MERZHIN: BabeLive

France, Rock (Verycords, 2017)

Voici déjà 20 années que Merzhin tourne partout dans le monde et enregistre ses albums. 6, au total, auxquels il convient de rajouter 2 live. Deux décennies, déjà, et je ne découvre qu’aujourd’hui ce groupe breton grâce à ce nouvel enregistrement public qui n’est, parmi ceux que je connais, rien moins qu’un des meilleurs albums live français de tous les temps. Quelle claque! Des premières notes de Babel à la conclusion Nains de jardins, je découvre un groupe à la fois rageur et festif, engagé et convivial, chaleureux et direct. Les titres évoquent (beaucoup) Noir Désir et piochent du côté du rock celtique et de la rage déterminée d’un Tagada Jones. 15 titres aussi enjoués qu’entraînants composent ce nouveau témoignage live qui célèbre une carrière ininterrompue. Les Brestois ont d’ailleurs décidé de célébrer cet anniversaire en grandes pompes puisque cet album sort également en version « coffret » contenant un DVD supplémentaire, bourré à ras la gueule de live, clips et autre documentaires. BabeLive est un album à découvrir d’urgence, et pour ceux qui, comme moi, n’en connaissent rien, Merzhin est un groupe à découvrir encore plus urgemment! Une pure merveille d’authenticité.

Note: 9,5/10

Sortie: le 14 avril 2017

ROYAL THUNDER: Wick

Hard rock, USA (Spinefarm, 2017)

Revival 70’s not dead! Royal Thunder, encore quasiment inconnu en France, propose sa quatrième production, Wick, taillée dans le rock psyché des années 70. A la fois simple et complexe, ce  disque mélange avec brio les influences variées. Ca va de Patti Smith à Black Sabbath, en passant par le rock engagé de la fin des années 60. Burning trees est une introduction lente et lourde, presque doom, qui contraste avec les guitares claires de April showers ou la rapidité d’un Tied tandis que le mid tempo Plans, sur fond de guitares acoustiques et de batterie lourde, offre une alternance à des titres plus rock – le rapide et colérique The sinking chair et le direct Anchor. Non content de proposer un album varié et efficace, le quatuor d’Atlanta se distingue également par l’excellence de l’instrumentalité et de la voix rauque, étouffée, puissante et parfois douce de Mlny, qui place, semble-t-il, l’amour au cœur de ses paroles (Tied, We slipped, Plans…) quand elle n’est pas, comme les guitares déterminées, enragée et hargneuse (April showers). Wick est un album certes vintage mais également difficilement descriptible et qui ne peut être classé que dans la catégorie Rock. S’il est un peu difficile de tenir sur la longueur, on saura apprécier chaque chanson à sa juste valeur, rasade par rasade. Une belle découverte qu’on attend de voir live!

Note: 7,5/10

 

Interview: DEFICIENCY

Entretien DEFICIENCY. Rencontre avec Laurent (chant, guitare), Sébastien (guitare) et Vianney (basse). Propos recueillis à Paris le 11 avril 2017

 

 

Metal-Eyes : Quatre années séparent vos deux derniers albums, The dawn of counsciousness qui vient de sortir et The prodigal child paru en 2013. Que s’est-il passé depuis 2013 ?

Laurent : Beaucoup de choses… The prodigal child, comme tu viens de le dire, est sorti en 2013, ça a été un peu l’album tremplin pour nous afin de nous faire un peu plus connaitre en dehors de notre région. Il nous a vraiment donné la possibilité de tourner un peu plus intensément à notre niveau, en France, mais aussi en Belgique, au Luxembourg, en Espagne, en Allemagne… Que du bonheur, sur ces deux trois années de tournées avec des dates mémorables pour le groupe.

Metal-Eyes : Comme, par exemple ?

Vianney : Première partie de Machine Head, à la Laiterie, à Strasbourg, la première date de leur tournée…

Laurent : Première partie de Testament, le Motocultor.

Jérôme : Testament, aussi. En plus, sur cette date, il y avait Evile, qui est un groupe, jeune, il s ont notre âge, mais c’est un groupe anglais de thrash que j’adore.

