PMFF: Interview Phil ‘Em All

Interview réalisée le 24 octobre 2016.

Les fans de hard rock et de metal français le savent: assister au PMFF est incontournable. En 10 ans, Phil ’em All, le père fondateur du projet, est parvenu à organiser 5 éditions parisiennes et à permettre à certains des plus mythiques groupes disparus de se reformer. Pour la première fois, le PMFF quitte la capitale pour se relocaliser à Ris Orangis et se tiendra sur 3 jours qui réuniront plus de 40 groupes. Phil nous explique tout! Et, une petite info, comme ça, entre nous: l’affiche complète sera dévoilée demain, 1er novembre. Le gars qui fait ressusciter des groupes choisit la fête des morts pour cela!

Phil 'Em All

Phil ‘Em All

Metal Eyes : Commençons par la fin : le PMFF V était annoncé comme étant le dernier. Pourquoi, à l’époque, avais-tu décidé d’arrêter ?

Phil ‘em All : À la fin des 5 premiers PMFF je pensais avoir fait le tour des reformations dignes de ce nom et n’y voyant plus guère dû à ma rétinite pigmentaire qui s’aggravait,  je préférais passer le flambeau…

 Metal Eyes : En dehors du fait que tu célébreras en janvier 2017 tes 50 ans, pour quelle(s) raison(s) remets-tu le PMFF sur les rails?

Phil ‘em All : C’est principalement pour fêter ce demi-siècle et aussi les 35 ans d’ADX ainsi que les 10 ans du PMFF que je reprends la casquette organisation de festival…3 bonnes raisons, n’est-ce pas ?

Sous les demandes régulières des groupes, de mon entourage et d’amis très proches j’ai donc relevé les manches et on a repris les rênes avec l’aide de partenaires et amis fidèles qui m’ont assuré de leurs collaborations pour le bon déroulement des préparatifs !

Metal Eyes : Le festival sera en 2017 délocalisé à Ris Orangis, en banlieue parisienne, dans le nouveau Plan. Pourquoi ce choix plutôt que de rester à Paris ?

Phil ‘em All : La raison en est très simple, sur Paris depuis quelques années on ne peut plus louer une salle pour plusieurs jours sans avoir la possibilité de laisser le matériel installé pendant plusieurs jours !

Les salles louent 2 fois par soir leurs lieux et donc il faut tout démonter et remonter le lendemain durant 3 jours !

Je voulais une salle qui me permette de laisser mon matériel et d’avoir la salle entièrement dédiée au PMFF durant 3 jours !

Seule la nouvelle salle du Plan à Ris-Orangis nous permettait de réaliser cela !

De plus la nouvelle salle du Plan possédait 2 salles exploitables ce qui nous permettait de faire encore plus de choses et d’y mettre encore plus de groupes…

Nous sommes allés visiter la salle et sommes tombés immédiatement en accord avec ce que l’on rêvait d’organiser !!!

 

Metal Eyes : A l’origine, tu avais créé la première édition du Paris Metal France Festival pour, soi-disant, célébrer ton anniversaire. C’est un gros égo, ça, non ?

Phil ‘em All : Je ne pense pas avoir un égo surdimensionné, par contre j’ai des RÊVES et je n’ai pas envie de rêver ma vie, mais plutôt de vivre mes rêves.

Lorsque mon 40ème anniversaire pointait à l’horizon, j’ai juste voulu organiser une GRANDE FÊTE et y inviter le plus d’amis possible et ma passion étant la musique et le métal en particulier, j’ai associé tout cela et mon rêve de gosse secret qui était d’organiser un « truc » pour ce groupe qui m’a pris aux tripes depuis mon adolescence et qui se nomme ADX !!!

Ce rêve a été réalisé, au-delà de mes espérances, en ce 7 janvier 2007 avec l’aide de professionnels et des groupes qui sont aussi des AMIS !

Ce fut un SUPERBE anniversaire qui nous a donné l’envie de recommencer et de prolonger le rêve chaque année.

Metal Eyes : Tu t’es depuis ce premier PMFF fait une spécialité de permettre à certains groupes de se reformer, parmi lesquels Blasphème, Still Square, Attentat Rock, Squealer, Océan, Headline, Shakin’Street, Witches, Dygitals, Der Kaiser, Tears,… Qu’est-ce qui t’a donné cette envie et surtout, quels arguments as-tu pu trouver pour réaliser cet exploit ?

Phil ‘em All : Je crois que les arguments sincères et volontaires du fan de metal français que je suis ont pointé là où il fallait. C’était la bonne période pour le faire et j’ai trouvé des gens qui étaient sur la même longueur d’ondes que moi…

Metal Eyes : Vulcain s’est reformé depuis, mais tu n’as jamais réussi à les inscrire à l’une de tes affiches – bien qu’aient figurés, pas le même jour, le Blackstone de Marc Varez et le Mr Jack de Daniel Puzio. Vulcain sera-t-il présent en 2017 ?

Phil ‘em All : Blackstone et Vulcain ont joué sur le même PMFF (le 3ème) mais pas le même jour… En 2009 Daniel Puzio guitariste chanteur de Vulcain m’avait fait une promesse ! À savoir si je permettais à Mr Jack (sa priorité de l’époque), de jouer au PMFF et si Vulcain venait à se reformer un jour, le groupe jouerait pour le PMFF… Mr Jack était à l’affiche du PMFF III en 2009… Vulcain s’est reformé depuis…

Dans quelques jours nous dévoilerons l’affiche définitive du PMFF VI… vous verrez bien si Vulcain sera ou pas présent !!! En tout état de cause j’ai toujours aimé et soutenu le groupe et quel que soit la décision du groupe je continuerais à les supporter et à les soutenir.

Mon principal désir et celui de nombreux fans, était de revoir le groupe sur scène et là on n’a pas été déçu le groupe est revenu et nous a sorti un bien bel album montrant qu’on pouvait toujours compter sur eux pour balancer de bons riffs bien rock’n’roll !!!

