelle Avatar, et, après qu’un valet soit venu la couronner et rhabiller, sa Majesté, quitte la scène, dignement. Le public en réclame encore, mais c’est bien la fin. Les lumières se rallument, la salle se vide. Nul doute que nos amis Suédois reviendront en ces lieux, le public ayant réservé un accueil digne de ce nom à Avatar qui lui a, comme à son habitude, offert un spectacle musicalement puissant et visuellement impeccable. Un futur géant.

Merci à Roger Weissier et la Paloma d’avoir rendu ce report possible.

AVATAR live à Paris, le Trianon (14 mars 2018)

Avatar country ayant marqué ce début d’année, Avatar a décidé de pousser son concept jusqu’au bout. C’est entouré de sa cour, de son bouffon et de saltimbanques divers que Sa Majesté Kungen pose ses flight cases en diverses villes. Ce soir, c’est le Trianon qui accueille le grand cirque, et rien que le stand de merch, à l’esprit médiéval, vaut le détour : une roue de la bonne fortune est installée à côté d’une roulotte qui fait office de stand.

En ouverture du concert de ce soir, le public découvre Old Kerry McKee, un homme orchestre mesurant pas loin de deux mètres et qui s’installe une vingtaine de minutes derrière une petite batterie, armé de sa guitare et d’un tambourin accroché à son pied gauche par une immense chaine… Le folk que propose le gaillard est doux et rock et évoque ici Dylan et là Bruce Springsteen. Sympathique mise en bouche appréciée du public. Ça, c’est la partie soft…

Pour l’amuser et le distraire, sa Majesté fait ensuite monter sur scène une troupe de véritables freaks. Un spectacle de monstres comme on en faisait en nos contrées voilà quelques siècles ou, plus récemment, au siècle dernier, aux Etats-Unis. Âmes sensible, s’abstenir, c’est un défilé éprouvant que nous propose Hellzapoppin : présentée par un Monsieur Loyal complètement déjanté, qui viendra jouer à s’enfoncer divers objets dans les narines (tournevis, capote, perceuse, un homme tronc qui marche avec ses mains, fait des acrobaties, saute sur du verre pillé précède un adepte de la maltraitance de son propre corps qui, aidé d’un personnage mi homme-mi femme, commence par attacher des poids à ses paupières, puis glisse un crochet dans son nez avant d’avaler divers types de lames.

Un nain se charge d’avaler un ballon de baudruche… Difficilement supportable, ce « spectacle » est émaillé des cris horrifiés d’un public qui ne s’attendait pas à cela et voit une bonne moitié des photographes, exceptionnellement autorisés à rester tout au long de la prestation, jeter l’éponge… Eprouvant, vous-dis-je.

Un vaste rideau aux couleurs rouge et or d’Avatar vient cacher la scène. Lorsque les lumières s’éteignent et que le rideau tombe, Tim Öhrström (guitare) et Henrick Sandelin (basse) prennent place autour de la batterie derrière laquelle apparaît, assise sur son trône qui s’élève dans les airs, sa Majesté Kungen, accueilli par son bouffon chanteur Johannes Eckeström.

Avec son logo qui flashe en fond de scène, avec ses éclairages et la folie générale de son univers, impossible de ne pas penser aux débuts de Kiss – et d’espérer un parcours aussi grandiose que celui des Américains. Avatar c’est peut-être la relève du spectacle à l’américaine, grandiose et démesuré qu’on attend, qui sait ? Chaque détail est pensé, jusqu’aux pieds de micros, installés à un système à bascule.

Puisant principalement dans sa plus récente discographie (Avatar country est naturellement grandement passé en revue, ainsi que Feathers and flesh et Hail the apocalypse, ravissant un public tout acquis. La force de la setlist n’est rien comparée à l’excellence d’une prestation en tout point remarquable : les lumières, extraordinaires accompagnent des musiciens qui se donnent, tous, à 200%. Là où certains profitent du concept de leur spectacle pour en dire le moins possible, Johannes se lâche sur la seconde moitié, complimentant le public, et remontant le temps. Ainsi, au fur et à mesure qu’il demande « qui nous as vus en 2016 ? 2015 ? 2006 ? », les réponses se font moins nombreuses. Normal, et ça dynamise d’autant plus le public, à fond et sixième homme de ce concert.

