BLACK STONE CHERRY Live à Paris (Elysée Montmartre, le 3 décembre 2018, avec Monster Truck)

Black Stone Cherry, c’est la quasi garantie, pour tous les amateurs de Hard rock teinté sudiste, de passer un bon, voire un excellent moment, que ce soit sur disque mais plus encore sur scène. Et ce soir, les frangins du Kentucky, qui viennent soutenir leur dernier et très réussi dernier album, Family tree, sont accompagné des Canadiens de plus en plus en voguer de Monster Truck. Lire la suite

KNOTFEST: Une raison de plus de se rendre à Clisson

L’an prochain, le 20 juin 2018, à la veille de l’ouverture des portes de la cathédrale de notre pèlerinage annuel,  le Hellfest accueillera sur ses Mainstages le Knotfest. Les deux scènes principales seront consacrées pour l’une aux groupes américains (Sick of it all, Ministry, Papa Roach, Rob Zombie et Slipknot) et pour l’autre aux formations européennes (Amaranthe, Behemoth, Amon Amarth, Powerwolf et Sabaton). Du grand spectacle en perspective.

Le festival est ouvert à tous, les billets, en ventes depuis le 7 décembre, toujours disponibles au tarif de 66,60€ sur le site www.knotfestfrance.com. La capacité est limitée au public des Mainstages, à savoir 40.000 spectateurs maxi. Il n’y aura donc pas de place pour tout le monde!

Attention également: le camping ne sera ouvert qu’aux détenteurs d’un pass Hellfest valable pour minimum la première journée du festival. Le Hellcity Square, Metal Market et autres lieux seront toutefois accessibles à tous.

Quelques habitudes seront changées afin de faciliter la circulation: la pose bracelets commencera dès le jeudi 20 juin à 10h. Les portes de la cathédrales ouvriront à 16h et le premier groupe du Knotfest sera sur scène à 17h. Rendez-vous le 20 juin, donc!

 

JASON BECKER: Triuphant hearts

Hard rock, USA (Music theories, 2018) – Sortie le 7 décembre 2018

On va le lire des centaines de fois ce proverbe qui, aujourd’hui, prend tout son sens: « A cœur vaillant, rien d’impossible ». Jason Becker, atteint d’une maladie qui le paralyse, l’empêche de se mouvoir ou de parler, nous démontre à quel point courage et persévérance peuvent soulever des montagnes. Il lui aura fallu des années de courage et de ténacité pour finaliser ce Triumphant hearts, composé avec les yeux, à l’aide  de son père qui lui a créé un ordinateur réagissant au regard. Alors, bien sûr, cet album risque de faire parler de lui pour les mauvaises raisons: c’est le résultat du travail d’un musicien talentueux incapable de tenir un instrument, le travail d’un handicapé totalement dépendant. Mais c’est avant tout le travail d’un musicien brillant, ayant croisé le fer avec Marty Friedman (futur, et désormais ex, Megadeth) au sein de Cacophony, souvent comparé au génial mais ténébreux Yngwie Malmsteen qui n’a jamais voulu ne serait-ce que lui parler. Si on est à des années lumières de Speed metal symphony, Triumphant hearts est surtout un album de musique, rock et populaire. Jason s’est ici entouré de tous ceux qui ont répondu présent à son appel, et ils sont nombreux: Marty Friedman, évidemment, mais aussi Uli Jon Roth, Mickael Lee Firkins, Steve Vai, Joe Bonamassa, Paul Gilbert, Neil Schon, Steve Morse, Joe Satriani et j’en passe. L’album est plein de mélodies qui ouvrent toutes une porte sur l’espérance et le positivisme. Pas un instant sombre n’a ici sa place. Si Triumphant heart, qui ouvre l’album, est orienté pop et si certains passages peuvent évoquer le all star We are the world, Becker pose partout sa marque de compositeur et offre de vrais moments de joie, et de rock. Laissez-vous simplement entraîner par ces Fantasy weaver, Magic woman ou ce Valley of fire et ses plus de 9′ wagons de musiciens solidaires (appelés « The magnificent 13 »), et faites de ce disque un succès. Car il s’agit d’un travail remarquable qui va bien au delà d’un « simple » album de rock: ce disque célèbre la vie, tout simplement. Un album pas comme les autres d’un musicien vraiment pas comme les autres. Comme il est si bien écrit au dos de la pochette (et chanté sur Hold on to love): I can’t speak. I can’t play. But this flesh has much more to say…

