WORST DNA: Saturday night

Rock, France (EpAutoproduction, 2019)

Fondé en 2012 par le batteur Andrew D. Gorth, Worst DNA a publié son premier album en 2016 et revient aujourd’hui avec Saturday night, Ep aux sonorités rock et cold wave. Les 5 titres proposent une variété de sonorité, allant de la folie (Take me out of here) à la douceur (Soft kiss). Si les influences affichées vont de Depeche Mode à Nine Inch Nails en passant par Moby, une chanson comme Paranoid évoque également dans son phrasé et sa construction Eurithmics. Saturday night est une carte de visite plus que sympathique d’un groupe dont l’avenir pourrait dépendre d’une présence plus fréquente tant discographiquement que scéniquement. A suivre.

Interview: SIDILARSEN

Interview SIDILARSEN. Entretien avec Benjamin « Vyber » (guitare, chant) et David  « Didou » (chant) Propos recueillis à l’hôtel Alba Opéra à Paris, le 10 avril 2019

Metal-Eyes : Commençons par un saut en arrière puisque vous avez rencontré un franc succès avec votre précédent album, Dancefloor bastards, cycle qui s’est conclu par un album/DVD live qui a été enregistré chez vous, au Bikini de Toulouse. Quel regard portez-vous sur ces trois dernières années ?

Didou: Des années très riches…

Metal-Eyes : Elles vous ont vus voyager, aller en Russie, notamment.

Vyber: Elles nous ont permis de franchir des étapes importantes : le Hellfest, le DVD, comme tu disais qui célèbre nos 20 ans de carrière, et aussi la Russie, avec la découverte de la portée musicale… Une émotion particulière…

Metal-Eyes : Tu parles de « portée musicale » ; vous l’avez vécu comment ce voyage ?

Vyber: Il y avait vraiment un accueil chaleureux, extrêmement franc et direct, alors qu’on se demandait comment on allait être perçus parce qu’on chante en français… Et en fait ça a largement dépassé les barrières, c’était très fraternel avec le public.

Metal-Eyes : Comme quoi, un groupe français qui chante en français peut rencontrer le public à l’étranger… Je crois qu’il y a des Allemands qui l’ont prouvé dans leur langue mais je ne sais plus trop qui…

Didou: On se base beaucoup sur cet exemple…

Metal-Eyes : C’est aussi, je pense, une question de se donner les moyens, de prendre des risques (ils acquiescent tous les deux) plutôt que de se cantonner à jouer le week end, avec des boulots à côté parce qu’il faut aussi se nourrir. Vous allez y retourner ?

Didou: On espère, c’est même probable… C’est une belle histoire.

Metal-Eyes : Venons en au présent : On va tous crever – enfin, ça c’est l’avenir, c’est une évidence… Que s’est-il passé ? Vous êtes passés d’une certaine joie de vivre avec Dancefloor bastards à un côté beaucoup plus sombre et brutal sur ce nouvel album…

Vyber: En fait, il y avait déjà du sombre sur Dancefloor, et on avait envie d’exploiter cet aspect là. L’époque nous y a amenés, et c’est aussi ce qu’on sent autour de nous, la réflexion mondiale tourne autour de ça et on a été influencés par tout ça, c’est ce qu’on ressent. Et on avait aussi envie d’une couleur plus metal. Je pense, je suis sûr même que ça correspond à ce que dégageait notre live dans la sélection des morceaux. Il se dégage une vraie couleur metal et on avait envie d’enfoncer le clou là-dessus. Rebondir, donner de l’excitation dans un nouveau Sidi… On a bientôt 22 ans… Par le jeu, aussi, il y a plus de guitare basse batterie, un son plus massif te sombre. C’est aussi parce que le reste, on l’a déjà fait. Ca n’efface rien.

Didou: Et ça ne renie rien du tout, non plus. C’est un besoin actuel pour nous. Il y avait déjà cette face sombre dans un titre comme Guerres à vendre. Là, on avait envie d’aller dans une seule direction, un concept – enfin, concept… C’est un bien grand mot… Et une production homogène, droit au but. On voulait moins s’éparpiller. Une envie qu’on avait depuis un moment de faire un album compact… Après, c’est aussi nos vies personnelles, la confrontation avec la mort… On revient aux fondamentaux : on fait du metal et on se confronte à la mort.

Metal-Eyes : Ca répond en partie à ma question suivante qui est de savoir comment vous analysez l’évolution du groupe entre ces deux derniers albums. Vous retournez vers le metal avec des sujets sombres, même si vous avez toujours été engagés dans vos textes (ils approuvent) et que la situation du monde fait que ça entretien votre colère…

Vyber (il rit) : c’est ça…

Didou: On n’y est pour rien

Vyber: Ca ne l’a pas calmée… On voudrait bien être très apaisés, mais pour le coup, ça nous arrange, ça colle avec nos volontés musicales. Il y a de quoi être enragés, mettre de grosses guitares acvec de la colère véritable et sincère…

Metal-Eyes : Vous chantez tous les deux ; comment vous répartissez-vous le chant ?

Vyber: Complètement à l’arrache ! (rires)

Didou: C’est vrai, on le fait à l’arrache mais en fait, c’est une science, c’est notre propre science…

Vyber: C’est vraiment une alchimie particulière qui est devenue instinctive au fil du temps…

Didou: On se connait bien tous les deux, c’est assez naturel. Ca peut paraitre étonnant pour certaines personnes parce qu’on est deux à écrire. Mais il n’y a pas d’importance réelle de savoir qui a écrit quoi, parce qu’on s’aime, on s’apprécie suffisamment pour se donner ce beau cadeau qu’est la création, l’écriture. Qu’elle soit chantée par l’un où l’autre ne nous pose aucun problème. C’est même très intéressant d’interpréter un texte qui n’est pas le sien. Il n’y a pas de logique…

Vyber: A de rares exceptions près… Il y a un morceau qui s’appelle Dans tes bras qui a été écrit par David et qui est tellement personnel que ça n’aurait pas de sens que je chante.

