HORSKH: Wire

France, Metal électro (autoproduction, 2021)

Ça s’appelle Wire, et ça porte bien son nom… les Français de Horskh on décidé de prendre la place d’un Daft Punk qui vient d’annoncer sa séparation. Oui, non, en fait… Wire est sorti avant cette annonce mais vient chasser sur le terrain de jeu des mecs casqués, en violent. Beaucoup plus violent. Les rythmes hypnotiques feront entrer n’importe quel amateur du genre dans une transe qui détachera son âme des réalités terrestres. Non, qui arrachera son âme. Brutal, électro les 12 titres nous entraînent au milieu d’une foule dansant sous les flashes stroboscopiques, de lumières agressives. Et les inspirations metal, là dedans? Ben, j’ai du mal à les trouver tant l’electro domine le sujet. C’est bien foutu, puissant, dansant sans doute aussi pour certains, mais ça s’adresse à un public amateur et avisé. Si ce n’est pas ma came, d’autres y trouveront sans aucun doute possible un défouloir à leur mesure.

CONCOURS: Metal Eyes fête ses 5 ans d’existence!

Voici déjà 5 belles années que Metal Eyes a vu le jour. C’est en effet le 19 mars que parurent les premiers articles de ce webzine, et pas des moindres: un live report à domicile avec les dingos de 6:33 qui ouvraient pour les Orléanais de Wild Dawn, espoir montant d’alors (et connus, au delà de leur rock furieux, pour leurs chemises à carreaux) et une interview des Américains de Black Stone Cherry. Interview dont la seule consigne (c’est rare qu’on en ait…) était de ne pas aborder le sujet de la politique… Penses-tu! Trump venait d’investir la maison Blanche deux mois plus tôt, d’envahir le monde de Tweets rageurs devenus légendaires, et dans le Kentucky, on est assez… conservateur en général.

Mais, assez! là n’est pas le sujet!

Le 19 mars 2016, le monde entier, oui, rien que ça!, découvre Metal-Eyes et son diablotin d’emblème crée par l’ami Phiphi – Phucking Phiphi sur une certaine page bleue – graphiste émérite chez Damnation Creations (www.facebook.com/damnationcreations)

Seulement voilà, en pères indignes que nous sommes – oui, Phiphi, tu as aussi une part de parenté dans cette aventure – nous ne l’avons jamais baptisée, cette créature…

Alors voici: www.metal-eyes.com, avec la généreuse participation de Replica Promotion, d’Ellie Promotion et de Verycords, a décidé de remédier à cela. Il lui faut un nom!

             

C’est l’objet de ce concours anniversaire, et, pour participer, vous l’aurez deviné, il suffit d’envoyer, entre le 1er et le le 12 mars 2021 minuit, à l’adresse contact@metal-eyes.com, le nom qui vous semble le plus digne de la mascotte de Metal Eyes. Pour fêter cet évenement, nos partenaires se sont montrés particulièrement généreux, jugez en plutôt: plus de 80 cd français et étrangers promo et « définitifs » accompagnent une brouette de goodies (mug, clés usb, des cartes dédicacées, t-shirts…) sont mis en jeu et viendront récompenser 3 participants.

Pour participer, rien de plus simple: il suffit de proposer, par mail, le nom de la mascotte de Metal Eyes.

Le concours est gratuit et ouvert à toute personne résidant en France métropolitaine, sans limite d’âge. Une seule participation par adresse mail sera acceptée; inutile de faire plusieurs propositions, seule la première envoyée sera retenue.

L’objet du mail devra préciser « Concours 5 ans Metal Eyes »

Outre votre proposition de nom de baptême de la mascotte, votre mail devra impérativement comporter vos coordonnées postales complètes (prénom, nom, adresse), la mention votre taille de t-shirt (en fonction des stocks disponibles) et vos 5 groupes préférés (pour des goodies supplémentaires, également en fonction des stocks disponibles).

Le gagnant sera désigné par un comité composé de représentants différents partenaires ainsi que des concepteurs de cette mascotte (Phiphi et moi même) qui choisiront le nom le plus original ou le plus représentatif de l’esprit du webzine.