AMON AMARTH: The pursuit of vikings

Death mélodique, Suède (Sony music/Metal Blade records, 2018)

25 ans! Voici un quart de siècle que sévissent les vikings de Amon Amarth. Et ça, les amis, ça se fête. Les Suédois nous offrent pour l’occasion The pursuit of vikings, un superbe Blu Ray et CD bourré de son et d’images. Le CD retrace le concert que le groupe a donné au Summer Breeze festival le 17 août 2017 (sur la mainstage, comme précisé un peu partout). 15 titres puissants, parfaitement exécutés et produits. Bien sûr, le dernier album studio, Jomsviking, est mis en avant avec pas moins de 5 titres, le reste de la discographie étant également bien représenté. Cependant, malgré toutes les indéniables qualités du CD, c’est surtout le BluRay qui vaut le détour: Amon Amarth, via chacun de ses membres, se dévoile et raconte l’histoire du groupe dont on découvre nombre de détails. On retiendra ainsi l’épisode du tape trading des débuts, époque à laquelle « quand tu écrivais une lettre, tu y mettais toute ton énergie », ou celui de ces premiers concerts foirés car les jeunes musiciens étaient trop bourrés pour arriver à la salle. Electrochoc et première leçon de professionnalisme…  Les nombreux témoignages apportent également un autre éclairage; on retrouve Brian Slagel ou Peter Tägtgren parmi d’autres moins connus. Les images d’époques rappellent à quel point ce groupe de death metal, brutal et extrême, a su évoluer vers un heavy metal racé et puissant tout en restant fidèle à ses aspirations originelles.  Le reportage nous permet aussi de rentrer dans l’intimité des musiciens: des témoignages sur les début du groupe aux premiers jobs, en passant par les apparts dans des tours, rien ne semble caché ou oublié. Certainement pas le travail et l’application que met chacun afin de faire grandir Amon. Travail dont le résultat se retrouve sur scène, et le Summer Breeze en est un superbe témoignage. Le groupe y met tout son cœur, la setlist aussi puissante que la pyro est efficace. Les image et le son sont irréprochable. En un mot comme en cent, ce live est un superbe produit qui devrait faire des heureux à Noël. C’est bientôt, alors…

HELLFEST 2019: L’affiche (presque) complète enfin dévoilée

Ça y est, l’affiche du Hellfest 2019, 14ème édition qui se déroulera du 21 au 23 juin 2019 à Clisson, est enfin rendue publique.

Même si l’on connaissait déjà la présence de Manowar, Slayer, Mass Hysteria, Dropkick Murphy et Carcass, il y en aura, comme toujours, pour tous les goûts, du (très) brutal au plus mainstream. Se rajoutent des gros comme Kiss, Def Leppard, Slash, des habitués tels Gojira ou ZZ Top, bref, du gros, du lourd et de l’alléchant (et le retour, espérons le sans heurts et sans annulation, du sieur Anselmo). Jugez-en sur pièce:

Rendez-vous en juin!

