NO ONE IS INNOCENT: Frankenstein

Hardcore, France (Verycords, 2018) -sortie le 30 mars 2018

Après un très remarqué Barricades live célébrant, entre autre, son précédent album studio, Propaganda qui vit le jour avec les attaques contre Charlie hebdo en janvier 2015, et sorti juste avant les attaques du sanglant 13 novembre de cette même année, No One Is Innocent revient avec un album tout aussi puissant, enragé et engagé. C’est simple, A la gloire du marché fonce dans le tas et déglingue avec une ironie mordante le monde actuel qui ne jure que par le fric. Fric sur lequel tout le monde crache mais dont tout un chacun rêve d’en accumuler plus que de raison… Ali King of the ring rend hommage avec un groove trépidant au mythique boxeur Muhamed Ali. Kemar est en voix, et le groupe plus rock que jamais. Elle est loin l’époque électro, et l’apport de Poppy, guitariste venu seconder Shanka, y est sans doute pour quelque chose. Le morceau éponyme (ou comment le créateur s’est amusé à jouer aux apprentis-sorcier en créant notre « humanité ») démontre la complémentarité des deux fretteus, qui varient les plaisirs et les tempi. Les revenants, inquiétant et oppressant au début, monte en puissance pour terminer en furie tandis que Teenage demo ou What the fuck, qui démonte les USA d’aujourd’hui, rentrent dans le tas sans pitié. Frankenstein montre un No One en pleine forme, la rage et l’envie d’en découdre intactes. Un album marquant qui se termine avec la reprise d’un certain Paranoid, de circonstance ici….

 

RED SUN RISING: Thread

Rock, USA (Razor&tie, 2018)

Forgé dans l’esprit rock US contemporain, un brin stoner, un brin heavy, Thread, second album des Américains (ça tombe bien, pour du rock US…) de Red Sun Rising nous propose 11 morceaux taillés sur mesure pour séduire les radios et le grand public. Fascination se veut légèrement hypnotique, avec ses guitares rageuses et saturées tandis que Left for dead flirte avec une douce bienveillance. Ce qui m’étonne ici, c’est le décalage entre la noirceur des titres (Deathwish, Stealing life, Lonely girls, Evil like you…) et la bonté générale qui se dégage de ce disque. L’ensemble est carré et bien fait, chantant, mais ne présente rien de bien méchant. Un bon moment, en somme, avec des mélodies passe partout, quelques inspirations variées (hispano sur Deathwish, par exemple), des guitares aiguisées un peu partout. Mais ça s’arrête là. Comme je l’ai si souvent lu sur mes bulletins scolaires: « peu mieux faire, doit perséverer »

CRUSKIN: Time to rise

Rock/Pop, France (Autoproduction, 2018)

Etrange, ce Cruskin. Formé en 2009 par la chanteuse / guitariste / pianiste Sabrina, le bassiste Mike et Samuel, le batteur, le trio se distingue en explorant divers horizons, à la fois rock et électro. Les forts accents pop de ce Time to rise, troisième album du combo évoquent la new wave et, naturellement, l’univers des musiques électro. A priori, ça colle pas dans ce webzine… Mais voilà, la corne de brume du morceau titre qui ouvre ce disque est suffisamment lourde pour m’intriguer. En plus, c’est bien produit, bien foutu dans l’ensemble, chanté dans un anglais enfin compréhensible et surtout, le rock n’est jamais très loin… Ok, I found you est trop « boite de nuit » pour que j’accroche, tout comme Burning away. Cependant, ce dernier visite des sonorités plus rock et énervées, variant les rythmes, rendant l’ensemble intéressant. Je m’arrête en revanche sur ce No regrets aux furieuses guitares, presque punk, ou The runner qui m’évoque le Blondie des 80’s. En revanche, les boites à rythme de Let me see your love me font fuir, tandis que Frozen puise dans le pop rock chantant et entraînant. Bref, Cruskin se fait plaisir en jouant ce qui lui plait, et, au passage, ratisse large. Pas révolutionnaire, mais digne d’intérêt car ce disque s’adresse, sinon aux amateurs de metal, autant aux amateurs de musiques électroniques que de rock.

Interview : DUSK OF DELUSION

Interview DUSK OF DELUSION. Entretien avec Matthieu Morand (guitare). Propos recueillis au Black Dog de Paris le 9 mars 2018

 

Metal-Eyes : Dusk of Delusion a été formé en 2016 par des musiciens issus de différents univers du metal. Comment en êtes-vous venus à former ce groupe ?

Matthieu Morand : Julien, le bassiste, et moi on se connait depuis une trentaine d’années puisqu’on était au collège ensemble. On a formé notre premier groupe au lycée en 1993, un groupe qui s’appelle Elvaron et qui est toujours en activité après 25 ans – on a sorti 5 albums déjà…

Metal-Eyes : Et qui est plutôt metal progressif, d’ailleurs.

