ROYAL REPUBLIC: Live à Paris (l’Elysée Montmartre, le 10 décembre 2019)

En pleine période de grève des transports qui affecte surtout les Franciliens, je parviens avec patience à rallier la Gare du Nord avant de me rendre à pieds à l’Elysée Montmartre. Une vingtaine de minutes de marche pour retrouver Royal Republic que je dois interviewer avant le concert (interview à découvrir bientôt). Autant dire qu’une fois sur place, j’adopte le principe du « J’y suis, j’y reste ».

La salle se remplit lentement (la foule est encore en train de faire la queue au vestiaire, plus longue que jamais) alors que Blackout Problems entre en scène. Le quatuor allemand – que les fans ont déjà pu découvrir au Forum de Vauréal un gros mois plus tôt, toujours en ouverture de RR – propose un soft rock qui mèle entrain et énergie. Mario Radetski, le chanteur guitariste ne tarde d’ailleurs pas à se mettre le public dans la poche en sautant les barrières de sécurité, avec sa guitare et son pied de micro, pour s’installer au milieu du public qui l’entoure et n’a plus d’yeux que pour lui jusqu’à ce qu’il remonte sur scène.

Souriant et charmeur, le chanteur s’adresse au public dans un français qu’il préfère abandonner, et fait preuve de beaucoup d’humour (j’adore lorsqu’il demande à tout le monde de participer, « même vous là haut, au balcon! – vide, le balcon!) Et il sait s’y prendre, le gaillard lançant, juste avant Queen, des « One two » repris par le public avant d’y aller un français avec des « Un deux » qui ont pour écho « Un deux, un deux trois quatre » de tout un parterre qui saute et danse au rythme de ce rock aux sonorités électro.

Ce concert n’est que le second que donne le groupe à Paris. Mais Mario en profite pour annoncer que Blackout Problems y jouera bientôt en tête d’affiche, le 7 février, au 1999, une nouvelle salle située rue Saint Maur.

 

Si la queue au vestiaire commence à réduire, le public se tasse en salle. Les morceaux choisis pour l’entracte sont assez explicite de la soirée à venir, et en lien avec l’esprit du dernier album de Royal Republic, plus disco que jamais: tous les grands tubes disco des 70’s sont

de sortir, de Upside down à Born to be alive en passant par Heart of glass et Le freak)

Un peu avant l’heure, la salle est plongée dans le noir avec en guise d’intro You sexy thing (Hot Chocolate). Puis le quatre Suédois entrent en scène en costards rutilants,  avec un doublé du dernier album, Fireman & dancer suivi de Can’t fight the disco qui mettent tout le monde d’accord. Le public saute et commence à danser. Adam est en voix et prouvera toute la soirée être dans une forme resplendissante, Jonas très énergique, Hannes plus concentré se lâche avec plaisir, tandis que Per se la joue cool et puissant derrière son kit.

Sur Underwear, Adam fait venir un technicien sur scène pour lui envoyer sa guitare avant de rejoindre Per et s’empare d’une baguette. Les deux proposent ainsi un duo de batterie très sympathique. Puis c’est le trépidant Full steam spacemachine pour lequel Adam incite le public à sauter.

Jonas s’empare d’une guitare synthé pour proposer les intros de Jump (Van Halen) et de The final coutdown (Europe) avant un Stop movin’ irrésistible. Qui a déjà vu Royal Republic le sait, ce groupe donne au public autant que ce dernier lui envoie en retour. C’est un perpétuel échange d’énergie, de fun et de bonne humeur. Adam rapidement présente ses compagnons: « mon ami Jonas, à la basse. Mon ami Per. Et Hannes… l’ami de tout le monde! » avant de se présenter pour la première fois d’un simple : « My name is Adam ».

Tommy Gun débute avec l’invitation que lance Adam à une jeune femme à le rejoindre sur scène. Il lui passe sa guitare, elle joue, lui ne se chargeant que de plaquer les accords. Quelques pas de danse avant la question: « quel est ton nom?  – Julie! – Je m’appelle Adam! » un bisou, et au revoir!

Le concert touche à sa fin et Adam propose au public de faire semblant. Le message est en gros: « On va faire comme si on partait, parce que le rappel est obligatoire. Si on n’en fait pas, on n’est pas payés. Alors on s’en va, vous criez, on revient ». Dont acte, et un final de trois chansons suivie d’un Ace of spades (Motörhead) chanté par Jonas (ça fait drôle de voir un Lemmy aussi classe!) avant que Baby ne sonne la fin des festivités.

Comme à son habitude, le quatuor a transformé ce concert en une vraie fête. Le parterre est devenu dancefloor, et c’est un public heureux qui s’en retourne… faire la queue pour récupérer ses affaire au vestiaire. Un superbe dernier concert de 2019 pour Metal Eyes. Que 2020 nous en apporte plein des comme ça.

Merci à Live Nation et à Roger Wessier.

LAURA COX live à Paris (Trabendo, le 4 décembre 2019)

 

C’est avec quelques minutes de retard que j’arrive au Trabendo, ce qui me fait rater le début du concert de Zak Perry. L’homme, la tête couverte d’un chapeau, a la peau tannée et ridée, typique de celle qui a trop pris, volontairement ou non, le soleil du sud des USA. Et ce que j’entends semble confirmer cela: un blues rock chaleureux avec un chant qui vient des tripes et des bayous. Plus précisément, le gaillard vient du Missouri où il a fondé son groupe, The Beautiful Things, gang de rednecks au rock chaleureux à la Hogjaw, Whiskey Myers et autres revival 70’s.

Pendant 45′, le combo distille ce rock teinté de hard et de blues, chaleureux et plein de soleil. Pour autant – est-ce dû à mon arrivée tardive ? – je ne retiens pas un air plus qu’un autre. La musique de Zak donne envie de bouger, certes. Bien qu’ayant enregistré un Live sessions from France, il demande un peu maladroitement si « quelqu’un parle anglais ici? », genre, pas totalement faux, en France, on est un pays de bouseux qui ne parlent pas anglais…  Reste que ce concert fut une agréable mise en bouche.