JIMM: Distorsion cérébrale

France, Rock (Juste une trace, 2018) – sortie le 30 novembre 2018

Avec déjà deux albums au compteur (Jimm en 2013 et In(can)décence en 2015) Francis Caste et Fred Duquesne, le guitariste chanteur Jimm revient en 2018 avec un troisième album, Distorsion cérébrale. Composé de  11 titres, ce disque, foncièrement rock, explore différentes facettes énervées du genre. Les thèmes abordés sont sérieux et sombre, allant de la politique à la religion, Jimm éructant ses paroles à la manière d’un Brel du rock, enragé et engagé. Si Ton blues dans la peau et Je ne veux jamais vieillir sont plus personnels, Jimm s’emporte littéralement sur les aspects politiques avec L’ivresse du pouvoir, Prêt à penser ou Nos élites, titres sur lesquelles ressortent quelques influences punk bienvenues. Prisonnier de dieu semble inspiré par les tragédies de 2013 et toute forme de violence commises au nom de dieu. « Mais dieu n’existe pas » comme le chante, le plus simplement du monde et avec conviction, Jimm. Pas sûr que ça plaise à tout le monde, mais on reste dans un pays libre et laïque, ou la liberté de pensée et d’expression restent sacrées. Si le rendu est entraînant, une certaine naïveté se dégage de l’ensemble, faisant de ce disque une oeuvre simple et vraie. Pas de prise de tête, du rock, franc et direct. Comme cela devrait l’être tout le temps.

Interview: The Kris Barras Band

Interview The Kris Barras Band. Entretien avec Kris Barras (chant, guitare). Propos recueillis au Hard Rock Cafe de Paris le 16 novembre 2018

Metal-Eyes : Tu es actuellement en tournée. Comment se passe-t-elle jusqu’ici ?

Kris Barras : C’est super ! C’est la première fois que je joue en France, et j’ai été stupéfait par les publics que nous avons vus. Fantastique.

Metal-Eyes : Cela avec une tête d’affiche particulière puisqu’il s’agit de Beth Hart. Comment t’es-tu retrouvé sur cette affiche ?

Kris Barras : Nous sommes sur le même label, et nous avons le même âge, aussi. Nous avons tourné au Royaume Uni avec Beth cette année, en avril, et avons eu l’opportunité de venir en France. Nous connaissions déjà Beth assez bien, ainsi que son équipe, nous savions où nous allions. Et nous avons décroché cette offre.

Metal-Eyes : Même si votre musique n’est pas similaire, elle reste basée sur le blues et complémentaire.

Kris Barras : Oui. Nous avons fait quelques arrangements pour que notre set se cale bien sur ce tour : nous avons un set purement acoustique. Lorsqu’on propose un concert électrique, on est bien plus du coté rock. Mais nos chansons fonctionnent vraiment bien en acoustique, alors…

Metal-Eyes : C’est notre première rencontre, alors dis m’en un peu plus à ton sujet : tu es Britanique, tu viens du monde du combat, du free fight. Alors je vais être sympa, tu es mon nouveau meilleur ami. Que peux-tu nous dire de plus ?

Kris Barras (il rit): J’ai commencé à jouer de la guitare vers l’âge de 5 ans, âge auquel j’ai aussi débuté les arts martiaux. J’ai fait les deux en parallèle. Vers l’âge de 20 ans, il se trouve que j’avais plus d’opportunités avec le combat que par la musique. Je me suis donc lancé dans la boxe thaï, et j’ai continué avec une combinaison d’arts martiaux. Ce que j’ai fait pendant 10 ans. Je me suis retiré du combat il y a 4 ans, j’ai recommencé à écrire de la musique et ai fondé le Kris Barras Band.

Metal-Eyes : Est-ce un vrai groupe, The Kris Barras Band, ou plutôt Kris Barras and band ?

Kris Barras : Eh bien, ça dépend de la manière de voir les choses. Je suis celui signé par Mascot, mais les gars sont ceux avec lesquels je travaille tout le temps. Donc c’est le Kris Barras Band.

Metal-Eyes : Ce premier album, The divine and the dirty, semble très influencé par ton ancienne vie. Des titres comme Kick me down, I don’t owe nobody nothing, probablement Wrong place wrong time… Il y a beaucoup de toi dans ce disque.

Kris Barras : Oui, oui, je fais en sorte d’explorer mes expériences passées. Pas sur toutes les chansons, certaines traitent de choses qui sont arrivées à des amis, ou de ce que j’ai vu aux nouvelles. Mais je cherche l’influence dans ce que j’ai pu vivre et expérimenter.

Metal-Eyes : Y a-t-il des sujets que tu préfères ne pas aborder ?

Kris Barras : Non, pas particulièrement. What you know of me, le dernier titre de l’album, parle de la mort de mon père. Il est le premier à m’avoir enseigné la guitare. C’est sans doute le plus personnel des morceaux.