Metal Eyes : Sur quels critères sélectionnes-tu les groupes qui se retrouvent à l’affiche du PMFF?
Phil ‘em All
: Dans un premier temps je sélectionne des groupes français qui pour le plupart sont passés dans le ROCK-FORT Show en interview. Le 2ème critère est un critère de goût personnel et/ou d’affinités, Le 3ème critère est l’absence de prise de tête.
En général ce sont tous des groupes que j’ai au moins vu une fois en concert !!! Pour ceux que je n’aurais pas vu en concert, il faut qu’il y ait un feeling particulier qui passe ou un coup de cœur…

Metal-Eyes : y-a-t-il des groupes que tu estimes ne pas avoir leur place au sein du PMFF, et, si tel est le cas, quelles en sont les raisons?

Phil ‘em All : Oui il y a des groupes qui n’auront JAMAIS leur place sur le PMFF car ils ne sont en accord avec l’ESPRIT PMFF ! Lorsqu’un musicien, artiste ou groupe insulte tout ou partie de l’équipe du PMFF il signe définitivement son exclusion du PMFF ! Je n’ai pas besoin de citer de noms car je n’ai pas envie de leur faire de la publicité et chaque personne qui surfe un peu sur le net saura immanquablement de qui il peut s’agir ! Heureusement ils ne sont pas légion et ne représentent pas non plus un quelconque intérêt !
Les maitres mots du PMFF sont CONVIVIALITE, FRATERNITE, RESPECT !

Metal Eyes : Peut-on s’attendre à de nouvelles reformations sur cette nouvelle affiche ?

Phil ‘em All : Pour cette nouvelle édition du PMFF la priorité n’est pas la reformation de groupe mais prendre et faire prendre du plaisir au plus grand nombre, groupes et spectateurs mais également tous les bénévoles et partenaires du PMFF ! Je peux juste vous dire qu’il y aura des SURPRISES dont on raffole !!! Mon leitmotiv étant de ne pas attendre que les gens ne soient plus là pour faire les choses, on essaie de les rassembler et de donner une réalité à nos rêves les plus secrets…

Attendez-vous juste à de beaux moments de retrouvailles et d’émotions…

 

Metal Eyes : 3 jours, plus de 40 groupes, n’est-ce pas un peu risqué comme pari ?

Phil ‘em All : Chaque pari représente toujours un risque, mais si on ne risque rien on n’obtient rien… Le seul risque que je prends est un risque financier !

On sait dès aujourd’hui qu’il sera encore plus difficile de rentrer dans nos frais que pour les éditions précédentes car le contexte et les frais engagés sont totalement différents !!!

 

Metal Eyes : Le PMFF V était également réparti sur 3 jours, avec une thématique quotidienne (Extrême le vendredi, hard rock le samedi et Metal le dimanche). Vas-tu garder ce format pour ce nouveau PMFF ou les styles seront-ils mélangés ?
Phil ‘em All
: Oui on peut dire ça même si avec le nombre de groupes présents il a fallu trouver de la place et donc peut-être un peu plus mélanger les genres ! Il y aura de tout en fait du rock alternatif au métal le plus extrême en passant par le heavy metal et quelques surprises !
Metal Eyes : Chaque groupe du PMFF V avait, si mes souvenirs sont bons, la même durée de jeu. Sera-ce encore le cas sur le PMFF VI ?
Phil ‘em All
: Non cette fois-ci il a fallu faire des choix pour que tout le monde tienne sur l’affiche plus de 40 groupes ca voudrait dire 40 heures de musique non-stop si tous les groupes avaient le même temps de jeu 🙂 🙂 🙂 Cela représente également un coût en heures supplémentaires pour les services de sécurité que nous ne pouvions pas financer !
Il y a 2 scènes ce qui nous permet pendant les changements de plateaux d’alterner d’une scène à l’autre…
Le groupes joueront entre 20 minutes et 50 minutes par set de jeu ! Les groupes du Club jouent entre 20 et 35 minutes, les groupes de la grande scène joueront de 30 à 50 minutes… C’était la condition pour faire jouer et participer un maximum de groupes et d’artistes ! TOUS ont accepté le deal !
Au départ on était partis pour faire jouer 50 groupes pour souffler 50 bougies, mais on s’est vite rendu compte qu’on ne pourrait pas financer les frais que cela représenterait !
Plus de 40 groupes c’est INEDIT pour le PMFF et je ne pense pas qu’on puisse faire mieux 🙂 🙂 🙂

 

Metal Eyes : Pour terminer, quelles sont les surprises auxquelles le public peut s’attendre ?

Phil ‘em All : La réponse est dans ta question !!! Si je dévoile tout aujourd’hui, ce ne sera plus une surprise !!! Ce PMFF VI ne ressemblera pas aux précédents et nous mettons TOUT en œuvre pour qu’il soit INOUBLIABLE pour tout le monde !

Soyez présents et vous comprendrez ce que je veux dire!

 

 

 

Photo de la semaine: OCEAN

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Océan (ou Ocean? On n’arrive pas à savoir…) c’est l’un des plus importants phénomènes français de la fin des années 70/début 80 mené par Georges Bodossian, guitariste au feeling exceptionnel, le rock et le blues dans la peau. La disparition brutale de Robert Belmonte a mis un terme à une aventure que l’on espérait voir revivre un jour mais… Et ça, c’était sans compter sur Phil ‘Em All et son PMFF. Ocean (ou Océan? On n’arrive pas à savoir…) a renoué avec la vie en recrutant un chanteur, sans doute LE chanteur, digne de remplacer Belmonte. Stef Reb s’est parfaitement intégré au groupe et s’est brillamment approprié le répertoire de son prédécesseur. Le quatuor devait refaire sa première apparition parisienne lors du PMFF IV, en janvier 2010. Seulement, cette édition fut annulée à cause de la fermeture de la Locomotive où elle devait se tenir. Pourtant, nombreux sont les fans à n’avoir jamais eu l’opportunité de voir Océan sur scène. Alors vous imaginez bien qu’en ce 12 janvier 2013, le Divan du monde est plein comme un œuf lorsque les 4 investissent la scène. Armé de mon éternel Sony  a450, j’ai utilisé la sensibilité maximum (toujours ce manque de lumière des petites salles) à 1/125 de seconde, avec une ouverture de F/5,6 pour saisir le guitariste, ses éternelles lunettes noires sur les yeux. Depuis, Ocean a publié un nouveau – et superbe – album, C’est la fin…, véritable nouveau départ pour le groupe. OCEAN (allez, en majuscules, comme ça on ne se pose plus la question de l’accent) sera une des grosses attraction du PMFF VI. Du bonheur!

