Hommage à Martin BIRCH

Martin Birch – photo: ?

Martin Birch, un des plus importants producteurs de l’univers hard rock/metal est décédé le 9 août 2020 à l’âge de 71 ans.

Né le 27 décembre 1947 à Woking, ville située au sud ouest de Londres et aujourd’hui connue pour abriter, entre autres, les usines de l’équipe McLaren, Martin Birch grandit avec le rock, milieu dans lequel il évolue en tant qu’ingénieur du son puis producteur à part entière.

Ses premiers faits d’armes marquants sont signés avec Deep Purple. Si le mythique groupe anglais est producteur de certains de ses albums mythiques, Martin Birch est crédité en tant qu’ingénieur du son sur rien moins que Concerto for group and orchestra,  Machine Head, In rock ou Burn. Des albums qui lui permettent, à la fin des années 70, de se faire un nom et une réputation.

Ritchie Blackmore l’embarque dans ses valises lorsqu’il forme Rainbow dont il produit le premier album Ritchie Blackmore’s Rainbow en 1975, avec Ronnie James Dio au chant. Il s’occupe également des albums suivants, produisant Rising, l’immense double live On stage et le fabuleux Long live rock ‘n’ roll qui marque le départ de Dio pour Black Sabbath.

Entre temps, Martin Birch suit David Coverdale dans son projet Whitesnake dont il produit le tout premier essai, Snakebite, en 1978, avant de s’attaquer aux albums suivants. Impossible de ne pas citer les œuvres indispensables que sont Trouble ou Lovehunter, deux albums de heavy blues chaleureux qui arrivent en pleine vague punk… Mais ce sont surtout les années 80 qui vont en faire le producteur incontournable qu’il devient rapidement. Sa carrière continue, bien sûr avec Whitesnake, dont on retiendra le sublime double Live… in the heart of the city, et les albums studio Ready and willing, Come and get it, Saints and sinners ou le plus « discutable » Slide it in.

Revenons à Dio et son intégration au groupe de Tony Iommi: Martin Birch transforme, au tout début des 80’s, la bête Black Sabbath en un monstre d’efficacité avec deux albums, une fois encore, indispensables: Heaven and hell et Mob rules. Deux « petites » collaborations qui poussent Black Sabbath au panthéon du rock avant que le départ de Dio ne voit le groupe se perdre…

Comment, aussi, passer à coté de sa collaboration, sa complicité même, avec Iron Maiden? Le groupe de Steve Harris lui accorde sa confiance dès 1981 et son second album, Killers. Birch ne quittera plus les manettes du son de la vierge de fer en engendrant une palette d’hymnes du genre jusqu’au début des années 90 . Soit la période la plus créative du groupe, celle de ses classiques incontestés: The number of the beast, Piece of mind, Powerslave, Somewhere in time, Seventh son of a seventh son, No prayer for the dying (le moins bon de tous, sans doute…) et Fear of the dark, sans oublier deux live, le chef d’oeuvre Live after death et Live at Donnington. Bref, toute la première période « dickinsonnienne ». Ainsi que toute celle avec Adrian Smith…

Si la carrière de Martin Birch semble notamment marquée par ses collaborations avec des groupes anglais, d’autres lui accordent également leur confiance, à l’instar des Américains de Blue Oÿster Cult qui semblent chercher un second souffle. Le groupe fait donc appel au producteur très en vue pour son album de 1980, Cultösaurus erectus, et le rappelle pour le suivant, l’année suivante, pour Fire of unknown origin. Un univers quelque peu différent qui pourtant séduit le public.

Il collabore également avec l’ange blond, surdoué de la guitare, Michael Schenker et son MSG pour qui il produit le troisième album, Assault attack, en 82, mais ce sera là leur unique collaboration.

Martin Birch aura illuminé de son les années 80. il décide de prendre sa retraite en 1992 après avoir finalisé son travail avec Iron Maiden pour Fear of the dark. Pour eux comme pour d’autres, après son passage, plus rien ne fut comme avant. Tous les groupes qui ont collaboré avec Martin Birch ont vécu avec lui leur moments de plus grande créativité. Passer après Birch? Une tâche plus que compliquée, semble-t-il.

Merci, Martin, si tu nous as quittés, ton oeuvre, elle, sera là pour l’éternité. RIP.

HELLFEST 2021: l’affiche presque au complet

Nous le savons depuis quelques temps, Hellfest production vient de le confirmer: l’affiche de la XVème édition, qui se tiendra les 18, 19 et 20 juin 2021, accueillera 90% des groupes qui devaient initialement jouer cette année. Bien sûr, on pourra regretter l’absence d’Infectious Grooves, de Mastodon ou, dans une moindre mesure selon mes critères, de Baby Metal, mais c’est ainsi. Seuls une quinzaine de groupes restent à confirmer. Ci dessous, un extrait du communiqué de presse listant notamment les futurs absents et annonçant quelque belles surprises!

Rappel: les billets 2020 restent valables pour l’édition 2021. Mais ça, vous le saviez déjà. D’ici-là, sortez couverts et prenez soin de vous!

Hellbangers, avec un peu d’avance par rapport à d’habitude, voici la programmation de l’édition 2021 !

90% des groupes nous ont reconfirmé leur présence pour l’an prochain, et vous vous en doutez, ils sont particulièrement impatients de vous retrouver en terres clissonaises !

13 groupes prévus sur l’édition 2020 n’ont malheureusement pas pu confirmer leur présence pour 2021 : Incubus, Mastodon, Infectious Groove, Thy Art Is Murder, Alter Bridge, Baby Metal, Joyous Wolf, Periphery, Unleashed, Meshuggah, The Black Dahlia Murder, Body Count et August Burns Red.

Heureusement, nous avons pu en confirmer 3 nouveaux : Puscifer (Hellcome back Maynard James Keenan), Dropkick Murphys (le jumelage Clisson / Boston est en bonne voie !) et Northlane (pour du Metalcore Australien de haut niveau !).
Nous travaillons encore sur les 10 groupes à vous annoncer pour boucler cette affiche ! Faites-nous confiance, nous sommes déjà sur de bonnes pistes !

Vous pouvez retrouver la playlist 2021 dans sa totalité sur Spotify : https://spoti.fi/30MgW2D

Pour découvrir les groupes et sauvegarder vos favoris, l’application mobile Hellfest est toujours disponible :
IOS : https://apple.co/2tS9feK
Android : http://bit.ly/39rvCqk

Ce post est aussi l’occasion pour nous de vous souhaiter un bel été ! L’équipe de la production prend quelques semaines de vacances pour revenir en pleine forme en septembre et vous préparer une édition 2021 tant attendue!

Encore un immense merci pour vos messages, mails, appels et courriers de soutien ces derniers mois qui nous ont aidé à surmonter cette annulation de notre édition anniversaire.

D’ici là faites attention à vous et à vos proches (et continuez à respecter les gestes barrières !)

Hellfest Crew

 

STORM THE ARENA: l’affiche dévoilée

Comme annoncé, Live Nation révèle aujourd’hui la programmation du premier festival Strom The Arena qui se tiendra à l’Accor Arena les 11 et 12 décembre prochains.

Du lourd et du varié, des groupes européens de toute envergure viendront raviver la flamme festivalière, si tant est que… Mais décembre est encore assez loin pour espérer que la pandémie fasse enfin partie du passé. Lire la suite

STORM THE ARENA: Décembre sera chaud

Tout est dit, ou presque! Il ne manque que les noms des groupes invités les 11 et 12 décembre prochains à l’Accor Arena, noms qui seront dévoilés dès ce lundi 6 juillet. Tenez-vous prêts, en espérant, naturellement, que les conditions sanitaires nous permettent de retrouver l’ambiance que nous aimons tant! Vous remarquerez au passage que l’Accor Hotel Arena devient (effet Covid?) l’Accor Arena.