Metal-Eyes : Cet album est sorti il y a 6 mois, en mars. Quel regard portes-tu dessus, il a eu assez de temps pour trouver une bonne part de son public…

Kris Barras : Les retours ont été fantastiques. Il a grandi et s’est vendu bien mieux qu’on ne l’espérait. Nous avons eu de super critiques…

Metal-Eyes : Plus de ventes ? C’est à noter, pour une fois !

Kris Barras : Oui (rires) ! Ca a été super, vraiment.

Metal-Eyes : Et tu prévois déjà un second album ou il est encore trop tôt ?

Kris Barras : Non, c’est prévu. Il est déjà écrit. On doit programmer les choses très en avance parce que nous tournons tant… Pratiquement tout 2019 est déjà prévu, il reste quelques dates à confirmer, mais on est blindés.

Metal-Eyes : En guests ou en tête d’affiche ? Ou les deux ?

Kris Barras : Les deux. Le seul moment où l’on pourra enregistrer cet album est au mois de décembre. Alors dès que nous aurons bouclé cette tournée avec Beth, d’ici deux semaines, nous rentrons pour enregistrer le nouvel album. Je ne sais pas quand il sortira, sans doute vers la fin 2019, mais c’est le seul moment où nous pourrons enregistrer.

Metal-Eyes : Ce qui signifie que vous êtes vraiment très occupés, ce qui en soit est plutôt positif. Tu as dis que c’est ton premier séjour en France. As-tu eu le temps de visiter un peu le pays, les villes que où vous avez joué ?

Kris Barras : Oui… La manière dont Beth prévoit ses tournées… Elle donne un concert un soir, et pas le lendemain. Donc on a eu beaucoup de temps pour nous. Ça fait trois jours que nous sommes à Paris, alors on a fait ce que font les touristes : on est allé à la tour Effeil, Notre-Dame, le Louvres. On y a vu la Joconde. C’était cool.

Metal-Eyes : Et quand vous n’êtes pas en tournée, comment t’occupes-tu ?

Kris Barras : Je ne suis jamais « pas en tournée ». Je ne me souviens pas d’une vie sans tournée (rires) ! Quand on est en tête d’affiche, on n’a pas beaucoup de temps off, on enchaine les concerts. Mais quand je suis à la maison, je rattrape le sommeil en retard, et avant que je ne m’en rende compte, on est de retour sur la route. Je n’ai pas beaucoup de distraction. Je suis à un moment capital de ma carrière, les choses arrivent si vite que je surfe sur la vague. Cette année, je n’ai vraiment pas eu beaucoup de temps.

Metal-Eyes : Tu prévois de revenir en France, j’imagine ?

Kris Barras : Oui, ce sera… courant avril, en tête d’affiche. Je reviens à Paris fin mai – le 25 ou le 26 – ave Johnny Lang et Walter Trout sur la tournée Rock the blues. Que des musiciens du label, Provogue / Mascot. Nous allons chacun jouer notre concert, avec nos groupes, et à la fin nous jouerons tous ensemble. On jouera à la Cigale. Ça va être cool à la faire.

Metal-Eyes : Un peu à la manière du G3, c’est le Blues G3 !

Kris Barras : C’est exactement ça ! (rires)

Metal-Eyes : Revenons à cet album. Si tu devais me décrire The divine and the dirty pour expliquer ce qu’est le Kris Barras Band, pour me le vendre, que me dirais-tu ?

Kris Barras : Hmm… C’est une bonne question. Je dirais qu’il est composé de bonnes chansons bien catchy, des chansons qui parlent à l’auditeur. Je pense que c’est un album de rock, sudiste, avec des touches de blues. C’est un peu comme ça que j’ai grandi : avec du blues, avant de m’intéresser à des choses plus rock. Les vrais fans de  blues diraient « nan… c’est pas du blues »… Mais c’est quoi, le blues ? Pour moi, c’est un feeling, une passion, un pouvoir venu de l’intérieur. Et même si on est plus rock, il y aura toujours cette touche de blues.

