OVERCHARGER: Origin

Metal, France (Overpowered records, 2018)

Prenez une dose de rock sudiste, une poignée de metal, une (grosse) pincée de hardcore et mélangez le tout… Vous obtenez un metal moderne et rugueux qui se nomme Overcharger. Le groupe, formé à Bordeaux dans la première moitié des années 2010, le groupe enregistre un premier Ep « carte de visite » – Words for my enemies, en 2012 – tourne et publie son premier album, All that we had, qui parait en 2015. Overcharger se frotte aussi à la scène en ouvrant pour des pointures comme Black Bomb Ä avant de revenir avec Origin, nouvel album complet. Et ça dépote sévère! Le chant mis à part – trop hurlé à mon goût malgré une lueur d’espoir de chant clair en début de disque – les compos font mouche, ne tombent jamais dans la facilité ou le compromis. Les influences sudistes et metal de tous genres sont revendiquées et fièrement mises en avant, (Phil Anselmo n’est pas bien loin…) donnant à l’ensemble des 10 morceaux de ce disque une rugosité directe et pure.

PSYKUP: Live in Bikini

France, Metal barré (Overpowered records, 2018)

Soyons clair: je ne suis pas sensible à la musique de Psykup. Trop barrée pour moi, trop hurlée, trop… extra-terrestre? N’empêche, je suis curieux de voir ce que le groupe donne sur scène car sa musique promet d’assister à des prestations énergique, voire explosive. De passage au Bikini de Toulouse, le groupe décide d’enregistrer ce concert qui commence avec une belle vue aérienne de l’extérieur de la salle, avant de plonger « inside », les musiciens s’échauffant et s’encourageant en ombres chinoises au son du Surfin’ USA des Beach Boys. Puis, dès Violent Brazilian massage, le public se prend une explosion de son et de lumières. ça castagne sec, et le parterre, en transe, danse au rythme des percussions qui viennent droit dans le public! Le ton est donné et l’énergie ne faiblit jamais. Le chant partagé entre le crooner Julien Cassarino (également à la guitare) et la rage de Matthieu Miegeville est efficace, et la section rythmique fait des étincelles. Les tenues estivales sont également de sortie… Bonjour les chemises à fleurs – pas trop flashy, heureusement!  Ce concert transpire la fraîcheur et la bonne humeur de bout en bout. Si la pochette  de ce Live in Bikini (et pas « at the Bikini », esprit de vacances oblige!) est sombre – à l’opposée de celle de son dernier album studio, ultra colorée, on remarquera que le pachyderme naguère volant a atterri sur le toit de la salle toulousaine. Si l’on peut regretter un peu de grain sur les gros plans, l’ensemble est propre et le montage, saccadé et nerveux, met chacun des musiciens à l’honneur. Ainsi que le public, qui ne se fait pas prier pour pogoter et mettre le feu. Les 12 chansons (sur la version CD, il est à noter que L’autruche a disparu) passent en un rien de temps. Alors, maintenant… Rendez-vous au Hellfest – sous Altar, le samedi 23 à 14h20?

LEBOWSKII: Liquidators

France, Thrash (Music records, 2018) – sorti fin février 2018

Ce n’est que récemment que j’ai fait connaissance avec Lebowskii, formation nantaise qui nous propose un second Ep. Liquidators, ce sont 5 titres qui avoisinent la demi-heure (29′, plus précisément) et qui puisen dans un thrash à la fois old school et moderne. La production particulièrement travaillée donne cet aspect moderne à l’ensemble. Le son est profond tout en conservant cet aspect rugueux et direct. Les longs passages instrumentaux évoquent ce que faisait Metallica à ses débuts ainsi que Megadeth, et les riffs sont taillés pour un headbang cadencé à s’en décrocher la tête. C’est bigrement efficace et le temps passe trop vite. Why are we falling down?, Haunting a shell of flesh, Liquidators, Your brain is just insane et Narrow minded donnent envie d’en écouter plus. Impossible de rester de marbre, cet Ep est une réussite et la promesse, espérons le, d’un bel avenir!