Toutes les infos sur www.accorarena.com

Storm The Arena

Avis de gros son : Storm The Arena va tout emporter sur son passage les vendredi 11 et samedi 12 décembre 2020 … 🔥www.stormthearena.com🔥#stormthearena #festival #metal #rock #paris

Gepostet von Storm The Arena am Mittwoch, 1. Juli 2020

HELLFEST FROM HOME: 45 concerts depuis ton salon!

 

Parce que même si les metalleux sont privés de leur pèlerinage clissonnais annuel, la musique et la fureurs vivent encore. Arte propose de revivre 45 concerts passés pour compenser un Hellfest annulé. Alors rendez vous sur

https://www.arte.tv/fr/arte-concert/ et/ou https://hellfest.fr/

Au programme
·         Jeudi 18 juin – 20h : Concert en direct depuis Hellfest Productions avec 3 groupes 100% Nantais : Ultra Vomit, Regarde Les Hommes Tomber et Stinky
·         Jeudi 18 juin – 22h : Documentaire inédit : « Hellfest : 15 ans de bruit et de fureur »
·         Vendredi 19 à Dimanche 21 – de 12h à 02h : Diffusion de 45 concerts issus des précédentes éditions du festival (avec entre autres Faith No More, Prophets Of Rage, Body Count, In Flames, Bullet for My Valentine, Devin Townsend…)

TRUST: 40 ans de Répression

Quel amateur de hard rock couillu peut-il, en France tout du moins, passer à côté de Répression, le second album de Trust passé depuis de nombreuses années au rang d’album de légende, de référence ultime ? Le 30 mai 2020, Trust pourrait célébrer en grande pompes le quarantième anniversaire de ce pilier du rock français, paru, donc, le 30 mai 1980. Mais ne le fera pas, le groupe regardant plus l’avenir que le passé.

 

Metal Eyes a pourtant voulu regarder dans le rétro et comprendre la genèse de cet album toujours aussi efficace et actuel quatre décennies plus tard. De longs échanges avec Vivi, le bassiste d’alors, vous permettront de découvrir les secrets de la naissance de Répression.

 

Première question : à quand dater cette genèse ? Arbitrairement, j’ai décidé de retenir l’intégration de Vivi qui arrive au sein de Trust en mai 1979, au moment de la sortie… du premier album. Ray, le premier bassiste de la bande, a en effet décidé de céder sa place pour s’occuper des affaires du groupe sur la route en prenant le poste de tour manager.

 

Enter, donc, Yves Brusco dit « Vivi », qui est alors bassiste au sein de Volcania, formation avec laquelle il enregistre un unique album teinté de punk, L’agression. Il rencontre les membres de Trust lors d’un concert donné « au Swing Hall, un club situé dans les Halles de Paris. Le seul public présent était Bernie, Nono, Raymond, Jeannot (ndMP : respectivement chant, guitare, basse et batterie soit Trust au complet) et leur manager. Ils avaient bien aimé notre set et après, on a fini au bar et nous sommes devenus potes ». Lorsque Ray décide de quitter son poste, après avoir toutefois enregistré le premier album c’est naturellement que Trust fait appel à Vivi, qui n’hésite que peu, Volcania stagnant sans entrevoir d’avenir. Un point qui pèse dans la balance du choix est avancé par Nono : le fait que Vivi chante, ce que personne dans le groupe, hors Bernie naturellement, ne fait et qui peut apporter une touche supplémentaire.

 

Le premier album de Trust paraît le 28 mai 1979 avec le succès que l’on connaît. La force de ses morceaux emblématiques (Bosser 8 heures, L’élite, Police milice, Préfabriqués ainsi que la reprise de Ride on d’AC/DC) propulse le groupe aux premières loges du rock français, aux côtés des Téléphone, Starshooter et autre Océan. Vivi est ainsi embarqué sur les routes avec deux premiers concerts donnés à Aubenas en Ardèche (le 1er juin 1979) et Vic Fezensac dans le Gers (le 2 juin) ville en fête où « les seuls commerces ouverts sont des bars ». Premiers concerts, premiers souvenirs, voire premières peurs aussi comme l’explique le bassiste : « Little Bob Story joue avant nous, pendant leur show, un mec défoncé arrive à monter sur scène, s’agrippe à un câble qui soutient une Genie-tower d’une dizaine de mètres, déséquilibre la structure et la tour s’effondre avec ses projecteurs dans le public » faisant quelques blessés, sans gravité, heureusement.

 

Il n’y a pas encore de tournée cependant, seuls quelques concerts ci-et-là (Mulhouse, Nantes, Le Mans) avant de donner un premier show à Paris, au Bataclan, le 26 juin. La salle est comble, un signe, mais le groupe ne le prend pour rien de moins qu’un autre concert. Après deux concerts donnés début juillet (le 6 à Saint Auban, dans les Alpes Maritimes et le 7 à Tonneins dans le Lot et Garonne), Trust bénéficie de quelques semaines pour pouvoir composer son second album. Le quatuor investit les studios EAB à Mesnil le Roy, dans les Yvelines. Si, nous le verrons à la sortie de l’album, les titres sont signés Bernie et Nono, la composition se fait sous forme de jams. Un riff de Nono permet à tous de développer la structure et les bases du morceau. C’est pendant cette période que le premier album devient disque d’or (soit, à l’époque 100.000 exemplaires vendus).

 

Ce n’est qu’en fin d’année 1979 que le groupe enfile les kilomètres, sillonnant la France de long en large en donnant une quarantaine de concerts entre le 29 septembre à Annecy et le 30 novembre à Roubaix. Le groupe tourne intensivement, les salles se remplissent. Il y a un intérêt pour Trust que Vivi décrit simplement : « Les salles grossissent en capacité ainsi que l’engouement du public, l’album commence à bien fonctionner, on ne s’en rend pas trop compte, notre plaisir c’est d’être sur scène et d’envoyer. » Chaque région est visitée, Amiens, Metz, Strasbourg, Orléans, Rennes, Saint Malo, Lyon, Dijon… Trust s’offre également une première escapade de l’autre côté de la frontière avec deux concerts donnés les 1er et 2 décembre en Belgique (à Schaerbeck puis à Charleroi) qui viennent clore cette première vraie tournée, scellant l’intégration de Vivi. Quand je lui demande si le groupe est alors dans le trip « sex, drugs and rock n roll », sa réponse est claire : « Oui, on s’amuse bien ; imaginez un groupe dans ses débuts qui passe la majeure partie de sa vie sur les routes, ce n’est que du bonheur ». Ah ! Insouciance de la jeunesse…

 

L’année 1979 cède le pas à une nouvelle décennie. Pour Trust, 1980 débute avec deux concerts spéciaux : le premier au Pavillon de Paris le 12 janvier dans des conditions un peu particulières. Le quatuor y joue pour la première fois 5 morceaux du futur album. Comment réagit alors le public à l’écoute des Au nom de la race, Mr Comédie, Saumur, le Mitard et Passe ? « Les titres sont super bien passés, se rappelle Vivi, mais cette journée fut un peu floue. Le concert a failli être annulé cinq heures auparavant, une bataille juridique s’est engagée entre l’organisateur de spectacle (NdMP : KCP) et la maison de disque pour que le concert ait lieu, (il y avait) 12 000 personnes devant la salle qui attendaient l’ouverture des portes. » Et si certains pourront s’étonner de ne pas voir Antisocial à cette liste de nouveautés, c’est simplement que le titre n’existe pas encore…