Matthieu Morand : Carrément, c’est très très technique, complexe à réaliser sur scène. C’est technique, et en plus, j’assure également le chant. Ça fait depuis 2008 que je ne fais plus de scène avec Elvaron parce que c’est une musique qui est trop complexe à restituer. Avec Julien, on avait envie de revenir à quelque chose de plus immédiat, à une musique qui peut rapidement aller sur scène, et qui ne nous demande pas une concentration au détriment de l’énergie pure. Attention, je ne dis pas « qui ne nous mette pas en danger », au contraire.

Metal-Eyes : Donc vous préférez mettre en avant cette énergie plutôt que de devoir rester concentrés et figés sur scène…

Matthieu Morand : Exactement.

Metal-Eyes : Elvaron, c’est une chose, mais il y a également des membres de Louka dans ce nouveau groupe…

Matthieu Morand : Effectivement, Julien et moi étions membres de Louka, dans un autre registre, rock, et assez axé sur la scène. La distance géographique – on était un peu éclatés en France, le chanteur habite à Brest… –  c’était un peu complexe de se retrouver pour faire des concerts. Ça a fonctionné un temps, un temps qui nous a permis de faire trois albums. Mais ça a vécu, et avec Julien, on avait vraiment cette volonté de faire quelque chose qui soit un peu dans la continuité de Louka mais en plus immédiat.

Metal-Eyes : Quelle est la signification du nom du groupe ?

Matthieu Morand : Dusk Of Delusion, ça veut dire « le crépuscule des illusions ».  Pourquoi ce nom ? On trouvait que ça avait une belle consonance, et on cherchait aussi un nom qui soit unique, qui ne soit pas utilisé par d’autres groupes, nulle part ailleurs sur la planète. Et il n’y a personne d’autre avec ce nom !

Metal-Eyes : Ce qui signifie que vous avez des ambitions internationales, vous voulez aller partout…

Matthieu Morand (il sourit): Oui, oui… L’album va sortir en France et en Europe en version physique, et on a une distribution internationale en digital. Après, toute prétention gardée, si opn peut s’exporter, ce sera bien. Mais déjà, notre ambition, c’est de se faire connaitre en France.

Metal-Eyes : Cet album, Funfair, ou Unfair puisque le F est tombé et est éteint, vous l’avez travaillé comment, vous les vieux routards ?

Matthieu Morand : Ce qu’on voulait, c’est faire une musique assez immédiate. Julien et moi avons composé des chansons pour pouvoir les tester en répétition, pour pouvoir, aussi, recruter les autres musiciens. C’est plus facile de proposer à des gens de rejoindre un groupe quand des choses sont déjà écrites, ça permet de leur faire voir la direction musicale qu’on veut suivre. On savait qu’on allait certainement travailler avec Romuald, notre batteur, puisque ça fait déjà plusieurs années qu’on était en contact avec lui. Au début on s’est demandé si on faisait ça en trio, mais je n’avais pas envie de chanter, Julien non plus, donc on a recruté un chanteur et Benoit est vraiment parfait pour le style. Lui et Romuald avait déjà enregistré pour le groupe Redline, ils étaient sans engagement musical, libre. On a commencé comme ça, à 4 pendant quelques semaines et, pour aborder  la scène, on s’est dit qu’il nous fallait un second guitariste. Et moi, pour la scène, j’avais envie d’aller vers une écriture à deux guitares, un peu à la Maiden.

Metal-Eyes : J’ai écouté l’album une première fois, et ce qui m’est venu à l’esprit c’est que ce disuqe est très visuel. Quelle est votre intention musicale ?

Matthieu Morand : Au-delà de la scène ?

Metal-Eyes : Parlons-en, alors, de la scène… Vous avez pas mal d’expérience, et un groupe de rock, ça se défend sur scène. A quoi faut-il s’attendre live et quels sont vos projets de tournée ?

Matthieu Morand : Alors, sur scène, on reste sur quelque chose d’assez brut, on mise avant tout sur l’énergie et la communication avec le public. C’est un show très communicatif, qui permet de capter le public. On tente, même si ce n’est pas toujours facile, de le faire bouger, participer, chanter… Ça fonctionne assez bien, c’est vraiment ce qu’on voulait faire. On sera en tournée fin avril – elle démarre le 21 avril à Nancy, on va jouer, ensuite, à Paris, au Klub, à Lille, Strasbourg, en Belgique…. Après on aura quelques festivals, et on a quelques projet pour l’automne, une captation vidéo pour un live. On est dans cette dynamique de concerts.

Metal-Eyes : Tu parles de show ; faut-il s’attendre à un spectacle particulier ? Sans tout dévoiler, bien sûr. Tu parles beaucoup d’énergie, mais vos concerts sont-ils aussi visuels ?

Matthieu Morand : Non, pour le moment, on n’a pas de décors… Il y a, c’est vrai, un concept autour des fêtes foraines, mais on veut que ce concept soit temporel : il est sur cet album, mais on ne veut pas s’enfermer dans une imagerie 1900 comme pourrait avoir Avatar ou des groupes comme ça. On ne veut pas s’enfermer dans un trip, on veut vraiment privilégier quelque chose de simple et de brut, même si on a une cohérence visuelle dans nos vêtements, nos costumes de scène. Mais il  n’y aura pas de décors, en tout cas, pas sur cette tournée.