Laura Cox, jeune prodige de la guitare qui sort son second album et célèbre ça en investissant le Trabendo? Le pari est risqué mais au regard de la foule présente ce soir, c’est un judicieux pari car la salle est quasi complète. La belle et son groupe mettent d’ailleurs les petits plats dans les grands. La batterie est montée sur une haute estrade entourée d’un mur d’amplis Orange et les lights semblent présents en nombre. Ce qui sera bientôt confirmé.

Démarrant avec le très direct Fire fire, premier extrait de son nouvel album, Laura se met en voix. C’est sans doute la seule faiblesse de la jeune chanteuse: une voix pas assez agressive. Pourtant, quelques passages (parmi d’autres, le final enragé de sa reprise de Fortunate son dont nous reparlerons) prouve qu’elle peut chanter de manière rauque et rock, et là ça le fait vraiment. Rapidement, elle va chercher le public, avec, au fil des minutes, de plus en plus d’aisance. « Trabendo! Vous êtes là? Je ne vous entends pas! » Elle fait aussi preuve d’humour et de dérision, critiquant parfois le manque de bruit et « menaçant » de partir. Précisant, en milieu de set, « qu’il manque deux choses: de la bière et des watts ». Et hop! Que je t’attrape une bouteille de bière…

Si le show fait la part belle à son nouvel album, le premier, Hard blues shot, est loin d’être oublié. Et l’on sourit avec Too nice for rock n roll que Laura va faire mentir tout au long du concert. D’abord avec sa reprise de Foxy lady de maître Hendrix, puis avec une flopée d’invités qui défilent. Et ça, c’est un signe… Serions-nous en train d’assister à la naissance d’une star? Le quatuor est d’abord rejoint par un guitariste (que je n’ai su identifier et dont le nom m’a échappé), avant d’être rejoint par la chanteuse Mary Reynaud (sur Just another game).

Puis c’est au tour de celui qui est devenu un ami d’intervenir. Nono, mythique guitariste de Trust arrive pour un Fortunate son qui démontre une belle complicité entre lui et la jeune femme. Enfin, dernier titre avant rappel, River voit la venue de l’excentrique Gaëlle Buswell.

Le rappel est composé de trois morceaux désormais emblématiques: Hard blues shot, Freaking out loud et la reprise de Heartbreaker (Pat Benatar) qui voit tous les intervenants du soir monter sur scène et sur les amplis pour offrir un final grandiose. C’est une belle, très belle, soirée que nous venons de vivre, une soirée pleine de très belles promesses. Un conseil: ne ratez pas Laura Cox en juin, au Hellfest. Ce sera une superbe mise en jambe pour ce week end!

Merci à Sabrina et Veryshow d’avoir rendu ce live report possible.

 

LES ROCKEURS ONT DU COEUR: The Lunatiks, Missing et So More Chains live

Samedi 30 novembre la salle des fêtes de Saint Jean de Braye, commune voisine d’Orléans dans le Loiret (dans le 45 pour ceux qui préfèrent) accueillait pour la cinquième année consécutive l’association Art’Scenik, organisatrice, au profit des Resto du cœur, de la soirée Les rockeurs ont du cœur. Le principe est simple: 3 groupes sont invités à donner un concert, les sessions inter-plateaux étant animées par un musicien ou un groupe. Et pour pouvoir pénétrer en ces lieux, le tarif est un simple jouet neuf. Une bonne action pour une bonne soirée.

Ce soir sont prévus dans la salle d’une capacité de 300 places The Lunatiks (pop rock), Missing (rock) et So More Chains (metal). Dans le hall, une estrade est installée qui accueille Swing K 1000, trio de jazz manouche qui fait… swinguer le public sur des reprises de tous horizons. Une variété de genres qui attire malheureusement à peine une centaine de personnes. Doit y avoir un truc à la télé…

Avec quelques minutes de retard, Mamirock, organisatrice de la soirée et, accessoirement chanteuse de Missing, ouvre le bal avec un rapide discours remerciant le public présent puis annonçant le premier groupe, The Lunatiks, « dont le chanteur vous sera peut-être familier. On l’a vu à la télé il y a peu ».  Nous y reviendrons.

Composé de 4 jeunes musiciens, The Lunatiks propose un rock pop moderne bien que teinté du son anglais des 60’s. Clem, le chanteur, se fait remarquer par sa voix douce et puissante à la fois, et propose une vaste palette montant souvent et aisément dans les aigus. Multi facettes, il joue également de la guitare et du piano et est accompagné à la guitare du discret et concentré Aymeric, de Lauraine à la batterie et d’un nouveau bassiste qui donne ce soir son premier concert avec le groupe, Max, dont le look de dandy excentrique à la Willy Deville ne passe pas inaperçu.

Du rock à la pop, le groupe séduit un public attentif, et malgré de nombreuses relance, Clem ne parvient pas à faire vraiment se rapprocher les gens de la scène. Il s’amuse des cordons fluo des bouchons d’oreilles, seule chose qui lui permette de distinguer le public. Un léger moment de froid se fait sentir lorsqu’il demande si quelqu’un l’a vu cette année à The Voice, télé-crochet auquel il a participé. Mais non, apparemment personne, ou presque, ne l’a vu. Dommage sans doute que l’asso n’ait pas fait plus de pub autour de ça, cela aurait sans doute attiré plus de gens, plus de jeunes… Reste que The Lunatiks a donné un premier concert des plus sympathiques et fait preuve d’entrain et d’originalité dans son propos musical.