Interview: Yann ARMELLINO et El BUTCHO

Entretien avec El Butcho (chant) et Yann Armellino (guitare). Propos recueillis à Paris le 3 octobre 2016

Better way, leur premier album commun, à peine en bacs, Yann Armellino et El Butcho se  sont prêtés au jeu des questions réponses pour tout nous expliquer de la naissance de ce projet commun. Ambiance légère, sans pression.

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El Butcho : Oh, I gotta a problem with my translator. Hi, I’m Butcho

Metal-Eyes : Hi, nice to meet you. I know you speak French…

El Butcho :  Yeah, oun peutit peuh… (rires)

Metal-Eyes : Je suis donc avec El Butcho et Yann Armellino qui viennent de sortir leur album Better way. Sur le papier, même si le hard rock, le metal vous réunit, l’association Yann Armellino / El Butcho n’est pas une évidence. Qu’est-ce qui vous a réuni ?

El Butcho : … L’amour du hard rock, en fait. Je pense qu’on a tous grandi dans cet univers hard rock des années 80, de Van Halen à Satriani, AC/DC, etc… On s’est aperçus qu’on avait les mêmes goûts, et, c’est comme tout le monde : dès que tu as des affinités avec quelqu’un, tu commences à parler. Yann a proposé ce nouveau projet et j’ai dit « pourquoi pas ? »

Metal-Eyes : Donc l’idée vient de toi ?

Yann Armellino : Oui, tout à fait. On s’était revus  il y a deux ans au Paris Metal France Festival au Divan du Monde et c’est là qu’on en a reparlé. On s’est trouvé plein de points communs et l’idée a germé comme ça. Je l’ai recontacté 6 mois, 1 an après et je lui ai proposé de tenter un truc, je lui ai envoyé deux trois idées. Et ça s’est fait assez rapidement (à Butcho) je crois que dès le lendemain tu m’as envoyé quelque chose.

Metal-Eyes : Comment avez-vous travaillé, justement ? La technologie moderne permet  de travailler à distance, ou alors vous vous êtes retrouvés régulièrement ?

El Butcho : On a travaillé à distance, oui. Mais c’était vachement régulier. Il écoutait, me disait « oui, c’est bon, ça c’est moins cool, on apporte telle modification… » On vit avec notre temps.

Yann Armellino : Oui, voilà! On s’est retrouvés quelques fois, mais chacun faisait son propre enregistrement suite à nos échanges, et à l’arrivée ion avait un truc qui nous convenanit à tous les deux.

Metal-Eyes : Et le résultat, c’est Better way. Vous vous êtes quand même au moins retrouvés pour la photo de couverture.

El Butcho : Oui. Non, non ! C’est un montage ! (rires)

Yann Armellino :

Metal-Eyes : Vous avez sugné avec Note a Bene qui est un label au sein duquel on trouve pas mal de styles différents, Elmer Food Beat, Soan, Jesus Volt… Il y a plein de styles de musiques différents également, du rap au hard rock. Pourquoi ce label plutôt qu’un autre label plus spécialisé dans le rock ou les musiques à guitares ?

Yann Armellino : On a découvert ce label grâce à nos potes de Jesus Volt qui m’ont présenté François et Bérangère du label. Je leur ai parlé du projet et, tout de suite, ils ont été intéressés, sans même avoir écouté.

Metal-Eyes : Qu’est-ce qui les a intéressés ?

Yann Armellino : Déjà, notre pedigree à tous les deux: ils se sont dit qu’il y a un truc à faire. Que ce soit Butcho et ses différents projets, ou moi, par rapport au DVD pédagogique que j’ai fait, mes albums… Sur le papier, déjà, ça leur parlait bien. Ça s’est fait naturellement, en fait.

Metal-Eyes : Il n’y a pas un risque de vous retrouver sur un label qui ne s’y connaisse pas suffisamment  bien en hard rock pour vous promouvoir comme vous l’entendez ?

El Butcho : Je trouve justement qu’un label qui a très peu de groupes dans ce style va mieux le travailler car il y a moins la concurrence des autres. Dans un gros label spécialisé dans le rock et le metal, on serait noyé parmi tous les autres groupes. On s’occuperait de nous 15 jours, 1 mois, et encore, rien que pour la sortie de l’album. Je préfère un label plus généraliste et qui se concentre sur nous plutôt que d’être noyés.

Yann Armellino : Tout à fait, et d’autre part, Note a Bene étant distribué par Wagram, à l’arrivée on a quand même un des plus gros distributeurs indépendant qui va mettre nos disques sur le marché. Ils nous ont trouvé, notamment, un partenariat avec Cultura, donc il y a pas mal de choses qui se passent. Le 14 octobre, l’album sera dans les bacs partout, et, a priori, il y a une mise en place très correcte. Tu parlais de la promotion, mais ce n’est pas le label. C’est Replica, et nous, parce que nous sommes très actifs sur les réseaux sociaux. A l’arrivée, la promo, quelque soit le label, c’est Replica, Roger, Olivier, des gens qui connaissent vraiment ce domaine et ont toutes les antennes.

Metal-Eyes : Parlons un peu de Better way : comment le décrirez-vous de telle sorte que je file l’acheter dès sa sortie ?