Metal-Eyes : C’est intéressant que tu parles d’Avatar… A quel point ce groupe est-il une influence ?

Matthieu Morand : Ce n’est pas du tout une influence, même si ces derniers temps, quand on est en interview, c’est un groupe qui revient souvent. Et pourtant, à aucun moment on n’a voulu se rapprocher de cet univers-là. En tous cas, pas consciemment. C’est d’ailleurs un groupe que je connais mal, très peu…

Metal-Eyes : Pourtant, c’est le seul nom de groupe que tu aies cité…

Matthieu Morand : Oui, parce que je suis de près tout ce qui se fait, je suis actif, je lis beaucoup, je suis toujours abonné à des magazines. Mais écouter un titre ou voir un clip, ça ne suffit pas pour en faire une influence.

Metal-Eyes : Tu parles justement d’un titre… Si tu devais ne retenir qu’un titre d’Unfair pour expliquer à quelqu’un ce qu’est Dusk of Delusion, ce serait lequel ?

Matthieu Morand : Euh… Celui qu’on a sorti en clip, White worlds, concentre pas mal l’univers et ce qu’est Dusk Of Delusion. Il y a des riffs très percutants, il est très groovy, avec des rythmes basse batterie… Il y a une partie centrale un peu… Pas atmosphérique, mais qui permet de redescendre pour repartir après, il y a un refrain catchy… Ce titre là résume assez bien notre univers.

Metal-Eyes : Et comment décrirais-tu votre musique pour quelqu’un qui vous découvres ? En gros, quels arguments utiliser pour me vendre ton album ?

Matthieu Morand : Alors… Je suis très mauvais commercial, j’ai travaillé 11 ans dans ces aspects… Je suis un passionné de musique, ce n’est pas notre métier… Tout est une question de point de vue mais on a la chance de pouvoir en faire. On travaille, on peut investir de l’argent sur notre passion sans que ça mette en péril notre vie quotidienne, donc pour nous, c’est super. On est libres de nos choix artistiques…

Metal-Eyes : D’accord, mais tout ça ne me convainc pas d’aller l’acheter !

Matthieu Morand : Oui, mais je sais pas quoi te dire moi (rires) !

Metal-Eyes : Qu’est-ce que je vais trouver dans ce disque ?

Matthieu Morand : Je pense que tu vas trouver des influences qu’il n’y a pas ailleurs. On vient tous d’univers différents : je viens du prog, Julien est un gros fan de Korn, peut-on imaginer quelque chose entre Korn et Dream Theater ? On a un concept autour des fêtes foraines, et dans le neo metal, ça n’existe pas, un album conceptuel. Et là, on est en plein dedans, alors, est-ce que ça peut convaincre les gens de jeter une oreille ? On ne révolutionne pas la roue, peut être y a-t-il quelque chose de plus moderne, de plus frais ?

Metal-Eyes : Si tu devais imaginer une devise pour Dusk Of Delusion, ce serait quoi ?

Matthieu Morand : La livre sterling ! (rires)

Metal-Eyes : Alors là, celle-là, on ne me l’a pas encore faite !

Matthieu Morand : Non, pas une monnaie… Une phrase choc ? Waow….C’est dur comme question… L’énergie ? C’est ce qui nous définit…

Metal-Eyes : Oui, mais ce n’est qu’un mot…

Matthieu Morand : « L’énergie au service de la musique » alors ?

Metal-Eyes : Que rêvez-vous de faire avec ce groupe ?

Matthieu Morand : Nos rêves ? De pouvoir commencer à toucher de plus grosses scènes, voire de plus gros festivals, et pouvoir continuer sur cette lancée.

Metal-Eyes : Tu as passé une bonne partie de la journée en promo. Jusqu’à présent, quelle a été ta question préférée, celle qui t’a le plus surpris, étonné ?

Matthieu Morand : On a eu une question, tout à l’heure de quelqu’un qui est vraiment allé au fond des textes et qui nous a posé une question très précise sur le thème abordé dans Strings on your arms, et qui reprend le thème du marionnettiste et fait une analogie avec l’endoctrinement. Benoit a écrit ce texte au moment des attentats de Paris.. Et ce gars a fait un parallèle avec les croisades qui se sont déroulées il y a 800 ans. Et finalement, les problématiques sont les mêmes : ce ne sont pas les mêmes religions, mais il s’agit d’obliger les gens à adhérer à une vision qui n’est pas la leur, jusque sur leurs terres. Quand les croisés arrivent à Jérusalem et passent au fil de l’épée 10.000 musulmans… Aujourd’hui, ce n’est pas la même religion, mais c’est finalement la même chose. C’était intéressant d’avoir ce point de vue.