Le second concert se tient le 24 janvier à la maison d’arrêt de Fleury Mérogis. « C’est Philippe Adler – journaliste qui écrivait dans Rock & Folk (entre autres) qui nous a fait part de cette possibilité. » Pourquoi pas, mais les autorités pénitentiaires doivent imposer des consignes particulières…  Pas vraiment, selon le bassiste pour qui « à part avoir des papiers en règles pour pénétrer dans l’enceinte, la seule consigne était qu’il serait bien de ne pas jouer quelques titres un peu trop subversifs (Police Milice, etc). »

 

Après ces deux dates, Trust se prépare à rejoindre, début février, Londres pour y enregistrer son nouvel album. En 1980, les conditions financières n’ont rien de commun avec aujourd’hui. Les labels financent généreusement les groupes qu’ils produisent et dans lesquels ils croient. Si Vivi ne se souvient pas du budget exact – Bobby Bruno, l’intransigeant et efficace manager du groupe doit garder ces données quelque part – cela « englobait séances de studio (nous y étions à demeure, personne d’autre n’y enregistrait), hôtel, bouffe, argent de poche (Per diem) » (« par jour »). Cependant, la veille de leur envol pour la capitale anglaise, Trust joue 5 titres au théâtre de l’Empire, alors connu pour abriter les émissions dominicales de Jacques Martin (rappelez-vous L’école des fans). Bosser 8 heures et L’élite du premier album y côtoient trois nouveautés encore inédites : Fatalité, Le mitard et Mr Comédie, tous enregistrés dans le cadre de l’émission Chorus, animée sur Antenne 2 par Antoine de Caunes et Jacky (souvenez-vous, oui, le rouquin foufou avant qu’il ne rejoigne le Club Dorothée). Après leur diffusion le 10 février 1980, ces images resteront inédites jusqu’à la parution du CD/DVD Le Best of publié en 2008 par Sony BMG.

 

Trust investit donc les Scorpio studios de Londres jusqu’à la fin du mois de février. Les lieux sont connus de Bernie, Nono et Jeannot qui y avaient travaillé le premier album sous la houlette de Dennis Weinreich en qui ils replacent leur confiance. Cependant, ce dernier n’agit pas comme un producteur au sens classique du terme. Il respecte l’essence de ce qu’est Trust et se charge de mettre chaque chanson en son, dispensant parfois quelques idées. Mais c’est bien d’un travail commun qu’il s’agit.

 

Le Scorpio sound studio est situé dans le quartier londonien de Camden, à Euston road. Il est localisé au rez de chaussée d’une tour. Les lieux ne sont pas grands « mais l’acoustique était très bonne. » De plus, hasard des calendriers, le groupe croise aussi le chemin de Bon Scott, sur place en repérage pour l’enregistrement du futur album d’AC/DC. Il s’attèle à la traduction des textes de Bernie car, comme le rappelle Vivi, « nous avions l’intention de traverser les frontières, donc une version anglaise s’imposait, les textes de Bernie avaient un sens. » Bon Scott assiste en partie aux sessions d’enregistrement et est même celui qui suggère, alors que le titre a pris spontanément forme en répétition, l’idée des chœurs finaux sur Antisocial.

 

Si les autres membres de Trust connaissaient déjà l’Australien, Vivi le rencontre et le découvre. Des liens se nouent aussi autour d’une pinte : « Je ne parlais pas un mot d’anglais à l’époque, mais dès qu’on avait bu deux, trois pintes au pub du coin on se comprenait. » C’est d’ailleurs au cours de ce séjour au Scorpio sound qu’est enregistré, le 13 février 1980, ce qui va devenir un document demeuré inédit jusqu’à sa publication en 2000 : « nous étions en train d’enregistrer quand Bon est passé nous voir la première fois. Nous l’avons aperçu à travers la vitre qui nous séparait de la cabine et nous avons stoppé net, Bon est rentré dans le studio pour nous dire bonjour et c’est à ce moment que Nono a entamé Ride on et, comme par magie, Bon est venu au micro avec Bernie et a commencé à chanter ; cela n’était pas prévu bien sûr. C’est pour cette raison qu’il manque le début du titre, car l’ingénieur du son Dennis Weinreich a été surpris et a appuyé sur record pour immortaliser ce moment. » – Ce document a fait l’objet de deux singles édités en promo à 500 exemplaires chacun, donc, difficilement trouvables.

 

A Londres, Trust s’occupe également de la pochette de l’album et fait de nouveau appel à Herb Schmitz qui avait réalisé les clichés genre taulards d’alors et photo d’identité d’aujourd’hui, des musiciens sur le verso du premier album. Pour le nouvel album, toujours sans nom au moment du shooting, il organise la session dans son studio de Londres et propose de faire poser le groupe, avec une sorte d’effet miroir. Ce que l’on pourrait prendre pour la laque du plateau d’un piano est en réalité un artifice : « ce sont des grands rouleaux de papier réfléchissant posés sur des tréteaux tout simplement. » Idem pour la photo verso montrant le groupe avec une bande de potes : « Nous ne connaissions pas ces personnes. Ce sont juste les clients présents dans ce bar punk, qui ont accepté de poser avec nous. »

 

Plus tard, Trust reçoit la visite surprise de toute l’équipe de CBS, venue lui remettre son premier disque d’or, récompensant les ventes du premier album.  Ce n’est qu’au matin du 19 février, après une nuit de fête bien arrosée que le groupe apprend la nouvelle de la mort de Bon Scott. Cette tragédie a-t-elle eu un impact sur la suite de l’enregistrement ? « Non, l’album était bien avancé. Nous sommes rentrés à Paris pour faire un break et sommes revenus à Londres pour le mixage de l’album. »

 

De retour en France, Trust donne quelques concerts, participant notamment au festival Europe rock 80 au Pavillon Baltard de Nogent sur Marne, un temps pensé pour accueillir des concerts parisiens de moyenne capacité. A l’affiche de ces 8 concerts se trouvent, parmi d’autres, Bernard Lavilliers, Starshooter, Téléphone ou Joe Jackson. Le 15 mars, Trust y dévoile cinq nouveautés – seul Bosser huit heures est extrait du premier album – et joue pour la première fois un Antisocial encore inconnu du public. Un public très réceptif, notamment, grâce au « premier album (qui) avait beaucoup de succès ; naturellement, l’audience était très bonne ».

 

Ce sont ensuite deux dates parisiennes que s’offre Trust. Tout d’abord, le 3 avril, un passage au mythique Golf Drouot, salle qui a vu défiler tout ce que la France a pu faire de mieux en matière de rock, de Johnny Halliday à Eddy Mitchell et ses Chaussettes Noires, en passant par Ange, Magma, Little Bob, Bijou et tant d’autres. Le lendemain, Trust investit le Bataclan. De rares concerts qui permettent sans doute de mettre en place la tournée annoncée dans des conditions réelles. Tout comme son passage au tout jeune Printemps de Bourges qui, pour sa 4ème édition, accueillent les Parisiens le 11 avril. Une date qui peut marquer pour d’autres raisons : « c’est très loin dans mes souvenirs, c’était sous un chapiteau, je me souviens d’une rencontre avec Coluche, une photo existe ».