El Butcho (à Yann, avec un large sourire) : à toi…

Yann Armellino : C’est du classic rock, hard rock avec une pointe de blues, qu’il y at oujours dans mes prods, pour les gens qui aiment le hard rock, au sens large, mais le vrai, bon hard rock. Un peu old school, dans le bon sens du terme. Je me retrouve totalement dans ce disque parce que je le trouve assez authentique dans la façon dont il est construit. Que ce siot Butcho ou moi-même, on n’en est  pas à notre premier coup d’essai, on a fait pas mal de chose. Si on a décidé de faire ça, c’est pour nous faire plaisir, et faire plaisir aux gens, partager…

El Butcho : C’est ça le plus important, le partage. Et il faut que ce soit sincère.

Yann Armellino : Je pense que le plaisir qu’on a pris, à l’enregistrer ou avec le mastering qu’on a fait ensemble  c’est la dernière étape, c’est ce que tu mets sur disque  – on s’est vraiment dit “on tient un truc chouette”. En tout cas, moi, j’étais totalement satisfait du résultat et c’est l’essentiel. Je n’ai pas de bémol, ce qui est assez rare.

Metal-Eyes : C’est assez rare, mais en même temps, c’est plutôt bon signe, non ? Si vous êtes satisfaits, ça signifie que le public devrait accrocher aussi…

El Butcho : Après, on ne demande pas à tout le monde d’aimer, évidemment. Tout le monde ne peut pas aimer…

Yann Armellino : Mais il y a un retour du classic rock à guitares, et là, il y a du jeu. Je pense que cet album peut trouver un bon écho auprès des amateurs, on n’est pas complètement isolés.

Metal-Eyes : Si, l’un et l’autre, vous ne deviez retenir qu’un seul titre de Better way pour expliquer ce qu’est votre association aujourd’hui, ce serait quel titre ?

Yann Armellino : Ouh, là, c’est difficile…. Parce que chaque titre représente quelque chose.

El Butcho : C’est bizarre, je ne pourrais pas les répondre. Si tu (Yann) dit un morceau avec du chant, ta fan base va dire « oh, non, Yann, c’est des instrumentaux », et inversement, si je choisis un morceau instrumental, on va me dire qu’il n’y a pas de chant dessus…. C’est très difficile…. Un album, je le prends comme si c’était un seul titre divisé en 13 morceaux. Notre style, c’est tout ça mélangé. C’est pour ça qu’on fait un album, sinon, on ne ferait que des singles. C’est très difficile de répondre à cette question…

Metal-Eyes : Vous avez quand même une préférence pour un titre ?

El Butcho : Non. C’est comme des enfants, tu ne peux pas avoir de préférence…

Yann Armellino : A part les deux instrumentaux, un clin d’œil à ma fan base – et si je n’en mets pas, ça va pas bien se passer ! (rires)… A la limite, vraiment, le dernier qu’on a composé, Soldiers of rain, où il y a Jacques de Jesus Volt en invité. Mais parce que c’est le dernier, celui qui a donné la touche finale aux  compos. (A Butcho) Tu te souviens du premier titre ?

El Butcho : Je ne sais plus… ah je sais plus quel est le premier morceau qu’on a fait…

Metal-Eyes : Butcho, une question pour toi: Showtime, Hellectrokutters… Tu as plein d’autres projets. Sont-ils encore d’actualité ?

El Butcho : Bien sûr. Showtime, c’est le groupe de reprise, c’est vraiment  le fun. Comme je le dis chaque fois en concert, on est comme des DJ, sauf qu’on joue en vrai les morceaux qu’on , que tout le monde kiffe. Si les gens viennent voir Showtime c’est qu’ils savent très bien que c’est du hard rock des années 80, Judas Priest, Malmsteen, Winger, Dokken… Tous les gros hits. Du coup, c’est vraiment fun. Avec Hellectrokuters, on vient de terminer le deuxième album qui ne devrait pas tarder à sortir. Mais peut-être pas en France…

Metal-Eyes : Pourquoi ?

El Butcho : Parce que pour l’instant, on n’a pas trouvé de maison de disques en France. Ça va être une maison de disque allemande, en fait qui va gérer l’Europe, dont la France. Et les Etats-Unis.

Metal-Eyes : Yann, si je me souviens bien, ton dernier album solo, Revisited, remonte à 2010. Y a-t-il autre chose de prévu en solo de ton côté ?

Yann Armellino : Non, pas pour l’instant. Je n’ai pas envie de refaire un album instrumental, maintenant, après Better way. Mais je te dis ça aujourd’hui, peut-être que dans 6 mois l y aura du changement…. Je me laisse un peu porter. J’ai vraiment envie d’amener ce projet le plus loin possible.

Metal-Eyes : On a récemment appris le retour du Paris Metal France Festival dont on parlait au début. Aucun nom n’a été révélé pour l’instant. Peut-on imaginer vous retroouver sur scène à l’occasion du PMFF VI ?

Yann Armellino : On peut, peut-être, oui… (NdMPa a été confirmé depuis)

Metal-Eyes : Une dernière chose, pour toi Butcho : Phil ‘Em All, on le sait, s’était fait une spécialité de donner envie à certains groupes de se reformer. Peut-on, à l’occasion de ce PMFF, qui va durer 3 jours, espérer un retour de Watcha sur scène ?

El Butcho : Ah, non, pas du tout! Alors pas du tout jamais ! Watcha fait partie du passé, c’est les années 2000 et ça s’arrête là. Les gens qui sont venus nous voir à l’époque, tant mieux pour eux, c’était vraiment cool, mais là, je suis passé autre chose. Le chanteur de Watcha n’existe plus, c’est une nouvelle personne. Non, pas de reformation, même pour n’importe quelle somme. Ça fait partie du passé.

Metal-Eyes : Revenons à vous: en dehors du PMFF, il y a des concerts  prévus?

Yann Armellino : Il va déjà y avoir des showcases acoustiques, dans pas mal de Cultura, le 27 octobre, il y aura au Feelgood des Halles une soirée sur invitation, c’est quelque chose qu’on n’a jamais fait pour une sortie d’album. Ça se perd un peu, et c’est dommage : pouvoir réunir les médias, pouvoir remercier les gens de nous suivre depuis quelques années

El Butcho : Et les medias de nous soutenir, car sans eux, on ne parlerait pas de nous.