Le vocaliste propose même une démonstration de trombone juste après The king wants you, dans un esprit très forain. Johannes présente alors le premier morceau » qu’a écrit notre roi, le premier morceau qui ne craigne pas, en fait » avant de revenir dans une tenue évoquant la bête sans sa belle.

Après avoir tenu un joli discours sur le regard des autres pour présenter Smells like a freakshow, il continue avec un discours flatteur :  « Quand on donne autant de concerts, on a tendance à en oublier. Mais, Paris, je n’oublie pas ! Je me souviens de chaque concert que nous avons donné à Paris. Et je n’ai pas peur, jamais je n’aurais peur ! » avant de conclure avec un énorme Hail the apocalypse de circonstances…

Ce soir, Avatar a plus que marqué les esprits. Il s’impose comme l’un des meilleurs performers de sa génération. Il est temps de voir cette formation exploser et rencontrer le grand public. A revoir sans faute lors de son unique passage en festival en France, au Download Paris (pour ma part, j’irai les revoir dans une semaine àNimes, nouveau report à suivre !)

DESILLUSION, FURIES et PAINTED SIDE live à Orléans (Blue Devils, le 10 mars 2018)

C’est un soirée 100% heavy « vintage » que nous propose ce soir le Blue Devils. Une soirée, précisons le, organisée par l’association Burning Inside qui cherche à proposer des affiches de metal « traditionnel » (Hürlement et Tentation sont d’ailleurs prévus) et qui profite de la générosité d’Hervé, le gérant du Blue Devils, qui met gratuitement la salle de concert à disposition de l’asso. Je n’ai pas encore eu l’opportunité de retourner dans ce restaurant club de la place du Chatelêt, au centre ville d’Orléans, qui pourtant propose de belles affiches rock et heavy. Alors les copains de Furies venant et l’occasion faisant le larron, je me rends sur place pour découvrir ce lieu repensé et redécoré. Si la nourriture est chère, elle est de qualité. Les boissons, en revanche, sont offertes à des tarifs très raisonnables. Mais c’est bien la salle de concert qui m’a fait venir ce soir: toujours située en sous-sol, la scène a été repensée et agrandie: exit la verrière de l’escalier et la loge minuscule « back stage ». Exit les loges tout court d’ailleurs, puisque les musiciens se préparent dans le nouveau couloir qui doit servir d’évacuation. Les points forts, au delà de cette « grande scène », ce sont les lights et le son.

Ce soir, une petite centaine de personnes circulent tranquillement devant la scène, et les trois groupes se donnent à fond. La soirée commence avec les locaux de Painted Side, qui proposent un hard rock typé 80’s et, dans l’ensemble bien fait. Preuve du bon goût des musiciens, le chanteur arbore une veste légèrement patchée sur laquelle on distingue les noms de Whitesnake et Helloween, le bassiste a un look joliment travaillé et le guitariste semble, justement, rescapé de la période hair metal. Les quatre proposent un set d’une heure de hard rock bien ficelé, et sont totalement à l’aise sur scène, face à un public réceptif qui se dandine. La seule chose qui m’étonne est cette reprise d’Hysteria (Def Lerppard) suivie d’une ballade en fin de set. C’est un choix qui différencie ce groupe des autres. Une jolie découverte.

 

 

Furies semble attendu, preuve en est le nombre de T Shirts floqués du logo du groupe. Les Parisiens, dont la formation semble désormais totalement stabilisée (rappelons que Furies fut à l’origine un quintette, puis quartet 100% féminin et est désormais mixte à parité), investi une scène face à un public nombreux. Totalement investis dans leur heavy metal vintage, le groupe mené par Lynda Basstarde propose un set composé tant de ses classiques ( oui, on peut appeler ainsi les Furies attack, Prince of the middle East ou autre plus récent – figurant sur la cassette encore disponible, Unleash the Furies) que de classiques du metal – The hellion/Electric eye de Judas Priest et Sirtilège de Sortilège.

L’entente entre les 4 se traduit par une complicité scénique, grande force visuelle du quatuor. Si Sam Flash est expansif et toujours sourriant et Billy Laser plus concentré, les deux guitariste savent parfaitement remplir l’espace scénique, soutenir leur bassiste chanteuse et faire coucou à Zaza Báthory, qui s’acharne sur ses fûts.