Metal-Eyes : Comment décririez-vous, tous, l’évolution du groupe entre ces deux derniers albums ?

Vianney : Ben… déjà, il y a eu des changements de line-up puisque notre ancien batteur, Anthony Thomas, a décidé de changer de vie – il est parti s’installer en Nouvelle Zélande avec sa copine pour faire un road trip. Ensuite, notre style de musique est sensiblement resté le même. On a tous un peu évolué au niveau de nos compos, de ce qu’n écoute, aussi, et ce qu’on inclut à notre musique. Mais je pense qu’on a gardé les mêmes bases que sur le précédent album, avec des structures un peu moins compliquées et des mélodies un peu plus accrocheuses. Et catchy.

Laurent : Je rejoins ce que dit Vianney. Après, on a aussi évolué dans nos vie perso, ce qui joue aussi, indirectement, sur la préparation d’un album, le temps qu’on y consacre et la manière dont on voit les choses aujourd’hui. C’est un tout, il n’y a pas que la musique.

Jérôme : Il y a l’expérience de la scène, aussi. Avant The prodigal child et après, il y a une grosse différence.

Vianney : Des connaissances par rapport au milieu. Comme le dit Laurent, c’est un tout, il y a beaucoup de facteurs qui forment un ensemble et qui véhiculent le groupe de telle ou telle façon.

Metal-Eyes : Après avoir écouté The dawn of cousciousness, ce que j’entends est un mélange de thrash traditionnel et d’influences plus extrêmes. Etes-vous d’accord avec ça et qu’avez-vous mis dans ce disque ?

Vianney: Oui, je pense que nous sommes d’accord avec ça: on part d’une base thrash old school, c’esr de là que partent nos influences. Pour ma part, je suis venu au metal en écoutant Slayer, Metallica, etc. Mais on n’est pas fermés sur un seul style. Je suis assez ouvert dans ce que j’écoute, et je pense que mes collègues partagent cet avis. On est assez éclectiques. Que ce soit dans ou hors metal. Il peut y a voir du death, du djent…

Laurent : Du progressif, du hardcore,du metal symphonique, et je pense que ça se ressent dans ce qu’on fait.

Metal-Eyes : Et vous avez réussi à mélanger toutes ces influences sur ce nouvel album ?

Laurent : Franchement ? Je trouve que le résultat de toutes nos influences transparait au gré des morceaux.

Jérôme : Et c’est naturel pour nous, on ne se force pas à faire comme ci ou ça. On écoute des choses qui nous influencent sans qu’on y pense. C’est inconscient.

Metal-Eyes : Alors, comment avez-vous abordé la conception de ce nouvel album ?

Laurent : de manière assez classique, comme pour les précédents : c’est-à-dire que l’essentiel du travail se fait en amont, avant les répètes. J’apporte souvent le gros des squelettes des morceaux, et ensuite on les bosse ensemble. Pendant les répètes, chacun apporte sa pierre à l’édifice, et  on finalise les morceaux ensemble. Chacun participe, même si c’est parfois peu parce que j’arrive avec de grosses structures de morceau, mais chacun participe aux arrangements, aux idées qui s’imbrique les unes dans les autres pour avoir un résultat dense et, je pense cohérent. En tout cas, cohérent par rapport à ce qu’on cherche.

Metal-Eyes : Donc c’est toi, Laurent qui arrive avec les idées de base, mais il y a un fonctionnement démocratique dans le groupe ?

Laurent : Est-ce qu’on peut parler de démocratie ? pour moi, le groupe n’est pas une entité politique, c’est juste qu’on est quatre dans le groupe et chacun a son mot à dire. Ils n’hésiteront pas à dire que mon riff est dégueulasse, que ça, ça n’a pas sa place là…

Metal-Eyes : Et c’est pour ça que tu les mets dehors après?

Laurent : non, non (rire général).

Metal-Eyes : Au niveau scénique, que prévoyez-vous maintenant? Vous avez pas mal tourné pour The prodigal child, vous remettez ça pour The dawn of cousciousness ? 