 

Avec Missing, on passe à un autre propos. Le groupe mené par Mamirock (organisatrice de la soirée, faut-il le rappeler?), femme au caractère bien trempé et d’une joyeuseté à toute épreuve, propose un set de reprises d’horizons divers. La grande force de Missing, ce sera dit, est de ne pas proposer de simples reprises mais de retravailler avec soin et humour chacun des titres proposés.  Et pour le coup, il y a bon nombre de morceaux qui forment un véritable jeu de piste, qui sont un mystère jusqu’au déclic qui fait dire: « mais oui! c’est… »

En toute vraisemblance, le groupe est là uniquement pour s’amuser. La paire de guitariste David « le sérieux » et Philippe « le gai-luron » fait des merveilles, ce derniers virevoltant parfois tel Jannick Gers, va chercher le public dans la fosse quitte à se faire rappeler à l’ordre (« Philippe, non! On joue, là » lui lance David) et revenir tel un enfant pris sur le fait (« ben quoi, j’ai rien fait… »)

Le public est plus massif pour acclamer les Shout (Tears For Fears), Billie Jean (Michael Jackson), Hush (Deep Purple) et autre Another one bites the dust (Queen). une mention spéciale sera cependant portée à cette revisitation du titre phare de Eurythmics, Sweet dreams qui voit Mamirock habitée et démoniaque, donnant une toute autre interprétation, à la fois malsaine et très sexuelle, à ce hit intemporel. Là encore, Missing nous a offert une prestation enjouée, fun et entraînante. Un groupe à découvrir ou retrouver le 14 décembre au Blue Devil’s à Orléans.

 

En troisième position, nous découvrons So More Chains, un groupe de metal à la fois thrash et moderne formé il y a deux ans à peine. Le chant est partagé entre Thomas, guitariste et principal vocaliste au chant clair et puissant et Vincent, le batteur, qui apporte quelques touches extrêmes avec des growls bien sentis.

Si les musiciens sont concentrés, chacun fait le job, seul Michael, le guitariste lead, semble se donner à fond. Il reste encore des marques à trouver. La puissance des compos originales jouées rappelle parfois les débuts des grands du thrash, Metallica en tête et j’admire Bring the hell et son intro aux sonorités égyptiennes qui m’évoque The last in line de Dio.

 

Malheureusement, le concert se déroule devant un parterre au public épars. Les jeunes parents sont rentrés coucher les enfants, certains plus expérimentés restent et observent, apprécient. Les titres s’enchaînent avec comme un sentiment de manque de motivation, et c’est bien dommage, car les musiciens envoient sévère, et l’amateur de ce style que je suis se laisse facilement emporter par les riffs puissants et efficaces proposés une bonne heure durant.

Si l’on peut regretter le fait que plus de monde aurait pu se déplacer, on ne peut que saluer l’initiative d’Art’Scenik et la générosité tant des bénévoles de l’association que du public présent et, naturellement, des musiciens venus animer cette soirée. On remet ça dans un an, Mamirock?

 

AMON AMARTH live à Paris (Le Zénith, 25 novembre 2019)

C’est un Zénith en petite configuration qui accueille le grand – et brutal – cirque viking ce soir. Une affiche 100% suédoise (OK, exception faite d’une chanteuse et d’un batteur…) débarque à Paris: Hypocrisy, Arch Enemy et Amon Amarth! Mais avant de pénétrer dans ce si fameux Zénith du parc de la Villette, quelques surprises nous attendent: Peet se voit interdire de fumer une cigarette sur le gigantesque parvis en plein air tandis que je me vois invité à quitter ce même endroit où l’on n’a plus le droit de traîner et de passer un simple appel… Il y aura mieux plus tard: alors que Hypocrisy en est au milieu de son set, Phiphi, mon ami créateur du logo de Metal Eyes, erre dans les coursives pour entrer dans la salle. Les rideaux des escaliers tirés, on lui interdit le passage. Comme on le fait au théâtre une fois la pièce commencée. Pour un concert de rock, où l’on est censés circuler librement, les restrictions deviennent lourdingues…

Passons sur ce coup de gueule pour entrer dans le vif du sujet: c’est donc un Zénith en configuration presque minimaliste qui accueille quelques 3.000 spectateurs. La scène a même été très avancée, les crash également, laissant un vaste espace entre la scène et le public. Mais quand on voit la gueule des bouches à feu, on se dit que c’est sans doute mieux ainsi! Si Amon Amarth n’a pas, en France et hors festival, la capacité à remplir un Zénith, la salle s’avérera bientôt une nécessité au regard de la gigantesque production de ce soir (ce qui pourrait bien être le cas aussi pour Sabaton, en février prochain pour une autre affiche en jaune et bleu).

 

Trois groupes sont ce soir à l’affiche. Tout d’abord Hypocrisy qui ouvre les hostilités avec son death rageur. Mais voilà: la scène est noyée sous la fumée, une fumée blanche épaisse comme un mur qui empêche le public de voir une quelconque forme de spectacle. Et lorsqu’enfin ce fog se dissipe, on peu distinguer les musiciens dans une belle lumière verte ou d’un blanc sec, avant que le technicien appuie de nouveau longuement sur le bouton… Alors que dire? Superbe prestation? Loin d’être un fan invétéré du combo de Peter Tägtgren, je préfère écouter de loin, monter dans les gradins, constater qu’il y a encore beaucoup de brouillard. Une bière s’impose.

Le changement de plateau se fait en moins d’une demi-heure. Arch Enemy est visiblement très attendu. La scène est très métallique, des spots enfermés dans des cages du plus bel effet projettent l’ombre des barreaux qu’ils balayent. Michael Amott et sa bande sont certes concentrés mais sont en forme. Il faut dire que Paris, ils connaissent bien, que le public a toujours été présent. Si les regards se tournent naturellement vers Alissa White-Gulz, la vocaliste sait comment séduire ce public: comme elle le fait toujours, avec douceur et en français. Mais quelle puissance quand elle se met à growler!

Pendant près de 45′, le quintette dispense une setlist des plus puissantes superbement mise en lumières. Evidemment, certains titres résonnent plus que d’autres en ces heures troubles (War eternal, No gods, no masters) mais on se délecte des Ravenous, Under the black flag we march et autres Dead bury their dead. Arch Enemy nous a offert une très belle prestation, belle mise en bouche avant le gros morceau qui arrive!