PSYCHOÏD: Thrash impact

Thrash, France (Music records, 2018) – sorti en mars 2018

Dans ta face! Un direct, un… Les Parisiens de Psychoïd, remarqués avec un premier Ep sorti en 2016 (Thrash test, pour mémoire) déboulent aujourd’hui avec un premier album au titre évocateur de Thrash impact. 9 titres bruts de décoffrage qui ne font pas dans la dentelle et rappellent ouvertement les thrash old school des 80’s, celui des Metallica ou Slayer sur Anarchy, Anthrax sur True Chatter, et puise également du côté d’Exodus, Megadeth pour le côté américain. On pense aussi à d’autres dignes représentants du genres, tels les Allemands de Kreator, par exemple. Tout au long des Live… die… but buy, TV’s grime, Platoon of death, Out of control, Psychoïd nous donne une belle leçon en étalant avec une certaine passion sa culture thrash. Brut et direct, cet album, qui semble avoir été enregistré sur un 4 ou 8 pistes dans un garage tant le son est sec et claquant, risque de frapper fort. Exception faite d’un anglais compréhensible mais à l’accent français à hurler, le chant haut perché dénote de la rage habituelle du genre. Et aussi, on appréciera cette pochette pleine de clins d’œil irrévérencieux à une société bien pensante: ce pauvre diable crucifié sur a calandre d’un camion tout droit sorti de Duel va en faire rager certains!

BACK IN TIME: IRON MAIDEN

Heavy metal, Royaume-Uni (EMI, 1980)

Le 14 avril 1980, apparaît dans les bacs un visage inhumain, qui va rapidement devenir le symbole de ralliement de toute une génération de headbangers… Originellement destiné à représenter les punks, et déniché par hasard par Rod Smallwood, Eddie the ‘ead illustre la pochette du premier album éponyme d’Iron Maiden, lequel précède Saxon (qui vient de publier Wheels of steel) dans les charts en arrivant numéro 4. Rien, absolument rien, n’a été laissé au hasard, et l’on peut même se demander si l’ordonnancement des morceaux n’a pas été travaillé avec au moins autant d’attention : le titre introductif, Prowler (le rôdeur) doit-il nous faire comprendre que nos nuits seront désormais hantées par Eddie ? Que penser alors de la conclusion, Iron Maiden, dont le refrain n’est autre que « Iron Maiden’s gonna get you, wherever you are » ? Steve Harris est déterminé à imposer son groupe partout, et, de ce point de vue, l’entente avec Rod Smallwood, éternel manager aujourd’hui encore présent, est parfaite ; le manager du groupe n’a, lui non plus, rien  laissé au hasard puisque le contrat que Harris and Co. ont signé avec EMI concerne pas moins de cinq albums dont trois fermes. D’après Rod, ce détail était une obligation afin que la maison de disques s’engage réellement pour soutenir Maiden. Trop de groupes voient leur avenir corrompu du fait d’un engagement limité à un seul disque… ce qui ne force pas les responsables commerciaux à s’engager plus avant dans la promotion de jeunes artistes, aussi talentueux qu’ils puissent être. Ce premier album d’Iron Maiden, produit par Wil Malone dont l’enregistrement s’est effectué au studio Kingsway de Londres, mêle allègrement puissance (Phantom of the Opera, Prowler), douceur (Remember tomorrow), instrumentaux (Transylvania) et hits potentiels (Running free, Iron Maiden).Bref, de véritables perles classiques du metal nouveau. Même si le leader avoue être loin d’apprécier le son de ce disque, trop éloigné de ce qu’il attendait. D’une certaine manière, la production imparfaite (qui provoque la colère d’un Steve Harris insatisfait), avec ses relents punk crades, participent à sa légende. Tant mieux.

 

STAMP: Posthuman

Fusion, France (Ginger sounds, 2018)

Ce disque est l’ovni musical de cette première moitié d’année. La virtuosité dont font preuve les Parisiens de Stamp n’a sans doute d’égal que l’audace dont ils font preuve à proposer une musique hybride faite de rock, de musique orientale, de jazz… Bref, un savant mélange qui fait mouche. Pas de chant, seulement quelques paroles, et un univers sonore unique et, de fait, à part. Si l’on ose tout aujourd’hui, ce n’est pas souvent avec autant de bonheur. Car Stamp, tout au long de ce Posthuman, fait le lien entre saz, une sorte de luth turc, saxophone et des instruments plus traditionnellement rock que sont le trio guitare basse batterie. En choisissant de proposer des morceaux originaux et quelques extraits d’œuvres d’époques diverses comme Bienvenue à Gattaca, Ghost in the shell, Videodrome ou La mouche, Stamp nous offre un voyage sonore en terrains attirants et novateurs. Sans nul doute le groupe à suivre dans les années qui viennent.