 

Trust s’offre par la suite quelques escapades hors de nos frontières. L’Italie est visitée lors de deux concerts à Milan et Rome (22 et 23 avril), la Suisse l’est quatre jours durant (du 1er au 4 mai) ainsi que la Belgique, à trois reprises (les 9, 10 et 15 mai) – « C’était les débuts du groupe à l’étranger ; super l’Italie, un public très rock ! ». Autant de concerts grandeur nature et annonciateurs de ce qui va suivre. Trust se permet toutefois de tester, quelques jours avant la sortie de Répression, le public hexagonal au cours de 6 concerts entre le 17 et le 24 mai.

 

 

Avant la sortie de Répression – le titre a été enfin dévoilé – le monde du hard rock voit cependant apparaître une tonne de nouveautés, de groupes déjà en place (Black Sabbath, Scorpions, Van Halen) ou plus récents, parmi lesquels se distinguent Saxon, Iron Maiden, Def Leppard, Angel Witch ou Samson. Le rock dur semble vouloir reprendre ses droits tandis que le punk des Pistols semble s’essouffler. Il y a, en tout cas, une scène vivace, explosive et un public demandeur et de plus en plus présent. Les mois qui suivent confirmeront d’ailleurs cet engouement populaire pour ce renouveau métallique avec d’autres sorties non moins remarquables (Whitesnake, Blue Oÿster Cult, AC/DC, Thin Lizzy, Status Quo, Motörhead chez les anciens, ainsi qu’une palette de jeunes loups que sont Girlschool, Accept, Samson, Diamond Head, Tygers Of Pan Tang, ou encore le retour de certaines gloires telles Michael Schenker Group ou Ozzy Osbourne). Pourtant, Trust est centré sur son nouveau bébé sans porter une attention particulière à ce qui est en train de se passer.

 

La sortie de Répression est planifiée au 30 mai 1980. Il y a un signe qui ne trompe pas, selon le bassiste : ce sont les nombreuses pré-commandes chez les disquaires. Un signe de bon augure. D’autant plus que, il faut le rappeler, il n’y a en France que 2 magazines rock (Best, assez généraliste, et Rock’n’Folk, qu’on le veuille ou non, plus élitiste), 3 chaînes de télé (TF1, Antenne 2 et France Régions 3, toutes nationales) et 4 stations de radio (France inter, RTL, Europe 1 et RMC). Rapidement, Trust bénéficie du soutien inconditionnel de Michèle Abraham qui s’emballe et diffuse dès que possible Antisocial sur les ondes d’Europe numéro 1.

 

Ce n’est sans doute qu’un détail, d’ailleurs le groupe en a changé depuis… Le grand public découvre le logo de Trust (cependant, il figurait déjà sur le 45 tours L’élite, paru en 79). Une signature plus « brillante » et peaufinée par un designer de CBS, son label. Vivi se souvient encore : « Pas d’informatique à l’époque, les pochettes étaient réalisées avec des calques superposés et du Letraset. »

 

Le public se rue sur Répression, album qui confirme tout le potentiel d’un Trust qui explose tout sur son passage. Répression, c’est 10 chansons, 10 titres aussi impeccables les uns que les autres. Bernie avait démontré avoir la langue bien pendue, et cette fois encore, il dit ce qu’il a à dire sur fond d’un rock teinté de punk, plus brut et direct, moins varié sans doute aussi, que sur le premier album. Baigné de blues et de rock, chacun des morceaux a sa propre identité. Les paroles toujours compréhensibles sont crachées à la face du monde par un Bernie aussi sec que les guitares de Nono qui devient rapidement le guitar hero made in France. Le modèle de toute une génération. La basse groovy de Vivi apporte une puissance et un rythme que soutien toujours Jeannot derrière ses fûts. Un groupe uni, au sommet de son art et de sa créativité. Politique, religion, police, société, tout y passe, y compris l’hommage à Bon Scott avec cette photo souvenir d’un temps suspendu qui figure sur la pochette intérieure.

 

Le premier single est aussi le morceau d’ouverture de l’album. Avec son riff immédiatement reconnaissable – qui devient rapidement aussi légendaire que ceux de Highway to hell (AC/DC) ou Smoke on the water (Deep Purple) – Antisocial se hisse rapidement au rang de hit incontournable. Il deviendra bientôt intemporel grâce à la puissance du riff, à l’entrain d’une rythmique d’une efficacité jamais prise en défaut et à cette gouaille…  Des éléments que l’on retrouve tout au long de Répression. Et cette fin, cette répétition de « An-ti-so-cial », savez-vous qui en a eu l’idée ? D’après Vivi, c’est Bon Scott qui a suggéré ces chœurs pour terminer le morceau. Impensable d’imaginer cet hymne s’achever sans faire participer le public avec ces quatre syllabes. On passera cependant sur la vidéo qui présente 4 garçons qui se veulent plus mauvais qu’ils ne le sont réellement, déambulant timidement dans cette casse automobile où ils semblent ne pas oser « casser de la vitre ». Reste que, avec ses textes de rebelle éternel, ce premier morceau fédère toute une génération qui trouve en Bernie, les chansons suivantes de l’album viendront vite confirmer cet état de fait, un grand frère qui dit tout haut ce que peu osent dire.

Comme dénoncer l’accueil réservé par notre beau pays à certaines personnes pas forcément recommandables. Mr Comédie dénonce les exactions commises par l’ayatollah Khomeiny, qui, avant de retourner prendre le pouvoir en Iran, a préparé la révolution islamique et la destitution su Shah d’Iran depuis la France qui l’a accueilli, hébergé et protégé. Quatre décennies plus tard, rien n’a vraiment changé (« Nouvelles dictatures, exécutions sommaires, les femmes doivent se voiler, la musique prohibée. Ils massacrent leurs frères, tout devient absurde ! »).

En empruntant son titre à l’ouvrage de Jacques Mesrine, Instinct de mort dénonce les violences policières et l’exécution, le 2 novembre 1979 en pleine rue, de celui qui fut l’ennemi public numéro 1. Ce titre est rapidement montré du doigt par certains comme prônant le monde criminel, faisant l’apologie des malfrats et voyous de tous rangs. Mais surtout, cette vindicte anti-policière dénonce ouvertement les conditions de vie carcérales déjà inhumaines à cette époque « dans cette prison modèle qu’est Fleury Mérogis. 5 par cellule, il reste une place pour ton fils ». Ce titre n’a pourtant pas été trop source d’inquiétude pour le groupe selon Vivi : « Rien de spécial, nous avons eu quelques soucis pendant nos concerts (grenade à plâtre lancée sur scène), mais rien de très grave. » Trust se veut d’ailleurs préventif en précisant que « Crois le la main tendue vaut mieux que les chaines, surtout quand tu es gosse, tu apprends vite la haine ».

Tout est dit dans le titre : Au nom de la race dénonce quant à lui le racisme ambiant. Sous toutes ses formes. Trust utilise ici un complément sonore que l’on trouvait déjà sur le premier album, une section de cuivres. Si seul Bimbo Acock jouait en 1979 sur Le mateur, ils sont cette fois 4 à souffler sur Au nom de la race : Bud Beadle, John McNicol et Peter Thoms, vraisemblablement des habitués des lieux, rejoignent Bimbo. Bernie y parle déjà de ces cités et de ces regards mauvais que la « bonne » société peut jeter à ceux qui y vivent.