Metal-Eyes : Si mes souvenirs sont bons, je crois que je t’ai décris, lorsque j’ai fait la chronique du disque, comme le plus américain des bluesmen anglais. Ta musique est, selon moi, très américaine, mais tu est anglais avec les influences de ce pays.

Kris Barras : Oui, même chez moi, les gens pensent parfois que je suis Américain ! Certains me demandent quand je vais rentrer, mais je n’ai pas bougé, je suis là ! (rires)

Metal-Eyes : Il y a beaucoup de musique US, mais quelles sont tes influences britanniques ?

Kris Barras : Il y en a : Gary Moore a été une grosse influence. Des groupes comme Deep Purple, The Rolling Stones…

Metal-Eyes : Si tu devais maintenant ne retenir qu’une chanson de The divine and the dirty pour décrire ce qu’est ton groupe, ce serait laquelle ?

Kris Barras : Euh.. Question difficile…

Metal-Eyes : La précédente était « bonne », celle-ci est « difficile »… Attends la suite !

Kris Barras (rires) : Ma préférée est What you know of me, très personnelle. J’adore la jouer live, elle signifie beaucoup pour moi. Mais ma préférée serait sans doute Hail Mary

Metal-Eyes : Pas ta préférée, celle qui te représente le plus…

Kris Barras : Sans doute Hail Mary, avec les riffs à la slide guitar, de gros refrains, que les gens peuvent reprendre en cœur.

Metal-Eyes : Et sur scène, à quoi doit-on s’attendre ?

Kris Barras : 110% d’énergie et de passion données à chaque concert ! Des chansons à reprendre en cœur et du bon temps.

Metal-Eyes : Quel a été, jusqu’à maintenant, ton concert préféré, celui dont tu te souviendras longtemps ?

Kris Barras : Oh, il y en trop pour les citer ! On a fait de bons festivals, comme le RavaBlues, en Pologne. Le public polonais est dingue ! Un autre au Royaume Uni… Avec le temps,  et le public qui grossit,ça a été très cool de pouvoir monter nos propres concerts en tête d’affiche. Les gens viennent et connaissent la moindre de nos paroles…

Metal-Eyes : A l’opposée, y at-il un endroit où tu ne te rendrais plus jamais ? (piste 13 – 13’30)

Kris Barras (il explose de rire) : Non, j’ai eu beaucoup de chance de ne pas vivre ce genre de chose !

Metal-Eyes : Nous sommes en 2018, tu vas enregistrer un album qui devrait sortir en 2019. Quelle pourrait la devise de ton groupe, que tu inscrirais sur ce disque.

Kris Barras : Je ne sais pas… Je ne sais pas si j’en aurais !

Metal-Eyes : Tu devrais, chaque groupe que je rencontre a une devise. Après cette question !

Kris Barras (rires) : Il y a une phrase que je disais souvent quand je me battais : « je ne suis pas ici pour gagner en partie, je suis ici pour tout remporter ». En tant qu’équipe on l’utilisait, sous entendant qu’on ne venait pas pour faire de la figuration mais pour gagner.

Metal-Eyes : Ça pourrait le faire…

Kris Barras : Oui, c’est une blague dans le groupe. On se répète ça en festival. C’est un peu une devise dans le groupe, mais on ne le prend pas trop sérieusement.

 

NIGHTWISH live à Paris Bercy (le 10 novembre 2018) – avec Beast In Black

La dernière fois que je suis allé voir Nightwish à Bercy, la salle était presque à moitié vide. Depuis, le groupe a changé de chanteuse, est parvenu à re-séduire son public et r- attirer les foules devant les scènes. Pour ce nouveau show, célébrant sa compilation Decades, les Finlandais rempliront-ils notre Bercy? LA réponse est « presque »: la fosse est blindée, les gradins se remplissent rapidement. Seule la partie haute reste vide. On peut donc estimer une affluence proche de 16.000 personnes, ce qui est plus qu’honorable.