Dans le cas de plusieurs propositions identiques, le gagnant de premier rang sera désigné en fonction de la date et de l’heure réception du mail.

Le premier lot : 39 CD (promo et définitifs) français et étrangers, une clé USB promotionnelle, une photo signée de tous les membres d’un groupe allemand, un mug Metal Eyes (et, dans la limite des stocks disponible un T-shirt surprise et plus encore). Le tout généreusement offert par www.metal-eyes.comReplica Promotion, Ellie Promotion et Verycords, partenaires du concours.

En cas d’ex-aequo le premier prix sera délivré au gagnant ayant répondu le plus tôt. L’autre gagnt recevra le second lot: 29 CD (promo et définitifs), français et étrangers, une clé USB promotionnelle, une photo signée de tous les membres d’un groupe allemand e(t, dans la limite des stocks disponibles un T-shirt surprise et plus encore)

Troisième lot: 19 CD , une clé USB promotionnelle, une photo signée de tous les membres d’un groupe allemand (et, dans la limite des stocks disponible un T-shirt surprise et plus encore.)

Deux lots supplémentaires (dits « de consolation ») pourront également être attribués, comprenant chacun des CD et des goodies (en fonction des stocks disponibles).

Ces prix seront directement envoyés au domicile des gagnants, annoncés sur le site.

Vous pouvez envoyer vos propositions entre le lundi 1er mars et le vendredi 12 mars 2021 minuit à contact@metal-eyes.com, sans oublier l’objet du mail ni vos coordonnées complètes. Les gagnants des différents lots seront informés par mail et annoncés sur www.metal-eyes.com et sur la page facebook du webzine. La participation au concours implique forcément d’accepter d’être nommé sur le site et sur la page facebook du webzine. Le nom retenu sera officialisé le 19 mars 2021.

Alors, maintenant… à vos idées!

          

 

BRING ME THE HORIZON: Post human: survival horror

Angleterre, Metal (Sony music, 2020)

Violent, brutal, électro sont trois termes qui reviennent tout au long de ce Post Human: survival horror, nouvel album des Anglais de Bring Me The Horizon qui avaient réussi à surprendre avec son précédent opus, Amo (2019). Ca castagne dès Dear diary, qui démarre avec des hurlement explicite: la rage est là, la nécessité de se défouler aussi. Le groupe mélange tout au long des 9 morceaux metalcore rageur, rythmes électro et phrasé autant metal que rap, un mariage réussi. Teardrops, puissant, entraîne l’auditeur au cœur de mélodies efficaces et variées. C’est d’ailleurs une des forces de ce nouvel album: mélanger les influences au sein de ses morceaux, ne jamais aller à l’évidence, casser le rythme et les codes. Oliver Sykes fait des merveilles vocales, passant de hurlements de souffrance à un timbre fluet, alternant colère et puissance. Obey, deux syllabes qui sonnent comme un ordre, nous invite dans un univers violemment électro. Invitée à clore ce nouveau méfait, Amy Lee (Evancence) vient poser son chant sur One day the only butterflies left will be in your chest as you march towards your death pour un duo tout aussi puissant et efficace. Cet album sonne comme une alerte post apocalyptique et cependant parvient à tracer de nouvelles voies musicales. Un savant mélange de sonorités familières et futuristes. Brutal et efficace en diable, on n’attend qu la scène…

Interview: SLEAZYZ

Interview Sleazyz : entretien avec Speed (batterie). Propos recueillis par téléphone le 29 janvier 2021

Metal-Eyes : Votre album March of the dead est sorti en octobre dernier. Première question : pourquoi en faire la promo aussi tard ?

Speed : Ben, la crise sanitaire n’a pas facilité les choses, tu as pu le constater. Il y a un an jour pour jour, nous étions encore en studio, Âme du temple, à Troyes…

 

Metal-Eyes : A Troyes ? Mais vous êtes quatre…

Speed : C’est ça (rires) ! On est de Troyes, mais nous sommes 4 et l’album a été enregistré en 5 jours (rires). Joli coup, hein ! Vu que ce sont des morceaux relativement court, l’album ne dure que 33 minutes. Tu as pu l’écouter ?