 

AVATAR live à Nîmes, le 21 mars 2018 (avec Old Kerry McKee et Hellzapoppin)

Elle est bien faite la vie, parfois. Envoyé en formation quelques jours à Nîmes, je regarde si des concerts sont prévus. Et bim! Avatar passe en ville la veille de mon départ! C’est sans hésiter que je m’organise pour retourner les voir, une semaine après la claque reçue à Paris.

La salle de la Paloma peut accueillir un peu plus de 1350 personnes, est située en périphérie nîmoise. La desserte par bus ne se fait que les soirs de spectacles, sur demande au chauffeur. Et, pour le retour, un bus unique, et gratuit, est prévu ces mêmes soirs, une demi heure après la fin du spectacle. Pratique pour qui n’est pas véhiculé.

En arrivant, je découvre une sorte d’ovni posé au milieu d’un vaste parvis. La Paloma est en réalité composée d’une « Graaande salle » sur deux niveaux: la scène, de grande taille, fait face à une fosse de 700 spectateurs debout surmontée d’un étage d’une capacité d’accueil d’environ 600 personnes. Un lieu suffisamment cosy pour pouvoir correctement voir le show quelle que soit sa place. Le fumeurs ne sont pas oubliés puisqu’un patio leur est réservé, équipé d’un bar et de tables, transformant ce lieu en un espace convivial pour tous. Bref, la Paloma est une salle qui donne envie de parler d’elle…

Comme à Paris – il n’y a d’ailleurs guère de modifications dans le spectacle de ce soir, l’affiche étant identique sur les dates européennes – le Suédois Old Kerry Mc Kee ouvre le bal. L’homme orchestre inspiré par Dylan, Baez ou Springsteen ouvre la soirée et séduit, durant les 20′ qui lui sont allouées, un public attentif et réceptif. Quelques problèmes d’accordage viennent cependant perturber son jeu, le forçant même à reprendre à zéro son dernier titre sans que cela ne lui nuise. Une performance sobre et douce.

Pour accéder au pit photo, il faut escalader les barrières. Ayant mis 3 jours à me remettre du freakshow présenté par Hellzapoppin, je passe, profitant de ce temps pour explorer la Paloma. Ce n’est que sur la fin que je reviens dans la salle observer le public et découvrir que la troupe rajoute un numéro: le sympathique nain est enfermé dans une camisole de force, attaché par les pieds et élevé dans les airs. Naturellement, il parvient à se libérer de l’étreinte maudite pour retrouver son entière liberté en moins de deux minutes. Si certains préfèrent sortir, le public semble dans l’ensemble aussi ravi que choqué, ce qui n’empêche pas, loin de là, les portables de fleurir pour immortaliser ces instants… (Ceux qui veulent voir des clichés sont invités à lire le report de Paris)

Avatar est, comme partout, semble-t-il attendu de pieds fermes. Il y a moins de personnes maquillées qu’à Paris, cependant le public fait savoir qu’il est présent. Et acclame Sa Royale Majesté lorsque son trône s’élève derrière la batterie. Si la setlist est identique, le discours de ce bouffon de Johannes (dans le sens historique du terme, amuseur du roi) varie quelque peu.

Toujours aussi fou, séducteur et sensuel, il remarque que c’est le premier concert d’Avatar à Nîmes. « Qui voit Avatar pour la première fois? » Une armée de bras se lève. « Qui nous a déjà vus? » Moins de bras. « Qui nous a vus en 2017? 2016? »… le compte a rebours s’arrête à 2014, pour sauter à 2006, avec aucun bras levé. « Normal, vous m’auriez menti… » » ajoute-t-il, taquin.

Avatar country, le superbe dernier album est naturellement à l’honneur, et la variété des chansons de ce soir fait plaisir. Comme ailleurs, Avatar alterne entre titres rugueux et hurlés et d’autres plus groovy, voire funky. Le chanteur n’oublie pas non plus de faire acclamer Old Keery McKee et Hellzapoppin, qui permet d’introduire Smells like a freakshow, « à la manière de Rob Halford, parce que j’adore Judas Priest! »

Vient alors le premier extrait que le public a découvert avant la sortie de l’album, A statue of the king, pour lequel tout le staff s’est vêtu de blanc, exception faite de sa majesté qui revêt une veste dorée. Chanson à l’issue de laquelle le Roi distribue avec une distante générosité quelques médiators tandis que le public scande des « Long live the king! »  Puis le très dansant Avatar country vient sonner comme un air de fin de concert. Le public danse et se dandine, tout sourires, pour mieux se déchaîner sur l’incontournable Hail the apocalypse, indispensable feu d’artifices final.

Avatar au complet vient alors saluer le public, le peuple de cette nouvelle contrée qu’on appelle Avatar, et, après qu’un valet soit venu la couronner et rhabiller, sa Majesté, quitte la scène, dignement. Le public en réclame encore, mais c’est bien la fin. Les lumières se rallument, la salle se vide. Nul doute que nos amis Suédois reviendront en ces lieux, le public ayant réservé un accueil digne de ce nom à Avatar qui lui a, comme à son habitude, offert un spectacle musicalement puissant et visuellement impeccable. Un futur géant.