Didou: J’en ai parlé avec Benjamin qui a entendu ma requête. C’est arrivé dans le passé qu’il y ait des choses un peu plus personnelles. Il y a eu un titre où je suis venu saupoudrer parce que je n’ai pas d’instrument, autre que vocal. J’étais juste là en appoint, et c’était une chanson très forte de Sidi. Ca pourra arriver dans un sens comme dans l’autre à l’avenir, mais ce n’est pas la priorité. La priorité , c’est un collectif, un ensemble, mais c’est important aussi d’avoir cette liberté, cet espace de liberté pour mettre un peu de piment et varier les plaisirs. Parce que si nous prenons du plaisir, a priori l’auditeur en aura aussi.Après c’est aussi l’insiration, on ne se force pas, il n’y a pas de règle. Ca s’est fait comme ça pour Dans tes bras, mais le reste de l’album est clairement marqué par cette entité Vyber/Didou qui est notre empreinte. Moi, j’adore ça, ça me rend plus fort d’avoir quelqu’un à qui donner le change. Tu peux soulever des montagnes comme ça.

Metal-Eyes : D’un autre côté, ça vous ôte la problématique de la question : « avec qui je vais chanter en duo ce soir » ! (Rires général)

Didou: Voilà ! Il y a un filtre permanent et ça donne beaucoup de force d’être deux. C’est puissant. C’est peut être parfois plus compliqué dans la compo parce qu’il faut créer des espaces, trouver une cohérence pour que ce soit agréable à l’écoute et pas « il a fallu caser le passage Didou, le passage Vyber »…

Metal-Eyes : Tu parles de compo ; vous avez eu deux années très occupées après Dancefloor bastards, ce qui signifie que ce nouvel album a été enregistré et composé assez vite. Est-ce que vous avez changé votre méthodologie de travail ?

Vyber: C’est pas vraiment la méthode entière, c’est surtout pour l’enregistrement où on avait une idée précise en tête. C’était vraiment un son de guitare, un son de batterie, on ne voulait pas partir dans tous les sens. Comme le disait David, on voulait quelque chose de compact. On a profité aussi du fait que Sylvain soit arrivé pour s’écouter jouer, jouer ensemble, mettre en perspective nos manières de faire. Trouver la juste place de chaque instrument, même des machines. La basse est beaucoup moins saturée que ce qu’on a pu faire dans le passé, ça s’approche plus d’un son naturel pour du metal, la batterie aussi prend plus de place… Faire un mixage complet pour créer de la largeur et de la puissance.

Didou: On voulait que Sylvain puisse s’exprimer dans la compo, qu’il puisse mettre sa patte dans le cadre Sidilarsen avec tout le passif qui est lourd, puissant mais ça faisait aussi écho à nos envies. Sa façon d’écrire, ajoutée à la notre, a amené un petit vent frais qui correspondait à nos envies.

Vyber: Et pour la première fois, avec la sortir du DVD qui nous permet de nous arrêter et de regarder où on en est, on a pu se dire collectivement « voilà ce qu’on a fait : tel style, telles ambiances… On a déjà fait, faisons autre chose »

Metal-Eyes : « On n’est pas AC/DC »

Vyber: C’est ça.

Metal-Eyes : Que me diriez vous, l’un et l’autre, pour me convaincre d’aller acheter l’album dès sa sortie ?

Didou: Le problème, c’est que le 26 avril, on va tous crever… Donc il vaut mieux l’écouter très vite…

Vyber: (il rit) c’est ça… Après, je pense que ça va en surprendre quelques uns et ceux qui se sont endormis sur Sidi pensant que ça ne bougerait jamais, ben… Vous allez prendre une gifle ! Positive, la gifle. Ceux qui aiment ne seront pas choqués.

Metal-Eyes : Non, parce que depuis quelques albums il y a eut une évolution et, comme vous le disiez, vous retournez vers le metal, vers vos racines. Maintenant, si vous ne deviez, l’un et l’autre, ne retenir qu’un seul titre de On va tous crever pour expliquer ce qu’est aujourd’hui Sidilarsen, ce serait lequel, et pour quelle raison ?

Didou: Ah c’est chaud… Pour moi c’est chaud parce que j’ai toujours du mal à choisir un titre… Elle est vache comme question…

Vyber: J’aurais dit On va tous crever parce que c’est le titre éponyme, mais… Oui, il y a ces grosses rythmique très binaires dans le couplet mais ce n’est pas très dépaysant pour du Sidi, mais du gros refrain avec de la voix…

Didou: Assez frontal le refrain, et il est 100% français celui-là, il nous ressemble bien.

Vyber: Du bon gros metal français…

Metal-Eyes : Alors puisque vous parlez de metal français : vous n’êtes pas sans savoir que la Main 2 du Hellfest, le vendredi, sera 100% française

Les deux: Ouais, c’est chouette !

Metal-Eyes : Vous aviez posé votre candidature ?

Didou: Non, parce qu’on n’a pas cherché à arriver tout de suite sur un Hellfest alors qu’on l’a fait il y a deux ans

Metal-Eyes : Pourtant, il est marquant, ce Hellfest…

Didou: Oui, pourtout, il y a eut un avant et un après Hellfest 2017 pour Sidi. Avec ce public, ça a été énorme, fabuleux. Maintenant, deux ans après, en pleine sortie d’album, c’était un peu trop tôt pour revenir. On a tellement tourné sur Danceflor bastards qu’on a besoin de laisser vivre cet album et le premier clip, sachant qu’il va y en avoir un second, on laisse infusé. L’idée, c’est de revenir sur un Hellfest en 2020, on aura déjà bien commencé à écumer les clubs, les salles et les festivals, on sera bien en forme, et là, on voudra mettre une bonne rouste, ou comme on dit à Toulouse, « une bonne roustade »…

Metal-Eyes : En plus, ce serait pour le 15ème anniversaire, ce qui est un autre symbole…

Vyber: Ben voilà ! en plus !