Une immense toile noire cache la scène qu’on imagine déjà énorme. Casque ou drakkar en guise d’estrade de batterie, peu importe, ce qui compte ce soir c’est le spectacle que nous promet Amon Amarth. Cela fait maintenant plus de 3 ans que les Suédois n’ont pas mis les pieds dans notre ville, leur dernière venue remontant au 7 novembre 2016, au Casino de Paris. Le public est chaud lorsque la salle est une nouvelle fois plongée dans le noir et que retentissent les premiers couplets d’un certain Run to the hills.

Puis, dès que tombe le rideau, dès qu’apparaissent Olavi et sa bande, c’est une débauche d’énergie. De la lumière, du bruit et de la fureur pendant une heure trente. Le casque de viking sur lequel trône la batterie est désormais agrémenté de deux écrans en lieu et place des yeux. Ecrans qui permettent quelques judicieuses animations venant compléter celles in vivo. Car dès Runes to my memory, Amon plonge son public dans un enfer de flammes et de fumées, à commencer par le logo du groupe qui, disposé de chaque côté de la batterie, s’embrase et brûle tout au long de cet imparable titre. Puis les bouches à feu entrent en action. Disposées un peu partout sur scène, des colonnes de feu égaillent Death in fire.

Si chaque membre est à fond et connait parfaitement sa partition – on notera particulièrement l’acharnement de bûcheron de Jocke Wallgren, le « petit » dernier à la batterie – Johann Hegg semble particulièrement heureux d’être de retour dans notre capitale. Plus que ses paroles qui caressent le public dans le sens du poil (les classiques « Que c’est bon d’être enfin de retour à Paris! » et autre compliments), c’est son large sourire qui en dit le plus sur son état. Le chanteur semble aujourd’hui complètement remis de accident de cascade dont il avait été victime en mars dernier.

Il joue avec le public, grimpe sur son « ego riser » se prenant un jet de fumée en pleine face, ne laissant apparaître que ses bras. Et, prenant le public à contre pied, c’est en plein milieu du concert que les canons à confettis entrent en oeuvre, émaillant la salle de scintillements du plus bel effet.

Si visuellement le show est énorme, musicalement, le public est aussi servi. Naturellement orienté sur les deux derniers albums, les grands classiques d’Amon Amarth sont aussi, heureusement, de la partie. Une set list irrésistible qui résume bien la carrière des vikings. First kill, Deceiver of the gods, The way of the vikings, Guardians of Asgaard, tout y passe. Et le désormais incontournable Raise your horns annoncé par un Johann qui s’empare de sa corne « judicieusement » placée à sa ceinture, au cas où. On se doutera que ce titre ne fera plus partie de la setlist le jour où le chanteur n’en sera plus équipé…

Le rappel constitue peut-être le seul point de frustration du concert: après tant d’énergie, les deux titres finaux (The way of the vikings et Twilight of the thunder god)  passent à une vitesse folle. Mais une chose est certaine, c’est que ce soir Amon Amarth a livré un concert exemplaire et dantesque de bout en bout. Superbe soirée!

 

MICHAEL MONROE live à Paris (la Maroquinerie, le 29 octobre 2019)

Michael Monroe à Paris, c’est un événement rare. La Maroquinerie qui l’accueille aujourd’hui est plus que correctement remplie bien que n’affichant pas sold out. Peu importe, car ce soir, l’adage disant que les absents ont toujours tort va de nouveau prendre tout son sens. Et ceux qui croient que ce public n’est composé que d’anciens se trompent. De nombreux jeunes sont ce soir présents, certaines ayant découvert le phénomène au travers du biopic The Dirt. Et ont craqué pour le dandy électrique au point de vouloir le découvrir en vrai.

D’abord, ce sont les Polonais de Chemia qui ont pour mission de chauffer la salle. Si les trois premiers titres ne me parlent guère, la suite, rock et groovy, se fait plus intéressante. Il s’avère difficile pour les 5 de se déplacer sur cette petite scène qui voit la batterie reléguée côté cour. Un espace restreint qui n’empêche pas le chanteur Luke Drapala d’afficher un grand sourire.

Naturellement orienté sur le second album, Chemia démarre toutefois avec Bondage of love, extrait de son premier album de 2013. Et tout au long des 10 morceaux interprétés, le groupe réserve une ou deux exclu au public parisien, dont ce Gotta love me (si ma mémoire est juste) que Chemia joue pour la première fois. Et Luke de rajouter que, de toutes façons, c’est la première fois pour toutes les chansons puisqu’ils ne sont jamais encore venus à Paris. Un peu d’humour qui indique sans doute que l’homme est détendu.

Détendu et à sa place lorsqu’il invite, à deux reprises, le public à participer, d’une part sur le susmentionné Gotta love me puis, à la fin du set sur I love you so much au rythme ultra groovy, entraînant et dansant, auquel le public répond d’ailleurs très positivement. Sans révolutionner le genre, Chemia se révèle une agréable mise en bouche.

La salle rétrécit petit à petit. Ou plutôt, le public se fait plus dense. Les attentes sont nombreuses ce soir et l’on peut comprendre pourquoi. Son dernier passage « parisien » remonte au mois d’octobre 2015, au Forum de Vauréal. Et je me souviens avoir vu l’ex-leader d’Hanoi Rock à Cannes avec Hanoi Revisited, au début du millénaire. Rare, vous dit-on.

Entouré de son fidèle bassiste Samy Yaffa, Steve Conte à la guitare et Karl Rockfist à la batterie, Michael est également accompagné par Rich Jones venu remplacé Dregen rentré chez ses Backyard Babies. L’entrée sur scène voit le chanteur – à la voix ce soir quelque peu éraillée – attaquer, une sorte de lampion à son effigie à la main (certains voient un godemichet lumineux, je ne suis pas spécialiste…), avec 3 extraits de son dernier album en date, One man gang: le titre éponyme, le superbe Last train to Tokyo et Junk planet qui a tout du hit potentiel. Le public bouge, se serre et met rapidement une ambiance de feu.