Vianney : On a déjà fait la release party le 1er avril, donc samedi dernier, on a encore 2 dates, les 7 et 8 en Alsace, on en a deux autres qui arrivent dans le Sud, le 21 et 22 avril…

Metal-Eyes : Pardon: par rapport à l’Alsace, le sud, c’est vaste…

Vianney : Oui (rires), Sud Est! J’y venais : Marseille, enfin, Miramas, juste à côté, et Fréjus. On jouera également au Lions Metal Fest près de Lyon, à  Montagny, où seront, parmi d’autres, en tête d’affiche, Onslaught et Darkhain, deux groupes qu’on affectionne particulièrement. Ça nous fait très plaisir de fouler les planches avec eux. Il y a encore quelques dates prévues pour l’été et un rythme un peu plus soutenu pour la rentrée en septembre.

Metal-Eyes : Si chacun d’entre vous ne devait retenir qu’un titre de The dawn of counsciousness pour expliquer ce qu’est Deficiency aujourd’hui, lequel serait-ce?

Vianney : Je dirais Newborns awakening, celui qu’on a utilisé pour le clip, dans la mesure où c’est un morceau assez rentre dedans et qui représente bien Deficiency ; on sent vraiment la patte de notre groupe. Autrement, un autre morceau qui me tient à cœur, c’est Another fail to come, qui est aussi assez représentatif de ce qu’on fait.

Laurent : The post knowledge day, l’avant dernier morceau… Je trouve que c’est un des morceaux les plus aboutis de l’album, avec son intro symphonique, les passages thrash, super mélodiques, des refrains accrocheurs… pour moi, c’est un des meilleurs titres du groupe, avec Newborn’s awakening.

Jérôme : Newborn’s awakening, pour moi, c’est le titre qui nous représente le mieux. Thrash, direct, et en ouverture d’album…

Metal-Eyes : C’est peut-être pour ça qu’il est en ouverture de l’album…

Laurent : Oui, d’entrée on annonce la couleur!

Metal-Eyes : A part lorsqu’on a pris votre commande aujourd’hui pour le déjeuner, quelle a été la meilleure question qu’on vous ai posée depuis ce matin?

Vianney (Rires) : Quelle sauce? (Rire général)

Laurent : Ah, j’en ai une pas mal, je en sais plus qui c’était… Mais c’était “si tu devais partir  sur une ile déserte avec tout un tas de nom genre le lapin d’Alice au pays des merveilles et Jar-Jar Binks ? ”, j’ai choisi Jar-Jar Binks. On risque de bien se fendre la gueule.

Vianney : je ne sais pas, j’ai pas eu de question farfelue pendant les interviews…

Metal-Eyes : Celle qui t’a le plus marqué alors?

Vianney : C’est un peu difficile… Je ne sais plus comment elle était formulée, mais… demande à Jérôme, ça va revenir…

Jérôme : Pas une question, c’était une sorte de portarait chinois, un peu différent et plus personnel.

Metal-Eyes : Ca t’est revenue, Vianney?

Vianney : Non, mais une autre m’est revenue: on nous demandait trois termes à chacun pour décrire le groupe. C’était assez difficile et les réponses de chacun étaient assez intéressantes, en fait.

 

THE T.A.W.S.: Beyond the path

the taws 2017Hard rock, France (M&O music, 2017)

The T.A.W.S. ? Derrière ce mystérieux acronyme (qui signifie Travel Across  the Windmills State – donc littéralement « Voyage à travers le pays des moulins à vent ») se cache une jeune formation hexagonale de Hard rock grandement influencée par le rock pop énergique contemporain. Tout au long des 11 titres de Beyond the path, le quintette (Elodie Jouault au chant, Rémy Baty et Ben Pubert aux guitares, Pierre-Yves Sabirou à la basse et Alexandre Bonnet à la batterie) nous offre un voyage non pas en Hollande – malgré la référence évidente du patronyme et de l’illustration qui sous entend que le groupe, comme tant d’autres, se bat contre des moulins à vent afin de tenter de survivre – mais bien une échappée aux pays des guitares. Rapides, rageuses, elle ne sont adoucies que par le chant plus popisant d’Elodie, pourtant déterminé et volontaire, parfois limite punk (Welcome to hell). Les riffs et échappées guitaristiques évoquent autant les groupes actuels (Avenged Sevenfold, parmi d’autres) que plus anciens (on pioche dans le thrash de Metallica?) et impose une ambiance à la fois joyeuse et explosive. Certes, The T.A.W.S. ne cherche pas à transmettre un négativisme musical mais simplement sa vision de la joie de vivre. C’est une bonne surprise, entraînante et joviale qui (même si ce n’est pas mon style musical de prédilection, avouons le!) parvient à se démarque de nombre de groupes que l’on peut « découvrir » ici et là qui se disent « différents ». The T.A.W.S.? Un groupe à suivre.