Quelques soucis de retours émaillent ce set pourtant carré, qui permet à Furies de proposer un nouveau titre en français, Antidote, avant de continuer en beauté en proposant des titres efficaces et rentre dedans (Delision of daylight, Fire in the sky…) pour conclure sur le désormais incontorunable La guerrière, repris en chœur par une bonne partie du public présent. Une belle prestation, chaleureuse qui donne envie d’être encore plus rapidement au Hellfest pusiqu’on pourra y encourager Furies sur la Hellstage, à l’entré du Hell city square!

Place ensuite aux « anciens » de Désillusion. Changement de scène oblige, un peu de retard a été pris, mais rien de grave… Les Normands, auteurs de 3 puissants albums, débutent leur set devant un public épars, certains spectateurs étant remontés s’enfiler une bière. Ou deux, poussant Jimmy à battre le rappel, attirant plus de monde au sous-sol. La machine lancée permet ensuite à Yvon, facétieux, et Sébastien de se lancer dans des « concours » de grimace, prouvant la bonne humeur qui règne ce soir. C’est heureux, le groupe est tout autant complice et efficace que les autres formations. on est là pour s’amuser, et c’est bien ce qu’il se passe ce soir!

Lynda rejoint bientôt le groupe sur scène, dès le quatrième titre!, et partage le chant sur Fear of the dark. les choses sérieuse peuvent commencer? Désillusion déballe son artillerie lourde, ses classiques que sont vision d’apocalypse, Jack l’éventreur ou encore Metal influences. L’humour potache et le peu de sérieux transforment cette fin de soirée en grand moment!

Pour un retour en ces lieux, la surprise est plus qu’agréable, et c’est avec plaisir que je retournerai bientôt soutenir d’autres musiciens et groupe sur cette scène locale, une des rares à Orléans à pouvoir accueillir des groupes prometteurs au public encore peu nombreux dans de bonnes conditions. Une fort belle soirée, en somme!

 

 

ANVIL live à Paris! Le Trabendo, 25 février 2018 (avec Trance)

Voir un Zénith en petite configuration, on en a l’habitude, mais que le Trabendo, club de 700 places, décide de faire de même??? Sans doute le fait que la France entière soit en vacances – certains sont rentrés la veille, d’autres viennent de rejoindre les stations de sport d’hiver – explique-t-il qu’environs 300 personnes soient venues acclamer des miraculés. Trance, les Allemands à l’origine de Break out et Power infusion au début des 80’s, récemment reformés et Anvil qui donne ce soir son premier concert parisiens en… 4 décennies de carrière. 40 ans et pas un seul passage dans la capitale, chacun des concerts ayant dû, pour une raison ou une autre, être annulés. Et, pour l’avoir interviewé juste avant, je peux vous dire que Lips est loin de se décourager malgré la faible affluence. On a même l’impression que c’est le contraire tant le gaillard est remonté comme un ressort!

Trance, accompagné au chant du jeune Nick Hollman, bénéficie d’une demi-heure pour convaincre. Sans surprise, si le public, principalement des quinquas voire plus agés, est également familier avec le groupe formé en 1977 puisque Trance concurrençait directement Scorpions sur le terrain du heavy rock. Séparés puis revenus sous le nom de TranceMission au début des années 2000, Trance réapparaît récemment sous son nom d’origine et semble décidé à reconquérir son public, à qui il propose d’ailleurs un nouvel album, The loser strikes back. La voix puissante et haut perchée de Nickfait son effet, sa jeunesse dynamise la prestation – comme lorsqu’il décide de sauter sur les enceintes pour dominer, prudemment!, le public. Les anciens, Tommy Klein et Markus Berger donnent ce qu’ils peuvent, et l’apport d’Eddie St James, au look glam à souhait, est remarquable. Même si les Heavy metal queen, Break the chains et Looser sont interprétés à la perfection, je ne peux m’empêcher de trouver un sacré coup de vieux à ces compos qui marquèrent mon adolescence… Un prestation sympathique néanmoins, et suffisamment rare pour en profiter à fond.

A 20h30, la tête d’affiche Anvil ne se fait pas prier, d’autant que Lips a fini ses réglages sous les encouragements du public. Les lumières à peines éteintes, Rob Reiner s’installe derrière ses futs et lance la machine. Christ, dernier bassiste en date, se pose face au public tandis que Lips fait une rapide apparition sur la scène, le temps d’annoncer que « ça fait 40 putain d’années qu’on veut jouer ici! 40 ans et à chaque fois, nos concerts ont été annulés!  Pas ce soir! », scène qu’il quitte aussitôt pour réapparaître, quelques instants plus tard, au milieu du public. Phiphi s’en souviendra longtemps de ces minutes passées juste à côté du Canadien qui lance le set avec un March of the crabs qui donne le tempo de la soirée !