Enchaînement avec Passe se révèle parfait puisque Bernie continue de prévenir l’auditeur qu’il n’est pas prêt à se taire : « J’ai tant de choses à dire, de zones à te décrire (…) Avec toute ma rage je parle de ceux de ma cage ». Cette cage qui pourrait être la cité HLM de Nanterre qui l’a vu grandir, ce qu’il semble confirmer en scandant que « le langage que je parle je l’ai appris dans ma cour. C’est mon environnement, les ordures et les gens ».

A l’époque de sa sortie, les plus anciens le savent…, il faut retourner le disque pour pouvoir écouter la suite. La face B commence avec cette autre claque dans ta face qu’est Fatalité, également second 45t (dont la face B est Passe). C’est un rock endiablé avec une intro au piano que ne renierait pas John Lee Hooker. Mais toute trace du pianiste de Fatalité a disparu tandis que l’on retrouve Bimbo Acock dans une folie au saxophone qui illumine ce titre qui, pourtant, traite d’un sujet grave : l’immobilisme ambiant face au désarroi des cités. Que des tranches de vie, en fait comme le rappelle Vivi : « c’était notre vécu dans nos banlieues. C’est encore pire de nos jours. »

Saumur arrive sur un rythme plus lent et bluesy. Bernie y vomit presque toute sa haine pour la ville du Cadre noir, ville dans laquelle, jusque-là, Trust n’a jamais joué. Qu’est-ce qui vaut un tel ressentiment, une telle haine de la part du chanteur ? Vivi se souvient encore : « Bernie n’avait jamais mis les pieds à Saumur, c’est lors d’une discussion dans un resto avec pote, journaliste à Rock and Folk, qui a raconté une époque de sa vie dans cette ville » qui semble avoir inspiré ce texte. Donc, « l’ami, celui qui m’a souri dans la vieille ville de Londres » n’est pas Bon Scott, comme on aurait pu le croire. Reste que Trust ne s’est pas fait beaucoup d’amis dans cette ville qui transpire la bourgeoisie étriquée sur laquelle flotte une aura passée de respect militaire.

Vient ensuite l’autre morceau de bravoure de Répression. Seul texte que Bernie n’a pas rédigé, Le mitard débute par la narration des mots écrits par Jacques Mesrine. Une narration triste et mélancolique que vient assombrir et alourdir la basse de Vivi avant que plus tard, bien plus tard, la guitare de Nono ne vienne déchirer l’air comme un cri de désespoir. Véritable poème carcéral dans lequel tout une génération peut aussi se reconnaitre – la prison n’est pas seulement faite de barreaux et de cellules – Le mitard inquiète autant qu’il fascine.

Et puisque les morceaux semblent faire appel les uns aux autres, Sors tes griffes continue de parler de la vie de taulard. Plus précisément, de toutes les difficultés qu’un ex-taulard pouvait rencontrer – et peut encore – sur le chemin de sa réinsertion. Tout semble fait pour l’empêcher de trouver une place dans la société. Là encore, le riff de Nono lacère l’air avec une rage et une férocité uniquement doublées par le phrasé tranchant et unique de Bernie.

Répression se termine avec le vindicatif et explosif Les sectes. Besoin de plus de précisions quant au thème abordé ? Speed et déterminé, il s’agit du morceau le plus violent de cet album qui reflète une saine colère contre toute forme d’embrigadement, religieux, sectaire, voire même idéologique au sens le plus large du terme et qui se réfère à la situation de l’époque : les adeptes de Krishna, reconnaissables à leur tenue orange, les illuminés disciples de Jim Jones, pasteur responsable d’un suicide collectif au Guyana. Un titre qui allume joyeusement ces illuminés : « Marche dessus ce sont des insectes, rien à voir dans ce monde d’allumés, ces larves ne sont pas à plaindre, cette vie de zéro, ils l’ont choisie » qui pourrait se résumer en cette simple question « quel est ton dieu quel est ton but ? » La conclusion est un énorme Et merde! doublé d’un éclat de rire aussi horripilant que démoniaque, digne d’un film d’horreur…

 

L’album se vend par palettes entières. Les précommandes ne suffisent pas à assouvir les besoins des disquaires. On peut imaginer que rapidement le quotidien des quatre musiciens a été bouleversé… « Cela se passait bien ; même les flics nous demandaient des autographes ! » se souvient le bassiste qu’on imagine sourire…

 

Répression, on le sait aujourd’hui, est un disque intemporel. Si Antisocial se révèle sans doute comme étant le titre le plus « personnel » de l’album, quand on se penche sur les autres textes, l’engagement est total, Bernie dénonçant et mettant le doigt où ça fait mal. Et l’on ne peut que déplorer que 40 ans plus tard, rien n’ait changé…  Des violences policières (Instinct de mort) qu’on retrouve démultipliées aujourd’hui (contre les Gilets Jaunes, les pompiers, les infirmiers récemment, faut-il le rappeler ?), à l’embrigadement religieux (Monsieur Comédie, Les sectes) qui se transforme de nos jours en un radicalisme religieux sans pareil dans nos cités et banlieues menant, entre autres, à des vagues d’attentats (tuant au nom d’un soi-disant dieu), au racisme et au communautarisme (Au nom de la race), phénomènes grandissant de manière indécente, ou à cette Fatalité, qui touche toujours les gamins (et adultes) des cités, les plus démunis qui errent dans les rues et qu’on regarde toujours aussi bien installés au chaud… Les noms ont changé, les situations ont, elles, empiré… Répression est 40 après sa sortie, toujours autant d’actualité qu’à sa sortie en 1980. Et toujours d’une aussi brutale efficacité.

 

Si quelques concerts sont donnés au moment de la sortie de Répression, un évènement vient cependant marquer de façon durable la vie du groupe : Jeannot décide de quitter le groupe début juin. Les raisons ? Le sujet est sensible ? Le bassiste reste en tout cas évasif : « C’est toujours pour des conneries qu’un musicien quitte son groupe. Quand nous n’étions pas en tournée nous passion notre temps à répéter et une sorte de lassitude peut s’installée. » Si l’on regarde de plus près les dates, la tournée était entamée, et le creux de dates entre le 25 mai et le 6 juin laisse croire que le batteur a pu partie sur un coup de tête. Et qu’il était absent lors de la sortie de Répression, forçant ainsi Trust à lui dénicher dans l’urgence un remplaçant. « L’heureux élu » se nomme Kevin Morris, qui restera jusqu’à la fin de la tournée au Danemark où le groupe joue au Rockslide festival le 27 juin. Les dates prévues au mois de juillet sont annulées et… Là, il faut suivre un peu, puisqu’il semble que l’un des premiers concerts de son remplaçant fut donné le 1er aout à Etaples (près du Touquet). Ce dernier fut rencontré à Londres, au Scorpio sound où Dennis Weinrich présente un certain Nicko Mc Brain à Trust. Mais voilà, le batteur retourne à Londres et est remplacé pour la suite de la tournée par… Kevin Morris recruté à l’origine à la suite d’auditions organisées au local de répétition d’Arcueil.

 

C’est donc Kevin Morris qui répète avec Trust pour le plus gros de la tournée. La période estivale est mise à profit pour que le groupe soit au carré. Bernie, Nono, Vivi et Kevin s’isolent dans le petit village de Wassy où ils trouvent résidence dans un club afin de préparer la tournée Répression dans l’Hexagone. C’est dans ce même secteur que seront tournés les clips de Répression et de Paris is still burning, future version anglaise de… nous y reviendrons ! C’est également à cette période que Trust devient quintette. D’abord rejoint par Thibault Abrial, bientôt remplacé par Moho « La venue de Moho apporte un plus au son du groupe, Moho est un excellent guitariste et un pote d’enfance de Nono. » L’apport d’un second gratteux ne peut que donner plus de relief et de puissance au groupe, en live en tout cas.