Metal-Eyes : Tu dis qu’il y a un avant et un après Hellfest… Quel est votre souvenir le plus prégnant de ce Hellfest justement ?

Didou: Pour moi, le fait de jouer en plein jour. Peu de groupes le disent, mais le monde, ces visages… J’aime bien l’exercice du plein jour parce qu’on a un show très visuel et on est habitués à jouer la nuit, dans des salles fermées, ou dans des festivals la nuit…Il est très rare qu’on joue en journée et c’est un exercice différent, très intéressant parce qu’il n’y a plus aucun filtre. Là, en plus, c’est complètement démesuré, tu pourrais te dire qu’on est loin du public, que c’est impalpable, mais au contraire : c’est une confrontation directe, en plein jour, et c’est… énorme !

Metal-Eyes : Vous étiez passés assez tôt, avec un temps de jeu limité…

Vyber: Oui, ça permet de te lâcher dès le départ

Didou: T’as pas le temps de passer par 4 chemins, il faut y aller tout de suite… Mais le public nous y  a particulièrement aidés, les gars étaient chauds, directs…

Vyber: Le public nous a transportés… Incroyable…

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise de Sidilasrsen en 2019 ?

Didou: Elle est évidente : On va tous crever… (rire général)

Metal-Eyes : Donc on va pouvoir la placer sans cesse… Ca veut dire qu’il n’y aura pas d’autre album de Sidilarsen…

Didou: « L’ardeur du vivant »… On en a traversé des tempêtes, ensemble. Et à chaque fois, l’humain l’a emporté.

Vyber: On profite du présent. On se dit que maintenant, le temps passe, il serait temps de profiter de tout, pas seulement des aboutissements des projets, mais aussi profiter de la route, tout le temps

Metal-Eyes : Profiter de tout, ça veut dire aussi pouvoir profiter d’une journée promo à Paris pour aller visiter, mais non… Ça fait deux jours que vous êtes coincés ici … (ils explosent de rire)

Vyber: On profite des gens…

Didou: On profite de cet instant avec toi, et c’est bien. On est bien là et pas à moitié sur des smartphones…

Metal-Eyes : Vous avez encore une interview après, mais jusqu’à présent, quelle est la meilleure question qu’on vous ait posée, la plus étonnante, ou la plus surprenante, décalée ?

Vyber: Waow…

Didou: Il y en a eut quelques unes d’intéressantes… C’est peut-être celle que tu viens de poser…

Metal-Eyes : Ça c’est facile…

Didou: Oui, c’est facile… Alors… Il y a eu des débats intéressants, plus que des questions. Des débats où on est même sortis du cadre musical, on est partis assez loin…

Vyber: Les questions étaient « assez classiques », les gens ont cherché à vraiment parler de l’album…

Didou: On a trouvé qu’il y avait une belle qualité d’interviews par rapport à ce dont on se souvient pour les albums précédents. Il y a eu une constance, parfois il y a, sans jugements, sans se poser en juges, des interviews qualitatives, d’autres un peu moins, mais c’était aassez profond tout au long de ces deux journées. On ne s’attendait ps à ce que les médias prennent autant au sérieux cet album et son titre. On savait qu’il y aurait un peu de ricanement avec ce titre, et on provoque un peu. Mais chaque intervenant a bien saisi le sens et ne la pas pris comme si on était juste un groupe de punks anars. Peut-êttre que la pochette y est aussi pour beaucoup…

Vyber: Ca reste un objet artistique, ce n’est pas un manifeste politique. Il y a effectivement cette dimension d’entertainment, et quand tu achète un album de metal, c’est pour du gros son avant tout.

Didou: Il ya effectivement cette dimension de plaisir, et dans un second temps, chacun va creuser…

Metal-Eyes : Creuser, avec un « s » (rires général)

Vyber: Oui, en effet, dans un second temps on va tous crever… euh creuser !

Metal-Eyes : Merci à tout les deux, j’espère qu’on vous verra bientôt sur scène, et bonne route avec ce nouvel album !

Didou: Alors, déjà: une date, le 23 novembre, à la Maroquinerie. Il y en aura plein d’autre bientôt annoncées. Merci à toi !

 

SPHERES: Iono

France, Metal progressif (Autoproduction, 2019) – sortie le 10 mai 2019

Certains groupes ambitionnent de devenir, d’autres mettent en oeuvre leurs ambitions. Spheres fait partie de cette seconde catégorie et le démontre avec ce premier album varié, musical, et mélodique, Iono. Le groupe a finalisé son line up en 2018: Jonathan Lino, fondateur au chant et à la guitare est rejoint par le Hollandais Tommi P à la batterie, Camille à la seconde guitare et Lek à la basse. Le groupe travaille particulièrement les ambiances (orientales sur The Cimmerian ghost, une très belle introduction à l’univers du groupe, brutales à la Gojira ou Mastodon…) La basse et les guitares sur Television nation évoquent aussi Maiden, mais cela ne dure qu’un temps, tant Spheres parvient à se défaire de ses influences pour trouver sa voie propre. La dualité du chant clair et guttural ou hurlé, apporte une couleur supplémentaire à cet ensemble plus que prometteur. Ajoutons à cela une pochette très mythologique et fantastique. Iono est une très belle carte de visite présentant un groupe plus que prometteur.

METAL DAYS: rencontre avec les organisateurs

Comblé par sa venue promotionnelle il y a un an, Goran, l’un des organisateurs et fondateurs du festival Metal Days, est revenu à Paris pour parler de l’impact de cette promo sur l’édition 2018, la quinzième, et de l’avenir du festival. Et pour le coup, il est venu avec son bras droit, Nika, pour plus d’efficacité. 1300 bornes en voiture, c’est plus agréable à deux…

Quel impact a eu la tournée promo en 2018? Selon Goran, important puisque « le festival l’an dernier a affiché complet une semaine avant le début. Cette année, ça devrait être complet en mai (…) Je pense que c’était une bonne idée de venir, puisque nous avons eu plus de visiteurs français que les années précédentes« . Selon Nika, l’impact de ces interviews « est plus efficace qu’une pub dans un magazine, les gens parlent, il y a des photos, on échange... » Et c’est bien ce qui a poussé le couple à revenir à Paris, le public français étant le 3ème après les Allemands et les Slovènes et au coude à coude avec les Autrichiens.