Merci à Roger Weissier et la Paloma d’avoir rendu ce report possible.

Interview: DISCONNECTED

Interview DISCONNECTED. Entretien avec Ivan (chant). Propos recueillis au Hard Rock Cafe de Paris le 9 mars 2018

 

Metal-Eyes : Commençons par une question traditionnelle. Ou moins traditionnelle puisque je vais en changer : devine quelle est la première question que je vais te poser…

Ivan : Euh… « Comment es-tu rentré dans le groupe ? » ou « d’où vient le nom du groupe ? », j’hésite entre les deux…

Metal – Eyes : Ou, plus simplement : raconte-moi l’histoire du groupe…

Ivan : Ah, d’accord ! L’histoire du groupe démarre bien avant moi puisque je suis arrivé dans l’aventure fin 2016. Elle débute en 2012 avec Adrian qui monte ce projet, qui écrit des titres et qui veut monter son groupe avec des idées assez hétéroclites, musicalement parlant. Pendant des années, il galère à trouver des gens qui ont la possibilité de s’investir, et qui ont la compétence pour s’investir à un certain niveau. Compétence musicale et artistique de jouer ce que lui compose. Pendant un an, un an et demi, il galère pour trouver un « bon » chanteur, en tout cas un chanteur qui correspond à ce que lui attend, si bien qu’il s’est demandé s’il allait voir à l’étranger. C’est là qu’intervient notre lucky charm, François-Maxime Boutot, qui est le réalisateur et mixeur de l’album et qui me connaissait par d’autres biais. Il lui a conseillé de le contacter. A ce moment-là, j’étais en fin de course avec mon groupe précédent, Heavy Duty, qui sortait un troisième album, Endgame, en octobre 2016. Adrian me contacte donc à ce moment, et comme on avait du mal à tourner, que l’album ne prenait pas trop, qu’on était un peu en fin de vie, et comme je n’aime pas trop m’éparpiller, je me suis dit que j’allais écouter ce qu’il me propose. Et ça m’a séduit tout de suite.

Metal-Eyes : Donc la fin d’un groupe pour démarrer avec un nouveau.

Ivan : Ben, pas vraiment la fin, parce que Heavy Duty existe toujours. Mais malheureusement on a fait le tour de la question : en 6 ans d’existence et 3 albums sortis avec eux, on n’a pas réussi à faire monter le truc de manière à pouvoir investir dans un nouvel album, tourner… On n’a malheureusement pas rencontré notre public. Forcément, l’activité devient moindre et on a plus de temps pour faire d’autres choses. Et comme j’ai l’habitude de m’investir à 100% dans ce que je fais, j’ai senti que je pouvais le faire pour Disconnected, avec qui je me suis donc engagé à 100%.

Metal-Eyes : Ce premier album est donc le début d’une aventure qui a mis du temps à se créer.

Ivan : Tout à fait, oui. Maintenant, c’est le vrai début de vie du groupe puisque, encore, on n’a eu le line-up du groupe « définitif » que récemment puisqu’un des guitaristes est parti et a été remplacé par un autre. Certains n’ont pas enregistré sur l’album. Il n’y a que Aurélien, Adrian et moi. Maintenant on est au complet avec une belle, belle équipe.

Metal-Eyes : Justement, ce qui me surprend en prenant le livret c’est qu’il y a une photo avec 5 personnes et seuls 3 noms sont cités…

Ivan : C’est ce que je te disais. En fait, il y en a un qui a changé. Romain ne fait plus partie du groupe, et on lui souhaite tout le meilleur, d’ailleurs. Il y a un nouveau guitariste, Florian Merendol, qui vient de rejoindre le groupe et Romain, le bassiste est arrivé peu de temps avant l’enregistrement parce qu’on a été plantés par l’ancien bassiste peu de temps avant d’enregistrer. Du coup, Adrian a dû acheter une basse et enregistrer les parties de basse, parce que, sinon, ça allait tout reculer pour la sortie de l’album, et on ne pouvait pas se le permettre.

Metal-Eyes : Et la photo avec les 5, c’est d’actualité ?

Ivan : C’est d’actualité moins un.

Metal-Eyes : Parlons un peu de l’album maintenant. Il débute avec Living incomplete qui est très heavy, avec un chant très rugueux, extrême, même, et le disque se diversifie ensuite avec des tonalités complètement différentes. Qu’avez-vous voulu mettre dans ce disque ?

Ivan : Adrian c’est quelqu’un de totalement libre artistiquement parlant. Il a pas mal d’influences, mais c’est un mec qui écoute aussi bien Architects en boucle que, par exemple, Alter Bridge dont il est ultra fan. C’est même son groupe de référence. Du coup, il ne s’est rien interdit, il a fait ce qu’il voulait, et moi, j’ai eu carte blanche au niveau de ce que je voulais apporter en terme de voix. J’y suis allé franco, je me suis fgait plaisir dans tout ce que je sais faire…

Metal-Eyes : Ca va de l’extrême à la pop, il y a des choses qui évoquent Muse, par exemple.