Michael, lui, fait le show sans avoir besoin de se faire prier. Entre accessoires lumineux, chapeaux et casquettes diverses, le gaillard affiche une forme quasi olympique. Il saute,danse, transpire et n’hésite pas à faire le grand écart devant un public ébahi par tant d’énergie. Et ce n’est là qu’un début. S’emparant dès que possible d’un harmonica, il souffle également dans les bronche d’un superbe sax rouge.

Passant en revue l’ensemble de sa carrière – qui n’attend pas de pouvoir enfin écouter du Hanoi Rocks en live? – Michael Monroe s’inquiète, après ’78, pour deux jeunes filles écrasées par un public un peu trop enthousiaste : « Soyez sympa, ne poussez pas trop, ces deux jeunes filles n’arrivent pas à respirer ».  Et ça repart pour un tour dès Black ties and red tape.

Hard, rock, punk, avec Michael Monroe, tout y passe. Entre sa désormais riche carrière solo, son brillant passé avec Hanoi Rocks, son passage moins remarqué avec Demolition 23, il y a l’embarras du choix. Ce qui ne l’empêche nullement de proposer quelques reprises de classiques, tels que Up around the bend (Credence Clearwater Revival) ou une conclusion simplement superbe avec I feel alright (The Stooges).

En un peu plus d’une heure trente, le dandy dégingandé a conquis le public qui repart ravi et avec une promesse qu’on espère voir se concrétiser, celle d’un retour prochain en nos terres. En cette période de paris, peut-on rêver d’un passage à Clisson?

ULTRA VOMIT à Blois Chato’Do le 24 octobre 2019

Objectif: Paris le Zénith, le 2 novembre 2019. Oui, Ultra Vomit, depuis la sortie de son dernier album, Panzer surprise, il y a déjà 2 ans est un peu partout en odeur de sainteté. Les Nantais, non contents d’avoir cette même année 2017, fait se tordre quelque 50.000 personnes au Hellfest y ont commis l’été passé, en 2019, donc, le même méfait un peu plus haut sur l’affiche. Et les gars s’amusent depuis sur les routes hexagonales. Ce soir, ils investissent le Chateau’Do de Blois qui affiche complet depuis belle lurette. Les amateurs le savent: on ne va pas voir Ultra Vomit pour penser, on y va pour s’éclater et oublier – ils sont en cela champions – le quotidien.

Ce n’est sans doute qu’un détail, mais les vacances viennent de commencer, et, conséquence directe, en ce jeudi soir, ce sont des familles qui se déplacent. Les parents sont accompagnés de leurs enfants d’à peine 10 ans. Oui, Ultra Vomit est un groupe à l’humour potache qui attire désormais toutes les générations.

Ce soir, c’est Tom Dard qui est chargé d’ouvrir et de chauffer le public. Ce nom vous dit quelque chose? Il s’agit d’un ex-La Mano Negra qui s’est exilé en Amérique du sud après la séparation du groupe de Manu Chao. Ce soir, Tom est seul sur scène, accompagné de sa guitare, d’un écran vidéo et d’un ordinateur. Il chante un rock simple et direct, sympa mais… Le côté « seul sur scène » se transforme bientôt en frein. Coincé derrière son micro, le gaillard a du mal à faire se remuer le public, moyennement réceptif jusqu’au dernier morceau. Ça bouge un peu, poliment, mais il manque clairement quelque chose. Dommage…

 

Jamais avares de facéties, le show de Ultra Vomit démarre avant le début du concert. Planqué sous la capuche noire d’un sweat sur lequel est inscrit en gros le mot « Roadie », on devine rapidement que le road batterie n’est autre que Manard, le vrai batteur du groupe. Arrive ensuiteFlokos,  planqué dans le même costume et le visage barré de lunettes de soleil à la monture rouge. Mâchouillant exagérément et vulgairement son chewing gum, il teste sa guitare. Mais on le reconnait, ne serait-ce que par la crête qui dépasse de la capuche. Passé presque inaperçu, Matthieu Bausson fait de même avant que n’arrive, la démarche de diva en plus pour n’être pas remarqué, Fetus. Bref, les roadies ne sont autres que les musiciens qui se préparent avec la complicité du public. Ces réglages faits, Fetus lance avec une voix aiguë « C’est fini pour le test » et les quatre quittent la scène.

Un petit quart d’heure plus tard, une musique d’ascenceur retentit. L’écran de fond affiche un message qui se répète: « Mesdames et Messieurs, Veuillez patienter quelques instants. Les musiciens accordent leurs instruments » Musique d’ascenseur et message répété = le temps commence à se faire long. Enfin, les lumières s’éteignent. Le public exulte. Les lumières se rallument et musique+message reprennent.

Lorsqu’enfin arrivent les héros du jour sur fond de BO de Fort Boyard. Un peu de frime, un peu de poses, chacun récupère son instrument et c’est parti pour une bonne heure et demie de poilade et de rigolade. Même si on connait la formule, la recette fonctionne et fait du bien. Le concert est principalement axé autour de Panzer surprise, naturellement, interprété dans sa quasi intégralité. Mais au delà de la simple musique, ce sont les commentaires qui font de ce concert un moment à part.

Si la plupart des textes sont travaillés, on a parfois l’impression que les musiciens passnet leur temps à se chercher, dans la bonne humeur et la jovialité. Ainsi, la dispute entre Fetus et Manard, le chanteur ayant décidé de rebaptiser le batteur. Flokos s’en mêle, Manard semblant irrité, menaçant de quitter le plateau si ça continue… Mais il reste.