Quel est le rôle de Nika dans cette aventure? Elle explose de rire avec un « tout », suivi de « ça va de la promotion à la sécurité en passant par ce qui tient à l’écologie du site et tout ce qui est au milieu« .

Sept groupes français sont cette années à l’affiche, mais Goran reconnait ne pas les connaitre. « Je m’occupe de booker les groupes de la scène principale. Il y a un autre gars, Chuck, qui se charge des autres groupes« .  Comment les groupes sont-ils sélectionnés, justement? « D’abord, les groupes doivent poser leur candidature. Pour celà, tu dois venir en tant que spectateur au festival. Ensuite, tu déposes un CD ou un album au point info et tu complètes un formulaire. En hiver, on écoute tous ces groupes, et nous complétons une charte pour la sélection: que font les groupes pour leur promotion, comment sont-ils suivis sur les réseaux sociaux,combien de concerts donnent-ils dans l’année, etc. Avec ces infos, nous attribuons des notes, et les 33 premiers groupes sont ceux que nous retenons. C’est une méthode simple, mais efficace. Parfois, il y a des groupes qui ont notre préférence, mais ils ne font rien pour eux-mêmes, alors quel intérêt de les mettre à l’affiche s’ils ne font rien? »

Et les têtes d’affiche? « Ça fait des années que je veux Dream Theater, mais ils n’étaient jamais dispo. Cette année, ils sortent un nouvel album. Donc je me suis arrangé avec leur agent. Ensuite, il y a Demons and Wizards, un groupe rare qui ne tourne pas, ne donne pas de concerts. On est bons amis avec leur manager, ça a été plutôt facile. Architects? C’est la quatrième fois qu’on tente. Ils ont annulé trois fois, avec une bonne raison à chaque fois. Ce qui est intéressant, pour eux, c’est qu’avant ils devaient jouer en milieu de journée. Ils ont tellement grandi qu’aujourd’hui ils ont une position de tête d’affiche. Je sais que ça va être bon. Arch Enemy est un des groupes qui a grandi avec nous, que nous avons eu il y a dix ans. Pareil, aujourd’hui ils sont tête d’affiche sur de nombreux festivals Un peu comme Volbeat ou Skindred, qu’on a fait jouer tôt. Regarde où ils sont aujourd’hui, à l’affiche de tous les plus grands festivals. ».

S’il y a un groupe que Goran ne ratera pas, c’est Alien Weaponery, un combo neo zélandais qui était présent l’an dernier sur la petite scène. « Ils ont tout détruit, et compte sur moi, ils vont mettre tout le monde d’accord. On les a placés sur la grande scène à une heure où d’autres festivals ne les placeraient pas. Je pense qu’ils vont créer la surprise. C’est l’avenir du metal, crois moi! » Nika veux tous les voir, mais ne ratera pas Phil Anselmo.

On le sait maintenant, le site accueille 3 autres festival, chacun séparé de quelques jours. Aussi étonnant que cela puisse paraître, l’équipe ne reste pas sur place entre deux. En dehors de l’équipe de sécurité, chacun rentre chez soi et prend soin de son jardin, de ses activités… D’ailleurs, le site est situé proche de la montagne, entre deux rivières , alors quel relation ont-ils, tous deux avec la nature ? « C’est primordial. Ça commence avec le fait que de mai à octobre nous n’achetons rien: nous nous nourrissons de ce que nous récoltons de notre jardin. Nous sommes tous deux des amoureux des animaux« . Nika ajoute que tous deux sont vegans. Ils se promènent en forêt régulièrement, et il n’y arien de plus important que la nature. « On rigole parfois quand on évoque tout ce que nous envisageons pour l’écologie sur le festival. Mais nous ne faisons pas qu’en parler, nous agissons: nous avons viré tout ce qui est mobilier en plastique pour le remplacer par des articles recyclés… Nous vivons aussi selon nos principes« .

Dernier point: L’orga lance cette année un nouveau festival, Bluesland, consacré au… blues. Il se tiendra à Lubjana, dans un ancien château, avec une salle d’une capacité de 1200 personne environ. Un festival à taille humaine, dans un autre cadre idyllique.

Metaldays du 21 au 27 juillet 2019 à Tolmin, Slovénie et Winterdays of Metal (du 28 au 30 novembre 2019 à Bohinj, Slovénie): www.metaldays.net

Bluesland: Chateau de Lubjana, du 27 au 29 juin 2019: www.blueslandfestival.com

Overjam reggae festival: du 15 au 18 août 2019: www.overjamfestival.com

 

SPLIT BRAIN: Discours idylliques

Thrash/Death, France (Juste une trace, 2019)

Split Brain s’est formé en 2006 sous l’impulsion du guitariste Nico et du batteur  Aco. Plusieurs Ep et quelques concerts plus tard, les voici qui proposent un premier album puissant, Discours idylliques. Ce qui marque d’emblée, après une intro légère qui sombre dans une noirceur annonçant la suite, c’est le mélange maîtrisé des genres. Les vocaux gutturaux sont chanté dans un français limpide et compréhensible, et la langue en elle même apporte une véritable originalité au projet, et la variété vocale donne à l’ensemble un aspect assez théâtral. Ensuite, on passe du power metal à du speed, doublé de thrash et de heavy pur jus. Il semble évident que ces cinq là ont grandi au son des classiques allemands (je note des traces d’Accept et de Kreator) et de la scène scandinave, In Flames et Amon Amarth en tête. Mais ce n’est pas tout. Ici et là, on note des constructions empruntées au jazz, parmi d’autres. Les discours engagés rappellent inévitablement No One Is Innocent ou Mass Hysteria. Une variété d’influences que l’on retrouve tout au long de ces 9 chansons (je ne compte pas l’intro). Puissant et explosif, ce premier album devrait positivement marquer quelques esprits. Un groupe à suivre