 

Metal-Eyes : Oui, la chronique est déjà parue, ça a été une très agréable surprise.

Speed : C’est vrai, je l’ai vue en plus ta chronique. Pour nous, ce qu’on recherche, c’est que ça dégomme, que ça envoi, et l’esprit, c’est aussi de trouver des refrains qu’on va pouvoir retenir, dans un esprit un peu festif.

 

Metal-Eyes : Un peu festif et aussi un peu shock rock. D’autant plus que Marche of teh dead est sorti juste à la période de Halloween.

Speed : Oui, même si cet album aurait dû sortir plus tôt. Mais avec le Covid, on a repoussé, encore et encore, il devait sortir au mois de novembre, on devait même, grâce à la ville de Troyes et La Maison du Boulanger en faire la promo à la Chapelle Argens, une très bonne salle de concert, mais c’est aussi repoussé, pour l’instant au mois d’avril.

 

Metal-Eyes : Revenons cependant sur l’histoire du groupe que je découvre avec ce nouvel album. Peux-tu me raconter l’histoire du groupe ?

Speed : Alors, Sleazyz est un groupe d’horror metal qui a été créé en 2003 par Fred, le chanteur bassiste, à Saint Ouen, en région parisienne. Il y a eu deux albums single auto produits faits à cette période. En 2017, 2018, Fred est venu s’installer à Troyes et a reformé le groupe avec un nouveau line-up. Il y a donc Fred, l’auteur compositeur principal des morceaux, chanteur et bassiste du groupe, David « Ripper » à la guitare lead, « Pandemonium » Rodriguez, Illiana, aussi compositrice et arrangeuse, à la guitare rythmique et au chœurs, et moi à la batterie. Le premier album, une démo 12 titres, a été enregistré en 2014, et en 2016, Funhouse arrive, avant la reformation en région troyenne et l’enregistrement de March of the dead et 10 nouveaux morceaux.

 

Metal-Eyes : 10 nouveaux morceaux qui correspondent bien au nom du groupe, des morceaux assez glam rock aussi, mais pas que…

Speed : On a plein de monde autour de nous qui nous « au final, vous jouez du rock n roll ». Mais c’est la base, le rock ! Fred est fasciné par tout ce qui est horreur, films d’horreur des années 50 à 80. Sur scène, on a aussi toujours des montages de films de ces périodes-là. C’est super, parce que dans le public, les gens se font des petits quizz, c’est à qui reconnait tel ou tel extrait.

 

Metal-Eyes : Assez fun aussi, donc. J’allais te demander à quoi ressemble un concert de Sleazyz, mais tu viens d’en faire un rapide descriptif…

Speed : Oh, un concert de Sleazyz, tu as vu des photos, il y a du maquillage, un look, et le montage video avec, quand on le peut, sur des scènes un peu plus grandes, un visuel toujours en lien avec cet univers de l’horreur.

 

Metal-Eyes : Rock n roll, influences de film d’horreur… Mais si tu devais décrire votre musique à quelqu’un qui ne vous connait pas du tout, que lui dirais-tu ?

Speed : Oh, d’abord notre musique elle reste basée sur les influences que nous avons tous les quatre. On écoute du rock, du metal, du glam et aussi du speed et du thrash.

 

Metal-Eyes : Et si tu devais ne retenir qu’un seul morceau de March of the dead pour inciter la personne à écouter ce que vous faites, ce serait lequel ?

Speed : Pour l’inciter ? Je l’invite à regarder notre dernier clip, le morceau qui s’appelle Devil talking in my head. Je pense que ça retranscrit tout ce que je viens de te dire : ça commence avec un metal assez lourd, avec des saccades, un solo de guitare bien speed, il y a du groove, tout ça dans le même morceau. C’est assez représentatif de l’ambiance de Sleazyz. Même si, comme tu l’as écrit dans ta chronique, il y a des morceaux un peu plus glam, d’autres carrément punk ou indus. Mais en allant toujours droit au but. Ce qu’on cherche, c’est que le lendemain d’un concert, que quelqu’un se réveille en ayant toujours un ou deux refrains en tête.