Note: 7,5/10

Sortie: le 31 mars 2017

THE ONE HUNDRED: Chaos + bliss

the one hundred 2017Metal extrême, Royaume-Uni (Spinefarm, 2017)
A priori, ce disque n’est pas fait pour moi… Dreamcatcher est explosif, le chant criard, hurlé… mais, va savoir pourquoi, je pousse un peu plus loin et là, surprise : The One Hundred intègre à son metalcore des sonorités electro qui virent au chant rapé. Avec ce Chaos+Bliss, le premier album des Anglais, The One Hundred est déterminé à faire parler de lui. En passant du metal extrême à des tempi plus calmes et autres influences rap et/ou electro, ces 12 chansons sont une invitation à la syncope. Âmes sensibles, s’abstenir. Les autres, invitez-vous dans des univers aussi bizarres que dérangeants. Un album intrigant.

Note 7/10

DEEP PURPLE: InFinite

deep purple 2017 Royaume-Uni, Hard rock (e.a.r. music, 2017)

Eh, si ce InFinite doit être le chant du cygne de Deep Purple, alors soit! Mais quand un groupe cinquantenaire affiche une telle forme, il est dommage de penser qu’il entame sa dernière tournée cette année. Rassurons nous, il ne s’agit que de tournée, Pruple ne parle pas de mettre un terme à un concert de temps à autres, ni même ne parle de dernier album! D’ailleurs, le titre lui-même est en contradiction avec l’idée de fin: Infinite…  Plus en forme que jamais, Deep Purple nous offre quelques surprises : malgré l’arthrite qui le paralyse de plus en plus, Steve Morse est plus imaginatif que jamais. Sans doute la maladie qui le handicape l’oblige-t-elle à travailler la guitare d’une autre façon? La guitare, sans être omni présente, apporte une dimension sans pareille à l’ensemble (Time for Bedlam, Birds of prey, Johnny’s band…). Don Ayrey, qui ne parvient pas, en concert, à faire oublier Jon Lord, offre des moments mémorables avec ses claviers (All I got is you). La voix de Gillan, si elle ne peut certes monter autant qu’il y a quelque décennies (mais quelle rage il s’en dégage sur All I got is you!), est partout magnifique. Et, enfin, on le sous estime souvent, mais le rôle de Roger Glover dans le groove de la section rythmique est ici immense, et la complicité avec l’exemplaire Ian Paice sans équivoque. La variété de styles apporte une fraîcheur à l’ensemble (ah, ce The surprising au titre si bien choisi, clin d’œil, en partie, à Jeff Buckley et/ou Pink Floyd, et ses instants fantomatiques rappellent également Vincent Price qui figurait sur l’album précédent), et évoque le Purple des années 70, celui du retour de 84 autant que ce dernier « mark » du groupe, qui propose sans doute son meilleur ouvrage depuis l’arrivée de Morse. InFinite se déguste et l’on s’en délecte sans modération. Pourtant, une surprise moins bonne est à relever: pourquoi une formation aussi assise que Deep Purple a-t-elle fait le choix de conclure ce qui pourrait être son dernier album avec une reprise des Doors? Va savoir… Reste que, comme Gillan le chante si bien sur le morceau d’ouverture, parce qu’avant ce ne sera pas possible (pour moi): « see you in hell »(fest)!

