WELCOME TO HELL(FEST): L’intégrale augmentée en préparation

BD, de Sophie Van Kelen et Johann Guyot – Edition du Blouson Noir, 2019

Depuis 2012, la journaliste Sofie Van Kelen a réussi à traîner le dessinateur Johann Guyot au cœur du Hellfest. Ensemble, ils ont décidé de croquer leur aventures sur le site de Clisson, racontant avec humour leurs déboires, étonnements, concerts et rencontres au travers de la BD Welcome to Hell(fest).

J. Guyot et S. van Kelen

Un premier tome parait ainsi en 2015, désormais épuisé. Il sera suivi d’un second volume, Le retour, en 2016. Désormais presque épuisé. Le troisième et dernier tome, plus collector car volontairement édité en moins grand nombre, vient compléter cette épopée de deux metalheads bordelais.

Aujourd’hui, Sofie et Johann souhaitent offrir à l’amateur de décibels, fans de Hellfest ou bédéphile, une édition regroupant l’intégrale des 3 volumes dans une version augmentée de dessins et histoires inédites, dont la sortie est espérée pour décembre prochain. Pour ce faire, une campagne de levée de fonds – de crowdfunding, donc – est lancée sur Ulule. Chacun peut contribuer avec ce lien: https://fr.ulule.com/welcome-to-hellfest-integrale/ Et il y a urgence puisque la campagne prendra fin le 24 octobre prochain.

Vous aimez le Hellfest, la BD et voulez soutenir une belle et amusante initiative française? Quelques euros feront des heureux. Chaque contributeur, au delà du bisou de l’équipe (ça va en faire, j’espère, du monde au stand que tiennent les deux loulous à l’Extreme Market au prochain Hellfest!), se verra remettre qui une caricature, qui un exemplaire dédicacé. Alors, foncez soutenir Welcome to Hell(fest) – L’intégrale augmentée , c’est pour une bonne cause!

J. Guyot et S. van Kelen

La poétique des flammes – F. de Lancelot

France, roman metal (LDG éditions, 2019)

Ninon, jeune étudiante doctorante, a décidé de rédiger son mémoire sur l’univers musical. Plutôt que de suivre les conseils « avisés » du corps professoral lui suggérant de faire ses recherches sur le rap, musique populaire par excellence, elle fait le choix d’observer, d’étudier et de découvrir l’univers de son (futur ex) petit ami, musicien au sein du groupe toulousain Aorasie. En s’immergeant dans cet univers, Ninon prend en main la destinée de ce groupe composé d’âmes torturées, romantiques, déprimées et, de concert en festival, découvre la fraternité qui uni les membres de la communauté metal ainsi que les tensions qui peuvent naître de trop de proximité, ainsi que le regard, le jugement, voire la haine et la violence dont peuvent parfois être victimes les metalleux. D’espoirs en déconvenues – les concerts dans des salles vides, les tournées nécessitant trop de sacrifices temporels, humains et financiers – de déconvenues en reprise de courage, la jeune manageure improvisée s’entretien avec chacun des membres d’Aorasie (attention, âmes sensibles: évitez le parcours de Vika…), et d’autres formations (on se rattrape avec le portrait cru de Fabrice) pour étayer son mémoire.

Au travers de La poétique des flammes, F. de Lancelot emporte le lecteur dans l’univers musical et furieux du metal, sous toutes ses formes. Les connaisseurs trouveront aisément leur repères tant les descriptions et références sont familières, les novices, quant à eux, seront amenés à découvrir ce monde contradictoire, à la fois brutal et pacifique. Les Toulousains reconnaîtront certainement les lieux décris, les autres auront des points de chute en guise de future visite de la ville rose.

La plume de Lancelot est agréable, le vocabulaire et les tournures riches. On s’amuse de certaines idées (« Je viens d’une ville plus banale encore: Agen. Quelque part, je suis comme un pruneau: les gens ne se rendent compte de mon absence que parce que quand je suis là, je les fais chier« !), sa vision de l’engagement du fan de metal, le vrai, pas celui qui suit une quelconque mode, plus que juste et l’amateur se retrouvera aisément dans cette description, simple et tellement réaliste: « écouter du metal n’était pas une passade, pas une crise d’adolescence qui s’attardait mais une vraie dévotion qui durait toute une vie« . Combien d’entre nous se reconnaissent-ils dans cette réalité?