Yann Armellino : Aussi, et ce sera open bar, avec un showcase de 40’, avec deux guitares, Butcho, et mon frangin à la percussion. On va écouter l’album, passer un bon moment ensemble. Après, il y aura des choses plus concrètes, électrifiées. Tu sais, on a la chance d’évoluer dans le milieu du hard rock en France. On n’a pas les gros médias, mais on a plein de médias comme le tien. Je dis souvent que vous êtes un peu comme l’armée des ombres, vous faites des trucs, sur internet on trouve toujours quelque chose, vous essayez vraiment de nous aider à exister et c’est vachement important. Tous les styles de musiques n’ont pas cce style de médias pour les soutenir, et vous êtes vraiment actifs. Chapeau, les mecs.

Metal-Eyes : Mais nous sommes aussi là grâce à vous…

El Butcho : C’est un échange, il y a une émulation. C’est vous et le public qui nous faites vivre.

 

SAGA: Live in Hamburg

saga-2016Rock progressif, Canada (e.a.r. music, 2016)

Les amoureux de rock progressif vont être aux anges: Saga propose ce Live in Hamburg, double album enregistré en public en avril 2015. Loin du véritable best of que les Canadiens auraient facilement pu proposer, cet enregistrement – assez brut au niveau de la production avec des guitares un peu en retrait et un chant bien en avant – voit Saga s’avancer en terrain familier – le public semble tout acquis – et se permet quelques prises de risques, dès le début de ce concret ouvert avec (Goodbye) once upon a time, long de 11′. Un titre rare en live, et ce n’est pas le seul, d’où l’intérêt de ce second enregistrement public en trois ans, (le précédent paru en 2013 avait également été enregistré en Allemagne…) 16 morceaux figurent sur ce nouveau live. Difficile de résumer une si longue carrière en un seul concert – Rush ou Springsteen peuvent se permettre des concerts de 3 heures, mais pas tout le monde, bien que ce double totalise pas loin de 100′. Mais Saga reste un groupe à part qu’il faut apprivoiser tant ses compositions sont travaillées. Et je ne fais pas partie de ce public-là. Je ne suis pas un amoureux de rock progressif, n’ai jamais accroché à nombre de groupes de cette famille et m’ennuie rapidement, malgré excellence de l’interprétation qui saura séduire et satisfaire les fans, grâce à la présence d’indispensables classiques du groupe et, surtout de nombre .

Note: 7,5/10

Titre que je retiens: You’re not alone

DAVID SLAME: Still unbroken

slame-2016Metal symphonique, France (Autoproduction, 2016)

Il y a 4 ans, en 2012, je découvrais le premier album prometteur d’un jeune compositeur français, David Slame. Afterlife, ledit album, laissait entrevoir de jolies espérances malgré quelques écueils inhérents à toute première production, d’autant plus lorsqu’un artiste décide de prendre entre ses propres mains son destin. Il lui aura donc fallu un quinquennat (et pas de commentaires sur la qualité de ce dernier, svp) pour venir à bout de ce Still unbroken. Si l’on retrouve les grandes inspirations symphoniques, de grandes et ambitieuses orchestrations, un véritable amour du Metal sous toutes ses coutures, si David confirme maîtriser tant la langue anglaise que son sujet musical, on retrouve également, malheureusement, les mêmes faiblesses. A savoir un chant qui, parfois, frôle la justesse, mais surtout qui en fait des tonnes. Ou est donc passée la simplicité? Celle qui fait qu’aller droit au but, sans détour, rend un ensemble percutant et efficace? Still unbroken commence fort, pourtant: les trois premières chansons sont presque brillantes, aménagées pour accueillir ce metal symphonique exigeant, avec ce chant qui, par instant, évoque Freddie Mercury, ces ambiances particulières. Mais voilà, la suite sombre ici dans l’imitation, là dans l’approximation, et je me prend à me poser la question de savoir où le gaillard cherche à aller. Je ne sais pas si ce multi instrumentiste travaille seul, mais une chose me semble évidente, un regard, que dis-je? une oreille extérieure serait ici bienvenue pour avancer d’un grand pas. Pourtant, David s’est adjoint les services non négligeables de Terje Refsnes, mentionné pour l’enregistrement, le mix et les arrangements. Pas la prod. A-t-il eu son avis à donner ou fut-il un simple exécutant? Aujourd’hui, David semble empêtré au milieu de cette foultitude de talents prometteurs dont on ne sait comment ils peuvent exploser au grand jour.

Note: 7/10

Titre que je retiens: Make my day

DOG N’ STYLE: Pub’s calling

dog-n-style-2016Hard rock, France (Dooweet, 2016)

Une belle bagnole plantée dans un désert rocheux, quatre gars l’air énervé qui en sortent. Des grosses guitares un peu sleaze, un chant déterminé… Ca ressemblerait à un groupe américain de la scène de L.A. qu’on en serait guère surpris. Et, ça, en France on aime! Dog n’ Style en est la preuve en son et décibels. Ca rocke, ça bastonne, ça groove pied au plancher, sans chercher à faire autre chose que du gros metal qui tâche. C’est direct et entraînant, avec quelques accents plus modernes (les lignes de chant de Pretty fly, par exemple). Les guitares peuvent être aussi joyeuse que percutantes, (I did something bad – qui rappelle même Vai ou Satriani dans certains passages de guitare). Hanoi Rocks, Mötley Crüe, Dokken, s’ils ne sont pas loin, ne sont pas les seules influences. On pense, naturellement, à la simplicité rock’n’rollesque d’un Motörhead, à la débauche d’un Twisted Sister… L’esprit US est partout présent, le chant rauque pue la bière, le whiskey frelaté et les relents de clopes, c’est vulgaire, je m’en foutiste et… ça fait du bien. C’est un mode de vie rock’n’roll et gueulard que prône Dog n’ Style. Rock on!