Note: 9,5/10

GHOST live à Paris (L’Olympia, le 11 avril 2017)

ghost paris 2017

C’est la foule des grands soirs qui investit la mythique salle parisienne de l’Olympia. Une foule venue assister à sa grand messe, à un concert subversif, spécialité de Ghost… Sur scène trônent la batterie et les claviers masqués par des larges draps sombres. Devant, un petit set de batterie et des claviers attendent Zombie, le groupe de première partie. A 20h00, le batteur et le claviériste prennent tranquillement possession de leurs instruments. Dès les premières notes, l’influence de Rush se fait sentir, puis viendra celle de Jean-Michel Jarre, parmi d’autres. Pas de chant, et pas d’autre musicien… Zombie, ce n’est qu’un duo qui balance un variété un peu rock qui s’inscrit dans l’optique de cette tournée de Ghost intitulée le Popestar tour. Difficile à deux de remplir l’espace, ce qui ne semble pas être l’idée du jour même lorsque le pianiste s’empare d’une basse (bien trop forte à mon goût). Malgré le groove  et un accueil dans l’ensemble positif et sympathique, une bonne partie du public préfère se retrouver au bar. C’est simple, l’antichambre offre le spectacle d’une foule dense et bigarrée, qui assit et qui debout, mais une foule qui piaille, saute, s’assied, boit, partage, rit, s’écoute et se sourit dans un joyeux brouhaha qui se fait l’écho d’une certaine vision de la vie.

Lorsque Zombie termine à 20h45, les rideaux se referment sur la scène (chose rarement vue lors d’un concert rock ici). Petit à petit, la salle se remplit de nouveau. Le public est familial et multi-générationnel (de 6 à 77 ans, à l’aise!, mais rappelons-nous que les Parisiens sont en vacances). La musique d’entracte prépare l’ambiance: sonate au piano puis chants liturgiques et chœurs sacrés.

Enfin, les lumières s’éteignent. On aperçoit les pieds de Ghoul qui prend place derrière ses claviers puis arrivent ses compagnons de jeu. Les premières notes de Square hammer résonnent et des lumières de fond de scène éblouissent le public afin d’offrir une entrée soudaine et magique à Papa Emeritus III, vêtu de sa tenue des grandes occasions. C’est une forêt de mains levées qui l’accueille, des mains qui ne seront remplacées tout au long du concert que par les sauts cadencés du public ultra réceptif. On aperçoit même Steph Buriez, leader de Loudblast, headbangant comme pas deux. Les plus belles offrandes défilent comment autant de d’hosties noires (From the pinnacle to the pit, Secular haze, Body and blood, Devil church, Absolution, Cirice, He is…) Le chanteur se rendant compte de la présence de nombreux enfants promet de faire attention à son langage, promet, bienveillant, de ne pas jurer et de contrôler le nombre de « fuck » et « shit ». Bien sûr, Ghost propose un show assez similaire à ce que l’on a pu voir ces derniers mois, Papa changeant de tenue une fois, discutant paisiblement avec ses ouailles, Ghoul (basse) et Ghoul (guitare) s’offrant un pas de deux tandis que le pape noir invite deux jeunes nonnes à venir sur scène, informant le public des premiers rangs qu’elles vont venir faire une offrande. « Prenez ce cadeau, mais rien de plus! On ne lèche pas les doigts… » Mais une chose est évidente: même si le spectacle reste assez similaire et sans surprise, ça marche! C’est carré, hors du temps et passe partout. Au rappel, Papa seul sur scène énonce toutes les villes où Ghost a joué en France. Nombreuses… Et demande qui a déjà vu le groupe live. Tout le monde semble-t-il. Puis qui n’a pas vu Ghost. une personne, semble-t-il à laquelle papa explique toujours terminer par la même chanson. Monstrance clock annonce donc la fin du show, à l’ambiance explosive et chaleureuse. Une très belle soirée!

Devant le nombre important de demandes, Metal-Eyes n’a pu être accrédité pour les photos. Ce live report est donc sans illustration. Merci cependant à Olivier Garnier d’avoir rendu ce report possible.