 

Metal-Eyes : Ben ça, en ce moment, ce n’est pas gagné… Une question sur la pochette : à quoi correspondent les dates qui figurent sur le cercueil, au verso ?

Speed : Ah, alors là, c’est une bonne question ! Je ne pourrais pas te répondre… Je n’ai pas l’album devant moi….

 

Metal-Eyes : 1959, 1945, 1959 et 1968.

Speed : Je n’en ai aucune idée. Il faudra demander à Fred… C’est vrai que je n’avais pas tout décris sur cette pochette.

 

Metal-Eyes : Avais-tu eu l’opportunité d’écouter ce que faisait la première mouture de Sleazyz ?

Speed : Oui, reprenant certains de ces morceaux, j’ai écouté, et ça reste dans l’esprit de ce que fait Sleazyz.

 

Metal-Eyes : Alors comment pourrais-tu décrire l’évolution du groupe entre ces deux derniers albums ? Il y a eu un changement radical de line-up, mais en dehors de ça ?

Speed : Quand je suis arrivé dans le groupe, il y avait déjà 6 morceaux de composés par Fred. Les arrangements finaux se font aussi en studio, mais j’espère que pour le prochain on pourra apporter un peu plus notre patte. Mais c’est vrai que depuis un an et demi, tout se passe toujours super bien, il y a une vraie symbiose entre nous. On est toujours un peu comme des gamins, et jusqu’à présent, je traverse ce groupe avec une impression assez virevoltante, et j’ai joué dans maints et maints groupes…

 

Metal-Eyes : Vous avez travaillé avec un producteur, l’album a un gros son. Il est sorti en fin d’année dernière, alors, quels sont les premiers retours ?

Speed : Toutes les chroniques qu’on a reçues vont au-delà de ce qu’on pouvait espérer… « du son direct qui rentre dedans », « Fun, fear et rock n roll », des choses comme ça. Je pense que tout a été très positif. Le problème, c’est que la distribution de l’album c’est… AUJOURD’HUI ! Sur toutes les plateformes streaming…

 

Metal-Eyes : Avec tous ces retours encourageants, avez-vous envie d’enfoncer le clou et de ne pas faire attendre le public trop longtemps avant un nouvel album ?

Speed : C’est assez difficile de se voir en ce moment. Mais on commence à composer, on a quelques bribes de titres qui prennent forme.

 

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise de Sleazys ?

Speed (il rit) : comme dit le morceau Sleazyz qui figure sur un autre album : « One, two, fuck you ! »

 

Metal-Eyes : Soyons clairs : « One, two », comme « un deux », ou « Want to » comme « je veux » ?

Speed : Non, non, « un deux », « One two » ! En plus, sur scène, le morceau marche bien sur scène, le public réagit facilement et le reprend direct. En plus, avec la période qu’on vit, on est en plein dedans.

 

Metal-Eyes : As-tu quelque chose à rajouter pour terminer ?

Speed : Je vais me répéter, mais « fun, fear, and rock n roll ».

 

 

Interview: JIRFYIA

Interview Jirfiya : entretien avec Pascal (basse). Propos recueillis par téléphone le 6 janvier 2021

Photo promo

Metal-Eyes : Jirfiya a sorti un second Ep il y a quelques mois, mais c’est la première fois que nous parlons. Peux-tu, demande très originale, tu en conviendras, raconter l’histoire du groupe ?

Pascal : Jirfiya est né il n’y a pas très longtemps. Ça fait environ 3 ans que nous nous sommes réunis. Jérôme et moi avions un autre groupe, Born From Lie, avec qui on a sorti 3 albums. Il ne voulait plus être seul à chanter. On a cherché, et trouvé Ingrid. Quand on l’a auditionnée, il y a eu la conjonction de plusieurs événements, le batteur déménageait, n’avait plus trop de temps pour le groupe… On a décidé avec Jérôme de faire un autre groupe et, avec l’arrivée d’Ingrid, Jirfiya est né.

 

Metal-Eyes : Quelle est la signification du nom du groupe ?

Pascal : C’est le nom d’une météorite martienne qui s’est écrasée en Lybie, dans la ville de Jrfiya, sans le i ce qui rend la prononciation encore plus difficile. On a donc rajouté une voyelle, et on aimait bien le nom oriental qui colle bien avec nos mélodies orientales.