Le groupe repart sillonner la France entre le 1er octobre et le 6 décembre. Une tournée intensive quasi non-stop (une petite semaine de repos leur est accordée début novembre) qui part du nord du Pays (Amiens) pour se terminer à Lyon. Le public grossit, la Trust mania commence à se faire sentir. Nombre de concerts se donnent à guichets fermés. De ces derniers, deux choses sont à noter : en 10 jours, la ville de Nice, cité de retraités friqués, est visitée à 3 reprises… Alors quand on lui demande quelle était la relation de Trust avec la cité de la Promenade des Anglais, rappelant que c’est une ville dont Jacques Médecin, alors quasi éternel maire (élu depuis 1965), avait une réputation assez mafieuse… eh bien, Vivi se concentre sur le public plus que la politique : « Les concerts au Théâtre de verdure de Nice étaient chauds bouillants, un super public ! » On veut bien le croire sur parole ! Pourtant, Trust ne peut tourner partout où il le souhaite. Certaines villes ont-elles interdit des concerts ? « Certainement, il y a des villes où nous étions interdits de passage. Trust dérangeait ! »

La seconde chose qui marquera, ce sont ces dates de Nice (23 et 24 octobre), Nantes (29 novembre) et la dernière de Lyon (6 décembre) qui feront l’objet d’enregistrements. Des bandes dont nous reparlerons puisqu’un live ne fut publié que des années plus tard, en 1992.

 

Quelques jours après la fin de la tournée, le 15 décembre (bien qu’une autre date mentionne le mois de janvier 1981), le public voit apparaître dans les bacs Répression version anglaise. Tout est dit dans le titre, et l’objectif de cet album est naturellement de séduire le marché international. Les ambitions grandissantes de Trust sont naturelles. Si la musique est celle enregistrée à Londres, Bernie est allé capter cette nouvelle version au studio Miraval dans le sud de la France au cours des mois d’été. C’est Bon Scott qui s’est attelé à la traduction, ou plutôt l’adaptation des écrits de Bernie. Mais le sort a brusquement interrompu cette tâche et Bernie reste aujourd’hui encore persuadé que ces écrits ont été récupérés et cachés par le management d’AC/DC… Alors, c’est Jimmy Pursey, membre des keupons de Sham 69 qui s’y colle. Seul Le mitard reste en français, tandis que Saumur, étonnement, devient Paris is still burning, qui deviendra le nouveau single. Chose surprenante, la photo qui orne la pochette de ce 45t – qui montre Nono, Bernie et Vivi live, est identique à l’une des versions de l’album…  Mais surtout, pourquoi zapper Saumur ? Ben, pour la simple raison que, comme le résume si bien Vivi, « Personne ne connait Saumur à l’étranger. » Logique.

 

Cependant, alors que Trust est en pleine gloire, cette nouvelle version souffre d’une faiblesse énorme : le chant anglais passe beaucoup moins bien. Est-ce dû à l’accent franchouillard de Bernie ? Au fait que sa gouaille passe moins bien en anglais ? Ou encore au fait d’avoir enregistré seul, et n’avoir, par conséquent, pas pu retrouver l’énergie des studios londoniens ? Reste que Répression version anglaise constitue une carte de visite non négligeable pour séduire le marché international.

 

L’année 1980 se termine néanmoins avec un Trust au firmament. Sur le terrain du rock énervé made in France, seuls Téléphone, et, dans une moindre mesure, Océan jouent dans la même cour. Les premiers ont sortis leur troisième album, Au cœur de la nuit, le 20 octobre (il finira 3ème des ventes), précédé du film documentaire – mi live, mi interview – Téléphone public, réalisé par Jean-Marie Périer. Les seconds ont également occupé le terrain avec deux publications, leur second album connu sous le nom de Je suis mort de rire, et un album mi live mi studio intitulé A live + B. Mais Antisocial a profondément marqué les esprits et l’aventure Répression ne se termine pas avec l’année.

 

Aujourd’hui, personne n’en est plus surpris : début 1981, Trust se retrouve sans batteur. Le groupe se rend à Londres afin d’y organiser des auditions en vue de la tournée qui se prépare. Vivi se souvient : « Nous étions partis à Londres pour auditionner des batteurs, Nicko étant au courant il est passé nous voir.  A la fin de l’audition Nicko s’est mis à la batterie, on a jammé et c’était reparti ! Nicko est quelqu’un de très attachant, toujours le mot pour rire et un des meilleurs batteurs du monde. » Heureusement, le bassiste avait commencé à apprendre l’anglais, chose d’autant plus nécessaire que l’équipe technique est anglaise.

 

Nicko, le joyeux drille, se trouve ainsi embarqué dans la nouvelle aventure qui voit Trust sillonner le Royaume-Uni en première partie des jeunes loups d’Iron Maiden qui sortent leur second album, Killers. Pendant un mois, les Frenchies – ou, comme ils sont communément appelés outre-Manche, les « froggies » – séduisent un public avide de décibels et d’énergie. Le périple maidennien démarre le 17 février pour s’achever le 15 mars à Londres. Mais comment Trust s’est-il retrouvé sur cetet affiche ? « : On ne connaissait pas Maiden, ils venaient de sortir leur second album Killers. Ce sont les maisons de disques et notre management de l’époque en relation avec celui de Maiden, qui nous ont permis de participer à cette tournée. » Aussi simple que ça, et de cette tournée, on le sait, naît une grande amitié et un grand respect entre les deux groupes.

 

Pour dignement fêter cette première escapade britannique épuisante (24 concerts en 27 jours…), Trust investit le mythique Marquee dès le lendemain, 16 mars. Une salle mythique qui a vu les premiers pas de légendes telles que les Rolling Stones, David Bowie, The Police, The Who, The Cure, Jimi Hendrix, Pink Floyd, Joe Cocker… Malheureusement, il n’existe aucune trace audio de ce concert.

 

Si le printemps est assez calme, Trust donne toutefois quelques concerts : une soirée à Reims suivie d’un nouveau passage au Bataclan (20 et 21 mars 1981) avant de faire un saut de puce chez sa gracieuse Majesté les 28 mars (Leeds, en ouverture de Motörhead) et 29 mars à Londres (nouveau passage en tête d’affiche au Marquee). Des concerts donnés « juste le plaisir de jouer, nous demandions au management de nous organiser des dates hors cadre des tournées. »

 

Le public anglais est si réceptif au hard rock de Trust – la presse à même désigné son rock sous le terme de « Boogie with brain » – que les Français organisent, exploit unique en France, une tournée en tête d’affiche. Le rythme y est aussi effréné que sur la tournée Killers : entre le 22 mai (St Albans) et le 11 juin (Londres), ce sont pas moins de 18 concerts qui finissent de séduire nos voisins. Si Vivi conserve de nombreux souvenirs, la date de clôture au légendaire Hammersmith Odeon « reste un grand moment » . On peut l’imaginer, en effet (même si la date de Londres indique le Lyceum, salle tout aussi légendaire mais de moindre capacité et surtout située dans une autre quartier). Ces concerts ouvrent au groupe les portes du festival de Reading. Mais c’est une autre histoire… Car désormais stable, Trust envisage déjà, naturellement, de donner un successeur à Répression et profite de toutes ces dates pour tester un peu de nouveau matériel, toujours en compagnie de Nicko dont Vivi parle avec admiration : « Nicko a un jeu incroyable ; autant visuellement que rythmiquement, c’est un plaisir pour un bassiste de jouer avec lui, j’ai beaucoup appris. »

 

Répression est entré dans la légende. Il reste un album exemplaire et indispensable. Un disque, une période même, qui a permis à Bernie, Nono, Vivi, Jeannot, Moho, Nicko et Kevin de, comme le conclut Vivi, vivre « Une très grande période de notre vie, c’est comme un rêve d’enfant qui se réalise… » Un rêve qui a hanté nombre d’esprits et ouvert de très nombreuses perspectives au heavy rock hexagonal.