Beast In Black, gros espoir du heavy finlandais, ouvre les hostilités. En guise d’intro, le groupe passe Night crawler de Judas Priest. Ce titre qui doit être celui annonçant son imminente arrivée sur scène est extrait de Painkiller et son refrain dit « Night crawler, beware of the beast in black ». Pas la peine de leur demander d’où leur a été inspiré leu nom du groupe. Ni à quel point Judas Priest est une influence. Pour preuve, les panneaux scéniques sur lesquels est écrit « The beast is back ». Ça vous rappelle quelque chose?

En tout cas, les 5 ont bien appris leurs leçons. Heavy metal et headbanging sont au programme, les poses qui vont de pair aussi. Ainsi que quelques surprises. Rien d’étonnant venant de l’ex-Battle Beast Anton Kabanen qui tient à prouver qu’il est loin d’être fini… Le chant haut perché de Yannis Papadopoulos fait des merveilles, tout autant que le metal ultra festif proposé. Le public, d’ailleurs, parait réceptif. Le chanteur s’exprime parfois en français, mais pas longtemps.

Beast In Black prend même le temps de proposer Ghost in the rain, une ballade pour laquelle Yannis demande au public d’allumer briquets et portables… Un moment romantique avant qu’il ne propose une autre chanson. « Peut être pas la plus heavy, ni la plus lente. Mais certainement la plus dingue que nous ayons écrite » annonce-t-il en intro de Crazy, mad, insane, titre plus dance floor qui voit les musiciens revêtir des lunettes noire à led. Immobiles et robotiques, on les croirait sortis de Kraftwerk meets Daft Punk.

Voilà une prestation qui ne laisse pas grand monde indifférent. Beast In Black aura sans doute marqué quelques points à Paris, ce soir. Yannis annonce d’ailleurs un retour l’an prochain, en tête d’affiche cette fois, et la sortie, en février de leur second album.

Sur l’écran géant qui trône en fond de scène, un message. Des images du passé. Un narrateur qui explique que, fut un temps, on regardait les concerts avec nos yeux. Apparaît un téléphone portable barré. En gros, « merci de les laisser dans vos poches… Profitez de ce que vous voyez et entendez ». « Etes-vous prêts à faire un voyage dans le temps? Alors préparez-vous » annonce la voix du narrateur. Nightwish nous invite à faire un voyage dans le temps et à dire « non » à l’esclavage numérique. Un compteur digital affiche 30 secondes. Puis le public compte à rebours, 5. 4. 3. 2. 1! Troy Donockley est seul sur scène avec sa flûte. Il sera présent tout au long de ce set, notamment à la seconde guitare. Une intro en douceur avant l’explosion.

Tout feu tout flamme… La pyro est impressionnante, cachant à peine l’arrivée de Floor Jansen – toujours vêtue comme une amazone, guerrière du metal, et du reste de la troupe. Dark chest of wonders ouvre les hostilités, et le public réagit comme un seul homme. Nightwish, ce soir, vient fêter 20 ans d’une carrière quasi exemplaire, déjà honorée avec cette double compilation Decades. Pourtant, contrairement à ce à quoi on pouvait s’attendre, cette compilation ne sera pas jouée dans son intégralité.

Chaque album, à l’exception de Dark passion plays est visité, Once particulièrement à l’honneur avec 4 extraits (Dark chest of wonders, Wish I had an angel, Nemo et le final Ghost love score qui clôt la soirée) ainsi que Oceanborn et Wishmaster qui voient chacun 3 extraits proposés. Nightwish nous offre ainsi certains de ses morceaux les plus emblématiques et forcément efficaces, exception faite, sans doute, de The carpenter qui laisse le public assez froid. Sans doute trop ancien et moins connu, ce titre offre toutefois un temps calme bienvenu.