Note: 8/10

Titre que je retiens: Never trust an asshole

SUICIDAL TENDENCIES: World gone mad

suicidal_tendencies-world_gone_madCrossover, USA (Suicidal records, 2016)

Sans jamais avoir été fan, Suicidal Tendencies semble avoir toujours, en tout cas depuis de nombreuses années, voulu m’accompagner. Impossible de passer à côté même si… Alors pensez bien qu’un nouvel album qui arrive est à prendre comme un petit happening. World gone mad fait en plus partie de ces claques qu’on a envie de se reprendre dans la face. Comment cela se fait-il? Qui est ST aujourd’hui? Mike Muir, indéboulonnable, bien sûr, s’est adjoint les services d’un certain Dave Lombardo aux baguettes. Crossover entre la folie de Muir et le thrash de Slayer? Parfaitement compatible! Et que dire du bassiste Ra « Chile » Diaz qui semble tout droit sorti des bermudas de Robert Trujillo (désormais membre à part entière de Metallica, faut-il le rappeler?)? Le résultat est une nouvelle analyse acerbe d’une société qui part en vrille (New degeneration, World gone mad). La fureur du metal cède souvent le pas à la débauche punkisante, Muir se permettant des effets vocaux parfois surprenants. Sans doute cette impression est-elle le fait d’une production minimaliste, qui, au final, colle plutôt bien à l’esprit général de l’album, véritable dénonciation d’un monde parti en vrille. Alors, oui, Mike Muir est le seul membre d’origine encore en place, non, on ne compte plus le nombre de musiciens passés au sein de la formation à géométrie plus que variable, mais la rage, la colère et hargne sont toujours là. Suicidal est en forme, l’album précédent, 13 (2013), marquant le retour après une absence de 13 ans, le laissait déjà entendre. World gone mad vient confirmer ce sentiment et l’on attend désormais de retrouver ST sur scène pour vérifier si la forme physique est à l’identique!

Note: 8/10

Titre que je retiens: World gone mad

Yann ARMELLINO & El BUTCHO: Better way

avec-cd-nab-1616-yann-armellino-el-butcho-better-wayHard rock, France (Note a Bene, 2016)

Ils se sont rencontrés en 2013, lors de la cinquième édition du Paris Metal France Festival. Ils sont restés en contact depuis et ont décidé de nous faire un petit, ensemble. Yann Armellino, un des trop rares guitar heroes français, musicien émérite et fin technicien, auteur de plusieurs albums solo ou accompagné (il s’est déjà associé au chanteur Chris Caron pour l’album Gimme the sound), et El Butcho, la voix de Watcha – son groupe le plus reconnu mais qui fait partie d’un passé révolu – et de Hellektrokuters et du groupe de reprises Showtime, se retrouvent autour d’une commune passion pour le blues et le hard rock catchy et pêchu. Ce petit, il se nomme Better way, est composé de 13 titres (dont deux instrumentaux) qui, tous, nous entraînent sur une route parsemée de riffs accrocheurs, de mélodies efficaces et rentre dedans. Le morceau titre donne le ton: du rock, du blues, un anglais parfaitement maîtrisé, et, surtout, pas de prise de tête. On retrouve tout au long des 11 chansons, une variété musicale et une vraie personnalité d’où transparaissent aussi tous ces artistes qui ont inspiré, influencé nos deux compères: la classe guitaristique d’un Eddie Van Halen et son taping (Hellcome baby) ou le jeu tout aussi technique qu’aérien d’un Joe Satriani (Soldier of rain), le rock direct d’un AC/DC (Desert song) ou le fun et l’esprit glam de toute cette vague hair metal / hard glam US des 80’s (Selfish goAnother day). Il y a même une touche de folie destructrice, une puissance explosive par instants, comme sur Hellcome baby, encore ou, au contraire, un peu plus de douceur sur Inner strives et The train L’album se conclue par deux « indispensables » instrumentaux – qu’auraient pensé les fans de Yann si l’album n’en contenait pas? – Suits revisited et le rugueux Road to the core. S’il y a parfois quelques approximations (volontaires?) Better way est le résultat efficace d’une union artistique qui devrait enchanter les amateurs de rock simple, brut, direct. Une réussite qui, je l’espère, sera reconnue du grand public.

Note: 8,5/10

Titre que je retiens: Better way

Photo de la semaine: EXISTANCE

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Julian, c’est bien le fils de son père: un musicien passionné et talentueux. Mais faisant partie de ces gens dont le destin ne parvient pas à les faire sortir de l’ombre. Fils de papa et pas « fils à papa », hein, vous faites la différence? Julian Izard est le fondateur d’Existance, et perpétue la tradition d’un Heavy Metal de haute volée, largement inspiré des 80’s, Iron Maiden,Judas Priest et Saxon en tête. Et scéniquement, ça dépote grave aussi, comme le quatuor en apportait la preuve en ce 8 janvier 2012, au Divan du Monde à Paris, lors du PMFF IV. Mon Sony poussé à 3200 ISO (souvent, cette salle n’offre pas de bonnes conditions d’éclairage pour le simple « 3 chansons sans flash »), ce cliché à été pris à 1/125 de secondes avec une ouverture à F/5. J’aime la chaleur du brun/jaune ambiant ainsi que la concentration du jeune guitariste chanteur, malgré le visage flou) que l’on retrouvera début janvier au PMFF VI à Ris Orangis, entre le 6 et le 8 janvier 2017 pour soutenir son second album.

Ah, au fait, vous avez trouvé qui est son père? Didier Izard, premier chanteur de H-Bomb.

Interview: RAVENEYE

Entretien avec Oli (chant, guitare), Aron (basse) et Adam (batterie) de RavenEye. Propos recueillis à Paris (La Flèche d’Or) le 3 octobre 2016

C’est au Hellfest que nous nous sommes rencontrés pour la première fois. RavenEye fait partie de ces jeunes formations inspirées par les 70’s au talent très prometteur. C’est à l’occasion de leur passage à Paris avec ouverture du concert de Zodiac (cf. le live report du concert) que nous avons retrouvé les anglais, détendus et heureux d’être là.

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Metal-Eyes : Comment allez-vous depuis le Hellfest?