Ivan : Carrément ! Clairement, notre univers il est là-dedans. Un peu dans un mélange entre Gojira, Deftones, Alter Bridge, et des influences prog, ou djent, parfois, avec des choses un peu plus compliquées rythmiquement. Ce que j’ai voulu apporter, c’est ma conception un peu catchy de la musique, parce que je viens de ça, je suis très fan de groupes comme Stone Sour, ou Five Finger Death Punch que j’ai toujours aimé. Et j’aime bien le côté « refrain qui te reste dans la tête ». Mais la musique d’Adrian est beaucoup plus compliquée, donc, du coup, j’ai résussi à trouver une place, qui va un peu parfois, dans une certaine complexité mais qui ramène les choses dans le domaine de la « chanson », c’est-à-dire avec des vrai couplets, des refrains, des ponts, etc.

Metal-Eyes : Et avec des progressions. Wounded heart, par exemple, commence de façon assez légère et termine de manière plus brutale.

Ivan : Il fini très fort, oui, exactement.

Metal-Eyes : Le chant est pareil ; il est doux au départ et termine growlé. J’imagine qu’il y a une vraie volonté de vous démarquer avec ce type de « comportement » ?

Ivan : C’est pas une volonté de se démarquer mais de rester honnêtes par rapport à l’ouverture qu’on a avec la musique. C’est-à-dire qu’on ne fait pas les choses par calcul mais par sentiment, par résonnance émotionnelle, avec Adrian. Il arrive avec un titre, il le fait évoluer de cette manière sans se dire « tiens, je vais rajouter tel plan parce que machin n’aurait pas fait comme ça… ». C’est la musique qui lui vient de manière intuitive. Il a ça en lui, et moi, quand je compose mes lignes de chant, je me laisse porter par l’ambiance qu’il a développée, et j’apporte ma patte et ce que je pense être la bonne ligne vocale, le bon sentiment à exprimer par rapport à l’ensemble.

Metal-Eyes : Il doit y avoir des discussions entre vous, des choses que l’un ou l’autre ne veut pas…

Ivan : Il y en a eu, mais il n’y a pas eut beaucoup de moment où on a fait fausse route l’un par rapport à l’autre. On a travaillé de la manière suivante : quand je suis arrivé, il avait déjà les titres, tout pré produits. Il me les envoyés, j’avais donc tous les morceaux avec les orchestrations, et je posais mon chant en yaourt avant de lui renvoyer. A chaque fois, dans ses retours, il y avait plus des ajustements que des remarques négatives du style « oh, ça, ça ne me plais pas ». C’était plutôt « là, cette partie gueulée, tu pourrais peut être la transmettre de manière plus mélodique », etc. En fait, il y a vraiment un truc qui s’est passé entre nous, en tant que créateurs de musique, de très fort. On est… Je sais pas, il y a vraiment quelque chose qui s’est créé entre nous, quelque chose de fort.

Metal-Eyes : Comment travailles-tu ton chant, justement ?

Ivan : Déjà, la voix, c’est mon gagne-pain. Je fais entre 80 et 100 concerts par an, pas du tout dans ce registre là, mais dans celui de la pop et autres. Je travaille beaucoup en région parisienne, à l’étranger, dans le sud de la France. Je suis habitué à faire de longues sessions de chant, et ça, ça me fait beaucoup travailler ma voix. Après, plus spécifiquement pour le metal, je travaille notamment les voix saturées ; je pense d’ailleurs que j’ai bien évolué entre Heavy Duty et maintenant, et j’arrive du coup à obtenir des colorations différentes, un peu plus chargées, qui tirent vers des choses plus lourdes, par exemple les growls que je faisais beaucoup moins avant.

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’un titre de White colossus pour décrire ce qu’est Disconnected à quelqu’un qui ne vous connait pas, ce serait lequel ?

Ivan : Ah… That’s a tough question… (en anglais dans le texte) Je pense que je retiendrais justement White colossus. Parce qu’il a ce côté ambiant qui est le fil rouge de l’album, il a un côté rythmique à la fois complexe et groovy, et, au niveau de l’expression vocale, entre les parties finales un peu screamées, la voix parlée, oppressante qu’il y a sur le pont, je trouve que ça représente bien le groupe. Quand je fais écouter un morceau à des gens, c’est souvent celui-là. Sans être le plus simple de l’album, il reste assez représentatif de ce qu’on aime faire.

Metal-Eyes : Vous avez des projets de scène ?

Ivan : Oui, l’album sort le 23 mars, et ce même jour on fait une release party à La Chappelle Argens à Troyes, avec Melted Space et un autre groupe troyen, Insolvency, très bon, aussi. On a une résidence toute la semaine dans la salle où on va faire une créa lumière et son. On veut avoir un package et un truc qui se tient de bout en bout pour le spectateur. On a voulu travailler aussi bien au niveau de l’univers sonore que visuel. Après, on adhère ou pas, c’est autre chose. On va travailler de la même manière pour la scène : on a un gars attitré pour le son, un autre pour les lumières, on travaille déjà ces aspects. On va mettre tout ça en place pendant ces 3 jours de résidence, faire ce concert où on attend pas mal de monde, et ensuite, on va rapidement annoncer une date sur Paris courant mai, avec Base prod, et deux autres groupes parisiens. L’étranger, aussi, mais je n’en dis pas plus pour l’instant. Pour avoir connu d’autres groupes où ça ramait, je peux te dire qu’il se passe des choses pour Disconnected !