 

Metal-Eyes : Le premier Ep est sorti il y a un peu plus d’un an. Quels retours avez-vous eus ?

Pascal : Les chroniques étaient très bonnes, mais je ne sais pas si on a pu faire une promo complète… On n’a pu donner qu’un concert avant de devoir arrêter.

 

Metal-Eyes : La situation sanitaire vous a-t-elle permis d’accélérer la réalisation de ce nouvel Ep, Still waiting ?

Pascal : Ça aurait pu, mais Jérôme, quand il s’y met, il s’y met… Il est intermittent du spectacle, donc parfois, il y a des périodes, en hiver, il ne travaille pas. Il compose et nous sort des morceaux pendant ce temps. Parole et musique, c’est principalement lui. Donc la situation sanitaire n’a pas vraiment joué. Il a simplement du temps…

 

Metal-Eyes : C’est une volonté de votre part que de sortir des Ep plutôt qu’un album avec 10 ou 11 titres ?

Pascal : Là, ça s’est fait un peu comme ça… Jérôme avait 6 morceaux. Les titres bonus viennent de Born From Lie, des titres qu’on voulait réadapter et rejouer. On en a donc profité, ce qui donne presque un album.

 

Metal-Eyes : Quelles différences fais-tu entre ces deux versions Born From Lie ?

Pascal : Ça change beaucoup avec la voix d’Ingrid. Mais on a tout réenregistré, on n’a pas pris les bandes son de l’album. Le son est plus puissant, on ne les avait pas fait mixer par Andrew G, elles sont beaucoup plus puissantes comme version.

 

Metal-Eyes : Comment analyses-tu l’évolution du groupe entre ces deux Ep, Wait for dawn et Still waiting ?

Pascal : Ah, très bonne question ! Je ne me suis pas posé cette question, mais je pense qu’il y a une évolution naturelle. C’est surtout au niveau de la voix d’Ingrid, parce que, musicalement, on retrouve notre patte, notre style. Ingrid a vraiment évolué entre ces deux disques. Pour le premier, ça ne faisait pas longtemps qu’on travaillait ensemble, tandis que là… Sur certains morceaux, elle est devenue plus agressive et plus douce aussi.

 

Metal-Eyes : Les influences orientales, elles viennent d’où ? Bon, tu vas me dire « d’orient »… (rires)

Pascal : On aime bien ces mélodies, dans le metal il y en a beaucoup aussi. Ça fait partie de nos influences.

 

Metal-Eyes : C’est Jérôme qui est à l’origine des compositions, mais est-ce que vous avez aussi votre mot à dire ?

Pascal : Oh, oui ! Mais comme ce qu’il nous propose est déjà presque bien…

 

Metal-Eyes : J’aime bien le « presque bien »…

Pascal : Oui, c’est « presque une blague » (rires). On discute toujours, mais les morceaux sont pratiquement finis, il est doué pour ça.

 

Metal-Eyes : Andew G avait déjà travaillé avec vous pour le premier Ep. Que vous apporte-t-il de plus qui n’existerait pas sans son oreille ?

Pascal : C’est surtout sa finition, son mixage, son mastering. Et c’est un batteur. Les ingénieurs du son / batteurs, c’est ce qui donne de la puissance à l’enregistrement.

 

Metal-Eyes : Wait for dawn, Still waiting… Vous avez déjà une idée du titre du prochain ?

Pascal : On attend encore et encore (rires) ! Oui, c’était un clin d’œil et les paroles sont assez d’actualité. Mais là, je pense qu’on va arrêter d’attendre… On va faire des paroles sur les chats, ça fonctionne bien sur Facebook (rires) !

 

Metal-Eyes : Justement, vos paroles abordent quoi ?

Pascal : Beaucoup d’actualité brûlante, bon, pas du Covid, ça n’existait pas encore… Mais tout ce qui est international, la dérive des multinationales qui polluent, des problèmes plus intimes, sur le pouvoir des sectes sur l’esprit humain…

 

Metal-Eyes : Y a-t-il des thèmes qui n’ont pas lieu d’être dans Jirfiya ?