AMON AMARTH: Berserker

Suède, Death mélodique (Sony music, 2019)

Après un Jomsviking splendide ayant définitivement placé Amon Amarth en orbite dans le monde du death mélodique, les fans étaient en droit de placer leurs plus gros espoirs dans le groupe suédois. Qui ne les a pas déçus avec la récente sortie du live (BluRay, DVD, CD…) The pursuit of vikings, qui vient conclure le cycle Jomsviking. Et rapidement après, c’est Berserker, le nouvel album studio, qui fait son apparition en bacs. Comme on pouvait s’y attendre, Amon Amarth reprend la formule qui a fait le succès de Jomsviking: le groupe s’éloigne quelque peu du death de ses débuts pour se concentrer sur des morceau ici plus foncièrement thrash ou speed (Fafner’s gold, après une intro acoustique et calme, Shield wall, Ironside, Skoll and hati) ou là carrément heavy metal mélodique (Crack in the sky, Mjölner, hammer of Thor, Valkyria, The berserker at Stampford bridge…) On relève la présence de quelques vieilles influences, Iron Maiden et Judas Priest (Raven’s flight) en tête. Le chant de Johann Hegg, toujours guttural, reste une des marques de fabriques du quintette qui, comme me confiait, en off après notre entrevue (à retrouver ici), le guitariste Olavi Mikkonen, Amon Amarth peut aujourd’hui être affilié aux scènes Death, Thrash et Heavy. « Le meilleur des mondes, en somme ». Bien sûr, les Suédois vont conquérir de nouveau fans, simplement on aurait aimé un peu plus de surprises avec ce nouvel album qui semble parfois se satisfaire de la « recette » Jomsviking. Berserker n’en propose pas moins de superbes déflagrations (comme ce Wings of eagles, superbe) dans la lignée « amarthienne » et 12 prétextes à de nouveau se décrocher la nuque. Et avec les belles promesses d’un nouveau show complet, on ne peut qu’espérer être à Clisson pour le Knotfest!

Interview: AMON AMARTH

Interview AMON AMARTH. Entretien avec Olavi MIKKONEN (guitare) Propos recueillis au siège de Sony music France à Paris, le 12 mars 2019

Une rencontre avec Olavi Mikkonen, l’un des fondateurs d’Amon Amarth ne se refuse pas. Et l’on comprend vite qu’entre le groupe et le blond guitariste, c’est « Olavi, à la mort ». Alors même si j’aurai préféré que cette interview d’Amon Amarth se passe « à mon appart » (mauvais jeu de mots, j’habite une maison…), c’est au siège de Sony France que nous nous retrouvons pour parler, naturellement, de Berserker, successeur de Jomsviking, mais également de l’état de santé de Johan, le chanteur, qui n’a pu faire le déplacement à cause de… On commence par ça!

Un vrai tendre cet Olavi, la douceur d’une barre chocolatée. Amon Amarth, et ça repart !

 

Metal-Eyes : Ma première question concerne ton chanteur, Johann Hegg, qui devait t’accompagner pour la promo mais qui a eu un accident. Comment se prote-t-il ?

Olavi: Il s’est fait une très vilaine blessure de combat, il a pris un coup d’épée dans sa jambe, un coup de hache dans le dos… Il est chez lui, en train de cicatriser, mais il va s’en sortir, c’est un grand viking !

Metal-Eyes : Il lui faudra combien de temps pour être de nouveau sur pieds ?

Olavi: Oh… Quelques jours !

Metal-Eyes : Un vrai viking, et comme tu l’as dis juste avant, les vikings n’attrapent pas la grippe, il faut donc que quelque chose de sérieux l’ait empêché de venir…

Olavi: Exactement !

Metal-Eyes : Votre précédent album, Jomsviking, est sorti en 2016. Il a rencontré un grand succès au niveau mondial, et a été doublé par le récent live The pursuit if vikings, CD et DVD. Quel regard portes-tu sur ces trois années dingues pour le groupe ?

Olavi: Je crois que ça a été super. Le cycle de l’album et la tournée sont les plus grands succès que nous ayons connus, c’est extraordinaire. Et faire The pursuit of vikings plus spécialement le documentaire, a été très fun. Le concert, c’est ce que nous faisons au quotidien, donc, il n’y avait rien de particulier pour nous, on a donné un concert normal, qui a été filmé. Mais ça a été super et, surtout pour moi, en tant que compositeur, je suis inspiré lorsque les choses vont bien pour nous. Nous avons clôt le cycle Jomsviking après la tournée, en rentrant chez nous. D’habitude, en rentrant, je ne touche pas une guitare pendant quelques mois, là, dès le lendemain j’étais dans mon studio en train de composer de nouvelles chansons. Mon inspiration est facilitée quand tout va bien pour nous, et je crois que ça se traduit sur Berserker. De mon point de vue, cet album sera un nouveau succès, cela grâce à un cycle précédent qui a rencontré le succès aussi.

Metal-Eyes : Berserker sortira le 3 mai. C’était votre volonté qu’il sorte aussi rapidement après l’album live ?

Olavi: Non, en fait, The pursuit of vikings aurait dû sortir beaucoup plus tôt mais il a été retardé. Au lieu de nous presser, nous avons préféré prendre notre temps afin d’en être à 100% satisfaits. Berserker sort dans les temps.

Metal-Eyes : Comment décrirais-tu l’évolution d’Amon Amarth entre vos deux derniers albums studio ?