PERFECT LINE: Seeds

France, Rock (Autoproduction, 2018) – Déjà sorti

Après 2 EP respectivement parus en 2012 et 2013, le trio parisien Perfect Line passe à l’étape de l’album complet et cherche à raviver un certain esprit rock noisy, parfois grunge, souvent heavy. Seeds, ledit album, se compose de 12 chansons rapides et mélodiques, aux rythmes variés, à la fois aériens, chantants et foncièrement rock. Dès Everything, morceau d’ouverture qui monte en puissance, le power trio met les choses au clair: le rock de Perfect Line, chanté dans un anglais convaincant et rageur, est direct et sans fioriture. What you won’t do, Red coach, Afraid vont droit au but, tandis que Free, plus lent, explore des aspects plus inquiétants, sombres et presque oppressants. On appréciera d’ailleurs l’apport de cordes donnant des sonorités symphoniques à ce titre ainsi qu’ Afraid. Seeds se révèle un album varié, énervé et efficace. Perfect Line entre dans cette catégorie de groupes à découvrir et à soutenir tant son album est efficace et diversifié.

FIDJI: Let the good times roll

Rock, France (Ep, Autoproduction, 2018) – sorti le 6 avril 2018

Cet Ep est rafraichissant, comme les îles du Pacifique sud que le nom du groupe francais évoque. Les 5 titres de ce Let the good times roll sont légers, aériens et entrainant et se laissent écouter avec une déconcertante facilité. Le morceau titre, qui ouvre cet Ep, à la guitare cristalline et au chant fédérateur, évoque Pink Floyd et une certaine idée de la new wave. Jungle continue dans une veine plus « dure » avec des guitares toujours claires mais plus déterminées tandis que Rebirth se fait plus groovy, voire légèrement funky tout en conservant une touche de rock léger et moderne. Whispers in the Wind, le morceau le plus long de ce disque, explore des horizons plus softs, à la fois tendres et intrigants. Pas oppressants, seulement mélancolique, c’est le titre le plus étrange – et, accessoirement, celui avec lequel j’accroche le moins facilement. Débutant par un chant presque a capella, The tide conclue ce premier essai « à la Muse », avec des ambiances joyeuses et dansantes. Si l’ensemble est éloigné du rock le plus énervé, on ne peut que saluer cette volonté de sortir des sentiers battus en proposant 5 morceaux variés qui reflètent une jolie palette d’envies musicales très sympathiques.

 

Interview: TURBOWOLF

Interview TURBOWOLF. Entretien avec Chris (chant). Propos recueillis à l’Alba Opéra Hotel, à Paris, le 16 mai 2018

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Metal-Eyes : Je découvre Turbowolf avec ce nouvel album, The free life. Il s’agit déjà de votre troisième album, mais peux-tu me raconter brièvement l’histoire de Turbowolf ?

Chris : Absolument. Nous avons débuté le groupe en 2006, à Bristol, Andy, le guitariste, et moi. Nous avons eu différents bassistes et batteurs à cette époque, mais je crois que nous avons un line-up stable désormais. Ça fait 6 ou 7 ans que nous avons le même bassiste. Notre vision, et notre « mission », dès le départ, est de créer quelque chose qui nous excite, nous, en musique rock. Pas seulement quelque chose de nouveau, quelque chose qui nous plaise. C’est encore ce que nous cherchons aujourd’hui.

Metal-Eyes : Quels sont, jusqu’à aujourd’hui, les grands moments vécus par le groupe ? Sans doute l’enregistrement du premier album ?

Chris : L’enregistrement du premier album, c’est certain ! Comme je l’ai dit, nous avons formé le groupe aux alentours de 2006 et notre premier album n’est sorti qu’en 2011. Entre temps, nous avons donné beaucoup de concerts, peaufiné notre son, travaillé et décidé quelles chansons allaient terminer sur l’album, celles que nous écartions. C’était un grand moment pour nous de faire ce premier album. De travailler avec un label, c’était la première fois que nous travaillions avec une maison de disques. Nous avons fait partie de groupes depuis que nous sommes ados, mais là c’était nouveau : il a fallu trouver qui allait sortir le disque, comment tourner plus professionnellement… Avant même la sortie de l’album, nous avons tourné, en 2010, avec Korn et Dimmu Borgir sur la même affiche. C’était une affiche très particulière mais ça a plutôt fonctionné. Nous faisions un peu tâche parce que nous ne sonnons comme aucun de ces deux groupes…

Metal-Eyes : Aucun des groupes ne sonne comme l’autre, ce sont 3 styles différents.