Pascal : Non, on n’aborde pas ça de cette manière… Jérôme parle de ce dont il veut parler. On ne fait pas de paroles à la… merde, je ne sais plus, ils sont marrant…

 

Metal-Eyes : Ultra Vomit ?

Pascal : Oui, Ultra Vomit, c’est rigolo ! Eux, la parodie, c’est leur truc et ils le font super bien. Nous, on ne pourrait pas, on est trop sérieux (rires) !

 

Metal-Eyes : Bon, ben, je vais éviter de te demander de raconter une blague (il rit) … En dehors des reprises de Still Waiting, si tu devais ne retenir qu’un seul titre qui voit représentatif de ce que vous faites, ce serait lequel ?

Pascal : Alors là… Tu poses une question comme ça à un Normand, je peux pas faire de choix (rires) !

 

Metal-Eyes : On ne m’a pas dit que tu étais Normand, j’aurai refusé…

Pascal : The hill of shame, peut-être ? Mais c’est vraiment parce que je l’adore, et puis pour les paroles qui me touchent. Entre la violence et la douceur, ça représente bien le contraste de tout ce que l’on peut faire en musique.

 

Metal-Eyes : Pour conclure, peux-tu imaginer une devise pour Jirfyia ? En dehors de still waiting, bien sûr…

Pascal : Je pense à… « engagé et confiant », c’est un peu nous.

WARDRUNA: Kvitravn

Norvège, Folk (Sony music 2020)

Cinquième album de Wardruna, projet folk de Einar Selvik et de Lindy-Fay Hella, Kvitravn nous emporte de nouveau dans un univers à la fois sombre et lumineux. Navigant sur une vaste étendue d’eau, les 11 titres évoquent tour à tour mélancolie, joie, tristesse et bien-être. Utilisant des instruments traditionnels ou créés pour l’occasion, chacun des morceaux, chanté à deux voix, développe son propre univers sonore tout en conservant ce trait d’union qui évoque le folklore de peuples tribaux. « Peuples » au pluriel, oui, car si l’esprit nordique des vikings traversant les océans sur leurs drakkars est omni présent, certains passages évoquent également les indiens d’Amérique dansant autour d’un feu en évoquant leurs dieux ou encore les cérémoniaux avec mère nature telles qu’imaginées (pas tant que ça) par Cameron dans son film écolo Avatar. Des univers finalement pas si éloignés quand on y pense… Avec, en fil conducteur, repère de tout un chacun, ce corbeau tour à tour lumineux et sombre.  Enregistré sur une longue période, entre 2009 et 2020, Kvitravn, présenté en fin d’année par un Einar perturbé par le fait « étrange de jouer pour des personnes sans visage », s’écoute d’une traite, sans lassitude. Le mariage des voix d’Einar et de Lindy-Fay fait à nouveau des merveilles, entre profondeur et légèreté. Le ton, grave et solennelle, est en parfaite harmonie avec Gaïa, mère nature, le chant mixte est tout à la fois relaxant et apaisant. Un feu de camp, du calme et de la méditation, c’est un bon remède par les temps qui courent.

AS A NEW REVOLT: Fares

France, Rap metal (Ep, KNT, 2021)

Rap et metal font bon ménage depuis quelques temps. As A New Revolt, duo formé par Manu Barrero (Chant, sampler, sound sysytem – pour ce que ça peut englober…) et Julien Lhuillier (batterie) propose avec ce premier Ep, Fares, 5 titres groovy et rythmés, enragés et engagés. Très inspirés de l’esprit US, le duo pose des bases Hip hop et rap metal qui évoquent aussi bien Deftones que Rage Against The Machine. Souvent hypnotiques (Desert eagle, New traditional), As A New Revolt trouve des rythmes efficaces et imparables. Ok, pour le fan de metal pur jus, ça manque sérieusement de guitares, mais l’énergie développée est telle qu’on ne peut qu’approuver. On est loin des standards d’une certaine forme de rap joué sans instruments, qui dégueule en français sur tout ce qui bouge. Ici, le choix de l’anglais se révèle un atout supplémentaire. La batterie joue également un rôle de premier plan – bien que parfois cachée derrière de l’electro omni présente – et l’on admire la performance sur Peplum qui clôt cet essai, très efficace carte de visite d’un groupe à suivre.