Le groupe semble ici en forme. Floor Jansen est heureuse, souriante et dansante – particulièrement sur I want my tears back, très folk – sa complicité avec Marco Hietala semble évidente. Voire avec Tuomas Holopainen lorsque, sur la fin du set, elle va trinquer avec lui. Ce n’est pas un verre de vin rouge qu’il lui sert, mais 2. Et voilà qu’on discute un ballon à la main, comme si on était au bar du coin… Complicité mise en scène et téléphonée qui se passe au fond…

Pourtant, malgré les apparences de cette formation pro jusqu’au bout des ongles, je me demande jusqu’à quel point Nightwish est encore un groupe. Car, malgré l’excellence du spectacle – la pyro, le son, les animations et les effets sont simplement irréprochables – les musiciens semblent souvent en mode « automatique ». Malheureusement, aussi, sans doute est-ce lié à la saison, la voix de Floor semble s’affaiblir au gré des minutes qui passent. Espérons qu’il ne s’agissent que d’une faiblesse passagère tant la chanteuse est sympathique, toujours souriante et enjouée.

Au final, malgré l’ambiance et les confetti, c’est un bon concert que nous ont ce soir offert les Finlandais. Bon, mais pas, à mes yeux, excellent. Des musiciens pas aussi naturels et spontanés qu’on aurait pu le souhaiter malgré une setlist impeccable et une mise en scène irréprochable. Et puis, à titre personnel, je regrette que Nightwish n’ai pas proposé plus que 2 d’extraits de Endless forms most beautiful

FOREST IN BLOOD: Pirates

Thrash/Hardcore, France (Autoproduction, 2018)

Forest In Blood est un groupe parisien formé en 1998 qui nous revient aujourd’hui avec Pirates, son… second album! Dans sa bio, le groupe note s’être formé l’année où l’équipe de France de foot devint championne du monde. Nous ne pourrons que remarquer que ce second album arrive alors que la France a remporté sa seconde étoile… Y a t-il un lien de cause à effet? Rien n’est moins sûr tant les goûts musicaux de nos joueurs sont à l’opposé de ce que nous propose Forest in Blood qui puise son inspiration dans le thrash de Slayer ou de Metallica (certains éclairs rouge sang de la pochette ressemblent à s’y méprendre au M des Horsemen…) et dans le hardcore d’un Hatebreed débridé. Les rythmiques sont d’une réelles efficacité, de celle qui fait taper du pied, et si je dois relever un défaut, c’est la redondance des guitares. Les riffs, à quelques exceptions près, semblent se répéter, parfois (écoutez les intros de My dues et Black parrot) même être identiques. Pourtant, ça marche, et le chant enragé provenant de la gorge profonde de Eric Florentin accompagne avec une brutalité défouloir les guitares rageuses de Barthélémy Vaudon et Hervé Marguet. La section rythmique, jamais en reste est à l’avenant (la basse vrombissante de Pierre Acedo soutient la batterie guerrière de Cédric Sénéchal). Heureusement, FIB nous offre également quelques intermèdes plus légers bien que pas forcément indispensable. Qui s’étonnera dès lors de lire que la production est signée de l’incontournable Francis Caste, un des meilleurs producteurs metal de son temps? Pirates est un de ces albums qui risque fort de prendre toute sa mesure sur scène. A bon entendeur…

P.O.D: Circles

USA,  (Mascot records, 2018)

Je ne suis pas spécialiste de POD. Alors quand je glisse ce Circles dans mon mange-disque et que retentissent les premiers sons de Rockin’ with the best, je me demande où je vais: le mélange rap metal ne me séduit guère. Mais la suite, Always southern California, est plus nuancé, chantant et flirte même avec une sorte de heavy pop séduisante sans être racoleuse. Puis POD renoue avec une sorte de rap/RnB et, bon… ça ne me parle décidément pas. Alors, oui, il y a cette version un peu trashy de On the radio qui secoue bien, et les gars se disent dotés d’un Metal heart sur Panic attack. One chanson qui n’a toutefois rien de commun avec le coeur de metal de vous savez qui… Bien sûr, il y a tout au long de ce Circles de la recherche, du travail et un vrai sens de la composition, cependant, je n’accroche pas du tout. Ce dixième album des Californiens n’est pas mon genre. En revanche, il est incontestable que les amateurs du genre vont trouver là de quoi se satisfaire, car la prod est soignée, les compositions, quels que soient mes goûts, efficaces et rentre dedans. Pas mon genre, mais bien foutu quand même…