AYREON: The source

Ayreon 2017Pays-Bas, Metal progressif (Mascot, 2017)

Depuis ses débuts, Ayreon propose des albums longs – doubles, systématiquement – et complexes. Riches et mélodiques, les œuvres du « groupe » sont toujours des pièces uniques d’un opéra rock moderne. Exception faite de The theory of evrything, qui est, comme s’en explique Arjen Lucassen lors de notre rencontre, quelque peu à part dans la discographie, ce nouvel opus, The source, s’intègre parfaitement dans l’histoire d’Ayreon. Plus que cela, même, puisqu’il s’agit d’un prequel, l’histoire relatant les débuts de l’humanité. Pour mener cette aventure à bien, Arjen s’est entouré d’une bonne vingtaine de musiciens parmi lesquels ont distingue deux des guitaristes (Guthrie Govan et Paul Gilbert). Ce sont surtout les rôles vocaux, qui font toute l’histoire, qui sont remarquable. Figurent ainsi un historien, un prophète, un capitaine, une commandante ou une Biologiste, rôles respectivement tenus par James LaBrie (Dream Theater), Nils K. Rue, Tobias Sammet (Avantasia, Edguy), Simone Simmons (Epica) et Floor Janssen (), parmi d’autres . Tout au long des 4 tableaux qui composent The source, on trouve des traces de la grandiloquence de Queen ou de Helloween, des influences celtes/irlandaises et orientales. Les passages épiques sont foison. Construit comme un film, la tension s’invite dès les premières minutes et s’amplifie avant de relacher l’auditeur vers un final grandiose, victorieux, lumineux et épique. Tous les éléments sont réunis dans une construction efficace bien que sans surprise. Bien sûr, s’ingurgiter plus d’une heure trente de musique d’une traite est énorme, mais c’est ce qu’attendent les fans d’Ayreon qui seront aux anges. D’autant plus que quelques privilégiés pourront,bientôt assister à trois représentations live d’Ayreon qui célébrera une sorte de best of. Tous les détails dans l’interview!

Note 8,5/10

 

VULCAIN, ADX et HIGH SCREAM live à Olivet (45), le 8 avril 2017

Vulcain ADX Olivet

Il y a quelques mois, Vulcain devait donner un concert au Blue Devils, bar rock du centre ville d’Orléans que connaissent bien les amateurs et qui fut jadis l’Infrared. Mais ce concert n’eut lieu, la préfecture ayant augmenté les normes de sécurité attendues… C’est finalement avec l’association Le Dahlia Rouge que ce concert est organisé, à l’espace culturel d’Yvremont situé dans la ville d’Olivet, à coté d’Orléans. La salle est grande et propose une scène spacieuse dotée de bons éclairages. le seul hic réside en la sonorisation, pas évidente mais nous ferons avec.

A 20h30, High Scream investit les lieux. Laissez-moi commencer par un mea culpa avant de vous parler du concert en lui même – ceux qui me lisent régulièrement vont penser que je suis maudit. Bon, euh, comment dire??? Une fausse manip m’a fait perdre toutes les photos de High Scream ainsi qu’une partie de celles d’ADX. Donc, j’en suis navré, il n’y aura pas de visuel pour ce groupe pourtant très prometteur. Car High Scream délivre un heavy racé, typé US, au chant et mélodies puissants et entraînants. La formation profite d’ailleurs de l’espace qui lui est offert pour donner le meilleur d’elle même et parvient aisément à séduire un public malheureusement trop peu dense (environ 200 spectateurs pour une capacité de 600, ça fait vide!). Une demie-heure, c’est sans doute un peu court, mais c’est aussi le sort réservé lorsqu’on a deux grosses têtes d’affiches qui arrivent. Il n’empêche, High Scream balance son hard rock avec une réelle conviction, et on attend de les retrouver bientôt!