Chris : Exactement. C’était une affiche très diversifiée. C’était un grand moment pour nous parce que nous n’avions jamais joué devant autant de monde. Avant ça, nous jouions dans des caves, des petits clubs, et là, on joue dans des grandes salles… C’était cool. Ensuite, un autre grand moment a été l’enregistrement de notre second album avec notre ami Tom Dougherty, qui a travaillé avec Royal Blood, il vient de terminer le nouvel album de Ghost. A ce moment là Tom était simplement notre ami. Maintenant, il est ce producteur rock mondialement connu…. Mais il reste un super ami. Rabbits est devenu une sorte de hit pour nous, c’est notre chanson la plus connue aujourd’hui. Nous avons pur tourner en Amérique, où nous avons eu pas mal de passages radios et où nous avons été plutôt bien exposés… Nous avons aussi rencontré un de nos groupes préférés de tos temps, Death From Above, et avons même eu le plaisir que Sebastian, le chanteur du groupe, chante sur notre nouvel album. Voilà quelques grands moments qui nous mènent à aujourd’hui.

Metal-Eyes : Je n’ai pas pu écouter l’album entièrement, mais ce que j’en retire c’est du Black Sabbath, du psyché et beaucoup de choses heavy. Qu’avez-vous mis dans ce disque et quelles sont vos influences ?

Chris : Nos influences sont de ne pas nous laisser trop influencer. Comme je l’ai dit, dès le départ, nous avons voulu faire quelque chose de neuf dans la musique rock, trouver un son qui nous soit propre, trouver notre chemin. De nombreux groupes que nous apprécions n’entre dans aucune case : Rage Against The Machine, System Of A Down, Smashing Pumpkins… De nombreux groupes que les gens ont, plus tard, voulu catégoriser. Rap metal, grunge, neo metal… Ces groupes sont uniques, et nous souhaitons faire de même, que les gens aient du mal à nous définir. On aime ça, et si les gens ont du mal à classer notre musique, cela signifie, pour nous, que nous sommes sur la bonne voie.

Metal-Eyes : De quoi parlez-vous dans les chansons ?

Chris : J’essaye de ne pas faire de déclaration trop ouverte, littérale. De ne pas donner de réponse ouverte. Je préfère poser des questions et peindre autour d’un thème, laisser l’auditeur en tirer ce qu’il souhaite. Je trouve intéressant, en tant qu’auditeur, d’écouter un album et de me faire ma propre idée des ce qui est traité dans les paroles.

Metal-Eyes : Y a-t-il, au contraire, des sujets que vous ne souhaitez pas aborder ?

Chris : Nous voulons que le groupe soit une échappatoire de la réalité, nous ne voulons pas devenir trop politique dans notre musique.

Metal-Eyes : Pourquoi, parce que c’est trop personnel, ça marque trop une époque ?

Chris : Non, même si, évidemment, ce sont des facteurs. Nous ne voulons pas être attachés à ce monde, nous voulons créer un nouvel espace, une nouvelle dimension cosmique vers laquelle les gens puissent s’évader. Aller ailleurs avec notre musique.

Metal-Eyes : Vous ne souhaitez pas plus aborder des thèmes comme la religion ou d’autres choses intimes ?

Chris : J’ai le sentiment que je traite ces sujets en écrivant les paroles. Mais je les rends suffisamment abstraites pour que les gens y trouvent leur propre interprétation, y mettent un sens qui leur soit propre. Je trouve cela plus important de poser un sujet et d’être amené à y réfléchir, en parler, plutôt que de se voir imposer une vision. Si je peux inspirer une réflexion, je suis un homme heureux, j’ai fait mon travail !

Metal-Eyes : De même que si tu peux provoquer une discussion autour d’un sujet, j’imagine…

Chris : Bien sûr !

Metal-Eyes : Que pourrais-tu me dire pour me convaincre de filer acheter The free life dès la fin de cette entrevue ?

Chris : Je dirais… Tout d’abord, je te demanderais si tu aimes la musique bruyante. Tu pourrais me répondre que non. Je te répondrais alors : « Eh bien, même si tu n’aimes pas la musique bruyante, tu pourrais aimer ce que nous faisons. Parce la manière dont nous écrivons… nous cherchons à créer un pont entre le « bruit » et tous ces sons que les gens appellent horribles et de choses plus douces, les enrober dans du coton. Et tu devrais trouver des choses qui te plaisent dans notre groupe car il y a beaucoup de pop, de funk dans notre musique. Tu devrais donc trouver de quoi te satisfaire ». Et si tu aimes la musique bruyante, tu vas apprécier nos riffs et nos mélodies.

Metal-Eyes : Un groupe de rock joue aussi sur scène. Vous n’avez cependant pas été souvent à Paris…

Chris : On a joué à Paris… 3 ou 4 fois, je crois.

Metal-Eyes : Et y a-t-il une tournée prévue ?