Les animations vidéo sont constantes, chaque morceau faisant l’objet d’un visuel spécifique. Les lumières et effets sont efficaces et simples (les jets de fumées remplacent une pyrotechnie sans doute interdite dans ce type de salle), les clins d’oeil permanents. Ultra Vomit, ce soir encore, s’amuse, tant avec le public qu’entre musiciens, d’ailleurs. Le groupe est rodé, les jeux de mots aussi, les musiciens en forme et prêts à affronter d’autres publics à travers le pays. Public qui repart immanquablement avec un sourire aussi large que faire se peut et une pêche d’enfer. Objectif: Paris le Zénith, on vous dit!

 

 

ORPHEUM BLACK et HYAENA live à Orléans – Blue Devils, le 10 octobre 2019

Le 31 mai 2018, à Saint Jean de Braye (45), j’assistais au dernier concert  de Wild Dawn qui jouait en tête d’affiche en lieu et place d’un No One Is Innocent se trouvant bien et à l’aise entre deux groupes. Depuis, quelques news sur Facebook d’un Romain offrant quelques démonstrations à la guitare, de retrouvailles avec Greg et d’autres musiciens dans le cadre d’un projet qui ne voit pas le jour.

Jusqu’à la naissance de cet Orpheum Black qui voit Greg (chant et guitare) et Romain (guitare) s’unir à Mélodie (chant et claviers), ex-No Sign Nothing (si je me souviens bien, elle tenait alors la guitare), qui avait croisé la route de Wild Dawn à quelques reprises. Ils sont rejoint par la section rythmique composée de l’ex bassiste de The Lunatiks, Gauthier, et du batteur Paskal. Ensemble, les 5 s’éloignent des influences ancestrales de chacun pour tenter de se forger une nouvelle identité sonore et visuelle.

Après une résidence à Blois, ce concert au Blue Devil’s d’Orléans est la première véritable représentation d’Orpheum Black en ses terres. Un test grandeur nature pour voir si le public répondra présent. Il semble bien que oui, car, en ce 10 octobre, hormis les familles de chacun, ce sont environ 150 spectateurs qui se retrouvent en ce temple du rock qu’est le Blue Devil’s. Si c’est le premier concert d’Orpheum Black dans cette salle, ce n’est pas la première fois que les musiciens jouent en ces lieux puisqu’ils y ont donnés plusieurs représentations à l’époque de l’Infrared.

A 21h, le groupe monte enfin sur scène. Adieu les chemise à carreaux qui faisait la particularité visuelle des bûcherons de Wild Dawn. Bonjour, cependant, la chemise noire ouverte sur un T-shirt blanc. Rien de tel que la sobriété. Seulement, au lieu de balancer directement un bon gros riff, le concert commence par un mauvais branchement… Montée de stress qui voit Greg, Romain, Mélo chercher d’où ça vient. Quelques minutes qui prennent fin. Le groupe se recentre et s’offre 50′ de plaisir avec un public présent et réceptif, qui se fait plus massif encore dès que résonnent les premières notes.

Dès ses premières notes, Romain se lâche. Habité par son jeu, il déploie une énergie sans pareille et maltraite sa guitare, tapant du pied, tournoyant, allant se coller à Mélodie, Greg, arpentant la (petite) scène de long en large. Le chant, ceux qui ont vu la première vidéo le savent, les autres le découvrent, est partagé entre la voix puissante de Greg et celle plus douce de Mélodie. Un choix qui permet d’offrir une plus large palette émotionnelle pour un rock qui se révèle rapidement plus progressif que purement hard.

D’ailleurs, Orpheum Black – c’est osé et courageux sur un premier concert, même si le répertoire n’est pas assez fourni pour ne proposer que du matériel original – offre au public une reprise de Untouchable d’Anathema. Pas le groupe le plus aisé à reprendre mais le toucher de Romain, léger et aérien, fait le job. Et si, au cours du concerts, quelques couacs et pains viennent perturber les musiciens, Greg a tôt fait de rappeler que c’est une première, rien de grave.

Et pour une première, Orpheum Black a su séduire son auditoire, démontrer être en capacité à sortir du carcan Wild Dawn (d’ailleurs Romain n’est pas descendu dans le public au cours de son solo comme il le faisait systématiquement naguère) et d’offrir un concert efficace et dynamique. Une affaire à suivre.

Le temps de changer le plateau, ce sont d’autres Orléanais qui investissent la scène. La tête d’affiche de ce soir a beau être plus ancienne (le groupe s’est formé en 2010), Hyaena semble attirer moins de monde que sa première partie. Bien que la salle se remplisse de nouveau dès les premiers accords et hurlements du chanteurs, on circule assez facilement dans la fosse.

Hyaena propose un metal hard core assez technique. Peut-on pour autant parler de hard core progressif? On pourrait, teinté de death, de hard core et autres styles extrêmes. Nathan, le bassiste qui évolue pieds nus, exhibe une belle 6 cordes. Il est le seul dont le look attire, avec le chauve batteur Christophe, les autres étant ce soir vêtus comme à la ville. Rien de visuellement marquant, donc. Les guitaristes sont très concentrés sur leur jeu, et le résultat s’en fait sentir: il y a un manque de partage, de complicité avec les gens présents. Un peu plus de spontanéité serait à ce stade bienvenue.

 

Vocalement, le style de Kevin, le nouveau chanteur, est extrême. Lui n’hésite pas à chercher le public, et s’adresse à ceux présents: « Vous êtes prêts pour la bagarre? Orléans, vous êtes prêts à retourner le Blue Devils? » Oui, mais la salle est-elle suffisamment remplie pour cela?