Si l’on peut déplorer la répétition de fautes d’accords (l’auteur semble oublier que son narrateur est une narratrice…), le lecteur remarquera les entretiens idéalisés, certes retranscrits « version » Ninon mais loin de la réalité – je n’ai jamais rencontré un musicien qui ait un langage aussi riche et soutenu que celui des membres d’Aorasie – même si on apprécie les caractères individuels, dont le romantisme exacerbé, proche de Baudelaire et de Lamartine à la fois, de Frédéric, visiblement le plus cultivé et intellectuel du groupe, ou la brutalité presque rustre de Fabrice, membre d’un autre groupe.. Cependant, le contenu reste scotché à la réalité des galères que vivent les musiciens. La mise en forme est remarquable, La poétique des flammes étant richement illustré de portraits des intervenants, de cartes retraçant les tournées, de reproductions gothiques des textes de Frédéric à sa muse Marie. Des interludes agréables dans un récit épique dont on a du mal à décrocher. Une invitation à découvrir un univers fait de bruit et de fureur, certes, mais également, surtout fait d’un esprit fraternel et convivial ou la communauté et le partage sont des maîtres mots.

IRON MAIDEN: L’antre de la bête

Biographie, Chris Welch  (Editions Hunning et Munning, 2017)

Chris Welch écrit comme il respire… Ce journaliste anglais est un enfant du rock comme il en reste peu. Né en 1941, il était ado au moment de la naissance de ce courant musical et en a suivi les évolutions à travers le temps. Devenu journaliste, il travaille pour l’incontournable Melody maker et collabore à divers magazines, à différents postes dont celui d’éditeur du Metal Hammer anglais, tout en collaborant à d’autres magazines de référence, du jazz au metal.

Il se distingue également par se capacité à  raconter l’histoires de nombreux groupes. Il rédige ainsi les biographies de David Bowie, Led Zeppelin, Peter Grant (manager des dits Led Zep), Black Sabbath, Cream, Genesis, Pink Floyd, Hendrix, The Who, Def Leppard… Ce n’est là que le sommet de l’iceberg tant la liste de ses ouvrages est longue.

L’antre de la bête se penche sur le cas Iron Maiden d’une manière qui se veut originale. En allant droit à l’essentiel, Welch réussit à résumer la carrière de la bande à Steve Harris en à peine 62 pages! C’est dire s’il résume une carrière quarantenaire et des exploits devenus légendaires. Mais commencer – il s’agit là sans doute de la responsabilité de l’éditeur qui eut mieux fait de vérifier avant de publier – par confondre Bruce Dickinson (en photo) et Dennis Wilcock ou Dennis Stratton et son remplaçant Adrian Smith (p 8 et 9), il faut le faire. Est-ce un signe pour la suite? Pas forcément même si une formation aussi légendaire mérite un traitement plus fouillé et profond.

Heureusement, l’ouvrage est richement illustré de photos moins connues du grand public. Et ça, c’est bien. Surtout, ce livre renferme des enveloppes comportant des reproductions qui attireront nombre de fans: le tour program de Judas Priest résumant l’histoire des deux formations, des affiches, flyers, pass de différentes tournées. Une vingtaine de documents qui, malheureusement, ne s’avèrent pas forcément aussi passionnants qu’ils auraient pu l’être. Y en a t-il assez? Non, loin de là, même si l’on a – cocorico – plaisir à retrouver cette affiche de la tournée allemande de The beast on the road à laquelle participait Trust… Mais, en général, sont-ce là des objets qui peuvent vraiment faire rêver le fan? D’autres, plus « légendaires », auraient sans doute plus facilement atteint ce résultat.