Olavi: Je ne crois pas que nous ayons tant évolué… Pour chacun de nos albums, nous apprenons un peu plus, devenons meilleurs, et je crois que ça se ressent sur l’album suivant. Ce n’est pas comme si nous décidions d’un changement radical… Il y a 20 ans, mes groupes préférés étaient Slayer, Iron Maiden et Deicide. Aujourd’hui, mes groupes préférés sont Iron Maiden, Slayer et Deicide. Je n’ai donc pas changé et en tant que l’un des principaux compositeurs du groupe, je crois que c’est une des raisons qui font que nous n’avons pas tant changé. Nous nous sommes améliorés, oui. Le travail sur les chansons est aujourd’hui, heureusement, meilleur, il y a plus d’harmonies, les chansons sont, je pense, plus réfléchies. Il n’y a pas de partie inutile. Je crois que c’est ça, nous sommes meilleurs aujourd’hui, les chansons aussi. Nous évoluons avec chaque album.

Metal-Eyes : Tu viens de parler de Slayer : allez-vous jouer ou tourner avec eux au cours de leur tournée d’adieux ?

Olavi: Oui, en mai, ils vont donner leur dernière tournée aux USA, et nous serons avec eux. C’est vraiment super !

Metal-Eyes : Toi, en tant que fans, que penses-tu de ces adieux de Slayer ?

Olavi: Je crois qu’ils le font comme il faut : il s annoncent qu’ils vont arrêter, donc les fans, comme moi, avons une chance de pouvoir aller les voir au lieu d’avoir un groupe qui annonce simplement arrêter, et tu n’a pas la chance de pouvoir les voir… C’est super d’avoir la possibilité de les voir. Bien sûr, en tant que fan, je crois qu’ils vont sérieusement nous manquer. Qui peut remplacer Slayer ? Selon moi, personne ! Tu sais, nous sommes tous humains. Si nous éprouvons le besoin de passer à autre chose, alors faisons-le. Ils vont me manquer en tant que fan, mais je leur suis reconnaissant de nous avoir offert tant de musique incroyable.

Metal-Eyes : Revenons à votre nouvel album. En tant que compositeur principal, comment as-tu travaillé la composition de l’album ? Tu as changé tes habitudes ?

Olavi: J’ai ma propre formule, qui reste la même… Comme je te l’ai dit, dès le lendemain du dernier show du cycle Jomsviking, je me suis remis au travail. Donc, j’ai eu beaucoup de temps. Et pour moi, le temps, c’est la meilleure chose. La méthode que je préfère est de travailler sur 3 chansons à la fois. La première chanson, celle pour laquelle j’ai le plus d’idée, est ma première priorité. C’est avec elle que je commence ma journée de travail. Ensuite, quand je sens que je ne peux rien y apporter de plus, je la mets de côté et attaque la seconde. Le lendemain, ce dont je me souviens, ce sont les deux dernières chansons sur lesquelles je travaillais. J’ai donc quelque peu oublié la première, ma priorité. C’est donc la première chose que j’écoute le matin. Une seule fois, et je prends des notes de ce qui doit être modifié. Puis je la mets de nouveau de côté, travaille les deux autres. Je continue jusqu’à ce que la première chanson soit parfaite, à mes yeux. Ensuite, je l’envoie aux gars et nous la travaillons en tant que groupe. Cela signifie que j’ai besoin de temps. Si tu as un riff, sur lequel tu travaille toute la journée, il va te sembler super, mais, honnêtement, tu ne peux savoir s’il est bon que si tu l’oublies pour le retravailler.

Metal-Eyes : Ce qui permet au cycle de rester frais…

Olavi: Oui, et l’idéal serait de pouvoir mettre tout de côté pendant un mois. Tu réécoutes ensuite et tu peux dire d’office ce qui est bon, ce qui marche ou pas. Le temps est pour moi le meilleur allié.

Metal-Eyes : Je trouve que c’est une méthode de composition très intéressante, personne ne m’en avait parlé ainsi avant. Que pourrais-tu me dire pour me convaincre de courir acheter Berserker dès sa sortie le 3 mai? 

Olavi: Eh bien, si tu as entendu parler de notre groupe et que tu apprécie ce que nous avons fait dans le passé… il n’y a aucune raison de en pas l’écouter ! (rires) Mais si tu n’as jamais entendu parler d’Amon Amarth, que tu aimes la musique heavy, écoute ce que nous faisons. Je crois que nous avons ce truc qui met tout le monde d’accord.

Metal-Eyes : Ce que je trouve intéressant avec cet album c’est qu’il débute avec le calme, avant la tempête. Une vraie tempête qui continue et qui se termine par un autre temps calme. Le reste est totalement heavy, doublé de la voix de Johann qui n’est plus aussi death qu’auparavant mais reste très puissante. Comment avez-vous développé l’ordonnancement des morceaux ?

Olavi: Nous avions ces chansons depuis un certain temps, avant de les enregistrer. Nous les connaissions déjà bien parce que nous avons travaillé très dur dessus. Quand nous avons terminé l’enregistrement, nous avions déjà une bonne idée de ce qui pourrait ouvrir l’album, se trouver au milieu… Ensuite, on modifie les positions afin de trouver le bon rythme. C’est un peu comme un concert : la dynamique doit monter en pression et se calmer. Je crois que le flow sur l’album est excellent, et je crois que les autres gars du groupe me suivent dans ma passion. Ou n’osent pas s’opposer à moi…

Metal-Eyes : Peut-être que c’est parce que tu es le big guy du groupe !

Olavi: Naaaan ! Ils sont juste sympa avec moi, je ne sais pas (rires) !

Metal-Eyes : Si tu devais ne retenir qu’une chanson de Berserker pour expliquer ce qu’est Aman Amarth aujourd’hui, quelle serait cette chanson et pourquoi ?

Olavi (sans hésitation) : Raven’s flight. Ce n’est peut-être pas la meilleur chanson, mais je pense qu’elle montre bien où se situe Amon Amarth aujourd’hui. Il y a de nouveaux éléments qui se mêlent à ceux plus traditionnels d’Amon Amarth. Sa construction n’est pas typique du couplet refrain couplet, c’est un peu différent. Oui, c’est une bonne chanson pour une première impression.