Je n’ai jamais, à quelques exceptions près, aimé le chant hurlé, grunté, le vocaux gutturaux. Le death n’est pas mon truc. Même si le groupe est présent pou présenter son nouvel album, Poison pen, je ne parviens pas à accrocher. Je remonte donc prendre l’air, constate que du monde s’abreuve au bar et en terrasse. Le connaisseurs et amateurs restent en bas, profitant de ce concert. Clairement, le public est ce soir venu découvrir Orpheum Black. Chose faite, il a déserté la salle au détriment de Hyeana. Un tel plateau, en semaine, se révèle à double tranchant. Tant mieux pour les uns, tant pis pour les autres…

 

BLAZE BAYLEY Live à Orléans – Blue Devil’s, le 2 octobre 2019 (avec Absolva)

Blaze Bayley et le Blue Devil’s, c’est une longue histoire: voici 5 fois que le propriétaire des lieux accueille celui que tout le monde connait pour être l’ex chanteur d’Iron Maiden. Cette amitié entre Hervé et Blaze remonte au temps d’Arras, lieu du premier Blue Devil’s. Depuis, le club a trouvé refuge à Orléans, et Blaze y pose ses valises pour la seconde fois.

Cette année, le chanteur célèbre le 25ème anniversaire de son intégration au sein de la vierge de fer. Sa tournée est donc axée autour des deux albums qu’il a enregistré avec la bande de Steve Harris. Les connaisseurs sont ravis de pouvoir écouter de nouveau des titres plus – ou presque plus – joués en concert par Iron Maiden. Et pourtant, The X-factor et Virtual XI regorgent de pépites…

Ce soir, ce sont les Anglais d’Absolva qui ouvrent pour Blaze. On connait déjà les musiciens puisque, au delà de Luke Appleton qui sévit au sein de Iced Earth, ce sont eux qui, l’an dernier, accompagnaient le chanteur (euh… Luke ouvrait déjà pour lui en solo et en acoustique…) Et qui ce soir l’accompagnent de nouveau, donnant ainsi 2 concerts. Economique pour l’hébergement, cette formule!

Reste que ce soir, un peu moins de 200 fans se sont donné rendez-vous au Blue Devil’s. Absolva ouvre le bal devant un parterre dégarni, qui, toutefois, se remplira rapidement dès les premiers riffs accrocheurs. Le groupe propose un heavy metal traditionnel, piochant du côté de Judas Priest et de, tiens donc?, Iron Maiden, et lorgne parfois vers le thrash. C’est carré, bien fichu et le quatuor semble, tout au long de ces 45′, prendre son pied.

Chris Appleton (chant et guitare) harangue le public avec des « Scream for me Orléans! » qui sonnent un brin familier. Ces références sont cependant émaillées de touches originales transformant ce concert en une agréable découverte, Absolva ayant une réelle personnalité qui s’affirme titre après titre. En milieu de set, le groupe ralenti le tempo avec un long instrumental aérien, presque prog et salué comme il se doit par le public.

Le temps de quelques rafistolages, Luke rappelle que Absolva enregistre actuellement son 5ème album, avant que son frère ne reprenne la parole pour remercier Hervé qui les a toujours bien accueillis. Le groupe termine avec un Never back down explosif et rentre dedans.

 

Quinze minutes après, Martin McNee, le batteur, qui a changé de T-Shirt pour rappeler qui joue maintenant, reprend place derrière ses fûts, rejoint par ses camarades. Dos tourné au public, les premiers rangs peuvent entendre Blaze Bayley hurler un « ah! Shut up! » qui a le mérite de faire rire et réagir les fans. Le thème de la soirée est clair et l’on n’a donc aucune surprise à écouter une setlist exclusivement maidenienne. Cependant il conserve son attitude avec le public, restant très proche, attrapant qui par la tête tel un prêcheur fou, dont il a d’ailleurs le regard, qui d’autre par la main.

Très en forme, le chanteur est tout autant pédagogue, expliquant lentement au public toute l’admiration qu’il garde pour Iron Maiden, tout ce qu’il a pu apprendre et découvrir au contact du groupe. Le respect est réel, et le gaillard n’a aucune animosité envers ses anciens compagnons de route.

Plein d’humour, il raconte la genèse de Two worlds collide, explique avoir réarrangé certains titres pour mieux coller à ce qu’il est aujourd’hui. « Si vous détestez la version de la chanson qui vient… » et il place un index sur sa bouche. « Mais si vous l’aimez, alors allez le dire à la terre entière! » introduit donc  The angel and the gambler et franchement… ça vaut vraiment le détour. Prenez le temps d’y jeter une oreille curieuse, c’est une seconde jeunesse que lui offre Blaze.

Respectueux de son public, Blaze, debout au milieu des fans, rappelle que ce ne sont pas les labels qui le font vivre. C’est bien grace aux fans qu’il est toujours là, à chacun des fans. « Merci beaucoup mes amis » s’exclame-t-il en français, un large sourire aux lèvres, avant de rappeler qu’il y a encore quelques concerts commémoratifs qui le mèneront jusqu’à la fin de l’année, et que 2020 le verra se consacrer de nouveau à sa carrière solo, carrière qui compte déjà 11 albums.

Le concert se termine avec la chanson qui, habituellement introduit les concerts de la vierge de fer, Doctor Doctor de UFO et Blaze, après avoir remercié les fans, file s’installer au stand de merch pour signer tous les autographes qui lui sont demandés et prendre la pause avec chacun de ses fans qui le lui demande. Les autres membres du groupe font de même, répartis dans la salle et discutant avec le public. Une belle conclusion à une soirée comme on voudrait en vivre plus.

 

Festival du PAYS DE BIERE: Louis Bertignac, Manu Lanvin et Clara live

Ce 21 septembre, dernier jour de l’été, aura souri au Festival du Pays de Bière. Pour sa 18ème édition, c’est un soleil plus que radieux qui accueille bénévoles, spectateurs et musiciens et éclaire le stade de Perthes en Gâtinais (77). Il fait chaud, 29°, alors que la veille n’affichait que 22°, et que le lendemain, c’est une rechute doublée de pluie que la météo prévoit. Mais en ce samedi, tout est réuni pour transformer cette journée que les locaux connaissent bien en une vraie fête. Lire la suite

Festival UN AUTRE MONDE (Orléans, parc Pasteur, le 30 août 2019)

L’association Défi fête 30 années d’existence et de militantisme en organisant une nouvelle édition du festival Un autre monde pendant 4 jours. Si les deux premiers – mercredi 28 et jeudi 29 août – sont consacrés à des apéros concerts, je me rends au Parc Pasteur pour cette soirée du vendredi qui accueille, sur deux scènes, 4 groupes. Notons également qu’une tente entière est consacrée à l’historique de l’association, ce qui permet de voir le travail énorme fait en faveur des jeunes orléanais, que les activités proposées soient locales ou extérieures. Un immense bravo à toute l’équipe pour son engagement sans failles.