Alors, naturellement, les fans ultimes fonceront compléter leur collection (si ce n’est déjà fait) et les plus jeunes, ceux découvrant Iron Maiden, auront largement de quoi satisfaire leur curiosité avec ce livre gentiment initiatique. Les autres, qu’ils soient fan de la première heure ou amateur éclairé, rongeront un peu leur frein. Un sympathique livre « gadget », mais pas forcément un ouvrage indispensable.

Livre: AC/DC Tours de France 1976-2014 : Les bonus

Recueil de documents, France (Editions Point Barre, 2017)

Quel fan d’AC/DC n’a pas dans ses rayonnages la bible ultime qu’est AC/DC Tours de France concoctée de longues années durant par Phil Lageat (rédac’ chef de la bible mensuelle en France qu’est Rock Hard), Baptiste Brelet et mis en images et en pages par Vanessa Girth, également responsable de la mise en pages du sus mentionné mensuel? Le travail alors accompli fut logiquement salué par tous, à commencer par les membres du groupes eux-mêmes. Alors quand certains témoins, après la parution de ce premier pavé décident de se faire connaitre, lorsque de nouveaux documents sont confiés au trio, lorsque la fatigue de 7 années de travail cède le pas à la passion et l’envie de pousser plus loin, que se passe-t-il? On prend les mêmes, on remet le couvert et on relance la machine. Et on offre AC/DC Tours de France 1976-2014: Les Bonus

Ce second volume commence fort, avec la promesse d’un troisième volet… Ben oui, c’est logique: des choses se sont passées depuis 2014, de la séparation d’avec Brian Johnson à la disparition de Malcolm Young en passant par une tournée avec le sulfureux Axl Rose, autant de sujets attendus pour un ultime chapitre.

Mais en attendant, on se délecte de ces photos, rares et nombreuses, de ces témoignages inespérés d’anciens collaborateurs, de ces coupures de presse et de tous ces documents inédits et de cette incroyable aventure que fut le concert « fantôme » de 1991… Vous aviez cru que Lageat et sa bande avaient tout récolté? Vous serez les premiers surpris! S’il y a moins de textes et de témoignages, cependant tout aussi riches que précédemment, les 304 pages n’en restent pas moins bourrées de ces documents qui nous font encore et toujours rêver: photos inédites, places de concerts, pass divers, tout ou presque y est. Une seule chose m’étonne, c’est l’absence de photos de Marc Villalonga qui doit pourtant en avoir encore quelques unes dans ses archives…

Vous avez aimé le premier volume? Alors vous êtes sans aucun doute déjà en possession de ces Bonus. Vous avez raté le premier? Foncez sur celui-ci sans hésiter. En attendant la conclusion à cette oeuvre ultime d’une légende ultime du rock. Bravo à vous 3!

Cet ouvrage a fait l’objet d’une édition limitée, dédicacée, avec fourreau et 3 lithographie. Il en reste peut-être quelques exemplaire à commander sur le site www.acdclelivre.fr

Roman: VIOLENT INSTINCT

Voici quelques temps, je me suis dit qu’il serait intéressant d’élargir le champs des chroniques habituelles et vous parler un peu de romans. Le hasard fait bien les choses, dit-on? C’est justement ce moment que choisit Sa(a)d Jones pour me proposer de parler de son premier roman qui se passe dans l’univers du metal. Deux plaisirs en un, en somme.

Pitch: le plus que prometteur groupe de death metal anglais HM se trouve pris dans une situation qui va modifier le cours de sa vie. Dramatiquement.

C’est, d’apparence simple, mais l’auteur, Saad Jones, né dans les années 70, connait notre univers sur le bout des doigts. De concerts miteux en festivals gigantesques, de vision de groupe à celle(s) de fan, de doute en réussite, de plaisir en déception, Violent instinct passe en revue le moindre détail de ce qui fait notre univers. Interview, fans, concerts, succès, drogues, préparation physique, pétage de plomb, insultes, désillusions, espérance… tout y passe (sauf les groupies).