ARABROT: Norwegian gothic

Norvège, Metal (Pelagic, 2020)

Seize titre d’un metal torturé et atmosphérique… Tout est dit dans le titre de ce Norwegian gothic, neuvième album des norvégiens d’Arabrot. Les ambiances développées nous enfoncent inlassablement dans un gouffre sombre et froid. Le groupe n’hésite pas à emprunter aux Doors, à Black Sabbath, à la New ou la Cold wave  et parvient à instaurer une ambiance aussi malsaine que rythmée. Bien que bénéficiant d’une production moderne, l’ensemble évoque, tant dans ce chant torturé que dans ses guitares d’apparence simples, les années 80/90. Pourtant, au milieu de cette noirceur et de ce chant mélancolique se dégagent une ambiance chantante voire dansante (celle où, dans une longue complainte silencieuse, on se roule contre les murs …) qui interpelle. Si l’univers d’Arabrot frôle parfois le doom, si l’ensemble peut devoir s’écouter en plusieurs fois, Norwegian gothic n’en reste pas moins un album étonnant et attirant.

Kiko LOUREIRO: Open source

Metal instrumental, Brésil (Autoproduction, 2020)

Malgré son intégration remarquable et remarqué au sein d’un Megadeth en pleine forme (Dystopia a fait l’unanimité), Kiko Loureiro, l’ancien guitariste d’Angra a trouvé le temps de composer et produire (via une campagne de crowdfunding version éclair) un nouvel album instrumental. Je me livre ici à une séance de rattrapage, l’album étant sorti au mois de juillet dernier. Le guitariste se livre ici à un exercice d’un nouveau genre, puisque, comme le titre – Open source – l’indique, il compte sur la communauté métal et ou musicienne pour améliorer son oeuvre qu’il a mis à disposition du public sur le net. Onze titres qui résultent d’un travail d’orfèvre, et démontrent, si besoin était, la classe du musicien. De Overflow à Du monde (un clin d’oeil à la France?), la finesse de ses errances sur le manche ont de quoi dégoûter les guitaristes en herbe. Cependant, malgré tout, Loureiro parvient à ne jamais tomber dans le piège de la démonstration pure et dure. Loin de la technique et de la frime, la mélodie reste le maître mot de cette oeuvre riche et complète que chacun aura plaisir à découvrir encore et encore. Allez voir sur le net ce que certains morceaux sont devenus, fruits des ajouts de fans… Et même sans ces ajouts, cet album est une merveille du genre. Quand, en plus, sans rien avoir demandé, tu reçois cet album signé de la main du maître…

PSYKUP: Hello karma!

France, Metal barré (Les amis de l’autruche, 2021)

Amateur de metal déjanté joué en chemises à fleurs, les barjots de Psykup, deux ans après leur Live in Bikini, sont de retour avec Hello karma!. Avec ses 12 titres, le groupe propose un metal furieux, décallé et souvent irrévérencieux. La sauvagerie dont fait preuve Psykup est toute contrôlée, alternant entre fureur et temps calmes, hurlements et chant presque langoureux, voire même taquin. Difficile de tout suivre sereinement d’une traite, mais, ça, le groupe nous y a habitués, non? Hello karma! s’adresse à un public averti et pourrait même choquer quelques uns. Il suffit pour s’en convaincre de jeter un œil aux titres, explicites et qui ne passeraient pas aux USA: Masturbation failed, Get laid, Lucifer is sleeping… Mais non, Psykup ne parle pas de sexe ou de religion. Le quatuor désire au contraire pointer du doigt certaines dérives de nos sociétés modernes, malades et malsaines. Si vous avez le cœur bien accroché, jetez vous dans cette furieuse spirale infernale et ces nouvelles déflagrations que nous balance à la gueule un Psykup en pleine forme! Franchement, Psykup, c’est des barjots… Ça démonte le boulot des pompes funèbres en déboîtant le lit de ma grand mère, ses pauvres rhumatismes avec. Un karma déjanté, quoi!