Le parc Pasteur est situé à deux pas du centre ville d’Orléans, et le public présent est varié, familial, amateur de musique ou simplement venu passer un moment convivial dans une ambiance festive. Et en ce dernier week end avant la rentrée scolaire, non seulement les enfants sont en nombre mais un autre invité est bien présent: le soleil! Notons également un point négatif: si les chiens sont les bienvenus, d’autant plus que la musique n’est pas trop forte sur la majeure partie du terrain, certains traînent leurs animaux devant les scènes où, là, le volume n’est pas adapté pour nos amis quadrupèdes qui souffrent et se demandent ce qu’ils font là… Plus encore à la nuit tombée lorsqu’on ne les distingue plus et qu’ils se font bousculer ou marcher dessus. Chacun sa place…

A 19h30, Bérangère, une des membres de l’asso monte sur scène pour une annonce et rappelle que Defi fête ses 30 ans d’existence. Elle laisse la parole à Soufiane Sankhon, adjoint de la mairie d’Orléans, qui rappelle l’implication de Defi et le soutient de la mairie depuis des années, et pour longtemps encore. Puis, toute l’équipe s’en va sabrer le champagne avant que ne débutent les festivités musicales.

Sur la scène Est, la plus petite, le Gobson Groove Gang se lance un peu après 19h30. Pendant une heure, le groupe distille son reggae afro ultra groovy et rythmé. Il y a parfois des intonations de Bernard Lavilliers dans les airs proposés, et c’est assez sympathique. Le public, très réceptif, grandit rapidement et gigote tranquillement. La formation orléanaise s’est formée au studio Gobson avant de se séparer. Et de se reformer, avec visiblement beaucoup de plaisir, pour cet anniversaire. A la fin du set, Bérangère se remémore avoir vu, 30 ans plus tôt, l’un des guitaristes franchir la porte du studio de l’association disant « vouloir faire de la musique mais je sais pas comment faire »…  » Ben, entre » lui répondit-elle. Felwine Starr est aujourd’hui une vedette reconnue au Sénégal d’où il est revenu, lui aussi pour cet événement.

 

Le temps de rejoindre la scène Ouest (soit une grosse minute à pieds), alors que la nuit tombe, le public se prépare à accueillir Christian Olivier, figure des emblématiques Têtes Raides dont la carrière solo vaut vraiment le détour. Annoncé avec un temps de jeu d’1h30, la petite troupe jouera finalement pas loin de deux heures. Rapidement, Christian Olivier interpelle le public avec des « Orléans… oh! Orléans » sous entendant « bougez-vous, quoi! ».  C’est que le public, timide, laisse une jolie place entre lui et la scène. Espace qu’il ne tarde pas à remplir. Du chant qui rappelle le grand Jacques aux mimiques, regards et sourires en coin, en passant  par le sax et l’accordéon, le chanteur, parfaitement soutenu par des musiciens en phase (les deux guitaristes ont une attitude très rock, les autres restent plus en retrait mais on sent une réelle complicité) fait bouger la foule avec ses titres solos et ceux des Têtes Raides, dont un indispensable Ginette qui n’a pour unique ornement – évocation de la dite Ginette – qu’une lampe au plafond. Deux heures chaleureuses que l’artiste conclue en saluant le travail et l’investissement de l’association.

 

Retour vers la petite scène pour un peu de folie punk thrash. Cigany Möhawk est en effet la formation du jour la plus en phase avec l’esprit du webzine (cependant ouvert d’esprit, reconnaissons-le). Premier point d’étonnement, le quatuor sort des sentiers battus en incluant un accordéon. Le groupe, alors que le public arrive devant la scène, termine ses balances. A la fin, le chanteur lance un « merci! au revoir » alors que ses compagnons quittent la scène. Puis il rajoute « on s’en va et on revient quand même ». Sauf qu’au moment de revenir, le bassiste a disparu… Quelques minutes passent avant que Cigany Möhawk ne se retrouve enfin au complet pour distiller avec fureur et enthousiasme son punk direct et teinté de thrash inspiré des grands noms du genre. L’accordéon apporte une touche que ne renieraient pas les Roumains de Dirty Shirt. Ça dépote sévère et une partie du public pogote à cœur joie au grand dam des pauvres chiens qui n’y comprennent rien (voir ci-dessus ce que j’en pense).

 

La soirée se termine avec la troupe de bal musette enragé de Faut Qu’Ca Guinche. Et, devinez-quoi? L’instrument phare est encore un… accordéon! Ici, le groupe écolo et engagé invite et incite le public à danser, faire la chenille, s’enlacer… Bref, à prendre du bon temps au son des guitares (ah, ce guitariste en sandales), de la contrebasse et des textes généralement engagés. Oui, bal musette mais avec un esprit écolo et contestataire qui colle parfaitement à celui de l’association Défi. Le public a la surprise de voir se mêler à lui le guitariste et l’accordéoniste au milieu d’un moment de danse tel qu’on les imagine dans les bals populaires d’années passées. Et là est bien l’objectif de FQCG, de faire danser le public. Mission accomplie alors que la soirée arrive à son terme et que le public rentre tranquillement se reposer. C’est qu’il faut remettre ça demain pour la seconde partie de ce festival.

Vient donc le moment où je me pose une question et me fait une promesse: comment se fait-il que je ne le découvre que maintenant? Et, promis, je reviendrais l’année prochaine!