Metal-Eyes : J’ai l’impression qu’au-delà de vos influences habituelles, il y a des guitares à la Judas Priest, bien plus qu’Iron Maiden, d’ailleurs.

Olavi: Oh, oui, sans doute bien plus ! J’ai beaucoup écouté Judas Priest ces derniers temps. Les deux groupes, Judas Priest et Iron Maiden ont ces guitares jumelles, ces duels, mais ils ne jouent pas sur les mêmes notes.Je pense que tu fais référence à Mjölner, hammer of Thor. Je ne le nie pas, c’est mon hommage à Judas Priest. C’était mon but, aussi, ouvertement. Bien sûr, les riffs sont du Amon Amarth, mais je leur rends hommage, et pour moi, le heavy metal, c’est ça.

Metal-Eyes : Et ils reviennent en forme !

Olavi: Oh, oui ! Le dernier album de Judas Priest botte des putains de culs ! Incroyable!

Metal-Eyes : Parlons un peu de scène : Amon Amarth est un groupe de scène, y a-t-il une tournée prévue en dehors des festivals d’étés ?

Olavi: Oui, la tournée en tête d’affiche est prête et nous sommes actuellement en pleine production de la scène et des effets. On a plein d’idées cool. Je n’en dirait rien, mais vous allez en prendre plein les yeux, ce c=sera cool, massif et meilleur que ce que nous avons fait dans le passé !

Metal-Eyes : Vous avez joué dans plusieurs salles parisiennes – le Casino de Paris, l’Olympia, le Bataclan, l’Elysée Montmartre, le Trabendo, le Zénith… Quelle est la salle que tu as préférée ?

Olavi: L’Olympia est un endroit très spécial. Une salle vraiment spéciale. L’Elysée Montmartre aussi mais il y a un problème : le plafond n’est pas très haut. L’endroit est super, pourtant. Je me rappelle y avoir joué 2 fois en 2007 avec Dimmu Borgir, c’était fantastique. Le Casino était sympa, la première fois qu’on a joué au Bataclan a été extraordianaire !Il faisait si chaud dedans, l’air était si humide… Je me souviens, au moment du rappel, on est tous allés prendre l’air à la porte de derrière tellement nous transpirions ! Je crois que vous avez des salels vraiment super ici !

Metal-Eyes : Donc aucune n’est ta préférée, tu les apprécies toutes…

Olavi:  Elles sont toutes mes préférées ! (rires)

Metal-Eyes : Y a-t-il un endroit dans le monde où tu ne jouerais plus jamais. Pour des raisons techniques ou humaines…

Olavi: Pour des questions humaines, sans doute. Jusqu’à aujourd’hui, on n’a jamais vraiment rencontré de situations… On a joué dans les plus petits endroits merdiques et dans les plus grands endroits. Mais jamais je ne me suis dit « plus jamais nous ne reviendrons ici ». Même si une salle craint, les fans restent des fans, ce n’est pas leur faute. Parfois, quand il y a des problèmes de courant, d’ampli… tous les groupes qui jouent dans cet endroit rencontrent les mêmes difficultés. Nous essayons toujours d’en tirer et de donner le meilleur.

Metal-Eyes : Toujours au sujet des concerts, Amon Amarth sera à l’affiche du Knotfest, qui se tiendra à Clisson la veille du Hellfest. Quel effet ça fait de jouer à Clisson, où vous avez déjà donné des concerts, en tant qu’amuse-gueule du Hellfest ?

Olavi (il sourit) : Ça va être super. L’affiche du Knotfest est incroyable, ça va être une super mise en bouche.

Metal-Eyes : Vous aurez votre set complet ?

Olavi: Oh oui, nous sortirons tout l’attirail, grâce à Slipknot. Ils sont très généreux avec nous.

Metal-Eyes : Ca va être une belle journée. Jusqu’à présent, quelle a été la meilleure question, la plus étonnante, surprenante qu’on t’ai posée aujourd’hui ?

Olavi: Ah… Il n’y a rien eu qui sorte vraiment de l’ordinaire. Vous tous, les gars, êtes sympa et amicaux, et vous ne posez pas de questions vraiment complexes.

Metal-Eyes : Quelle pourrait être la devise d’Amon Amarth en 2019 ?

Olavi: Une devise ? Ca pourrait être : « Spinal Tap, ils sont montés à 11. Nous allons pousser à 12 ! » (rires)

ERIC GALES: The bookends

Blues, USA (Provogue, 2019) – sorti le 8 mars 2019

Pour les amateurs, Eric Gales est tout sauf un inconnu. Ce guitariste américain qui sévit depuis toujours publie, avec The bookends, son 18ème album depuis 1991, que ce soit en solo ou en formation variées, avec notamment Doug Pinnick. Il a également à son compte un incalculable nombre de collaborations. The bookends débute avec un triptyque que Gales aurait pu reproduire tout au long des 10 chansons de l’album: instrumental, blues et du blues funky et groovy. Mais non, il s’amuse avec tout, des sons beatbox, de la guitare aérienne, de la ballade, avant de revenir vers le blues qui se joue dans les bars enfumés (il y en a encore?) ou d’autres choses plus foncièrement rock, toujours avec sa voix chaleureuse et très mélodieuse. Jamais Eric Gales ne se répète sur cet album sinon magistral en tout cas entraînant et vivant.