 

Une période qui refait surface douze ans plus tard lorsque parait un album live enregistré lors des dates de Nice, Nantes et Lyon. En 1992, en effet, le public peut découvrir ce disque noir témoignage explosif de cette période. 14 titres – plus une intro – dont le rare Darquier (face B du single Le mateur paru en 1979) et deux reprises d’AC/DC – Problem child et Live wire. D’une manière quelque peu étonnante, il ne figure que 3 titres de Répression (Monsieur Comédie, Fatalité et Antisocial). Mais le public peut également découvrir un nouveau titre, Les brutes qui figurera sur le futur album. Peu importe après tout, car ce live entre vite dans la catégorie des indispensables du genre. Pourquoi a-t-il fallu autant de temps pour le publier ? Les causes en sont principalement techniques, comme l’explique Vivi : « Effectivement, plusieurs concerts ont été enregistrés durant cette tournée et les bandes sont restées dans les locaux de CBS pendant des années. Les enregistrements se faisait en analogique sur des bandes magnétiques 24 pistes, qui avec le temps se dégradaient. Un mauvais stockage avait abîmé les bandes. A la première lecture sur un magnéto, l’oxyde de fer se décollait de la bande magnétique et s’accumulait sur les têtes de lectures. Il a fallu trouver un studio équipé de magnétos Studer qui permettait de lire une seule fois la bande et de la copier directement en numérique. » Ce qui explique sans doute l’absence de nombreux titres de Répression. Mais on ne se lasse pas de ce live, dernier vestige d’une époque révolue magique.

 

Merci à Vivi d’avoir apporté spontanément tous ces éclairages et répondu à mes nombreuses sollicitations et questions, ainsi qu’à Sabrina (Verycords) d’avoir tenté d’organiser une rencontre avec Nono, rencontre avortée à cause d’un certain confinement…
Source des illustrations (affiches, billets de concert, disques…): internet

 

 

MOTOCULTOR: l’édition 2020 aussi reporté à 2021

Sans surprise, c’est au tour du Motocultor d’annoncer l’annulation de son édition 2020 qui devait se tenir à St Nolff des 13 au 16 août prochain.

Voici le communiqué officiel de l’organisation:

« Notre destin n’était plus entre nos mains, et depuis hier, la messe est dite. Ce n’est non sans tristesse que nous vous annonçons le report de l’édition 2020 du Motocultor Festival. Affectés par cette annonce, nous pensons aussi à tous ceux qui font vivre l’événement: bénévoles, techniciens, prestataires, partenaires, et bien-sûr vous, festivaliers.

Nous vous donnons désormais rendez-vous les 19, 20, 21, et 22 août 2021 à Saint-Nolff pour la XIIIème édition !

Notre équipe est d’ores et déjà en train de se pencher sur la programmation et les reports possibles de groupes, ainsi que sur les modalités concernant la billetterie et les remboursements. Ces points feront l’objet d’annonce dans les prochains jours. Sachez que les billets 2020 seront bien valables en 2021, et nous aideront ainsi à conserver la trésorerie nécessaire pour préparer la prochaine édition.

La tournée Motocultor Night Fever, qui devait avoir lieu fin mai, est annulée. Les billets seront remboursés auprès des organisateurs / revendeurs officiels de chaque date, merci de vous rapprocher auprès d’eux pour les modalités de remboursement.

La situation financière du festival est fragile, mais son avenir n’est pas remis en cause. Et comme l’ensemble des festivals, nous tâcherons d’adapter notre modèle économique.

Nous envoyons tout notre soutien aux équipes des événements contraints d’annuler à travers la France, mais aussi à travers l’Europe. Ces temps-ci ne sont simples pour personne. Nous renouvelons par ailleurs nos pensées à toutes celles et ceux qui œuvrent chaque jour pour combattre, freiner et éradiquer cette pandémie et soigner ceux qui en sont victimes.

Merci à tous pour vos nombreux messages de soutien, qui nous touchent sincèrement et nous donnent la force nécessaire pour avancer. Plus que jamais, nous avons hâte du retour des festivals, terrains de fête et de vie, plus que jamais, nous avons hâte de vous retrouver en 2021.

Portez-vous bien ! » (Yann Le Baraillec)

HELLFEST XV: le festival officiellement annulé

On s’en doutait, tout en espérant que la situation change. Mais elle empire…

C’est donc officiel depuis l’annonce de Ben Barbaud hier et confirmé par le communiqué de presse de Hellfest productions publié ce matin sur le site  hellfest.fr: la 15ème édition du festival clissonnais est annulée. Le Hellfest XV se tiendra du 18 au 20 juin 2021.

Les détenteurs de billets 2020 pourront les échanger s’ils le souhaitent pour 2021.

Metal-Eyes tient à assurer à tous les intervenants du Hellfest – Hellfest prod, bénévoles, sécurité, intermittents, food truckers, l’équipe de l’espace presse, les hôtes et acteurs désormais incontournables de l’accueil et de l’hébergements des festivaliers que sont les Clissonnais, de notre soutien, et nous apportons à tous nos plus fervents encouragements.

2021 n’en sera que plus belle. See you in Hell!

 

Exposition photos: Yann CHARLES à la Maroquinerie

ANNULE !

Les amateurs le savent: Yann Charles, en plus d’être un bon vivant légèrement grande gueule, est surtout un incontournable des pits photos de Paris et de Picardie.

La Maroquinerie accueillera à partir du lundi 23 mars le photographe dans le cadre d’une exposition de certaines de ses œuvres que le public pourra découvrir aux horaires d’ouverture de la salle, dans la partie bar restaurant (au fond de la cour, si vous ne connaissez pas).

Si vous souhaitez voir et/ou rencontrer Yann, le vernissage se fera le vendredi 27 mars à partir de 19h. Dans un premier temps, l’exposition sera en place jusqu’à fin avril, et pourrait reprendre en juin.

Les amateurs de beaux clichés et de metal (rock et blues sont aussi de la partie) pourront se procurer un tirage original et/ou le livre que Yann va consacrer à l’ensemble de son travail.

FIREMASTER CONVENTION: Châteauroux, du 21 au 23 février 2020

La semaine dernière, le Hall des expositions de Châteauroux (Indre) a ouvert ses portes à la première Firemaster convention consacrée au metal et au rock. Réunissant sur 3 jours amateurs et professionnels, la convention a proposé des conférences et de nombreux concerts, ainsi qu’un market varié.

Si le public a fait honneur à cette initiative, il a, comme tous les participants de cet événement – organisateurs, exposants et musiciens – souffert d’un froid humide, les lieux – un ancien gymnase fait de tôle et de béton – n’étant pas chauffés. Ceci est d’autant plus dommage que le département de l’Indre et la ville de Châteauroux soutiennent cette initiative. Et ce type d’initiative n’attire pas encore suffisamment de monde pour que l’organisation puisse débourser les sommes demandées. Peut-être serait-il judicieux d’envisager de décaler le prochain Firemaster à des jours plus cléments.