Saad Jones (jouant sur l’ambivalence du mot Sad – « tristesse » en anglais – et Saad – « heureux » en libanais) a la métaphore aisée, l’image précise. Lorsqu’il nous plonge dans ces images de guerre, de corruption ou le comportement obsessionnel et autodestructeur du fan, l’auteur fait mouche. Le voyage que nous propose Saad est simplement entraînant. On se laisse prendre par ce « pèlerinage » qui évoque celui de Robert Plant au Maroc ou de bien d’autres en Inde, sur les chemins de Katmandou.

Plus qu’une ode à la vie Violent instinct est un véritable appel à la tolérance: tout n’est pas facile, nous sommes – heureusement – différents, cependant, nous pouvons nous découvrir, personnellement et mutuellement et faire de nos différends et différences une force. La passion qui nous unit, cet esprit familial plus que communautaire, la tolérance dont nous faisons preuve mais que nous attendons d’autrui constitue le moteur de ce premier roman plus que réussi. Violent instinct est à découvrir et Saad Jones, un auteur à soutenir.

A  noter: un second roman est en cours d’écriture dont le point de départ sera l’Afrique. Saad « Indiana » Jones, serait-il le Dan Brown du metal? C’est en tous cas le plus grand mal qu’on puisse lui souhaiter.

Auto édité via le Createspace d’Amazon, vous pouvez vous procurer Violent instinct, au tarif justement calculé de 16,66€, sur www.amazon.fr (pour la France, la suisse, la Belgique et les pays du Maghreb), www.amazon.ca (Québec), www.amazon.com pour les USA et www.amazon.co.uk  pour le Royaume-Uni.  Vous pouvez également vous procurer ce roman en version Kindle au tarif de 9,99€. Un beau projet, une belle histoire à soutenir.

 

AC/DC – The original monsters of rock

acdc book 2015Biographie « unofficial and unauthorized » de Jerry Ewing (éditions Sevenoaks, 2015)

Alors que Cliff Williams vient d’annoncer son départ du légendaire groupe australien – dont il ne reste plus aucun membre original, Angus Young ayant été recruté par son frère –  voici un ouvrage paru l’an dernier qui pourra intéresser les fans.

Résumer l’histoire d’un groupe quarantenaire en moins de 100 pages? C’est le défi que relève Jerry Ewing, auteur d’origine australienne dont la famille a émigré en Angleterre, grâce à nombre de documents inédits ou rares. Alternant entre l’ histoire de chaque album et des musiciens passés et actuels, l’auteur pose un regard original sur le parcours d’un des plus grands groupes de rock (toutes catégories et époques confondues) de tous les temps. Richement illustré de documents d’époque, cet ouvrage, s’il s’adresse principalement aux collectionneurs et fans acharnés, vise à initier le plus jeune public au travers d’histoires uniques qui ont forgé la légende d’AC/DC.

Quatre décennies bien séparées composent cette nouvelle édition (précédemment publiée en 2012 sous le titre de Treasures of AC/DC), au-delà d’une histoire connue de tous, le lecteur s’émerveillera des reproductions de collectors, disques, pubs, affiches et autres communiqués de presse et articles consacrés à la formation australienne. On déplore simplement que cette édition de 2015 ne propose pas une ligne sur Rock or bust, pourtant paru l’année précédente et mentionné dans la discographie proposée en fin d’ouvrage.

96 pages, des dizaines de documents… Cette biographie non officielle ne s’adresse qu’aux lecteurs anglophones (ou ceux qui préfèrent les images…)  Pas forcément un must, mais un regard de fan pour des fans.

BLACK SABBATH – Symptom of the universe

 

bio black sabbath 2013Mick Wall (Orion books, 2013)

A l’heure où Black Sabbath annonce prendre sa retraite au travers d’un Ep et d’une tournée (dont un prochain le Hellfest en tête d’affiche le 19 juin) tous deux intitulés The end (on nous a déjà fait le coup, mais là, ça semble sérieux au regard des problèmes de santé de Tony Iommi) certains se pencheront sur les nombreuses biographies qui, à l’évidence, referont rapidement surface ou viendront compléter des écrits plus que conséquents. Lire la suite