Oli : Super bien! Ça a été assez dingue, tout ce qu’il s’est passé… l’album est sorti. On attendait qu’il sorte avec impatience. Il était déjà prêt lors du Hellfest et, en fait, ça a été notre principal sujet de conversation : comment on veut le sortir, quand… Notre sujet principal, même depuis que nous avons pris la route avec Zodiac.

Metal-Eyes : L’album est maintenant sorti. Que m’en diriez-vous pour me convaincre de l’acheter ?

Oli : Tu aimes la bonne musique ? (Rire général) Si tu veux simplement écouter un album de classic rock, eh bien, il s’agit de trois musiciens qui jouent, sans trop en faire. C’est un disque honnête, avec plein de choses différentes. On voyage beaucoup, il y a beaucoup d’histoires… Je pense que, en tant que groupe, nous devons avoir une identité. Nous n’avons aucune envie d’avoir, sur un même album, 5 chansons qui sonnent comme des hits. Chaque chanson a sa propre identité et c’est un choix. C’est un voyage que tu dois faire du début à la fin. Tu sais, nos albums préférés sont des disques comme SuperNine, des invitations au voyage.

Metal-Eyes : Quelque chose à ajouter?

Aron : Tout ce qu’il a dit…

Adam : Je suis d’accord. Un voyage musical.

Metal-Eyes : Notre rapide rencontre au Hellfest ne nous a pas vraiment permis de beaucoup discuter. Pouvez-vous me dire quelle est votre parcours musical ?Y avait-il de la musique chez vous, vos parents étaient-ils musiciens ?

Oli : Mon père a toujours joué de la guitare lorsque j’étais enfant, mais je n’ai jamais vraiment accroché. Ça me fatigait d’en jouer à l’époque (rires) ! Il fallait toujours rentrer tard des cours… Et j’ai découvert Hendrix, celui qui m’a vraiment  donné envie. J’ai commencé à jouer du Hendrix à 12 ans et depuis… je n’ai jamais arrété de jouer. Je dois vraiment le remercier.

Metal-Eyes : Tu as eu le soutien de tes parents ?

Oli : Oui, totalement, ils m’ont toujours soutenu, ils ont été extraordinaires.

Aron : J’ai commecé assez jeune, à l’école. J’ai débuté avec la trompette, et la basse est venue lorsque j’étais à l’université, où j’étudiais le jazz. J’ai commencé à jouer du rock, ce que j’ai vraiment adoré, et n’ai jamais arrêté depuis… Je n’ai pas vraiment été influencé par ma famille, ça vient plutôt de nulle part, en fait. Il n’y avait pas de musiciens dan sma famille.

Adam : Aucun de mes parents n’est musicien mais ils ont toujours aimé la musique. Ma mère m’a transmis pas mal de ses goûts musicaux, comme Queen, the Faces et des choses du genre . J’ai fgrandi avec ça. Je me suis mis à la batterie vers 13 ans, j’ai pris une paire de baguettes et j’ai commencé à jouer sur mon oreiller et des coussins dans ma chambre. Et depuis les 7 dernières années, j’ai passé mon temps à frapper des trucs…

Metal-Eyes : J’ai pu écouter Nova, votre premier album, et il semble que vous soyez très influencés par le rock des 70’s, mais également par des sonorités plus modernes. Quels groupes avez-vous déversés dans cet album ?

Oli : Je ne sais pas vraiment… Des choses comme Soudgarden, Queens Of The Stone Age, des groupes des années 90. En tant que guitariste, j’aime Zeppelin, Jimi Page, Black Sabbath et cette période, mais je pense que lorsqu’on compose, il faut vraiment trouver comment s’intégrer, est-ce que ça sonne bien, mauvais ? On a écrit 25 chansons, il faut ensuite choisir celles qui s’intégreront le mieux à l’album, ensemble. C’est ce que nous tentons de faire. On ne cherche pas à reproduire qui que ce soit. Ce n’est que 3 musiciens dans une même pièce qui jouent de la musique.

Metal-Eyes : Avez-vous tous trois les mêmes influences, des groupes favoris identiques ?

Aron : Je pense que nous avons les mêmes bases, des groupes « séminaux », des influences communes. Comme l’a dit Oli, la période grunge nous a influencés.

Metal-Eyes : Au début de l’interview, tu parlais, Oli, de « bonne musique ». Comment décidez-vous qu’une chanson est « bonne », en tous cas, suffisamment bonne pour terminer sur l’album?

Aron : Mmh, c’est une question difficile…  Nous travaillons dur, vraiment, nos capacités à composer des chansons. Les riffs doivent être puissants, les chorus aussi. Les mélodies, en tout premier lieu, doivent être super puissantes. Il faut que les gens puissent siffler le chanson. Chacun a une mélodie, un riff préféré. Chaque élément de la chanson, tel que nous les avons travaillés, doit être puissant, et nous y prêtons attention. La chanson passe avant les envie individuelles. Elle passe avant des solos de guitare de 50’, sauf si la chanson l’exige. Tu voulais savoir ce qui fait une bonne chanson ? Tout cela : une mélodie mémorable, de bonnes paroles, une bonne accroche, un bon mix, un bon son. Ça aussi, ça fait l’identité d’un disque. Notre producteur a vraiment travaillé dur pour obtenir son. Il avait une table de 50 pistes et je pense qu’il a dû passer une journée sur chaque chanson rien que pour le mix. Chaque partie de chaque chanson a été réfléchie, et… c’est top, je pense !

Metal-Eyes : Si chacun de vous devais ne retenir qu’une chanson pour définir ce qu’est RavenEye aujourd’hui, laquelle serait-ce ?

Oli (sans hésiter) : Pour moi, Madeleine. Elle a le groove qui définit bien RavenEye dans ses aspects heavy et très rock des origines aussi.  Il y a de bons riffs, et c’est ce que j’aime. La chanson parle d’une relation tumultueuse, verbalement violente, pas physique. Elle traite de mettre un terme à une telle relation : quand tu t’engueules avec ta partenaire, tu peux dire des choses pires que ce que tu avais pu imaginer. Des choses que tu ne dirais jamais à une autre personne que celle que tu aimes. Musicalement et littérairement, elle représente bien ce que nous sommes, des gros riffs, et du groove.