Metal Eyes ne s’est déplacé que le samedi. Ce jour là, la convention avait prévu des activités variées, dont une bourse d’échange pour collectionneurs avertis, une masterclass animée par le nouveau guitariste d’ADX, Néo. Le happening qui a clairement attiré le plus de monde – hors concerts – est la conférence animée par Elodie, attachée de presse et patronne de l’agence qui monte Ellie Promotion qui évoque avec la participation de Michel Bosseau (ex-Garance Production et Directeur chez Les Formation d’Issoudun) et Phil ‘Em All, ancien animateur du Rock Fort Show, fondateur du Paris Metal France Festival et (actuel) manager d’ADX. Le jeu des questions-réponses a permis de faire ressurgir nombre de souvenir de ces folles années 80, souvenirs qui voit le public approuver, hocher de la tête et frémir à l’évocation de certains événements qui font ressortir une once – mais toute petite once – de nostalgie.

Malheureusement, bien qu’annoncées, les séances dédicaces prévues avec les groupes du soir n’ont pas eut lieu – bien que les musiciens se soient avec plaisir et simplicité prêtés au jeu en croisant les fans – ni même le France Metal Awards que devait animer Khermit, fondateur de France Metal et organisateur de la convention. Le temps a manqué pour organiser les votes et réunir les musiciens concernés. L’an prochain, peut-être?

Au delà des stands variés où l’on trouve disques, CD, sculptures, créations diverses, la convention c’est aussi des concerts. Arrivés trop tard pour voir les progueux de Overstrange Mood, mais dans les temps pour les autres. Cependant, alors que j’entame une interview des copains de Vulcain, pas vus depuis une éternité, c’est Loaded Gun qui balance la purée. Impossible de discuter, sauf dans le camion des frangins Puzio où nous trouvons refuge.

Loaded Gun, que j’avais un peu démonté sur disque, c’est un look et une attitude scénique. Malgré un son un peu compliqué – la structure n’est pas la plus adaptée pour du rock – Loaded Gun fait le job. Avec son bon gros hard rock teinté 80’s – ça tombe bien, c’était le thème de la conférence…

D’ailleurs les groupes à suivre sont tous issus de cette période – Max coincé entre sa barbe et son kilt, harangue le public, tandis que derrière ses fûts, la crête de T.misterift gigote au rythme de ses martèlements. L’avant scène est à l’avenant bien que l’on sente une certaine concentration doublée d’une envie de bien faire. Le public de la journée semble apprécier.

Il est 18h lorsque la sécurité demande au public de bien vouloir quitter les lieux… Tous les billets ne donnant pas accès aux concerts du soir, il faut une nouvelle fois filtrer les entrées. La file s’allonge ainsi dans le froid avant que le public ne pénètre de nouveau dans ce hangar.

Les trois groupes de la soirée bénéficient du même temps de concert, soit 1h10.  Ce qui, naturellement, force chacun à peaufiner sa setlist. Le trio est en forme, ce soir, et Vulcain, comme à son habitude, balance un Rock’n’roll secours immédiatement acclamé et repris par un public connaisseur. Quelques « anciens » sont venus en famille (et je suis choqué de voir encore aujourd’hui des enfants sans protection auditive. Vous direz quoi quand votre marmaille se plaindra trop tôt d’acouphènes?) et savoure ces moments rares.

D’autant plus que Vulcain parvient à surprendre et faire plaisir. Si son set est, comme souvent, axé sur l’indémodable Rock ‘n’ roll secours, il fait aussi la part belle au dernier né, Vinyle, dont le trio joue pas moins de 3 morceaux (Vinyle, Motör et Héros). Si Avec vous (de V8) et Blueberry blues (Desperados) fonctionnent à coup sûr, la surprise vient de deux cartouches presque jamais jouées: tout d’abord Le soviet suprême (Big brother), toujours efficace, qui voit un certain Stephane Buriez (Loudblast, Sinsaenum) rejoindre Vulcain.

Le bougre parvient même à faire rire Daniel. Puis vient Derrière les cartes (Transition) qui voit les plus connaisseurs se transformer en piles électriques. Vulcain est en forme, est loin d’avoir dit son dernier mot et chauffe la salle comme il faut, avec un classique conclusion L’enfer/Vulcain et La digue du cul, moins efficaces que d’habitude, mais le public est conquis.

Changement de plateau rapide et voilà le gigantesque Chris Holmes qui investit les lieux accompagné de ses Mean Men. Gigantesque par la taille car, avouons-le, le guitariste est assez peu reconnu en France depuis son départ de W.A.S.P. Ses albums sortent assez confidentiellement, et le bonhomme est rarissime sur scène, en nos contrées en tout cas.

Alors le concert de ce soir pourrait bien prendre une tournure événementielle. Accompagné d’un tout nouveau bassiste français (dont le nom m’échappe mais qui n’a eu que 2 semaines pour apprendre le répertoire), Holmes met son répertoire en avant, mais sait qu’il ne peut passer à côté de certains morceaux de son ancien groupe. Ce sont ainsi les classiques L.O.V.E machine, 95 nasty ou Blind in Texas qui sont offert en pâture au public.

Ce qui est certain, c’est que le répertoire passe bien, très bien l’épreuve de la scène, malgré quelques soucis de son pas très vite arrangés. La guitare craque par instants, mais peu importe, on se satisfait de l’instant.

La prestation de Chris Holmes and Mean Men finit de séduire le public grâce à la doublette finale: Keep on rocking in the free world (Neil Young) suivi du non moins imparable War Pigs (Black Sabbath). Étrange de terminer avec des reprises, mais un choix somme toute plus que fédérateur au regard des réactions du public. Et quand on voit comment Neo s’échauffe à la guitare backstage, on se dit que la suite va être tout aussi dynamique!

La soirée se termine avec ADX, dernier bastion de cette French speed metal division. Le temps de faire quelques vérifications, et voilà que débute un concert imparable. Le groupe fait honneur à Bestial, son remarquable dernier album qui vient de sortir, en proposant d’office deux titres. Au dessus des croix noires et Les sanguinaires sont taillés pour la scène, même si le public en connait pas encore bien ce disque.

Alors on se rattrape avec les classiques que sont Déesse du crime, L’étranger (Exécution), Notre Dame de Paris (Suprématie) ou les plus récents La mort en face (Non serviam) ou Red cap (Ultimatum). Neo, le plus récemment arrivé au sein d’ADX est aussi facétieux sur scène qu’en dehors, tandis que son complice Niklaus reste concentré, tout en arpentant la scène tandis que Julien secoue sa crinière et harangue le public. La jeune garde apporte cette fraîcheur et Phil en profite. Toujours doté d’un bon mot, le chanteur séduit le public comme toujours tandis que son compère de toujours, Dog, martèle ses fûts comme jamais. Avec ADX, l’ambiance est festive, comme toujours.

Je n’assiste pas à la fin du concert – froid et route cumulés ne font pas bon ménage – et apprends que le plus que sympathique Fred Leclerc, ex DragonForce désormais chez Kreator – rejoint les 5 le temps de l’indispensable Caligula. Pas grave, ce qui rassure, c’est de voir que nos anciens sont toujours là, vaillant, et que la fin est encore loin.

Au final, si le froid représente le seul bémol, cette première édition de Firemaster Rock & Metal convention est une réussite. Une entreprise à réitérer l’année prochaine, avec un peu plus de chaleur, svp…