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise de Disconnected ?

Ivan : Ah… C’est une bonne question ça ! Ce qu’on dit, en général, c’est « Stay disconnected ». Mais ça peut être trompeur, parce que ça peut vouloir dire l’inverse de ce qu’on souhaite faire passer : cet album, il est dans le concept de la déconnection des gens par rapport à la réalité de la vie. Mais être « disconnected », pour nous, c’est garder cette liberté de faire ce qui nous tient à cœur, et aux tripes et de rester honnêtes avec cette démarche, ne pas se laisser phagocyter par ceux qui nous disent ce qu’il faut faire pour que ça marche. On veut juste rester honnêtes avec ce qu’on propose, de le faire, de le proposer aux gens et aller au bout de notre idée, sans en dévier.

ANTAGONISM: Thrashocalypse

Thrash, France (Ep, autoproduction, 2018)

« Old school but new school », me disait Biff Byford au sujet de sa définition de la musique actuelle de Saxon. Dès les premières mesures de LxOxT, titre d’ouverture de Thrashocalypse, premier Ep 6 titres de Antagonism, c’est ce que je me dis : la fureur d’un Metallica, la rage d’un Slayer, la syncope des guitares d’un Anthrax, le tout doté d’un son résolument gras et moderne. Les petits ont bien appris leur leçon et peuvent espérer prendre la place qu’Hemoragy a laissée vacante depuis quelques années. Le groupe nous arrive de Toulon, formé en  par le batteur Raphaël Gloaguen et le chanteur guitariste Dylan Hunger, bientôt rejoints par Félix Cleyet-Marel  et Kevin Colin, respectivement à la guitare et la basse. Déterminé, rugueux et rageur, cet Ep aborde avec brio des thèmes chers au genre, dont la guerre (Burning in Syria, d’une cruelle actualité) pou la politique (49.3). Fidèle à ses influences, Antagonism propose également une reprise de Havok (Point of no return) qui vient brillamment conclure ce premier essai au chant rugueux (un petit effort sur l’accent serait bienvenu) qui ne demande qu’à être transformé.

AVATAR live à Paris, le Trianon (14 mars 2018)

Avatar country ayant marqué ce début d’année, Avatar a décidé de pousser son concept jusqu’au bout. C’est entouré de sa cour, de son bouffon et de saltimbanques divers que Sa Majesté Kungen pose ses flight cases en diverses villes. Ce soir, c’est le Trianon qui accueille le grand cirque, et rien que le stand de merch, à l’esprit médiéval, vaut le détour : une roue de la bonne fortune est installée à côté d’une roulotte qui fait office de stand.

En ouverture du concert de ce soir, le public découvre Old Kerry McKee, un homme orchestre mesurant pas loin de deux mètres et qui s’installe une vingtaine de minutes derrière une petite batterie, armé de sa guitare et d’un tambourin accroché à son pied gauche par une immense chaine… Le folk que propose le gaillard est doux et rock et évoque ici Dylan et là Bruce Springsteen. Sympathique mise en bouche appréciée du public. Ça, c’est la partie soft…

Pour l’amuser et le distraire, sa Majesté fait ensuite monter sur scène une troupe de véritables freaks. Un spectacle de monstres comme on en faisait en nos contrées voilà quelques siècles ou, plus récemment, au siècle dernier, aux Etats-Unis. Âmes sensible, s’abstenir, c’est un défilé éprouvant que nous propose Hellzapoppin : présentée par un Monsieur Loyal complètement déjanté, qui viendra jouer à s’enfoncer divers objets dans les narines (tournevis, capote, perceuse, un homme tronc qui marche avec ses mains, fait des acrobaties, saute sur du verre pillé précède un adepte de la maltraitance de son propre corps qui, aidé d’un personnage mi homme-mi femme, commence par attacher des poids à ses paupières, puis glisse un crochet dans son nez avant d’avaler divers types de lames.

Un nain se charge d’avaler un ballon de baudruche… Difficilement supportable, ce « spectacle » est émaillé des cris horrifiés d’un public qui ne s’attendait pas à cela et voit une bonne moitié des photographes, exceptionnellement autorisés à rester tout au long de la prestation, jeter l’éponge… Eprouvant, vous-dis-je.

Un vaste rideau aux couleurs rouge et or d’Avatar vient cacher la scène. Lorsque les lumières s’éteignent et que le rideau tombe, Tim Öhrström (guitare) et Henrick Sandelin (basse) prennent place autour de la batterie derrière laquelle apparaît, assise sur son trône qui s’élève dans les airs, sa Majesté Kungen, accueilli par son bouffon chanteur Johannes Eckeström.