La suite mélange avec bonheur morceaux vintage  – à commencer par l’incontournable 666 -et titres plus récents (Doing what I want, This is 13, Bitch in the box…)souvenirs et humour, parmi lesquels Lips évoque ses soirées passées avec Lemmy, et l’imite, lors de la tournée Another perfect tour. Un long discours, mais fun, comme les grimaces dont ne sont avares ni Christ – il a vraiment la gueule de l’emploi, mais se révèle un bassiste exemplaire – ni Lips, jamais dernier à rigoler, même si tout est fait avec le plus grand soin.

Le solo de Free as the wind a l’air si facile et pourtant… Après On fire, Lips a une pensée hommage au producteur Chris Tsangarides, récemment disparu et qui avait notamment travaillé sur Metal on metal ou This is thirteen avant de revenir aux affaire et d’offrir un nouveau joli solo sur Mothra, solo effectué à l’aide – on le savait pourtant, je l’avais oublié, ce coup là! – à l’aide d’un vibromasseur! Les yeux pétillant de Lips en disent long sur son plaisir… Puis il se souvient d’Enfer magazine, souvenir qui ne rajeunit personne, avant d’attaquer Bitch in the box avant que Robb Reiner ne soit enfin mis à l’honneur avec son solo d’une incroyable efficacité sur Sweetie thing. Comme si ce dernier n’avait pas assez donné de double pédale, Anvil livre un Ego – qui parle de ceux qui ont une trop grande impressions d’eux mêmes – dantesque avant un Die for a lie sans doute moins percutant.

Incontournable du répertoire des Canadiens, Metal on metal voit le public mis à contribution version G.O, et sonne les rappels. Robb reste planqué derrière sa batterie et martèle un bord de tom, et Anvil nous propose deux dernières cartouches, Running et un version remaniée de Born to be wild. Pour son dépucelage parisien, et malgré une faible affluence, Anvil aura tout donné deux pleines heures durant. Une soirée mémorable qu’on espère voir rééditée bientôt!

Merci à Roger Wessier et Base prod d’avoir rendu ce live report possible.

ACCEPT live à Paris (l’Elysée Montmartre, le 1er février 2018)

On vit une époque formidable… La forme qu’affichent les anciens, les groupes à la carrière multi décennale est simplement bluffante. Je n’ai presque jamais été déçu par un concert d’Iron Maiden, Saxon ou Accept. Alors ces derniers de retour à Paris, dans un Elysée Montmartre qui célébrait en début de décennie leur résurrection, avec le chanteur Mark Tornillo en lieu et place de « l’indispensable » Udo Dirkschneider, eh ben… 9a ne se rate pas. J’arrive tôt à l’Elysée afin d’interviewer Night Demon, trio US qui ouvre ce soir pour les Germano Américains. Jarvis, le bassiste chanteur, a malheureusement la voix quelque peu enrouée, ce qui se ressentira sur la seconde moitié du set.

Losque le power trio – une configuration qui évoque le line-up de Raven ou Motörhead (un bassiste chanteur, un guitariste et un batteur) – monte sur scène, le public ne sait pas vraiment à quoi s’attendre. Night Demon est simplement habité de l’esprit de la NWOBHM et cela transpire tant dans sa musique qu’on sait que les amateurs du genre, nombreux ce soir, vont apprécier. Le groupe explore ses deux albums, faisiant une belle place à son petit dernier, Darkness remains, récemment réédité en format « expanded ». Les influences sont évidentes et l’on s’amuse de ce jeu de piste qui nous renvoit dans une époque qui continue d’en faire réver beaucoup. Maiden estde la partie (Maiden hell, facile), mais également Diamond Head ou, moins évident, Thin Lizzy dans les aspects les plus bluesy du combo. Le riff de Run for your life évoque ouvertement le Waisted de Def Leppard , période Pete Willis (sur son premier et superbe album, que le groupe a trop tendance à oublier, On through the night). Malheureusement, la voix de Jarvis commence à souffrir, et son chant devinet très limité… Un extrait de quelques mesures d’Overkill, en hommage à Fast Eddie récemment disparu, un final avec la venue d’une faucheuse qui rappelle quelques mascottes (Iron Maiden, Grave Digger ou Megadeth), et Night Demon s’en retourne backstage laissant un public ravi. Quelques couacs, mais un set efficace quinous a fait découvrir un groupe plus que sympathique.