PRESS GANG METROPLOL: Point blank

Rock, France (Autoproduction, 2019)

Formé en 2006, Press Gang Metropol a publié un premier album, CheckPoint, et un Ep avant de revenir avec ce Point blank qui fleure bon la New Wave de la fin des 80’s. Autant le dire tout de go: j’avais une aversion sans nom pour ces sonorités, ce chant torturé, ces voix graves que je trouvait sans relief, ces médiators qui répètent à l’envie une note sur X mesures avant de changer de victime, ces gens qui dansaient en se roulant contre les murs… Depuis, je m’y suis un peu fait, mais bon… Ici, on retrouve les mêmes ingrédients que ce qui naguère fit le succès d’Indochine et d’autres que je connais moins. Les mélodies sont jolies, le chant anglais plus varié que simplement grave ou mélancolique, la rythmique simple et efficace, les guitares claires. L’ensemble se laisse facilement écouter mais, à part le très enjoué Eternally, je ne retiens aucun titre spontanément, cela malgré une production soignée qui donne sa place à chaque instrument. Même si ce n’est toujours pas mon truc, l’ensemble, agrémenté d’un son plus moderne, se révèle sympathique et plein de bonne volonté. les amateurs du genre apprécieront certainement ces 12 chansons qui nous replongent dans un passé qui continue de nous faire rêver. Au fait, après Check point et Point blank… Chaque album de PGM doit-il comporter le mot « point »?

DREAMCATCHER live à Orléans (Blue Devil’s, le 27 mai 2019)

Dreamcatcher nous ayant offert un très bon second album l’an dernier, il était temps de retrouver le combo parisien sur scène. C’est de nouveau le Blue Devil’s à Orléans qui accueille une formation hexagonale. Enfin, lui loue la salle, plutôt. Car il semble que les concert ne soient pas si rentables que cela et Hervé, le patron des lieux, s’en décharge, chaque groupe devenant responsable de sa promo.

Dreamcatcher, tête d’affiche, a convié deux autres formations à le rejoindre. Mais, étonnamment, la tête d’affiche joue en second. Va comprendre…

La soirée démarre avec Acoustic Wild, groupe qui s’est formé il y a quatre mois à peine et qui s’est spécialisé das les reprises revisitées.  Forcés à l’immobilité sur leurs tabourets, les musiciens proposent un joli panel de reprises allant de Black Sabbath à Kiss, en passant par Judas Priest, Skid Row Led Zeppelin ou encore Pat Benatar. Les versions de Heaven and hell et Electric eye, au tempo ralenti, jouées à la guitare acoustique surprennent et interpellent. L’exercice est osé et passe finalement bien. Acoustic Wild s’attaque même à You shock me all night long d’AC/DC et s’aventure à triturer l’intouchable Whole lotta love de Led Zeppelin avant de terminer sur Heartbreaker, originellement interprété par Pat Benatar.

Même si la chanteuse, Laëticia, se sent obligée d’expliquer que le groupe n’existe que depuis 4 mois et donne ce soir son premier concert, on sent chez ces cinq là un vrai amour du métal et l’aspect osé de l’exercice rend le résultat d’autant plus intéressant. Même si la concentration est de mise, c’est une jolie découverte à suivre.

 

Après cet amuse gueule des plus sympathique, Dreamcatcher entre dans le vif du sujet et électrise la soirée. Le public bien que parsemé se rapproche bientôt de la scène sur laquelle Chris, le chanteur, semble bien décidé à occuper le moindre recoin. Il est en forme, et ne compte pas laisser le public de marbre. A plus d’une reprise, il descend dans la fosse, propose même un wall of death qu’il organise et met toute son énergie au service de son heavy thrash. Geoff, son complice indiscutable, le soutient de bout en bout.

Car, de l’autre côté de la scène, il semble y avoir une anomalie. On dirait des musiciens de session… Vincent, le bassiste, dénote vestimentairement avec son T shirt qui sera pointé du doigt par Chris à la fin du set. Djo de Keiser, l’autre guitariste, est soutenu par un tabouret… On apprendra à la fin du concert que le gaillard s’est cassé la clavicule, alors tout s’explique. Chapeau bas d’avoir joué malgré la douleur que l’on peut imaginer. Reste qu’une unité visuelle serait un plus donnant une force supplémentaire à cette prestation plus qu’efficace.

Dreamcatcher aurait gagné à jouer devant plus de monde car sa setlist est d’une redoutable efficacité. Démarrant avec Fire and ice, le groupe pioche principalement dans son dernier album, Blood on the snow (voir la chronique ici). Les très inquiétants The werewolf et Curse of the vampirespassent superbement bien l’épreuve de la scène. Chris s’amuse aussi à faire comme les grands, qui « ont tous un hymne… Motörhead, c’est Motörhead, Iron Maiden, c’est Iron Maiden, et Dreamcatcher, c’est… Dreamcatcher ». Tiens, il aurait été surprenant de ne pas entendre parler de Maiden… C’est chose faite avec la reprise bienvenue de Children of the damned.

 

La soirée se clôt avec Blood in Paradise, groupe mixte – entre vieux briscards et jeunes loups – qui nous propose une flopée de reprises et deux compositions originales. Nico, le « chanteur », semble quelque peu éméché. Ce soir, c’est le dernier concert qu’il donne avec le groupe, ce qui explique sans doute cela. Reste que, Paranoid (Black Sabbath) est attaqué pied au plancher, et les hurlements enragés surprennent.

Le groupe s’en prends ensuite à Breaking the law, classique de Judas Priest et là, ma première pensée est « pauvre Rob Halford »…  Il ne mérite pas un tel traitement, non…Sans parler de la reprise de Zombie des Cranberries (superbe intro, au passage), hurlée…  Nico descend dans le public et tend le micro pour faire participer quelques spectateurs. Musicalement, rien à dire, même si on sent les musiciens pas toujours en place, avec quelques approximations, mais ils savent poser et faire le show.

Sur les deux titres originaux, Nico sort son smartphone pour se souvenir des paroles. Forcément, ça casse le rythme. Mais heureusement, le groupe est venu pour s’amuser, et les sourires constants de Ricky Hardwood (^_^) le bassiste, semblent confirmer que le groupe prend du bon temps. La soirée se termine sur un joli triptyque composé de Balls to the wall (Accept), Seek and destroy (Metallica) et Killed by death (Motörhead).

Si Dreamcatcher a dépassé de la tête et des épaules les deux autres groupes, la soirée s’est avérée plus qu’agréable et originale. Et ça, c’est déjà beaucoup!