Chris : Nous venons de terminer une tournée européenne, mais nous n’avons pas joué à Paris, ni en France. Je ne sais pas trop pour quelle raison… On a un agent. Il n’est plus notre agent, pas pour cette raison, mais aujourd’hui, on en a un autre. Pourquoi on n’a pas joué en France ? Nous avons donné 8 ou 9 concerts en Europe, ce qui n’est pas beaucoup. Paris, nous y jouerons en octobre. Je ne peux te donner de date, ni avec qui, mais c’est un groupe pour lequel nous ouvrirons. Dans une grande salle, mais nous ne pouvons l’annoncer pour le moment. Nous attendons que ce soit confirmer.

Metal-Eyes : Après 3 albums, et une stabilité de 8 ans, quelle pourrait être, aujourd’hui, la devise de Turbowolf ?

Chris : (il réfléchit)… Soyez différent ?

Metal-Eyes : Sympa, je prends. Maintenant si tu devais ne retenir qu’une chanson de The free life pour expliquer à quelqu’un qui ne vous connais pas ce qu’est Turbowolf, laquelle serait-ce ?

Chris : Ok… Je choisirais… la chanson The free life, qui est la dernière chanson du disque. Parce que je pense que de nombreux sons, de nombreuses choses que nous faisons se trouvent sur ce titre. Les parties dures, un peu punk, celles un peu plus pop, des passages plus énervés…

Metal-Eyes : Et comment décrirais-tu l’évolution du groupe entre vos deux derniers albums ?

Chris : Ok, d’accord. Le précédent, nous l’avons co-produit avec notre ami Tom Dougherty, celui-ci, Andy et moi l’avons produit et mixé. Nous avons pris les choses beaucoup plus au sérieux pour ce disque. Passer plus de temps afin d’obtenir les choses que nous voulions. C’est l’évolution principale, devenir de plus en plus autonomes. Musicalement et artistiquement, nous ne voulions pas répéter les deux premiers disques et en créer un qui rentre dans leur lignée. Je crois que nous y sommes parvenus.

Metal-Eyes : Une dernière choses : vous êtes ici depuis ce matin, vous répondez à de nombreuses questions : quelle a été selon toi la meilleure question, celle qui t’a le plus surpris, étonné, que tu as préféré ?

Chris : Ma question préférée ? En fait, jusqu’à présent, j’ai préféré ton interview…

Metal-Eyes : Je n’ai pas dit interview, seulement la question. Même si je suis le meilleur (rires)

Chris : Oui, tu es le meilleur, c’est ça ! Sérieusement, c’est jusqu’à présent la meilleur interview, alors bravo !

Metal-Eyes : Merci !

Chris : Je pense que parler de ce que nous ne souhaitons pas traiter directement dans nos textes était intéressant parce qu’on ne nous pose pas souvent ce genre de question. C’était une question différente.

Metal-Eyes : Merci beaucoup pour cette interview et bonne chance avec The free life qui est sorti en mars.

Chris : Merci à toi !

 

ZEAL & ARDOR: Stranger fruit

Fusion negro spiritual/Black metal, USA (Radicalis music, 2018)

Vous l’avez sans doute découvert avec Devil is fine ou plus récemment au travers de l’interview que nous a consacrée l’âme du groupe: Zeal & Ardor c’est le projet de Manuel Gagneux, américano- helvétique qui, joueur, a lancé un défi: celui de créer une chanson à partir de deux styles musicaux a priori incompatibles. Et bim, quand quelqu’un lui propose « Negro spiritual et Black metal », le gaillard s’exécute. Le résultat se fait remarquer au delà de ce que Manuel aurait pu imaginer, relayé, entres autres, par Rolling Stone. Et le voici qui propose aujourd’hui un troisième album, Stranger fruit. Composé de 16 titres, ce nouveau disque voit Zeal & Ardor faire un pas de plus dans la direction du succès. Car même un « insensible » comme moi à la folie vocale du black metal y trouve son compte. Manuel nous plonge en pleins bayous de Louisiane, au milieu des champs de coton ou de tabac de Géorgie ou de Caroline du Nord ou du Sud, en plein cœur de ces lieux où les noirs, esclaves, chantaient leur peine dans ce qui est devenu le negro spiritual, puis le blues. L’album démarre « tranquillement » avant de monter en puissance, en rage et en colère. Les hurlements black, alliés à la folie rythmique du genre traduisent cette souffrance avec brio. La mise en son, minimaliste, facilite également ce voyage géographique et temporel. Maintenant que Manuel Gagneux s’est entouré d’un groupe, on va pouvoir voir son oeuvre prendre forme sur scène. A commencer par celle du Hellfest puisque Zeal & Ardor est plus que bien placé sur l’affiche de la Temple. Rendez-vous est pris!