Aron :  Pour moi, ce serait Out of the rain. Je pense qu’elle a de nombreuses parties qui illustre bien ce que nous cherchons, des riffs, des chorus, ce fond qui dit à ceux qui ont douté d enous, qui se moquaient de nous « eh, regardez nous ! Nous somems là, debout, et on botte des culs ! » Il y a des ponts, des breaks  assez différents. Oui : Out of the rain.

Adam : Je pense que Hate correspond bien. Je suis arrive alors que l’album était déjà enregistré, mais cje pense que ce titre est une bonne representation de l’évolution du groupe. C’est plus direct, heavy rock, et il y a un riff monstrueux. Live, ça le fait vraiment !

Metal-Eyes : Ce qui signifie que vous jouerez ce titre ce soir, j’imagine?

Adam : Euh… Peut-être…

Metal-Eyes : Oui, “peut-être » !

Oli : On n’a pas encore vraiment décidé de la setlist.

Metal-Eyes : Il y a sur Nova des chansons d’amour, d’autre sur l’amitié, d’autres un peu plus sexy… Vos paroles semblent traiter principalement des relations humaines. Y a-t-il des thèmes que vous ne voulez pas aborder au sein deRavenEye ?

Oli : Non, il n’y a pas d’interdits. Au bout du compte, les paroles sont inspirées, dictées par la musique. Quand tu fermes les yeux et que tu te laisses emporter par la musique, tu sens où elle veut t’emmener, ce que tu devrais écrire. On ne s’est pas demandé si on devait inclure de la politique ou pas… Une chanson traitait de politique mais elle n’avait pas sa place sur l’album. Les chansons parlent d’amour, de haine, de mort… Toutes ces émotions extrêmes, et c’est ce qui a guidé cet album. Maintenant, le prochain sera peut-être une gigantesque déclaration politique, ou totalement instrumental… Je pense que ce qui est sympa quand on écrit à partir d’expériences personnelles, en tant que groupe, c’est qu’il y a une connexion, ça parle aux gens.  Chacun peut s’y référer… Par exemple, Inside parle de ta propre violence intérieure, comment elle te limite, et ton combat personnel pour ne pas écouter ces voix intérieures. C’est une bataille de tous les jours, chacun à sa manière. Pour nous, c’est plus profond que de simplement dir e »va te faire foutre ! » (rires).

 

Metal-Eyes : Vous avez été signés par Frontiers records. Qui a approché qui ?

Aron : C’est eux, je crois, qui nous ont contactés il y a… un an environ. Au début , ça ne nous a pas intéréssé car on était à fond DIY – Do It Yourself – communiquer avec nos fans, vendre notre musique par nos propres moyens, les shows ou les disque par internet. C’est si facile de nos jours. Initialement, nous avons dsicuté mais nous étions réticents à perdre notre indépendence. Mais ils se sont accrochés, nous ont relancés et on été parfaitement clair sur le fait que nous pouvions continuer de faire les choses nous mêmes. Nous n’avons pas de tour manager, pas de crew, on fait tout nous-mêmes. Ils n’ont même pas eu un avis musical, tout ce que nous avons fait c’est leur fournir la musique, tout un album, et ils se chargent de le vendre, le mettre sur le marché. Notre relation semble être – est – la relation parfaite.

Metal-Eyes : Le nom du groupe, RavenEye,  me fait penser à Game of thrones (ils rient). Y a-t-il un lien entre votre nom et le roman, la série télé ?

Oli : Jon Snow est ma plus grande inspiration ! Non ! (rires) Sérieusement, j’ai grandi dans cet univers, enfant, j’étais obsédé par les oiseaux, les corbeaux surtout, des oiseaux très intelligents. C’est fascinant de les regarder ,  les observer. Mais on ne se compare pas , on n’est pas des gens super intelligents (rires) ! Le nom est venu comme ça… Je m’amusait à chercher des noms de groupes, et j’ai dit à mes amis « j’appellerai mon groupe RavenEye ». « C’est ça, bien sur ! »… Et nous voici.

 

Metal-Eyes : Les groupe a tourné avec des artistes comme Slash, Deep Purple, vous avez joué en Europe, en festivals…. Jusqu’à ce jour qu’elle a été votre meilleure expérience ?

Aron : Ouh… On a eut de superbes expériences et d’autres terribles. Une affreuse : nous avons conduit 40 heures d’affilée, d’Angleterre jusqu’en Roumanie pour notre second concert avec Slash. Au cours de cette semaine, nous sommes presque tombés en panne d’essence en haut d’une montagne roumaine. Si tu vas chercher  sur Facebook, il faut pas mal remonter, tu nous verra, en haut de la montagne, au point mort, le moteur éteint, en train de descendre en roues libres afin de pouvoir arriver jusqu’à une station essence ! On faisait dans nos frocs !

Oli : pour moi, la meilleure expérience a été le  Download anglais. J’ai grandi en regardant ce festival à la télé , et pour moi, c’est simplement un festival extra. Alors y jouer, sur une scène gigantesque, avec un immense public…. J’en parle autour de moi et, d’un coup, ça me frappe, on a fait le Download. On est passé du statut de groupe inconnu , il y a deux ans, nous étions inconnus, et là, on touche des centaines de personnes, milliers… On s’est vraiment défoncés pour arriver là où on est aujourd’hui. Toutes nos expériences ont été super : Slash, incroyable… Si tout devait merder aujourd’hui, on a déjà ça, ce qui me rend très, très heureux.

Metal-Eyes : Mais il y a encore beaucoup de travail, vous n’allez pas arrêter votre carrière au bout de deux ans… Quels sont vos projets, justement ?

Oli : On fini cvette tournée le 8 novembre, avons un break de 10 jours avant de débuter une grosse tournée anglaise, en tête d’affiche, pour présenter notre album. Ensuite, il y a quelques dates en Espagne, en décembre, et l’année prochaine, fin janvier, nous retournons aux USA, et février-mars on attaque l’Europe. On doit aller toucher du monde, le plus possible, partout !