Après une intrigante mais remarquée première partie de Sabaton l’an dernier, Peter Baltes et Wolf Hoffmann réinvestissent les planches avec bonheur. Accept fait en effet partie de ces groupes qui maîtrisent tant leur sujet qu’on sait ne pas pouvoir être décus par leur prestation. Même Mark Tornillo, habituellement silencieux entre deux chansons, est bavard ce soir. Les petits nouveaux ( le discret Uwe Lulis et le plus expansif Christopher Williams, respectivement guitariste et batteur) arrivés en 2015 sont parfaitement intégrés. On sent ce line-up particulièrement confiant et très enjoué: la complicité entre les musiciens fait plaisir à voir.

Sans surprise, Accept sort l’artillerie lourde dès le départ avec un décor militaire (à quand le retour des treillis? Non, je blague…), des fumigènes en pagaille et des lights irréprochables (enfin le retour des poursuites dans une salle moyenne!). En alternant titres speed et morceaux heavy, en piochant dans quelques raretés (Objection overruled est une belle surprise, notamment complété de ce duel entre les deux anciens – Wolf et Peter), en jouant avec un public tout acquis à sa cause, Accept prouve une nouvelle fois l’excellence de son professionnalisme. Il n’y a rien à redire, sauf ce petit écart qu’est l’interprétation en solo que fait maitre Wolf du Bolero de Ravel… Ce même Wolf Hoffmann ravi d’exhiber une collection de guitares toutes plus flashy les unes que les autres – on est au royaume des paillettes bleues et rouges! – est, comme à son habitude, le maitre des lieux.

Cependant, avec 5 titres d’affilée issus du dernier album (The rise of choas, Koolaid, No regrets, Analog man et The final journey), même si le groupe est là pour le défendre  (dont il aura présenté 6 titres sur 10), c’est peut-être beaucoup pour ceux qui ne connaissent pas The rise of chaos. Heureusement, c’est du lourd, et Accept a tout loisir de se concentrer sur ses classiques attendus (au hasard? Princess of the dawn, Balls to the wall, Restless and wild, Fast as a shark) ou ses morceaux les plus récents (Stalingrad, Shadow soldiers, Teutonic terror, Pandemic…), faisant la par belle à la période dorée que le groupe vit depuis son retour avec Tornillo.

Deux heures durant Accept séduit un public ravi avant que Mark ne lance un « Thank you Paris, we’ll see you at Hellfest ». Oui, Messieurs, le rendez-vous est noté et hors de question de rater ce rendez-vous avec l’un des derniers monstres sacrés du metal allemand!

DIRKSCHNEIDER live à Paris (La Machine du Moulin Rouge, le 13 décembre 2017)

Avec son projet Back to the roots qui propose de revenir « une dernière fois » sur les meilleures chansons qu’il a pu écrire en compagnie d ‘Accept, Udo Dirkschneider retrouve avec bonheur de nombreuses scènes mondiales. Paris en fait partie, et c’est un vrai plaisir que de pouvoir réécouter ces classiques parmi les classiques interprétés par leur chanteur originel, accompagné de ses compagnons d’UDO.

Rendez-vous est donc pris à la Machine du Moulin Rouge – l’ex-locomotive – pour une affiche 100% heavy metal vintage puisque le maître de cérémonie à convié les Anglais de Raven à venir ouvrir. Rares en France, une telle opportunité devrait attirer du monde, mais… Ce ne sont qu’environ 400 personnes qui se présentent, assez pour créer une bonne ambiance, trop peu au regard des artistes présents.

Raven déploie, comme d’habitude pour qui les a vu auparavant, une extraordinaire énergie. Et que l’on soit ou non fan de ce metal si particulier, du chant hallucinant de John Gallagher, surtout, on ne peut que reconnaître que le trio pête la forme; un détail, cependant, et pas des moindres: le batteur a changé. Malheureusement victime d’une crise cardiaque, Joe Hasselvander a dû jeter l’éponge. La tournée a tout de même pu être assurée grâce à la participation, des deux côtés de l’Atlantique, de différents batteurs venus spontanément donner un coup – de très nombreux coups – de baguettes. Raven a beau ne plus attirer autant qu’avant, son statut reste intact auprès des musiciens.