SONY DSC

La dernière fois que j’ai vu ADX en région orléanaise remonte à… 2009 je crois, à Lailly en Val. Et ce soir, à Olivet, même si la salle n’affiche pas complet, on remarque que le public est varié: local, certes, mais certains viennent de Chartres, Paris ou encore Montpellier! Si ADX ne réserve pas vraiment de surprise, c’est toujours la bonne humeur qui est de mise live. un concert, c’est la fête, et les deux plus « sérieux » sont Nicklaus et Julien, les deux derniers arrivés au sein de la formation qui semble avoir vraiment trouvé sa stabilité. La setlist est judicieusement partagée entre classiques (Tourmente et passion, Déesse du crime, Notre Dame de Paris, Mémoire de l’éternel, Les enfants de l’ombre, L’étranger, Suprématie et Caligula) et titres plus récents (La complainte du Demeter, La mort en face, Red cap et Division blindée) et l’heure et quart de jeu frustre forcément certains qui en auraient redemandé. Phil, le jovial, remercie à plusieurs reprises le public pour son accueil, public de « Jolivet » (Julien le reprend en lui expliquant que le groupe est à Olivet…) et Betov est toujours aussi heureux de jouer et facétieux avec le public.

SONY DSC

SONY DSC

Tout comme ADX, Vulcain connait parfaitement les ficelles et propose un set carré d’une heure et demi. Depuis bientôt deux ans, le trio célèbre le trentième anniversaire de la sortie de son premier album, Rock n roll secours (mais commence à s’en éloigner un peu, rafraîchissant ainsi la setlist) dont sont ce soir extraits les plus remarquables morceaux (soit presque tous!): Rock ‘n’roll secours, Les damnés, Le fils de Lucifer, Bosser, Overdose, Vulcain/L’enfer, Ebony) ainsi que le plus récent V8, dernier album en date (Avec vous, Call of duty, Limite et Sur la ligne). Les frangins Puzio sont à l’aise, Marc Varez, derrière sa batterie, harangue le public régulièrement et ses commentaires font bien marrer Daniel Puzio.

SONY DSC

Trois nouveaux titres sont joués (En vrac, qui parle des femmes, le très actuel Pour qui voter suivi de Heroes) le reste du set – deux morceaux – piochant dans une partie de la très riche discographie du trio  (Blueberry blues, Le soviet suprême). C’est peu, mais on ne peut satisfaire tout le monde à moins de jouer 5 heures! Le public est réceptif, un couple s’offrant quelques pas d’un joli rock, certains montant sur scène et prenant le risque d’un petit stage diving (merci à la jeune femme complètement bourrée qui n’a pu se lever et m’est tombée sur e dos… Pour ensuite se rater de nouveau et se retrouver par terre! Rock n roll!) Au milieu d’Ebony, joué en rappel, Julien et Nicklaus décident, armé de leurs instruments, de rejoindre Vulcain sur scène avant que tous les intervenants du soir ne s’y retrouve pour la traditionnelle Digue du cul.

SONY DSC

L’association Dahlia Rouge et le Blue Devils ont, malgré une salle pas complète, réussi leur soirée, chaleureuse et conviviale. Une initiative à réitérer.

SONY DSC

Merci à Fabienne et les bénévoles de Dahlia rouge production pour l’orga, à ADX et Vulcain pour les moments festifs live et hors scène! 

HELL OR HIGH WATER – Vista

HELL-OR-HIGHWATER_Vista 2017Heavy instrumental, USA (Spinefarm, 2017)

Etonnant album que ce Vista des Américains de Hell Or High Water. Une visite sur le site du groupe montre en effet le visage d’une formation complète, guitare basse batterie et … chant. Alors que HOHW entame son nouvel opus avec un Colors instrumental, proche du doom et très énergique, saturé, pourquoi pas ? Puis arrive Walk out in the rain que ne renierait pas, n’était-ce une saturation trop forte pour le maitre, Joe Satriani (voire Dame également). Puis les relents presque death de Don’t hate me se transforment en une douceur bienveillante. Les rythmes alternent évoquant divers univers – dont celui de jeff Buckley sur Lighter than air – et plus généralement le heavy rock contemporain. Mais… toujours pas de chant !Peu importe au final, car ces 12 morceaux nous offrent un voyage sonore attirant alliant rock, heavy, intonnations plus electro et groovy (belle conclusion que ce Revolution moins revendicatif que son titre).. . Un album efficace, varié qui revisite les codes du rock instrumental avec bonheur.

Note : 8/10