Avec son logo qui flashe en fond de scène, avec ses éclairages et la folie générale de son univers, impossible de ne pas penser aux débuts de Kiss – et d’espérer un parcours aussi grandiose que celui des Américains. Avatar c’est peut-être la relève du spectacle à l’américaine, grandiose et démesuré qu’on attend, qui sait ? Chaque détail est pensé, jusqu’aux pieds de micros, installés à un système à bascule.

Puisant principalement dans sa plus récente discographie (Avatar country est naturellement grandement passé en revue, ainsi que Feathers and flesh et Hail the apocalypse, ravissant un public tout acquis. La force de la setlist n’est rien comparée à l’excellence d’une prestation en tout point remarquable : les lumières, extraordinaires accompagnent des musiciens qui se donnent, tous, à 200%. Là où certains profitent du concept de leur spectacle pour en dire le moins possible, Johannes se lâche sur la seconde moitié, complimentant le public, et remontant le temps. Ainsi, au fur et à mesure qu’il demande « qui nous as vus en 2016 ? 2015 ? 2006 ? », les réponses se font moins nombreuses. Normal, et ça dynamise d’autant plus le public, à fond et sixième homme de ce concert.

Le vocaliste propose même une démonstration de trombone juste après The king wants you, dans un esprit très forain. Johannes présente alors le premier morceau » qu’a écrit notre roi, le premier morceau qui ne craigne pas, en fait » avant de revenir dans une tenue évoquant la bête sans sa belle.

Après avoir tenu un joli discours sur le regard des autres pour présenter Smells like a freakshow, il continue avec un discours flatteur :  « Quand on donne autant de concerts, on a tendance à en oublier. Mais, Paris, je n’oublie pas ! Je me souviens de chaque concert que nous avons donné à Paris. Et je n’ai pas peur, jamais je n’aurais peur ! » avant de conclure avec un énorme Hail the apocalypse de circonstances…

Ce soir, Avatar a plus que marqué les esprits. Il s’impose comme l’un des meilleurs performers de sa génération. Il est temps de voir cette formation exploser et rencontrer le grand public. A revoir sans faute lors de son unique passage en festival en France, au Download Paris (pour ma part, j’irai les revoir dans une semaine àNimes, nouveau report à suivre !)

SPIDERS: Killer machine

Hard rock, Suède (Spinefarm, 2018),

Qu’ils ont le vent en poupe, les groupes suédois! Spinefarm ne s’est sans doute pas trompé en signant les heavy rockers de Spiders, menés par la charmante vocaliste Ann-Sophie Hoyles qui mènent ses compagnons à la baguette. Mélodieux, doux et puissant, son chant est déterminé à séduire l’auditeur. Spiders, avec son nouvel album Killer machine, propose un hard rock typique de ce qui se faisait dans les 70’s. Look inclus. Il suffit en effet de jeter un rapide coup d’œil à la pochette pour comprendre que la période glam est chère au groupe. Alors, bien sûr, la musique évoque Suzy Quatro, un peu de Joan Jett – la « vulgarité » articulaire en moins – et on pense, aussi, au compatriotes de Blues Pills, et, dans sa musicalité dansante et entraînante, à Abba. Le hard rock vintage des Shock and awe ou Burning for you se marient à la tendresse de titres plus rock comme Dead or alive, voire à tendance disco tel Like a wild child, voire au rock direct de Steppenwolf ou, plus récemment de Royal Republic. L’intro – double grosse caisse et guitare dépouillée – de Swan song évoque une version soft du Overkill de Motörhead, en moins rugueux et plus psyché… Une variété parfaitement assumée et maîtrisée.Même le son semble volontairement minimaliste, sans fioritures inutiles. En allant à l’essentiel, Spiders tape dans le mille. Un groupe qu’on espère bientôt découvrir sur scène.

THE DAMNED: Evil spirits

Rock, Royaume-uni (Search and destroy, 2018) – Sortie le 13 avril 2018

Fut une époque, lointaine, très lointaine, où lorsque j’entendais le mot « punk », je l’associais à la vulgarité grossière des Sex Pistols, à la violence verbale ou visuelle des GBH et des Exploited.  Puis on a associé le rock teinté de reggae des Clash ou le Blondie de Heart of glass au mouvement punk… Le punk, finalement, ce n’est pas un genre musical, c’est une façon d’être, un mode de vie qui refuse le système. The Damned est passé par toutes les époques et a évolué au fil du temps. Aujourd’hui, exit les bad boys qui ouvrirent pour les Sex Pistols, le nouvel album n’a de Evil que son titre: Evil spirits évoque plus le pop rock bien fichu que le no future… Dès Standing on the edge of tomorrow, s’impose l’impression d’être dans un espace de fête ou de boite tant le titre est facile et chantant. La voix suave continue sur The devil in disguise, et la suite est à l’identique: du soft, du chantant et de l’entrainant. C’est efficace, mais au final, qu’ai-je retenu? Un bon moment, une détente musicale, guère plus. Un album sympathique sans pour autant être mémorable.