Le public présent dans la fosse ce soir ne peut qu’être épaté par l’énergie développé sur scène par les frangins Gallagher. John est toujours équipé de son micro mobile, lui permettant d’envahir, avec son frère la scène et d’aller voir le public partout. Sa voix est toujours aussi puissante et son chant hallucinant. Et cette collection de basses a de quoi impressionner! Mark, quant à lui, est parfaitement remis de l’accident qui, en 2001, a failli lui coûter ses jambes. Sans toutefois sauter comme un cabris, il se démène, courant dans tous les sens, grimaçant à l’envi tout en délivrant des parties de guitares d’une redoutable efficacité. La setlist, courte, propose des classiques tels que All for one, Hell patrol, ou Rock until you drop. Le groupe nous propose même une rareté qui n’aurait pu être jouée à certaines époques sans risquer de s’attirer les foudres. Mais « this is a fucked up world with fucked up politics », et Hung, drawn and quatered est parfaitement approprié.

Avant de terminer avec le dingue Crash bang wallop – un des morceaux qui valu à la musique de Raven le surnom d’Athletic rock – un mini medley est proposé avec un extrait du It’s a long way to the top (if you wanna rock n roll) dédié à Malcolm Young. La vie n’a pas été tous les jours facile avec Raven, et c’est bien dommage, car, malgré le poids des ans qui se fait visible, le groupe est toujours aussi pêchu.

Après une intro tribale, les musiciens de Dirkschneider entrent sur scène sur The beast inside. Le chanteur, lui, soigne son entrée. Sa voix rauque résonne et, lorsqu’enfin, il apparait, le public est aux anges. Le chanteur se pose devant la scène, agrippé à son micro, et recule régulièrement lors des aprties instrumentales, mettant en avant ses musiciens. Ces derniers se connaissent parfaitement puisque ce sont ceux qui l’accompagnent déjà au sein de UDO dont de vastes tentures annoncent le retour en 2018.

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Rapidement, un constat s’impose: Udo Dirkschneider s’est empâté, et il a du mal a se mouvoir. s’il n’a jamais été particulièrement mobile sur scène du temps d’Accept, ce soir, il bouge à peine. Certes, il vient faire l’accolade à ses gars, mais tranquillement. Eux, en revanche, semblent s’éclater comme des gamins (qu’ils sont, d’ailleurs) et profitent pleinement de chaque instant.

C’est donc la setlist qui vaut le détour. Bien sûr, il n’est pas possible de faire l’impasse sur les indispensables classiques que sont London leatherboys, Princess of the dawn, Breaker, Fast as a shark ou Metal Heart. Et bien que l’on puisse s’attendre à d’autres classiques, Dirkschneider préfère jouer la carte de la surprise avec de vraies raretés, celles qu’on a oublies, ou presque. Quel plaisir en réalité d’écouter Bulletproof, Slaves to metal, Another second to be, Protectors of terror, Stone evil ou XTC! Bien qu’ayant moins marqué l’histoire d’Accept, ces morceaux se révèlent simplement très efficaces. Udo a dû se faire plaisir en réexplorant son passé, en le redécouvrant, même, et propose là matière à un troisième volet de son projet Back to the roots – qui pourrait même se nommer Farewell accepted.

Le groupe est, de son côté parfaitement en place, aidé par un light show impeccable. Si les attaques frontales à 4 rapellent évidemment Accept, chacun dispose de son espace partagé, du soutien d’Udo et de son moment, ses moments d’expression en solo. L’histoire d’un groupe qui revisite celle d’un autre groupe, en somme.

Bien sûr, on aurait apprécié – plus que ça, même, Starlight, Burning, Restless and wild, Flesh rockin man, Up to the limit, Head over heels et/ou Loosers and winners et d’autres encore, mais ça ferait un show de 4 heures! Alors à ceux que j’ai entendu râler au bar disant qu’il s’agissait « d’une setlist de merde », je répond que non! C’est le concept même de cette tournée Back to the roots – A farewall to Accept   que de sortir de vieux titres d’Accept rarement ou jamais joués. Et le groupe s’est parfaitement approprié ce répertoire pas évident. Udo Dirkschneider aurait facilement pu capitaliser sur les classiques, il a préféré choisir le risque, et rien que pour ça, il mérite le respect.

 

Merci à Roger Wessier et Base prod d’avoir rendu ce report possible

ROYAL REPUBLIC live à Paris (le 2 décembre 2017 au Cabaret Sauvage)

 

Le Cabaret Sauvage affiche ce soir complet pour le second passage parisien des Suédois de Royal Republic. Et ce n’est que justice tant le quatuor met le feu à chacun de ses concerts.

En ouverture, Aaron Buchanan and The Cult Classics est un groupe anglais qui donne dans un rock puissant et tendu. Le chanteur, Aaron, est une pile électrique qui cherche à chauffer le public. Si, musicalement, il n’y a guère de nouveauté, le gaillard et son bassiste atteignent aisément cet objectif. Mais les deux guitariste, dont miss Buchanan – sa sœur, je crois, visage planqué sous un chapeau – restent assez statiques… Dommage, d’autant plus lorsque, en fin de set, le chanteur annonce – pas démago – que Paris est le meilleur public et qu’il demande à ce même public de s’approcher pour tenter quelque chose de jamais encore fait: Aaron, tel Frank Carter (il en a le look, pas encore les tatouages) marche sur le public qui tend les bras pour le porter… Rouler-bouler, retour sur scène, le gaillard s’est bien débrouillé, son groupe a offert une sympathique prestation amuse-gueule. Mais, honnêtement, avec ce qui arrive ensuite…

 

Les lumières s’éteignent alors que résonnent les premiers accords de When I see you dance with another. Royal Republic sur scène, c’est la garantie d’une ambiance du feu de diou. Sapés comme des princes, Adam et sa bande jouent face à un public déchaîné. Au point que les barrières crash, vraisemblablement non scellées, avancent, forçant un agent de sécu à les repousser. Seul… Pendant une heure trente, le groupe évolue sous de superbes lumières (comme quoi, même au Cabaret Sauvage c’est possible!) et toujours plein d’humour.

En introduisant Make love not war – je vous fait grâce de la fin du titre – Adam annonce avoir besoin d’un homme, français. « Quelqu’un qui s’appelle Gaston. Tu t’appelles Gaston? Toi? Non plus… » expliquant ce qu’est un Weekend man: « c’est ce qui te donne la force, plutôt que de boire une bière… d’en boire deux! Ce qui te fais aller au lit à 10h plutôt qu’à 9h »…  Il dédouane son groupe prétendant qu’aucun autre groupe n’écrit aussi lentement que RR. « Mais certaines chansons viennent naturellement. Celle-ci, par exemple, c’est moi qui l’ai écrite… Elle parle de… moi » et c’est parti pour un People say I’m over the top explosif.

Le groupe se fend d’une superbe version acoustique de Addictive, pile dans l’esprit de la soirée: variée, dansante, lumineuse – les éclairs qui entourent la batterie sont du plus bel effet – et surprenante car très crooner et dans l’esprit de Noël. Autre moment fort, alors que Jonas m’avouait en interview (que vous découvrirez la semaine prochaine) que le concert de la veille au Koko de Londres l’avait vu vivre sa pire expérience, il se retrouve plongé dans la même situation: Per lui tend ses baguettes, forçant le bassiste à s’asseoir sur le tabouret, s’empare d’une guitare tandis qu’Adam se saisit de la basse sur je ne sais plus quel titre… Bon, tant pis! C’est significatif de l’état d’esprit du quatuor qui puise on ne sait où cette énergie communicative.

Adam évoque ce moment, vers minuit, lorsque tes doigts ressentent ce besoin de heavy metal… Le public hurle son approbation et le chanteur offre le choix entre Iron Maiden et Metallica. La veille, à Londres, RR a interprété un extrait de Fear of the dark, ce soir, la clameur publique impose les horsemen. Va pour un rapide et efficace Battery, suivi du plus que fédérateur Roxanne de Police avant de conclure avec le méga funky rock Full steam spacemachine sur lequel le public continue de danser.

 

Bien sûr, ce n’est pas fini, Royal Republic revenant pour un gigantesque rappel de 5 (cinq!) titres dont une reprise de X qui sonne comme un message puisqu’il s’agit de I don’t wanna go out. Ben nous non plus, et on en reprendrait bien une dose! Baby vient pourtant mettre un terme à cette soirée simplement gigantesque, cette fête comme on en souhaite plus. Ça, c’est un concert de rock, dans les règles! Quelle soirée, mais quelle soirée!